Disclaimer: cf chapitre 1

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Gros bisous à Mistycal, ma beta...

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Réponse sur mon forum pour Douceurfamille...

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Comme je rentre très tard ce mardi soir, je vous met ce chapitre plus tôt... Bonne lecture!

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Les Vengeurs 1/2

Dimanche 5 Janvier 1997

Acte 1 : La Malédiction De Morgane

Harry

Et voilà, nous y sommes ! Dans moins d'une heure nous prenons le Poudlard Express. J'ai hâte de revoir tous les copains et Miho. Mine de rien, elle et son Plumki fouineur m'ont manqué…

« Sacré Tante Muriel… » murmure Ron, en bouclant sa malle

Pas de doute, il pense encore à la soirée d'hier, quand la Grand-Tante Muriel a révélé son secret devant toute la famille réunie. Y compris Narcissa, Draco et toutes celles et ceux qui vivent ici, dont elle a fini par admettre pendant le dîner, qu'ils étaient également de la famille de toute façon…

« Sacrée surprise, hein ? » dis-je, en tâchant de fermer ma propre malle.

Je n'ai jamais été doué pour faire mes bagages et je me demande si je finirai par l'être un jour… Non… C'est une cause désespérée, je crois.

« Ouais… Tu te rends compte qu'elle a tué un homme et failli se marier avec un Malfoy ? » s'exclame Ron, au moment même où la porte de notre chambre s'ouvre sur Draco

« Un gentil Malfoy ! » précise-t-il, avant d'ajouter, tout sourire en s'assoyant sur mon lit : « Je ne suis pas le seul gentil garçon de la famille ! C'est super, hein ? Et en plus, j'ai des cousins et cousines ! En France, en Irlande, en Ecosse ! Un peu partout en fait ! »

Je ne l'ai jamais vu aussi heureux, je crois. Sauf peut-être quand il est avec son Annabelle.

« Tes liens avec eux sont plutôt lointains, alors on ne peut pas dire que tu leur sois étroitement apparenté… » fais-je remarquer avec un sourire indulgent.

« Balivernes ! Le sang, c'est le sang ! Le vieux Chad considère les Weasley comme ses proches cousins, alors même que la branche commune de leur arbre généalogique remonte aux années 1090 et des poussières ! » s'exclame-t-il, en balayant l'air d'un geste large, comme pour chasser mes paroles, puis il fronce les sourcils et ajoute : « Je me demande comment réagirait le professeur McGonagall si elle apprenait que son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père maternel était en réalité un Malfoy qui a bien tourné ! Vous croyez qu'elle serait moins sévère avec moi, si elle savait que je suis son cousin ? Et vous vous rendez compte que j'ai des cousins et cousines dans toutes les maisons de Poudlard ! Gabe Harrison et Seamus Finnigan à Gryffondor, Hannah Abbot, Nicolas Spycer et Kylian O'Hara chez les Poufsouffle, les jumelles Quirke à Serdaigle et Marian à Serpentard ! La tête qu'ils ont fait lui et Terry quand ils ont su qu'ils étaient des Malfoy au 12ème degré ! Et j'ai hâte de voir celle des autres, enfin, ceux à qui je peux le dire en toute confiance dans le secret de notre QG à Poudlard ! »

Il éclate de rire, les yeux brillants de joie et Ron me fait un petit clin d'œil complice.

« Toi qui était fils unique et presque sans famille, ça te fait pas mal de cousins et cousines d'un coup tout ça… Sans compter tous ceux qui sont à l'étranger ou qui n'ont pas d'enfants à Poudlard ! Et ceux dont la trace a été perdue car ils n'ont pas voulu dire ni où ils allaient, ni quel nom ils allaient prendre… Te voilà avec une famille aussi nombreuse que les Weasley ! » dit-il, d'un ton gentiment taquin.

Mais Draco ne relève pas la taquinerie, il se mordille la lèvre, l'air de réfléchir.

« Tu crois que certains savent ? » demande-t-il au bout de quelques secondes.

« Qu'ils ont du sang Malfoy ? Non. Les Malfoy renégats ont tous fait le serment de ne jamais révéler à leur descendance leur filiation avec ta famille, par crainte de voir la Malédiction s'abattre sur eux… » rappelle-je, en vérifiant que j'ai bien pris toutes mes affaires dans les tiroirs de la commode.

« Belial, Leviathan, Lucifer et Satan

Princes des enfers tout puissants

J'invoque la force de vos pouvoirs

Pour abattre un destin funeste et noir

Au fil des siècles et des générations

Sur cet homme et tous ses rejetons

Qu'ils soient bannis hors de leur patrie

Condamnés au brigandage et la piraterie

Et par le sang du père ou du frère versé

Qu'à l'enfer ils soient damnés pour l'éternité » s'exclame Ron, avant de simuler le jet d'un Maléfice vers Draco

Il fait référence à ce qui a été révélé par Kennard le Brave, à son cousin et apprenti, Nyle Lane. Cette Malédiction aurait été jetée par Morgane elle-même, en l'an 448, après que Mordeus Malloy, le premier ancêtre connu de la famille Malfoy, ait mortellement blessé l'amant de la Magicienne au cours d'un duel. Dès lors banni de toutes parts, Mordeus n'aurait eu d'autre choix que de se retirer avec sa famille sur Inis Bó Finne, dans une partie désolée et inféconde de l'île où, pour survivre, ils furent contraints de commettre des larcins…

Ainsi commença la vie de pirates et d'assassins des Malloy.

L'arrière-grand-père de Kennard le brave, ancêtre de Patrick O'Neill, l'ami de Charly, fût le premier des Malloy à s'insurger contre ce destin dont il ne voulait pas. Il quitta donc l'île, allant s'installer à Letterfrack où il prit épouse. Mais quelques années plus tard, son frère le retrouva et le tua pour voler sa bourse. Dès lors, les Malloy, puis les Malfoy après lui, qui ont pris la décision de quitter la famille et fuir ce destin, ont dans le même temps renié leur nom et fait le serment de ne jamais le révéler à leur descendant, arguant que cela appellerait la Malédiction de Morgane sur eux…

Draco éclate de rire encore une fois. D'un rire un peu jaune cependant…

« C'est de la foutaise cette histoire de Malédiction ! Sinon, jamais aucun Malfoy n'aurait bien tourné, comme je l'ai fait. A commencer par Eleanor Malloy, dont tu descends, Ron ! » déclare-t-il, avec un clin d'œil et son fameux petit sourire en coin à la bouche

Celui qu'il adopte, quand il n'est pas très sûr de lui…

Mmmm… Ça ne me plait pas trop, ça. Il ne faudrait pas qu'il finisse pas se mettre en tête, consciemment ou non, qu'il ne va pas pouvoir échapper à cette connerie de Malédiction…

« Ouais, tu as raison. C'est comme pour les Prophéties, elles ne se réalisent que parce que ceux qui sont concernés y croient… » affirme-je, en me remémorant la conversation que j'ai eue avec le professeur Dumbledore en juin dernier.

Si Voldemort n'avait pas cru à cette Prophétie, mes parents seraient peut-être encore en vie et je n'aurais pas eu ce lourd fardeau d'être le Survivant, me souviens-je sur un soupir, soudainement attristé…

« Ou comme le Sinistros qui a fait mourir de peur tonton Bilius… » renchérit Ron, en me caressant discrètement le dos, pour me réconforter

Il sait toujours quand j'ai besoin de l'être…

« Ou encore comme les Banshees. McNair a vraiment cru qu'elles étaient venues lui annoncer sa mort et à cause de ça, il a commis une erreur qui lui a été fatale. Pourtant, les Banshees étaient fausses… » ajoute Draco, en jouant distraitement avec son pendentif Portoloin.

Tiens, ça me fait penser que j'ai laissé le mien dans la salle de bains, quand j'ai pris ma douche. Ma bague et le Chronomètre Magique de Marraine aussi. Il faut dire que Ron est venu me distraire agréablement et nous sommes repartis un peu précipitamment dans la chambre pour nous papouiller en toute tranquillité. Il faudra que je pense à le récupérer avant de partir…

« Ceci dit, d'après le journal de ma famille, à part quatre ou cinq qui étaient assez sympa, tous tes ancêtres directs ont semble-t-il bien tué leur père ou leur frère. Voir les deux… Et parfois même leur mère et leurs sœurs en prime… Ce doit… » fait remarquer Ron, les sourcils froncés, avant d'être interrompu par Draco

« Ouais… Ben quoiqu'il arrive, j'espère bien pouvoir casser définitivement cette tradition ! Une chose est certaine en tout cas, je ne tuerais pas mes frères, je les aime bien trop ! Quant à Lucius, rien ne me ferait plus plaisir que de le livrer à la justice. Je ne chercherai donc pas à le tuer… Et de toute façon, je ne crois pas à cette Malédiction ! C'est de la foutaise, Ron ! » assure Draco, prenant l'air très convaincu

Je doute pourtant qu'il le soit vraiment, malgré ses allégations. Merde ! Il ne faut pas qu'il se casse la tête avec ça. Mais le connaissant, je suis sûr que ça le turlupine déjà et que ça va le travailler pendant un bon bout de temps…

« Je n'y crois pas non plus ! Tu ne m'as pas laissé finir ! J'allais ajouter que ce doit être parce qu'ils avaient envie d'y croire et que cette histoire de Malédiction, a dû être inventée par l'un des Malloy, pour se dédouaner de ses actes. Peut-être même par ce Mordeus, le premier à prendre pour nom Malloy. Comme ça, il pouvait dire que ce n'était pas sa faute, que c'est à cause de Morgane qu'il était mauvais. » précise Ron, avec un sourire rassurant pour Draco

« En plus, si cette Malédiction a réellement été prononcée, et je dis bien SI, ben alors tout est question d'interprétation. Car regarde là de près, il n'est pas dit que les fils allaient tuer leur père ou leur frère… Il est dit, « par » le sang du père ou du frère versé, pas « pour », ni « à cause de » ou « en raison de ». Alors à mon avis, cela signifie : parce que Mordeus Malloy a versé le sang de mon amant, il sera condamné et tous ses rejetons avec, à finir en enfer… Par ailleurs, comme l'a déjà fait remarquer Hermione, hier soir, il est impossible de jeter une Malédiction sur autant de générations qu'il y en a eu dans ta famille depuis lors… Puissance des démons invoquée ou non… Alors il n'y a pas de quoi te fracasser avec ça ! » ajoute-je, désireux de rassurer complètement mon frère…

« Ouais… T'as raison… En plus, cette Malédiction est supposée être tenue secrète et n'être révélée à l'héritier de la famille qu'après le décès de l'héritier précédent. Alors comment ceux qui disaient vouloir fuir ce destin promis par la Malédiction, pouvaient-ils en avoir connaissance ? » déclare Draco, en fronçant les sourcils.

Ah ! Là, je sens que cette fois, il met vraiment en doute l'existence de cette foutue Malédiction.

J'aime mieux ça ! Même si ce n'est qu'un début, c'est pas mal…

« Parce que c'est un secret de polichinelle ! Et c'est ce qui me fait pencher pour affirmer que cette Malédiction n'a jamais existé que pour excuser les agissements malfaisants de Mordeus Malloy et sa famille, puis les Malfoy après et ton père maintenant. Ça leur permet de dire : « ce n'est pas de ma faute si je suis pourri » ou « de toute façon, je vais aller en enfer à cause de Morgane, alors autant que j'y aille pour quelque chose »… Belle excuse, tu ne trouves pas ? » insiste Ron, en donnant une tape amicale sur l'épaule de Draco, avant d'enfiler ses rangers

« Ça c'est sûr ! Et c'est vrai que ça ne colle vraiment pas cette histoire. C'est de l'arnaque ! Et comme l'a dit Nyle Lane, Malédiction de Morgane ou pas, ce funeste destin ne sera pas mien ! » s'exclame Draco avec fierté, en jetant le poing en l'air

« Excellente résolution ! D'ailleurs, je me demande… Oui, finalement c'est peut-être bien ça. Ecoutez, Nyle était encore un gosse quand Kennard lui a raconté cette histoire, c'était peut-être une métaphore qu'il a lui même inventée pour lui faire une leçon de vie… En plus, Nyle n'a pas été rattrapé par la Malédiction, bien qu'il ait appris qu'il était un descendant des Malloy… C'est bien la preuve que c'est du chiqué, non ?… » renchéris-je, heureux de voir le visage de Draco s'illuminer encore davantage à ces paroles

Cette fois, c'est sûr de sûr, il ne croit plus à cette Malédiction. Il est sincèrement convaincu que son destin n'est pas écrit à l'avance. Ouf ! Ça m'aurait ennuyé qu'il reste sur un doute…

« Tout à fait ! Tu as raison ! A mon avis, Kennard voulait juste que le gamin fasse en sorte que ses descendants n'aillent pas révéler leur filiation aux Malloy au risque de se faire zigouiller par les descendants de Lorcan ! Ce qui n'a pas servi à grand chose, puisque les deux branches de la famille sont restées ennemies au travers des siècles et qu'il y a eu des morts des deux côtés à cause de ça… » ajoute encore Ron, en passant un pull par-dessus son tee-shirt

« Ouais ! Et moi, finalement, tout ce que je veux retenir de tout ça, c'est que tous les Malfoy n'ont pas mal tourné…. » s'exclame Draco, avant d'ajouter, d'un ton un peu moqueur, en me faisant un petit clin d'œil : «Et qu'il y a eu aussi trois ou quatre ancêtres Weasley qui ont vendu leur âme au Diable… »

Ron fait immédiatement une petite grimace…

« C'est vrai que Saturnin Lane n'était pas tout blanc, loin s'en faut.. Heureusement qu'il est mort alors que son fils était beaucoup trop jeune pour avoir subi sa néfaste influence. Et ça remonte à 12 ou 13 générations. Quant aux deux autres qui ont fini à Azkaban, c'était des cousins, pas des ancêtres, nuance… Et depuis, la famille s'est tenue à carreau… Bon, d'accord, la grand-tante Muriel a zigouillé Haedus. Mais c'était il y a plus de quatre-vingts ans et si elle ne l'avait pas fait, c'est elle qui aurait été trucidée… » commente-t-il, en ajustant sa baguette dans le fourreau qu'il a attaché à son bras, au grand plaisir de Draco, qui rigole dans sa moustache

« Il n'empêche que tous les Weasley ne sont pas blancs… » insiste-t-il, d'un ton taquin

« Non, mais ils sont tous rouquins ! » sourit Ron, avant d'ajouter : « Bon, ce n'est pas de tout ça, mais faudrait peut-être… »

Il n'a cependant pas le temps d'achever, car au même moment nous entendons un grand chambardement au rez-de-chaussée et le Terrier tremble sur ses fondations.

Aussitôt, nous sautons tous les trois sur nos pieds, baguette en main, pour aller voir ce qu'il se passe, dévalant l'escalier à toute vitesse, pour nous retrouver nez à nez avec Fred et Georges, noirs de suie et écroulés de rire…

« Quoi ? » demande Ron, sourcil haussé, tandis que dans notre dos, Hermione, Marian et d'autres déboulent à leur tour.

Les jumeaux ne répondent pas, ils se contentent de désigner la porte du salon

Oh ! Misère !

Molly va être furieuse quand elle va voir ça !

La voilà qui accourt justement. Elle a l'air de revenir du jardin, où elle est sûrement allée nourrir les volailles. D'un coup d'œil, elle englobe les jumeaux dont le rire s'est soudainement bloqué dans la gorge et son salon, où tout est sans dessus-dessous : l'un des canapés est éventré, les fauteuils sont retournés, la table est cassée en deux et il y a de la suie qui vole partout… Et n'oublions pas la Cheminée… Même s'il n'y en a plus car elle s'est effondrée et que l'âtre est rempli de briques plus ou moins cassées…

Et ça ne manque pas : Molly explose…

« Fred, Georges ! Explication ! » tonne-t-elle, rouge de fureur et poings sur les hanches

« Désolé, M'man, c'est de ma faute. J'ai trébuché sur le tapis, devant la Cheminée, alors la boîte contenant nos pétards expérimentaux m'a échappé des mains et ils ont explosé dans le feu. J'suis désolé que la Cheminée soit détruite et pour tous les dégâts que ça à fait. Je te promets que je vais tout réparer…» explique Fred, l'air contrit, en tâchant de se relever, avec une grimace.

Aussitôt, Molly fond littéralement et son regard passe de furieux à compatissant en moins d'une seconde…

« Oh ! Mon pauvre chéri ! Tu ne t'es pas fait mal, au moins ? Viens vite dans la cuisine, que je t'examine de près… » s'exclame-t-elle, en courant vers Fred pour l'aider à se relever et l'entraîner aussitôt dans la cuisine.

Fred prend appui sur elle, claudiquant fortement, mais assurant à Molly que tout va bien, qu'il a juste un peu mal aux fesses et que cela lui passera vite. Et avant de passer la porte, il tourne brièvement la tête et nous adresse un clin d'œil…

« Que s'est-il réellement passé ? » murmure Ron, à l'intention de Georges, en commençant à aspirer le nuage de suie, tandis que les autres remontent vers les étages en pouffant…

« Ben en fait, c'est un nouveau produit de défense qu'on expérimente. Des pétards à lâcher derrière soit, pour détruire la Cheminée, si vous avez des Mangemorts au cul. Comme ça, ils ne peuvent pas vous courir après par-là. Nous avons loué une vieille masure pour voir si ça marchait. C'est là-bas, qu'on devait essayer les pétards. Mais j'ai éternué au moment de mettre mon pied dans la Cheminée et en tirant mon mouchoir de ma poche, j'en ai fait tomber un lot qui est allé plonger directement dans les flammes… Au moins, on sait que ça marche maintenant… » explique-t-il, avec un grand sourire, tout en réparant la table de salon.

« Si maman savait ça, elle te passerait un fameux savon, pour avoir été si négligent. » commente Ron, l'air rieur, tandis qu'il s'affaire à redresser les fauteuils…

« Je savais que je pouvais compter sur Fred pour profiter de sa condition de grand blessé de guerre. Il faut bien qu'il en retire un petit bénéfice… » répond Georges, avec un clin d'œil, au moment où Hermione redescend avec sa malle…

« C'est l'heure les garçons ! Dépêchez-vous ou nous allons rater le train ! » nous presse-t-elle d'un ton urgent

Un coup d'œil sur l'horloge nous indique qu'effectivement il est plus que temps que nous partions. Nous Transplanons donc à l'étage, Draco, Ron et moi, récupérons nos bagages et redescendons vite fait rejoindre les autres dans la cour, où nous attend une voiture du Ministère.

Draco fait ses adieux à sa belle Annabelle, qui a préféré rester ici, car la voiture repartira au Ministère aussitôt après nous avoir déposés et qu'elle déteste particulièrement les Transports Sorciers. Il est donc le dernier à monter dans la limousine.

« Outch, il n'y a pas beaucoup de place pour se remuer ! » fait-il remarquer, en se mettant un peu de côté pour fermer convenablement la portière.

« Ben, c'est ça, quand on est une famille nombreuse. On doit se serrer les uns sur les autres… » fait remarquer Ron, avec un petit sourire…

Il faut dire qu'il y a dix élèves, autant de malles, quatre hiboux, un chat, Molly, Narcissa, Viktor, Terry et Tante Augusta, en plus de Bill qui conduit la limousine …

Heureusement que c'est une bagnole sorcière !

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Acte 2 : Ânes Bâtés Et Chatouillis…

Ron

Bill a conduit comme un champion et finalement, nous arrivons avec vingt minutes d'avance sur l'horaire que nous avions prévu. Nous avons donc trente-cinq minutes devant nous avant le départ. C'est bien la première fois que ça nous arrive !

Et ça nous laisse largement le temps de choisir des compartiments, d'y déposer nos bagages et de redescendre sur le quai, pour faire nos adieux à nos accompagnateurs. Maman, tante Narcissa et tante Augusta nous font mille recommandations, comme d'habitude. Marian s'esquive d'ailleurs pour y échapper, sous prétexte d'aller saluer Hugh et Eddy, avec lesquels il a prévu de voyager.

« Coucou ! Nous sommes arrivés ! J'ai passé des super vacances avec Astoria et Alioth ! » s'exclame soudainement Miho en me sautant dans les bras.

A peine le temps que je lui fasse une bise et elle saute sur Harry, puis sur Draco. Ses amis, qui sont arrivés en même temps qu'elle par Transplanage d'escorte, sont un peu plus discrets, mais visiblement ravis aussi de leur court séjour dans le Village des Elfes.

Vincent, Grégory et Millicent le sont également et ils ont l'air en pleine forme. Milli, particulièrement, qui est littéralement rayonnante. Je comprends encore mieux pourquoi, lorsque j'avise que Vincent la tient par la main… Et je me sens super content pour eux…

Peu à peu, le monde arrive et le quai fourmille bientôt. Beaucoup de copains et copines des Comités viennent nous dire bonjour, avant de monter dans le train, à la recherche d'une place. Comme à l'allée, nous avons recommandé qu'ils se répartissent par petits groupes dans tout le Poudlard Express et entraînent d'autres élèves de leur maison avec eux. Comme ça, les Ânes Bâtés ne pourront pas tous se regrouper au même endroit et il y aura moins de risque pour qu'éclate une échauffourée.

Ils cherchent toujours moins les embrouilles, quand ils ne sont pas en surnombre par rapport à leurs cibles…

Tiens, en parlant d'Ânes Bâtés, voilà ce grand nigaud de Vaneck. Il a l'air complètement remis de ses mésaventures. Il passe à côté de Thorpe et Taylor le nez en l'air. Il y a de la brouille entre eux, depuis le fameux jour où les deux lascars lui ont accidentellement balancé leurs Sorts ratés, au lieu de toucher Neville. Il leur en veut surtout de l'avoir laissé tomber comme une vieille chaussette après. Il s'est alors vu contraint de passer toute une nuit glaciale dans l'Alcôve des amoureux…

Du moins, c'est ce que nos Espions ont compris, quand il est sorti de l'infirmerie, après y avoir passé un séjour de près de deux semaines… Il faut reconnaître, que la Malédiction du Malagrif tacheté ne l'a vraiment pas épargné !

Charlyn Wagner, une garce dont je me méfie comme de la Dragoncelle, vient se coller à lui, au grand dam de Shannon Stoner et Marsha Vadim, les copines de Janice, la jeune sœur de Vaneck, qui en pincent pour lui depuis qu'elles sont arrivées à Poudlard. Je me demande ce que ces Ânesses hargneuses trouvent à cet échalas, épais comme une épinoche et avec un œil qui dit merde à l'autre. D'autant plus depuis qu'il est de notoriété publique qu'il lui manque une couille…

C'est le contenu de son coffre à Gringotts, qui doit être séduisant…

Voilà maintenant Saphira Casey qui vient lui glisser deux mots à l'oreille, au moment où il va monter dans un wagon. Vaneck la regarde, un sourcil haussé et un sourire qui ne me dit rien qui vaille fleurit sur son visage. Il hoche la tête, d'un air entendu et Casey s'en va papillonner ailleurs…

Il y a du complot dans l'air me dis-je, en sentant des chatouillis me monter au nez…

Il va falloir qu'on ouvre bien grand les yeux et les oreilles.

Ah ! Les Thorpe et les Taylor passent devant nous, pour monter dans le wagon à côté du nôtre. Copains comme cochons ceux-là et bien en phase avec cette petite frappe de Brutus Brandburgy ! Astérope jette un coup d'œil mauvais à Miho avant de grimper dans la voiture. Il est clair qu'elle a toujours une dent contre elle depuis que la gamine l'a dénoncée à Halloween et qu'elle s'est récolté une retenue supplémentaire avec Tonton Sev…

Qu'elle essaye seulement d'approcher à moins de dix pas de Miho et elle va voir ce qui va lui tomber dessus, la petite teigne…

Ooooh ! Mademoiselle Paaaaarkes, dont le papa et le frérot se sont vu offrir un séjour à Azkaban pour avoir participé à l'attaque du Ministère ! Elle relève le nez, fière comme une paonne. Ça doit démanger Marian de lui filer un Sort Cuisant dans les fesses, après ce que le frérot lui a fait !

Et putain ! Voilà cette grosse salope de Fedora Jones qui se moque ouvertement de la petite Lolly Munch de Poufsouffle, dont le père n'est toujours pas sorti de Ste Mangouste, depuis qu'il a été terriblement blessé par Parkes Frère au Ministère. Mondingus l'a bien rafistolé, mais maintenant les Médicomages ne sont pas d'accord sur la façon de remplacer les côtes qui lui ont été enlevées par Magie Noire. En attendant, il doit rester à l'hôpital car ce serait trop dangereux pour lui, de se balader avec le cœur non protégé par sa cage thoracique. Marian et Terry sont allés le voir, en souvenir de leur père et lui ont apporté un livre qui lui a appartenu, sur les Créatures Magiques. Paraît que le brave Vigile en a été bouleversé et n'a cessé de les remercier…

Jones se rit maintenant d'Agnès Kean, dont le frère aîné, un jeune Tireur de Baguette, a été tué à Dunvegan Castle…

« Ron, tu auras tout le temps d'observer ce dégoûtant petit monde à Poudlard… Il faut monter dans le train, il va partir dans deux minutes… » me glisse Harry, en posant une main apaisante sur mon bras.

J'acquiesce, en prenant note intérieurement de réserver un chien de ma chienne à Fedora Jones dès que l'occasion se présente et je le suis dans le Poudlard Express, après avoir une dernière fois promis à Maman d'être prudent et lui avoir recommandé la même chose.

Le train démarre alors que je m'installe près de Harry, dans un compartiment que nous partageons avec Hermione, Draco, Blaise et sa copine Ursula, Théo, Neville et Luna. Au grand dam de Théo, Ginny a décidé de voyager avec sa copine Sophie. Miho est dans le compartiment en face avec Astoria, Alioth, Dennis, Vincent, Greg et Milli…

« Ron ? » s'enquiert d'un ton inquiet Hermione, en me voyant frotter le bout de mon nez…

« Désolée. Mon pif chatouille depuis que j'ai vu Saphira Casey parler à l'oreille de Vaneck. Le petit sourire qu'il a eu après ne me dit rien qui vaille. » révèle-je, tandis que les autres me regardent maintenant avec autant d'inquiétude

« Il faut patrouiller. De toute façon, nous devons nous rendre à la réunion des Préfets dans dix minutes. Nous ferons passer le mot… » déclare aussitôt Hermione, nettement sur le qui-vive.

« Ce n'est peut-être pas grand-chose. Mais tu as raison Hermione, soyons sur nos gardes. Je vais aller faire un tour vers le fond, comme si j'allais voir Seamus et Dean qui s'arrangent toujours pour être en queue de train. Théo viendra avec moi. Blaise et Neville patrouilleront vers la tête. Luna et Ursula, vous restez ici. Laissez le compartiment ouvert, personne ne vous embêtera, avec Vincent et Greg de l'autre côté du couloir. Observez les allées et venues des Ânes Bâtés… » décide Harry, tandis que Draco, Hermione et moi enfilons notre robe sur laquelle est épinglée notre insigne de Préfet.

Harry sort le premier, avec Théo. Blaise et Neville partiront les derniers, quand Hermione Draco et moi seront arrivés dans le wagon de tête où la réunion des Préfets a traditionnellement lieu.

Claryce et Phillipa passent devant notre compartiment au moment où nous sortons. Nous remontons le train avec elles. Je jette un rapide coup d'œil dans les compartiments de droite, pendant que Draco se charge de ceux de gauche. Je ne note rien de spécial. Les Ânes Bâtés prennent des grands airs tandis qu'ils discutent ou nous regardent passer.

Bref, rien de neuf sous le soleil…

Draco non plus ne remarque rien de particulier. N'empêche que je n'ai pas l'esprit tranquille, quand j'entre dans le wagon de réunion.

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Théo

Avec Harry, nous descendons lentement vers la queue du train, prenant notre temps pour parler un peu avec les copains que nous rencontrons, de compartiment en compartiment. Nous leur demandons d'ouvrir discrètement l'œil et de venir nous signaler tout ce qui pourrait leur paraître suspect.

Bien entendu, j'ai aussi profité de notre descente, pour faire un ou deux bisous à Ma Ginny quand nous l'avons croisée, tandis qu'elle remontait vers l'avant pour se rendre à la réunion des Préfets. Ensuite, j'ai discuté un chouia avec Colin Crivey. J'aime bien ce gars. D'accord, c'est un fou de la photographie, mais c'est également un gars intelligent et drôle. Il a un sacré culot aussi et ne se gêne jamais pour faire des commentaires Anti-Voldemort ou vanter les mérites des moldus, dès qu'il y a un Âne Bâté dans le coin…

Quand il ne les prend pas en photo dans des positions peu avantageuses pour eux, afin de les placarder partout… Le jour où ils décideront de lui tomber dessus, ça risque de faire mal…

Mais bon, c'est un malin, Colin. Ils ne le prendront pas si facilement dans leurs filets…

Tout se passe bien durant les deux premiers tiers de notre descente. Harry et moi ne notons rien qui sorte de l'ordinaire, même si je me suis senti suivi du regard par un ou deux Pro-Voldemort. Imako Tanaka et Elladora Parkes en particulier, n'avaient vraiment, mais alors vraiment pas l'air contentes après moi. Mais c'est vrai que j'ai contribué à faire arrêter leurs paternels au Ministère et elles le savent, puisque la Gazette en a fait état…

Tiens, cette grosse andouille d'Oswald Wells bécote Collys Gilford. Heurk ! Ça m'a tout l'air d'être des bisous bien baveux… Et là donc ! Tracey Davis s'est collée avec Alban Ridgewood ! Elle qui rêvait de se mêler à la haute société sorcière, on dirait bien qu'elle a réussi son coup ! Enfin, haute société, je me comprends. En ce qui me concerne, j'estime qu'il fait partie de la lie. Mais bon, c'est elle que ça regarde. Et puis, à savoir si papa Ridgewood va accepter une Sang-mêlé pour bru ! Ce n'est pas du tout cuit pour elle, ça.

Oh ! Oh ! Intéressant !… Su Li des Serdaigles, qui s'affiche ouvertement avec Magnus Marsden… Nous qui nous demandions de quel côté elle allait pencher, après la mort de son père lors de l'attaque du Manoir Malfoy, nous sommes maintenant fixés. Plus étonnant est la présence de Phyllis Waterbird, également de Serdaigle, à leurs côtés. Jamais je n'aurais pensé cela de la part de cette fille…

Flûte, il va falloir que nous revoyions sérieusement nos listes dans chaque maison…

« Messire Harry et Messire Théo ! Quelle bonne fortune ! » nous accueille Cameron Ross et Magnus Frost, avec lesquels nous restons quelques instants à bavarder.

Ils sont en bonne forme tous les deux et nous gratifient de quelques anecdotes délectables, jusqu'au moment où le chariot de friandises arrive et que Robert Ramsey, l'ancien Préfet de cinquième année de Serpentard et Fedora Jones, sortent du compartiment d'en face, pour acheter des Chocogrenouilles.

« Je ne sais point ce qui se trame, Messires, mais ce Grippeminaud (1) et sa Maraude (2) amie s'ébaudisent (3) depuis tantôt, d'un événement à venir. Soyez sur vos gardes… » chuchote Magnus, en gardant un œil sur le couple.

« Nous venions justement vous prévenir. Le pif de Ron chatouille… » murmure en retour Harry, avant de préciser ce qui a mis la ciseburine au nez de mon beau-frère adoptif

« Sonnez la baneloche (4) et nous rallions aussitôt votre panache, Messire Harry ! » assure Cameron, la main sur le cœur…

« Merci les gars. Vous aurez des nouvelles tout à l'heure. Je ne pense pas que les Ânes Bâtés tentent quoi que ce soit dans le train, mais faites gaffe à vos fesses quand même… » répond Harry, avant que nous continuions notre petit tour d'inspection.

En chemin, nous croisons Warrington, qui regarde Harry d'un air insistant. Il a l'air sur le point de dire quelque chose, mais Brandburgy et sa suite sortent justement pour faire leurs achats au chariot de friandises, tandis que Vaneck libère les chiottes. Warrington s'y engouffre aussitôt à sa place.

Harry me jette un coup d'œil lourd de sens… Il se trame quelque chose, c'est quasi-sûr maintenant.

Fichus Ânes Bâtés ! Il faut croire que ça leur a plu d'être en retenue jusqu'aux vacances de Noël, pour qu'ils se mettent en position de l'être de nouveau dès la rentrée !

OoOoOoO

Draco

La réunion à peine finie, Hermione, Ron et moi retournons vers notre compartiment. Il nous faut traverser une dizaine de voitures et nous sommes souvent abordés par des copains. Nous croisons Blaise et Neville. Ils se sont attardés un peu avec Gil, Kate et Daphnée qui voyagent dans le même wagon, avec Miranda et Gabe auquel je brûle d'annoncer qu'il a un ancêtre Malfoy…

Je le ferai quand nous serons dans notre QG à Poudlard. Je me demande la tête qu'il fera ? Probablement la même que Marian et Terry… C'était trop drôle !

Blaise revient avec nous, pour que nous puissions faire le point sur la situation.

Apparemment, Théo et Harry viennent eux-même de revenir. Harry jette un Sort de Silence pour protéger notre conversation, aussitôt avons-nous refermé la porte de notre compartiment..

« Il va se passer quelque chose ! Warrington a eu l'air de vouloir dire quelque chose à Harry, mais il en a été empêché. Cameron et Magnus ont également capté quelque chose ! » déclare Théo avec fébrilité

« Ça fait beaucoup de quelque chose et peu de certitudes, tout ça… » soupire Ron, en se laissant tomber sur la banquette, avant de demander : « Qu'ont capté Cameron et Magnus ? »

« Pas grand-chose en réalité. Ramsey et Jones avaient l'air de se réjouir d'un événement à venir. Ce qui peut-être n'importe quoi : un anniversaire, une commande qui doit bientôt arriver, aussi bien qu'une mauvaise blague qu'ils feront dans le train ou à Poudlard… Je n'ai rien noté d'inhabituel dans le comportement des autres. Saphira Casey m'a superbement ignoré, tout comme les autres Septième et Sixième que j'ai pu voir. En revanche, Warrington m'a effectivement regardé avec insistance et a ouvert la bouche comme pour me parler, mais il s'est ravisé quand des Ânes Bâtés sont sortis de leur compartiment pour acheter des friandises. A la place, il s'est engouffré dans les chiottes, que Vaneck quittait au même instant… Mais cela non plus, cela ne signifie pas que quoique ce soit va obligatoirement se produire dans le train. Il y a de l'embrouille dans l'air certes, mais ça peut se faire quand nous serons à Poudlard, voire d'ici quelques jours seulement. Ceci dit, tout le monde ouvre l'œil du côté des membres des différents Comités et Théo a vu Li qui fricotait avec Marsden et une autre Serdaigle était dans le même compartiment qu'eux. Nos listes d'alliance seront donc à revoir… » rapporte Harry, bien plus calme que Théo.

« Bien. Et pour vous les gars ? » demande Ron, en se tournant vers Blaise et Neville

« Rien de notable non plus. Aucune provocation, aucune insulte, à peine quelques regards noirs. C'est peut-être ça, qui est bizarre dans le fond. » répond Neville, en fronçant les sourcils…

Ron, lui, plisse les yeux. Il a l'air d'être parfaitement d'accord avec la remarque de Neville.

Ils ont peut-être raison. Après tout, moi aussi j'ai été surpris, quand j'ai croisé ce petit frondeur de Brandburgy et qu'il a fait comme s'il ne m'avait pas vu. Habituellement, il est plutôt fanfaron. Ceci dit, il a peut-être pensé que j'aurais vite fait de lui claquer le bec, en évoquant l'emprisonnement de ses frangins…

« Et vous, Luna et Ursula ? » s'enquiert maintenant Harry, avec un sourire pour les petites amies de Neville et Blaise

« Nous avons seulement vu passer Franck Cooper. Il avait l'air d'avoir la tête moins embrouillée par les Joncheruines que d'habitude. Alors je lui ai demandé comment il va et il a répondu que son séjour en France lui a fait du bien. Il m'a même souri… Maintenant, il est dans le compartiment à côté, avec Zacharias Smith, Eleanor Swytte, Grace Wantele et Ysolte Shaw de Poufsouffle, Janet Bird de Serdaigle et Cormac MacLaggen de Gryffondor. Ils ont tous l'air de bien s'entendre » répond Luna, de son éternelle voix rêveuse

« Tant mieux pour Franck. Ceci dit, cela ne fait pas avancer notre affaire… » soupire Blaise, avant de sortir, pour acheter des douceurs au chariot de friandises qui vient d'arriver devant notre compartiment

Il achète de tout, sans lésiner sur la quantité, au grand plaisir de la marchande, qui lui remet un gros paquet avec un sourire éblouissant. Puis il va l'apporter à Miho, que nous entendons sauter de joie et le remercier avec forces bisous et exclamations.

« Tu la gâtes trop. Parrain Grognon ne serait pas content d'apprendre que tu lui offres autant de sucreries. » sourit Harry, quand Blaise revient s'asseoir auprès d'Ursula, qui se penche vers lui pour l'embrasser sur la joue

« Bah… Elle n'en mange pas tant que ça. Elle partage toujours avec les autres gamins. Elle en a repéré quelques-uns qui ne reçoivent jamais rien et ça l'amuse d'aller glisser une douceur sous leur oreiller ou dans leur sac de classe, sans qu'ils sachent que cela vient d'elle. Nous avons convenu tous les deux, que je la fournirais copieusement deux fois par mois… » nous révèle-t-il, en haussant les épaules…

Jamais je n'aurais soupçonné que ce gars avait si bon cœur et aimait tant les gosses, avant d'apprendre à le connaître. Et je me dis qu'il fera un super papa gâteau avec les siens…

« Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? » demande Théo, pour recentrer le débat sur ce qui nous occupait avant l'intermède friandises.

« Phillipa a réparti les Miroirs de Communication, les Espions vont espionner et nous avons planifié des patrouilles, que les autres Préfets vont organiser dans chaque wagon, en faisant intervenir le plus de monde possible, pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui vadrouillent dans les couloirs au risque de se faire repérer.. Nous ne pouvons rien faire de plus pour l'instant » répond Hermione, en sortant le parchemin sur lequel elle a noté notre planning.

Il n'y a pas à dire, mais quand il s'agit de planifier, Hermione est bien la meilleure.

« Et si on envoyait un hibou à l'Ordre ? » demande Théo, qui regarde Ron se frotter le nez avec vigueur, avant d'ajouter sur un soupir : « Dommage qu'on n'ait pas un biper pour les contacter… »

« Pour leur dire quoi ? Que le pif de Ron chatouille et qu'on soupçonne les Ânes Bâtés de fomenter une mauvaise blague ? Ils ont d'autres chats à fouetter…» répond Blaise, avec un haussement d'épaule.

« Les dernières fois que le pif de Ron a chatouillé, il était loin de le faire parce qu'il y avait une mauvaise blague dans l'air. C'était beaucoup plus sérieux… » fait remarquer Théo, sur un ton insistant et le regard vivement inquiet

Et aussitôt, tous les événements qui se sont produits au Ministère puis à Privet Drive, me sautent à la figure. Et je frissonne. Théo a raison… C'était même plus que sérieux…

« Théo, Voldemort est fort occupé à lire le manuscrit de Salazar Serpentard. Il n'en dort plus depuis vendredi. Lucius, quant à lui, passe le plus clair de son temps soit à écouter religieusement son Maître lui faire le récit de la vie passionnante de son ancêtre, soit à rassurer sa belle sur le sort de futur beau-papa, soit à houspiller le peu de Mangemorts qu'il reste au Manoir… Aucun d'eux n'est sorti depuis trois ou quatre jours. Aucune information concernant une attaque du Poudlard Express n'a transpiré dans leurs propos. Et ils ne sont pas en position de force côté nombre de Mangemorts disponibles… Alors je doute que nous subissions une attaque extérieure… Et puis, si Voldemort bouge, l'Ordre bougera aussi. » assure Harry, d'un ton rassurant…

« Et même à supposer qu'une attaque extérieure a été prévue et que les Ânes Bâtés sont au courant, ils seraient arrivés tôt, pour se regrouper dans un même wagon, en queue de train. Or, ce n'est pas le cas, ils sont arrivés à des heures différentes, parfois même tardives et ils sont éparpillés dans tout le train. Il faut dire aussi que nous ne leur avons pas donné le choix à ce propos… » appuie Neville, tout à fait calme et tranquille.

Cependant, je note qu'à ses côtés, Ron fronce les sourcils…

« A moins qu'il ne soit prévu qu'ils participent à l'attaque, tout au moins, les plus âgés. Et qu'ils se soient éparpillés pour pouvoir nous gêner dans notre défense… Et même s'il y a peu de Mangemorts disponibles, peu importe, n'est-ce pas, puisqu'il s'agit de s'en prendre à des élèves pour la plus grande partie sans expérience ou presque… Par ailleurs, les Ânes Bâtés peuvent avoir une Mission bien précise… » murmure-t-il, le visage marqué d'inquiétude

« Et Voldemort peut avoir fait transiter les infos sur l'attaque, par l'intermédiaire de son Espion de Poudlard, il y a quelques jours déjà… Ron, à quoi penses-tu ? » demande Harry, soudainement moins rassurant, tandis que je sens mon cœur s'affoler dans ma poitrine

Je n'aime pas du tout voir Ron faire cette tête là…

« Il ne doit y avoir aucun doute pour Voldemort, que l'endroit où vous êtes le plus vulnérables, Draco et toi, c'est ici, dans le Poudlard Express et il est possible qu'il compte sur les Ânes Bâtés pour lui faciliter la tâche… » répond Ron, une lueur angoissée traversant le regard qu'il pose sur Harry…

Putain ! Il a raison ! Et cette attaque peut avoir été prévue depuis pas mal de temps déjà. C'est vrai, que Voldemort et Lucius n'ont pas quitté le manoir depuis mercredi, si mes souvenirs sont bons. Mais Lucius l'a fait lundi et Voldemort mardi…

Nous sommes dimanche. Il peut appeler ses maigres troupes à n'importe quelle heure. Aucun de ses Mangemorts ne travaille le dimanche… Sauf ceux des Transports Magiques, qui n'ont pas été faits prisonniers…

« Ok… J'envoie Hedwige. Elle trouvera le plus proche membre de l'Ordre et l'alerte sera vite donnée… Nous allons envoyer nos quatre hiboux. » décide Harry, tandis qu'Hermione sort déjà du parchemin et une plume pour écrire le message d'urgence

En fin de compte, Théo a raison. Dommage que nous n'ayons pas un biper à disposition…

« Où penses-tu que l'attaque peut avoir lieu ? » demande-je, avec une boule dans la gorge

« Nous traversons des tas de plaines désolées. Ça peut arriver n'importe quand, à partir de maintenant… » répond Ron, cette fois en mode guerrier.

J'ai l'impression d'entendre le Grizzly gronder en lui. Malheur à celui qui tentera de s'en prendre à Harry, il risque de se faire déchiqueter…

Harry ouvre la fenêtre de notre compartiment. Puis il s'approche d'Hedwige, noue le message rédigé par Hermione à sa patte et enfin lui caresse le plumage.

« Tu es une brave fille, Hedwige. Je sais que je peux compter sur toi. Tu vas aller porter ce message au Membre de l'ordre le plus proche d'ici. Ne te montre pas, essaye de faire en sorte que les Ânes Bâtés ne te voient pas, veux-tu ? Il ne faudrait pas leur mettre la puce à l'oreille… » dit-il d'un ton bas, presque confidentiel, en regardant sa chouette dans les yeux.

Sa chouette hulule doucement. On jurerait qu'elle lui répond.

« Attends avant de la lâcher ! » m'exclame-je, sur un coup de tête

« Pourquoi ? » demande Harry, l'air surpris

« Attends que Nyx, Mercure et Coq soient prêts à partir aussi. Ta chouette est très intelligente, Harry. Elle prendra leur tête et les aidera à ne pas se faire voir des Ânes Bâtés. Ils se sépareront après, pour chercher dans des directions différentes… » explique-je, sous les hochements de tête approbateurs de mes amis…

« Tu as entendu Hedwige ? » demande Harry, d'une voix douce.

Une fois de plus, sa chouette lui répond d'un hululement, avant de détourner la tête vers les autres Hiboux, que nous préparons au départ, puis de regarder la fenêtre ouverte.

Elle comprend vraiment tout…

Deux minutes plus tard, nous lâchons nos rapaces. Hedwige va aussitôt s'accrocher sur le bord de la fenêtre et elle hulule vers les autres hiboux, qui en font tout autant. Enfin, elle ouvre les ailes et s'envole, à la verticale et les autres la suivent…

« Elle va rester au-dessus du train, jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment haut dans le ciel, pour qu'on ne puisse pas soupçonner que nous avons lâché les hiboux d'ici ! » s'exclame Harry, l'air fier de sa chouette, en se penchant à la fenêtre

Il peut. Parce que c'est vraiment un phénomène !

« Quelqu'un sait qui conduit le train ? » demande-je, aussitôt la fenêtre refermée

« Je suis allée voir dès notre arrivée à la gare. Ce n'est pas Reynold Oken, le complice de Lucius… De toute façon, si cela avait été lui le chauffeur d'aujourd'hui, l'Ordre aurait été en alerte et je suppose que nous en aurions été informés. » répond Hermione, à mon grand soulagement.

Au moins, si nous sommes attaqués par les Ânes Bâtés et que Voldemort arrive avec ses maigres troupes en renfort, sommes-nous assurés que ce pourri ne va pas faciliter la tâche à nos attaquants, en arrêtant le train.

« Ça ne me rassure qu'à moitié, c'est même dommage, finalement que ce ne soit pas lui. D'une part parce que l'Ordre aurait été en alerte justement et d'autre part, parce que cela signifie qu'en cas d'attaque externe, il y a un risque que nos assaillants fassent dérailler le train, alors qu'Oken l'aurait simplement arrêté. Il pourrait y avoir beaucoup de blessés et des morts parmi les élèves à l'avant du train… » soupire Harry, en se mordillant la lèvre inférieure

Bousillant du même coup mon petit instant d'optimisme, qui fond plus vide que neige au soleil…

« Pas avec des enfants de Mangemorts dans les wagon de tête… » souffle Neville, sourcils froncés

Ah ! Il marque un point ! C'est vrai que Voldemort ne va pas risquer que sa petite armée de Poudlard laisse des plumes dans un déraillement… Voilà qui me redonne un petit espoir de ne pas être piégé dans un train à l'arrêt… Ce sera plus difficile pour les Mangemort, de nous atteindre dans un train en mouvement…

« Même avec des enfants de Mangemort à l'avant. S'ils font dérailler le train dans une petite montée, il y aura nettement moins de dégâts… S'il est prévu que nous soyons attaqués, les Ânes Bâtés connaissent l'heure d'arrivée des Mangemorts, on les verra alors tous se diriger vers l'endroit où ils seront moins exposés. A moins qu'on ne leur ait appris des Sorts pour sécuriser leurs compartiments. » affirme maintenant Harry, en se frottant le menton dans ce geste qu'il fait assez souvent quand il réfléchit.

« Ils peuvent même faire arrêter le train, comme le jour où des Détraqueurs sont venus, vous vous souvenez ? » fait remarquer Ursula, d'une voix blanche.

Bon raisonnement, me dis-je, mon espoir se faisant de nouveau la malle… Décidément, mes potes ne cessent de souffler le chaud et le froid…

« La chaîne des Pennines ou les premières collines des Highlands du Sud… C'est là, qu'ils vont attaquer… Et je penche pour les Pennines. Plus ils attaquent tôt et moins il y a de risque de fuite parmi les élèves. Pas de la part des plus âgés, même si ça doit leur démanger la langue. Mais les petits sont susceptibles de laisser échapper des informations ou d'avoir un comportement qui nous alerte… Par ailleurs, seul le Ministère peut donner l'ordre d'arrêter le train. Il faut se préparer à un déraillement…» souffle Ron, en faisant tourner sa baguette entre ses doigts…

Cette fois, j'ai l'impression que Ramaya vient d'arriver et qu'elle nous a jeté l'un de ses fameux Sortilèges de Fluide Glacial… Ron a l'air parfaitement convaincu de son fait et personne ne cherche plus à discuter.

S'il le dit sur ce ton, c'est que nous allons être attaqués et que ça va se produire comme et là où il le dit…

Je jette machinalement un coup d'œil à ma montre…

« On va bientôt aborder les Pennines. Dans vingt, vingt-cinq minutes, au max… » fais-je remarquer, en me sentant de plus en plus nerveux

Les Hiboux auront-ils eu le temps de joindre un Membre de l'Ordre ? Mieux vaut ne pas compter là-dessus et nous préparer à nous débrouiller seuls…

Et nous avons intérêt à faire vite, pour limiter la casse…

« Est-ce qu'il y a des petits, à l'avant ? » demande soudainement Ron, tendu lui aussi

« Oui, bien sûr… » répond Neville, avant d'ajouter, sourcils froncés : « Des nôtres et des neutres, du moins. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu des petits Ânes Bâtés…

« Moi non plus. Juste des Septième et des Sixième ! Quelques cinquième également… Et seulement à partir de la voiture 5 ! Dans les précédentes, il n'y a aucun Âne Bâté ! » appuie Blaise, en sautant d'un bond sur ses pieds

« Ils vont rester à leur place. Ils vont jeter des Sorts de Protection sur leurs compartiments et attendre que le déraillement prenne fin pour intervenir ! Les Ânes Bâtés vont faire diversion partout où ils pourront, pendant que les Mangemorts attaqueront notre wagon ! L'Espion de Poudlard doit déjà nous avoir repérés et disposer d'un moyen d'informer Voldemort ! » s'exclame Ron, en se levant lui aussi.

Et j'ai soudainement le sentiment que les événements vont encore une fois se précipiter…

Merde ! La poisse !

OoOoOoO

Harry

« Hermione, fais passer le message par les miroirs aux Chefs de groupes. Que tout le monde se prépare à l'attaque, si possible sans alerter les Ânes Bâtés, au cas où ils auraient des moyens de prévenir l'extérieur.. A l'arrière, je ne veux pas qu'il reste de gamins dans les quatre dernières voitures ! En tête de train, pas un seul dans les six premières. Et si possible, pas de grands qui n'appartiennent pas aux Comités non plus dans les trois voitures de queue ni dans la six ! Qu'on rassemble les gosses dans les compartiments les plus éloignés des Ânes Bâtés. D'ailleurs ceux-là, si vous pouvez les boucler dans leur compartiment faites-le ! Qu'on se débrouille également comme on peut mais je ne veux pas que les assaillants externes puissent concentrer leurs attaques du côté des compartiments dans lesquels seront les gamins ! Il faut aussi sécuriser tous les wagons aux maximum, renforcer les fenêtres, poser des Boucliers et à l'avant qu'on jette des Sorts de Coussinage ! La totale quoi… Bien sûr, il faut des membres des Comités dans chaque wagon et les personnes en transit, laissent leurs bagages où ils sont, qu'on n'oublie pas de bien les fixer, qu'ils ne tombent pas sur la tête de quelqu'un pendant la secousse ! Pour tout le monde, si on pose des questions, il faut répondre que c'est un exercice d'alerte surprise décidé par les Préfets. Ce n'est pas la peine de provoquer une panique maintenant. Elle aura lieu bien assez tôt…. » ordonne-je, sous les oreilles attentives de mes compagnons, qui se préparent déjà aux combats

Hermione répercute aussitôt mes ordres. Il me reste à faire part de mes décisions en ce qui concerne ceux qui sont ici…

« Draco, si c'est nous qu'ils veulent, alors nous n'allons pas leur faciliter la tâche. Nous devons nous séparer et il faut qu'ils nous cherchent. On se montre le moins possible, tout en mettant à terre le maximum d'ennemis… » déclare-je, en regardant mon frère sans ciller.

Diviser les forces de nos assaillants nous permettra d'avoir plus de chances de nous en sortir tous les deux. Ou au moins l'un de nous… Draco le comprend et il approuve, l'air bien décidé à se battre farouchement.

« Comment s'organise-t-on ? » demande-t-il, en enlevant sa robe de Sorcier, pour enfiler un pull confortable, qui facilitera ses mouvements.

« Tu vas vers l'arrière, rejoint Cameron et Magnus, dans le troisième wagon de queue. Hermione et Théo, vous allez avec lui. Théo, tu resteras en route avec Ginny. Vous faites descendre des petits avec vous pour faire de la place dans cette voiture. Sauf Miho, Alioth, Astoria et Dennis qui vont rester avec Vincent, Greg et Milli, jusqu'au moment de l'attaque. Et tiens, Draco, prends ça… » explique-je, avant de lui tendre ma Cape d'invisibilité.

« Non… Garde-là, tu peux en avoir besoin… » souffle-t-il, avec un hochement négatif de la tête.

« J'ai plus d'entraînement que toi Draco. Plus de résistance aussi. Je peux tenir un Sortilège de Désillusion bien plus longtemps que toi et même combattre sous le couvert d'un déguisement qui tiendra un bon bout de temps. Ne discute pas, prends là. » réponds-je, en lui fourrant ma Cape dans les mains

Il la prend et me serre contre lui

« Sois prudent mon frère » souffle-t-il à mon oreille, la voix un peu brisée

« Toi aussi. » recommande-je, avant que nous nous séparions.

Et j'ouvre la bouche, pour achever de donner mes instructions, mais je suis interrompu, car la porte de notre compartiment s'ouvre brusquement et Miho pénètre dedans pour se jeter à toute vitesse dans les bras de Blaise

« Plumki dit qu'il va bientôt y avoir du rififi ! Il dit que les Ânes Bâtés se préparent ! » murmure-t-elle, toute affolée.

« Nous savons, ma puce. Mais remercie Plumki et demande lui de rester aux aguets. Tu vas rester sagement avec Vincent, Greg et Milli… Il faut être courageuse, ma poussinette. Faire exactement ce que l'on te demande, OK ? » répond Blaise, en la serrant tendrement dans ses bras.

Miho hoche vivement la tête, pour approuver

« Blaise et Ron vont également rester avec toi, ainsi qu'Ursula » révèle-je, tandis que Ron se tourne brusquement vers moi.

Nous échangeons un regard lourd de sens. Nul doute que Ron voudrait venir avec moi. Moi aussi, j'aimerai qu'il soit à mes côtés, mais sa place est ici.

« Nous allons faire descendre un maximum de gamins dans ce wagon. Ils vont avoir besoin de toi pour les protéger.» souffle-je, d'un ton à la fois doux et ferme.

Ron ferme brièvement les yeux et acquiesce sans discuter. Mon argument est imparable et il le sait. Il est le plus qualifié, à égalité avec Hermione, pour remplir cette tâche. Et j'ai décidé de confier mon frère à Hermione… Pas qu'il soit manchot, loin de là, mais si l'attaque se prolonge, il est plus fatigable que nous et aura besoin d'un bon renfort à ses côtés, même s'il a le bénéfice de ma Cape.

« Neville, Luna, vous venez avec moi vers l'avant. Nous resterons dans la voiture 6. En chemin, aidez à sécuriser les wagons. Moi, je vais tâcher d'atteindre la Locomotive et faire arrêter le train avant qu'il y ait de la casse. Gardez vos miroirs à portée, que nous puissions rapidement communiquer… Gaffe à vos fesses tout le monde. On y va… ! » poursuis-je, laissant les autres sortir avant moi, pour pouvoir serrer brièvement Ron dans mes bras.

Hermione prend naturellement la tête de son groupe, s'occupant immédiatement de faire sortir les petits qui se trouvent dans ce wagon pour les emmener avec elle dans la suivante, afin de dégager de la place ici pour ceux qui vont descendre de l'avant. Déjà, plus haut, la porte de notre voiture s'ouvre pour laisser passage à un flot de gosses accompagnés par Magda. Ils ont l'air plutôt calmes, amusés même…

Tandis que Ron, Blaise et Ursula assurent les compartiments, je sors mon Miroir Magique et le garde à la main pour pouvoir tout entendre de ce que pourrons dire les Chefs de Groupe et je commence à remonter vers la locomotive, étroitement suivi de Neville et Luna. Soudain, j'entends McLaggen demander à quoi rime tout ça et Ron lui répondre que c'est un exercice d'alerte

« Un exercice d'alerte ? Pourquoi faire ? A quoi ça peut bien servir ? » demande McLaggen, d'un ton moqueur

« A évaluer les capacités de réaction des idiots dans ton genre, en cas d'attaque surprise ! Maintenant tu fermes ton clapet et tu fais ce que je t'ai demandé ! » assène Ron, d'un ton sans réplique, alors que j'arrive à hauteur du wagon suivant

Tout se passe plutôt bien, les copains et copines des différents Comités se débrouillent à merveille. Les actions sont coordonnées au poil près dans chaque voiture, malgré le peu de temps que nous avons eu pour prendre nos décisions et nous organiser. Parrain sera content de savoir que ses entraînements payent bien. Du moins, côté préparation. Pour le reste on verra plus tard…

Bien sûr, il y a inévitablement d'autres imbéciles comme McLaggen, qui se font tirer les oreilles. Ce sont des plus grands généralement. Les gamins prennent ça comme un jeu. C'est bien. Si nous nous sommes trompés et que c'est une fausse alerte, bien que j'en doute très, très fortement, ils ne se feront pas prier pour renouveler ce genre d'exercice plus tard.

Et il me vient à l'esprit, que ça pourrait être bénéfique pour nous, d'en faire aux vues et aux sus des Ânes Bâtés, à Poudlard. Ils observeraient nos mouvements, notre itinéraire et ils rigoleraient en pensant qu'il ne sera pas bien difficile de nous tendre une embuscade en cas d'attaque. Sauf qu'alors, c'est un autre chemin que nous ferions prendre aux gosses…

Une idée à creuser…

J'ai remonté quatre wagons, quand je vois par une fenêtre que nous abordons déjà les Pennines. La dernière ligne droite du compte à rebours commence et le train s'essouffle un peu dans la montée…

« Harry, tout le monde est descendu, sauf trois andouilles qui ne veulent rien entendre dans le wagon de tête, m'a dit Martha. Je m'apprêtais à aller les chercher par la peau du cul. » m'apprend Gabe, un brin énervé quand j'arrive dans la voiture numéro 5 qui finit de se vider, sous la houlette de Phillipa, restée en tête de train après la réunion des Préfets, pour donner un coup de main au cas où ce serait utile.

« Luna et Neville, finissez d'évacuer le plus possible la voiture 6 ! Gabe et Phillipa, avec moi. On les assomme s'il faut, mais on ramène ces imbéciles coûte que coûte… » déclare-je, en pressant le pas.

Pourquoi faut-il toujours qu'il y ait des idiots pour nous compliquer la vie ? me dis-je, main serrée sur mon Miroir Magique

Nous traversons vite les voitures quasiment vides et déboulons dans le compartiment des crétins qui n'ont pas voulu suivre le mouvement. Arnold Wylmot bien sûr ! Avec sa petite amie, Erin Engleford, des cinquième de Gryffondor et la cousine d'Arnold, une Serdaigle, Criosa O'Flaherty je crois…

« Ce n'est pas un exercice. Nous allons être attaqués. Alors magnez-vous le cul pour dégager d'ici ! » gronde-je, en attrapant Arnold par le col pour le jeter dans le couloir.

« Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ! Tu as perdu la tête ! » s'exclame Erin, en attrapant son chat pour le presser contre elle.

« Attaque imminente ! Grouillez ! » grogne Gabe, en sortant les deux filles manu-militari…

Le train accélère, il amorce la descente du premier petit col que nous avons franchi. Le second sera un peu plus élevé.

« Tu ne pourras pas arriver jusqu'à la Locomotive, Harry… Il faudrait que tu sortes et que tu longes par l'extérieur. C'est trop dangereux. Le train peut dérailler à tout moment maintenant… » souffle Phillipa en me retenant par le bras, alors que j'allais continuer vers l'avant.

Elle a raison. Et je le lui signifie d'un simple signe de tête…

Et nous courons de nouveau, en sens inverse. Je note distraitement qu'il n'y a aucun Âne Bâté dans les quatre premières voitures. Il y en a en revanche au bord de la cinquième, dont un gamin de première année, qui regarde dehors, debout, à la fenêtre sur laquelle des étoiles vertes ont été dessinées… Faut-il être con ! me dis-je, m'arrêtant net

Merde ! Je ne peux laisser là un gosse qui risque de se faire tuer !

J'ouvre brusquement la porte du compartiment, me rue dedans sous les yeux ronds de stupeur des Ânes Bâtés… qui ont tous un brassard blanc… Faudra que je fasse passer le mot. C'est un signe de ralliement, ça…

« Foutez le camp de là ! Le train va dérailler ! » hurle-je, en attrapant le gamin à bras le corps pour l'emmener avec moi

Mais je n'ai pas le temps de faire demi-tour, qu'il y a un tintamarre infernal et une secousse du tonnerre de Merlin qui m'envoie valser durement. Je lâche instinctivement mon Miroir pour assurer ma prise autour du gamin qui s'agrippe maintenant de toutes ses forces à mes bras

Une douleur insupportable explose mon épaule et ma jambe droites et durant un instant, j'ai l'impression d'être dans un shaker, avec des bagages, des cages et du verre brisé, puis ma tête heurte violemment quelque chose de très dur.

J'en vois trente-six mille chandelles, avant qu'un trou noir m'absorbe…

OoOoOoO

(1) Grippeminaud : homme hypocrite et rusé

(2) Maraude : celle qui ne mérite que le mépris

(3) S'ébaudir : se réjouir

(4) Baneloche : alarme

OoOoOoO

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