Disclaimer: cf chapitre 1

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Mistycal est ma super beta ! Bisous ma grande et toujours merci pour t'être engagée dans ce travail de longue haleine!

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Réponse aux commentaires sur mon forum, pour : Lul - Douceurfamille -

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Bonne Lecture !

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A La recherche De Harry 2/3

Acte 3 : Angoisse

Ron

Je n'en peux plus. Je suis épuisé. Vidé de mes forces mais pas de cette souffrance qui hurle à la mort dans mon cœur, ni de cette colère qui gronde sourdement dans mon ventre. Je m'immobilise parmi les arbres que j'ai jetés à terre et déchirés à coups de griffes.

Ça n'a servi à rien. Je suis toujours aussi fou de douleur. Et de terreur pour Harry…

Harry… Où es-tu ? Qui t'a emmené ? Vas-tu être livré à Voldemort ? Es-tu gravement blessé ? Vas-tu survivre ?

Ne meurs pas, bébé, je t'en supplie ! Ne meurs pas !

Si tu savais comme je m'en veux de ne pas avoir senti que tu avais besoin de mon aide ! Que tu étais blessé ! J'aurais dû venir à ton secours, mais je n'ai rien senti, rien… Pardonne-moi, bébé, pardonne-moi !

Putain, mais pourquoi ta bague ne s'est-elle pas activée ? Elle aurait dû le faire ! Je serais venu aussitôt, Harry, je te jure que je serais venu aussitôt !

Une plainte s'échappe de ma gorge douloureuse des grognements de rage que j'ai poussés et de tous ceux qui restent encore coincés dans mon cœur. Il est si serré dans ma poitrine qu'il brûle. Mes muscles douloureux tremblent. J'ai la nausée et la tête qui tourne.

La bague… Pourquoi j'y pense seulement maintenant ? Elle aurait pu nous servir à appeler du secours. Et l'attaque n'aurait peut-être pas eu lieu. Le train n'aurait peut-être pas déraillé… L'Ordre aurait pu arriver avant et arrêter le train…

La culpabilité m'étouffe.

Je suis un imbécile…

J'aurais dû me fier à mon instinct dès le début. Dès que j'ai vu Casey chuchoter à l'oreille de Vaneck et que mon pif s'est mis à chatouiller… Pourquoi ai-je été si long à comprendre que nous allions être attaqués ?

Parce que j'ai pensé que les Ânes Bâtés étaient trop bêtes pour représenter une réelle menace, voilà pourquoi ! Je me suis dis que nous aurions vite fait de les maîtriser s'ils tentaient quoi que ce soit. Que nous sommes plus forts qu'eux…

Ne jamais sous-estimer l'ennemi, entends-je papa me souffler au creux de l'oreille…

Je m'étais promis de ne plus le faire pendant la bagarre au Ministère et j'ai recommencé… Imbécile, imbécile, imbécile !

Pourras-tu me pardonner ça, Harry ?

Pourras-tu me pardonner mon bébé ?

Une déferlante de douleur me balaye et je m'effondre au sol…

Mon bébé a mal, terriblement mal…

Je le sens maintenant, je sais que c'est lui, j'en suis sûr…

Où es-tu bébé, je n'arrive pas à le savoir ! Quelque chose m'en empêche ! Cette chose me dit que tu es partout ! Que tu n'es nulle part ! Mais ce n'est pas possible ça !

Oh putain ! Tu as si mal, bordel, si mal ! Et tu paniques. Mais tu n'es pas seul, bébé, je suis là, avec toi ! Tu es dans toutes mes pensées, dans mon cœur, dans mon âme ! Calme-toi, bébé, respire doucement et chasse cette douleur. Tu as une pochette de soin, mon amour. Prends une potion.

Mais tu ne m'entends pas… Tu ne m'entends pas…

Est-ce parce que je ne pense pas assez fort ? Alors écoute, bébé, écoute, je vais crier. Mais ce n'est pas parce que je suis en colère, c'est juste pour que tu m'entendes…

Putain ! Harry ! Tu dois te calmer, bébé ! Centre-toi sur toi-même ! Prends une potion, bordel ! Tu as ce qu'il faut sur toi ! Calme-toi ! Respire doucement !

Je me centre si fort sur Harry que j'ai l'impression de le voir, étendu dans un lieu sombre et froid, les yeux fermés, respirant doucement pour tâcher de se contrôler… L'impression aussi que sa douleur reflue un peu… Est-ce le fruit de mon imagination ? Ou est-ce ce truc dont Tatie Nally et Tonton Sev nous ont parlé. Cette Magie qui unit ceux qui s'aiment d'un amour si fort qu'il leur permet de connaitre les états d'âme de leur compagnon…

J'ai toujours su quand Harry avait besoin de réconfort ou qu'il se sentait heureux. Toujours su quand il partait sans moi dans le temps Ralenti avec sa Marraine… Toujours su aussi où le trouver quand il s'isolait pour penser à Sirius et tout ce qui le préoccupait…

Alors non, ce n'est peut-être pas le fruit de mon imagination. Je vis bien cette Communion de Cœur qui me permet de savoir comment va mon bébé…

Il va un peu mieux maintenant, je le sens. Et je dois rester auprès de lui dans mes pensées, dans mon cœur et dans mon âme. Je dois lui transmettre mon amour. Ma force. Mon énergie…

Bordel ! Si seulement nous pouvions nous parler au travers de ce lien ! Tu pourrais alors me dire où tu es et je viendrais te chercher bébé, je viendrais te chercher !

Je t'aime, je t'aime si fort…

Oh non ! Ça recommence ! Tu as de nouveau mal, si mal !

Je voudrais tellement pouvoir te prendre cette douleur ! Tu m'entends bébé ? Est-ce que tu sens que je suis là, avec toi ? Est-ce que tu sens que je tends toutes mes forces vers toi ? Si tu le sens bébé, prends-les ! Je t'en supplie prends-les ! Je te les donne !

Oh, non ! Merde, qu'est-ce qu'il se passe ?

Pourquoi c'est si diffus tout à coup? Pourquoi mes sensations de toi s'effilochent-elles ? Oh non, ne t'en va pas, bébé ! Reste avec moi ! S'il te plait, reste avec moi !

Je sais, oui, je sais, tu souffres mon bébé ! Tu souffres tellement ! Je sais que tu voudrais que l'ombre t'avale pour ne plus rien sentir.

Mais ne meurs pas Harry, je t'en supplie, ne meurs pas !

Dors, bébé ! Juste dors, reprends des forces ! Je vais te trouver, je te le jure !

Je t'aime bébé ! Je t'aime !

Putain non !

Mon cœur bondit. Il part à la recherche de Harry… Je ne le trouve pas. Il n'est plus là.

Je m'effondre complètement au sol.

Il s'est endormi, juste endormi, me souffle mon instinct…

Mais j'ai mal à en crever de ne plus le sentir. Je me sens si seul. J'ai froid.

J'ai l'impression que tout est vide en moi. Que je ne pourrais plus jamais être heureux. Les Détraqueurs peuvent venir, je m'en ficherais. Ils ne pourraient me faire pire effet. Je suis seul, avec ma peine et ma douleur.

Ma culpabilité. Ma colère contre moi-même d'avoir été si nul…

Harry, mon Harry où es-tu ?

Des branches craquent. Quelqu'un approche en se hâtant. Je me crispe, je rassemble mes maigres forces et me transforme en Grizzly. Je hume l'air.

Hermione.

Je me détends. Elle peut venir. J'ai envie de la voir. De partager ma douleur avec elle. Que son amitié attenue un peu mon angoisse. Ma solitude et le vide dans mon cœur.

Elle surgit de derrière les arbres, s'arrêtant net. Elle m'observe avec inquiétude, les yeux brillants. Sa détresse me frappe de plein fouet. Je m'approche d'elle, chancelant.

« Ron… Il faut rentrer… » souffle-t-elle, en courant vers moi.

Elle s'agenouille et m'entoure de ses bras, elle pleure, je le sais au son de sa voix. Je frotte ma tête contre la sienne, prenant mille précautions pour ne pas lui faire mal sans le vouloir. Le Grizzly est si brutal, si maladroit parfois…

Mais je n'ai pas envie de redevenir un humain. Ça me fait moins mal d'être sous ma forme Animagus…

Et je ne veux pas rentrer à Poudlard sans Harry. Je ne pourrais pas affronter les regards compatissants de mes amis, ceux qui savent tout de notre relation et ceux qui ne savent pas mais connaissent la force de notre amitié. Et puis, je ne pourrais pas me contrôler si un Âne Bâté fait la moindre réflexion…

Je suis dangereux. Je le sais. Ma douleur est trop vive et ma colère tapie au creux de mon ventre, se ramassant sur elle-même, prête à bondir, à fuser, à jaillir hors de moi. Il faudrait que je reste enfermé loin des autres, pour ne pas les mettre en péril…

« Ron… Change-toi, je t'en prie… » souffle encore Hermione.

Je me suis allongé sur le sol et elle peut sans mal plonger son regard dans le mien. Elle a mal, elle aussi. Harry est son frère de cœur. Elle connait la puissance de l'amour qui nous uni. Elle comprend ce que je ressens.

Je secoue la tête.

Non, je ne veux pas. Si je rentre à Poudlard, je ne saurais rien. Ça m'éloignerait de Harry. J'aurais bien plus de mal à le sentir là-bas. Il y a trop de monde. Trop de Barrières Magiques. Et il est trop loin déjà, derrière une autre Barrière qui me permet seulement de le sentir quand il est éveillé, sans pouvoir le localiser…

Je veux aller au QG, dans la Base d'Espionnage. Je veux pouvoir suivre les recherches de près. Je veux pouvoir partir à son secours dès que nous saurons où il est.

Je veux m'allonger et dormir dans le lit où nous avons échangé notre premier baiser, où l'amour nous a unis pour la première fois. Je veux me sentir proche de lui...

« Moi non plus je ne veux pas rentrer à Poudlard. Tonton Sev a dit que nous pourrons rester au QG pour cette nuit. Après, nous verrons… Peut-être pourrons-nous rester là-bas jusqu'à ce que Harry soit retrouvé ? Qu'en penses-tu ? » chuchote Hermione, avant d'étouffer un sanglot dans mon cou

Je reprends forme humaine. Et je la serre dans mes bras. Nous nous accrochons l'un à l'autre avec désespoir. Nous partageons nos larmes durant de longues minutes et je lui raconte ce que j'ai perçu de Harry. Elle m'écoute sans rien dire et nous restons encore un peu, dans les bras l'un de l'autre, à écouter le silence de la forêt, avant de nous séparer et de Transplaner dans le hall du QG, tombant presque sur l'Oncle Vernon qui est en train de revernir les lambris.

Je ne le regarde pas. Je ne m'excuse pas. Je cours aussitôt dans l'escalier.

« Non, mais ça va pas ! » gueule le cousin Dudley, quand je le bouscule sur le palier du premier

Il est tombé à la renverse sous le choc et me lance un regard noir. Puis il semble réaliser que je ne suis pas du tout dans mon assiette, qu'il n'a pas intérêt à me défier et il se recule vivement pour me laisser passer. J'entre en trombe dans la Base d'Espionnage.

« Tout l'monde est sur les dents, mais y s'passe rien. Lucius lit toujours dans l'bureau. Tonks est allée en Ecosse, comme tu l'as d'mandé. Elle a confirmé y a un instant qu'Voldemort est bien là-bas, à Amesbury, dans la maison d'ma supposée tante Adélie. Rien à signaler non plus du côté du Chemin d'Traverse, pas plus qu'à Pré Au Lard ! Au ministère, Fudge vient d'arriver. Il a convoqué tous ses chefs de Départ'ment et aussi les Directeurs des Sous Ministères. Tous les Aurors et Tireurs d'Baguette ont été réquisitionnés, m'a dit Arthur. Et les familles arrivent en masse, à Ste Mangouste comme au Ministère, pour prend' des nouvelles d'leurs enfants. La nouvelle d'l'attaque s'est répandue plus vite qu'la queue d'une comète… » annonce Mondingus, qui parle à je ne sais qui dans son micro.

« Dis-lui que Ron et Hermione viennent d'arriver… » souffle Angelina Johnson, qui s'est vivement retournée à notre entrée dans la Base…

Elle est à peine remise de ses blessures, reçues à Dunvegan Castle et son teint est un peu gris. Elle vient vers nous et nous embrasse, nous serre doucement contre elle.

Mondingus répercute, en jetant un œil vers moi et Hermione, tandis que je regarde Lucius sur l'écran. Il est assis dans un fauteuil, jambes croisées, vêtu d'une robe de couleur claire. Il sirote un verre et fume un cigare, tout en lisant un livre. Vu comme ça, il incarne la bourgeoisie tranquille et sereine. On jurerait qu'il a la conscience parfaitement tranquille…

Mon sang bout dans mes veines. Je voudrais pouvoir aller étrangler cette sale pourriture de mes mains.

« Nan, je n'pense pas qu'il manque qui qu'ce soit là-bas. J'vais tout d'même tâcher d'joindre Madame Prewitt, mais j'pense que ça n'va pas être coton. Là-bas aussi, tout l'monde doit êt' sur les dents, avec l'nombre d'élèves blessés qu'y a. Le Directeur d'Ste Mangouste a donné l'ordre d'am'ner même les plus légers. Y veut s'assurer par lui-même qu'les gamins risquent pas d'mauvaises surprises dans les heures qui viennent. Il a juste accepté qu'les trauma crâniens graves aillent à Poudlard parce qu'on y a dit qu'Richard est là-bas. Et il lui a fait parvenir du matériel spécial, un Médicomage et trois infirmières ! C'est Madame Prewitt qui m'l'a dit tantôt. » poursuit Mondingus, très concentré sur la réponse qu'on lui donne ensuite

Je tends l'oreille. Il parle à Tatie Nally, dont je reconnais à peine la voix. Elle est nouée. Etranglée. Angoissée.

« Ouais, t'as raison. J'vais envoyer Angelina ! A tout d'suite ! » ajoute-t-il quelques secondes plus tard, avant de se tourner vers notre amie : « Nally demande qu'on aille aux nouvelles à Ste Mangouste. Ça te permettra aussi d'aller voir ton frère, qu'elle a dit. Mais t'inquiète pas trop. Il a pas grand-chose… »

« Nathanaël a été blessé ? » demande Hermione, alors qu'Angelina se lève déjà pour enfiler sa cape

« Oui, mais il a été chanceux, d'après Tatie Nally. Bien plus chanceux que cette pauvre Lucy Willis… » soupire-t-elle, des larmes dans la voix…

« Quoi ? Qu'est-il arrivé à Lucy ? » demande-je, en me tournant d'un bloc vers elle, les poils hérissés.

Je m'attends au pire. Je sais qu'il s'agit du pire. Mais j'ai besoin qu'elle le confirme…

« Elle est morte…. » soupire Angelina, avant de sortir de la Base…

Je frissonne. Et je me crispe. Je fais refluer la rage qui se débat dans mon ventre. Je réprime les Ondes Magiques, qui crépitent au bout de mes doigts.

« Comment ? » m'enquiers-je, auprès d'Hermione, dont les larmes roulent de nouveau sur les joues.

Je suis sûr qu'elle sait. Elle n'a pas été surprise, quand Angelina a annoncé la mort de Lucy. Je lui prends la main et la serre doucement.

« Une artère de son abdomen a été tranchée par un gros morceau de métal, quand un Maléfice a fait exploser la porte extérieure d'un wagon. La blessure était très grave et profonde. Miranda a réussi à arrêter l'hémorragie, mais Lucy avait déjà perdu beaucoup trop de sang et il n'y avait plus de Potion de Régénération sanguine à disposition. Lucy est morte peu avant que les Médicomages arrivent sur place… » répond Hermione, avant d'essuyer ses yeux d'un revers de manche et de prendre place dans le siège, près de Mondingus.

Lucy est morte, je n'arrive pas à y croire et je sens la colère gronder de plus bel en moi. Je serre les poings au fond de mes poches.…

Je me souviens du jour où nous avons fait connaissance, Le jour où nous avons créé le C.C.S.A.B.P.M.. Elle nous avait parlé de sa grand-mère, une romancière Moldue et elle voulait devenir Auror, comme son arrière-grand-père… Je l'appréciais énormément, c'était une fille bien, intelligente et fine. Et elle ressemblait beaucoup à son père, qui tient un salon de thé sur le Chemin de Traverse…

Je respire profondément, les yeux fermés. Si je tenais Parkinson entre mes mains, je crois que cette fois personne ne pourrait m'empêcher de le tuer. De le massacrer à coups de griffes. Comme j'ai massacré le Monstre dans le Temps Ralenti…

Le Grizzly se débat pour prendre le dessus. Je réussis à en garder la maîtrise à gros efforts. Presque surhumains. Hermione se coule contre moi. Je referme mes bras autour d'elle. Son amitié me vient en aide. Elle me permet de refouler ma colère.

« Y a-t-il d'autres morts parmi les élèves ? » m'enquiers-je, en regardant ma petite sœur de cœur et Mondingus tour à tour…

« Il y a eu douze morts : le chauffeur du train et onze élèves. 5 Serpentards dont 4 Ânes Bâtés et Lucy, 2 Gryffondors, 3 Serdaigles et une Poufsouffle. Trois des Ânes Bâtés ont été tués sur le coup, le quatrième est mort des suites de ses blessures. Les deux Gryffondors sont décédés pendant le déraillement. Les Serdaigles et la Poufsouffle ne faisaient pas partie du Comité. Ils n'ont pas mesuré la gravité des Maléfices reçus, ils ont réagi trop tardivement avant de se faire soigner… » répond Hermione dans un souffle.

Son regard s'évade par la fenêtre où l'on peut voir le ciel plombé dans la lumière qui baisse lourdement.

Je ne sais même pas quelle heure il est, ni combien de temps je suis resté à gronder ma colère dans la forêt. Depuis combien de temps Harry est-il prisonnier, gravement blessé ? Ses blessures ont dû s'aggraver, pendant le Transplanage songe-je. Et une bouffée de haine, pour celui ou celle qui l'a enlevé me submerge…

« N'restez pas là, tous les deux. Allez dans la cuisine, vous faire servir un chocolat par Roi Dobby. J'vous appelle si y s'passe quèque chose… » déclare Mondingus, en tendant des écouteurs et un micro.

« Vous allez être tout seul, pour surveiller tout ça… » réponds-je, peu désireux de quitter la Base.

« T'inquiète, fiston. Y s'passe rien et d'toute façon, Dedalus devrait pas tarder à revenir… Allez, va. Ça n'aid'ra pas Harry, qu'tu restes ici à t'ronger les sangs. On va le r'trouver et à ç'moment là, il aura besoin qu'tu sois en forme pour l'aider… » assure Mondingus, avec un regard insistant.

J'ai le sentiment qu'il sait, pour Harry et moi. Qu'il a deviné à quel point nous sommes proches… Mais ce n'est rien. Je m'en fiche. Le monde entier peut bien savoir. Je me sens prêt à affronter la tempête que cela pourrait soulever. Tout ce qui compte, c'est que je retrouve Harry… Que je puisse le prendre dans mes bras, l'embrasser, lui dire que je l'aime…

Merlin que je l'aime !

Mon cœur se serre. Et mes poings avec.

Je tuerai celui ou celle qui me l'a pris, qui l'a emmené loin de moi, blessé, mourant peut-être…

Non, je ne dois pas penser à ça. Il faut que je me concentre sur lui. Que je fasse passer tout mon amour pour lui dans le lien qui nous unit…Si seulement je pouvais savoir où il se trouve, grâce à lui ! Mais ça ne passe pas. Il y a un obstacle entre nous.

« Mondingus a raison, Ron. Allons voir Dobby. » déclare Hermione, en prenant les écouteurs, avant de m'entraîner hors de la Base.

Je descends l'escalier d'un pas aussi lourd que mon cœur et j'entre dans la cuisine. A peine avons-nous passé la porte, que Roi Dobby se jette sur moi.

« Dobby a demandé à tous les Elfes de chercher son Ami Maître Harry Potter Monsieur ! Il est très triste et très inquiet pour son Ami ! Oh, oui ! Très inquiet ! » hoquète-t-il entre deux sanglots.

Je le serre doucement contre moi et je le laisse pleurer à son aise dans mon cou, Je m'assois sur le banc. Hermione s'affaire devant les fourneaux, tournant doucement le chocolat chaud que Dobby préparait dans une grande casserole en cuivre.

« Que se passe-t-il ? » demande la Tante Pétunia, du bout des lèvres.

Je n'avais pas vu que les Dursley étaient là. Ils ont fini leur dîner et prennent maintenant un thé qu'ils délaissent pour nous fixer. Ils ont compris qu'il se passe quelque chose de grave.

« Le Poudlard Express a été attaqué et Harry a été capturé. Il était gravement blessé, après avoir été éjecté du train quand il a déraillé. Il y a de nombreux blessés et des morts parmi les élèves. » répond Hermione, d'une voix tremblante, en versant du chocolat dans deux grands bols

Si le regard des tantes et de l'oncle s'écarquillent avec incrédulité puis effarement, celui du cousin luit d'une brève lueur de jubilation qui me met hors des gonds… Je pose Dobby sur la table et bondis vers lui, l'attrape par le col et le plaque durement contre le mur…

« Espèce de salaud ! Ça te réjouit, hein ! Harry est quelque part, gravement blessé, peut-être mourant et ça te fait plaisir ! Putain ! Je vais te foutre sur la gueule ! Et on verra si tu jubiles encore après ça ! » m'écrie-je, en levant le poing.

Mais je ne peux l'abattre. Une poigne de fer s'est saisie de mon poignet. On m'a jeté un Sort pour me figer.

« Non, Ron ! Ne fais pas cela ! Harry ne voudrait pas que tu te rendes coupable de violence sur un Moldu. » souffle Tonton Sev en s'approchant dans mon dos

Il relâche son Sortilège.

C'est la mention à Harry qui me retient maintenant. C'est vrai que Harry ne voudrait pas cela.

Je libère ce gros merdeux de Dudley, qui a une fois de plus pissé dans son froc et court se réfugier dans les bras de ses parents. Vernon est visiblement scandalisé, mais il ne dit rien. Pétunia, en revanche…

« Espèce de sauvage ! Mon Dudley n'a même rien dit ! Ni rien fait ! » s'exclame-t-elle, sur un ton de reproche non déguisé.

« Il n'avait pas besoin de parler pour s'exprimer ! Ça l'a rendu heureux, d'apprendre que Harry est gravement blessé et prisonnier de l'ennemi ! Il se réjouit de cette attaque ! Qu'il y ait eu des morts et des blessés parmi nos amis et camarades ! Je l'ai nettement vu dans son regard ! » gronde-je, les poings serrés.

« Bien sûr que non ! Nous ne nous réjouissons pas du malheur des autres ! Nous ne sommes pas comme ça ! » ronchonne l'oncle Vernon, en pressant son fils contre son flanc

« Si, vous l'êtes ! Et dans votre genre, vous ne valez pas mieux que les Nazis ! » s'exclame Tatie Nally, que je n'ai jamais vue aussi tirée et angoissée qu'aujourd'hui.

Sauf quand Harry a été blessé par le Monstre et qu'elle ne contrôlait plus la Magie dans le Temps Ralenti…

L'oncle Vernon s'étouffe, tandis que les tantes poussent une exclamation scandalisée…

Hermione nous a parlé une fois des Nazis et de leur chef, Adolph quelque chose, les comparant aux Mangemorts et à Voldemort. Je devine sans peine, combien les Dursley se sentent insultés. Dans le même temps, je me dis que Tatie Nally a raison. Envers Harry et les Sorciers, les homosexuels et les étrangers, les Dursley ont des pensées dignes des Nazis…

Et de Voldemort, Lucius et tous les Mangemorts…

« Comment pouvez-vous nous comparer à ces…ces… assassins sans cœur et sans morale ! » s'exclame Vernon, violet de colère

« Je le peux, parce que vous pensez comme eux ! Faites preuve d'intelligence et d'ouverture d'esprit et je réviserai mon jugement ! » répond sèchement Tatie Nally, avant de s'asseoir auprès de moi et de me serrer contre elle.

Il y a, dans le regard qu'elle plonge dans le mien, une inquiétude profonde.

« J'ai senti Harry, durant environ trente minutes. Il souffrait beaucoup. Il a paniqué pendant quelques instants également. Mais je n'ai pas réussi à le localiser. Peut-être parce que nous étions dans les Pennines et qu'il y avait beaucoup de souffrance là-bas aussi… Après, il a de nouveau perdu conscience. Mais il est en vie, j'en suis certaine… » assure-t-elle, en serrant mes mains dans les siennes.

« Je sais, je l'ai senti moi aussi… Et moi non plus je n'ai pas réussi à savoir de quel côté il se trouve… » réponds-je, dans un soupir las et triste.

Harry souffrait beaucoup. Mais il est en vie…

En vie… Je me raccroche à ça, pour ne pas me laisser submerger par ce mélange de douleur et de fureur qui monte de nouveau en moi.

Je dois apprivoiser le Grizzly, bon sang !

Harry va avoir besoin de moi, quand nous le retrouverons. Je dois me montrer fort, garder espoir et le soutenir autant que je le peux. Mais peut-il sentir mon amour ? Ces forces, que je veux lui faire passer ? La Barrière qui m'empêche de le localiser défend-elle aussi à mes pensées de le rejoindre ?

Tatie Nally fronce les sourcils. Un coup d'œil à Hermione, qui porte sa main à son oreille avant de pâlir et je comprends que des renseignements arrivent.

Et pas des bons…

« Tonks dit que Voldemort s'est arrêté soudainement de fouiller la maison, alors qu'il était près du but et de trouver la carte. Il a Transplané. Il n'est plus à Amesbury, mais il n'est pas non plus revenu au manoir, selon Mondingus… » révèle Tatie Nally, en se tournant vers Tonton Sev.

Je me sens devenir exsangue. Et je tremble. Harry va être livré à Voldemort. J'en suis certain. Tout mon cœur me le crie.

Je savais que cela allait arriver. Car même si je m'efforçais de ne pas y prêter attention, mon nez n'a pas cessé de chatouiller depuis que j'ai repris ma forme humaine…

« Ce ne peut-être chez les Parkinson non plus, puisque des Aurors fouillent encore la maison en ce moment même. Et nous avons envoyé des Membres de l'Ordre surveiller les demeures de tous les sympathisants que nous connaissons et qui sont en lien avec les Parkinson… S'il va chez l'un d'eux, nous le saurons très vite… » affirme Tonton Sev, en marchant vers la porte.

Il va vers la Base d'Espionnage, c'est certain.

Tout comme Tatie Nally, je me lève pour le suivre.

En même temps, je me dis que c'est inutile. Parce qu'au fond de moi, je sais que personne ne verra Voldemort arriver nulle part et que nous ne retrouverons pas Harry ce soir… Mon nez me le crie…

Et mon angoisse pique un sprint vers son pic le plus haut, quand soudainement Tatie Nally s'effondre contre moi…

Harry va mal…

Très mal…

Je le sais, je le sens, dans le fond de mon cœur…

Aussi fort que s'il était auprès de moi…

Partout et nulle part à la fois…

OoOoOoO

Blaise

J'arpente le couloir de l'infirmerie à grands pas nerveux, Plumki serré dans mes bras. Je n'ai pas été autorisé à entrer encore. Richard, un autre Médicomage, Pompom, ses aides et trois infirmières de Ste Mangouste s'affairent autour de cinq élèves atteints de traumatismes crâniens. 2 Ânes Bâtés, Franck Cooper, un Serdaigle qui été touché par un Maléfice Casse-tête et ma poussinette, blessée par cette salope d'Asterope Thorpe…

Celle-là, je me charge d'elle à la première occasion. Même si je me doute bien que Tonton Sev me devancera et qu'elle va chèrement payer ce qu'elle a fait…

J'espère qu'on ne lui permettra pas de se procurer une nouvelle baguette…

Sera-t-elle renvoyée ? Ira-t-elle à Azkaban ou sera-t-elle mise à l'isolement, comme Randy Bletchley ?

« Des nouvelles ? » demande Draco, qui arrive avec Théo et Ginny

« Non… Tu n'es pas au QG ? » réponds-je, étonné qu'il soit là.

« Pa ne m'a pas autorisé à aller là-bas. Il veut que je garde un œil sur les Ânes Bâtés et que je calme les esprits si besoin… » m'apprend Draco, dans un soupir, avant d'ajouter : « Je sais bien que je ne pourrais rien faire d'autre que ronger mon frein, si j'étais là-bas, mais je me sentirai plus proche de Harry… »

Je le comprends. Ronger mon frein, c'est ce que je fais ici, dans ce couloir…

Et cette attente m'angoisse.

Mais je ne voudrais pas être ailleurs, si ce n'est au chevet de ma petite sœur de cœur…

« Si je vois un seul de ces connards d'Ânes Bâtés rigoler, tu peux être certain que tu ne pourras pas calmer mon esprit… » déclare-je, avant de demander s'il a des nouvelles des potes blessés

« Non… Le professeur Dumbledore a dit qu'il fera une annonce globale au dîner… » répond Ginny, qui se ronge les ongles, pâle, nerveuse, épuisée visiblement.

Je réprime un frisson. Le Directeur n'annoncera pas que des bonnes nouvelles de nos amis et camarades. Il annoncera aussi le nom des morts, même s'ils sont déjà connus de tout le monde… Du moins, celles et ceux dont nous avons vus les corps…

Lucy et Mercy Yates, une Poufsouffle de Sixième Année, entre autre…

D'autres vont-ils mourir des suites de leurs blessures ?

J'espère de tout cœur que non, me dis-je, l'image de ma poussinette traversant mes pensées…

Non, je ne dois pas penser à ça. Surtout pas…

« Tu as échappé à Ste Mangouste ? » m'enquiers-je pour meubler mon esprit, auprès de Théo, qui grimace aussitôt

« Pas si fou, pour dire aux Médicomages que je me suis reçu un Doloris. Je me suis bien gardé aussi de passer sous leurs Sortilèges de Diagnostic. Je me suis planqué, avec Neville et Gabe. Draco m'a aidé à Transplaner dès que nous avons eu l'autorisation de Tonton Sev… Mais maintenant, je vais le dire à Pompom. J'ai des crampes horribles dans les jambes… Avec un peu de chance, elle vous autorisera à entrer avec moi… » répond Théo, en frappant à la porte de l'infirmerie

C'est Madame Faucett qui vient ouvrir.

« Théodore ! Que vous arrive-t-il ? Ginny ! Avez-vous des nouvelles de Sophie, Sally, Camilla et Paul ? Comment vont-ils ? Madame Midgen a été prévenue que sa fille est à Ste Mangouste mais on ne m'a rien dit à moi ! » demande-t-elle, le visage mangé par l'inquiétude.

« Vos enfants vont bien, Madame Faucett ! Aucun n'a été blessé ! Ils ne devraient pas tarder à arriver ! Mais Théo a reçu un Doloris. Il a mal ! Et nous sommes tous terriblement inquiets pour Harry et pour Miho. Pouvons-nous entrer ? » répond Ginny, avec une lueur de supplique dans son regard

« Bien sûr ! Venez vite. Mais ne faites pas de bruit… » acquiesce Madame Faucett, en s'effaçant pour nous laisser entrer.

Nous nous faufilons silencieusement dans l'infirmerie. Miho repose sur le premier lit à droite, juste à côté du bureau de Pompom. Les autres sont plus loin, au fond de l'infirmerie. Tant mieux, nous disposerons d'un peu d'intimité.

Richard a placé des tas d'appareils de surveillance auprès de Miho et ça me file un coup au cœur. J'ai l'impression d'être revenu en arrière de deux mois, quand Draco était allongé à sa place avec tout ce matériel autour de lui. Et de voir l'énorme pansement qui entoure son petit visage blême ne me rassure absolument pas…

« Que faites-vous ici ! » ronchonne Pompom, sans beaucoup de conviction cependant.

« J'ai reçu un Doloris… » répond Théo dans un souffle, tandis que j'approche une chaise du lit de Miho, pour m'asseoir auprès d'elle.

Mais avant, je me penche vers sa joue hâve pour l'embrasser et je glisse Plumki sous la couverture, là où est son cœur… J'espère qu'il réussira à entrer en contact avec elle et à la faire revenir parmi nous très vite…

« Merlin ! Allongez-vous, jeune imprudent ! A-t-on idée de se mêler de combats quand on n'est pas encore parfaitement remis de graves blessures ! » maugrée Pompom, en s'empressant d'ouvrir la couverture du lit à côté de Miho

« Je m'en serais passé avec plaisir, vous savez. » répond doucement Théo, en obéissant aussi prestement que ses jambes l'y autorisent.

« Oui, bien sûr. Bien sûr… » commente Pompom, l'air sceptique, avant d'ajouter : « Vous vous en passez tellement avec plaisir, que vous n'êtes pas allé pour le faire dans le Surrey, le jour de Noël… »

« Ce jour-là, c'était pour aider mes frères… Et je le ferais encore, pour aider Harry, dès que nous saurons où il est. » répond Théo, dont le visage s'assombrit de tristesse.

Pompom, qui s'apprêtait à jeter un Sortilège de Diagnostic, suspend son geste. Elle soupire, tapote le bras de Théo avec un regard compatissant, puis s'affaire de nouveau autour de lui, avec son efficacité habituelle.

« Vous serez sur pied demain matin, Monsieur Nott. Et vous pouvez tous passer la nuit ici si ça vous chante, du moment que vous ne dérangez pas les blessés… » déclare Pompom, avant de s'éloigner, pour préparer les autres lits…

Brave Pompom. Elle a bien compris que nous avions besoin de rester ensemble…

« Où sont Neville et Luna ? » m'enquiers-je, tandis que Draco s'installe sur une chaise auprès de moi et jette un Sort de Silence autour de la zone que nous occupons.

« Au QG. Ils organisent le tour de garde. Pour que je puisse venir aux nouvelles ici, Neville m'a proposé de s'assurer après que les copains vont garder la tête froide, quelques soient les provocations dont nous pourrions être l'objet. Je le rejoindrais dans quelques minutes. Il passera plus tard. Et je reviendrais après le couvre-feu, pour passer la nuit ici…» répond Draco, sur un soupir.

« Bonne chance s'il y arrive ! A toi aussi. Comme je l'ai déjà dit tantôt, je serai le premier à foncer dans le tas, si l'un des Ânes Bâtés ouvre sa grande gueule, ricane ou même respire un peu trop fort en passant à côté de moi… » commente-je, avec un sourire en coin.

Draco soupire et se passe une main lasse sur le visage.

« Blaise… Ecoute, je crois que certains Ânes Bâtés pourraient changer d'avis, avec ce qu'il s'est passé durant cette attaque. Gabe, Neville et quelques autres sont venus en aide à certains d'entre eux dans le train. Deux ou trois les ont regardés d'un autre œil après ça. » m'apprend Draco, la voix lasse.

Je ne réponds rien. C'est possible, qu'il y ait un ou deux Ânes Bâtés moins pourris que les autres, dans le panier, mais je ne suis pas près d'accorder facilement l'absolution à ces abrutis. Ils savaient ce qui allait arriver et ils ont laissé faire. Certains ont même participé, dès qu'ils en ont eu l'occasion. La preuve, ma poussinette et Théo… Et s'ils n'avaient pas eu besoin d'aide, les deux ou trois sauvés par Nev et Gabe, ne seraient sûrement pas en train de réfléchir…

Non, je ne suis pas prêt même à envisager la possibilité que l'un d'eux change sa baguette de main… Je suis trop à cran…

« Faut que je te dise autre chose… » reprend Draco, l'air mal à l'aise…

« Vas-y… » l'encourage-je, redoutant ce qu'il va dire…

Je crois bien avoir deviné. Ce n'est pas parce que je suis fou d'inquiétude pour Miho que je n'ai pas additionné deux et deux…

Moi aussi, je me fais un sang d'encre pour Harry et j'ai réfléchi à l'endroit où il pourrait être…

« Pa et Tatie Nally pensent qu'il y a une possibilité que ta mère soit mêlée à tout ça, d'une manière ou d'une autre. Harry est peut-être chez elle en ce moment… Bien sûr, nous n'avons aucun moyen de le vérifier… » révèle Draco, confirmant mes doutes

« Tu veux dire qu'il pourrait être chez moi… Ils ont raison. Si ce n'est pas la mère Parkinson qui participait à l'attaque, alors il est possible que ce soit ma mère ou celle de Ramaya et Tarendra. Et dans les deux cas, il a été emmené dans la maison où je suis né. Ma maison… » soupire-je, mal à l'aise…

Comment Ron va-t-il réagir en apprenant ça ?

« Ron ne le sait pas encore. Et je ne sais pas si Hermione lui a déjà raconté ce que le vieux Vengeur a révélé. Il s'en doute peut-être, remarque. Sûrement même. Après tout, il n'est pas idiot. Mais il n'a aucune raison de t'en vouloir. Tu n'y peux rien… Et puis, d'après le Vengeur, il y avait aussi deux hommes avec Parkinson, la femme, c'est peut-être la mère ou l'épouse de l'un d'eux…» affirme Ginny, en me pressant l'épaule pour me réconforter.

Ouais, c'est vrai. Cette bonne femme, ça peut être n'importe qui. Mais je préfère m'attendre au pire quand même….

« Moi, ce qui m'étonne, c'est que Plumki ne nous a pas prévenus que Harry a été éjecté du train et blessé. » dit soudainement Théo, avant de réprimer un bâillement.

La Potion que Pompom lui a fait prendre doit avoir un effet soporifique

« Il devait être occupé ailleurs. Il y avait beaucoup à voir… Peut-être est-il resté auprès de Miho, pour la rassurer. Et ensuite, comme elle a été blessée peu après le début des combats, il ne pouvait plus nous prévenir… » soupire-je, en me disant que Harry a vraiment joué de malchance sur ce coup.

« Ça ne sert à rien de se poser ce genre de questions. En revanche, moi, j'en aurais deux ou trois utiles à poser à Saphira Casey… C'est elle qui a fait passer le mot à Vaneck. Et je me suis souvenu que c'est une cousine au troisième degré des Parkinson… Ses frères aînés se sont toujours entendus comme cochon avec Edmond. L'un d'eux était même au procès. J'ai laissé la Cape d'Invisibilité à Magnus. Il va tâcher de l'espionner…. » révèle Draco, en pianotant sur sa cuisse.

Saphira Casey… Oui, ça vaudrait le coup de l'interroger.

Madame Faucett nous apporte un plateau avec du thé, du chocolat et quelques biscuits. Elle le pose sur le chevet, avant de s'éloigner vers le fond de l'infirmerie.

« Compte sur moi, si tu organises quelque chose pour faire parler Casey » déclare-je en direction de Draco, avant d'accepter avec reconnaissance le chocolat que Ginny me tend.

« Et compte sur Pa pour le faire avant nous… Il a demandé comment nous avons su que nous serions attaqués. Je n'ai pas eu d'autre choix que de lui répondre. Ça va chier pour les Ânes Bâtés dès qu'il va revenir, crois-moi… Thorpe ne va pas être à la fête. Ni Casey… » répond Draco, avant de se lever sur un soupir et de déclarer qu'il s'en va rejoindre Neville.

Ginny le suit, pour ne pas le laisser vagabonder seul dans les couloirs, après avoir embrassé le front de Théo et caressé la joue de Miho.

Moi, je reste ici, pour veiller sur ma poussinette. Personne ne pourra me déloger de l'infirmerie avant qu'elle ait ouvert les yeux.

Sauf si Draco a besoin de moi. Que ce soit pour mâter quelques Ânes Bâtés ou pour aller chercher Harry…

Et si ça se fait, je reviendrais très vite auprès d'elle, dès que tout sera fini…

Je suis trop inquiet pour elle…

OoOoOoO

Acte 4 : Douleur

Severus

Je me précipite vers mon épouse, sous le regard médusé des Dursley.

Pour la seconde fois en deux heures et demi, Nally s'est brusquement effondrée. Elle repose contre Ron. Elle est exsangue, des larmes roulent sur ses joues, elle tremble, se tient la tête à deux mains et ses jambes ne la portent plus. Ron ne vaut pas mieux. Il est livide lui aussi. Il a l'air de souffrir terriblement… Il glisse à genou sur le sol, de concert avec Nally.

Harry vient d'être livré à Voldemort ! J'en suis certain !

Je prends mon épouse contre moi. Ron s'accroche à elle, à ses poignets. Je le laisse faire. J'ai le sentiment que c'est ce qu'il faut faire, malgré le danger que cela représente. Hermione nous a aussi rejoints. Elle appuie sa joue sur le dos de Ron et l'entoure de ses bras.

Il y a une telle souffrance dans l'Aura Magique de Nally, que j'ai l'impression d'être revenu des années en arrière. A la nuit où Regulus est mort…

Est-il avec nous ? Ou est-il resté auprès de Miho ?

Il n'est pas temps pour cette question…

J'essaye d'apaiser Nally. Mais je suis trop inquiet moi-même pour réussir dans mon entreprise. Alors je laisse simplement ma Magie se mêler à la sienne, pour lui communiquer ma force et mon soutien. Ron gémit. Il ferme les yeux, retenant ses larmes. La tête de Nally prend appui sur sa poitrine et la Magie de Ron vient se joindre à la nôtre. Je suis frappé de plein fouet par la puissance de son amour pour Harry. Il déferle en une vague ininterrompue, pénétrant le cœur de Nally, lui redonnant des forces.

C'est une sensation inouïe. D'une chaleur infinie. Son âme est tout entière dévouée à Harry. Son cœur est ouvert sur tout ce qu'il ressent pour lui. Sa vigueur lui est offerte sans restriction. Il parvient à refreiner sa propre souffrance pour communiquer son espoir, sa force et son amour à Harry, par l'intermédiaire de Nally.

Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi. Le sol est dur sous mes genoux. Mes muscles se tétanisent. Ma cuisse droite surtout me fait très mal. Mon épaule droite également J'ai l'impression de souffrir de multiples fractures. Mais le pire, c'est mon cerveau. Il semble sur le point de se déchirer. Mais je sais que c'est davantage Harry qui ressent cela, plus que moi.

Sa souffrance devient un peu nôtre, mais il souffre plus que nous trois réunis…

Hermione me tend soudainement la main. Je la prends, serrant doucement mes doigts sur les siens. Et sa Magie irradie, tourbillonne autour de nous, avant de plonger dans notre trio. C'est de l'amitié. De l'affection, de la tendresse, de la confiance. Energique, généreuse, robuste et vigoureuse. Son courage explose.

Et je sens Harry plus que jamais. Son corps est terriblement meurtri. Son cerveau près de se fendre en deux. Je ressens sa lutte contre la douleur. Toute sa force de caractère est tendue vers ce combat. Il puise dans notre énergie, dans notre Magie pour rester conscient, malgré sa terrible douleur. Et les émotions malsaines de Voldemort qui l'assaillent.

La sueur me dégouline sur le visage. Il y a un obstacle puissant entre nous. Quelque chose qui cherche à briser le lien, qui le dilue. Qui m'empêche d'atteindre l'esprit de Harry. Une barrière puissante qui ne me m'autorise pas à le localiser…

Mais il y a aussi quelque chose qui me permet d'atteindre son cœur. De lui faire savoir que je suis là. Avec lui. Et que je mettrais toute mon énergie à le retrouver…

Soudainement, un souffle glacé déchire mon front. Une douleur intolérable traverse mon œil comme un coup de poignard pour frapper mon cerveau. Mon souffle se bloque dans ma poitrine et je bascule dans la nuit.…

OoOoOoO

Harry

C'est la sensation que mon cerveau se déchire qui me sort de la nuit noire dans laquelle j'étais plongé. Cela faisait des mois que je n'avais pas ressenti ça. Depuis que je maîtrise parfaitement l'Occlumancie…

Mais là, je suis blessé et trop affaibli. Mes Barrières mentales manquent de solidité. Ma Magie est trop occupée à lutter pour me maintenir en vie. J'ai perdu du sang et je suis brisé de partout. J'ai pris de la Potion de Régénération sanguine, mais ce n'est pas suffisant. Je dois encore saigner quelque part… Il faudra que je reprenne de la Potion tout à l'heure…

Quand cette douleur sera apaisée.

Putain, ma tête va exploser !

Voldemort est furieux et heureux tout à la fois…

Il est dans un hall sombre, à peine éclairé par des becs de gaz.

Deux femmes sont agenouillées à ses pieds. Tête baissée. Je ne vois pas leur visage.

« Où est-il ? Menez-moi à lui ! » siffle-t-il, impatient et le regard flamboyant.

Et je sais qu'il parle de moi…

Mon cœur bondit dans ma poitrine… Voldemort va venir ici ! Que me fera-t-il ? Comment réagira-t-il en me voyant ? Il risque de me tuer, s'il m'emmène ailleurs. Mes blessures s'aggraveront !

Bien que cela pourrait aussi être mon salut. Car alors l'Ordre du Phénix saurait où je suis et pourrait venir à mon secours…

« Oui, Maître ! » répond une voix, qui sourit

Les femmes se lèvent. Je reconnais maintenant la mère de Blaise. L'autre femme doit être la mère de Ramaya et Tarendra…

Et je ne comprends pas. Si elles ont attaqué dans les Pennines, comment se fait-il que je ne sois pas déjà au Manoir Malfoy ? Pourquoi Voldemort semble-t-il furieux que le Poudlard Express ait été attaqué ? Car je sais qu'il l'est, je le ressens avec netteté…

Voldemort suit ses servantes dans le couloir…

Je sens sa confusion. Il est heureux, excité. Mais également contrarié. Incertain. Méfiant…

Je ne veux pas entendre ses sarcasmes. Je ne me sens pas le courage d'affronter sa morgue, sa jubilation. Je ne veux pas le voir triompher. Il faut que je gagne du temps. Que je fasse semblant d'être inconscient…

Mais le pourrais-je, quand mon cerveau hurle ainsi de douleur ?

Je tremble et tout mon corps me fait mal. Il me faut faire refluer cette souffrance, retrouver le parfait contrôle de mon corps, rester totalement immobile, impassible…

La mère de Blaise ouvre une porte qui s'ouvre sur un escalier sombre et s'efface pour laisser passer Voldemort. Mais il l'invite à la précéder.

Je fais appel à toutes mes maigres forces et à ma Magie, pour repousser les émotions de Voldemort. La douleur s'estompe un peu. Elle est plus supportable. Je me fige. Régulant ma respiration. La synchronisant à celle du petit garçon allongé contre mon flanc…

Je reçois soudainement une vague de chaleur et d'amour…

Marraine… Ron…

Je les sens !

Ils ont mal pour moi et tentent de me soutenir au mieux !

Ron, mon cœur, je t'aime si fort mon amour…

Je sens sa détresse, son amour désespéré. Je peux presque l'entendre crier. Je voudrais pouvoir lui répondre combien je l'aime, moi aussi, mais j'ai besoin de toutes les forces qu'il me transmet pour affronter ce qu'il va se passer ici…

Un claquement sec de clé qui tourne. La porte de la cave s'ouvre en grinçant. Un pas se précipite.

Voldemort est entré. Je sens son odeur. Je sens sa Magie crépiter de fureur. La douleur augmente brusquement dans mon cerveau et je dois faire un effort désespéré pour masquer ma réaction…

« Endoloris ! » l'entends-je siffler avec hargne.

Un corps s'effondre en hurlant. Celui de la mère de Ramaya et Tarendra…

Voldemort ne m'accorde pas son attention et j'en suis heureux car mon souffle s'est bloqué dans ma gorge. Respire calmement Harry ! Calque-toi sur le gamin ! » m'exhorte-je. Laisse l'amour de Ron et Marraine t'apaiser…

Le hurlement de douleur cesse. Il est remplacé par un souffle haletant et gémissant…

« Pourquoi est-il dans cet état, Chhaya ? » siffle Voldemort, penché sur sa servante.

Je peux le voir derrière mes paupières closes, les yeux flamboyants, le visage tordu par la colère.

« Je crois… qu'il a été…éjecté du train… Il était comme ça… quand je l'ai trouvé… » halète la mère de Ramaya

« Toi, trouve un Médicomage, n'importe lequel ! Je veux qu'on le remette sur pied ! Je veux pouvoir lui parler avant ce soir ! » ordonne Voldemort, d'un ton glacial.

« Hélas, Maitre, j'ai déjà cherché l'un d'eux. Mais ils sont tous à Ste Mangouste. L'attaque a fait beaucoup de blessés… » répond la mère de Blaise, avant de s'empresser d'ajouter : « Mais je sais où habite l'un d'eux. Je vais aller l'attendre et je l'amènerai dès qu'il reviendra chez lui.. »

Au son de sa voix et à la raideur de son maintien, je la sais sur la défensive et apeurée. Sans doute se prépare-t-elle à recevoir un Doloris elle aussi. Son souffle est suspendu.

« Tu as tout intérêt à en ramener un ! Et à te taire ! Je ne veux pas que quiconque sache où se trouve Potter, c'est entendu ? » assène Voldemort, le ton dur, lourd de menaces.

« Oui, Maître. Je vous obéirai en tout… » répond Madame Zabini, soulagée

Je la vois courbant l'échine avec déférence, avant de sortir précipitamment, pour remplir sa mission. Mais Voldemort ne s'occupe déjà plus d'elle. Il se tourne de nouveau vers moi dans un froissement précipité de sa robe …

Il s'approche, se penche et m'effleure la joue de sa baguette. Son souffle balaye mon front. Il m'examine, de très près. Je puise dans mon cœur le courage de rester sans réaction. Ron, je t'en prie, aide-moi. Donne-moi la force de tenir.

Froissement de tissu. Voldemort se redresse… Il tend sa baguette vers moi.

Je ressens toutes ses interrogations. Ses doutes profonds…

« Enervate » dit-il, d'une voix froide.

Son Sortilège m'englobe. Sans effet, puisque je suis réveillé. Mais il n'en aurait pas plus, si j'étais plongé dans le coma…

Je peux sentir la rage de Voldemort monter encore d'un cran. Il se maîtrise à grand peine.

« Qui est cet enfant ? » demande-t-il, au bout de quelques secondes.

« Je l'ignore… Potter le tenait serré contre lui… Je les ai emmenés tous les deux… dans l'urgence… » répond la mère de Ramaya et Tarendra, toujours un peu haletante…

Voldemort ne dit rien. Il réfléchit. Il contourne le lit. Il examine le garçon de près aussi. Son regard flamboie. Il jubile. Il est heureux. Une joie malsaine l'emplit…

« Potter le protégeait… Qu'on le soigne également. Il sera peut-être utile… » assène-t-il soudainement…

Et je devine, à la cruauté de son cœur qu'il pense pouvoir utiliser cet enfant pour me faire fléchir et obéir. Il menacera de lui faire du mal, si je ne fais pas ce qu'il veut…

Il a d'autres projets aussi, pour lui… Malsains. Horribles…

Merlin ! Pourrais-je éviter le pire à ce gosse ?

« Parkinson sera puni, pour avoir attaqué le Poudlard Express ! Il a mis mes plans en danger. Il a outrepassé mes ordres de ne rien tenter sans m'en référer au préalable ! On ne désobéit pas, à Lord Voldemort ! Toi aussi, tu vas être punie, Chhaya, pour l'avoir suivi ! Et pour avoir Transplané avec Potter alors qu'il est dans cet état ! Tu aurais pu le tuer ! » déclare Voldemort, dont la Magie irradie dangereusement.

Madame Deli gémit. Mais elle ne proteste pas. Elle se recroqueville sur elle-même sous le regard indifférent de son Maître.

Voldemort tourne dans la cave. Il s'éloigne et se rapproche du lit, tour à tour. Je devine qu'il est plongé dans ses pensées et qu'il ne prête plus attention à rien d'autre… Il réfléchit. Il détermine ses plans. Il hésite sur la marche à suivre. Il a trop d'incertitudes pour arrêter ses décisions…

« Qui est au courant ? Qui était avec vous ? » demande-t-il, en s'arrêtant brusquement de marcher.

« Les cousins d'Edmond étaient avec nous. Ils ne me connaissent pas. Ils ne savent pas qui je suis et ils n'ont pas vu mon visage. Pas plus que les Vengeurs. Madame Parkinson et ma fille savaient qu'Edmond allait attaquer le Poudlard Express, mais elles ignoraient que j'irais avec lui. Personne ne sait que Potter est ici, Maître. Personne ! Je vous l'assure ! Sur ma vie ! » répond sa servante, une supplique dans la voix.

« Très bien. Mais dis-moi aussi tout le reste. Tu me caches des choses, je le sais ! » siffle Voldemort, parfaitement insensible à la frayeur de sa servante

Au contraire, il s'en sert contre elle. Il en profite. Il l'utilise pour l'asservir davantage encore...

« Edmond a fait prévenir ses cousines, celles qui vont encore à Poudlard, que le train allait être attaqué. Il voulait s'assurer qu'elles-mêmes et leurs amis, qui sont de fervents adeptes de votre Seigneurie, ne soient pas blessés quand le train déraillerait. Ils devaient aussi réprimer toute rébellion dans les wagons, si cela s'avérait nécessaire. Mais elles n'ont pas dû être assez discrètes ou l'un de leurs amis ne l'a pas été. Car le signe qu'Edmond leur avait recommandé de mettre sur les fenêtres des compartiments qu'ils occuperaient, était partout ! Tous les élèves avaient aussi des brassards blancs ! Et les vitres avaient été renforcées. On nous attendait, j'en suis certaine. Et nous avons rencontré beaucoup de résistance, Maître. Bien trop, beaucoup trop. Presque tous les Sorts et Maléfices étaient parfaitement contrés. De nombreux élèves sont entraînés, très bien entraînés, Maître… » révèle la mère de Tarendra et Ramaya, toujours aussi craintive.

Une vague de colère emporte Voldemort. Sa baguette crache un Maléfice qui va s'écraser quelque part contre un mur…

« Ce ne sont pas des élèves ! Bien sûr, ceux qui font partie de ce Club de Duel que le Loup-Garou et la professeure de Défense Contre les Forces du Mal ont ouvert, se débrouillent peut-être un peu mieux que les autres, mais ils n'auraient certainement pas pu opposer une résistance telle que tu la décris. Albus Dumbledore devait craindre une attaque de ma part et a dû placer des membres de l'Ordre dans le train… J'en aurais bientôt confirmation… » crache-t-il, avec une haine non dissimulée.

La confirmation. Il l'aura par son Espion sans doute… Qu'il en dise davantage… J'aimerai savoir qui c'est, celui-là… J'aimerais aussi savoir comment ils communiquent tous les deux.

Ceci dit, tout cela est fâcheux. Car Voldemort saura bientôt que nous nous sommes défendus seuls. Et il saura par la même occasion que nous bénéficions d'un excellent entraînement.

Je reste à l'écoute, un peu fébrile, brûlant d'en entendre davantage sur l'Espion de Poudlard. Le silence est de nouveau empli de froissements de tissus. Les secondes puis les minutes s'égrènent. J'ai de plus en plus de mal à me concentrer. La douleur redevient insupportable, je peine à résister à l'envie de gémir ou de grimacer et je n'ai qu'un désir, que le noir m'engloutisse, pour ne plus rien sentir…

Mais de nouveau une vague d'énergie glisse en moi. Et j'éprouve un regain de force… Ron est avec moi. Il est là. Fort et puissant. La chaleur de son amour m'enveloppe et me protège. Marraine est avec lui… Parrain et Hermione aussi… Je les sens tous les quatre et ça me réchauffe le cœur. Je ne suis pas seul. Ils sont avec moi…

« Tiens bon Harry… Tiens bon mon bébé, je t'aime, je viendrais te chercher dès que je saurais où tu es… » entends-je presque chuchoter à mon oreille…

Et je me rappelle Hermione racontant qu'elle a entendu Ron lui parler quand elle était dans le coma. Je me souviens aussi que Marraine et Parrain ont expliqué que leur Magie, leur confiance mutuelle avait permis cela, car ils se sont souvent entraînés ensemble pour maîtriser la Legilimancie et l'Occlumancie…

Je me suis entraîné avec eux, moi aussi…

J'ai pleinement confiance en eux…

Je les aime, si fort !

Je vais tenir, mon cœur, je vais tenir…promets-je, sans toutefois parvenir à transmettre mon message…

Mon corps s'affaiblit. Le lien s'atténue. Je lutte pour le conserver le plus longtemps possible. Mais eux aussi s'affaiblissent. Ils sont épuisés. La distance est grande entre nous. Et une Barrière dilue le lien qu'ils ont établi avec moi… Je la vois avec clarté. Elle se dresse entre nous… Sombre, rigide et ondulante à la fois… Elle se cabre devant eux…

« Pourquoi es-tu venu ici avec Potter et non au Manoir ? » s'enquiert abruptement Voldemort

Sa Magie tournoie. Prête à bondir sur une proie. Il est furieux, interrogatif. Il doute de sa servante…

« Parce que c'était plus près ! Les combats ont été rudes ! Je n'avais plus assez d'énergie pour effectuer un Transplanage d'escorte avec eux deux, jusqu'au Manoir ! Je suis revenue ici en effectuant plusieurs étapes ! Cela a pris du temps ! Je ne voulais pas risquer de perdre Potter ! Je l'ai enveloppé dans un brancard dès la première étape ! Je ne voulais pas le tuer, Maître…» gémit Madame Deli, suintante de peur…

« Pourquoi avoir attendu, avant de m'appeler ! Pourquoi ne pas l'avoir fait aussitôt arrivée ? Pourquoi ne pas avoir séparé l'enfant de Potter ! Tu pouvais le laisser en chemin ! » demande encore Voldemort, dont le doute n'est en rien atténué

« Potter s'accrochait à lui, Maître ! Sa Magie n'a pas voulu le lâcher ! Celle de l'enfant non plus ! J'ai essayé, plusieurs fois ! Ce n'est qu'ici, une fois allongés sur ce lit, que Lucrèce et moi avons pu les séparer ! Ensuite, nous avons attendu pour vous appeler, car nous voulions que Potter soit présentable, Maître. Et je voulais l'être également. Lucrèce est allée chercher un Médicomage, mais l'alerte avait été donnée et ils étaient tous à Ste Mangouste déjà, comme elle vous l'a dit… Nous vous avons appelé dès son retour ! » répond Madame Deli, de plus en plus affolée

Elle doit sentir que Voldemort ne la croit pas entièrement…

« Montre-moi si tu dis vrai ! » assène-t-il avec froideur et dureté.

Il se penche vers elle. Il pénètre son esprit. Des images défilent et sa colère s'apaise un peu.

Il relâche brusquement son emprise sur sa servante et ne s'occupe plus d'elle. Il tourne de nouveau dans la cave, en réfléchissant à toute allure. Ses pensées s'emmêlent. Il songe au présent, à sa contrariété d'avoir été désobéit par Parkinson et Madame Deli. Dans le même temps, il se réjouit qu'ils l'aient fait et que je sois ici, à sa merci. Mais cette satisfaction est teintée de déception, car Draco n'est pas là…

Et il maudit le professeur Dumbledore. Il est certain que des Membres de l'Ordre étaient dans le train, qu'ils nous protégeaient…

Il pense au passé. A tous ses plans qui ont échoué. Aux espions qu'il a éliminés. Il les maudit d'avoir ébranlé ses troupes, d'avoir réduit son armée à presque rien. Il maudit tous ces incapables qui se sont faits emprisonnés…

Il songe aussi à l'avenir. Il tire des plans. Mais il craint d'être trahi. Il n'est pas sûr de la fidélité de ses serviteurs. Il est certain que quelqu'un s'acharne à les détourner de lui, les manipule pour faire échouer ses projets. Il pense que Parkinson a été mis sous Imperium et convaincu d'outrepasser ses ordres…

Il songe à Draco. Au rituel qu'il veut accomplir avec nous. Il cherche comment faire venir mon frère. Il cherche comment garantir qu'aucun de nous ne lui échappe plus jamais…

Tout s'emmêle dans son cerveau enfiévré… Il jubile. Son excitation monte…

Il est furieux. Il pressent qu'il aura du mal à capturer Draco. Il doute trop. De tout et de tout le monde. Il n'a confiance qu'en lui-même.

« Oui, mon petit Espion me dira tout… » chuchote-t-il soudainement presque pour lui-même, comme pour se rassurer, enchainant aussitôt, sur un ton bien plus audible : « Dès que Lucrèce reviendra, je poserai sur le domaine un Sortilège, qui empêchera quiconque de sortir ou d'entrer sans mon autorisation expresse. Ainsi, vous ne serez pas tentées de sortir, Lucrèce et toi. Je sais que vous avez assez de ravitaillement pour soutenir un siège d'un an au moins et des ingrédients pour Potions à profusion. Cependant, je viendrais chaque jour et je vous apporterais ce dont vous pourriez avoir besoin. Vous n'aurez donc pas à quitter le domaine. Potter restera ici, dans cette merveilleuse cachette… Ainsi, s'il y a encore un Espion de l'Ordre dans mes rangs, Dumbledore ne saura rien… Il se doutera qu'il est entre mes mains mais ne pourra pas deviner où Potter se trouve…Et cela plongera ses partisans dans le désarroi… Ils ne pourront plus compter sur leur petit Sauveur… »

Le lien avec Ron, Hermione, Marraine et Parrain s'est encore affaibli. Il s'effiloche et j'ai de plus en plus de difficultés à tenir les émotions de Voldemort suffisamment éloignées pour que mon cerveau n'explose pas sous la douleur…

« Va me faire un thé. Je te rejoins dans un instant. » ordonne-t-il subitement à Madame Deli.

Elle s'empresse d'obéir, dans un froufroutement rapide de robe. Et il revient vers le lit.

« Tu es à moi, Harry. A moi. Seuls les Parkinson et Hirkani Deli pourraient deviner où tu es. Mais ils mourront avant la fin de cette nuit. Et nul ne viendra te chercher ici, mon cher petit Démon Aux Yeux Verts. Personne ne pourra t'enlever à moi. Et bientôt Draco te rejoindra. Et vous serez tous deux miens… » chuchote-t-il avant d'éclater d'un rire teinté de joie glacée.

Il se penche vers moi. Ses lèvres effleurent mon front.

Et la douleur est une brûlure si intense, que le noir m'engloutit…

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