Disclaimer: cf chapitre 1
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On ne change pas une équipe qui gagne, alors Mistycal est toujours ma beta... !
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Réponse aux commentaires sur mon forum, pour Lul et Douceurfamille
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A La recherche De Harry 3/3
Acte 5 : Communion Magique
Hermione
Papillonnement des yeux. Je suis allongée sur quelque chose de moelleux, un lit réalise-je. Mondingus est penché au-dessus de moi.
« Bien, t'es rev'nue toi aussi. Bois ça, ça va t'requinquer… » dit-il, avec un sourire, en me tendant une Potion.
« Que s'est-il passé ? Comment suis-je venue ici ? » m'enquiers-je, en me redressant sur mon lit, avant de prendre la fiole de ses mains.
Un bref vertige m'obscurcit la vue. Pendant combien de temps suis-je resté inconsciente ?
Mondingus soupire.
« J'sais pas ce qui vous est arrivé. La tante maigrichonne a accouru dans la Base pour m'dire que vous vous êtes effondrés tous les quatre. Elle avait pas l'air dans son assiette. J'ai pas tout compris ç'qu'elle a dit. Elle bafouillait et sanglotait trop. J'ai saisis qu'elle a parlé d'quelque chose qui a crépité, fait dresser ses ch'veux sur sa tête et l'a pétrifiée sur place. Qu'elle a eu très mal. Et qu'ça s'est calmé quand un dôme doré vous a entouré et qu'Dobby y s'rait pour quèque chose. Quand j'suis arrivé, vous étiez tous les quatre effondrés, les uns cont'les autres. Les Dursley avaient tous les ch'veux droits sur leur tête et Dobby te t'nait la main Hermione. Il a soufflé d'sus. Ça a fait une lumière blanche qui vous a tous englobés pendant une seconde ou deux. Vous avez eu l'air d'reprend' vot'souffle et Dobby a dit qu'vous alliez mieux. Il m'a aidé à vous am'ner ici et un simple Enervate a suffi à vous réveiller… Mainten'ant, à vous de m'dire ç'qui s'est passé… » répond Mondingus, tandis que l'incroyable moment que j'ai vécu me revient en mémoire…
Nos Magies se sont mêlées et sont allées à la rencontre de Harry… Il avait mal, terriblement mal. Et nous avons partagé sa douleur… C'était horrible. Mais je le referai sans hésiter une seule seconde pour le soulager.
« J'étais en Sympathie avec Harry. Ron l'était également, dans une certaine mesure. Pour m'aider, Severus est entré en Communion Magique avec moi. Ron et Hermione étaient très proches de nous et ils nous ont naturellement rejoints. Dobby a dû contenir nos Ondes Magiques emmêlées dans un dôme pour les empêcher d'envahir tout l'espace. Il semble cependant que les Dursley aient été un peu contaminés, si j'en juge leurs cheveux dressés et le fait que Pétunia se soit précipitée en sanglotant, pour venir te chercher, Mondingus… Ce n'est pas une mauvaise chose, ça. Cela prouve que son cœur a été touché… Bref… Ensuite, quand nous avons perdu connaissance, Dobby a dû démêler nos Magies, en soufflant sur la marque qu'a laissé la Protection du Roi, sur la main de sa protégée. Hermione, en l'occurrence. Comme nos Magies étaient emmêlées, cela nous a profité à tous. » répond Tatie Nally dont le visage est d'une pâleur mortelle.
Dobby approuve avec force hochements de tête et battements de ses oreilles.
Une Communion Magique.
C'est un phénomène courant chez ceux qui s'aiment profondément. Leurs Magies s'emmêlent naturellement. Mais c'est exceptionnellement rare et infiniment dangereux quand ce ne sont pas des couples très unis, qui sont impliqués. Je ne doute pas que Tonton Sev et Tatie Nally en soient un. Ni Ron et Harry. Mais moi je suis une « étrangère » pour ces deux couples. Et nous étions quatre à emmêler nos Magies… A la tendre vers Harry qui s'en est saisi…
C'est insensé… Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment nos Magies ont-elles pu permettre cela ?
Bon, c'est vrai, Ron est déjà un peu entré en Sympathie avec moi et également en Communion Magique, puisqu'il m'a transmis de son énergie pour lutter contre le venin de la Bestiole, quand j'étais dans le coma. Tatie Nally avait alors expliqué que cela a été rendu possible, par notre profonde confiance mutuelle, nos liens d'amitié très soudés et le fait que nous ayons librement consenti à nous entraîner à l'Occlumancie et à la Legilimancie ensemble…
Mais tout de même… C'était à un degré très bas. Très, très loin d'être aussi total et intense que cette fois… En plus, nos Magies ont communié avec celles de Tonton Sev et Tatie Nally, avant d'aller à la rencontre de Harry… Je n'en reviens pas…
« Deux d'entre vous étaient en Sympathie avec Harry et vous êtes entrés en Communion Magique, tous les quatre ! Mais c'est sacrément danj'reux, ça ! Heureusement qu'Dobby était là ! Vous auriez pu vous perdre en route, nom de Zeus ! Vous auriez pu faire exploser toute la baraque et vous avec ! R'commencez pas un truc pareil ! C'est complèt'ment insensé ! » s'exclame Mondingus, l'air interloqué et nettement réprobateur
« Ce qui est arrivé est arrivé. Nous ne l'avons pas vraiment contrôlé. Je veillerais cependant à ce que cela ne reproduise pas… » déclare Tonton Sev, sur un ton las.
« Mouais… En attendant, vous d'vez êt' épuisés. Alors repos strict au lit. Ordre du Médicomage. Roi Dobby vous apport'ra vot' repas et j'viendrais moi-même vous donner des nouvelles quand on en aura. » ordonne Mondingus, l'air inflexible.
C'est la première fois que je le vois fonctionner en mode Médicomage et il me rappelle Richard. La même autorité se dégage de lui…
Nous acquiesçons, même Tonton Sev et Tatie Nally.
Je les soupçonne cependant de le faire uniquement pour faire plaisir à Mondingus. Vraiment, je ne les vois pas accepter de rester tranquillement au lit, quand nous ignorons où se trouve Harry…
Harry… Mon petit frère de cœur… Mon ami…
J'ai si mal pour lui.
Je voudrais tant être auprès de lui, pouvoir à nouveau lui communiquer ma force, mon amitié…
Mon cœur saigne de le savoir blessé, inconscient et prisonnier de Voldemort…
Parce que Voldemort était là. Je le sais. J'ai senti la souffrance qu'il impose à Harry par sa seule présence à ses côtés. J'ai senti la douleur intolérable de son souffle glacé sur son front.
Et pour la première fois depuis six ans, je mesure réellement la souffrance intolérable que Harry a si souvent ressentie…
Et j'ai la certitude inexplicable et effrayante, que j'éprouverai encore cette effroyable douleur en même temps que lui…
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Ron
Mondingus a à peine fermé la porte derrière lui, que Tatie Nally demande à Roi Dobby de bien vouloir nous servir un chocolat chaud. Dobby claque des doigts et tout arrive de la cuisine. Il verse le chocolat dans de grands bols et les fait Léviter jusqu'à nous avec précaution.
Je n'ai pas faim, ni soif. Je n'ai pas envie de prendre ce chocolat réconfortant quand Harry va si mal. Mais je ne lui serai utile en rien si je ne reprends pas des forces. Alors je bois, à petites gorgées, le chocolat brûlant. Je le laisse couler lentement dans ma gorge et me réchauffer le cœur.
« Comment cela a-t-il pu arriver ? » demande Hermione, en se penchant un peu en avant, pour voir Tatie Nally qui se trouve à ma droite..
« Eh bien… Ce sont nos sentiments pour Harry qui l'ont permis. Et la Magie Mère bien entendu… » répond Tatie Nally, avant de reprendre une gorgée de chocolat.
« La Magie Mère ? Comment cela ? » m'enquiers-je à mon tour, sincèrement curieux d'en savoir davantage…
J'ai la sensation que cela va bien nous rendre service. Surtout à Harry… Alors autant savoir tout ce qu'il y a à savoir là-dessus, pour être au top de l'efficacité.
« Je pratique la Magie Mère à un haut degré. Severus est très bon aussi dans son usage. Et depuis quelques mois, dès que vous le pouvez, vous vous y entraînez également. Comme je vous l'ai déjà expliqué, la Magie Mère est beaucoup plus puissante, mais aussi beaucoup plus exigeante et sauvage. Elle requiert de la discipline, un grand développement d'énergie, un investissement complet, même si à la longue, elle vous demande moins d'efforts. En échange, elle permet d'accroitre votre intuition, votre perception des autres et de vous-mêmes. Vous ressentez davantage ce qu'il se passe autour de vous, vos sentiments et ceux des personnes qui vous entourent… » explique Tatie Nally, avant de marquer une légère pause, pour piocher un biscuit dans l'assiette que lui tend Dobby et croquer dedans.
« Oui, c'est vrai. Plus nous nous entraînons et plus notre acuité se développe. Et peu à peu, nos Magies, à Harry et moi, ont pu se rencontrer davantage. Et même mutuellement se contrôler l'une, l'autre … Ceci dit, quand elles débordent, elles le font de plus en plus dangereusement, que ce soit pour nous même ou les autres…Mais il suffit souvent d'une simple pression de ma main sur l'épaule de Harry pour que je le calme et inversement. A moins que nos émotions soient particulièrement exacerbées. Auquel cas, nous devons entrer en Communion pour apaiser l'autre…» acquiesce-je, sourcils froncés…
« Et notre amitié est assez profonde pour que je puisse vous toucher aussi, quand la pression commence à monter. Vous aussi, vous pouvez me calmer. » ajoute Hermione, d'un ton songeur…
« Oui, c'est assez extraordinaire. Mais cela s'explique compte tenu que vous vous êtes entraînés ensemble à la Magie Mère, que vous avez partagé des moments très forts dès le début de votre adolescence également. Vos Ondes Magiques ont eu maintes fois l'occasion de se rencontrer. Elles se connaissent vraiment bien et se sont apprivoisées, adoptées même. Vous êtes des frères et sœurs de cœur. » approuve Tatie Nally, avant de prendre un second bol de chocolat
Pas étonnant, qu'elle ait besoin d'un deuxième chocolat bien fort. Je n'ose imaginer combien elle a dû souffrir quand elle est entrée en Sympathie avec Harry. Je l'ai ressenti aussi, mais à un degré bien moindre de ce qu'elle ressent elle, avec son don d'Empathie. En plus, elle avait déjà dû absorber pas mal de douleur, là-bas, dans les Pennines cet après-midi… Et elle souffre elle-même également. Elle est profondément affectée par la capture de Harry. Elle a terriblement peur pour lui. Presque autant que moi…
Ceci dit, je commence à piger ce qu'il s'est passé tout à l'heure dans la cuisine… Mais une chose m'intrigue encore…
« D'accord, je comprends pourquoi nos Magies, à Hermione et moi, peuvent se mêler un peu à l'occasion. Mais cela n'explique pas que nous ayons pu Communier avec toi et Tonton Sev… » fais-je remarquer, en posant mon bol vide sur ma table de chevet..
« Nous sommes les Parrain et Marraine de Harry. Il est ce qui nous uni tous les quatre. La Magie mère a permis que je sois en quelque sorte un transmetteur entre vous et Harry parce qu'elle… » commence Tatie Nally, avant de bailler à se décrocher les mâchoires.…
« Parce qu'elle a choisi Harry comme vecteur dans le Temple des Elfes. C'est à travers lui, qu'elle est passée pour bénir l'union de Dobby et Dyna. Elle l'a fait car il est celui qui a donné le plus d'énergie, celui qui éprouvait le plus d'affection et de joie pour le Roi des Elfes de Maison… Le plus de bonté aussi. Il l'a adopté comme un membre de sa famille… » poursuit Tonton Sev, d'un ton rêveur…
Et je me souviens soudainement de cette lumière qui a illuminé la grotte. C'est vrai que j'ai eu l'impression qu'elle irradiait de Harry. Je me tourne vers Dobby. Il sourit, ses oreilles doucement agitées. Et il acquiesce…
« C'était réel, alors… Cette lumière dorée venait bien de Harry… » murmure-je, assez abasourdi
« C'était réel. Et c'est pour cela qu'il était si en forme, quand nous étions tous épuisés. La Magie Mère a laissé une trace de son passage en lui. Elle lui a redonné l'énergie qu'il avait offerte sans restriction durant la danse tribale… Elle l'habite encore. Elle l'habitera toujours, puisqu'il l'utilise. Et elle lui permet de nous ressentir, de se nourrir de notre énergie Magique, au-delà de cette Barrière si noire que Voldemort a dressée, avec l'aide de plusieurs de ses adeptes, au-dessus du lieu où Harry est emprisonné… » répond Tatie Nally, avec une pointe de tristesse.
« Si je comprends bien, la Magie Mère a Harry à la bonne. Alors elle nous a donné un petit coup de pouce pour l'aider. Et comme je la pratique aussi, que je ne ménage pas mes efforts et que nous sommes un couple uni par des liens très solides, je pourrais toujours le sentir, je pourrais lui faire savoir que je suis auprès de lui, lui donner des forces… » murmure-je, avec un regain d'énergie.
Cela me met du baume au cœur. Quoiqu'il arrive, Harry ne sera pas seul dans sa tourmente. Je pourrais l'accompagner…
« Oui, Ron. Mais tu ne pourras pas le localiser. Et tu pourras à peine l'effleurer. Cela te demandera une énergie considérable. La Magie Mère est très puissante, mais elle se heurte elle aussi aux Maléfices et aux Sortilèges de Confusion, au Fidélitas… Tu ne pourras pas rester très longtemps auprès de lui… Et il faudra que Harry coopère également. Il faut qu'il puisse lui aussi fournir des efforts. » me temporise Tonton Sev
Oui, bien sûr. Ça n'ira pas sans mal pour Harry non plus. Je pourrais lui donner de l'énergie, mais ce sera à lui de la prendre et de l'utiliser. Je ne pourrais pas le faire à sa place. La Magie éprouvera son courage, sa ténacité, sa volonté et sa force de caractère…
« Ron, es-tu prêt à recommencer, malgré le danger que cela représente ? » demande soudainement Tatie Nally, avec douceur
Je n'ai guère besoin qu'elle me précise davantage sa pensée. Elle se propose pour renforcer le lien que je pourrais établir avec Harry. Et qui sait, si son état de santé s'améliore, peut-être pourra-t-il nous donner des indications précises sur le lieu où il est enfermé…
« Naturellement ! Aussi souvent que nécessaire ! » réponds-je, d'un ton ferme, en me fichant bien de l'état d'épuisement vers lequel cela pourrait me mener…
Tout ce qui compte, c'est Harry…
« Moi aussi ! Je veux vous aider autant que possible ! » affirme aussitôt Hermione, en redressant le dos.
Tonton Sev soupire. Il envoie son bol vide sur le plateau et se passe une main lasse sur le visage.
« La nuit va sûrement être longue et difficile. Les jours qui viennent aussi. Je vais aller chercher des Potions, nous en aurons besoin. Je fais aussi vite que je peux… » déclare-t-il, avant de se lever
« Attends, Sev. Nous allons tous à Poudlard, les conditions seront meilleures qu'ici… » commence Tatie Nally, avant que je l'interrompe..
« Les Barrières de Protection risquent de nous gêner, non ? » fais-je remarquer, inquiet de me heurter à plus de résistances encore que nous en avons rencontrées tout à l'heure.
« Non, elles nous faciliteront la tâche en s'effaçant devant nous. Nous irons dans l'annexe de l'Infirmerie, où Richard se trouve. Ainsi, il pourra intervenir en cas de besoin. Il faudra aussi que je passe dans mon bureau avant… Dobby, nous allons avoir besoin de toi et de Dyna. Peux-tu t'arranger pour qu'un autre Elfe vienne ici ? » répond Tatie Nally, en sortant elle aussi de son lit.
Dobby s'empresse d'acquiescer, heureux de pouvoir nous aider lui aussi et il part aussitôt chercher un Elfe qui aidera ici à sa place.
« Mais à Poudlard, nous ne saurons rien… » fais-je encore remarquer, peu désireux de m'éloigner de la Base d'Espionnage.
« Au contraire, nous en saurons davantage… Du moins concernant l'état de santé de Harry. Pour le reste, je vais demander à Viktor, Bill, Angélina et Lee d'être nos agents de liaison. Albus leur ouvrira sa Cheminée sans restriction. Bill pourra aussi nous procurer des Miroirs Magiques, réglés spécialement pour nous.. » répond Tatie Nally, avec assurance.
Je me range à son avis, bon gré, mal gré… De toute façon, je n'ai pas le choix. Elle est déterminée à repartir à Poudlard et j'ai besoin d'elle pour effleurer Harry du bout des doigts…
Enfin, façon de parler… C'est plutôt de la pointe de mon cœur et de mon esprit…
« Mondingus ne va pas être content que nous partions déjà. » souffle Hermione, en se hâtant de mettre ses chaussures.
« Non. Mais il ne pourra pas nous retenir… Et nous nous garderons de lui faire part de nos intentions….» sourit Tonton Sev, en ouvrant la porte de la chambre.
Nous descendons l'escalier à sa suite et nous rendons dans la Base d'Espionnage. Bien sûr Mondingus râle, mais Tonton Sev le rassure en affirmant que nous nous rendrons directement à l'infirmerie. Ça laisse le brave homme sceptique, mais il ne répond rien, se contentant de préciser qu'il n'a pas d'autre nouvelle à nous apprendre pour l'instant, tandis que Tatie Nally donne des instructions à Lee, venu en renfort de Mondingus et Dedalus. Ça ne prend pas bien longtemps et bientôt nous repartons vers la cuisine.
Mais nous n'avons pas le temps d'y arriver, que la Tante Pétunia en ouvre la porte et se fige sur le seuil. C'est drôle, mais j'ai la sensation qu'elle voulait venir nous voir… Elle nous regarde descendre, l'œil fixé sur Tatie Nally. Elle semble hésiter à dire quelque chose.
« Que s'est-il passé, tout à l'heure ? » se décide-t-elle soudainement au moment où je mets le pied sur la dernière marche…
Le ton de sa voix ne comporte aucune agressivité, aucune curiosité. Elle semble juste inquiète…
« Qu'as-tu ressenti ? » demande en retour Tatie Nally, qui me dépasse en soupirant.
Je la comprends. Elle en a bien assez comme ça, sans avoir à gérer en plus les états d'âmes de la tante Pétunia…
« Je… Je ne sais pas… C'était bizarre. Je… C'était comme si… ça m'a fait très mal… Mais en même temps… ça m'a fait chaud… Pourquoi ? Qu'est-ce que cela signifie ? » balbutie la tante Pétunia, des larmes lui venant aux yeux…
Dobby revient au même moment. Il est accompagné de Tylsa, qu'il est allé chercher au Terrier. Dyna nous rejoint également dans un crac sonore et la mère de Sirius bougonne dans son tableau… Qu'elle essaye seulement de murmurer une seule insulte et je décharge sur elle toutes mes tensions de la journée, ne laissant que des cendres de son tableau…
« Ce que tu as ressenti, Pétunia, c'est la douleur de Harry et l'amour que nous avons pour lui…. Cette chaleur, tu l'as déjà éprouvée dans le passé n'est-ce pas ? » répond Tatie Nally, avant de soupirer une nouvelle fois et de s'avancer vers Pétunia, pour poser une main sur son bras.
La tante Pétunia sursaute, mais elle ne retire pas son bras. Elle lève les yeux vers Tatie Nally et laisse couler ses larmes…
« Oui. C'était quand j'étais petite. Avec Lily… ça ne m'est jamais arrivé depuis. Pas aussi fort… » révèle-t-elle, tandis que Vernon, qui est arrivé derrière elle, la regarde d'un air soucieux.
« C'était l'amour que vous aviez l'une pour l'autre, avant que tu apprennes qu'elle est une sorcière et d'en devenir jalouse au point de nier cet amour… Et parce que tu rejetais cet amour, tu ne pouvais plus aimer aussi fort. Aujourd'hui, il re-appartient à tes souvenirs. Et tu peux de nouveau aimer de tout ton cœur. Tu peux même éprouver de l'affection pour Harry, n'est-ce pas ?» souffle doucement Tatie Nally…
La tante Pétunia éclate en sanglots. Et elle hoche la tête. Elle acquiesce en silence…
« Est-ce que… Est-ce qu'il va mourir ? » demande-t-elle, en essuyant ses larmes d'un revers de manche.
Et l'air sincèrement angoissée.
Mon cœur se serre terriblement dans ma poitrine…
Pourquoi faut-il qu'elle demande ça ?
Non, Harry ne va pas mourir. Il ne faut pas qu'elle dise une chose pareille ! Il ne faut même pas y penser ! Je ne veux pas qu'il meure, Merlin, je ne veux pas !
« Je ne sais pas Pétunia. J'espère de tout mon cœur que non, que nous pourrons très vite aller à son secours… » répond Tatie Nally, d'un ton douloureux…
« Je… Je suis désolée… si désolée…» gémit la tante Pétunia, en éclatant une nouvelle fois en sanglot…
« Nous parlerons de tout cela un autre jour, Pétunia. Nous devons partir, maintenant.. Va rejoindre ta famille. Et aime la désormais comme tu aurais voulu pouvoir le faire. » déclare en retour Tatie Nally, sur un nouveau soupir…
La tante Pétunia acquiesce et se tourne vers son époux, pour appuyer son visage contre sa large et grasse poitrine. L'oncle Vernon l'entoure de ses bras, l'air de ne rien comprendre des réactions de sa femme. Mais moi je comprends. La tante Pétunia éprouve du remord pour tout ce qu'elle a fait à Lily et à Harry. Et de ne pas avoir aimé comme il faut les siens. Grand bien lui fasse… Ce n'est pas mon problème. Je n'en ai rien à faire de ses états d'âme. Qu'elle se débrouille avec. J'ai bien d'autres choses à faire et à penser…
Tatie Nally passe dans la cuisine et je la suis aussi vite. Le cousin Dudley est toujours assis en bout de table. Il semble complètement groggy. Sa tante Marge est à côté de lui. Elle caresse son chien, allongé sur ses genoux, d'un air distrait. Je ne sais pas à quoi ils pensent tous les deux, mais ça ne m'intéresse pas de toute façon.
Je m'engouffre dans la Cheminée, pour arriver dans le bureau de notre Directeur à Poudlard. Il n'est pas là, mais cela n'a rien d'étonnant. Il doit avoir fort à faire ailleurs…
« Je passe par mon bureau et je vous rejoins à l'infirmerie… » souffle Tatie Nally, avant de prendre les passages internes.
« Et moi, je vais chercher des Potions dans mon labo. Prenez les couloirs externes. Il faut que vous soyez vus, que les autres sachent que vous êtes rentrés… » déclare Tonton Sev, avant de hâter le pas vers les passages internes.
Mais avant d'y entrer, il se retourne vers nous et ajoute : « Il va falloir que je fasse un saut dans la Grande Salle aussi. Je ne serais pas long. Juste le temps de dire ce que j'ai à dire. »
Et à son ton, je devine sans peine que les Ânes Bâtés vont s'en prendre plein la figure…
« Allons-y, Ron… » souffle Hermione, en se dirigeant vers la porte
Nous descendons l'escalier en colimaçon et arrivons très vite dans le couloir. Il n'y a personne ici. Tant mieux. Tonton Sev a beau dire qu'il faut qu'on nous voit, moi je n'ai envie de croiser personne.
« Nous devrions plutôt passer par le Grand Hall, Ron » déclare cependant Hermione, en me prenant par la main pour m'entraîner à droite, alors que j'allais prendre à gauche, à l'intersection de deux couloirs.
Je serre ma main sur la sienne en soupirant et je la suis. Il y a du brouhaha un peu plus loin. Je devine que la Grande Salle est ouverte et que les conversations vont bon train…
Chacun doit avoir des tas d'histoire à raconter sur ce qu'il a vu ou fait pendant l'attaque. Ça doit parler des blessés, des morts et de Harry. Je ne veux rien entendre de tout cela… Et pourtant il y a des choses que je dois savoir…
« Hermione, que s'est-il passé, après que je sois parti ? Parkinson a-t-il parlé ? Ou les Vengeurs ? » m'enquiers-je, dans un murmure…
Hermione soupire et serre à son tour ses doigts sur les miens. Elle s'arrête et me fait asseoir dans une alcôve avant de me raconter tout ce qu'elle sait.
« Harry est peut-être chez la mère de Blaise, n'est-ce pas ? » souffle-je, aussitôt son récit fini
« C'est une possibilité… » répond Hermione, tandis que mon cœur se serre…
Nous ignorons avec exactitude où se trouve le domaine dans lequel les mères de Blaise, Tarendra et Ramaya se terrent. Et selon ce que le Basilic a révélé quand Eddy et Hugh l'ont interrogé vendredi, il est Incartable, sous Fidélitas et il y a même un Sortilège pour empêcher les Elfes de sortir ou entrer sur les terres et dans l'habitation…
Cela explique la Barrière Sombre, les Sortilèges de Confusion et toutes les difficultés que nous avons eu à rester en contact avec Harry…
« S'il est là-bas, nous ne pourrons pas aller le chercher… » souffle-je, la gorge si nouée que je ne reconnais pas moi-même ma voix…
Putain, Harry ! Ce n'est pas étonnant que nous n'arrivions pas à te localiser. Car tu es là-bas, j'en ai la certitude maintenant… Mon cœur me le crie. Mon pif aussi…
« Nous allons le retrouver, Ron. Je te promets que nous allons le retrouver ! Il y a sûrement un moyen de le faire ! » assure Hermione, en posant sa tête sur mon épaule…
Je l'entoure de mes bras et je la serre contre moi. Elle n'est pas aussi sûre d'elle qu'elle veut le faire croire, je le sais bien. Mais tout comme moi, elle a besoin de garder cet espoir. Nous devons le garder à tout prix, pour pouvoir aider Harry…
« Est-ce que tu sais pourquoi sa bague n'a pas fonctionné ? » demande-je à brûle pourpoint.
Hermione sursaute contre moi. Elle relève la tête, pâle et plus défaite que jamais.
« Il ne l'avait pas. Pas plus que son Portoloin. Il les a oubliés dans la salle de bains du terrier... » souffle-t-elle…
Je me sens devenir exsangue. Et une énorme vague de culpabilité m'engloutit le cœur et le cerveau. Je me revois dans la salle de bains, avec Harry. Je l'ai pris dans mes bras alors qu'il sortait de la douche. Je l'ai embrassé dans le cou et il a chuchoté à mon oreille que ce n'était pas raisonnable, que quelqu'un pouvait entrer. Alors je l'ai enlevé. Je l'ai emmené dans notre chambre…
Putain ! C'est ma faute s'il a oublié sa bague et son Portoloin !
C'est moi qui l'ai distrait !
C'est ma faute !
Harry, putain Harry ! Est-ce que tu pourras me pardonner ça ?
« C'est ma faute, Hermione, c'est ma faute. Je l'ai distrait… » souffle-je, tremblant de tous mes membres.
Hermione me serre davantage contre elle. Elle comprend. Il n'est pas besoin que j'en dise davantage.
« Harry ne t'en veut pas ! Il ne t'en voudra jamais ! Il t'aime de toute son âme, Ron ! S'il pouvait te parler, il dirait que c'était le destin ! Que cela devait être ainsi !… » murmure-t-elle, en appuyant son front contre le mien…
Je m'accroche à elle. A ce qu'elle vient de me dire. Cela n'apaise pas ma culpabilité pour autant. Je ferai n'importe quoi pour me racheter. N'importe quoi…
C'est si douloureux, putain, si douloureux !
« Il faut y aller… Tatie Nally est peut-être déjà à l'infirmerie… » murmure Hermione, en se dégageant doucement de mes bras.
J'acquiesce et je respire profondément pour retrouver un semblant de calme, puis nous quittons l'alcôve à pas pressés. Bientôt nous passons devant les portes de la Grande Salle. Les élèves sont attablés. Il en manque pas mal. Où sont-ils ? Dans leur Maison ? A Ste Mangouste ? Ou encore là-bas, dans les Pennines, à attendre qu'on les accompagne ici, par Transplanage d'escorte ou Portoloin ?
Je n'en sais rien. Je ne cherche pas non plus à le savoir. Non pas que cela ne m'intéresse pas, mais cela ne sert à rien. Et je suis embrouillé par toute cette culpabilité qui m'étouffe, qui dilue mes pensées. Je me demande cependant, comment vont se passer les jours à venir. Comment les professeurs feront, pour que les choses reprennent un cours normal…
Un cours normal… Est-ce possible d'y revenir ?
Non… Nous sommes tous marqués par la guerre maintenant. Tout le monde a fait l'expérience d'une bataille. Plus personne ne pourra faire comme si la guerre était loin de nous…
Du plus jeune au plus vieux, tous les élèves ont eu les tripes qui se sont tordues de trouille. Tous ont été secoués par le déraillement et le fracas des Sorts et Maléfices, tous ont eu les oreilles frappées par les cris de douleur des blessés.
Seuls quelques-uns se sont réjouis. Des Ânes Bâtés. Des abrutis sans cœur…
Certains d'entre eux ont-ils pris la mesure de ce qu'est la guerre ? De sa cruauté ? Se sont-ils rendu compte qu'ils auraient pu y laisser la vie ? Que pensent-ils des morts qu'il y a eu parmi eux ? Des blessés ? Certains se sentent-ils coupable ?
Ces questions trouveront sans doute leur réponse un jour, me dis-je, en passant enfin la porte de l'infirmerie, un peu anesthésié par ce trop-plein de douleur qui me broie de partout.
Plusieurs élèves sont allongés sur des lits, au fond de l'infirmerie. Des infirmières veillent à leur chevet. Elles relèvent à peine la tête pour nous regarder entrer sans bruit.
« Ron, Hermione ! Vous avez des nouvelles ? » demande Blaise, en chuchotant.
Son teint est gris. Son regard est anxieux. Je me contente de hocher négativement la tête, en avançant vers le lit où est alitée Miho.
Putain, Miho. Elle parait plus petite et menue que jamais, toute pâle, avec ce gros pansement qui lui ceint la tête… Et dans le lit à côté, Théo dort. J'espère qu'ils se rétabliront vite tous les deux, me dis-je, en me penchant vers Miho, pour lui embrasser la joue.
« Ron… Si ma mère est dans le coup, je… » commence Blaise, visiblement mal à l'aise…
Il a l'air de se sentir coupable…
Mais il n'est coupable de rien… Ce n'est pas comme moi… C'est ma faute, tout est de ma faute…
« Tu rien du tout ! Blaise, ta mère est une sacrée putain de salope, mais elle a au moins un mérite : celui d'avoir enfanté un fils génial ! Tu n'as rien à te reprocher et il ne me viendra jamais à l'esprit de te faire endosser la responsabilité de ses actes… Tu es mon pote et celui de Harry. Mets-toi bien ça dans le crâne. Ok ? » l'interromps-je, en le regardant droit dans les yeux.
Non, il n'en peut rien si Harry est prisonnier dans son Domaine. C'est ma faute à moi. Rien qu'à moi. J'ai tout foiré. Je foire toujours tout. Je n'ai pas été assez rapide pour sauver Percy et à cause de moi Harry a été capturé.
« Ouais. Ok… Mais quand même. Je suis désolé de ne jamais avoir osé l'interroger sur mon lieu de naissance…. » répond Blaise, tandis que je jette un coup d'œil vers Hermione qui vient d'ouvrir la porte de l'annexe.
Elle me fait signe que Tatie Nally n'est pas encore là.
« Si tu avais fait ça, elle ne se planquerait pas là-bas en ce moment. Elle aurait trouvé un autre endroit et on ne serait pas plus avancés… Peut-être même qu'on le serait encore moins… » fais-je remarquer, en me retournant vers la porte de l'infirmerie qui s'ouvre
C'est Tatie Nally. Elle tient une boîte en or ouvragé dans la main. Mais ce qui me frappe le plus, c'est qu'elle est moins tirée que tout à l'heure. Pas en forme, non. Moins épuisée. Un peu plus détendue aussi, même si elle est loin de sa sérénité habituelle…
Elle lève les yeux vers moi. Elle les plisse. Elle ressent ma culpabilité…
Elle nous fait signe à Hermione et moi. Nous la suivons dans l'annexe, sous le regard curieux de Blaise auquel Hermione a soufflé que nous lui expliquerons tout plus tard. Dobby et Dyna sont déjà là. Ils se tiennent côte à côte sur un divan, les oreilles doucement agitées et nous sourient, tandis que Tatie Nally pose la boite en or sur un guéridon.
« Je vais vous présenter quelqu'un qui va nous aider. » dit-elle, avant d'ouvrir doucement la boite en or et d'ajouter : « Voici Aelia… »
Une minuscule fée jaillit d'un paysage de glace, pour venir se percher sur la main tendue de Tatie Nally. Elle agite ses ailes, puis tourne sur elle-même à vitesse vertigineuse, dispersant dans l'air une fine poussière dorée et je me sens aussitôt inexplicablement mieux…
Le chagrin n'a pas quitté mon cœur, ni ma culpabilité. Mais je suis libéré de ma colère…
Une Fée va nous aider.
Ce n'est pas rien, ça. Ce n'est pas rien…
OoOoOoO
Acte 6 : Refroidir Les Esprits
Draco
Putain ! Qu'est-ce que je fous ici !
Je n'arrive pas du tout à me concentrer sur ce qu'il se passe autour de moi. Le brouhaha de la Grande Salle me casse les oreilles et je piaffe d'impatience d'avoir des nouvelles…
Est-ce qu'on a pu localiser Harry ? Comment va mon frère ?
« Regarde qui arrive… » me souffle soudainement Phillipa à l'oreille.
Elle s'est assise d'autorité à côté de moi et s'assure que tout se passe bien à notre table.
Je jette un coup d'œil vers la porte… Les Ânes Bâtés impliqués dans les combats, sont escortés par les professeurs Flitwick, McGonagall et Chourave qui ont été chargés de les cueillir dès leur arrivée à Poudlard. Sephora Casey est parmi eux. Asterope Thorpe lève le nez. Elle le baissera plus vite qu'elle ne l'a levé quand Pa s'occupera personnellement d'elle, j'en mettrai ma main à couper….
Et je n'ose imaginer ce que Blaise lui fera s'il croise sa route…
Dans le fond, c'est aussi bien qu'il ne soit pas ici… Nous avons assez de mal à calmer les esprits comme ça…
Enfin nous… Neville, Gabe, Phillipa et les autres Préfets surtout…
Moi, je ne suis bon à rien ici…
« Ron et Hermione viennent de passer devant la porte… » chuchote encore Philippa, tandis que les Ânes Bâtés escortés par les Directeurs de Maison s'alignent devant la table des professeurs..
Je bondis aussitôt sur mes pieds, pour les rejoindre où qu'ils aillent, mais une porte claque vers la table des professeurs et je tourne instinctivement mon regard vers elle tout en dégainant ma baguette…
Putain, je suis à cran…
Et je ne suis pas le seul à voir… Plusieurs copains du Comité ont bondi sur leurs pieds baguette en main eux aussi…
Mais ils se rassoient aussi vite.
C'est Pa qui vient de faire cette entrée fracassante…
Bordel, je l'ai déjà vu maintes fois en colère, mais là, ça dépasse tout. Il irradie d'une rage froide et implacable. Ça va barder, c'est certain…
« Que tous les Serpentards du dortoir fille viennent se placer avec leurs autres camarades devant la table des professeurs. » siffle-t-il dans un souffle glacial.
Il vient de prononcer le mot « camarade » avec tant de dédain qu'on dirait qu'il vient tous de les insulter… Les Ânes Bâtés s'exécutent. Certains la tête basse. Ceux-là au moins ont compris qu'ils vont en prendre pour leur grade.
En passant, Diamond, la sœur de Sephora Casey, regarde Neville qui lui fait un léger signe de tête. Elle détourne aussi vite son regard et je note une brève lueur de désarrois dedans. Neville a peut-être raison. Il se pourrait que cette fille réfléchisse à sa position…
Pa descend de l'estrade. Il passe devant chacun des Ânes Bâtés, le regard dur, le souffle court, la mâchoire crispée, avant de revenir au milieu de l'estrade d'où il peut les toiser et les écraser par sa seule présence.
« Vous étiez au courant que le Poudlard Express allait être attaqué ! En ne signalant pas ce fait, vous vous êtes tous rendus complices des attaquants ! Vous êtes tous responsables de la mort de onze de vos camarades, de celle du chauffeur du Poudlard Express. Responsables également des nombreux blessés dont certains sont dans un état critique et de la capture de Jérémy Costner et Harry Potter ! » assène Pa, d'un ton accusateur et terriblement coupant avant de marquer un silence.
Je vois des frissons parcourir les Ânes Bâtés. L'accusation est claire. Il ne doit faire nul doute dans leurs esprits que la sanction sera terrible… Accepteront-ils leurs responsabilités ? Reconnaîtront-ils leurs torts ? Leur conscience sera-t-elle torturée par les morts ?
« Et non seulement vous êtes complices de cette attaque et responsables de douze morts et de plusieurs dizaines de blessés, mais certains d'entre vous se sont également rendus coupables d'agression directe sur des élèves ! » siffle Pa qui descend encore de plusieurs degrés dans la froideur de son ton.
Mon regard accroche le dos d'Asterope Thorpe. Elle ne bouge pas d'un poil. Ne semble absolument pas réagir… Putain ! Est-ce que quelque chose peut ébranler cette fille ? Soudainement, elle me fait plus peur encore que Pansy ou ma tante Bellatrix.
Elle me fait penser à Lucius, me dis-je en frissonnant. C'est d'elle dont nous aurons le plus à nous méfier à l'avenir, ici à Poudlard, si elle n'est pas purement et simplement renvoyée, après ce qu'elle a fait à Miho…
« En tant que Directeur de la Maison Serpentard, j'ai pris la décision que vous passerez tous sans exception devant le Conseil de Discipline. Et vous serez tous interrogés par les Aurors. Quelques-uns d'entre vous peuvent s'attendre à être privés de baguette durant quelques temps, voire à ce qu'elle soit définitivement brisée et suivie d'un renvoi de l'école ! Seuls les élèves mineurs pourront, lors de leur interrogatoire par les Aurors et leur passage devant le Conseil de Discipline, bénéficier de la présence de leurs parents, qui recevront une convocation en bonne et due forme, en temps voulu. En attendant ce jour, vous serez bouclés dans vos quartiers, sous la surveillance constante des fantômes de Poudlard qui effectueront des rondes de jour, comme de nuit. Des portraits vont également être disposés dans chaque dortoir et tous vos gestes et propos nous seront rapportés. Celles et ceux qui tenteront de communiquer en secret, seront mis à l'isolement dans un cachot. Aucun de vous n'est autorisé à quitter sa chambre, hormis pour se rendre dans les commodités. Vous ne pourrez-vous y rendre qu'un seul à la fois. Vous ne pourrez non plus, ni envoyer, ni recevoir aucun courrier. Vos baguettes vous sont retirées, dès à présent et jusqu'à nouvel ordre. Et estimez-vous heureux de ne pas être renvoyés sur le champ ! » déclare Pa, ses Ondes Magiques tournoyant dangereusement autour de lui.
Puis il descend de nouveau de l'estrade et tend la main vers chaque Âne Bâté pour prendre sa baguette, qu'il dispose dans une boîte tenue par le professeur McGonagall dont le visage est aussi dur que le sien. Et quand la dernière baguette est remisée, la Directrice des Gryffondors referme le couvercle avec un claquement sec, qui sonne comme un coup de semonce.
« Dans vos quartiers… » siffle maintenant Pa, en prenant la boite que le professeur McGonagall lui tend.
Et instinctivement je me lève, enfonçant mes poings dans mes poches, pour toiser silencieusement les Ânes Bâtés à leur passage…
Je suis aussitôt suivi de tous mes camarades de Serpentards et, sous l'impulsion de Neville, les Gryffondors en font autant, puis les Serdaigles et les Poufsouffle. Et les Ânes Bâtés, escortés de McGonagall et des fantômes des quatre Maisons, sortent dans un silence lourd et tendu.
Pa a pris une bonne décision de les boucler dans leurs quartiers. Les esprits vont avoir le temps de se refroidir au moins. Oh, je ne doute pas que les Ânes Bâtés ne perdent rien pour attendre ! Ceux qui ont attaqué des élèves notamment. Mais au moins, cela n'arrivera pas au moment où nous sommes au comble de notre colère contre eux. Il n'y aura pas non plus d'acte irréfléchi…
Je crois que chacun attendra le verdict du Conseil de Discipline avec impatience en revanche.
Moi le premier…
OoOoOoO
Kingsley
L'interrogatoire pourtant très serré de Maugrey ne donne rien. Non pas que le Détraqueur placé derrière la porte de la salle d'audience ne fasse pas effet sur elle, loin de là. Mais je crois que la trouille que Hirkani Deli éprouve est liée à Voldemort. Et qu'elle fera tout pour ne pas lui déplaire…
En plus, son avocat est un retord et je suis certain qu'il porte la Marque de Voldemort, le sagouin. Dommage que je ne dispose d'aucun droit pour lui faire relever sa manche et le vérifier...
« Cela fait maintenant plus de trois heures que vous interrogez ma cliente dans vos locaux. Elle n'a rien à vous dire. Elle est innocente des faits que vous lui reprochez. Vous ne pouvez pousser plus avant sans une autorisation du Magenmagot. » intervient-il justement, ses petits yeux chafouins fixés sur Fol Œil.
« Comptez sur moi pour l'obtenir à la première heure ! » répond Maugrey, avec un regard noir.
« Comptez sur moi pour empêcher que cela arrive ! Votre dossier est vide. Le Magenmagot devra se ranger à ma demande de libération immédiate. Non seulement pour ma cliente mais également pour celle de mon éminent confrère. » déclare l'avocat véreux, en soutenant le regard de Maugrey.
« Pas si vide que vous l'croyez. » assène Maugrey, en désignant les parchemins posés devant lui.
Ils ont été trouvés chez un cousin de Parkinson, soigneusement planqués dans un tiroir secret de son bureau et prouvent ses petits trafics. Bien sûr, le cousin a disparu, mais nous ne désespérons pas de le coincer bientôt. Et de trouver, par la même occasion, la planque de Parkinson…
En revanche, ce que Maugrey a trouvé dans la maison de la mère Parkinson n'offre aucun intérêt ou presque. Il ne s'agissait guère que de fioles de Potion et trois livres qui n'ont rien d'illégal, serrés dans une cachette aménagée depuis peu…
« Ces preuves n'impliquent pas ma cliente. Pas plus que les témoignages des Vengeurs ou des élèves. » rétorque le baveux, avec une moue de dédain.
« Preuves et témoignages impliquent directement son fiancé. Et elle vit sous le même toit que lui depuis plusieurs semaines. Ça, elle l'a reconnu. Et nous allons trouver où c'est, c'est une question d'heure maintenant. Et il y aura sans doute toutes les preuves dont nous aurons besoin là-bas. Alors personne ne croira qu'elle n'est pas au courant de ç'qu'il traficote. En attendant, j'vous retiens pas et Mademoiselle Deli pass'ra la nuit en cellule. » réplique Fol Œil, d'un ton abrupt.
Puis il fait signe au jeune Auror de garde, d'emmener Hirkani Deli et se lève pour signifier qu'il n'a plus rien à dire et que l'avocat peut partir, lui aussi.
La porte s'ouvre et le souffle glacial du Détraqueur en faction dans le couloir s'exhale dans la salle d'interrogatoire. Hirkani Deli frissonne et laisse s'échapper un sanglot. Elle chancelle et mon jeune collègue la retient par le bras. Il se montre à la fois prévenant et réservé, il inspire confiance et c'est un petit gars prometteur.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Ste Mangouste ? Recherche de la planque ? » demande Maugrey, en haussant un sourcil vers moi.
« Non. J'ai reçu un message sur mon Bipper tout à l'heure. Parkinson est salement amoché. On ne pourra pas l'interroger avant demain matin. Pour sa planque, nous avons déjà une dizaine de gars sur le coup. Le mieux, c'est d'aller traîner du côté de Winchcombe, pour tâcher de repérer Priest Hole Manor, le domaine où se cachent la Mère de Deli et la Zabini. Il y a des chances pour que Harry soit là-bas. On ne sait jamais. On pourra peut-être le localiser plus précisément… » déclare-je, sur un soupir.
Nous n'avons rien pu tirer de plus d'Edgard Boo que les gamins l'ont fait vendredi. Des sacrés loustics ceux-là… Ils ont manœuvré comme des chefs. Et même si leurs méthodes n'étaient pas orthodoxes, je dois reconnaitre qu'ils nous ont rendu un fier service. Jamais on n'aurait pu coincer Boo comme ils l'ont fait en lui arrachant ses aveux, en utilisant uniquement les méthodes autorisées par le Magenmagot…
Maugrey et moi sortons du Département pour rejoindre l'Atrium et filer vers notre destination. Il y a pas mal de peuple. Fudge, Arthur et Albus montent sur une estrade, pour faire une déclaration aux parents et journalistes massés serrés autour d'eux. Tous les visages sont anxieux. La révolte couve dirait-on. La foule va réclamer la tête de Parkinson, c'est sûr…
Bien que tout le monde soit déjà au courant, Fudge rapporte les faits qui se sont produits dans les Pennines, avant d'annoncer, la voix tremblante, le nom des victimes dont les parents ont déjà été informés et qui se trouvent actuellement dans une chapelle ardente à Ste Mangouste.
Merde ! Il y a un nom ajouté à la liste ! Un gosse de plus est mort…
La foule gronde.
« Il faut faire justice tout de suite ! Il n'y a pas besoin de perdre du temps et de l'argent à faire un procès ! Le baiser du Détraqueur c'est tout ce que ces salauds méritent ! » s'exclame-t-on de toute part…
« J'ai intérêt de dépêcher une escouade à Ste Mangouste pour empêcher qu'on lynche Parkinson » glisse-je à l'oreille de Maugrey, tout en faisant signe à mon vieux compère Ambrosius Pygott de nous rejoindre.
Arthur lève les bras, pour faire cesser les exclamations vengeresses. La foule lui accorde parole. Tendue, au bord de l'explosion. Espérons qu'Arthur réussisse à refroidir les esprits ou nous aurons de nouveaux problèmes sur les bras. Et Merlin sait que nous n'en avons pas besoin !
« Vous savez tous que j'ai eu la profonde douleur de perdre mon fils Percy il y a quelques jours. C'est Edmond Parkinson qui l'a tué. Mon fils Ronald en a été témoin. Les Aurors n'ont pas pu le trouver, il n'était pas à son domicile. Nous ignorions où il se terrait. Aujourd'hui, il a été capturé. Et j'étais dans les Pennines quand cela est arrivé. Je l'ai vu. J'aurais pu mettre fin à ses jours. Mon épouse Molly, mes fils et ma fille aussi. Nous ne l'avons pas fait. Faire justice nous-même n'aurait pas pu apaiser notre chagrin, notre souffrance. Ce que nous voulons, c'est la reconnaissance de son crime et de sa culpabilité par le Magenmagot. Et je suis certain que les familles des enfants qui ont été tués pendant l'attaque, voudront, tout comme moi, mon épouse et mes enfants, un procès équitable pour Edmond Parkinson, au cours duquel tous les crimes de ce misérable individu, seront à jamais consignés dans les archives du Ministère. Par ailleurs, il ne fait nul doute dans mon esprit, que cet homme a commis d'autres meurtres, que des parents pleurent un fils ou une fille assassiné par lui, sans savoir qu'il en est l'assassin. Je sais trop la douleur de perdre un enfant. Je sais que l'on ne peut trouver repos tant que l'on sait son assassin en liberté, d'autant plus si l'on ignore qui il est. Voulez-vous vraiment priver ces parents d'une chance de savoir, qu'il avoue ? Voulez-vous les empêcher de retrouver le sommeil, d'avoir la satisfaction d'apprendre que l'assassin de leur enfant a été capturé et qu'il est emprisonné en attendant son procès ? Voulez-vous leur enlever l'occasion de rendre justice à leur enfant ? De pouvoir regarder son assassin en face, d'assister à son procès et d'entendre la sentence qui le condamnera ? Moi, je ne le veux pas… Et je ne veux pas non plus risquer de perdre une chance de savoir où ont été emmenés Harry Potter et Jérémy Costner. Alors s'il vous plait, laissez les Aurors, les Tireurs de Baguette et le Ministère faire leur travail. » déclare-t-il, pâle et défait, d'un ton sincère et bouleversant…
Un murmure parcourt la foule calmée. Arthur a fait mouche. Ce n'est plus l'esprit de vengeance qui provoque des remous. C'est la compassion. La raison… Mais je maintiens ma décision de protéger Parkinson jusqu'à son transfert dans nos locaux. On ne sait jamais…
« Il a tout de même fallu du monde, pour empêcher Ron de tuer Parkinson de ses poings… Mais c'est pas moi qui irait lui reprocher, ni le crier sur les toits…» me glisse Maugrey, son œil Magique roulant dans tous les sens pour surveiller les mouvements de la foule qui se disperse maintenant, à l'invitation de Fudge.
Il a promis que les journalistes seront informés heure par heure des progrès de notre enquête et ces derniers se dirigent vers les locaux qui sont mis à leur dispositions pour attendre les nouvelles. Je ne vois pas Rita Skeeter, mais je suis sûr qu'elle est quelque part parmi eux, cachée sous sa forme Animagus…
« Pas moi non plus. Allons-y. Tâchons de trouver ce fichu Manoir… » réponds-je à mi-voix, en prenant le chemin de l'extérieur.
Je n'ai pas beaucoup espoir que nous rencontrions du succès dans cette mission, mais qui ne tente rien, n'a rien…
OoOoOoO
Bill
Je me presse dans les couloirs déserts de Poudlard. L'heure du couvre-feu est passée de quelques minutes et je ne croise que des fantômes jusqu'au moment où j'arrive non loin de l'infirmerie. Rusard est là. Il me regarde venir d'un œil surpris, sa chatte dans les bras.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi êtes-vous là ? » demande-t-il d'un ton abrupt quand j'arrive à sa hauteur.
Je suis bien tenté de lui retourner la politesse, mais son teint pâle, ses yeux creusés et inquiets m'en dissuadent. Jamais je ne lui ai vu une mine pareille, ni exprimer de l'inquiétude.
« J'ai quelque chose à remettre au professeur De Paimpont. Vous n'avez pas l'air bien, Monsieur Rusard… » réponds-je doucement.
« C'est rien. Je… Juste un peu mal à la tête. J'allais voir Madame Pomfresh, mais elle doit avoir autre chose à faire.. Je retourne à ma loge. » dit-il, d'un ton hésitant, avant d'amorcer un pas dans la direction opposée à l'infirmerie.
Il y a quelque chose qui n'est pas normal. Le Rusard que je connais m'aurait envoyé sur les roses en me disant qu'il n'a aucun compte à me rendre et de me mêler de mes oignons. Et si ce n'était pas lui ?
Non, je me fais des idées… Mes cheveux ne sont pas dressés sur ma tête. Ce n'est pas un Espion de Voldemort caché sous Polynectar. Je sentirais ses Ondes Magiques. Là, il n'y en a pas. Du moins, il n'en dégage pas plus que Madame Figg. A savoir la quantité infime, qui leur permet de voir les lieux Magiques que les Moldus ne remarquent pas si on ne les autorise pas à le faire. Et puis, Miss Teigne ne s'y tromperait pas. Elle ne resterait pas dans ses bras, à feuler dans ma direction. C'est bien le concierge Cracmol qui se tient devant moi, assurément.
« Voyons, Pompom ne serait pas contente d'apprendre que vous êtes resté avec votre mal de tête. Nous sommes à deux pas de l'infirmerie. Venez. » déclare-je, en le prenant par le coude pour l'encourager à me suivre.
« Non, je… Non… » se défend mollement le concierge, en se dégageant de ma prise
Mais j'ai déjà ouvert la porte et je le pousse à l'intérieur.
Son œil vagabonde dans toute l'infirmerie et je sens son dos frissonner sous ma main. Puis il se raidit et je peux presque sentir sa colère irradier. Je suis son regard. Il fixe Blaise, assis auprès du lit de Miho.
« Qu'est-ce que tu fais là, toi ! T'es pas blessé, t'as rien à faire là ! » s'exclame-t-il, en avançant vers Blaise, le ton hargneux.
« Argus ? Que faites-vous ici ? » demande Pompom, en sortant de son bureau, stoppant net le concierge dans son élan.
Elle a l'air épuisée.
« Il a mal à la tête… » réponds-je en lieu et place de Rusard, qui me darde d'un regard noir que je reconnais tout à fait cette fois.
« Oh… Venez Argus, je vais vous donner une Potion.. » déclare Pompom, en repartant vers son bureau.
« Ouais. Mais avant, faut que je m'occupe de ce petit voyou ! Il n'a rien à faire en dehors de son dortoir à cette heure ! Je vais le mener à son Directeur de Maison. » répond Rusard, en marchant de nouveau sur Blaise.
« Il a eu l'autorisation de rester ici. Le professeur Snape en est informé. » révèle Pompom sur un soupir las, avant d'encourager Rusard à la suivre.
Le concierge hésite. Il plisse les yeux vers Blaise, avant de les laisser tomber sur Miho puis de les fixer de nouveau sur l'ami de mon frère.
« J't'ai à l'œil, toi… » maugrée-t-il, avant de revenir vers moi.
Il a retrouvé son air habituel, revêche, méfiant, mais ses mains tremblent un peu quand il prend la Potion que lui tend Pompom et il s'en va aussitôt, sans même la boire.
Blaise hausse les épaules vers moi, tandis que je viens auprès de lui et de Miho. La pauvrette est d'une lividité presque cadavérique et sa joue est un peu trop fraîche quand je l'embrasse. Je comprends parfaitement le regard inquiet que Blaise pose sur elle.
« Des nouvelles de Harry ? » demande-t-il, d'un ton qui trahit son anxiété.
« Non… Que dit Richard ? » m'enquiers-je en retour, en lui pressant l'épaule.
Je sais combien il est attaché à Miho. Tout le monde le sait.
« Il dit qu'il est intervenu à temps et qu'elle devrait aller. Mais elle ne revient pas… » répond-il, l'air misérable, en caressant machinalement Fauve.
« Elle le fera quand elle sera prête. Elle doit avoir besoin de se reposer pour se remettre de sa frayeur et de sa blessure… » tente-je de le rassurer.
Il se passe une main tremblante dans les cheveux et soupire. Il est visiblement épuisé et devrait aller dormir un bon coup. Mais je suis certain qu'il ne le fera pas. Il va rester là, assis, à veiller sur sa petite sœur de cœur toute la nuit…
« Cette salope d'Asterope Thorpe ne l'emportera pas au Paradis… » souffle-t-il, les yeux traversés d'une lueur vengeresse.
« Garde la tête froide, Blaise et ne fais pas de bêtise. Laisse Sev et Albus s'occuper de ça. Dis-toi bien que Miho ne voudrait pas que tu aies des ennuis pour l'avoir vengée. Elle a besoin de toi à ses côtés maintenant. Et elle aura aussi besoin que tu y sois quand elle ira mieux. Alors sois raisonnable. Ne risque pas le renvoi de Poudlard pour une vengeance qui ne t'apportera rien de bon. » assure-je, du ton le plus convaincu que je le puisse.
Je sais ce qu'il ressent. La brûlure de la vengeance m'a saisi le cœur, cet après-midi, dans les Pennines. Ron a mis Parkinson à terre. Il a été empêché de l'achever par Sev, Draco, Hermione et leurs amis. Et il m'a fallu fournir un effort colossal, pour ne pas le faire moi-même…
Mais ça n'aurait avancé à rien. Et je suis sûr que là-haut, Percy priait Merlin de toutes ses forces pour qu'aucun des membres de sa famille n'assouvisse son désir de faire justice lui-même…
Blaise soupire encore une fois. C'est un Serpentard. Il a la dent dure. On a beau dire ce que l'on veut, les Gryffondors sont cabochards, mais les Serpentards ne sont pas mieux. Loin s'en faut. Ce sont leurs méthodes qui sont différentes, c'est tout… Et encore. Elles tendent de plus en plus à se rapprocher des nôtres je trouve. Du moins, concernant celles et ceux que je connais…
« Je ne peux rien promettre… » répond Blaise, la mâchoire crispée.
« Laisse faire le temps, Blaise. Elle payera un jour ou l'autre, sans que tu aies à t'en mêler, sois en certain. » insiste-je, en lui pressant une fois de plus l'épaule.
Et sans plus attendre, je me rends dans l'annexe, pour remettre le Miroir que je suis venu apporter à Nally et qui sera le lien entre elle et la Base d'Espionnage du QG. J'y retrouve aussi mon frère, Hermione et Severus. Ils n'ont pas l'air au mieux de leur forme et je suis désolé de n'avoir pas de nouvelle rassurante à leur apporter.
Mais toutes nos recherches ont échoué pour l'heure et nous sommes dans le flou total…
De quoi nous rendre tous nerveux, quand c'est le moment plus que jamais que nous gardions notre sang-froid et notre espoir…
OoOoOoO
Draco
Il n'est pas loin de vingt-deux heures quand je peux enfin quitter notre QG de Poudlard pour me rendre à l'infirmerie avec Neville, Gabe et Gil. Nous nous hâtons dans les Passages iInternes, pressés de rejoindre Pa, Tatie Nally, Ron et Hermione. Ont-ils des nouvelles de Harry ?
Nous entrons doucement dans l'infirmerie. Au fond, des rideaux de séparations ont été tendus pour préserver l'intimité de chaque lit. Des chandelles sont allumées derrière et nous devinons grâces aux ombres chinoises, que chaque blessé est veillé par quelqu'un.
Blaise et Pompom sont tous les deux au chevet de Miho. Ils ont laissé les rideaux ouverts.
La petite n'a pas bougé d'un poil et le regard de Blaise est fixé dans le vague. Il est si profondément plongé dans ses pensées qu'il ne nous voit même pas avancer vers lui et il sursaute quand je pose une main sur son épaule. Dans le lit à côté, Théo dort paisiblement. Ginny est allongée dans un lit qu'elle a rapproché du sien, pour pouvoir lui tenir la main. Elle me fait signe d'approcher.
« Quelles nouvelles ? » chuchote-t-elle, le regard brûlant d'inquiétude.
« Aucune » soupire-je, en songeant à Harry, avant d'ajouter, dans un murmure : « Tout est calme ici. Les esprits échauffés se sont refroidis. Presque tous les élèves sont rentrés. Il n'y en a plus qu'une vingtaine à Ste Mangouste. Vingt et un exactement. Une bonne moitié devrait rentrer demain et les autres d'ici quelques jours. Oliver Moon était sacrément remonté. Astérion Thorpe lui a flanqué un Maléfice de Furonculose du feu de Merlin au cul. Il va devoir s'asseoir sur un coussin d'air pendant au moins trois jours et dormir sur le ventre. On doit lui passer du baume sur les fesses toutes les deux heures, mais il a refusé de rester à l'hosto. Il dit que si l'infirmière de nuit avait été mignonne il serait resté, mais c'est un malabar qui est de service et Oliver n'a pas voulu qu'il lui tripote les fesses. D'autant qu'il le connait de vue, il l'a vu une fois parler avec Yaxley sur le Chemin de Traverse. Il a pris son nom et l'a transmis au professeur Dumbledore. »
« Pourquoi n'est-il pas venu à l'infirmerie ? » demande Ginny, dans un souffle.
« Il préfère rester à proximité des nouvelles. Et puis, Hannah Abbot lui a proposé de lui faire ses soins cette nuit et je crois qu'il a un faible pour elle. Il a dit oui sans hésiter. Ils vont rester dormir dans une Alcôve du QG. Chacun sur une banquette, en tout bien tout honneur… » répond Neville, avec un demi-sourire.
« Il ne perd pas le Nord.. » pouffe Ginny, avant d'étouffer un bâillement.
Je m'enquiers à mon tour de l'état de santé de Théo et Miho, puis Neville, Gabe, Gil et moi nous rendons dans l'annexe. Tatie Nally dort, recroquevillée contre Pa qui bouquine en lui caressant distraitement les cheveux. Ron est allongé, les yeux grands ouverts sur le plafond. Hermione est pensive. Bill est présent aussi. Il a l'air inquiet. Mais c'est à peine si j'ai le temps de saisir cette image d'eux quand j'ouvre la porte, car ils tournent tous leur regard vers nous. Sauf Tatie Nally qui continue de dormir en toute confiance.
« Petit Maître Draco veux un thé ? » demande Dobby, en versant déjà du thé brûlant dans des tasses pour Nev, Gabe, Gil et moi.
Mais je n'ai pas le temps de répondre.
Tatie Nally se réveille en gémissant et Ron saute de son lit, une main plaquée sur son front. Il rejoint Tatie Nally et Pa, tout comme Hermione, tandis que Dobby laisse tomber la théière qui s'écrase au sol dans un grand fracas, pour se précipiter vers eux et, d'un claquement de doigts, les entourer d'un dôme doré, à l'intérieur duquel des Ondes Magiques tournoient comme un cyclone…
J'ai eu le temps de ressentir son effet avant qu'il ne soit enfermé.…
C'était terriblement douloureux et chaud en même temps… Mes jambes flageolent et j'ai les mains moites… Des larmes roulent sur mes joues.
Harry…
Putain Harry ! Qu'est-ce que ce salopard de Voldemort te fait, mon frère ? me demande-je, en me laissant tomber sur le premier lit à ma portée…
OoOoOoO
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