Disclaimer: cf chapitre 1
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Bon anniversaire à Misty, ma super beta !
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Réponse sur mon forum pour : - Douceurfamille - Yzeute -
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Une Très Longue Nuit 1/2
Nuit du Dimanche 5 au Lundi 6 Janvier 1997
Acte 1 : Impatience
Harry
C'est encore une fois la sensation que mon cerveau va se déchirer qui me tire de la nuit. Je me sens faible, vertigineux, nauséeux. Ma vue est trouble, même au travers des yeux de Voldemort. Il fait sombre.
Coup d'œil sur une horloge qui sonne. Vingt-deux heures. Deuxième bouffée de colère brusque qui ne m'appartient pas et fait palpiter mon cerveau.
Au-delà de l'impatience, Voldemort fulmine. Il se lève et tourne en rond dans le salon en jetant de fréquents coups d'œil à l'horloge. La mère de Blaise tarde trop à revenir. Il est persuadé qu'elle l'a trahi. Que les Médicomages doivent tous avoir fini leur travail à Ste Mangouste maintenant, être rentrés chez eux. Qu'elle devrait être là avec l'un d'eux depuis quelque temps déjà...
Il peste de plus belle. Des étincelles crépitent au bout de sa baguette…
Vague de douceur, de chaleur et d'énergie…
Ron et Marraine sont là dans mon cœur. Parrain et Hermione aussi. Ils prennent ma douleur. Ils la font leur… Je ne veux pas qu'ils souffrent et j'hésite un peu à prendre ce qu'ils me donnent. Mais c'est un répit dont j'ai bien besoin pour rassembler des forces et faire barrage à Voldemort qu'ils m'offrent. Je le prends. J'absorbe tout ce que je peux. La Magie fourmille en moi. Elle se précipite dans mon corps pour le renforcer. Mais je la rassemble et l'envoie dans ma tête, pour tenir Voldemort éloigné. Dresser un mur contre ses émotions qui m'empoisonnent plus sûrement que l'infection…
Le gamin contre moi gémit. Il va bientôt se réveiller, je le sens. Il a mal lui aussi. Son corps est brûlant de fièvre. Tout comme le mien. Mes blessures sont infectées. Je frissonne. Je n'ose cependant pas prendre une Potion. Si un Médicomage arrive bientôt, il s'en apercevra et le dira peut-être à Voldemort…
Le gosse bouge. Il fait un cauchemar je crois. Il crie de douleur. Il s'agite et heurte ma cuisse. Je crie moi aussi. La douleur dans ma jambe est insupportable. Et d'avoir ouvert la bouche pour crier a réveillé une douleur tout aussi aiguë dans mes mâchoires cassées…
Mon cœur se pince. Ma respiration se bloque. C'est horrible…
Le mur que j'ai dressé entre l'esprit de Voldemort et le mien cède… Des émotions et des pensées noires déferlent dans mon cerveau. Fureur, désir de tuer…
Une vague de douceur m'apaise à nouveau. Elle est riche en énergie Magique. J'en laisse filer un peu vers le gamin pour qu'il se calme et cesse de bouger contre moi, de me faire mal. Pour qu'il ait moins mal aussi.
« Tiens bon, bébé, tiens bon… » souffle-t-on à mon oreille
Ron, mon cœur…
Il m'aide à repousser les pensées de Voldemort, à dresser un nouveau mur protecteur. Il est trop mince cependant. Des pensées, des émotions violentes filtrent aux travers de minuscules fissures…
Voldemort explose de colère. Il jette un Sort au hasard qui s'en va fracasser un vase de porcelaine. L'attente le mine. Et il a autre chose à faire qui est urgent. Il a besoin de quelque chose pour parvenir à le faire. Nagini. Des Potions. Il faut qu'il aille les chercher avant qu'il ne soit trop tard.
Il sort dans la nuit et se rend aux portes du Manoir. La douleur s'éloigne avec lui.
Il Transplane. La douleur cesse et je ferme les yeux…
Je vais pouvoir dormir et récupérer un peu…
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Neville
Putain ! Qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce qu'ils sont en train de faire ?
Tous mes poils sont dressés. Ceux de Draco, Gabe et Gil aussi…
Dobby a l'air très concentré. Dyna également. Elle lui tient la main et ses oreilles sont furieusement agitées.
J'échange un regard avec mes potes et avec Bill qui s'est levé précipitamment, baguette en main et semble prêt à intervenir. Je vois dans leurs yeux qu'ils ont les mêmes interrogations et inquiétudes que moi. Qu'ils ont senti la même chose que moi…
Douleur aiguë. Amour.
La tornade dans le dôme doré s'apaise un peu puis cesse brusquement. Dobby claque des doigts et le dôme disparait. Tonton Sev, Tatie Nally, Ron et Hermione sont effondrés les uns contre les autres. Dobby se précipite vers eux et souffle sur la main d'Hermione.
Bill jette un Enervate à quatre reprises et Dyna se tient à ses côtés, avec un plateau sur lesquels sont posées quatre petites fioles.
Tonton Sev et Hermione sont les premiers à papillonner des yeux et à prendre la Potion Revitalisante que Dyna leur fourre dans les mains. Puis Ron et enfin Tatie Nally…
Ils sont d'une pâleur incroyable et semblent avoir souffert mille morts. J'ai eu mal, moi aussi. Pendant un bref instant. S'ils ont eu mal comme ça pendant les douze minutes durant lesquelles ils sont restés sous le dôme, je comprends qu'ils aient ces têtes de déterrés.
« Putain ! Vous pouvez nous dire ce qu'il se passe ? Vous nous avez fait une belle peur ! » s'exclame Draco, la voix tremblante
Tonton Sev soupire et il nous explique tout, pendant que Dyna sert des chocolats chauds qui nous font grand bien.
C'est insensé… Tout bonnement insensé me dis-je, à mesure qu'il parle, mes poils se dressant de plus belle. Comment peuvent-ils avoir envisagé sereinement de faire ça ?
« Mais vous êtes cinglés ! Putain, mais vous risquez de vous tuer à faire un truc pareil ! C'est de la folie pure ! Vous êtes suicidaires ma parole ! » s'exclame Draco, pâle et défait
« Draco. Tu parles à deux de tes professeurs… » glisse Gil, l'air effaré autant par ce que nous a révélé Tonton Sev, que par la réaction de Draco
« Non ! Je parle à mon Parrain, ma Marraine de cœur et deux de mes amis ! Et même si je comprends parfaitement leur désir d'aider Harry, je ne peux pas accepter de gaité de cœur qu'ils se mettent ainsi en danger ! Et toi, tu les aides sans protester ! Tu es tout aussi fou qu'eux ou quoi ? » s'exclame Draco, en se tournant finalement vers Bill, son regard empli de reproches…
Il est un peu de mauvaise Foi sur ce coup. Car je suis certain qu'il foncerait lui-même tête baissée dans le danger pour aller aider Harry s'il savait où le trouver. Tout comme moi et les copains présents… Et d'autres encore. Nous en avons fait le serment dans les Pennines…
« Tu crois que je n'ai pas essayé de les dissuader de faire ça, quand ils m'ont demandé de rester pour les aider ? Mais plus borné que ces quatre-là, il n'y a pas ! J'aurais eu plus de chance de réussir à arrêter une horde de Géants en pleine course que de les persuader de ne pas mettre cette idée à exécution ! Alors autant rester là et me tenir prêt à intervenir… » soupire Bill, en se laissant aller dans un fauteuil.
« Ouais ! Bien sûr ! Fichus Gryffondors ! Et fichu Serpentard qui se laisse entraîner dans leurs délires ! » s'écrie Draco, avant de passer une main tremblante dans ses cheveux, tandis que son Parrain lève les yeux aux cieux…
J'ai l'impression de l'entendre penser que Draco se joindrait à lui avec plaisir s'il était invité à partager le délire des « fichus Gryffondors »… Mais c'est moi, qui le pense avec sa voix. Et je le pense sincèrement…
Draco boit une gorgée de chocolat chaud, avant de lever des yeux fous d'angoisse vers Tatie Nally et de demander : « Harry est entre les mains de Voldemort, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que ce salaud lui a fait pour qu'il ait si mal ? »
« Oui, Harry est entre les mains de Voldemort. Mais il ne lui a rien fait jusqu'à présent. Harry souffre de multiples fractures et blessures qui s'infectent. Et il est trop faible pour tenir Voldemort loin de ses pensées. Il a besoin de nos forces pour y parvenir… » répond Tatie Nally, qui a l'air très fatiguée, malgré la Potion Revitalisante qu'elle a prise…
« Et personne ne le soigne ? Est-ce que vous pouvez déterminer où il est ? » demande Gabe, l'air sombre et inquiet…
Nous le sommes tous. Pour Harry autant que pour Ron, Hermione, Tonton Sev et Tatie Nally. Pour le gamin qui est avec lui aussi, même si aucun ne parle de lui…
« Non, personne ne le soigne. Du moins, je ne crois pas. Et non, nous n'arrivons pas à le localiser. Nous n'arrivons pas à échanger avec Harry. Juste à lui transmettre un peu de notre énergie Magique. Nous lui parlons aussi. Mais nous ne savons pas s'il nous entend… Peut-être quelques bribes, parfois… » révèle Tatie Nally, sur un soupir las
« Ok, vous arrivez à lui transmettre un peu d'énergie. Mais à quel prix ! Regardez dans l'état où vous êtes ! Combien de temps croyez-vous pouvoir tenir ? A ce train-là, vous ne pourrez pas aider Harry longtemps ! Et vous finirez peut-être par ne pas pouvoir l'aider au moment le plus crucial ! On pourrait tous vous perdre…» fait remarquer Bill, avec un regard sombre d'inquiétude.
Aucun des quatre ne lui répond. Tatie Nally n'a même pas l'air de l'écouter. Elle fronce les sourcils, en regardant une boîte à bijoux en or, posée sur le chevet à côté du grand lit sur lequel elle est assise avec Tonton Sev, Ron et Hermione…
Puis elle hoche la tête, avant de fixer ses yeux sur Bill.
« Bill, prends cette boîte à bijoux. Fais attention à la transporter avec précaution. Ne la renverse pas. Tiens-là bien droite et ne court pas. Il ne faut pas la secouer. Va voir Hagrid et demande-lui de te mener dans la Clairière à la Fontaine. Pose cette boîte dessus et ouvre là. Hagrid et toi, éloignez-vous de quelques pas. Assoyez-vous en silence et attendez… » dit-elle, en lui tendant sa boîte en or
« Qu'est-ce qu'on attend et pendant combien de temps ? » demande Bill, sourcil froncés, en prenant la boîte.
Il suit les directives de Tatie Nally à la lettre et prend soin de la manipuler avec douceur.
« Tu verras et tu sauras quand il sera temps de revenir. » répond Tatie Nally, avec un sourire doux et fatigué.
« D'accord. Mais si ça vous reprend, qui s'occupera de vous ? » s'enquiert Bill, visiblement hésitant à partir
« Demande à Albus de venir en passant devant son bureau. Il est revenu il y a quelques instants. Et puis, Richard est à côté, avec Pompom. Ils auront vite fait d'être là si nous avons besoin d'eux… » répond Tatie Nally, avant d'étouffer un bâillement.
Bill répond d'un signe de tête et s'empresse de sortir du bureau, tandis que les copains et moi nous regardons. Que prépare encore Tatie Nally ? Quels sont ces mystères ? Comment peut-elle savoir que le professeur Dumbledore est revenu ? Grâce à l'Empathie ? Comment peut-elle étendre son don jusqu'au bureau du Directeur ? A moins qu'elle ne puisse plus au contraire le rassembler à cause de sa fatigue…
Qui sait dans ce cas tout ce qu'elle peut ressentir ? Et nous qui la contaminons encore avec nos propres inquiétudes ! Elle va s'épuiser. Il faut que nous maîtrisions nos propres émotions pour l'aider. Pour les aider tous…
« Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? » s'enquiert Draco, en acceptant le biscuit au chocolat que Dobby lui tend
« Vous restez ici et vous établissez une garde auprès du Miroir Magique pour recevoir les nouvelles du QG. Il faut dormir maintenant. Récupérer. » répond Tonton Sev, avec un regard tendre pour Tatie Nally qui s'est déjà endormie dans ses bras, d'un sommeil qui ne me semble pas paisible cependant, bien que Tonton Sev tâche de lui transmettre de la sérénité.
Hermione aussi dort, la tête sur l'épaule de Ron qui a lui-même du mal à maintenir ses yeux ouverts…
Je dresse une bulle de silence entre eux et nous, pour pouvoir discuter un peu de tout ça avec les copains. Nous tombons vite d'accord. Nous ne pouvons pas les empêcher de faire ce qu'ils veulent, mais nous pouvons les aider un peu à notre manière. Il nous faut nous relaxer. Leur offrir une présence apaisée. Notre amitié…
Je prends le premier tour de garde, tandis que Draco, Gabe et Gil s'installent confortablement sur les deux lits libres et le canapé. Le professeur Dumbledore arrive au même moment et s'installe silencieusement dans un fauteuil, non sans s'être servi un thé au passage.
Draco est le dernier des copains à s'endormir, après s'être retourné au moins vingt fois dans son lit. Dobby et Dyna sont blottis l'un contre l'autre dans un fauteuil. Mais ils ne dorment pas. Ils restent calmes et sereins, dans l'attente.
J'aimerai l'être autant qu'eux.
Mais je ne peux pas. Malgré toutes mes belles intentions, je ne peux pas me détendre complètement. Je pense trop à l'horrible douleur qui m'a saisie quand Tatie Nally, Tonton Sev, Ron et Hermione sont entrés en Communion Magique et que leurs Ondes nous ont atteints. Et aussi à l'amour, à la tendresse, à la confiance et à la chaleur qui accompagnaient cette douleur…
Et à l'image fugace qui m'a traversé l'esprit : Grand-Mère était penchée sur mon petit lit et je criais. Elle pleurait. Elle ne savait pas comment calmer mes pleurs et la souffrance qui me tordait le bide… J'avais mal, si mal… Et en même temps il y avait tellement d'amour qui m'enveloppait et me réchauffait le cœur !
Cela n'a pas duré très longtemps et la douleur est partie d'un seul coup…
Elle est partie en même temps que l'esprit de mes parents. Je le sais avec une certitude inébranlable…
Une bouffée d'amour pour eux monte en moi et m'étreint la gorge.
Une larme glisse sur ma joue…
Cette scène s'est réellement produite. C'est un souvenir qui était profondément enfoui dans ma mémoire. Il a ressurgi ce soir. Cela s'est passé quand mes parents ont été torturés…
Ils ont Communié dans la souffrance des Doloris. Ils se sont dit tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre et pour moi. J'ai été l'objet de leurs dernières pensées cohérentes…
Papa, Maman, je vous aime tellement moi aussi ! Sentez-vous comme je vous aime, quand je viens vous voir et que je vous embrasse ? Ou quand je pense à vous très fort comme ce soir ?
Je l'espère de tout mon cœur…
De tout mon cœur…
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Lee
Je m'apprête à appeler Poudlard pour informer Bill que Lucius vient de recevoir la visite de Paul Randolph, le père de l'un des Ânes Bâtés décédé lors de l'attaque du train, quand Voldemort Transplane au Portail.
Il vole sans balai vers le Manoir, ouvre la porte à la volée puis, sans s'occuper de Randolph qu'il croise en chemin, il se rend dans son bureau où Lucius attend, l'air un peu fébrile.
« Monseigneur ! J'ai…» s'exclame-t-il, en se levant d'un bond de son fauteuil.
Voldemort rit, stoppant net Lucius dans son élan.
« Je t'ai donc manqué, Lucius, que tu m'accueilles ainsi, comme un adolescent amoureux ? » l'interrompt-il, une lueur moqueuse flamboyant dans son regard.
« En fait, j'ai une grande nouvelle à vous apprendre, Maître ! Le train pour Poudlard a été attaqué, sur l'instigation d'Edmond Parkinson. Potter a été enlevé. Le bruit court qu'il était gravement blessé et que c'est l'un des cousins ou une tante d'Edmond qui pourrait l'avoir capturé ! Je pense savoir où ils peuvent se terrer ! Je peux vous conduire à eux ! » déclare Lucius, qui semble heureux d'apprendre cette nouvelle à son Maître
« Je sais, Lucius…. » répond Voldemort, en incitant Nagini à prendre place autour de son cou.
Il semble contrarié soudainement. Sans doute aurait-il voulu être celui qui annonçait la nouvelle de la capture de Harry à Lucius…
« Vous savez ? Mais… Je vous croyais à Amesbury, à la recherche de documents laissés par Salazar Serpentard… » souffle Lucius, l'air de ne plus savoir que penser.
Il se tient raide, observant son Maître rassembler quelques livres prélevés sur les étagères de la bibliothèque privée de son Bureau.
« Parkinson a agi de son propre chef et il sera… puni. J'ai été averti, Lucius, par la personne qui a capturé Potter… » révèle Voldemort, d'un ton glacial, sans prêter attention à son Serviteur dont le visage se crispe
Lucius est désarçonné encore une fois, par la froideur de son Maître et sa réserve.
« Les cousins et la tante d'Edmond ne sont pas marqués. Ce ne sont pas eux qui ont pu vous avertir. Et Parkinson est à Ste Mangouste. Bien gardé par des Aurors… Comment comptez-vous le punir ? » demande Lucius, en prenant un air faussement dégagé, pour aller à la pêche aux informations.
Voldemort jette un coup d'œil par-dessus son épaule et sourit d'un air énigmatique, avant de retourner à sa tâche, sans répondre… Et cette fois Lucius s'impatiente, visiblement. Il voudrait en savoir davantage. Mais Voldemort semble désireux de le faire languir.
« Donc, vous avez vu Potter ? » interroge encore Lucius, du bout des lèvres.
« Oui, Lucius. Je l'ai vu… » répond Voldemort, sifflant presque, tandis qu'il ajoute des parchemins, des plumes et de l'encre dans la serviette où il a placé les livres sélectionnés précédemment
Il est agacé par les questions de Lucius. C'est évident…
« Voulez-vous que je prépare le Cachot ? » s'enquiert Lucius, après une brève hésitation.
« Non ! Potter est très bien, là où il est. Contente-toi de préparer tes noces et de recruter de nouveaux partisans. Cela devrait t'occuper suffisamment. » répond Voldemort, avec sècheresse, en choisissant maintenant quelques fioles de Potions dans un tiroir du bureau.
Lucius est tétanisé, désagréablement surpris. Il déglutit à plusieurs reprises, hésite encore une fois, puis se décide à avancer vers son Maître. Il s'agenouille, pose une main sur l'accoudoir du fauteuil et lève les yeux vers Voldemort.
« Ai-je fais quelque chose qui vous a déplu ? Si c'est cela, pardonnez-moi, Maître. Jamais je n'ai eu l'intention de vous blesser, je vous l'assure…» souffle-t-il dans un murmure, le regard anxieux, avant de baisser humblement la tête.
Voldemort soupire et se tourne vers son Serviteur. Il semble satisfait de lui voir cette attitude soumise.
« Non, Lucius, tu n'as rien fait pour me déplaire. » répond-il, d'un ton nettement radouci.
Les épaules de Lucius s'affaissent, il semble un peu soulagé et lève le regard vers son Maître…
« Alors pourquoi me tenez-vous à l'écart de votre triomphe ? » ose-t-il demander dans un nouveau souffle…
Les yeux de Voldemort flamboient d'une lueur de déception amère.
« Parce que je n'ai pas réellement triomphé encore, Lucius. Certes, tenir Potter entre mes mains est une grande satisfaction, mais je ne serais triomphant que lorsqu'il sera soumis à ma volonté. Qu'il pliera devant ma puissance. Pour l'heure il est gravement blessé et inconscient. Je n'ai pu lui parler… » répond-il en sifflant de contrariété
« Je comprends, Monseigneur. Mais ne puis-je vous aider ou vous accompagner ? Car vous vous apprêtez à rejoindre le lieu où il est captif, n'est-ce pas ? » demande Lucius, l'air presque suppliant.
« Non, Lucius, tu ne peux m'aider… Et tu ne m'accompagneras pas cette fois. Je veux lui parler seul à seul quand il reviendra à lui. Tu viendras la prochaine fois. » déclare Voldemort, avec fermeté, son regard rivé sur la fenêtre aux rideaux fermés sur la nuit.
Le corps de Lucius se raidit. Une lueur que je ne saurais qualifier traverse son regard et la main qu'il avait posée sur l'accoudoir glisse sur le genou du Lord Noir.
« Ne me faites-vous plus confiance ? » souffle-t-il, la main caressante, d'un ton qui traduit de la tristesse…
Fausse ou réelle ?
Le regard de Voldemort tombe sur Lucius. Il flamboie d'une lueur agacée puis s'adoucit. Sa main se lève et caresse la joue de son serviteur.
« Je te fais confiance, Lucius. Il semblerait en revanche, que tu doutes de moi… » susurre-t-il, un sourire fin étirant ses lèvres quasi-inexistantes, tandis que son regard flamboie d'une lueur d'avertissement.
Lucius marche sur des œufs et il n'a pas intérêt à les casser ou ça va chier pour lui…
« Je suis désolé, Monseigneur. Ce n'est pas de vous dont je doute… Vous savez combien je vous aime… » souffle Lucius, en tendant son visage vers celui de Voldemort, qui éclate d'un rire froid…
« Ainsi, tu es jaloux ! C'est donc bien de moi dont tu doutes, quoique tu affirmes ! » dit-il, en prenant le visage de Lucius en coupe, avant de se pencher vers lui et d''effleurer sa bouche d'un baiser…
« Pardonnez-moi, Maître. Mais c'est de moi, dont je doute, de ma capacité à vous plaire encore. Potter est jeune. Il a l'âge que j'avais lorsque je me suis donné à vous. Je connais vos projets et vos intentions les concernant, lui et Draco… Et je crains parfois, que vous les préfériez finalement à moi. De ne plus avoir la première place à vos côtés et la primeur de vos faveurs… » avoue Lucius, en laissant ses mains courir sur les jambes de son Maître…
Il a rivé son regard dans celui de Voldemort et semble lui offrir toute sa sincérité. Le Lord Noir retire Nagini de ses épaules, puis il se lève et tend ses mains à Lucius, dans une invitation à en faire autant
« Te souviens-tu, Lucius, du jour où tu m'as offert ton corps et ton âme ? » demande-t-il, penché vers l'oreille de Lucius.
« Oui, oh, oui ! Maître ! » répond ce dernier, le visage extatique, en s'accrochant à la robe de Voldemort.
« Pour te remercier je t'ai gratifié ce jour-là, d'une caresse que je n'ai jamais offerte à un autre garçon. Tu le sais, n'est-ce pas ? Et te souviens-tu combien tu as apprécié ce présent ?…» susurre Voldemort, son bassin ondulant contre celui de Lucius, qui s'ajuste à son rythme..
« Oh, oui, Maître ! Je conserve de cet instant un souvenir que je chéris précieusement. C'était si… délectable ! Un pur moment d'extase ! Jamais je ne vous remercierai assez, de m'avoir fait gouter à cet indicible plaisir, que nul n'a jamais su égaler. » gémit presque de bonheur Lucius, tandis que Voldemort le dénude d'un geste de la main, avant de se dévêtir lui-même.
Lucius soupire d'aise, les yeux fermés. Voldemort le caresse de ses longs doigts osseux, sa langue glisse sur sa mâchoire, jusque dans son cou. Lucius bande fort. Tous ses muscles se tendent et frissonnent de plaisir.
« Beurk ! Comment peut-il apprécier d'être touché par ce vieillard hideux et décharné ! C'est tout bonnement dégueulasse ! » frissonne Olivier en grimaçant…
Je suis bien d'accord avec lui…
« C'est toi qui m'as fait préférer les jouvenceaux aux jouvencelles, Lucius. Tu as été le premier des garçons, avec lequel j'ai désiré expérimenter le sexe entre hommes. Le premier avec lequel j'ai assouvi ce fantasme secret. Et le seul dont j'ai exploré totalement le corps avec ma bouche, le seul qui a été autorisé un soir, à me posséder… Aucun autre n'a jamais pu rivaliser avec toi. Aucun ne m'a jamais offert le plaisir charnel que tu me procures. Tu es unique, Lucius… Unique… Et je vais te le prouver, en t'offrant de nouveau cette caresse, qui a scellé notre… union, au jour de tes seize ans… » murmure Voldemort, d'un ton envoutant, sa main droite descendant le long de la poitrine de Lucius, avant de s'emparer de son sexe en érection.
Il le caresse avec douceur, recueillant les gémissements de Lucius dans sa bouche, puis, il laisse sa langue courir sur la poitrine dénudée, gratifiant chacun de ses tétons de caresses et de succions avides. Il pose finalement doucement genou à terre, son regard rivé sur celui de Lucius, dont les yeux brillent d'une excitation impatiente et de plaisir anticipé. Puis sa langue papillonne sur le sexe dressé, avant que sa bouche ne l'engloutisse avec gourmandise…
Lucius rejette la tête en arrière, visiblement au comble du bonheur, ses hanches ondoient doucement et ses mains caressent le crâne chauve de Voldemort, tandis qu'il gémit son plaisir…
« Ben j'aurais jamais cru voir ça un jour… Voldemort qui fait une pipe à Lucius, ça nous change de l'inverse. Et putain que c'est dégueu ! » commente encore Olivier, qui semble sur le point de vomir.
« Ouais… Baisse le son, je vais profiter de leur intermède salace pour donner les nouvelles à Poudlard » réponds-je, en prenant le Miroir Magique, avant de m'éloigner à quelques pas des écrans…
C'est Neville qui me répond. Il m'apprend que Bill est parti dans la Forêt Interdite à la demande de Tatie Nally mais que le professeur Dumbledore est là. Il me le passe et je lui raconte tout de la visite de Randolph et de ce qui vient de se passer entre Lucius et Voldemort… En passant sur les détails sexuels naturellement…
Et je mets un point final à mon récit, au moment même où Lucius râle son extase. Voldemort ne perd pas de temps pour se relever. Il soutient Lucius et se penche à son oreille…
« Doutes-tu encore de me plaire, Lucius ? » demande-t-il, d'un ton suave…
« Non, mon Maître, non… » répond Lucius, haletant…
« Bien… Tourne-toi, que je puisse assouvir ce vigoureux désir que tu as fait naître en moi… » ordonne Voldemort, dans un murmure.
Il bande comme un âne en rut. Lucius lui offre aussitôt sa croupe et le Ténébreux s'enfonce en lui d'un seul coup de rein, en le plaquant fermement contre sa poitrine. Il se penche à son oreille, immobile et plante ses ongles dans la chair des pectoraux de Lucius, qui frissonne et rejette la tête en arrière, cambrant les reins, pour offrir à son Maître, un meilleur accès à son cul.
« Je vais mettre ta patience et ta confiance à l'épreuve, Lucius. Je ne te dirais rien, concernant Potter, ni des plans que je vais élaborer pour capturer ton fils. Tu ne m'accompagneras pas non plus, là où Potter est détenu. Tu ne sauras même pas où il est, tant que je ne l'aurais pas décidé… C'est compris ? » déclare Voldemort, d'un ton suave et ferme à la fois.
Lucius gémit. Voldemort vient de descendre sa main vers son sexe de nouveau dressé et il le caresse avec langueur.
« Oui, Maitre. Je me plierai à toutes vos volontés. » acquiesce-t-il dans un souffle.
« Bien, Lucius. Très bien… Caresse-toi, maintenant, vite et fort… » susurre Voldemort, en lâchant le sexe de Lucius, pour se saisir de ses hanches avant de le pilonner sec…
Il a décidé de le baiser comme un lapin semble-t-il et Lucius répond à son ardeur.
Sans doute Voldemort est-il impatient de partir…
Putain ! Mais pourquoi a-t-il fallu que sa blondasse pique cette crise de jalousie ! Bordel !
S'il ne l'avait pas fait, nous aurions peut-être su où est Harry…
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Acte 2 : La Folie Du Serpent
Harry
Déchirure douloureuse dans mon cerveau.
Voldemort est revenu. Il se hâte de remonter l'allée en volant sans balai. Il porte une serviette à la main. Il semble plus serein qu'à son départ. Il anticipe quelque chose d'heureux. Il entre dans le manoir, où la mère de Tarendra et Ramaya l'attend, à genou et tête basse…
Sa satisfaction s'envole aussitôt qu'il la voit.
Pic douloureux. La colère vibre de nouveau dans tout son être…
« Lucrèce est-elle revenue avec un Médicomage ? » demande-t-il, d'un ton glacial
« Non, Maître. Pas encore… » répond Madame Deli dans un souffle tendu.
Déchirure, rage, hurlement de douleur…
Voldemort a jeté un puissant Doloris. Sa colère palpite et des étoiles explosent derrière mes paupières clauses.
« Respire, respire, Harry. Repousse-le, tu peux le faire… »
Qui me parle ?
Est-ce toi, Ron ? Je ne reconnais pas ta voix. Elle est si lointaine, si assourdie. A peine un faible chuchotement à mon oreille. Je m'affaiblis beaucoup tu sais. Je n'arrive plus à lutter contre lui. Je ne parviens pas à saisir l'énergie que tu tends vers moi pour m'aider…
J'ai l'impression d'être absorbé par le cerveau de Voldemort, tandis que le mien se dilue dans les ombres…
« Je vais dans le salon. Viens me prévenir dès que Lucrèce revient ! » siffle Voldemort.
Sa voix est plus lointaine elle aussi. Son image brouillée. Je me sens de plus en plus faible et glacé, malgré la chaleur qui consume mon corps. Je suis en train de mourir, je crois. A cause de l'infection.
Un sanglot. « Prends mes forces, Harry ! Je t'en supplie, prends-les ! »
C'est Hermione. Je voudrais pouvoir tendre le bras et la toucher, mais elle est si loin, si loin…
Quelque chose bondit et me saisit le cœur. Un fil s'accroche à moi, à mon esprit… Il est tenu, fragile. Mais il libère une énergie douce et tendre. J'arrive à la saisir. A la faire mienne. A reprendre un peu de force, pour un sursis… Juste un sursis… Mes pensées s'éclaircissent. Je dois utiliser cette énergie pour repousser l'infection. Tant pis pour Voldemort et la douleur. Je dois serrer les dents et l'accepter le temps de retrouver un peu de forces physiques…
« Reste avec nous, Harry ! »
Je crois que c'est Parrain qui vient de me parler. Marraine est là aussi. Je sens son odeur, son apaisante présence. Elle me retient de toutes ses forces. Et l'énergie Magique de Ron la nourrit autant qu'elle me nourrit moi…
Mon corps s'empare des forces que l'on me donne. Il les brûle avec avidité. Les brumes de mon cerveau s'éloignent.
Voldemort s'assoit dans un fauteuil. Je me fais tout petit dans son esprit. Il débouche une fiole et en boit le contenu. Il ferme les yeux et son esprit s'envole dans la nuit, emportant le mien avec lui. Je ne peux pas lutter contre ça. Je ne suis pas assez fort.
Le temps semble suspendu dans un vertige interminable. Ça s'arrête enfin brusquement. C'est douloureux. Je serre les dents pour ne pas crier. Il y a un autre esprit avec nous. Froid, archaïque. Je vois au travers de ses yeux. Il se cabre contre Voldemort qui l'envahit pour prendre possession de lui. Voldemort le mate, le séduit, le calme. L'esprit archaïque se retire dans un coin sombre pour lui laisser la place. Voldemort l'incite à se mobiliser. L'esprit archaïque obéit. Il se met en mouvement.
Nous glissons longtemps dans un endroit sombre et puant. Il y a de l'eau souillée. Des rats. Nous nous arrêtons, nous nous cabrons, nous nous jetons en avant et nous en avalons un.
« Ce n'est pas le moment ! Tu mangeras tout à l'heure. Laisse-moi faire, laisse-moi te guider…» siffle la voix glaciale de Voldemort, tandis que Salazar ricane quelque part, non loin de lui…
La douleur explose dans ma tête. Un voile se déchire… Nagini ! Nous voyons aux travers de ses yeux. Voldemort le possède. Il le guide dans une mission…
Il va tuer quelqu'un ! Putain non ! Il faut que je parte de là ! Je me tends, je rassemble mes maigres forces pour tâcher de partir. J'ai mal partout. C'est terrible ! Je vais craquer, je vais crier… Je gémis..
« Chut, Harry, chut… Ne bouge pas, reste caché mon bébé ! Reste calme, détends-toi, laisse-toi aller… On va essayer de te ramener… »
Ron ! Ron est avec moi !…
Oh non ! Ron est avec nous, dans l'esprit archaïque de Nagini ! Marraine aussi ! Parrain ! Hermione !
Oh, Merlin ! Ils sont là, tous les quatre ! Ils me protègent, ils m'aident à rester hors de portée de Voldemort, à masquer ma présence. Ils me prennent ma douleur.
Ce doit être si dangereux pour eux de faire ça ! Ils doivent tellement souffrir !
Nous glissons de nouveau… Des voix lointaines. Des pleurs. Les cris d'un bébé…
Où sommes-nous ?
Je n'ose pas respirer. Je ne veux pas que Voldemort sache que je suis avec lui dans l'esprit de Nagini…
Et que je ne suis pas seul surtout…
Que ferait-il s'il savait que Ron, Hermione, Marraine et Parrain me viennent en aide ? Quel sombre maléfice jetterait-il pour les faire souffrir, pour les tenir éloignés de moi ?
Je ne veux pas qu'il me prive de leur présence à mes côtés. De leur énergie qui me tient en vie…
Je me fais tout petit, tout petit. J'éloigne la douleur de mon cerveau. Je respire doucement. Je masque tous mes sentiments… Je me tiens le plus loin possible des émotions de Voldemort. Et de Salazar… Il est là. Je le sens. Il est excité. Fébrile…
Le corps de Nagini s'engouffre dans une ouverture étroite.
Ron me tient au creux de ses bras. Je le sens. Il essaye de ramener mon esprit dans la cave. Il n'y arrive pas, malgré tous ses efforts, ceux de Marraine, Parrain et Hermione. La force qui nous entraîne est trop puissante. Elle nous englue dans une Barrière sombre. Des Maléfices les affaiblissent et je glisse entre les mains de Ron à chaque fois qu'ils tâchent de me tirer en arrière ou de dresser un mur entre Voldemort et moi.
« Il ne faut pas bouger. Il faut rester là, nous n'avons pas d'autre choix. Il faut attendre que la Magie Noire soit moins puissante »
Nous descendons maintenant vers une faible lumière. L'espace est plus grand, sec et chaud. Un couloir. Il y a un portrait sur un mur… Je ne reconnais pas le personnage qui dort dans sa toile. Quelqu'un vient. Nous reculons dans l'ombre. Les jambes d'une femme passent auprès de nous. Elles s'éloignent. Nous nous risquons de nouveau dans le couloir, en rasant les murs. Nous cherchons quelque chose. Une ouverture. Il n'y en a pas. Nous tournons longtemps dans les couloirs. Voldemort s'impatiente. D'autant que Salazar ne cesse de se lamenter, de faire part de ses doutes, d'être pessimiste quant à la possibilité de réussir à faire ce qu'il veut faire…
La colère de Voldemort me vrille de plus en plus le cerveau…
Enfin une porte entrouverte. Il a un sursaut de joie cruelle puis se détend, tandis que Salazar éprouve de nouveau son excitation fébrile… « Du sang ! Du sang ! Du sang ! Oui ! Oui ! Oui ! Du sang ! Nous allons en avoir ! Nous allons en avoir ! Nous allons en avoir ! » se réjouit-il. Je frissonne. J'ai peur. J'ai froid. J'ai mal.
Vague de douceur. La douleur s'apaise un peu. Nous entrons dans un bureau, vide. Nous grimpons sur une plante, glissons sur une armoire et nous pénétrons dans un tuyau tout en haut du mur.
Le système d'aération.
Nous avançons en humant l'air. Nous nous laissons guider par une odeur. Nous tournons à droite, puis à gauche et encore à gauche…
Il est près, si près…
Qui ? Qui est près ? Qui veut-il assassiner ? me demande-je, terrorisé à la pensée d'être là, d'assister à ça sans pouvoir rien faire…
Voldemort sursaute. Nous nous arrêtons. Nous humons l'air…
« Qui a parlé ? Qui est avec nous ? Qui nous espionne ? » demande Voldemort
Il m'a entendu ! Je dois me taire ! Rester figé ! Je bloque ma respiration.
Voldemort tend l'oreille, il cherche. Mais posséder Nagini lui embrouille un peu les pensées et les sens. Et Salazar ne cesse de le distraire. Et puis il a trop hâte d'en finir. Alors il tourne en rond, manque de méthode et de précision dans sa recherche. Il s'approche quand même de moi et je me sens haleter…
« Respire doucement Harry. Ne réagis pas, laisse-toi allez. Tu ne peux pas lutter. Tu ne peux pas l'empêcher », me souffle une toute petite voix très lointaine que je ne reconnais pas…
Elle est amicale, attentionnée, mais je ne saurais dire si c'est Ron, Hermione, Parrain ou Marraine. J'obéis. Je ferme mes yeux, je tais mes pensées.
Voldemort cherche toujours. Il fait taire Salazar, lui ordonne de se tenir tranquille. Il fouille la nuit, l'esprit de son Serpent. Et le sien. Il est tout près de moi. Il va m'effleurer. Je recule dans un coin plus sombre, le plus étroit que je puisse trouver. Son esprit ondule. Il passe à côté du mien sans le détecter. Il s'agace, il poursuit sa recherche plus loin.
Enfin il se détend. Il se dit qu'il se fait des idées. Que c'est quelqu'un là, derrière les tuyaux qui a parlé. Nous repartons. Nous glissons dans le système d'aération. L'odeur est là, près, tout près. Si près. La rage monte au cœur de Voldemort. Il brûle d'accomplir son crime. Salazar est au comble de sa frénésie cruelle. Il va pouvoir assouvir sa soif de sang.
La douleur me vrille de nouveau le cerveau.
Voldemort est de plus en plus hâtif. Impatient. Rageur. Il maudit celui pour lequel il est venu, pour les efforts qu'il doit fournir, pour le temps qu'il lui fait perdre.
Sa fureur monte encore. Et celle de Nagini avec la sienne. Le serpent a mal. Il a envie de mordre pour faire cesser sa souffrance. Nous passons à côté de faibles lueurs, sans nous arrêter. L'odeur est de plus en en plus présente. Et soudain la joie cruelle de Salazar éclate, la fureur de Voldemort explose. Nous sommes arrivés à destination. Nous sortons du tuyau.
Une chambre. Un lit. Un homme allongé dedans…
Parkinson !
« Tu vas mourir… » siffle Voldemort, au comble de la colère et de la jubilation cruelle.
La nausée me prend. Je ne veux pas être là ! Je ne veux pas voir ça !
Je ne veux pas qu'il tue Parkinson ! Il est seul à pouvoir révéler qui m'a capturé !
Je me cabre. Je sais que je suis trop affaibli pour lutter, pour empêcher ce meurtre. Mais je veux sortir de ce corps ! Je veux sortir de Nagini ! Je ne veux pas être complice du crime qu'il va commettre !
Mais je suis trop faible, ma lutte est vaine et je glisse avec lui vers le lit, en une reptation rapide. Je redresse la tête avec Nagini, Voldemort et Salazar…
Non ! Non ! Pas ça ! Non !
J'essaye de le retenir, de prendre le contrôle. Je crie…
« Chut, Harry, chut ! Ne crie pas, je t'en prie ! » me supplie Ron dans un chuchotement. « Calme-toi, bébé, calme-toi. ! Tu ne peux rien faire pour l'empêcher ! Il est trop enragé, trop fort ! Ne révèle pas ta présence ou il te fera du mal. Je t'en supplie bébé, calme-toi ! Peu importe Parkinson ! On va te retrouver ! On va venir te chercher ! Garde tes forces pour rester en vie… »
Je cesse de lutter et je mords Parkinson avec Nagini…
Qu'est-ce que j'ai fait merlin ! Je sanglote…
« Ce n'est pas toi, bébé, ce n'est pas toi qui a fait ça !… Ecoute moi-Harry, viens, viens dans mes bras… Ne te débats pas, bébé, laisse-moi t'aider… Tu ne peux rien faire pour l'empêcher. Et nous non plus. Ne lutte pas ou nous ne pourrons pas rester avec toi. Garde tes forces pour toi, bébé… »
Je me recule, je me recroqueville.
Je me laisse porter par la voix de Ron. Voldemort est si furieux qu'il ne prête attention à rien d'autre qu'à sa victime. Salazar est si heureux que rien d'autre ne compte que le gout du sang !
Voldemort ne m'a pas entendu. Il n'a pas entendu Ron…
Sa colère est ardente, puissante, insatiable.
Il mord, mord, mord, déchire, déchire, encore et encore. Sa fureur explose et sa folie aussi. Il ne maîtrise en rien ses actes. Il tue. Il tue et l'odeur du sang l'enivre. Sa folie envahit tout son esprit et celui de Nagini. Elle étend ses tentacules sombres jusqu'à moi. Elle m'enveloppe. Elle cherche à m'entrainer avec elle. Je lui résiste…
Mais ça me fait si mal, Merlin ! C'est horrible comme ça fait mal ! Ça poignarde mon cerveau avec une lame chauffée à blanc ! Ça tord tous mes muscles ! Ça les tétanise !
Tout mon corps tressaute. L'air me manque et j'ai des crampes partout…
Et je ne sens plus l'amour de Ron. Juste ce froid glacé, cette folie meurtrière qui me fend le cerveau en deux… Où est la chaleur de Marraine ? Celle de Parrain et de ma sœur de cœur ? Je suis seul, perdu dans la folie de Voldemort et Salazar. J'étouffe…
Des images tourbillonnent, s'emmêle, se télescopent. Le corps de Parkinson se cabre. Il hurle. Des Sort fusent. Ils détruisent le bouclier dressé par Voldemort. Ils frappent le mur au-dessus de notre tête.
Voldemort se redresse. Il ondoie. Il rassemble son esprit. Il le tend vers les Aurors qui sont entrés dans la chambre. Il veut les tuer eux aussi. Les tentacules de sa folie me lâchent. Elles se replient pour laisser place à une raison froide et glaciale. Les Aurors crient. Leurs Sorts n'atteignent pas leur cible. Nagini est trop rapide. Il bondit vers eux. Il en mord un à la jambe. Donne un coup de queue à un autre. Il se retourne avec vivacité et mord deux fois encore en donnant des coups de queue, avant de foncer vers le système d'aération.…
Nous glissons. Mon cœur saigne. Voldemort jubile. Il a tué. Il est heureux. Ma tête va exploser…
Et soudainement je suis de retour dans la cave. Je sanglote dans le noir. Voldemort rit. Il a puni son Serviteur. Il a éliminé l'un des pions qui auraient pu conduire l'Ordre du Phénix sur ma trace…
J'ai froid, je brûle, j'ai mal. Si mal !
Ron, où es-tu mon cœur ? Aide moi, aide moi ! S'il te plait aide moi !…
La douleur reflue. Ron revient. Il me prend dans ses bras. Je peux sentir à nouveau sa tendresse, son amour, sa chaleur. Mon corps se détend. Ron me donne ses forces, son énergie Magique. Il m'aide à lutter contre l'infection qui m'empoisonne, contre les pensées et les émotions de Voldemort qui me détruisent…
Je ferme les yeux…
Je veux oublier Parkinson. Le gout de son sang dans ma bouche.
Je veux oublier cette folie qui m'a effleuré, qui m'a cerné, qui voulait m'entrainer dans sa nuit.
Je veux dormir, dormir…
OoOoOoO
Draco
Près d'une heure maintenant que Dobby et Dyna maintiennent le dôme. J'ai cru que ma tête allait s'ouvrir en deux et répandre ma cervelle sur le sol, avant qu'il ne soit érigé. Je ne sais pas ce qui arrive à Harry, mais je sais que c'est terrible. Horrible. Pire encore que ce que j'ai eu à souffrir quand Pansy Parkinson m'a torturé.
La couleur dorée du dôme s'assombrit peu à peu. La tornade qui crépite à l'intérieur est d'un gris de plus en plus foncé. On ne voit presque plus Parrain, Tatie Nally, Ron et Hermione à l'intérieur.
« Putain, qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi ça devient noir ? » demande Gabe, sa baguette en main…
« Nally absorbe la douleur de Harry. Il doit y avoir beaucoup de Magie Noire autour de lui. Ça rejaillit sur eux. Draco, va chercher Pompom et Richard ! » répond le professeur Dumbledore, d'un ton urgent.
Putain ! Tatie risque de mourir ! La Magie Noire va la tuer ! Elle y est allergique ! Et les autres risquent gros aussi ! Bordel ! Je savais bien que ce n'était pas une bonne idée de faire ça !
Je bondis vers la porte, l'ouvre à la volée et appelle Richard et Pompom, me fichant pas mal de déranger ceux qui dorment. Pompom bondit sur ses pieds, de concert avec Blaise, Ginny et Théo qui se sont réveillés en sursaut. Richard jaillit du bureau.
« Oh Merlin ! Mais qu'est-ce que c'est que ça ! » s'exclame Pompom, tandis que Dobby et Dyna semblent avoir de plus en plus de mal à contrôler le dôme.
Ils tremblent tous les deux. Ils transpirent à grosses gouttes. Le professeur Dumbledore tend un solide bouclier autour de nous et Richard se joint à lui, tout en jetant un coup d'œil sur les Potions disponibles sur la console auprès de lui.
« Tenez-vous prêts à leur venir en aide ! Réservez la priorité à Nally, Richard ! Il faudra soigner sa jambe immédiatement ! » ordonne le professeur Dumbledore, visiblement inquiet.
Richard acquiesce. Il s'est déjà saisi d'un pot d'Onguent et semble prêt à bondir vers le lit dès que ce sera possible.
Le dôme de protection s'élève vers le plafond. Il devient de plus en plus mince, il est sur le point de s'effriter. Putain, la tornade va tout faire exploser et nous balayer tous !
« Byddo ! Tylsa ! Elsy ! Minko ! Winky ! Venez aider Roi Dobby ! » m'écrie-je, affolé, les cheveux dressés de terreur sur ma tête.
Une série de plop retentit aussitôt et les Elfes que j'ai appelés se précipitent vers leur Roi et leur Reine. Ils se tiennent par la main et unissent leurs forces, pour maintenir la Protection érigée par leur Roi…
« Oh ! Merde ! Merde ! Merde ! Merde ! Merde ! Regardez ! On dirait maintenant qu'il y a du sang là-dedans ! » s'exclame Gil, qui se tient en mode combat, prêt à jeter un bouclier lui aussi…
Il a raison. Des filaments rouges semblent couler, comme du sang. Et le dôme qui était devenu complètement opaque et noir, rougit. Il s'éclaircit aussi. Un effet des Elfes, j'en suis sûr. Ils sont en train de rejeter la Magie Noire hors du dôme qui s'élargit et gonfle comme un ballon, avant de stabiliser sa taille.
Soudainement, nous voyons nettement Ron, Hermione, Pa et Tatie Nally tournoyer autour du dôme, dans la tempête rouge de leurs Ondes magiques. La tête de Ron est brusquement rejetée en arrière et il semble convulser. Tout son corps est agité, il se débat.
« Ron ! Ron ! » s'écrie Ginny en sanglotant et en se jetant en avant.
Théo la retient et Blaise doit l'aider pour y parvenir. Gabe semble prêt à bondir en avant lui aussi.
Ron se ramasse maintenant sur lui-même. Hermione est accrochée à son cou. Tatie Nally repose au creux de ses bras et la main de Pa est agrippée à l'une de ses jambes. Ils ont l'air de terriblement souffrir et d'être sur le point de perdre connaissance…
« Putain ! Quand cela va-t-il se terminer ? Ne peut-on rien faire pour les aider ? » s'écrie Blaise, l'air angoissé.
« Non. Tant qu'ils sont en Communion, nous ne pouvons rien faire. Tenter de les séparer maintenant, reviendrait à les tuer et nous avec…. » répond notre Directeur, visiblement terriblement inquiet lui-même…
Le temps est figé, suspendu. Nos souffles sont retenus. Enfin, tout aussi brusquement qu'elle s'est levée, la tempête s'apaise. Le dôme se volatilise et Ron, Hermione, Parrain et Tatie Nally retombent sur le lit, pêle-mêle… Dobby se précipite vers eux. Il prend la main de sa protégée et souffle dessus, avant de s'effondrer à son tour, épuisé…
Richard se saisit de Tatie Nally, la plus mal en point, visiblement, tout en donnant ses ordres. Pompom et Ginny s'occupent immédiatement d'emmener Hermione sur le lit d'à côté, tandis que Neville et Blaise prennent Ron en main. Je m'occupe de Pa avec Gabe.
Théo et Gil foncent vers le bureau de Pompom, pour ramener d'autres Potions, des Onguents, des couvertures…
Nous nous activons pour réchauffer les membres glacés de nos patients, en les massant vigoureusement. Nous leur faisons avaler des Potions Revitalisantes et Nourrissantes. Pa est le premier à revenir à lui. Il me repousse mollement en chuchotant à peine. Je comprends qu'il veut voir Tatie Nally et je l'aide à se redresser.
Je tourne mon regard vers elle, en même temps que lui…
Oh Putain ! Je n'avais jamais vu la blessure de Tatie Nally, je n'avais aucune idée de ce à quoi elle pouvait ressembler…
Je suis fixé maintenant…
Elle ne ressemble à rien de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Elle court sur toute sa cuisse. Hideuse. Rouge très sombre, presque noire, boursoufflée, suintante d'un pus grisâtre et puant…
« Putain… Elle n'est pas comme ça d'habitude, n'est-ce pas ? Que s'est-il passé pour que ça fasse ça ? » murmure-je, en regardant vers Pa…
Il sursaute et ses yeux s'écarquillent…
« Parkinson ! Il a tué Edmond Parkinson ! Des Aurors ont été mordus par Nagini ! Il faut leur envoyer des secours ! » s'exclame-t-il, la voix cassée, avant de retomber sur ses oreillers, épuisé…
Il ferme les yeux et, bien qu'il tente de lutter, il s'endort aussi vite, trop épuisé, tandis que le professeur Dumbledore contacte le QG de toute urgence…
Hermione et Ron reprennent conscience à leur tour. Mais ils sont faibles, épuisés eux aussi. Richard ordonne qu'on les laisse tranquilles. Il sera bien temps plus tard qu'ils nous racontent ce qu'il s'est produit dit-il…
Je crains le pire…
Je crains aussi que cela reproduise avant la fin de la nuit…
Et que ça les tue cette fois…
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