Disclaimer: Cf chapitre 1
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Merci à Mistycal qui a comme d'habitude corrigé ce chapitre...
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Réponses aux commentaires sur mon forum: - Lul - Douceurfamille - Yzeute -
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Je dédie ce chapitre à Mikl-bzh...
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Une Très Longue Nuit 2/2
Acte 3 : Possession
Bill
Je me hâte derrière Hagrid. Près d'une heure trente que j'ai quitté l'infirmerie. Le vent souffle assez fort, faisant gémir les branches alourdies de neige des grands arbres de la Forêt Interdite. Le froid me pénètre jusqu'aux os, malgré ma tenue en cuir de Dragon.
Un craquement sec me fait sursauter. Je jette un œil dans sa direction, éclairant largement l'espace avec la lumière de ma Baguette. Un Centaure nous observe. Ses yeux brillent dans la nuit. Il me fixe et me suit du regard…
Je suis heureux que les lois rétrécissant le territoire des Centaures, aient été abrogées peu après que mon père ait convaincu Fudge, d'en effectuer expressément la demande auprès des services concernés. Cela a eu le mérite de calmer les esprits de ces intelligentes Créatures et de les faire revenir à des sentiments moins Anti-Sorciers…
« Nous v'là rendus ! » s'exclame soudain Hagrid, en s'arrêtant au bord d'une clairière.
J'en suis fort aise. J'ai hâte de rentrer. Je suis inquiet pour mon frère, pour Hermione, Sev et Nally. Mes poils sont dressés sur ma tête depuis qu'ils m'ont parlé de leur projet. J'ai peur qu'il ne leur arrive de sérieuses bricoles.
Une petite fontaine envahie de lierre grimpant givré, trône au centre de la Clairière. Je me dirige vers elle, ôte la neige de la margelle puis pose dessus la boîte en or que m'a confiée Nally, avant de l'ouvrir…
Oh ! Je ne m'attendais pas à ça ! Quel superbe paysage !
Je me demande ce qu'il recèle. Je m'attarderais bien à l'examiner de plus près, mais ce n'est pas le plus pressé et j'obéis aux instructions de Nally en rejoignant Hagrid, qui s'est assis sur le tronc couché d'un arbre, à l'orée de la Clairière…
Il ne se passe rien, durant trois ou quatre minutes. Seul le bruissement du vent dans les arbres, des craquements secs lointains et un trottinement dans les fougères troublent le silence. Les nuages défilent dans le ciel, laissant passer de temps en temps un rayon de lune plus hardi que les autres. Soudainement, Crockdur, couché aux pieds de Hagrid, redresse la tête et tend l'oreille. Il n'a pas l'air inquiet, juste curieux. Je fixe la nuit, dans la même direction que lui.
Quelque chose approche. On dirait des Lucioles. Il y en a six… Elles vont vite, slalomant entre les branches d'arbre avec dextérité et grossissent à mesure de leur approche. Ebahi, je distingue bientôt des Fées, aux ailes translucides. Elles viennent droit à moi, s'arrêtent net, font un tour sur elle-même puis filent vers la Fontaine et finalement, elles plongent dans la boîte dont le couvercle se referme sans bruit…
J'en reste abasourdi…
« Nally m'a envoyé chercher des Fées. Et elles sont venues sans que j'aie rien demandé… » murmure-je, encore ébloui par la beauté des petites Créatures que j'ai pu contempler un si bref instant…
« Ben si tu veux mon avis, Billy, elles sont v'nues parce qu'l'une des leurs les a app'lées. Devait déjà y en avoir une dans la boîte de Nally. Les animaux et les Créatures l'aiment bien. Allez, viens, on rentre. C'est certainement pas pour rien si elle a d'mandé l'aide des Fées. Ça doit être vraiment sérieux. » déclare Hagrid, en se levant.
Il a raison. Il faut rentrer. Et vite. Je m'empresse d'aller récupérer la boîte que je tiens maintenant comme un délicat trésor. Elle contient six Fées… Non, Sept…
Merlin ! Je n'ai pas intérêt à les bousculer ! Qui sait ce qu'elles me feront si je blesse l'une d'entre elle, même involontairement !
Merde, Bill ! Ce n'est pas ça qui t'inquiète tu le sais bien ! Peu importe ce qu'elles te feront. Ce ne serait pas le plus grave. Non… Le pire, c'est qu'elles partiraient.
Or, Nally et les autres ont besoin de leur aide. Et ça urge…
Ouais, ça urge, je le sens…
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Blaise
Il y a quelques instants, Lee nous a confirmé que Nagini a bien tué Parkinson dans son lit. Les Aurors ont de la chance. Le serpent de Voldemort n'avait plus de Venin quand il les a attaqués. Il avait tout injecté à Parkinson. Ils s'en tirent avec des morsures sans danger vital et une belle frayeur.
Dyna distribue des chocolats chauds pour la troisième fois en moins d'un quart d'heure. Richard en fait passer directement dans l'estomac de Tatie Nally, Ron, Hermione et Tonton Sev…
Il leur a déjà administré deux Potions Revitalisantes, mais apparemment, il juge que ce n'est pas encore assez et il demande à Pompom d'en tenir d'autres prêtes.
Je soupire. Il faut que je bouge. Que j'aille voir Miho.
Je le dis à Draco. Il hoche la tête pour acquiescer, sans me regarder. Son front est soucieux. Je pose une main sur son bras. Ça ne sert à rien, bien sûr, mais au moins, il sait qu'il n'est pas tout seul à se faire du mouron. Nous nous en faisons tous.
Je vais vers Hermione-Chérie, pour lui embrasser le front. Je me penche vers elle doucement, lui murmure une parole d'encouragement à l'oreille. Au même moment, Tatie Nally pousse un cri. Je relève les yeux vers elle. Elle se recroqueville sur elle-même, des larmes jaillissent de ses yeux désespérés. Tonton Sev roule vers elle et la prend dans ses bras. Mes cheveux se dressent sur ma tête. Hermione-Chérie émet des Ondes. Je tends instinctivement le bras vers elle, mais un courant électrique et terriblement douloureux jaillit et je suis projeté en arrière…
Je me rattrape à Gil, qui bascule avec moi par terre. Nous nous relevons d'un bond.
Ron et Hermione chancèlent vers Tatie Nally et Tonton Sev. Leurs Ondes Magiques crépitent et tournoient déjà autour d'eux, véhiculant une atroce douleur. Elles se mêlent, avant même que Ron et Hermione aient atteint le lit.
Dobby dresse vivement son dôme de Protection. Dyna et les autres Elfes de Maison se joignent à lui. Leurs oreilles battent furieusement. Ils ont du mal à contenir la tempête, ça se voit. Des éclairs noirs traversent le dôme. Des éclairs rouges leur répondent.
Putain de bordel ! Que fait Voldemort cette fois ?
Tout tremble dans l'annexe. Le dôme enfle encore. Le professeur Dumbledore dresse un bouclier et nous demande d'en faire autant tout autour du lit et des Elfes de Maison…
Le Dôme se fissure. Et un éclair noir s'en échappe. Il explose sur le mur, arrachant des éclats de pierres qui s'écrasent sur nos boucliers. Dobby se concentre et renforce le dôme. Il tombe à genou, des gouttes de sueur grosses comme mon pouce dégoulinent sur son visage. Il s'épuise.
Merde ! Quand cette folie va-t-elle cesser ?
Un crac me fait sursauter. Fumseck est arrivé. Il est tout petit encore, il n'a pas de plumes. Il s'est posé sur le chevet à côté du lit. Il chante. C'est doux et c'est chaud. Les éclairs noirs perdent un peu de leur force. Le dôme se dégonfle un chouia
Fumseck chante autant qu'il peut…
Il encourage les Elfes à tenir bon. Mais il finit par se fatiguer la gorge, son chant n'est plus aussi harmonieux et le dôme enfle de nouveau.
J'ignore combien de temps s'est écoulé depuis que Tatie Nally a crié. Cela pourrait aussi bien être cinq minutes ou cinq heures…
Je tiens mon bouclier à deux mains. Je contiens le dôme comme je peux, régulant ma puissance pour ne pas le faire exploser sous la pression… Ce serait notre fin à tous… A mes côtés, Gil et Draco en font autant. Tout comme Théo et Neville en face de nous. Des larmes roulent sur les joues de Ginny, mais elle tient bon aussi.
Je n'ose imaginer ce que vivent Tatie Nally, Tonton Sev, Hermione et Ron. Leur souffrance, leur épuisement. Et encore moins ce que peut ressentir Harry…
Enfin, comme tout à l'heure, la tempête cesse brusquement. Ron, Hermione, Tonton Sev et Tatie Nally ont perdu conscience.
Nous nous précipitons pour leur venir en aide, les jambes flageolantes de fatigue pour ma part…
Putain ! Ils vont mal !
Vraiment mal…
Potions, Onguents, massages et chocolat pour réchauffer nos patients. Cette fois, nous les laissons tous sur le même lit, quand nos soins sont terminés.
Ils sont livides. Leurs yeux se sont à peine entrouverts sur nous qu'ils se sont rendormis, les uns contre les autres. Tonton Sev et Hermione ont essayé de nous parler mais nous n'avons pas compris ce qu'ils ont dit… Leur souffle était trop ténu… Leur voix trop enrouée…
J'ai l'impression qu'ils ont maigris d'au moins cinq ou six kilos tous les quatre. Que leur peau devient translucide. La jambe de Tatie Nally est dans un état pitoyable.
Espérons que ça s'arrête là. Parce que si ça continue comme ça, ils ne passeront pas la nuit…
Ouais. Faut que ça s'arrête là, Merlin ! Accordez-leur un répit s'il vous plait !
Mais à peine ai-je adressée ma prière, que ça recommence…
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Harry
Coup de poignard dans le cerveau.
Ça recommence déjà… J'ai à peine eu le temps de fermer les yeux. Du moins, je crois…
Petit pincement au cœur. Un minuscule hameçon s'est planté dedans. Le fil auquel il est rattaché est plus fin que celui d'une toile d'araignée. Argenté et translucide. Loin là-bas, Marraine s'y accroche avec l'énergie du désespoir. Parrain l'encourage, j'en suis certain. Ron et Hermione également.
Je m'envole dans la nuit. Je me laisse aller. Je n'ai pas la force de lutter. Inutile que je me débatte. Il est trop fort pour moi. Toute lutte serait vaine.
Tout à l'heure Voldemort s'est introduit dans l'esprit d'une femme, seule dans le noir et le froid… C'était la mère de Parkinson. Il lui a dit que son fils est mort. Il lui a montré son souvenir de l'attaque à Ste Mangouste, l'accompagnant de commentaires acides et moqueurs. Elle s'est rebiffée, l'a insulté, a tenté de l'attaquer à son tour. Il a labouré son cerveau. Elle a crié. Elle a hurlé très fort. Il a bloqué ses cris dans sa gorge pour que personne ne l'entende…
Il riait. Il la raillait. Il prenait plaisir à la faire souffrir. Il a joué un peu avec elle. Mais elle n'avait pas assez peur. Elle le défiait mais n'avait pas suffisamment de forces pour lui résister bien longtemps. Il l'a achevée, avec haine, dégout et fureur…
Je sais où nous allons. Nous retournons au Ministère. Cette fois, il va tuer Hirkani, la sœur de Tarendra et Ramaya…
Je sens la présence de Ron, très loin de moi. Il crie. Il lance son énergie vers moi. Mais où qu'il soit, il doit s'affaiblir lui aussi. Il n'arrive pas à m'atteindre. Je ne comprends pas ce qu'il veut me dire. Et j'aurais beau tendre le bras, je n'arriverais pas à me saisir de ce qu'il veut désespérément me donner…
Merlin ! Je voudrais tellement être auprès de lui !
Le fil tenu qui me lie à Marraine semble près de rompre. Je n'ai même pas la force de lever la main pour le toucher. Ni pour absorber sa tiédeur. Sa puissance Magique.
Le vertige cesse. Nous sommes arrivés à destination.
La douleur est intolérable, mais ce n'est pas grave. Je ne pourrais pas crier, je n'ai pas assez de souffle pour ça, ni même pour gémir… A peine pour respirer un peu. Voldemort ne m'entendra pas. Il ne saura pas que je suis là…
L'effroi me saisit tout entier.
Hirkani est terrorisée. Elle sent la présence de Voldemort. Il ne se révèle pas encore. Il goûte avec délice la terreur qu'il inspire, il s'en régale. Il titille son esprit. Il lui glace le sang. Il joue au chat et à la souris avec elle. Il comprime son cerveau, le relâche, excite le centre de la douleur par petites touches…
Je ressens toute sa souffrance en même temps que la joie glaciale et cruelle de Voldemort, la frénésie sadique de Salazar.
Douleur aiguë dans la tête, dans le cœur, dans l'œil droit, dans le foie, crampes… Hirkani gémit, pleure, vomit. Voldemort rit. Salazar lui souffle des idées en s'excitant comme une Ciseburine. Il se réjouit quand Voldemort l'autorise à prendre le contrôle.
Je pleure. Des larmes coulent sur mes joues, je le sais même si je suis loin de mon corps brûlant de fièvre…
Salazar se lasse du jeu. Hirkani ne souffre pas assez à son goût. Ses gémissements et ses petits cris ne le satisfont pas. Il veut l'entendre hurler, la voir se débattre inutilement. Il allonge un tentacule, l'aiguise, le rend plus fin qu'une aiguille puis le plante dans l'esprit de sa proie, prenant grand soin de viser un endroit très précis et si sensible, Merlin, si sensible…
Des décharges électriques secouent le corps d'Hirkani. Je sens sa détresse et sa souffrance, sa terreur décuplée. Tous ses muscles sont tétanisés, ses membres se retournent à se casser, ses organes sont broyés. C'est comme un Doloris, cent fois plus douloureux. Il ne fait pas durer longtemps, mais le renouvelle souvent. Il jubile, il rit d'un rire frénétique et fou. Voldemort applaudit froidement et le félicite de cette belle trouvaille.
Hirkani le supplie d'arrêter. Elle hurle, elle appelle à l'aide…
Froid glacial. Il y a des Détraqueurs derrière la porte de sa cellule. Ils se délectent de sa peur….
Des images horribles se succèdent devant mes yeux. Toutes les peurs d'Hirkani nous sont livrées… Elle a peur de sa mère, elle la craint par-dessus tout. Elle a peur de vieillir, de se faner. Elle a peur des souris, des serpents et des araignées. Elle a peur de Voldemort, des Détraqueurs. Elle a peur de souffrir. De mourir. Elle a peur de ressembler à sa mère pour laquelle elle n'éprouve que de la haine. Elle imagine mille scénarii où elle la torture froidement, se réjouissant de la voir se tortiller de douleur et de l'entendre hurler, supplier…
Elle jalouse Ramaya qu'elle trouve bien plus jolie qu'elle. Elle envie Tarendra, plus intelligent. Elle voudrait les voir ramper à ses pieds. Les voir souffrir, mourir. Elle se réjouit de la mort de son premier fiancé, d'avoir réussi à s'en débarrasser, sans que personne se doute de quoi que ce soit. Elle ne voulait pas de ce mariage arrangé. Qu'il la dénude, qu'il la touche. Elle hait les hommes. Elle ne veut pas sentir leur sexe en elle.
Ramaya se tord de douleur à ses pieds. Elle jubile. Elle tient sa revanche sur elle. Jamais plus Ramaya ne sera plus jolie qu'elle. Elle est à jamais mutilée. Elle peste contre Tarendra qui l'a privée de son jouet en emmenant Ramaya loin d'elle. Elle se réjouit de voir sa mère allongée sur le sol, gémissant de douleur après avoir été mise à terre par sa fille honnie. Elle voudrait l'achever, mais elle n'ose pas….
Son cœur est empli de colère et d'envie. De rancœurs et d'amertume. Elle veut devenir puissante. Elle est ambitieuse et souhaite dominer les autres. Les écraser. Les broyer. Les mutiler. Les piétiner. Elle les méprise, tous. Surtout les hommes.
Elle n'aime pas Parkinson. Il lui déplait, il l'a dégoûte. Mais elle lui a été vendue par sa mère. Elle repousse ses assauts, le cœur au bord des lèvres. Elle se promet qu'un jour il payera cher d'avoir osé presser son sexe dressé contre ses fesses, le lui avoir caressé les seins… Elle va l'empoisonner. A petit feu.
Elle redoute sa belle-mère, qui épie chacun de ses gestes. Elle la hait. Elle voudrait la voir morte…
Parkinson refuse qu'elle l'accompagne dans les Pennines. Il ne veut pas que des pouilleux l'approchent. Il la presse de rejoindre sa belle-mère qui l'attend pour le déjeuner, alors qu'il n'est que dix heures. Il attend quelqu'un. Il va baiser avant de partir dans les Pennines, elle en est sûre. Elle lui obéit, la rage au ventre.
Ses rêves de puissance s'envolent. Elle ne pourra pas torturer, tuer des sales gosses pleurnichards. Elle déteste les enfants. Leurs rires enfantins, leur innocence. Elle lui en veut terriblement de ne pas l'avoir emmenée mais d'avoir accepté qu'une autre femme l'accompagne. Pourquoi cette femme et pas elle-même ? Qui est-elle ? Elle soupçonne vaguement sa mère, qui s'entend bien avec Edmond et trouve toujours quelque chose à lui chuchoter à l'oreille. A comploter avec lui. Elle les soupçonne d'avoir couché ensemble, souvent. C'est sûrement elle qu'il attendait pour baiser avant d'aller attaquer le train.
Elle les tuera un jour. Elle les tuera tous les deux…
Elle se hait elle-même d'être lâche, de ne pas avoir assez d'autorité pour s'imposer, pas assez de pouvoirs pour assouvir ses soifs de vengeance et de domination.
Voldemort et Salazar utilisent toutes ses pensées contre elle. Ils exacerbent sa haine et sa colère et retournent leur puissance contre elle-même. Ils l'écorchent, mettent ses chairs à vif. Lui arrachent les ongles de ses orteils, lui crèvent les yeux.
Ils contrôlent son corps pour qu'elle s'automutile.
Hirkani hurle et se débat, elle essaye de lutter contre la Magie Noire qui la manipule comme une marionnette, sous les yeux d'un jeune Auror venu faire une ronde. Il s'approche, le regard affolé. Il jette un sort pour l'immobiliser et l'empêcher de se faire mal, mais un champ de force le rejette. Il appelle à l'aide. Son collègue arrive. Ils tentent tous deux de secourir Hirkani. Mais ils échouent. La Magie Noire l'enveloppe.
Elle se tortille sur le sol. Sa souffrance est horrible. Voldemort et Salazar lui lacèrent le cerveau. Ils l'incitent à s'automutiler encore et encore sous les yeux horrifiés des jeunes Aurors impuissants. Et, autant Voldemort a fait taire les vociférations injurieuses de la mère Parkinson en lui paralysant la gorge tout à l'heure, autant il savoure chacun des hurlements d'Hirkani.
Elle s'arrache le visage à coup de griffes. Elle se mord jusqu'au sang, arrachant des bout de chair de ses bras.
Elle appelle au secours. Voldemort rit. Salazar s'esclaffe. Il trouve cette scène désopilante.
Les larmes brûlent sur mes joues, les sanglots secouent mon corps. La Magie Noire consume mes dernières réserves d'énergie…
L'hameçon accroché à mon cœur n'arrive plus à me réchauffer. Je me noie dans la souffrance. Des visages tourbillonnent autour de moi. Ceux des êtres que j'aime de toute mon âme. Ron, Hermione, Marraine, Parrain, Remus, Draco, Théo, Miho… Toute ma famille et tous mes amis
Ma vie vacille comme une chandelle dans un courant d'air glacé. Pardonnez-moi si je vous quitte. Mais si toute cette souffrance nourrit Voldemort et le réjouit, elle m'affaiblit. Elle me consume d'amertume et de chagrin…
J'aimerais tant ressentir votre chaleur encore une fois ! Mais vous êtes si loin !
Si loin…
Et vos visages sont peu à peu mangés par la nuit.
« Ne me laisse pas ! Sans toi je vais mourir ! S'il te plait, ne me laisse pas ! »
On dirait une voix d'enfant…
Est-ce celui qui est auprès de moi, là-bas dans la cave ? Oui, c'est lui, bien sûr. Ça ne peut être que lui…
Je voudrais pouvoir t'aider petit. Mais je ne peux pas…
Pardonne-moi ! Je n'aurais pas dû m'accrocher à toi dans le train. Tu n'aurais peut-être pas été éjecté si je ne t'avais pas pris dans mes bras…
Et tu ne serais pas dans cette cave, à mourir avec moi…
« Non ! Harry ! Non ! Accroche-toi, bébé ! Accroche-toi ! »
Ron… Mon cœur…
Je vois ton ombre se débattre de toutes tes forces contre la nuit qui nous sépare. Tu te jettes en avant. Tu sors tes griffes de Grizzly et tu déchires l'ombre qui m'avale…
Tu te jettes sur moi pour me serrer dans tes bras et ton cœur me réchauffe…
« Avale ta langue, Hirkani » ordonne maintenant Voldemort qui est las et ne s'amuse plus…
Imperium. Hirkani ne résiste pas. Elle est bien trop faible pour le faire. Elle obéit et agonise très vite. Elle étouffe. Elle cherche désespérément de l'air mais ses poumons n'aspirent rien d'autre que du vide. Ils brûlent. Ils se remplissent d'eau. Ses muscles se crispent et se tendent. Elle se raidit et convulse un bref instant, avant de succomber.
Son âme se détache de son corps. Son esprit s'envole et Voldemort s'arrache à lui. Je suis éjecté en arrière. Je glisse des bras de Ron et je suis propulsé à une vitesse vertigineuse dans une nuit sans lune ni étoile.
Et brusquement je reviens dans la cave…
Voldemort est épuisé par ses efforts. Il est heureux aussi, très heureux. Il a accompli ses projets. Il s'est amusé. Il a réussi dans son entreprise. Il a tué. Il s'est nourri de la peur et de la souffrance de ses victimes.
Il ferme les yeux. Il va pouvoir se reposer un peu…
Il fait froid et sombre. Humide. Le gamin à côté de moi est trempé de sueur et d'urine. Il tremble et claque des dents…
Il va mourir s'il n'est pas bientôt soigné. Et je vais mourir moi aussi.
Je suis si fatigué. Mon corps est engourdi. Mes poumons sont en feu. Pourtant, je n'ai plus mal… Je suis au-delà de la souffrance.
Mon cerveau s'embrume.
Je ferme les yeux.
Je vais me reposer, moi aussi…
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Bill
Le chemin de retour est plus lent et laborieux que l'aller. Bien que mes poils se dressent plus que jamais sur mon crâne et que l'angoisse commence à m'étreindre sérieusement la gorge, je prends beaucoup de précautions pour me déplacer et Hagrid est parfois obligé de ralentir un peu le pas. C'est que je fatigue aussi. La boîte en or semble peser une tonne dans mes mains et le froid est sacrément glacial. Le vent s'est levé et ses bourrasques cinglantes me coupent parfois le souffle.
Hagrid m'accompagne sur le chemin qui remonte vers les portes du château, avec son chien qui bondit sur la neige damée par le passage des calèches et les sabots des Sombrals. J'en ai vu pour la première fois tout à l'heure et je les ai trouvés bien plus intéressants que sur les illustrations dessinées dans les livres. Ils ont quelque chose de fascinant. Et je n'hésiterai pas à en monter un, si l'occasion se présente.
Hagrid renvoie Crockdur à sa cabane et ouvre les portes. D'entrer dans le château me ravigote. Pas qu'il fasse beaucoup plus chaud que dehors dans les couloirs, mais au moins, il n'y a pas de bourrasques de vent pour me scier en deux.
Nous nous hâtons de monter l'escalier. Nous ne rencontrons personne cette fois, pas même un fantôme. Nous entrons silencieusement dans l'infirmerie. Je suis surpris de ne pas voir Blaise auprès de Miho. Ginny et Théo ne sont plus là non plus.
Merde ! Il se passe quelque chose ! Je savais bien, à mes poils hérissés, que ça allait mal ! Je me précipite vers l'annexe. Il y a du monde autour des lits. Tous les visages sont terriblement angoissés. Et je comprends pourquoi quand mon œil tombe sur Ron, Hermione, Sev et Nally…
Oh Putain ! Ils ont le teint gris. Leurs yeux sont creusés, cernés de noir. Ils respirent à peine, d'une respiration laborieuse. Ils ont l'air glacés. Vidés d'énergie Magique.
Dobby est allongé lui aussi. Il a l'air aussi mal en point qu'eux…
La boîte en or vibre dans mes mains. Sans même prendre la peine de réfléchir à ce que je fais, je l'ouvre. Sept fées en jaillissent. Elles volent rapidement vers les lits. Elles s'arrêtent au-dessus, en cercle. Et elles tournoient sur elle-même, à une vitesse vertigineuse, libérant une poussière étincelante qui recouvre mon frère, Hermione, Sev, Nally et Dobby…
La poussière se rassemble, elle s'agglutine, formant une coque argentée et enveloppante. Elle scintille de mille feux, à nous faire mal aux yeux…
La Magie des fées. Jamais je ne l'avais vue à l'œuvre et c'est merveilleux à contempler…
Les derniers grains de poussière tombent. Les Fées regagnent la boîte en or que je tiens toujours en main. Le couvercle se ferme sans bruit. La coque argentée palpite. On dirait un cœur qui bat. Le mien bat à l'unisson. Je ne sais pas combien de temps cela dure. Je suis fasciné. Je ne bouge pas. Je retiens mon souffle.
Peu à peu la coque se fissure, se craquelle, perd de son éclat. Et soudainement, elle s'effrite, laissant une fine couche de poussière noire que Richard aspire aussitôt, avant de jeter des Sorts de Diagnostic…
C'est dingue. Ron et les autres ont l'air de simplement dormir maintenant. Ils ont retrouvé des couleurs normales et, même si leurs joues sont encore un peu creuses, ils ont l'air en bien meilleure forme.
« Ils vont nettement mieux. Tous leurs paramètres sont normaux. Il ne reste que l'amaigrissement et un peu de fatigue. Même la jambe de Nally va légèrement mieux… » murmure Richard, l'air soulagé.
Les souffles se relâchent. Tout le monde se laisse tomber sur des sièges. Winky s'empresse de servir des chocolats chauds que chacun accepte avec plaisir.
Je regarde la boîte en or. Les Fées viennent de sauver la vie de mon frère, de mes amis et de Dobby. Je ferme les yeux et me penche pour déposer un baiser dessus, avant de murmurer un merci qui me vient du plus profond du cœur…La boîte vibre doucement sous mes lèvres. Comme un frisson. Je ne dois pas l'ouvrir cependant, j'en ai la certitude. Alors je vais la poser sur le chevet, du côté de Nally.
Elle ouvre à peine les yeux, quand j'arrive à sa hauteur.
« Combien sont venues ? » demande-t-elle dans un souffle.
« Six » réponds-je de même
Elle sourit doucement, avant de refermer les yeux et de se rendormir.
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Théo
Je serre Ginny contre moi. Nous venons d'avoir de sacrées émotions, c'est le moins qu'on puisse dire… Putain ! J'ai bien cru que cette fois c'était la fin ! Que tout allait exploser et nous avec…
Bordel ! Quelles tortures subit donc Harry, pour que ça les mette dans cet état ? Mon frère adoptif est-il en train de mourir ?
« Lee appelle Poudlard ! Lee appelle Poudlard ! » s'exclame une voix urgente venant du Miroir Magique posé sur la console juste à côté de moi…
Le professeur Dumbledore, qui se trouve de l'autre côté, s'empresse de le prendre et d'inviter Lee à nous délivrer son message, après avoir jeté un Sort pour que tout le monde dans la pièce puisse entendre.
« Je viens d'avoir un contact avec King ! Madame Parkinson et Hirkani Deli sont mortes ! Des Aurors ont vus ce qu'il s'est passé dans la cellule d'Hirkani. Parait que c'était pas beau à voir ! Ils ont essayé de lui venir en aide, mais un champ de force les a empêchés de le faire ! Elle a fini par avaler sa langue ! Madame Parkinson, elle, s'est arraché la gorge avec ses doigts ! Magie Noire dans les deux cas ! En grosse quantité ! Elles ont été possédées ! L'œuvre de Voldemort sans doute ! » s'exclame Lee, la voix fébrile.
Je frissonne. Ginny aussi. Mes yeux sont rivés sur le lit. Tout à l'heure, Tonton Sev nous a avertis qu'Edmond Parkinson avait été tué par Nagini et que des Aurors avaient été mordus aussi…
Putain ! Cette fois également ils ont tout vus ! Je ne sais pas comment c'est possible, mais je suis certains qu'ils savent… Et que ça venait de là, tous ces éclairs de Magie Noire qui pétaient dans le dôme…
« Voilà une nouvelle bien sombre, mais qui recèle en elle un précieux renseignement. En tuant ces deux femmes, Voldemort vient de nous confirmer où se trouve Harry. » soupire notre Directeur, en se laissant aller contre le dossier de son fauteuil.
« Quoi ? » sursautons-nous, Draco, les copains et moi.
Lee aussi, d'ailleurs.
« Voldemort s'est empressé de les tuer cette nuit, car il pensait que Madame Parkinson et Hirkani pouvaient deviner où Harry est retenu captif et nous le révéler. D'après Edgar Boo, à part Voldemort, les seuls à connaître le lieu de résidence de Mesdames Deli et Zabini, étaient les Parkinson et Hirkani. Cela ne fait donc plus aucun doute. Harry est à Priest Hole Manor. » explique le professeur Dumbledore, des rides creusant son front.
« A quoi bon les tuer ? Nous nous doutions déjà de toute façon qu'il est là-bas ! Alors qu'est-ce que cela change, qu'on sache que Harry est retenu captif chez moi ! Nous ne savons pas où c'est exactement ! Le domaine est Incartable ! Il y a un Fidélitas, des Maléfices qui empêchent même les Elfes de Maison de Transplaner et que sais-je encore comme pièges de Magie Noire ! » explose Blaise, les poings serrés.
« L'incertitude est une torture. Entre se douter et savoir il y a un gouffre profond, qui laisse place au désespoir. Et puis, Voldemort doit craindre que nous parvenions quand même à trouver le Domaine, à faire tomber ses protections. Plus nous nous dispersons pour chercher Harry partout dans le Royaume Uni, moins nous avons de chances de le retrouver, il valait donc mieux, à ses yeux, nous laisser dans le doute. Mais il a commis une erreur dans son raisonnement. Contrairement à ce qu'il pensait, tuer Edmond, sa mère et sa fiancée ne pouvait pas protéger le secret concernant le lieu où Harry est captif, mais bel et bien nous mettre sur sa piste. Cela n'a donc servi à rien de le faire. Qu'à détruire un peu plus son âme… » répond le professeur Dumbledore, sur un soupir las.
« Ouais, c'est vrai que ça n'a servi à rien ! On avait déjà des indices sérieux ! King m'a dit aussi de vous dire qu'en fouillant la maison dans laquelle Edmond se cachait depuis qu'il a tué Percival, Fol Œil a trouvé dans le placard près de la porte d'entrée, une broche chiffrée. Elle a dû tomber d'une cape suspendue là. Elle représente un C et un D de diamants, entrelacés dans un cercle de saphir. Tarendra a confirmé qu'elle appartient à sa mère. King et Fol Œil comptaient bien interroger Hirkani à ce propos demain. Mais le fait que Voldemort l'ait tuée, tend à prouver que Madame Deli a laissé sa cape là, avant de se rendre dans les Pennines avec Edmond. Hirkani ne le savait peut-être pas, puisqu'elle a passé toute la journée chez sa future belle-mère, fait confirmé par l'Elfe de Maison de la famille Parkinson. Mais elle aurait eu tôt fait de comprendre, en voyant la cape et la broche. Elle aurait peut-être fini par déballer son sac. » ajoute Lee, dont la voix traduit pas mal de fébrilité mêlées de fatigue.
« Si Voldemort vient à apprendre cette découverte, je ne donne pas cher de la peau de Chhaya Deli. » commente Bill, en se servant du thé.
Il en propose ensuite à la ronde. J'en accepte avec plaisir. La nuit a été longue et mouvementée jusqu'ici. Et elle n'est pas finie.
« Avez-vous d'autres informations, Lee ? » demande le professeur Dumbledore
« Oui ! King et Maugrey sont allés du côté de Winchcombe, mais ils n'ont pas pu repérer Priest Hole Manor ! Parmi les Protections du Domaine, il y a des Sorts de Confusion ! A chaque fois qu'ils jetaient un Sort, ils avaient l'impression qu'il se dispersait aux quatre vents ! Quelle que soit la direction dans lequel ils le lançaient, depuis la terre ou le ciel ! Là-bas aussi, il y avait beaucoup de Magie Noire à l'œuvre ! Ils ont essayé d'interroger des villageois de Winchcombe, mais ils ont tous dit que le Domaine a été détruit et qu'il ne reste même pas une ruine ! Et bien évidemment, personne, pas même le plus ancien du village ne se souvient où il se trouvait, ni quand il a été détruit ! » révèle Lee, depuis le Miroir Magique.
Harry est vraiment dans la merde jusqu'au cou, me dis-je, en sentant mes yeux picoter et ma gorge se nouer si fort que j'ai l'impression d'être étranglé…
« Il doit bien y avoir un moyen de le localiser, putain de bordel ! » jure Draco, les poings serrés.
Il est livide. Ses yeux brillants d'angoisse et de larmes lui bouffent son visage.
« Nous y travaillons, Draco. Et nous faisons appel à toute l'aide que nous pouvons. Nous trouverons, sois en certain. » affirme le professeur Dumbledore, en prenant une part du gâteau au chocolat que lui présente Minko.
J'aimerai avoir sa confiance.
OoOoOoO
Severus
Des images que je n'arrive pas à saisir s'effilochent dans mon esprit. Mon rêve se dilue dans la lueur filtrant au travers de mes paupières. Je frissonne. De terribles souvenirs affluent à ma mémoire.
J'ouvre les yeux. J'aspire goulûment de l'air pour tâcher d'élargir ma poitrine serrée.
« Comment ça va, Severus ? » demande Richard, à voix basse.
« Comme quelqu'un qui a vécu l'enfer et failli passer à côté de la grand-porte du Paradis… » soupire-je, avant d'ajouter, surpris : « Comment puis-je malgré tout me sentir en plutôt bonne forme ? »
« Cadeau des Fées… Cadeau aussi des Elfes de Maison, de Fumseck et de toutes celles et ceux qui sont ici, en fait… Vous avez de la chance d'être vivants… » répond Richard, avec un demi-sourire las.
Un tourbillon de souvenirs danse dans ma mémoire. Même quand j'étais espion je n'ai pas vécu une expérience aussi terrible. J'en ai le cœur empli d'effroi…
« J'espère que Harry l'est encore… » souffle-je, la gorge nouée, toutes mes pensées tournées vers mon filleul.
« Il l'est… » souffle Ron en retour.
Il ouvre les yeux et se redresse pour s'adosser à la tête de lit.
« Il l'est. Il est très faible et vacille entre conscience et inconscience… » ajoute-t-il, les yeux de nouveau fermés, concentré.
Cela ne me rassure pas pour autant.
J'ai senti la souffrance, l'extrême faiblesse de Harry. La fièvre épuise son corps. La douleur engloutit son énergie Magique. Tout ce que nous avons pu lui donner a été consommé en si peu de temps !
« Comment as-tu su que Parkinson a été tué par Nagini ? » me demande soudainement Draco, qui se ronge les ongles.
« Je l'ai vu, au travers de ses yeux. Nous l'avons tous vu. Nous avions réussi à accrocher l'esprit de Harry, quand il a été emporté par celui de Voldemort. Sans le savoir, il nous a emmenés avec lui. Nous avons eu de la chance qu'il soit trop occupé à sa tâche pour déceler notre présence. Il a aussi tué Parkinson mère et Hirkani Deli, je ne sais pas si l'un de nous vous l'a dit… » réponds-je, dans un souffle…
« Oui, nous savons. Nous en avons été informés il y a quelques minutes par Lee. Cela nous confirme que Harry est à Priest Hole Manor. » déclare Albus, tandis que je hoche la tête pour acquiescer.
C'est une déduction logique.
« Oui, c'est bien pour cette raison, que Voldemort les a tués tous les trois. Il ne voulait pas qu'on sache. Nous avons vu un peu de ses pensées. Son esprit est vraiment scindé en deux, rongé par la Magie Noire. Nous avons vécu sa folie avec lui. C'est horrible… Et ça nous a fait foutrement mal, putain ! Il faut que Harry soit sacrément fort pour supporter tout ça. Parce qu'il a bien plus mal que nous encore et qu'il est très affaibli par ses blessures et une infection du feu de Morgane…» précise Ron, dont les mains et la voix tremblent.
« Vous êtes sacrément forts, vous aussi. Vous avez résisté à une dose de Magie Noire vraiment très élevée… » déclare Richard, le visage sombre, réprobateur.
« Nally et Ron nous ont fait traverser la Barrière de Protection du Domaine. Ils se sont surpassés pour forcer le passage et nous avons possédé trois esprits avec Voldemort. Alors oui, il y avait beaucoup de Magie Noire et nous avons failli y laisser notre peau. Mais si nous ne l'avions pas fait, Harry serait mort. » explique-je, en frissonnant encore une fois sous l'assaut de souvenirs douloureux
Aux pensées cruelles de Voldemort. A sa joie féroce, sanguinaire et sadique. Combien je comprends que Harry lutte de toutes ses forces contre ces pensées et ces émotions malsaines, barbares !
« Est-ce que vous pouvez localiser Priest Hole Manor ? Est-ce que vous pouvez parler avec Harry ? » demande Albus, d'un ton calme et serein.
Il bride ses émotions, je le sais. Pour épargner Nally. Mais je le connais assez pour deviner son anxiété.
« Non, nous ne pouvons pas le localiser avec précision. Les Sortilèges de Confusion nous empêchent de le faire et nous nous concentrons uniquement sur Harry, pour parvenir à l'atteindre. Quant à lui parler… Nous saisissons parfois ses pensées, nous les devinons plus que nous les entendons en fait. A ses réactions, je crois que lui peut nous entendre parfois. Qu'il nous sent et même nous voit peut-être. Nous sentons surtout sa douleur. Nous en prenons autant que nous pouvons et nous lui donnons autant d'amour et d'énergie Magique que possible. Mais cela exige des efforts intenses et considérables de notre part et de la sienne. » réponds-je, sans pouvoir restituer réellement ce que nous vivons.
Mais comment l'expliquer vraiment ?
Je sens une larme couler sur ma joue. Jamais je n'ai eu aussi mal de ma vie, même sous Doloris. Jamais je n'ai eu aussi froid, aussi peur. Jamais je ne me suis senti aussi seul, malgré la bienfaisante présence de Nally, Ron et Hermione à mes côtés.
Mais le pire dans tout cela, c'est de penser que ce n'est rien, à côté de ce que Harry endure…
Et de le savoir seul à cet instant pour supporter son calvaire me tord les tripes.
« Putain de merde ! » s'exclame soudainement Ron, en portant une main à son front, tandis que Nally s'accroche à moi en gémissant.
Et le tourbillon de nos Ondes Magiques nous enveloppe de nouveau avec force, tandis que la douleur explose dans mon cerveau…
OoOoOoO
Acte 4 : Soins
Harry
Une horloge sonne. Je papillonne des yeux…
Non, c'est lui, Voldemort. Il se réveille. Les images que je vois au travers de ses yeux sont mouvantes, floues, diffuses. Des frissons incontrôlables secouent mon corps embrasé.
Il jette un coup d'œil vers l'horloge. Il est cinq heures quarante-cinq. Un bruit feutré dans le couloir. On frappe à la porte. Il dit d'entrer. La porte s'ouvre doucement, une silhouette se dessine dans l'ombre. Elle effectue une révérence
« Lucrèce est de retour, Maître. Elle se hâte de remonter l'allée avec quelqu'un… » annonce Madame Deli, sans oser lever les yeux.
Sa voix me parvient en un son étouffé, par-delà ma respiration sifflante. Des gouttes de sueur me tombent dans l'œil. Ça brûle. Je le ferme. Il est inutile que mes yeux soient ouverts de toute façon. Du moins, le seul qui s'ouvre. Je ne suis plus dans la cave. Je suis avec Voldemort dans le salon…
Il bondit sur ses pieds. La fureur fait battre ses tempes. Il se précipite vers le hall et ouvre la porte d'entrée en grand, d'un coup de baguette furieux. Il avance sur le perron et regarde sa servante venir vers lui d'un pas hâtif. Un homme l'accompagne. Il porte une mallette de Médicomage. Il est grand, mince, les cheveux à peine grisonnants. Séduisant.
Voldemort se contrôle à grand peine de ne pas jeter un Maléfice à Madame Zabini. Il ne veut pas perdre de temps. Il sent que la situation est urgente. Que Lucrèce sera sans doute utile, pour concocter des Potions. Il la punira plus tard pour ce monstrueux retard, cette attente intolérable qu'elle lui a imposée…
La mère de Blaise s'arrête aux pieds des marches et s'agenouille précipitamment.
« Voilà le Médicomage que je vous ai promis, Maître. Je l'ai ramené ici, dès son retour de Ste Mangouste où il était de service jusque cinq heures trente… » dit-elle rapidement, l'échine courbée.
« Qui est-il ? Pourquoi n'est-il pas sous Imperium ? » s'enquiert Voldemort, d'un ton sifflant de rage contenue.
« Il s'appelle Harvey Preston et c'est le Chef du service des Accidents Matériels, Maître. Le meilleur Médicomage de Ste Mangouste. Je l'ai recruté pour notre cause. » répond la mère de Blaise, avec un rien de fierté dans la voix, sous ses appréhensions
Elle redoute une punition. Elle a raison. Car elle en recevra une très sévère…
« Vraiment… Ainsi, Lucrèce t'as convaincu de t'allier à moi… » susurre Voldemort, d'un ton radouci, en accordant toute son attention au Médicomage
« Oui, Monseigneur. Et elle n'a pas eu grand effort à fournir pour le faire. J'ai toujours été un fervent adepte de vos idées. En toute vérité, je me réjouis de vous servir, Maître… » répond Harvey Preston…
Harvey Preston… Un Serdaigle de 7ème année porte ce nom. Il ne fait pas partie du Comité. Luna disait qu'il dégageait des ondes négatives… Je n'arrive pas à me souvenir de son visage.
Mes oreilles bourdonnent. J'ai un vertige. Je fais un effort pour rester connecté. Je ne veux pas perdre une miette de ce que fait Voldemort quand il est ici. Surtout pas quand je sais qu'il va sans doute possible venir dans la cave…
« Tu n'es pas encore mon serviteur. Tu le seras, quand j'apposerai ma marque sur ton bras. Lucrèce t'a-t-elle précisé pourquoi tu devais venir ici ? » demande Voldemort, l'œil un peu plissé.
« Non, Monseigneur. Mais j'ai entendu des rumeurs et je devine que je vais avoir à soigner un patient précieux à vos yeux. » répond le Médicomage, d'un ton obséquieux.
Une bouffée de méfiance envahit l'esprit de Voldemort. Harvey Preston ne lui plait pas. Il est trop lisse, trop orgueilleux. Il a une trop haute estime de lui-même. Trop d'assurance. Il jette un coup d'œil sur la mère de Blaise et semble soudainement comprendre pourquoi elle a choisi cet homme.
« Très précieux, oui… Et tu ne pourras pas quitter cette propriété, aussi longtemps que je ne t'en donnerai pas l'autorisation. Tu devras rester dans la clandestinité désormais. Qu'en pensera ta famille ? » déclare-t-il, son regard de nouveau fixé sur le Médicomage dont il épie la moindre réaction.
« Je suis séparé de mon épouse depuis quelques mois et mon fils unique, qui partage mes idées, est à Poudlard. Il sera fier de ma décision. Quant à moi, je me réjouis d'être à votre entière disposition, Monseigneur et de réserver mon temps et mon talent pour vos seuls besoins… » répond le Médicomage, avec un sourire un peu faux.
Il est en réalité mécontent d'être bouclé ici. Il en veut à la mère de Blaise de ne pas l'avoir prévenu. Cet homme transpire l'ambition. Il a besoin qu'on l'admire, qu'on le congratule pour ses réussites, qu'on le remercie mille fois pour avoir guéri une blessure même insignifiante. Il aime diriger son service, donner des ordres. Il espère que les sacrifices qu'il va faire en se vouant entièrement au service de Voldemort, seront bien récompensés. Voldemort le sent. Il va en profiter, l'exploiter.
« Très bien. Nous reparlerons de tout cela plus tard. Suis-moi… » invite-t-il, en se détournant du Médicomage.
Il se hâte de venir vers moi et à mesure qu'il approche, je sens pulser la douleur dans mon cerveau. Elle était restée sourde, quasi silencieuse depuis notre expulsion de l'esprit d'Hirkani. Elle se réveille de nouveau…
Des ombres dansent derrière mes paupières clauses, suivies d'éblouissements. Les images que je vois au travers des yeux de Voldemort tressautent, comme celles d'un téléviseur mal réglé. Il avance par touches. Il est dans l'escalier et l'instant suivant dans un couloir. Mon cœur flanche. Il rate un battement sur deux… ça me fait bizarre…comme s'il se décrochait…
Une vague d'amour m'enveloppe. Je n'arrive pas à saisir l'énergie qu'elle me tend.
« Harry… Je… prie… » entends-je vaguement murmurer…
C'est Ron.
La vague d'amour se rétracte un peu. Elle lutte contre la Barrière qui l'empêche de m'atteindre…
La porte de la cave s'ouvre. Dès qu'il me voit, Voldemort comprend que je suis mourant. Une vague de colère et de peur le soulève. Il ne veut pas perdre son Démon Aux Yeux Verts, sa chance d'accomplir son Rituel de Sexe et de Sang pour retrouver son Unicité et acquérir la puissance suprême.
« Occupe-toi de Potter, vite ! » siffle-t-il, en s'effaçant pour laisser passer le Médicomage.
Preston pose vivement sa mallette et sort sa Baguette. Il murmure des Sorts de Diagnostic et son visage blêmit.
« Comment va-t-il ? Parle ! Explique-moi à mesure ! » ordonne Voldemort, avec une fureur à peine rentrée.
Sa voix me parvient dans un brouillard. Tout est brouillard autour de moi et en moi…
« Il est très mal en point, Monseigneur. Coma de stade 2. Multiples fractures. Il a eu des hémorragies également et perdu beaucoup de sang. Une infection très grave lui empoisonne ce qu'il en reste. Ses réserves Magiques sont quasiment épuisées à force de lutter pour le maintenir en vie. C'est miraculeux qu'il le soit encore… C'est la même chose pour l'enfant. » répond le Médicomage, en prenant dans sa mallette, des flacons de Potions.
Il semble bouger au ralenti, pourtant je suis certain que tous ses gestes sont vifs et assurés…
Il m'administre une Potion Revitalisante Renforcée, qui suffit à peine pour éclaircir un peu mon cerveau embrumé. Une autre de Régénération Sanguine, une contre la douleur, une contre la fièvre et encore une autre contre l'infection…
Vague de douceur. Ron, Marraine, Parrain et Hermione sont avec moi. Ils n'interviennent pas. Ils restent juste là, dans mon cœur, pour m'apporter leur soutien. Ils savent ce qu'il se passe. Ils le sentent. Ils ne se manifestent pas pour ne pas être repérés. Ils diffusent juste assez d'énergie pour réguler les battements de mon cœur…
Leur présence me fait du bien. Elle me réchauffe un peu…
« Je me fiche de l'enfant ! Tu le sauveras si tu peux quand tu auras sauvé Potter ! Coma de stade 2 ? Qu'est-ce que cela signifie ? Quand sera-t-il sur pied ? Quand pourrais-je lui parler ? » demande Voldemort, d'un ton impatient…
« C'est un coma moyen, Monseigneur. Il perçoit ce qu'il se passe autour de lui mais ne peut y réagir. J'espère pouvoir le sauver, mais je vous avoue que son état de santé est extrêmement précaire. Je suis très inquiet…» répond le Médicomage, tout en prenant fébrilement note sur un parchemin.
« Sauve-le et la Direction de Ste Mangouste te sera acquise lorsque viendra mon heure de gloire ! Mais si tu échoues, c'est la mort pour toi ! » assène Voldemort, son regard flamboyant de menaces…
« Je vous jure de faire tout ce qui est en mon pouvoir, Monseigneur… » assure Preston, qui a perdu un peu de sa superbe, avant d'ajouter : « J'aurais besoin de Potions Spécifiques, dont une Potion Anesthésiante… »
« Pourquoi une Potion Anesthésiante ? » demande Voldemort, d'un ton brusque.
« Il me faut réduire ses fractures. Celle de son fémur est ouverte. Beaucoup d'autres sont déplacées. Quand je vais opérer, la douleur sera intolérable et pourrait le tuer. Voici la liste de ce dont j'ai besoin. » répond le Médicomage, en tendant le parchemin vers la mère de Blaise, qui s'empresse de la prendre et de partir, avec Chhaya Deli…
« Vas-tu l'opérer maintenant ? » s'enquiert Voldemort, avec impatience
« Je ne puis, Monseigneur. Son cœur est beaucoup trop faible. Sa Magie également. Il faut qu'il reprenne des forces pendant 36 à 48 heures avant que je puisse intervenir. » répond le Médicomage, en s'occupant maintenant de l'enfant à mes côtés.
Une vague de contrariété submerge Voldemort. Rien ne se passe comme il le souhaiterait. C'est de la faute de ces femelles incapables, peste-t-il. Il leur fera payer cher.
La mère de Blaise revient, avec un Elfe de Maison précédé d'une malle et d'un matelas. Mon cœur fait un petit bond dans ma poitrine. Pourquoi amener cela ? Vont-ils changer le matelas, Ils risquent de découvrir ce que j'ai caché dedans !
L'elfe pose son chargement à terre. Lucrèce Zabini ouvre la malle et en sort une boite contenant plusieurs fioles de Potions, qu'elle donne à Preston.
« Chhaya a commencé les autres Potions. Dois-je la rejoindre ou aider ici ? » demande-t-elle à Voldemort, yeux humblement baissés.
« Si vous le permettez, Monseigneur, j'aurais besoin de Lucrèce pour m'aider… » intervient Preston, au grand agacement de Voldemort, qui n'aime pas que l'on prenne ainsi la parole sans en avoir d'abord reçu l'autorisation.
Il acquiesce cependant, fulminant intérieurement.
L'elfe de Maison couvre le matelas posé à terre, avec des draps propres et de grandes serviettes de bains, puis il fait venir un grand baquet empli d'eau et se recule dans un coin, pour se tenir à disposition. Preston me dénude d'un coup de baguette, sous le regard gourmand de Voldemort qui me dévore des yeux. Mon sexe surtout l'intéresse. Il se met à bander très fort. Ça me dégoûte profondément et je ne puis réprimer un frisson.
« Il réagit ! Il est conscient ! » s'exclame Voldemort, en avançant d'un pas vers moi.
« Non, Monseigneur, il est dans le coma. C'est la fièvre qui le fait frissonner et le froid. Il nous faut nous dépêcher de procéder à sa toilette. L'infection qui gagne déjà ses poumons ne doit pas s'aggraver ou ce serait sa fin assurée. » déclare le Médicomage, en me faisant Léviter au-dessus du baquet d'eau.
Il me maintient en Lévitation, pendant que la mère de Blaise nettoie mon corps avec une éponge douce. Elle me débarrasse du sang, des souillures et de l'urine que je n'ai pas pu retenir. Ni l'enfant avec moi.
Voldemort est déçu. Il espérait pouvoir me parler. Il ne me quitte pas des yeux. Il apprécie ce qu'il voit, malgré les hématomes qui bleuissent ma poitrine, mon visage et mes membres. Les fractures et les œdèmes qui le déforment. Il brûle de me caresser, de m'embrasser. Il souhaite par-dessus tout me baiser le cul. Il imagine qu'il me pétrit les fesses et me suce, que je lui en fasse autant en retour, qu'il me pénètre et jouit de mon corps…
Vague de dégoût, nausée…
« Du calme, bébé. Respire doucement… »
Ron, mon cœur. Viens me chercher, je t'en supplie ! Je ne veux pas que ce salopard me touche, même seulement des yeux !
« On va venir, bébé. On va trouver un moyen… »
Il m'a répondu ! Tu m'entends ? Tu m'entends Ron ?
Je m'agite. Je me débats faiblement…
« Il revient à lui ! Il vient de parler ! Qu'a-t-il dit ? » s'exclame Voldemort en venant m'examiner de près.
« C'est la fièvre, Monseigneur. Il délire. Il a seulement marmonné quelque chose d'incompréhensible. » certifie Preston, tandis que je m'affole à la pensée que Voldemort découvre que je ne suis pas totalement inconscient…
Ou plutôt que je suis dans son esprit…
« Respire, bébé. Reste tranquille. Je suis là. Nous sommes là, avec toi. »
Oui, Ron. Oui mon cœur…
Je me calme, dans la douceur de Ron. Dans son amour.
Le Médicomage me pose sur le matelas et les serviettes propres. Il me sèche d'un coup de baguette, me couvre d'un autre drap de bain puis se tourne vers le lit. Il déshabille l'enfant et le fait Léviter, pour le laver lui aussi. Il demande à l'Elfe de Maison de refaire le lit au propre.
Voldemort me regarde. Son désir est à son comble. Il pense à Draco. Il faut vite qu'il trouve un moyen de l'amener ici. Il regarde aussi l'enfant. Des images s'embrouillent dans son cerveau. Il faut qu'il baise pour s'éclaircir l'esprit se dit-il. Il pense à Lucius. Il ira le rejoindre dès que le Médicomage aura fini ici. Il le baisera en pensant à moi et à Draco…
Nouvelle nausée.
Vague d'amour qui m'apaise…
La toilette du petit est finie. Le Médicomage le pose à côté de moi. Il le sèche. Puis il nous ramène tous les deux sur le lit, prend le temps de nous couvrir du drap propre et d'une fine couverture, jette de nouveaux Sorts de Diagnostic, avant de nous administrer encore à tous deux des Potions, en prenant soin de commencer par moi.
Il a bien compris que j'ai la priorité aux yeux de Voldemort…
« Il n'y a plus rien à faire d'autre que d'attendre, Monseigneur. Je vais rester ici et veiller sur eux. Lucrèce peut rejoindre Madame Deli, pour concocter les potions… » annonce le Médicomage, avec une courbette vers Voldemort.
Voldemort ne l'apprécie vraiment pas. Comment ce minable petit Médicomage peut-il lui parler sur ce ton, avec un air de donner des ordres ! Ce n'est pas à l'un de ses sous-fifres qu'il s'adresse ! C'est à lui, Lord Voldemort ! Il lui fera payer chèrement son audace. Très chèrement !
Dès qu'il n'aura plus besoin de lui…
« Très bien ! Que k'un ou l'autre d'entre vous vienne me tenir informé des progrès de Potter toutes les trois heures ! Je me tiendrais dans le bureau ! » ordonne-t-il sèchement, avant de se tourner vers la sortie
Il indique à Lucrèce Zabini de le précéder.
« Je vais vous faire porter le nécessaire pour vous sustenter et pour votre confort, mon cher ami… » déclare celle-ci en direction de Preston, avant de sortir, aussitôt suivie de Voldemort.
Mais alors qu'elle s'apprête à tourner dans un couloir pour rejoindre le laboratoire, Voldemort la retient.
« Pourquoi as-tu autant tardé ? » siffle-t-il, d'un ton glacial
« Je suis désolée, Maître. J'ai tenté de rejoindre Harvey, à Ste Mangouste. Mais les Aurors étaient présents dans son service. Je n'ai pu l'approcher et il ne pouvait quitter son service sans éveiller les soupçons. Plus tard, il a été dépêché au Ministère. J'ai tu à Chhaya le décès de sa fille Hirkani, d'Edmond et de sa mère, Monseigneur. Et j'ai fait promettre à Harvey de lui taire également ces nouvelles… » répond la mère de Blaise, d'un ton modeste.
Contre toute attente, Voldemort rit. Il apprécie le culot de sa servante, son esprit opportuniste. Son désir de la punir s'évanouit.
« Tu as eu raison, Lucrèce. Mais dis-moi, est-il fortuné ? » demande-t-il, une lueur de froide ironie traversant son regard.
« Il l'est Maitre. Très fortuné. » acquiesce la mère de Blaise, avec un sourire charmeur.
« S'il sauve Potter, sa fortune sera tienne, quand je n'aurais plus besoin de ses services. Je te conseille donc de te dépêcher d'être veuve, pour pouvoir rapidement l'épouser. » déclare Voldemort, avec un sourire cruel
« Je serais veuve avant ce soir, Monseigneur. Oserais-je vous demander de procéder bientôt à mes noces ? Dans un délai raisonnable, bien sûr… » sourit tout aussi cruellement la mère de Blaise.
« Tu le peux. Nous en reparlerons plus tard. Je vais me rendre au Manoir, Lucrèce. Je serais absent durant deux heures. As-tu tout ce qu'il faut pour les Potions ? » demande maintenant Voldemort, de nouveau empressé de partir pour aller satisfaire le désir qui fait toujours palpiter son sexe.
« J'ai ce qu'il faut pour celles d'aujourd'hui. Mais il me manquera, dans les jours à venir, les ingrédients que j'ai notés sur cette liste, Maître… » répond Madame Zabini, en sortant un parchemin de sa poche.
Voldemort prend la liste et se hâte de partir.
Son éloignement dans la nuit qui s'achève me soulage. Les Barrières sombres dressées autour du Domaine me protègent de son emprise. Je n'ai plus qu'une envie : oublier toutes ses pensées malsaines en m'abandonnant au sommeil…
« Harry… Nous allons revenir… Nous allons te libérer bientôt… Dors, Harry, dors... Je t'aime, bébé, je t'aime…» m'encouragent Marraine et Ron, Parrain et Hermione
Ils m'apaisent d'une dernière vague d'amour et je les sens partir tout doucement, à contrecœur, tandis que le sommeil m'emporte…
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