Disclaimer: cf chapitre 1

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Mistycal est toujours ma beta...

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Réponses sur mon forum pour: - Lul - Douceurfamille -

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De Sombres Jours 1/5

Lundi 6 Janvier 1997

Acte 1 : Gagner Du Temps

Ron

Mon retour à la conscience s'effectue aussitôt que Dobby souffle sur la main d'Hermione pour démêler nos Ondes Magiques. Je garde les yeux fermés cependant, mon attention rivée sur ce que nous venons de vivre et sur ce que je ressens…

Je suis vivement soulagé, la vie de Harry est sauve… Du moins, pour l'instant…

Je suis complètement hors des gonds. Voldemort convoite son corps. Très fort. Je l'ai vu dans son esprit dérangé, enfiévré de folie et de concupiscence dépravée. Et je crains qu'il n'ait pas la patience d'attendre, ni que nous ayons le temps de secourir Harry avant qu'il ne pose ses sales pattes sur lui…

Une main sur mon épaule me calme un peu…

J'ouvre les yeux sur Tatie Nally… Elle est blafarde. Epuisée. Aussi inquiète que moi. Mais sa chaleur est malgré tout apaisante. Je me redresse, me passe la main sur le visage et je respire lentement pour tâcher de calmer totalement ma colère.

« Que s'est-il passé ? » demande Draco, le regard anxieux…

Sa question ravive mon angoisse. La rage enfle à toute vitesse, elle déborde et me fait suffoquer. Cette fois, la main de Tatie Nally ne peut plus retenir le Grizzly qui gronde et se débat pour sortir ses griffes

« Ce monstre de salopard veut baiser Harry voilà ce qu'il se passe ! Il vient de partir pour défoncer le cul de ton père en pensant à lui. Et à toi aussi ! Je vais le dégommer ce fumier ! Je vais le pulvériser ! Lui arracher les tripes et lui faire bouffer ses couilles ! » explose-je, en me levant finalement d'un bond, avec l'idée folle de foncer au Manoir Malfoy.

Mais je vacille sur mes jambes. Blaise et Draco ont tout juste le temps de me rattraper avant que je m'effondre au sol.

Draco me regarde les yeux écarquillés et la bouche bée…

« Quoi ? » demande-t-il, en papillonnant des yeux…

Il a l'air si fatigué et perdu, que la rage me quitte. Toutes les tensions de la nuit, toutes les horreurs que j'ai vues par les yeux de Voldemort et de Nagini, toutes les pensées malsaines du ténébreux et sa folie, toute la terrible souffrance de Harry et ma culpabilité envers lui, me tombent dessus. J'éclate en sanglots…

Harry ! Bébé… Mon bébé…

Tu souffres tellement mon amour ! Tu as un tel fardeau sur les épaules !

Si tu savais comme je m'en veux que tu sois là-bas à cause de moi et de ne rien faire de plus pour toi que de rester ici, de rejoindre ton cœur et ton esprit dans ta souffrance…

Mais je te jure que je vais te sortir de là, bébé ! Je ne sais pas comment, mais je le ferai ! Je te le jure !

Draco me serre contre lui. Nous glissons à genoux sur le sol. Hermione vient nous rejoindre. Elle appuie sa tête sur mon dos et m'entoure de ses bras chaleureux. Ginny pose son front sur mon bras, en s'accrochant à ma main. Bill s'agenouille de l'autre côté, il m'attrape par le cou et pose ma tête sur son épaule.

« Ron, tiens bon petit frère. On va tirer Harry de là… » murmure-t-il à mon oreille, la voix étranglée…

« Comment veux-tu que nous fassions ? Nous sommes incapables de localiser ce fichu Manoir ! » souffle-je, dans mes larmes, le bide noué de douleur et de trouille pour Harry.

« Maintenant que Voldemort a Harry, il va essayer de m'avoir aussi, n'est-ce pas ? Il va me tendre un piège… Je vais me laisser prendre. Avec un Portoloin bien caché sur moi. Et dès que je rejoins Harry, je l'attrape et nous fichons le camp de là-bas… » murmure Draco, livide et tremblant, mais l'air déterminé…

Je le regarde, effaré, mes larmes coupées, mon chagrin coincé dans la gorge. Draco est fou. Comment peut-il envisager une seule seconde de faire ça ? Harry ne le voudrait pas. Il nous en voudrait à mort si on laissait Draco faire ça…

« Bravo, excellente idée, Draco ! Vous prenez le Portoloin et hop, vous vous écrasez sur la Barrière de Protection ! Et pour le coup, nous vous perdons définitivement tous les deux ! Vraiment géniale cette idée ! Ecoute bien, Draco, tu disais tout à l'heure que nous délirions et tu demandais si nous étions suicidaires, à faire ce que nous faisons pour aider Harry, n'est-ce pas ? Et bien j'ai le regret de te dire que tu es plus gravement atteint que nous quatre réunis ! Il n'est pas question que tu te laisses tomber entre les mains de Voldemort ! Cela n'aiderait en rien Harry ! Tu m'entends ? » assène Tonton Sev, en regardant Draco d'un air sévère et anxieux à la fois.

Et aussi impressionnant qu'habituellement, malgré ses joues un peu creuses et ses yeux cernés d'ombre.

Draco acquiesce à peine et détourne la tête. Ses yeux sont brillants de fatigue, d'angoisse et de chagrin. Il tremble de tous ses membres. Presque autant que moi…

« Sev a raison, Draco. Quoiqu'il arrive, tu ne dois pas tomber entre les mains de Voldemort. Il nous faut procéder autrement… » murmure Tatie Nally, les sourcils froncés sur la réflexion.

« Comment ? » demande-je doucement, le souffle suspendu

Mon cerveau n'arrive à envisager aucune solution. Il est embrumé par ma profonde inquiétude, le sentiment horrible que nous ne pourrons pas sauver Harry, malgré tous nos efforts. Depuis notre première année à Poudlard, Hermione et moi n'avons jamais pu être à ses côtés, au moment d'affronter Voldemort. Et je crains que ce soit la même chose encore cette fois.

Qu'il doive se débrouiller seul…

« En essayant de gagner du temps, pour commencer. Pour le reste, nous allons y réfléchir… » répond Tonton Sev, tandis que je me dégage doucement de la prise de Ginny, d'Hermione et de Draco

Bill m'aide à me relever et à m'asseoir sur le lit. Je m'adosse à mes oreillers, avant de prendre la fiole de Potion que Richard me tend. La Potion me ravigote. Non, Harry ne sera pas seul. Nous serons avec lui, dans son cœur, dans ses pensées. Nous allons lui offrir notre énergie Magique. Nous allons le soutenir de toutes nos forces, lui prendre un peu de sa douleur…

« Gagner du temps. C'est bien joli mais pourquoi et comment faire ? Nous n'avons aucune prise sur ce qu'il se passe là-bas… » murmure Hermione, d'une voix affaiblie et enrouée.

Elle vient se lover contre moi. Je sens son souffle court dans mon cou. Son angoisse crispe ses doigts sur ma main.

« Gagner du temps pour repousser le plus possible la confrontation entre Harry et Voldemort. Nous pouvons le faire en ne donnant pas plus d'énergie que nécessaire à Harry, pour repousser la douleur et le maintenir en vie. Il faut reculer le moment où il se réveillera tout à fait. Pendant ce temps-là, nos recherches avanceront. Et quelqu'un finira bien par avoir une bonne idée pour trouver ce fichu Manoir… » souffle Tatie Nally, avant de boire une gorgée de chocolat chaud.

Elle a raison. Aussi longtemps que Harry sera trop faible pour revenir totalement à la conscience, Voldemort le laissera tranquille. Il pestera, ragera, fulminera, mais ne le touchera pas. Il le veut en pleine forme, il le veut capable de se défendre, de l'affronter en combat. Il veut le soumettre, le convaincre et triompher de lui, alors qu'il est en pleine possession de ses moyens.

Il veut le séduire. Que Harry finisse par se donner à lui, qu'il lui offre sa pureté.

Ce serait cela son véritable triomphe… Je l'ai vu dans ses pensées.

Il ne veut pas seulement jouir du corps de Harry. Il veut que Harry s'offre à lui, corps et âme. Qu'il lui dévoue sa vie. Tout comme l'a fait Lucius dans un autre temps…

« Gagner du temps, c'est bien joli, mais pendant ce temps-là, que va-t-il arriver à Harry ? Je croyais qu'il avait besoin de votre énergie pour survivre ! Et de quelles recherches parles-tu, Tatie ? » s'enquiert Théo, pâle et défait, en entourant Ginny de ses bras.

Draco, approuve chacune de ses questions, l'air complètement perdu encore une fois…

« Harry reçoit des soins, maintenant. De Harvey Preston… » commence Tatie, avant d'être interrompue par Gabe

« Harvey Preston ! Le Serdaigle de Septième Année ? Il n'est donc pas revenu ici ? Je croyais l'avoir vu dans le train pourtant… Merde ! Je n'aurais pas cru ça ! » s'exclame-t-il, l'air abasourdi.

« Non, c'est de son père, qui est Chef du Service des Accidents Matériels, dont il s'agit. Mais apparemment, Luna avait raison de penser que son fils dégageait des ondes négatives et de ne pas vouloir qu'on l'enrôle dans l'un des Comités. Le père a dit que son fils serait fier de son engagement auprès de Voldemort… » explique Hermione, avant de se tourner vers Tatie et d'ajouter : « Mais je crois que le mieux c'est que Tatie ou Tonton Sev vous explique tout ce que nous avons vu et entendu cette fois… »

Ça vaut mieux effectivement, si nous voulons que les autres comprennent. Et Tonton Sev s'apprête à tout relater, quand la porte s'ouvre sur Remus. Il a l'air épuisé lui aussi. Et il effectue un signe négatif quand Tatie lève un sourcil vers lui…

Tatie soupire et des larmes lui viennent aux yeux. Elle est à fleur de peau. Sur le point de craquer, je le sens. Et je le comprends. C'est déjà difficile pour moi, de gérer mon empathie avec Harry. Qu'est-ce que ça doit être pour elle, qui ressent les émotions de tout le monde ?

« Rassure-toi, Nally, je n'ai pas exploré toutes les pistes. J'ai encore beaucoup de livres à consulter. Mais les cours vont bientôt commencer et je venais prendre de vos nouvelles, avant de les assurer. Irma va poursuivre les recherches et m'avertir immédiatement si elle trouve quelque chose…» déclare doucement Remus, en se servant une tasse de thé.

« Les pistes ? Quelles pistes ? Qui est Irma ? Décidément, j'ai beau me targuer d'être un garçon intelligent, je ne comprends rien… » soupire Draco, en se passant un main lasse sur le visage

« Irma, c'est Madame Pince, notre Bibliothécaire. J'ai étudié les livres de la réserve toute la nuit avec elle, à la recherche d'un moyen pour localiser un lieu ou une personne, malgré le Sortilège d'Incartabilité, le Fidelitas et les Sortilèges de Confusion. » explique Remus, avant de prendre une gorgée de son thé brûlant

« Quoi ! Vous avez l'intention d'utiliser la Magie Noire ! Mais il en faudrait une quantité colossale, pour venir à bout de toutes ces fichues Protections ! De quoi vous perdre complètement ! Cette fois, c'est définitif, vous êtes dingues ! » s'exclame Draco, sous le regard indulgent de notre Directeur.

« Les livres de la Réserve ne concernent pas que la Magie Noire, mais également la Magie dangereuse, Draco. » assure-t-il, avec un sourire qui n'atteint pas ses yeux ordinairement pétillants…

Ils ne le sont pas aujourd'hui. Il est fatigué et inquiet lui aussi.

« Excusez-moi si je ne fais pas bien la différence.. » répond Draco, fébrile et plus anxieux que jamais

« Elle est parfois infime, concernant certains Sortilèges, je te l'accorde. Mais elle existe belle et bien. Est qualifiée de dangereuse la Magie qui pourrait tuer celles et ceux qui n'ont pas suffisamment de puissance et de connaissances pour la maîtriser. Cependant, nous pourrons revenir là-dessus plus tard. Laissons Severus nous rapporter les nouvelles de Priest Hole Manor… » déclare le professeur Dumbledore, en s'installant confortablement dans son fauteuil.

Mon cœur se serre, tandis que Tonton Sev raconte ce que nous avons vu et entendu, pendant notre dernière Communion avec Harry. Je vois les autres frissonner. Blaise pâlit salement, quand arrive le moment où Tonton Sev évoque la dernière conversation entre sa mère et Voldemort…

« Alors comme ça, mon dernier beau-père va mourir avant ce soir et j'en aurais bientôt un autre… Finalement, nous lui avons sans doute rendu service, au Basilic, en le livrant aux Aurors. Car elle l'aurait empoisonné, lui aussi, ça fait pas un pli, pour pouvoir encaisser tout le fric de son père sans avoir à partager avec lui et pouvoir épouser l'autre… » murmure-t-il, les poings serrés.

Il a l'air malheureux et je le plains de tout cœur. Sa mère est belle, intelligente et élégante, mais elle a le cœur sec et sombre, uniquement tourné vers l'argent, les bijoux et les biens matériels. Elle n'a aucune conscience. Aucun amour pour les autres en elle.

Je me demande comment elle a pu mettre Blaise au monde. Et pourquoi elle l'a gardé en vie…

« Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ? » demande Gil, en faisant tourner sa baguette entre ses doigts…

« Pour l'heure, rien, je le crains. Et il vaut mieux pour le moment, que vous alliez prendre votre petit déjeuner. Vous ne pouvez pas non plus manquer les cours… » commence Tonton Sev, d'un ton doux.

« Les cours ? Parce que tu as l'intention de les assurer, toi, tes cours ? Non, n'est-ce pas ? Eh bien moi non plus ! Je veux rester ici ! Auprès de vous ! Qui vous viendra en aide sinon, si vous devez de nouveau entrer en Communion, hein ? » s'oppose vivement Draco, fermement campé sur ses jambes.

« Angelina, Viktor et Lee vont nous rejoindre. Richard va rester tout près également. D'autres viendront plus tard. Un relai va s'établir. Albus va y veiller, bien sûr. Et je pense que Harry va dormir pendant quelques heures. Nous aussi… » répond Tatie Nally avec un sourire las..

Mais cela ne semble pas le moins du monde ébranler la volonté de Draco. Il a un air plus buté que jamais.

« D'accord, je vais aller petit déjeuner dans la Grande Salle, histoire que tout le monde voit dans quel état d'épuisement je suis. Comme ça, j'aurais un bon prétexte pour revenir ensuite à l'infirmerie. Moi aussi, je suis fatigué. Je dormirai ici… » déclare-t-il, d'un ton déterminé…

Et il s'en va, avant que quiconque ne puisse protester, suivi de Blaise, Gil, Gabe, Théo, Neville et Ginny.

Et j'ai la certitude que nous les reverrons bientôt. Ou tout au moins qu'ils vont s'organiser, eux aussi, pour qu'il y ait toujours du monde prêt à intervenir auprès de nous…

C'est leur façon d'aider Harry…

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Lee

Je m'apprête à quitter la Base d'Espionnage, pour me rendre à Poudlard, quand la Gazette arrive au Manoir. Je sais déjà ce qu'elle contient, puisque nous avons été livrés il y a un peu plus de trois-quarts d'heure, mais je reste, pour voir quelle sera la réaction de Voldemort qui est revenu pour baiser Lucius avec frénésie, il y a deux heures.

Le planton jette un coup d'œil sur les gros titres et hausse les épaules. Il a l'air de se ficher complètement de l'attaque sur le train et de la disparition de Harry. Cependant, ses yeux s'élargissent, quand ils tombent sur le dernier titre, celui qui renvoie à la dernière page. Il se hâte de retourner la Gazette et il lit rapidement l'article, avant de se mordre la lèvre.

Il y a de quoi. Les Gobelins lancent leur enquête aujourd'hui. Les comptes de Lucius et de ses complices vont être fermés le temps de l'enquête et c'est annoncé en toutes lettres…

Le planton referme soigneusement le journal et frappe timidement à la porte. Voldemort lui ouvre d'un geste négligent de la main. Il invite le planton à laisser le journal sur le bureau, sans relever les yeux du petit déjeuner qu'il s'est fait servir quelques minutes plus tôt. Le gars obéit et s'en va prestement, sans demander son reste…

Lucius s'étire. Il est visiblement satisfait de ses ébats matinaux. Il se sert une deuxième tasse de thé, tandis que Voldemort, qui vient de finir son assiette, essuie ses lèvres inexistantes avec sa serviette, avant d'étendre son bras pour se saisir du journal.

Il regarde à peine les titres. Ses yeux flamboyants s'attardent en revanche sur la photo de Harry puis ils glissent de titre en titre et accrochent celui qui est tout en bas. Son visage se tord de colère et je vois nettement ses narines palpiter, tandis qu'il retourne brusquement la Gazette. Il lit l'article entièrement et ses Ondes Magiques s'étendent petit à petit, faisant trembler le mobilier, sous le regard interrogatif de Lucius…

Enfin il explose. Il jette la Gazette au visage de Lucius en se levant avec brusquerie, renversant sa chaise.

« Je tuerai tous ces petits monstres ! » siffle-t-il, avec une rage non contenue.

Lucius pâlit, à mesure qu'il lit les nouvelles. Mais il reste tranquille sur sa chaise, ne risque aucun commentaire, tandis que son Maître tourne comme un lion en cage.

« Dumbledore est derrière tout cela, j'en suis certain ! Il veut nous couper les vivres ! Il doit ainsi espérer que je ne reconstituerai pas mon armée ! » siffle encore Voldemort, avant de jeter un Maléfice qui fait voler la baie vitrée en éclat.

Le vent froid de l'hiver s'engouffre aussitôt dans le bureau, faisant voleter les rideaux. Lucius frissonne et s'empresse de réparer la vitre.

« Syssoï Alexeïevitch n'est pas sur la liste, Maître… » se risque-t-il prudemment.

« Et alors ? » demande brusquement Voldemort, en faisant volte-face vers lui.

« Il a de nombreux contacts en Russie, en Pologne, en Suède et en Allemagne, Maître. De riches contacts… » répond avec précaution Lucius, avant d'ajouter vivement : « Bien sûr, il est pour l'heure à Azkaban et nous avions projeté de l'éliminer dès que possible. Mais je suis sûr que son épouse va nous ouvrir son compte en attendant sa libération. Et nous pourrons… provoquer un accident ou une maladie, dès que ses riches contacts vous aurons prêté allégeance… »

Voldemort cesse tout mouvement. Il reste figé devant la cheminée, regardant sans les voir les flammes qui consument les bûches…

« Tu as raison, Lucius. Nous allons retarder nos projets concernant tes futurs beaux-parents. Penses-tu qu'en attendant, sa femme se montrera généreuse ? A-t-elle seulement pouvoir sur les comptes ? » s'enquiert Voldemort, d'un ton dubitatif

« Je pense que oui. Ou pour le moins, qu'elle a un compte personnel conséquent. Et si nous lui promettons la liberté prochaine de son époux, elle n'a aucune raison de nous refuser un financement, dès aujourd'hui… » répond Lucius, l'air assez sûr de lui.

Voldemort reste silencieux quelques instants. Puis il vient s'asseoir face à Lucius.

« Très bien Lucius, nous lui promettrons cela. En attendant, il est temps que Walter Nott se joigne à nous, comme il le promet depuis trop longtemps. Invite-le pour le dîner, auquel je me joindrai exceptionnellement ce soir. Trouve également les cousins d'Edmond Parkinson. Rassemble le plus de sympathisants possibles, Lucius. Il nous faut recruter. Partout en Europe. Tu coordonneras cela…. » annonce-t-il, la main tendue, pour inviter Nagini à le rejoindre…

Lucius acquiesce d'un simple hochement de tête et un nouveau silence s'installe. Voldemort caresse distraitement son serpent et, semblant hypnotisé, Lucius ne quitte pas du regard, la main qui effectue des allées et venues lascives … Il se trémousse bientôt sur sa chaise, le regard voilé de désir.

Voldemort lève les yeux vers lui…

« Tu es insatiable, Lucius… » susurre-t-il, le regard flamboyant

« Vous êtes si sensuel, Monseigneur, quand vous caressez Nagini… » souffle Lucius en retour…

Et je me dis qu'il est temps pour moi de partir, si je ne veux pas assister à une nouvelle séance de baise entre ces deux monstres. Alors je prends ma cape et je sors, rejoignant Angelina et Viktor qui m'attendent dans la cuisine, pour prendre la Cheminée. Je ferai mon rapport au professeur Dumbledore quand nous serons à Poudlard.

« Avez-vous des nouvelles ? » s'enquiert la tante Pétunia, à peine ai-je mis un pied dans la cuisine.

Elle a drôlement changé, depuis hier. Elle se tape toute la cuisine, étant donné que Tylsa est partie à Poudlard, avec les autres Elfes de Maison. Et ma Foi, les petits plats qu'elle mitonne pour le petit déjeuner ne semblent pas mauvais. Je dirais même que ça sent vachement bon.

« Non. Enfin, si, un peu. Nous savons que Harry reçoit des soins, maintenant. Mais son état de santé reste précaire et nous sommes toujours incapables de le localiser et donc d'aller le chercher… » réponds-je, en piochant une saucisse dans le plat qu'elle vient de poser sur la table.

La tante soupire et se tourne vivement vers le fourneau. Mais j'ai eu le temps de voir des larmes briller dans ses yeux.

Ouais, drôlement changée la tante…

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Algie

On frappe vigoureusement à la porte et je me réveille en sursaut. Des pas s'éloignent, s'arrêtent un peu plus loin, avant de tambouriner à une autre porte.

C'est le garçon d'étage qui est venu pour me prévenir qu'il est 07h00, heure à laquelle nous avons demandé, Rupert et moi, d'être réveillés.

Je me lève rapidement pour me rendre à la salle de bains. C'est le grand jour, me dis-je, en songeant que nous sommes enfin lundi. Mon ami, qui travaille à la Bibliothèque Sorcière de Paris, rentre de vacances aujourd'hui. Il était parti à l'étranger, pour passer les fêtes de fin d'année et j'ai hâte de le voir…

J'espère qu'il pourra nous renseigner !

Je prends une douche rapide et m'habille en hâte pour aller prendre mon petit déjeuner. Rupert sort de sa chambre en même temps que moi et nous nous rendons dans la salle à manger. Nous nous assoyons à table et je prends commande, tandis que Rupert ouvre le journal.

« Nom de Zeus ! » s'exclame-t-il aussitôt, avant de lever son regard bouleversé vers moi et d'ajouter : « L'Poudlard Express a été attaqué ! Douze gosses sont morts et le p'tit Potter a été enl'vé ! »

Mon sang ne fait qu'un tour. Neville ! Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé !

J'arrache le journal des mains de mon ami. Mes mains tremblantes tournent les pages et mon regard court d'encart en encart, à la recherche de la liste des victimes. Je la trouve en cinquième page et la lis, la gorge nouée. Enfin, je pousse un soupir soulagé. Mon cœur saigne, pour les familles de toutes ces victimes innocentes, mais je suis égoïstement heureux. Neville est sauf…

Soudainement, cependant, je réalise. Harry Potter a été enlevé !

Et je lis de nouveau le journal, à voix haute cette fois, pour que Rupert apprenne les nouvelles en même temps que moi..

« Eh, ben ! Parkinson aura payé cher son attaque ! Sa mère et sa fiancée aussi… » commente-t-il, lorsque je finis l'article, relatant les évènements qui se sont produits cette nuit à Ste Mangouste et dans le Département de la Justice Magique du Ministère.

« Ça oui ! Mais attends. Ce n'est pas fini, écoute ça ! » réponds-je, avant de lui lire la dernière page du journal

« Une enquête dans toutes les banques d'Europe ! Voilà qui n'va pas arranger les affaires de Lucius et Voldemort ! Les gobelins vont s'attirer leurs foudres ! Feraient bien d'garer leurs fesses ! » fait remarquer Rupert, en nous versant un thé bien chaud.

Il a raison, bien sûr. Mais je me dis que les Gobelins n'ont sûrement pas dû prendre cette décision à la légère… Et je ne serais pas étonné que mon vieil ami Albus soit derrière tout cela…

Il a conclu une alliance avec eux, j'en mettrais ma main à couper…

Une belle avancée, même si elle risque de coûter cher à certains, qui nous fera gagner un peu de temps. Car Voldemort ne pourra pas entreprendre une opération de grande envergure, aussi longtemps qu'il n'a pas de fonds pour entretenir une armée conséquente ou graisser la patte de politiciens et de fonctionnaires véreux, afin de se faire ouvrir les portes des places fortes…

Et chacun y réfléchira à deux fois, avant de lui prêter allégeance, de crainte de voir son compte en banque bloqué…

Je me dépêche de manger, mon esprit voguant vers l'Angleterre. J'espère de tout cœur que le petit Potter sera bien vite retrouvé et qu'il pourra être libéré. Je plains ce gamin. Beaucoup trop de choses pèsent sur ses épaules. Que peut-il penser à cet instant, seul, blessé et retenu prisonnier ? Pourvu que Voldemort ne lui fasse pas de mal ! Car même si le journal affirme que nul ne sait où il se trouve, je suis certain au fond de moi, qu'il est entre les mains du Lord Noir. Pauvre gosse ! Comme s'il n'avait pas déjà assez souffert !

Toutes ces pensées me coupent l'appétit. Face à moi, Rupert n'a pas l'air d'en avoir davantage et nous convenons de partir pour la Bibliothèque sans plus attendre.

Quelques minutes plus tard, mon cœur bat la chamade quand nous franchissons ses portes. Une réceptionniste nous indique le bureau de mon ami et, tandis que nous remontons les allées aux étagères bourrées de Livres. Je croise les doigts, pour que Robert ait les réponses à toutes nos questions…

Et que nous puissions grâce à elle, gagner un temps précieux dans cette chasse aux livres que nous menons…

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Acte 2 : Moral En Chute Libre

Blaise

La sonnerie annonce la reprise imminente des cours de l'après-midi. Je remonte le couloir des cachots, en direction de l'escalier, croisant le groupe d'Ânes Bâtés qui vient d'aller prendre un peu l'air sous la surveillance de quelques Fantômes et des professeurs McGonagall et Vector. Je frémis, en avisant Asterope Thorpe. De colère rentrée. Cette putain de garce ose se promener le front haut, quand ma poussinette n'a toujours pas repris connaissance.

Le jour où je pourrai lui faire payer ça, elle le sentira passer, je le garantis ! Car Bill et les autres ont beau avoir cherché à m'en dissuader, je ne renonce pas à mon projet de vengeance…

Je monte allégrement les marches. Il n'y a pas à dire, mais une bonne douche, ça ragaillardit son homme ! Tiens, voilà Miss Teigne ! Rusard ne doit pas être loin…

Je ne sais pas pourquoi ce type me regarde toujours de travers. Je ne lui ai pourtant rien fait…

Quelque chose à voir avec la Gorgone peut-être ? Un de ces jours, il faudra que je lui pose la question entre quatre yeux. Parce que si c'est ça, j'aimerais autant mettre les points sur les i avec lui : je n'ai rien à voir avec ma salope de mère !

J'entre enfin doucement dans l'infirmerie. Au premier coup d'œil, je vois qu'il n'y a rien de neuf du côté de Miho. Je vais l'embrasser, caresse Fauve qui veille sur elle depuis hier soir et je reprends ma place, sur la chaise à côté de son lit. Pompom va râler en me voyant là, au lieu d'être en cours, mais ce n'est pas grave. Je me suis excusé auprès de Tarendra, qui remplace Tonton Sev pour sa classe. Il m'a dit qu'il a mis au programme du jour une Potion que je connais par cœur et que je ne raterai rien.

Et quand bien même, j'aurais vite fait de rattraper ça plus tard…

Draco sort de l'annexe. Lui non plus, ne va pas en cours. Ni Neville et Théo d'ailleurs. Ils ont décrété de rester dans l'annexe aussi longtemps que nécessaire. Quelques autres copains et copines de Sixième et Septième se relayent également, pour aider à contenir le dôme quand ça craint.

Et ça craint pas mal….

« Du neuf ? » m'enquiers-je, avec un geste de la tête vers l'annexe.

Draco vient vers moi et se laisse tomber sur le lit d'à côté, avant d'établir une solide Bulle de Silence autour de nous.

« Pas plus que ce matin. Harry se réveille par intermittence. Enfin, il se réveille, c'est vite dit. Il est encore comateux, à cause de l'infection qui ne passe pas. Et puis, il n'arrive toujours pas à faire barrage aux pensées de Voldemort. Pa dit qu'il pourra le faire quand ses réserves Magiques seront reconstituées. Mais pour l'heure, il les épuise à lutter contre la douleur et l'infection. Apparemment, il en laisse aussi filer un peu vers le petit Costner. Le Médicomage va essayer une nouvelle Potion, pour le remettre un peu plus en forme. Voldemort est furax. Il est parti il y a quelques minutes et d'après la Base d'Ecosse, il s'est rendu à Amesbury… » me rapporte-t-il à mi-voix.

Je soupire. Rien n'avance depuis ce matin.

« Et comment vont ton Parrain, Tatie Nally, Ron et Hermione ? » m'enquiers-je, en examinant le visage soucieux de mon ami.

« Ils dorment… Ils économisent leurs forces. Mais je suis inquiet. Si ça doit durer, je ne sais pas s'ils pourront tenir le coup longtemps à ce rythme. Ils se sont déjà rendus trois fois auprès de Harry depuis ce matin et ils perdent un peu de poids à chaque fois. Moins que la nuit dernière, puisqu'ils ne donnent à Harry que le strict minimum pour qu'il survive, mais quand même… » répond-il, le regard dans le vague, avant de se tourner vers moi pour ajouter : « Blaise, il faut qu'on trouve Harry très vite ou ce n'est pas seulement lui que l'on perdra. Les Fées ne pourront pas indéfiniment leur venir en aide. Elles ont leurs limites elles aussi. Je suis tout autant inquiet pour Dobby. Même si les Elfes de Poudlard se relaient également pour lui redonner des forces, il est clair qu'il fatigue beaucoup … »

Les larmes lui montent aux yeux et je me sens complètement démuni. Comment pourrais-je lui remonter le moral, quand le mien ne va pas fort non plus ?

« Et pour Miho, comment ça va ? » demande Draco, en essuyant ses larmes d'un revers de manche.

« Pas mieux, pas pire… Richard ne sait pas pourquoi elle ne revient pas à elle. Il dit qu'elle est bien stabilisée. De temps en temps, elle remue un peu. Je suis passé prendre un livre à la Bibliothèque, avant d'aller prendre ma douche. Je vais lui lire une histoire. Elle connaît tous les contes de fées Moldus, mais pas nos histoires Sorcières. Après les cours, ses amis auront le droit de venir. Leurs encouragements et babillages la feront peut-être revenir… » réponds-je, en caressant la joue trop fraîche de ma poussinette.

« Ouais… Il faut tâcher de garder espoir… » soupire Draco, en jetant un œil vers les lits du fond.

On entend Richard, qui s'occupe d'un élève, victime également d'un trauma crânien. Il s'est réveillé un peu avant le déjeuner. Il a l'air de répondre correctement aux questions qui lui sont posées…

« Qui est-ce ? » demande Draco dans un souffle.

« Un Âne Bâté. Celui de notre promotion : Bruce Tangashi. McGo va venir le voir tout à l'heure, pour lui signifier ce qui l'attend à sa sortie de l'infirmerie. D'après ce que j'ai compris, le Conseil de Discipline ne se réunira pas avant quelques jours, quand tous les Ânes Bâtés seront guéris et que Tonton Sev pourra y assister… » réponds-je, en me retournant vivement, car Miho vient de bouger.

Mais elle n'ouvre pas plus les yeux maintenant que les fois précédentes.

« Il risque de se passer longtemps avant qu'il ait lieu alors… Bon, je vais prendre une douche et me changer, moi aussi. Je ferais peut-être mieux de prendre quelques effets avec moi… » fait remarquer Draco, en se levant.

« Pas la peine, pour les effets. J'ai eu la même idée, mais Pompom me l'a interdit. Elle dit que ça nous fait du bien de sortir un peu d'ici. Elle n'acceptera pas non plus que nous prenions une douche à l'infirmerie. Alors inutile de demander à quelqu'un de t'amener des fringues de rechange chaque matin… » révèle-je, avec un demi sourire…

Pompom le Cerbère a parlé et nous n'avons pas intérêt à désobéir ou elle nous fichera à la porte, avec interdiction de revenir.

Draco lève les yeux au ciel et soupire une nouvelle fois, avant de me laisser. Je prends aussitôt mon livre, des Contes de Beedle le Barde et je commence à lire pour Miho, l'histoire du Sorcier et de la Marmite Sauteuse.

OoOoOoO

Harry

Ma respiration est sifflante, plus laborieuse encore qu'à mon dernier semi-réveil. Ma poitrine brûle littéralement. Mon cerveau aussi…

Voldemort est de retour. De meilleure humeur dirait-on.

Oui, il est heureux. Il a trouvé la Carte de son Ancêtre…

Il s'assoit dans un fauteuil et se fait apporter un thé, avant de se plonger dans les fausses Mémoires de Salazar. Il dévore chaque ligne du Journal avec adoration. Il croit dur comme fer que c'est Salazar qui a écrit ce livre. Il examine maintenant la carte. Et il sursaute soudainement. Il prend une loupe puissante et découvre les minuscules annotations insérées dans un dessin…

Un indice pour qu'il puisse découvrir la fiole contenant le souvenir, cachée dans le livre…

Mon cœur bat à cent à l'heure. Tout comme le sien. Mais pas pour la même raison…

Lui est excité, heureux, fébrile de découvrir le souvenir. Le mien pompe à toute vitesse, dans l'espoir de pouvoir oxygéner un minimum mes tissus et me maintenir en vie.

Voldemort prend le livre, l'ouvre à une page précise et l'examine attentivement, relit l'indice sur la carte, referme le Journal de Salazar dans un claquement sec et s'appuie sur le dossier de son fauteuil. Il réfléchit intensément. Tout son esprit est fixé sur l'indice. Sa colère monte car il ne trouve pas et mon cerveau pulse de plus en plus douloureusement. Des lames de rasoirs le traversent.

Merlin ! Faites cesser cette douleur ! Qu'il trouve, bordel ! Qu'il trouve et se calme !

Un voile se déchire. Des images me sautent devant les yeux. Elles échappent à la conscience de Voldemort. Il n'arrive pas à les retenir, à les assembler. La solution est là pourtant, il le sait. Mais elle ne veut pas être saisie. Il s'agace, il s'énerve, il appelle Salazar à l'aide. Mais bien entendu, ce n'est pas son ancêtre qui lui répond. C'est cette partie de lui-même qu'il appelle Salazar…

Sa folie étend ses tentacules. Elle est glaciale, cruelle, féroce.

Je me retire le plus loin possible pour lui échapper, me refugiant dans la chaleur de Ron et Marraine. Ils me donnent juste assez d'énergie pour que je puisse lutter un peu contre la douleur et rester en vie. Et plus le temps passe et plus j'ai peur qu'ils ne m'en donnent plus bientôt. Qu'ils m'abandonnent…

Je sais que je ne dois pas penser cela. Qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour moi. Mais je sens aussi que leurs propres forces s'épuisent. Mon espoir avec lui. Je crois que cette fois, je ne m'en sortirai pas. Que Voldemort va gagner….

Un sanglot. Hermione…

« Non, Harry, jamais nous ne t'abandonnerons Bébé ! Jamais ! Et tu vas t'en sortir ! Tu vas voir, tu vas t'en sortir ! »

Ron… Il ressent ce que je ressens. Et il semble toujours si convaincu que je m'en sortirai. Je sais qu'il ira jusqu'au bout de ses forces. Je le sens aussi prendre une part de ma souffrance. Et je m'en veux de lui infliger cela. De leur infliger cela à tous les quatre…

Vague de joie froide…

Voldemort a enfin compris. Il se saisit du Journal de Salazar et le feuillette vivement, pour revenir à la même page que tout à l'heure. Son regard fixe une enluminure. Des serpents entrelacés ouvrent une gueule béante et se tortillent dans un nid de feuilles sèches. Voldemort saisit la loupe et les examine de près. Puis, en Fourchelang, il ordonne aux serpents de s'écarter. Ils obéissent, révélant un message que Voldemort prononce à voix haute.

Un éclair de lumière jaillit du livre. Le plus gros des serpents commence à sortir de la page. Il enfle, se contorsionne en sifflant avec fureur et enfin, il crache la fiole contenant le souvenir, avant de reprendre sa place initiale.

Voldemort se saisit de la fiole et l'examine à la lueur d'une chandelle. Et il exulte. Il est certain de détenir un souvenir de son ancêtre et il brûle d'en découvrir le contenu. Mais sa Pensine est au Manoir Malfoy. Cela le contrarie. D'autant qu'il va devoir dîner là-bas, avant de revenir ici pour enfin se plonger dans le souvenir.

Moi, ça me soulage de le savoir bientôt loin pour quelques heures. Je vais pouvoir prendre un peu de repos…

Voldemort pose la fiole sur le livre, jette un Maléfice pour empêcher quiconque de s'en approcher, sort du salon qu'il a réquisitionné depuis son arrivée, boucle soigneusement la porte et s'en va hâtivement…

Et je me laisse glisser dans le sommeil…

OoOoOoO

Hermione

Richard m'exhorte à ouvrir les yeux, mais mes paupières sont si lourdes que je n'y arrive pas. Jamais je n'ai été aussi lasse. Même pendant ma convalescence, aux dernières vacances.

« Herrrmione, ouvrrre les yeux mon colibrrri… » m'encourage à son tour Viktor.

Il me tient la main et je sens sa force, son amour pour moi. Une chaleur diffuse se répand jusque dans mon cœur et je m'efforce d'ouvrir les yeux pour voir son visage, son regard si doux et si tendre.

Viktor me sourit et caresse mes cheveux, il m'aide à redresser la tête et à boire la Potion que Richard lui a glissée entre les doigts. Son goût est écœurant, mais elle me fait un bien fou.

« Il faut manger maintenant, pour tâcher de reprendre des forces ! » s'exclame Pompom, en posant un plateau sur mes genoux.

Je grimace. Je n'ai pas faim et l'odeur de la nourriture m'écœure. Mais Pompom a raison. Il faut que je mange, que je nourrisse mon corps pour reconstituer un peu toute l'énergie que je dépense depuis hier soir.

Je jette un œil sur le plateau. Les Elfes de maison nous ont gâtés. Ils ont préparé des huitres chaudes, un steak à point, de la purée et des épinards à la crème, du fromage, une île flottante et une banane. Accompagnés d'un cocktail de jus d'orange et de citron frais. Un repas riche et solide. Jamais je ne pourrais avaler tout ça. J'ai pourtant intérêt à le faire ou Pompom va me gaver comme une oie.

Je mange mécaniquement, tout comme Ron, Tonton Sev et Tatie Nally, sous l'œil attentif de Pompom. Il n'y a pas qu'elle qui surveille mon repas. Viktor le fait aussi, bien sûr. Je songe à Harry, à chaque bouchée. C'est pour lui que je mange, que je somme mon estomac à accepter toute cette nourriture, même si tout me semble avoir un goût de carton pâteux.

J'ai envie de pleurer, mais je ravale mes larmes. Plus le temps passe et plus mon espoir de pouvoir délivrer Harry de sa prison s'amenuise. Je n'entrevois aucune solution…

Et j'ai peur. Davantage encore que lorsque la Bestiole du Diable m'a mordue. Oui, j'ai peur. Horriblement peur de me retrouver une fois de plus dans l'esprit de Voldemort. De voir ses pensées, ses projets, ses plans. De le voir torturer et tuer de malheureuses victimes et de sentir sa terrible joie sadique de faire souffrir…

Rien n'est plus monstrueux.

Je tremble et ma fourchette s'échappe de mes mains. J'esquisse un geste pour la rattraper et je fais tomber mon verre. Le cocktail de jus de fruits se répand sur la couette. Je fonds en larmes.

« Ce n'est pas grrrave Herrrmione. » chuchote tristement Viktor en passant son bras autour de mes épaules, tandis que Pompom nettoie ma couette d'un coup de baguette énergique.

Si c'est grave. Je suis épuisée et je ne serais bientôt plus d'aucun secours pour Harry. J'ai besoin de dormir, de reprendre des forces. Je n'en peux plus de toute cette souffrance que je ressens lorsque j'entre en Communion avec lui, au travers du lien que nous créons avec Ron, Tonton Sev et Tatie Nally. De toute cette Magie Noire que nous traversons pour le rejoindre.

Je n'en peux plus de cette froide cruauté qui me glace le cœur quand Voldemort est dans les parages. De ses pensées immondes à l'égard de Harry, quand son regard glisse sur lui. Des fantasmes qu'il visualise avec netteté.

Et je n'en peux plus de l'effroi de mon frère de cœur, de sa détresse. De le sentir si faible, incapable de lutter seul pour sa survie. Du désespoir de Ron, de sa colère contre lui-même et Voldemort. De la profonde tristesse de Tatie et de Tonton Sev…

De mon propre accablement…

Viktor me serre contre lui et me berce. Son cœur bat, serré dans sa poitrine. Il ne peut cependant comprendre toute l'étendue de mon chagrin. Nul ne le peut, à part, Ron, Tatie et Tonton. Eux savent. Ils vivent la même chose que moi.

Ron me presse l'épaule et appuie sa joue sur ma nuque.

« Courage Hermione… » souffle-t-il dans mon cou.

Sa force m'enveloppe. Elle s'insinue dans chaque fibre de mon corps. Ron est celui d'entre nous qui donne le plus et l'on dirait que son énergie est inépuisable. Sa force vitale est portée par l'amour qu'il éprouve pour Harry. Il est prêt à donner sa vie pour lui.

Non, il lui a déjà donné sa vie et il traverse l'enfer sans se poser de question, pour le soutenir.

Vague de douleur.

Harry a mal. Voldemort est déjà revenu du Manoir Malfoy.

Je me dégage des bras de Viktor pour me couler dans ceux de Ron. Tatie et Tonton se joignent à nous et nous sommes emportés vers la noirceur et la souffrance. La Barrière de Protection de Poudlard miroite sous le soleil. Elle s'écarte pour nous laisser passage. Nous filons vers Harry à une vitesse vertigineuse. La Magie Noire qui cerne Priest Hole Manor se profile. Elle ondoie, sombre et furieuse, comme une mer hostile, hérissées de pals aiguisés. Je serre les dents. Nous la traversons. Elle s'accroche à nous. Elle me dévore de sa brûlure, me déchire le cœur, malgré mon Bouclier Protecteur.

Harry se débat. Il lutte pour rester loin de Voldemort. Mais il est trop faible. Ron le saisit et je me blottis contre lui. La douleur explose dans ma tête et dans mon corps. Et je vois au travers des yeux de Voldemort…

Il verse le contenu vaporeux d'une fiole dans une Pensine. Il remue sa baguette et un souvenir s'élève…

Nous sommes maintenant dans une chambre austère et sombre. Salazar Serpentard, assis dans un fauteuil de bois à dossier droit se regarde dans un miroir ancien. J'ai beau savoir qu'il s'agit en réalité de Harry, je frissonne… Cette scène est si criante de vérité !

Brider mes pensées, tout comme le font Harry, Ron, Tonton Sev et Tatie Nally. Il ne faut pas que Voldemort sache que nous sommes là. Ni qu'il s'agit d'un faux souvenir, fabriqué à son intention. Il faut qu'il croie à ce qu'il voit.

Le Salazar du souvenir siffle. Il parle dans la langue des Serpents. Voldemort est fasciné par ce qu'il voit, par ce qu'il entend et ne quitte pas son soit disant Ancêtre des yeux. Il boit chacune de ses paroles. Il croit dur comme fer au faux message délivré d'outre-tombe. Il pense que l'âme de son ancêtre a traversé la mort et les siècles pour venir l'habiter, fusionner avec lui.

Le souvenir s'éteint. Voldemort agite sa baguette et il s'élève à nouveau. Et à mesure que « Salazar » délivre son message, l'esprit de Voldemort bouillonne et jubile. Son imagination court. Il voit ses délires et ses rêves de grandeur se réaliser.

Il réfléchit à toute vitesse. Des images venant de son passé surgissent. Elles semblent n'avoir aucun rapport entre elles, mais Voldemort y voit un sens…

« Ainsi c'était cela… » murmure-t-il, en venant se regarder dans un miroir.

Il lève une main, se caresse le visage du bout des doigts, le regard presque incrédule. Un éclair vert traverse son esprit et vient le frapper de plein fouet. Il éclate de rire…

Et soudainement nous sommes transportés dans un vertige bref, nous arrêtant avec brusquerie, dans un déchirement douloureux. Un cabrement, des sifflements aigus. Des tortillements de souffrance. Des claquements secs de mâchoires. Un esprit froid, archaïque qui se débat.

J'ai le tournis et la nausée. La Magie Noire me cerne de toute part et je devine que Voldemort possède Nagini. Sans le savoir. Sans l'avoir voulu. Son esprit a bondi à l'intérieur de son serpent, lové devant la cheminée et les flammes dansent devant mes yeux.

« Tu m'as choisi, Salazar. Tu m'as choisi, moi. Tu as traversé la mort et les siècles. Tu m'as attendu si longtemps… » chuchote-t-il, avec une fierté visible

« C'est cela ! C'est cela ! C'est cela ! Oui ! Oui ! Oui ! » s'exclame une voix impatiente, quelque part dans son esprit.

Aiguë. Excitée…

Il croit que c'est Salazar. Il en a été persuadé dès la première fois où il l'a entendu parler dans son cerveau embrumé de folie. Il a toujours su qu'il avait été désigné pour accomplir un grand destin, pour dominer le monde. Pour asservir tous les autres, les voir ramper à ses pieds et lui vouer leur vie. Combler ses moindres désirs. Il a toujours su qu'il serait immortel. Un Dieu des Ténèbres, craint et adulé de tous. Qui aurait droit de vie et de mort sur ses fidèles comme sur les impies…

Ainsi est sa folie, son délire, sa conviction profonde.

C'est effrayant… Terrible…. Cauchemardesque…

Son imagination court. Elle crée des images monstrueuses. Des scénarii dans lesquels sa folie explose avec cruauté. Il est le Dieu des Enfers sur terre. Il assouvit ses désirs de sexe et de sang. La Magie Noire est souveraine et il est son bras le plus puissant de tous…

Et à chaque fois que l'une de ses pensées nous effleure, c'est horriblement douloureux. Pour nous, pour son serpent qui se débat inutilement.

Harry, qui ressent cette douleur bien plus que nous, gémit faiblement. Heureusement, trop occupé par ses rêves de domination, Voldemort ne l'entend pas. L'amour de Ron enveloppe Harry et je pousse vers lui une vague d'énergie. Faible, mais toute emplie de mon amitié pour lui.

Voldemort revient au présent. Il rassemble ses idées. Il réexamine le passé…

Il jubile soudainement, plus heureux que jamais. Une nouvelle certitude vient de naître en lui…

« Quand le Maléfice que j'ai jeté sur Harry a rebondi vers moi, il y a quinze ans, il a ouvert la porte derrière laquelle tu attendais, Salazar… Oui, c'est à ce moment-là, que tu m'as fait l'insigne honneur de me rejoindre, n'est-ce pas ?… » murmure-t-il encore, d'un ton froid mais triomphant

« Il a ouvert la porte et je suis venu ! Oui ! Oui ! Oui ! » acquiesce-t-il, avec cette voix excitée qu'il attribue à Salazar

Et il rit, avant d'ajouter dans un chuchotement presque émerveillé : « Harry… Mon cher petit Démon aux yeux verts. C'est lui qui a permis que ton esprit me rejoigne. Il ne devait pas me tuer, il devait nous réunir… Il l'ignore, mais c'est grâce à lui que tu es là, mon illustre ancêtre. Et il est aujourd'hui notre chance, pour que nous ne fassions qu'Un… »

« Il est notre chance ! Notre Chance ! Notre chance ! Oui ! Oui ! Oui ! Avec Draco. » répond la voix fébrile dans son cerveau…

« Oui, avec Draco… Tu as raison Salazar. Et il nous faut être patient. Il nous faut attendre encore un peu. Que Draco soit là. Un Ange et Un Démon pour nous apporter Unicité et Immortalité. Et ainsi notre destin pourra enfin s'accomplir… » susurre Voldemort, quelque peu contrarié de devoir attendre…

« Un Ange et un Démon ! Oui ! Oui ! Oui ! Mais ce n'est pas tout ! Il nous faut aussi le Collier ! Tu dois aller le chercher ! Il nous le faut ! Il nous le faut ! Il nous le faut ! » ajoute le Salazar de son délire, qui se cabre et bondit dans l'esprit de Voldemort, en même temps que Nagini qui siffle avec rage sa douleur.

Salazar lutte, pour prendre le dessus, mais Voldemort ne le laisse pas faire. Il le confine et le bride. L'empêche de s'éparpiller. Il est agacé par cette impatience, même s'il la comprend confusément…

« Oui, le Collier. Il renferme ta Magie, Salazar. Je comprends, sans lui, tu n'es pas complet. C'est pour cela que tu es si impatient, que tu me presses toujours, que tu répètes sans arrêt tes phrases, tes mots. Une partie de toi est absente. Tu retrouveras toute ta maîtrise quand le Collier sera entre nos mains. Et il nous rendra plus fort, quand le rituel sera accompli..» assure-t-il avec fermeté.

Et je suis sidérée, de l'entendre ainsi rationnaliser ses hallucinations et sa folie.

« Oui ! Oui ! Oui ! C'est cela ! C'est cela ! C'est cela ! Il nous rendra plus fort quand nous aurons accompli le rituel ! Le sexe ! Le sexe ! Le sexe ! Et le sang ! Je le veux ! Je le veux ! Je le veux ! » s'excite encore la partie Salazar de Voldemort

« Le sexe et le sang, tu les auras bientôt, Salazar. Mais il nous faut Draco pour cela. En attendant, Lucius est là. Il nous est fidèle et dévoué. Nous allons lui donner la Bague et il sera plus que jamais à nous. Et il concevra le premier de nos Chevaliers. S'il pouvait le faire durant sa nuit de noces, nous serions comblés… » affirme Voldemort, d'un ton presque caressant, pour calmer Salazar, tandis que je frissonne de dégoût …

Et que mon cœur s'emplit de compassion pour la pauvre jeune fille que Lucius épousera dans moins d'une semaine…

« Nous allons lui donner la Bague ! Oui ! Oui ! Oui ! Et pour nous remercier, il nous donnera du sexe ! Du sexe ! Du sexe ! Et un Chevalier… » s'échauffe Salazar, que Voldemort a de plus en plus de mal à contrôler.

Nagini se tortille douloureusement. Son sang pulse dans son cerveau archaïque meurtri et des vaisseaux sont tout près de se rompre. Sa douleur s'insinue jusqu'à nous, bien que nous nous retranchions le plus loin possible. Et la Magie Noire activée par Voldemort pour prendre possession de lui, nous effleure et nous lacère le cerveau.

« Oui, un Chevalier. Notre destinée est grande. Et tous les évènements convergent vers notre triomphe prochain. Plus aucun obstacle ne pourra se dresser sur notre chemin bientôt. Je le sais. Je le sens. Mais sois patient, Salazar. Je vais aller chercher le Collier et la Bague et nous irons voir Lucius. Il nous prouvera sa reconnaissance… » murmure Voldemort, contrarié de ne pas réussir à soumettre Salazar.

« Lucius ! Oui ! Oui ! Oui ! Allons chercher le Collier et la Bague ! Vite ! vite ! Vite ! Et allons voir Lucius ! » s'exclame Salazar, au comble de la fébrilité.

Voldemort soupire. Dans son cerveau des scènes de sexe explosent. Elles mêlent Lucius, Draco et Harry. Il refoule ces images tant bien que mal, tandis que je tends mon esprit vers Harry, recroquevillé au creux de celui de Ron. Lui-même bande son énergie pour tenter de faire barrage aux pensées immondes de Voldemort et à la Magie Noire. Tatie Nally, soutenue par Tonton Sev, lui envoie une vague de douceur et d'apaisement.

« Tu sais exactement où est ton tombeau, n'est-ce pas Salazar ? » demande soudainement Voldemort

« Stonehenge ! La carte indique Stonehenge ! C'est là-bas ! Là-bas ! Là-bas ! » répond Salazar, d'un ton surexcité

« Oui, Stonehenge. Mais cette carte est très ancienne. Le paysage a changé depuis. La plupart des repères ne doit plus exister. Et il me manque un indice indispensable encore pour le trouver… Il me faut résoudre cette énigme que tu as laissée… Donne-moi la réponse, Salazar. Tu la connais, n'est-ce pas ? » déclare Voldemort, d'un ton doucereux…

« Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! » répond Salazar, qui semble soudainement s'affoler.

Je sens l'esprit de Tonton Sev se crisper et se tendre. Je crois qu'il n'avait pas prévu que Voldemort pourrait poser cette question à son ancêtre Salazar qu'il pense abriter en son sein. Et son plan pourrait s'effondrer à cause de cette faille…

Le cerveau de Nagini pulse dangereusement, sous l'effet de la colère qui gronde dans l'esprit de Voldemort…

« Comment peux-tu ne pas savoir, quand c'est toi qui l'a pensée ? » siffle ce dernier, avec rage.

« Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! » s'affole la partie Salazar de Voldemort, qui se rétracte quelque peu, comme pour se retrancher loin de la fureur de Voldemort

Nagini fouette l'air avec sa queue. La souffrance qu'il endure est de plus en plus terrible, intolérable. Voldemort fulmine. Il cherche à réfléchir, mais la colère l'aveugle. Dans son esprit enfiévré, ses pensées se mêlent et se délayent. Une image plus obsédante l'entête cependant. Celle du Salazar du faux souvenir, à laquelle se superpose une horloge.

« Le temps… » souffle-t-il, semblant soudainement comprendre sa signification

« Le temps ! Le temps ! Le temps ! » répète en écho Salazar, qui donne l'impression de tourner sur lui-même comme un jeune chien fébrile cherchant à attraper sa queue.

« Oui, le temps. Tu as raison, Salazar. Tu as traversé les siècles et la mort, au prix d'une partie de ta mémoire. Et c'est à moi de prouver que je suis digne de la confiance que tu m'as accordée. Je dois résoudre cette énigme seul pour mériter l'insigne honneur de ne faire qu'Un avec toi et hériter de ta puissance… » murmure à peine Voldemort

« Oui ! C'est cela ! C'est cela ! C'est cela ! Tu dois mériter l'honneur que je te fais ! Et me donner le sexe ! Le sexe ! Le sexe ! Et le sang ! » s'excite Salazar, qui a repris confiance

Et son excitation agace Voldemort, l'empêche de réfléchir à l'énigme qui le conduira au tombeau de son ancêtre. Il prend cependant sur lui-même, pour ne pas exploser.

« Calme-toi, Salazar, calme-toi. Laisse-moi réfléchir maintenant. Si tu veux que je trouve le Collier et la Bague. J'ai besoin de calme. Que tu me laisses tranquille. Tu auras le sexe, quand j'aurais trouvé… » murmure Voldemort, en déployant toutes ses forces, pour contenir Salazar.

Il le comprime, le repousse loin. Salazar lutte, mais Voldemort est intraitable et il fournit un effort colossal pour le mater, tandis que Nagini se cabre de plus belle avec fureur. Ses mâchoires se referment sur un livre, tombé d'une console. Il mord dedans avec cruauté et désespoir. Finalement Salazar se retire, sur une dernière promesse. Celle de pouvoir dominer dans les prochains ébats sexuels avec Lucius.

Nouveau vertige. Voldemort a quitté l'esprit de Nagini. Il est vaguement confus. Il ne se souvient pas d'avoir possédé son serpent, ni d'avoir conversé avec cette part de lui-même, qu'il appelle Salazar. Il sait seulement qu'il doit accomplir son destin et un rituel, pour que la Magie de Salazar se joigne à la sienne, que leurs âmes se fondent en une seule. Ses yeux se ferment. Il jubile de nouveau. Il doit trouver le Collier et la Bague. Quand il les aura trouvés, il pourra réfléchir à un plan, pour faire venir Draco.

Fort de ses résolutions, il revient vers la table de salon, sur laquelle il étend la fausse Carte dessinée par Marian, sur les instructions de Tonton Sev. Ses pensées rassemblées se focalisent sur le seul objectif de trouver le tombeau de son ancêtre. Il étudie méthodiquement les lieux, relit l'énigme qu'il doit résoudre puis il plie soigneusement le parchemin, met une cape d'hiver et se dirige vers la porte.

Il appelle la mère de Blaise, lui donne l'ordre de l'avertir aussitôt que Harry a repris connaissance et peu après, il Transplane. La douleur dans le cerveau de Harry s'apaise. La nôtre également.

Harry gémit de soulagement. Mais il est épuisé. Son moral est au plus bas. Il n'a plus la force de lutter. Chaque incursion dans le cerveau de Voldemort le vide de son énergie Magique. Nous lui en envoyions un peu, pour qu'il puisse lutter contre l'infection pulmonaire qui le dévore toujours de fièvre. Il n'arrive pas à s'en saisir et mes larmes débordent. J'étouffe un sanglot et je l'encourage à prendre ce que nous lui offrons, avant de sentir mon cœur chavirer.

Des ombres dansent autour de moi. Je vais perdre connaissance. Je fournis cependant un effort prodigieux, avant qu'elles ne m'avalent, pour laisser le temps à Harry de prendre ce que je lui offre…

Une main effleure mon cœur du bout des doigts.

« Merci… » entends-je Harry dans un souffle tenu, avant de le quitter

Le vertige nous emporte vers Poudlard.

« Nous ne pouvons plus le laisser comme ça. Il se meurt. Il doit être soigné convenablement » murmure la voix angoissée de Tatie Nally, juste avant que la nuit m'emporte…

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Acte 3 : Potions

Severus

J'ouvre un œil prudent. Il fait nuit et la seule chandelle allumée est assez éloignée de moi, mais je suis quand même ébloui. Mon cerveau est lourd.

« Quelle heure est-il ? » demande-je à Draco, qui veille à mon chevet.

« Il est 23h52 » » répond Draco à mi-voix, avec tristesse.

J'essaye de me redresser, pour boire la Potion qu'il me tend, sans y parvenir.

Merlin ! J'aurai 37 ans dans trois jours mais j'ai la pénible sensation d'en avoir cent de plus !

Certes, Voldemort va laisser Harry tranquille maintenant qu'il est parti à la recherche du faux tombeau de Salazar Serpentard, mais nous avons été amenés à nous rendre auprès de mon filleul à 8 reprises depuis ce matin et nous nous épuisons dangereusement. Draco n'est pas dupe. Il voit bien que nos forces nous abandonnent petit à petit.

Et Nally a raison. Il est plus que temps que Harry reçoive des soins convenables. Il dévore une énergie considérable pour lutter contre l'infection que cet imbécile de Harvey Preston n'arrive pas à juguler. C'est à se demander où il a obtenu son diplôme de Médicomage et comment il a pu devenir Chef de Service à Ste Mangouste !

Il a dû distribuer pas mal de pots-de-vin sans doute !

Avec tout ça, la jambe de Nally va très mal. Elle a le teint gris. Froissé et chiffonné. Je suis terriblement inquiet pour elle et je n'ai aucune idée de la façon dont je peux l'aider à lutter contre cette allergie à la Magie Noire, qui la consume à petits feux, malgré le secours bienveillant des fées.

Qui s'épuisent elles aussi…

Le seul moyen qui me vienne à l'esprit, Nally ne l'acceptera jamais. Et jamais je ne le lui proposerai.

Car il s'agirait de cesser de nous rendre auprès de Harry et ce serait le condamner irrémédiablement. Ainsi que le gamin qui est auprès de lui et sur lequel Harry veille jalousement, lui donnant un peu de l'énergie que nous lui transmettons pour qu'il survive lui aussi. Il se sent lié à lui. Se sent coupable de l'avoir entraîné malgré lui dans sa captivité.

Non, aucun de nous ne les laissera tomber. Quitte à y laisser la vie !

Bon sang ! J'espère quand même qu'aucun de nous n'y laissera sa peau…

Si seulement Harry allait mieux et que nous pouvions obtenir un répit assez durable pour récupérer un peu nous-même ! Encore faudrait-il que ce fichu Médicomage incompétent ait l'idée d'utiliser la Potion à base de Lavandula Officinalis et de Thymus citriodorus !

J'ai soudainement une idée complètement folle, mais qui pourrait marcher…

« Draco. Demande à Bill de venir me voir… » demande-je dans un souffle à peine audible, en réprimant un bâillement.

Draco obtempère et demande à Bill qui se trouve auprès de Ron, de l'autre côté du lit, de nous rejoindre.

« Qu'y a-t-il ? » demande Bill dans un murmure anxieux, dès qu'il est auprès de moi.

« Tous les mardi, la Gazette publie un article sur les Potions Curatives. Va voir Albus et demande lui d'user de son influence sur Barnabas Cuffe, pour que la Potion du jour soit celle qui soigne les infections pulmonaire, de Edmond Clearbreathe, un potionniste du XIVème siècle. Elle n'est plus usitée de nos jours, tout le monde préférant avoir recours à celle de Ja'far Sanrum, car elle est plus facile à élaborer, mais celle de Clearbreathe est nettement plus efficace, sur les infections bien installées et rebelles aux autres Potions… Va vite Bill… » réponds-je, en sentant le sommeil me gagner de plus en plus.

« C'est pour Harry, hein ? Son état s'est aggravé et il n'est plus question de gagner du temps avant qu'il ne soit confronté à Voldemort mais de lui sauver la vie, n'est-ce pas ? » s'enquiert Draco, tandis que Bill fonce déjà sans poser de question.

Je hoche faiblement la tête et Draco me serre doucement la main.

Oui, c'est pour Harry.

Et pour nous également…

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