Disclaimer:cf chapitre 1
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Mistycal est ma beta... Voyez ses fics!
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Réponses dur mon forum aux commentaires de -Lul - Douceurfamille -
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De Sombres Jours 2/5
Mercredi 8 Janvier 1997
Acte 4 : Trahison Et Faible Espoir
Algie
Rupert sur les talons, je cours à demi, dans un dédale de ruelles et salles souterraines, encombrées de statues et œuvres d'art qui ont été entassées là depuis des siècles, par les conservateurs du Musée Sorcier Parisien.
« Baissez la tête ! » s'écrie Rupert
Je lui obéis prestement et un Maléfice fuse au-dessus de moi, pour aller fracasser un tableau.
« On ne leur échappera pas ! Ils sont plus jeunes et courent plus vite que nous ! Il faut se défendre ! » murmure-je, le souffle court, en poussant Robert derrière une armoire de style Régence.
Nous avons été trahis, par l'un de ses stagiaires, un jeune homme d'origine Italienne. Il a surpris une partie de notre conversation, quand nous avons évoqué notre recherche et s'est empressé d'aller chercher Yaxley et Bletchley en Roumanie cette nuit. Ils nous ont surpris, au petit matin, dans le bureau de mon ami conservateur. Heureusement que ce dernier dispose d'un passage secret dans ses quartiers, qui nous a permis d'échapper aux deux Mangemorts et leur complice. Mais maintenant, nous perdons notre avance sur nos poursuivants.
J'ose espérer que Gino ne sait rien, de nos découvertes, concernant le Château de Chantilly !
Rupert se jette derrière une colonnade de marbre et se retourne vivement pour jeter un Stupefix en direction de nos assaillants. Gino, le jeune stagiaire de Robert, est touché de plein fouet et entraîne Bletchley dans sa chute. J'en profite pour le Stupefixer à son tour, mais Yaxley riposte durement, d'un Avada Kedavra qui s'en va tuer le reflet de Rupert, dans un miroir du XVIIIème siècle.
Dès lors, la lutte est âpre. Gino et Bletchley, libérés par Yaxley, nous assaillent de Maléfices, pour couvrir ce dernier et lui permettre de s'approcher de nous. La plupart de leurs mauvais Sorts explosent des vases, des poteries, des meubles anciens et des statues, nous forçant à baisser la tête pour ne pas être blessés par des éclats acérés. S'ils nous veulent vivants, Robert et moi, comme nous l'avons très bien compris, il n'en est pas de même, concernant Rupert.
Robert gémit. Je comprends et partage sa douleur de voir des œuvres d'art si précieuses détruites. Mais notre vie avant tout. Alors je riposte, n'hésitant pas, malgré mes entrailles nouées par le sacrilège que je m'apprête à commettre, à détacher du plafond un énorme lustre en cristal de Murano, pour le laisser tomber sur la tête de Yaxley, avant qu'il ne touche l'un de nous.
Yaxley assommé, Rupert n'a aucun mal à se défaire des deux autres et il ligote tout le monde en un tour de main. Ça tiendra le temps que ça tiendra. Pendant ce temps, nous aurons peut-être la chance de pourvoir retourner à Chantilly en toute tranquillité….
« On y va ! » s'exclame Rupert, aussitôt sa tâche accomplie.
« Attends ! » prie-je, mu par une inspiration.
Et, d'un Accio fébrile, je fais venir à moi le livret original de l'auteur de la version grecque, celui-là même sur les traces duquel nous sommes. Il bondit de la poche de la cape de Yaxley et vient vers moi à toute vitesse. D'un geste vif, Rupert le cueille et le glisse dans ma poche. J'aurais tout loisir de tenir le précieux livret dans mes mains, en espérant qu'il m'offre des images du passé, quand nous serons à l'abri.
« Allez, Robert, montre-nous comment sortir d'ici » murmure-je, avec un hochement de tête de remerciement pour Rupert
Robert se presse devant nous. Il s'enfonce plus avant dans le dédale de ruelles et de salles souterraines, durant un bon quart d'heure, avant de s'arrêter devant un tableau. Il murmure un mot de passe et le portrait d'un Seigneur du XVIème siècle s'écarte pour nous laisser passage vers des égouts.
La puanteur est horrible, mais nous n'hésitons pas une seconde à franchir le trou et, quelques mètres plus loin, à patauger dans une eau noire et boueuse. Des rats s'écartent à notre passage, filant en couinant dans la lueur de nos baguettes. Enfin, nous atteignons un croisement où une échelle remonte vers la surface.
« Ça mène dans une impasse, du quartier Sorcier. De là, nous pourrons Transplaner.» nous indique Robert, en gravissant déjà les échelons.
Nous montons à sa suite et je suis bientôt soulagé de pouvoir respirer de l'air plus sain.
« Faut s'dépêcher de retourner à Chantilly. Mais on n'peut pas l'faire avant de s'être changés. » déclare Rupert, en avisant nos vêtements souillés.
« Mon gendre a un pavillon de chasse, aux environs de Senlis. Je ne serais guère étonné que votre Traducteur ait fait un séjour dans cette ville d'ailleurs, car ce n'est pas très loin de Chantilly et chargé d'histoire. Allez à votre hôtel pour récupérer vos effets et rejoignez-moi dans quinze minutes ici même. Je vais chercher ma femme et ma famille. Nous irons là-bas.» décide Robert, avant de Transplaner.
Rupert et moi ne perdons pas de temps et nous dirigeons vivement vers notre hôtel, qui se trouve à deux pas. Le réceptionniste nous regarde passer avec une moue de dégoût, avant de faire signe à un employé de nettoyer derrière nous. Quelques minutes plus tard, il n'est pas mécontent de nous présenter notre note. Je laisse un gros pourboire, en espérant que ce sera suffisant pour lui faire oublier que nous avons souillé le hall, avec nos chaussures sales des eaux boueuses et nauséabondes des égouts et nous partons, en nous gardant bien de lui révéler notre prochaine destination…
Quand nous arrivons au point de Transplanage, Robert est déjà là, avec Claudine son épouse. Il nous informe que son plus jeune fils se charge de prévenir ses six autres enfants qu'il vaut mieux que tout le monde se mette à l'abri de Yaxley, Bletchley et Gino et nous partons sans plus attendre, pour le pavillon de chasse de son gendre.
Un pavillon de chasse qui s'apparente d'avantage à un châtelet érigé au milieu d'une forêt, me dis-je, quand nous arrivons à destination. Robert nous ébauche aussitôt un bref aperçu de l'histoire de cette bâtisse imposante, dont la structure principale date des années 1450 et qui a été agrandie au fil du temps par la famille de son gendre, aujourd'hui seul héritier du nom.
Mais il devine qu'il nous importe davantage de retourner à Chantilly où, grâce à ses indications, nous pourrons accéder à une grotte secrète, qui recèle depuis des siècles, le registre des plus vieilles familles sorcières de France.
Un registre que nous allons devoir voler, pour le soustraire aux Mangemorts qui nous poursuivent…
« Mais allez vite à Chantilly ! Je vous rejoins avec mes cinq fils et mes deux gendres, dès qu'ils sont arrivés ! Nous ferons le guet aux alentours et si nous voyons les autres arriver, nous nous chargeons de les neutraliser ! On se retrouve derrière le Musée du Cheval ! » s'exclame Robert, tandis que son épouse appelle un Elfe pour nous faire préparer des chambres.
Rupert et moi ne nous faisons pas prier et Transplanons non loin du Château que nous avons déjà visité plusieurs fois. Nous nous désillusionnons rapidement, puis remontons fébrilement une allée, franchissant le guichet où, cette fois, nous n'achetons pas de billet.
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Bill
Je repose la Gazette à côté de mon assiette vide. Le journal ne m'apprend rien de plus que ce que je sais déjà. L'enquête à Gringotts va se prolonger. Comme je m'y attendais, Pyngr a mystérieusement disparu de la circulation et le Directeur a donné l'ordre que tous les comptes dont il s'occupait personnellement soient soigneusement épluchés. Cela va occuper pas mal de monde. Ça va ficher aussi un joli bordel dans les affaires de Lucius et de ses complices connus, ici, en Grande Bretagne, mais également à l'étranger.
Voldemort va en être furax. Et c'est tant mieux. Car cette affaire, ainsi que la recherche du Tombeau de Salazar vont le tenir occupé et éloigné du lieu où Harry est détenu.
« Pas eu l'temps d'lire la Gazette ç'matin, des nouvelles intéressantes ? » demande Mondingus qui est descendu de la base d'espionnage, où Charlie vient de venir le remplacer pour le reste de la journée, en désignant le journal de la pointe du menton.
Il s'assoit et se sert une copieuse assiette de rognons, champignons, petits pois et purée, accompagnés d'un thé noir.
« Non. Et du côté de là-haut ? » m'enquiers-je à mon tour, tandis que la tante Pétunia commence à débarrasser la table pour faire la vaisselle.
Elle tend l'oreille, même si elle fait mine de ne rien en faire. Elle est inquiète depuis dimanche, comme nous tous. Une ride barre son front, de plus en plus creuse à mesure que le temps passe…
« Lucius est parti hier avec quèques sbires pour aller r'cruter je n'sais où sur l'continent. C'est bête qu'il ait pas encore la bague au doigt tient ! On aurait pu savoir qui sont ses contacts ! » déclare Mondingus, avec une grimace de dépit
« On le saura quand il reviendra, car il ne manquera pas d'en informer Voldemort… » fais-je remarquer, en achevant ma part de tarte aux pommes.
« Ouais… Mais j'sais pas s'il lui dira tout. Ils s'font des cachotteries d'temps en temps ces deux-là… Lucius va peut-être vouloir s'garder quèques cartouches secrètes, comme dit Lee… » assure Mondingus, avant de boire une bonne gorgée de thé.
« Nous verrons ça… Et pour le reste ? » m'enquiers-je, en jetant un œil vers l'horloge
C'est bon, ma pause déjeuner n'est pas finie. J'ai encore le temps d'écouter les autres nouvelles.
« L'cousin Walter Nott avait pas l'air ravi. D'être marqué, ça l'arrange pas du tout, c'est sûr. Ç'tait évident qu'il a pas osé dire non l'aut'soir. Les cousins Parkinson, eux, ils ont pas semblé trop fiers non plus. L'meurtre d'Edmond, d'sa mère et d'sa fiancée, ça a l'air d'les avoir bien défrisés. Mais bon, l'cousin Walter a annoncé qu'il allait en Italie, où il a d'la lointaine parenté. Les Parkinson sont partis en France et après ils iront en Espagne. King s'charge d'faire diffuser leur portrait auprès des Membres de l'Ordre d'Europe… Ah ouais ! J'allais oublier…la mère d'la p'tite elle a fait porter un billet à Gringotts pour retirer un bon paquet d'Gallions… Mais ça, t'es p'têt' déjà au courant… » me rapporte encore Mondingus, un sourcil haussé
« Oui, à la demande d'Albus, le Directeur de Gringotts m'a confié les dossiers bancaires de la famille. C'est un compte qui ne sera pas bloqué aussi longtemps que la petite sera là-bas… Autre chose ? » réponds-je, désireux d'avoir toutes les nouvelles.
« Nan… Rien d'neuf à part ça. La chasse au trésor stagne. J'avais d'mandé à Severus s'il fallait parler d'la clef à Willy, il a dit non, qu'ça s'rait l'détail de trop. J'commence à penser qu'il a eu tort. Voldemort l'a pas encore trouvée. Et bien sûr, il n'a pas non plus r'péré l'faux tombeau, même s'il a cherché pendant une bonne partie d'la nuit encore une fois… » répond Mondingus, entre deux bouchées de tarte aux pommes.
« C'est mieux ainsi. Il finira par trouver un jour ou l'autre. Et pendant qu'il cherche, il fiche la paix à Harry… » déclare-je, avant de boire une goutte de thé.
« Justement, dis-moi voir, mon Billy, t'as des nouvelles de Poudlard et de Harry ? » demande alors Mondingus, avec un clin d'œil.
Il sait tout déjà, puisqu'une liaison permanente est établie entre la Base et l'annexe de l'infirmerie. Mais il a bien compris que si la tante Pétunia a interrogé Dedalus hier soir, elle n'ose pas lui demander quoi que ce soit, après les insultes qu'elle lui a balancées il y a quelques jours, quand elle le croyait ivre. Il a donc décidé de l'informer à sa manière, sans en avoir l'air. Il est bien brave, Mondingus.
« Oui, j'en ai eu avant de venir, par Maman qui était là-bas, pour aider à contenir le dôme, la nuit dernière et ce matin. Comme tu le sais, Barnabas Cuffe a agréé à la requête du professeur Dumbledore et c'est la recette de la Potion suggérée par Severus qui a été publiée hier dans la rubrique santé hebdomadaire. Et il semble que son stratagème a marché et que cet imbécile de Harvey ait lu l'article, car Harry a enfin reçu une Potion efficace pour soigner ses poumons, au cours de la nuit. Il va beaucoup mieux de ce côté. D'après ce que je sais, la fièvre est quasi tombée. Il dort comme une souche maintenant et il récupère un peu d'énergie par lui-même. Ça facilite les choses pour notre quatuor. Ils n'ont pas eu besoin d'entrer en Communion depuis et ce matin, Ron arrivait à sentir Harry, sans l'aide de Nally. Il dit que ses poumons ne sont plus en feu et qu'il est plus serein. » réponds-je, en guettant les réactions de la tante Pétunia du coin de l'œil.
Elle semble un peu soulagée. Mais sa ride d'inquiétude ne s'efface pas pour autant.
« Preston va pouvoir opérer sa jambe alors et nous l'remettre complètement d'aplomb, notre Harry. Et quand ce s'ra fait, j'fais confiance au gamin pour s'sortir de ç'te guêpier. Il est malin, Harry. Il a plus d'un tour dans son sac ! » commente Mondingus, avec un réel espoir.
Et je me dis que c'est possible, si Harry est en état de faire de la Magie sans Baguette. Il suffirait qu'il ait assez d'énergie pour y parvenir…
« Reste cependant la question de cette saloperie de Maléfice que Voldemort a posé, pour empêcher quiconque de sortir du Manoir où il est détenu. Et nous ne savons toujours pas s'il y a un moyen d'annuler un Sort d'Incartabilité et un Fidélitas, pour trouver ce fichu Manoir et faire sauter ces foutues Protections de Magie Noire, afin d'aller le chercher… » fais-je cependant remarquer, mon espoir s'amenuisant quelque peu.
Remus et son groupe de recherches ont épuisé tous les livres de la Réserve sans rien trouver de probant. Irma Pince a décidé d'aller poursuivre les investigations à la Bibliothèque de Londres, avec l'aide de Raph Seymour, qui est désœuvré depuis que le Journal de Salazar est fini. Mais pour l'heure, ils n'ont pas abouti.
« On trouv'ra ç'que c'est. Et Nally saura lui dire comment l'contrer. J'suis sûr que c'est faisable ! » déclare Mondingus, avec conviction.
Je grimace. Car si Ron, Hermione et Severus récupèrent plutôt pas mal, Nally ne va pas bien du tout, malgré l'aide des Fées, de Fumseck et de Severus. Pour qu'elle aille mieux, il faudrait qu'elle ne soit plus en contact avec la Magie Noire. Mais aussi longtemps que Harry aura besoin d'elle, je suis certain qu'elle ira vers lui…
« Elle va si mal que ça ? » s'enquiert Mondingus, l'œil de nouveau inquiet.
Je soupire. Et j'acquiesce en silence.
« Merde alors… » jure doucement Mondingus, en reposant sa fourchette à dessert dans son assiette, appétit coupé.
« Ouais, comme tu dis. Et puis il faut s'attendre aussi à ce que Voldemort revienne voir Harry, dès qu'il ouvrira l'œil. Ça ne va pas arranger ses billes. Ni celles de Nally, ça… » fais-je encore remarquer, mon petit sursaut d'espoir concernant la possibilité pour Harry de se faire la malle, s'envolant définitivement…
Voldemort dans les parages, Harry ne pourra rien tenter…
L'horloge sonne 12h45. Il est temps pour moi de repartir à Gringotts. J'ai rendez-vous avec le Directeur dans une demi-heure et je dois passer prendre un dossier dans mon bureau. Je me lève donc pour sortir, au moment même où Charlie déboule dans la cuisine.
« Ah ! Tu es encore là, Bill ! Blaise a eu une idée ! Il s'est soudainement souvenu qu'Edgar Boo a dit que le titre de propriété de son Manoir est planqué dans le coffre de sa mère ! Peux-tu user de ton influence auprès du Directeur, pour être autorisé à le prendre ou tout au moins le consulter ? Après tout, ce document appartient à Blaise ! Et il y a peut-être dessus des indications qui pourraient nous aider à localiser Priest Hole Manor avec précision ! » s'exclame-t-il, le regard brillant.
« User de mon influence ? Tu crois vraiment que je pourrais avoir une quelconque influence sur un Gobelin ? Tu rêves, Charly ! Ceci dit, je vais quand même voir ce que je peux faire. A défaut d'user de mon influence, je peux essayer de lui demander une faveur… J'y vais tout de suite et je vous tiens au courant ! » réponds-je, avant de me précipiter vers la sortie.
Voilà qui pourrait faire avancer nos affaires et il n'y a pas un instant à perdre…
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Algie
Nous avons de la chance que ce soit la pause déjeuner, si chère au cœur des Français. Ce que je comprends parfaitement, à chaque fois que je goûte leur cuisine…
Toujours est-il qu'il n'y a pas un chat dans le Château et que Rupert et moi avançons sans hésitation, vers la Rotonde de la Galerie de Peinture. On dirait un kiosque à musique, planté au bout d'un couloir en impasse, aux angles arrondis et éclairé par une verrière zénithale. Je monte les quelques marches de marbre de la Rotonde, prenant garde à ne pas effleurer les colonnes de mes mains, pour ne pas être emporté vers le passé.
Je sens Rupert s'arrêter à flanc gauche.
« Reste bien sur le côté, Al et couvre-moi. » chuchote-t-il
Je sais ce qu'il va faire et je déploie une Illusion autour de nous, afin que les Gardiens qui visionnent les images des caméras ne s'aperçoivent de rien. Mon sort de Désillusion tombe, mais cela n'a plus aucune importance. Rupert laisse également tomber le sien, avant de jeter un Sortilège au sol. La dalle au milieu de la Rotonde se soulève et glisse sur le côté, révélant un escalier en colimaçon, qui s'enfonce vers le cœur de l'ancienne tour.
Rupert descend le premier et je le suis. Le passage se referme sur nous et notre périple se poursuit dans un silence à peine troublé par le bruit feutré de nos pas. Nos baguettes éclairent les vieilles pierres taillées, voilées de poussière et de toiles d'araignées. Une petite centaine de marches plus bas, nous arrivons dans un boyau sombre au plafond bas. Nous courbons la tête et avançons le plus vivement qu'il nous est possible, pour déboucher quelques mètres plus loin, dans une petite grotte de pierre sèche. Et au milieu de la grotte, sur un lutrin de marbre sculpté, serti à la feuille d'or, trône le fameux registre que nous sommes venus chercher…
Je m'avance, fasciné déjà par ce registre, mais Rupert m'arrête en me prenant le bras.
« Oublie pas qu'il est protégé. » dit-il dans un murmure.
Je hoche la tête et avance prudemment, m'arrêtant à moins d'un pas. Mes yeux affamés contemplent la couverture de cuir ouvragé. Mes doigts fourmillent, désireux de le toucher. Je les retiens à grand peine, le front humide d'impatience.
« Vas-y, fais ç'qu'il faut » souffle Rupert, en éclairant vivement la grotte.
J'éteins la lumière de ma baguette, puis prononce les incantations qui vont libérer les Protections et permettre que nous emmenions le Registre. L'air frémit autour du lutrin, libérant des odeurs de vieux cuir, d'encre et de parchemin. Rupert sort un linge propre de sa poche et me le tend. Je le prends et j'en recouvre le Registre, avant de le soulever avec délicatesse pour l'envelopper complètement. Et je le serre contre moi, avec dévotion, non sans faire la promesse solennelle que je viendrais en personne le remettre à sa place, quand la guerre sera finie.
« Allons-y, repartons. » déclare Rupert, en sortant le premier de la grotte.
Notre retour s'effectue dans le même silence qu'à l'allée, même si mes oreilles bourdonnent d'excitation. Je tiens contre moi le plus vieil ouvrage Sorcier Français. Des siècles d'histoires, des milliers de généalogies sont inscrites dans ses pages. De quoi me faire tourner la tête et m'envoyer dans le passé des heures et des heures durant…
Je reviens dans la Rotonde sans même m'en rendre compte, traverse le couloir sans prêter la moindre attention aux tableaux qui jalonnent notre chemin, descends les escaliers avec pour seule pensée que je serais bientôt à l'abri, dans le Pavillon de Chasse du gendre de mon ami Robert et que je pourrais enfin toucher le précieux Registre…
L'air frais de l'extérieur me fait à peine frémir. Je me hâte aux côtés de Rupert, vers le point de rendez-vous que nous avons convenu avec Robert. Je ne reprends pied dans la réalité du moment, que lorsque j'entends Rupert demander à mon ami s'ils ont eu des problèmes…
« Pas beaucoup. Ils ont filé sans demander leur reste, quand ils ont vu que nous étions en surnombre. Mais nous avons intérêt à nous dépêcher, ils pourraient revenir avec des renforts… » répond Robert, dont la mise révèle quelques traces discrètes de bataille.
Rupert hoche la tête, puis il se saisit de mon bras et nous Transplanons tout aussitôt…
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Harry
Je me réveille doucement, la tête lourde, nauséeux. Je me sens cependant nettement mieux que ces derniers jours. Ma respiration est libre, enfin. Mon corps ne me fait plus souffrir. Je n'ai plus de fièvre.
Des bruits de pas. Quelqu'un vient. Une clé tourne dans une serrure et la porte de la cave s'ouvre. Deux personnes entrent.
« Ah ! Lucrèce, très chère, je vous attendais. Nous allons pouvoir opérer Potter. Avez-vous la Potion Anesthésiante ? » demande Preston, en se levant de toute évidence de son fauteuil.
Je le devine, au grincement du cuir…
La mère de Blaise ne répond pas. Ou elle l'a fait d'un hochement de tête ou encore simplement en lui donnant la fiole.
« Bien. Votre Elfe peut poser le second lit ici. Nous allons laver Potter, le mettrons sur le lit propre et nous opérerons… » déclare Preston, qui semble heureux de ce programme.
J'entends un peu de remue-ménage, puis je suis découvert. Le froid de la cave me saisit et je ne peux réprimer un frisson.
« Attendez, très cher, je crois qu'il est réveillé… » fait remarquer la mère de Blaise, en se précipitant vers moi dans un froissement de tissu.
« Non, c'est une simple réaction réflexe. J'ai procédé à un Sort de Diagnostic peu avant votre arrivée. Il est encore semi-comateux. Allons, dépêchons-nous de procéder, très chère. J'aspire à ce que tout soit terminé pour pouvoir enfin aller prendre une douche et me changer. J'aimerais assez également prendre une collation dans un décor et en compagnie plus agréables… » répond Preston, en me faisant léviter.
Je suis lavé à grande eau, rapidement séché d'un coup de baguette puis posé sur un lit tendu de draps frais.
« Et comment va l'enfant ? » demande soudainement la mère de Blaise.
« Bien mieux. Il s'est réveillé tout à l'heure. Il a prétendu n'avoir rien à faire avec Potter. Il se déclare de notre camp… » révèle Preston, d'un ton dubitatif.
« Il s'accrochait bien désespérément à Potter pourtant. Nous verrons bien ce que le Lord en pensera tout à l'heure. Il viendra pour le dîner, ce soir. Et il espère pouvoir enfin parler à Potter… Vous avez tout intérêt à ce que ce soit possible… » déclare la mère de Blaise, avec une interrogation dans la voix
« Ce sera possible, sans aucun doute. Ne l'ai-je pas promis à sa Seigneurie ? » répond Preston, d'un ton quelque peu pompeux.
Il manipule des fioles de Potion qui tintent lorsqu'elles s'entrechoquent
« Oui, vous l'avez fait. Mais dites-moi, très cher, tenez-vous réellement à administrer cette Potion Anesthésiante à Potter ? Il va mieux avez-vous dit. Et il est encore semi-comateux. A quoi bon gâcher une Potion aussi coûteuse pour un mort en sursis, au risque de retarder son réveil et de risquer le courroux du Seigneur des Ténèbres ? s'enquiert la mère de Blaise, sur un ton perfide dans lequel pointe un espoir cruel.
Preston ne répond rien sur le moment. Il a suspendu tout geste semble-t-il. Puis il ricane doucement et je sens tous mes poils se dresser sur mon corps et la peur me cloue, broyant mes tripes.
Il va agréer à sa demande, je le sens. Et je vais horriblement souffrir une fois de plus…
Et à peine l'ai-je pensé, qu'un Sort me frappe la jambe. Une atroce déchirure me lacère la cuisse et je hurle à me casser les cordes vocales, tandis que les deux parties de mon fémur s'étirent et se remettent lentement en place. Preston et la mère de Blaise rient à gorge déployée.
Une vague de douceur vient apaiser ma souffrance, tandis que les chairs autour de mon os se referment. Marraine et Ron sont là, avec Parrain et Hermione. La chaleur de leur présence se diffuse dans mon cœur. Je me saisis sans hésiter de l'énergie qu'ils me donnent. Des larmes brûlantes coulent de mes yeux. Mes poumons à peine guéris de l'infection halètent, mes muscles crispés se relâchent un peu.
« Eh bien, on dirait que le petit Potter est revenu à lui, en fin de compte ! » s'exclame Preston, en m'empoignant les cheveux pour lever mon visage vers lui, avant d'ajouter : « Tu n'as pas fini de souffrir, petit, c'est le commencement. Je vais soigner toutes tes fractures, maintenant que tu es en forme ! Une heure de réjouissance, pour le moins ! Grâce à un procédé de mon invention. Le Conseil Médicomagique de Ste Mangouste n'a pas voulu agréer ma technique. Elle flirte trop avec la Magie Noire, ont dit tous ces vieux barbons gagas ! Je ne l'ai jamais essayée que sur des animaux jusqu'à présent. Voyons ce qu'elle donne sur un humain ! »
Et il me jette une nouvelle série de Sorts. Aussitôt un incendie dévorant brûle à l'intérieur de mes os et j'ai la sensation terrible que des milliers de cellules en feu se multiplient à une vitesse vertigineuse pour les re-souder. C'est pire, bien pire que lorsque Pompom m'a donné du Poussos pour remplacer les os dissous par le Sortilège raté de Lockhart. Et ça dure longtemps. Tout mon squelette hurle de douleur.
Mon cœur pince affreusement. J'ai l'impression qu'il tente de se décrocher de ma poitrine. Des mouches noires dansent devant mes yeux. Toute ma peau transpire de souffrance et la sueur me dégouline dans les yeux, les brûlant atrocement. J'entends Ron crier, quelque part loin de moi. Il se débat pour revenir vers moi, pour prendre une part de ma douleur. Mais il n'y arrive pas. Et il ne parvient pas plus à me transmettre de son énergie.
Mais de le savoir là, me donne le courage de résister à la nuit.
L'incendie dans mes os se calme enfin progressivement. Je suis épuisé. Mais avant de me laisser aller au sommeil, je veux voir Preston et la mère de Blaise partir. Je veux pouvoir m'assurer que le petit va bien, que mes Potions et mon couteau sont toujours dans le matelas de son lit…
Mon corps soigné, ma Magie pourra se reconstituer. Je pourrais faire de la Magie sans Baguette et qui sait, peut-être pourrais-je fuir d'ici. Je trouverais bien un moyen de contourner tous les obstacles, pour échapper à ces monstres…
Je me raccroche à ce petit espoir.
Ma respiration se régule. La fraîcheur de la cave s'insinue sous ma peau et achève d'éteindre l'incendie. Je ferme les yeux et je feins de m'endormir.
« Une heure de processus, comme prévu ! N'était-ce pas réjouissant, ma chère ! » s'exclame Preston, d'un ton fier de lui.
« Certes ! Bien qu'un peu lassant ! Je commençais à m'ennuyer, je l'avoue… » répond la mère de Blaise, d'un ton presque boudeur.
« Allons, très chère. Je concède que le processus est un peu long. Je prévois de l'améliorer cependant. Enfin… Potter va dormir jusqu'à ce soir, maintenant. Il sera totalement guéri à l'heure du dîner. En pleine forme pour la visite de sa Seigneurie… » assure Preston, avant de rabattre un drap et une couverture sur moi.
« Alors venez, très cher. Vous avez amplement mérité de pouvoir enfin quitter cette cave lugubre et puante… » déclare la mère de Blaise.
Ils sortent et la porte de la cave se referme sur eux, en un tour de clé grinçant. Je guette le bruit de leurs pas qui s'éloignent, attendant que le silence soit complet, avant d'oser ouvrir les yeux.
Il fait sombre. De toute évidence, des nuages voilent le soleil dehors et la lumière qui filtre au travers de la vitre sale du soupirail est grise. Je tourne la tête vers le lit sur lequel repose le petit Costner. Mais il n'est pas dans son lit. Il est à genou, juste à côté du mien et son visage penché vers moi me touche presque. Ses yeux sont grands ouverts et me fixent, emplis d'un mélange de reproches et de peur…
J'étais tellement tourné vers ce qu'il se passait en dehors de la cave que je ne l'ai pas entendu venir vers moi.
« Pourquoi tu m'as amené ici, Potter ? » demande-t-il, la voix nouée.
« Je suis désolée, mais je ne t'ai pas amené. Nous avons été capturés… » souffle-je, d'une voix enrouée, la gorge déchirée de mes hurlements.
« Capturé ? C'est toi seulement qu'ils voulaient, mais tu t'accrochais à moi ! Alors ils m'ont emmené avec toi ! » s'écrie le gamin, tendu et au bord des larmes.
« Je suis désolé… » répète-je, sans avoir le temps d'ajouter autre chose car le petit m'interrompt
« Désolé ? Mon cul ! Et maintenant ils ne veulent pas croire que je suis de leur côté ! Mais je le dirais au Seigneur des Ténèbres, quand il viendra tout à l'heure ! Il me croira lui ! Il doit savoir que mon père est à Azkaban pour avoir essayé de prendre le Ministère, pour son compte ! Alors il me croira ! J'en suis sûr ! » s'exclame-t-il, les larmes débordant de ses yeux.
Je déglutis avec peine. Je sais ce que pense Voldemort. Je connais tout de ses projets concernant Jérémy. Il sait déjà qui est le gamin, mais il ne l'écoutera pas. Ne croira pas en son allégeance envers lui. Parce qu'il ne veut pas le croire. Et il se servira de lui, pour me faire fléchir. Et pour assouvir ses plaisirs sadiques. Comment expliquer ça au gamin, comment le persuader de se taire, de se faire tout petit, de se faire oublier ?
Jérémy esquisse le geste de repartir vers son lit, mais j'attrape son bras pour le retenir.
« Ne lui dis rien, ne fais rien ! Fais semblant de dormir et écoute ce qu'il va se passer ! Je vais lui dire que tu n'es pas avec moi, que je n'en ai rien à foutre de toi. Je vais faire tout ce que je peux pour qu'il te laisse tranquille ! » murmure-je, d'un ton suppliant.
« C'est pas vrai ! C'est une entourloupe ! » s'exclame le gamin, en essayant de se dégager de ma poigne.
Mais j'ai si peur pour lui, que je ne le lâche pas…
« Non, je te promets que non ! Sur ma Magie, je te le promets. Fais semblant de dormir et écoute. Tu pourras toujours intervenir après, si tu l'estimes nécessaire… Jamais je ne ferais de mal à un enfant, ni à personne. Mais lui n'hésitera pas. Pas plus que ses Mangemorts. Tu as vu ce qu'ils m'ont fait, non ? C'était de la torture. Ils pouvaient m'éviter d'avoir mal, mais ça les faisait rire. Est-ce que cela t'as fait rire, toi ? Non, n'est-ce pas ? Parce que tu n'as pas le cœur mauvais… Et parce que tu as eu peur qu'ils te fassent mal aussi, n'est-ce pas ? » dis-je, d'un débit rapide
Je sens les certitudes du gamin flancher…
« Qui pourrait décider d'attaquer un train plein de gosses sans défense, à part des Mangemorts ? Est-ce que tu trouves cela normal ? Ils savaient qu'il y avait des enfants de Mangemorts et de sympathisants dedans, mais ils n'ont pas hésité, quitte à ce que certains d'entre vous meurent. Ils auraient dû vous dire de rester en queue de train. Mais même s'ils vous ont prévenu, ils n'ont pas pris la précaution de vous mettre à l'abri. J'ai essayé de le faire, moi. Avec mes amis. Dès que nous avons compris, nous avons essayé de sauver le plus de monde possible. J'ai échoué à te tirer de là. J'en suis désolé, Jérémy. Mais tu dois me croire. J'aurais préféré que tu ne sois pas ici. Et je ferais tout pour te protéger… » assure-je, de mon ton le plus convaincu.
« Pourquoi tu m'aiderais ? » demande le gamin, dans un souffle.
« Parce qu'on n'a pas le droit de faire du mal à un enfant. Et que Voldemort n'en a rien à foutre que tu sois un enfant. Il te torturera, si ça lui fait plaisir ou si ça peut servir ses plans. Et je vais te dire une chose que tu ne sais pas sans doute mais… mais… Putain, c'est trop dur de te dire ça… » réponds-je, en relâchant ma prise sur le bras du gamin.
Le gosse me regarde fixement. Je sens que j'ai fait mouche à une ou deux reprises, même si une partie de lui refuse de me croire…
« Qu'est-ce qui est trop dur ? » demande-t-il, du bout des lèvres.
Je soupire et le regarde droit dans les yeux. Me croira-t-il ? Je ne sais pas. Je répugne à lui révéler cela, mais autant qu'il soit prévenu.
« Il aime baiser les jeunes garçons. Et il a un faible pour les petits blonds, comme toi… » lâche-je, avec douceur…
Ses yeux s'écarquillent et il recule d'un pas vacillant…
« Tu mens… Tu mens ! » crie-t-il, avant de partir à reculons jusqu'au lit sur lequel il se laisse tomber…
« Non, je ne mens pas. Je n'ai aucune raison de le faire. Fais semblant de dormir et écoute bien ce qu'il dira… Et tu verras sa noirceur… » assure-je, sans le quitter des yeux.
Ma vue est trouble et je ne distingue que sa silhouette affaissée, à cinq ou six pas de moi. Il ne dit rien, ne bouge pas. Il réfléchit. Et je me laisse couler dans le sommeil….
OoOoOoO
Blaise
La porte de l'infirmerie s'ouvre, sur les amis de Miho et sur Bill, qui vient vers moi à grandes enjambées.
« Je l'ai » dit-il, en tapotant sur sa besace, avant de m'inviter à le suivre dans l'annexe.
Je laisse Miho avec ses amis, qui lui racontent leur journée, bien qu'elle soit toujours dans les brumes de l'inconscience, à la grande incompréhension de Richard et des trois autres Médicomages qui l'ont examinée…
Ron, Hermione, Tonton Sev et Tatie Nally dorment. Je sais qu'ils sont entrés en contact avec Harry tout à l'heure et que cela a été très dur et qu'après ça, les Fées ont dû intervenir, pour aider Tatie Nally. Draco est venu me le dire quand tout a été fini.
Elle va vraiment mal, Tatie Nally. Ça se voit cruellement.
Bill sort des documents de sa besace. Ils sont scellés dans une chemise frappée des Armoiries des Zabini sur laquelle il est clairement noté que seul un héritier du nom peut l'ouvrir, sous peine de grandes souffrances. Des ondes sombres ondoient autour d'elle, s'enroulant autour du poignet de Bill en crépitant, comme prêtes à le frapper s'il ose toucher le sceau…
Je grimace…
Toute ma famille versait-elle donc dans la Magie Noire ?
Bill me tend la chemise en souriant, affirmant que je ne risque rien. Je la prends d'une main tremblante. Les ondes se retirent, à l'intérieur du sceau que je casse, avant d'écarter les pans de la chemise. Elle renferme une petite liasse de papiers et un rouleau de parchemin, sur lequel est inscrit : Pour Blaise Zabini.
« Des papiers Moldus… » murmure Bill, surpris, son regard fixé sur la liasse de papiers.
Je le suis tout autant.
« Vas-y, Bill. Examine les titres de propriété… » dis-je, en prenant le rouleau de parchemin.
Je ne connais pas l'écriture de la main qui a inscrit mon nom dessus. Je casse le sceau qui le scelle et le déroule. Il est long d'au moins soixante centimètres… C'est une lettre. Mon regard effleure l'écriture élégante et ferme, glissant sans rien lire vers la signature. Et mon cœur fait un bond dans ma poitrine. C'est mon père qui a écrit cette lettre à mon intention…
Mon père que je ne connais pas. Dont j'ai seulement vu une photographie, posée sur le manteau de la cheminée dans ma chambre…
Le cœur battant maintenant à tout rompre, je dévore la lettre qu'il m'a écrite, alors que j'étais encore dans le ventre de ma mère, selon la date notifiée en haut du parchemin. Et à mesure de ma lecture, mes mains deviennent moites et mon cœur se serre dans ma poitrine…
Mon père savait tout de ma mère. Il savait qu'elle l'épouserait seulement pour sa fortune. Mais il était âgé, n'avait pas d'héritier et en souhaitait un. Alors il a conclu un marché avec elle. En échange de la moitié de sa fortune, il a exigé qu'elle lui donne un fils et qu'elle me tienne en vie. Un Serment Sorcier garantissait qu'elle ne touche pas un seul cheveu de ma tête jusqu'à ma majorité plus un mois. Elle ne devait pas non plus épouser un autre homme jusqu'alors. Mon père espérait que d'ici là, j'aurais compris qui était ma mère. Et que je me mettrais à l'abri de ses malveillances…
Mais dans le doute, il avait pris des garanties supplémentaires. Cette lettre, glissée secrètement dans la chemise scellée d'un Sort de Reconnaissance et que j'étais le seul à pouvoir ouvrir. L'autre Sortilège, ce n'est rien de vraiment dangereux, en réalité. Une menace pour intimider. Cette chemise aurait dû m'être remise au jour de mes 17 ans, par l'un de ses amis.
Que je sais décédé, lui aussi.
Ma mère savait-elle, pour la lettre ? Lui a-t-il révélé sa mission ? L'a-t-elle devinée ? Est-ce elle qui l'a tué ?
Je l'ignore. Mais c'est fort possible, puisqu'elle était en possession de la chemise. Cependant mon père avait dû prévoir cette éventualité, car il avait également chargé Dyna de tout me révéler, si je ne prenais pas mes distances avec ma mère…
« Pourquoi ne m'as-tu rien dit, Dyna ? » m'enquiers-je auprès de mon Elfe de maison, qui veille sur le sommeil de Roi Dobby
« Dyna avait promis de tout dire à son petit Maître Blaise, si son Maître Blaise ne voyait pas que sa mère est une mauvaise femme ! Mais Maître Blaise l'a vu et Dyna n'a pas voulu ajouter à son chagrin ! » répond Dyna, en battant doucement de ses oreilles.
Son regard doux est triste.
« Oui, je comprends » murmure-je, avant de lire la fin de la lettre de mon père.
Il y révèle qu'après ma naissance, il acceptera de boire le poison que ma mère lui donnera, quand elle décidera de se libérer du joug de ce mariage contracté par intérêt mutuel. Qu'il regrettera, de ne pas me voir grandir et devenir un homme. Et finalement, il me demande de lui pardonner de m'avoir infligé une mère comme Lucrèce, pour le plaisir égoïste d'avoir enfin un enfant, désiré depuis toujours, mais que sa première et tendre épouse n'avait pu lui donner, pour cause de stérilité…
Enfin, il m'assure de tout son amour et me souhaite profondément d'être heureux….
Heureux… Saurais-je vraiment un jour ce que cela signifie ?
Pas que je ne l'ai jamais été. Cela m'est arrivé de me sentir heureux. Je le suis, quand je passe du temps avec Ursula. J'ai presque parfois l'impression de planer….
Mais il y a toujours un petit quelque chose qui m'empêche de décoller complètement…
C'est la guerre sans doute. Le fait également que je n'aurai pas l'esprit totalement tranquille, aussi longtemps que ma Gorgone de mère ne sera pas à Azkaban… Son ombre est une menace permanente, non seulement pour moi, mais également pour ceux que j'aime…
« Une adresse précise ? » m'enquiers-je auprès de Bill, pour m'arracher à mes sombres pensées.
En roulant soigneusement la lettre de mon père, que je garderais désormais comme un précieux trésor.
« Non. Pas vraiment. La propriété a été achetée par ton arrière-arrière-grand-père, en l'an 1861, lorsqu'il a émigré d'Italie. C'était une vaste propriété Moldue, autrefois attachée à plusieurs fermes. Le Manoir a été cédé indépendamment du reste des terres qui appartenaient également à un Lord Anglais, décédé sans descendance, ni famille directe. Apparemment, il a fait don des fermes à ses métayers et souhaité par testament, que le Manoir soit mis en vente, au profit de l'Eglise. Ton ancêtre avait de l'humour et a décrété que ce serait du plus haut comique, que le Manoir d'un bigot soit acheté par un Sorcier hérétique… La plus grande partie des documents attestent des aménagements qui ont été effectués pour améliorer l'intérieur, comme l'installation de becs de gaz, pour l'éclairage, une nouvelle toiture et des salles de bains… Il n'y a pas d'adresse. Juste le nom du lieu-dit qui a donné le nom au Manoir… Toutes les affaires ont été traitées par un notaire, dont les bureaux étaient situés à Londres. Il y a également les plans de la propriété. Ils ont été dessinés après l'achat par ton ancêtre. C'est lui qui les a faits. Apparemment, ton arrière-arrière-grand-père était d'origine Moldue, de petite noblesse Italienne et il préférait écrire sur du papier plutôt que sur des parchemins. Et il écrivait en Italien… » révèle Bill, en me tendant les papiers les uns après les autres.
Je suis terriblement déçu. J'aurais tellement voulu que ces papiers recèlent des éléments importants qui auraient pu nous mener sur la piste exacte de Harry !
OoOoOoO
Acte 5 : Confrontation
Harry
Je me réveille en sursaut et ma main se crispe sur mon front douloureux. Voldemort vient d'arriver dans le hall du Manoir. Il est fou furieux, car sa quête du Tombeau de son Ancêtre n'avance pas et que des nouvelles fâcheuses lui sont parvenues d'Europe. Ses Mangemorts ont échoué à s'emparer d'un indice précieux dans leur quête du Livre Original concernant le Chemin des Âmes…
Heureusement, mes réserves Magiques se portent un peu mieux et je parviens à faire un chouia barrage à la douleur, à défaut de le faire aux pensées de tortures et de meurtres qui l'animent…
Une porte s'ouvre précipitamment. Preston et la mère de Blaise se jettent quasiment à ses pieds, pour annoncer qu'il va pouvoir me parler ce soir.
La colère s'efface pour laisser place à un bonheur malsain qui explose littéralement mon cerveau. Je ne peux retenir un cri et Jérémy se redresse dans son lit.
« Il arrive ! Couche-toi et fais semblant de dormir, vite ! Fais-toi oublier ! Je vais essayer de garder son attention sur moi ! » dis-je dans un geignement
Des larmes brûlent mes yeux et je fais un effort surhumain pour les ravaler.
Vague de douceur. Ron est là. Plus présent que Marraine, Hermione et Parrain dont j'entends pourtant les encouragements lointains. Il me donne son énergie. Elle coule vers moi, comme une rivière tiède et veloutée. Je m'en saisis et l'envoie directement dans mon cerveau. La douleur reflue et je repose ma tête sur le matelas, haletant…
La porte de la cave s'ouvre.
Un coup d'œil m'apprend que Jérémy m'a obéi. Il a enfoui sa tête sous son drap.
Voldemort entre. Il est triomphant. Enfiévré. Impatient de me séduire. Désireux de dompter mon esprit rebelle.
« Harry ! Comme je suis heureux de te voir et de pouvoir converser avec toi enfin ! » s'exclame-t-il, d'un ton doux, presque hypnotisant.
On pourrait croire qu'il n'a que de bonnes intentions envers moi. Mais les pensées salaces qui s'entrechoquent dans son cerveau démentent totalement cela…
Je ne réponds rien. Je ferme les yeux, pour ne plus voir ses prunelles flamboyantes me considérer comme un dessert particulièrement appétissant. Je suis au bord de la nausée et je sens une colère sourde gronder à l'intérieur de moi.
Ron…
Son Grizzly est prêt à bondir. Mais il ne peut rien faire, pour me soustraire à Voldemort et il en souffre terriblement.
Voldemort est contrarié de mon silence.
Je l'entends s'approcher, se pencher vers moi.
« Harry… » exhale-t-il dans un souffle qui vient caresser mon visage, « Ce n'est pas très poli, de fermer les yeux quand je te parle… »
Son ton toujours doux recèle une menace sourde. Je vais bientôt morfler, je le sais. Car il veut me voir fort, fier et arrogant, rebelle. Défiant. Et dans le même temps, il veut me voir faible, humble, déférent, soumis. Que je rampe à ses pieds, comme ses larves de Mangemort, que j'accepte d'être sa pute, comme Lucius.
Je ne lui donnerai pas la satisfaction de montrer la moindre faiblesse. Et je ne lui offrirai jamais mon cul, ni ma bouche…
Alors je rassemble mes forces et j'ouvre les yeux, pour le foudroyer du regard.
« Va te faire foutre ! » siffle-je entre mes dents, mâchoires crispées
Une lueur de vive colère traverse le regard de Voldemort en même temps qu'un éclair me déchire le cerveau. Il explose devant mes yeux, m'éblouit d'une lueur vive et cruelle. Mais contre toute attente, Voldemort rit…
« Petit insolent… » susurre-t-il, en se penchant vers moi pour me caresser la joue de l'un de ses longs doigts maigres et glacé, avant d'ajouter dans un faible murmure : « Tu seras bientôt celui qui va se faire foutre, comme tu le dis si bien… »
Je me soustrais à sa caresse, le cœur battant la chamade. L'estomac vrillé.
Voldemort me baise dans ses pensées et dans son délire, j'accueille ses coups de boutoir, le visage extatique. Je le supplie de m'en donner plus, je l'encourage à me défoncer le cul avec grossièreté, je me caresse avec vigueur pour lui.
« Plutôt mourir… » siffle-je encore, en esquissant un geste pour le repousser.
Mais il est plus rapide que moi et se saisit de mon poignet, le tordant cruellement. Il rit encore une fois. Il aime que je me rebiffe. Ça l'excite. Et il se dit que sa victoire sur moi sera d'autant plus savoureuse, le jour où je me donnerai à lui…
Il imagine parfaitement la scène. Me voit à ses pieds, reconnaissant des caresses qu'il m'accorde. Avide de lui sucer la queue. Me préparant pour lui.
« Je vais te séduire et te soumettre, mon petit Démon. Tu vas adorer tout ce que je vais te faire et tu me supplieras de te prendre... » assure-t-il, dans un chuchotement qui emplit la cave de son ton froid
« Jamais ! Tu m'entends, jamais ! » gronde-je, la colère du Grizzly de Ron m'offrant une nouvelle vague d'énergie…
Je la prends avec joie et la réserve aussitôt, pour un moment opportun. Si seulement je pouvais me saisir de sa baguette, je le truciderais avec joie !
« Oh, si, tu vas te soumettre… J'ai le moyen de te faire fléchir … » assure encore Voldemort, en jetant un coup d'œil vers le lit de Jérémy, avant d'ajouter : « Et quand tu auras gouté à mes caresses, tu seras conquis et tu ne pourras plus t'en passer… »
Je suis son regard, profondément désolé qu'il n'ait pas oublié mon petit compagnon de captivité.
Jérémy a toujours la tête enfouie sous son drap. Mais il est tendu, il nous écoute. Nous observe même, par un tout petit trou qu'il a dû faire d'un coup de dent…
Je ricane, avec le plus de sarcasme possible…
« Rien à foutre de ce petit merdeux ! Ce n'est qu'un petit con d'Âne Bâté ! » m'exclame-je, d'un ton méprisant…
Voldemort sursaute et se tourne brusquement vers moi…
Il ne s'attendait pas à cette réaction de ma part. Il vrille son regard au mien, cherche une faille dans mes pensées. Je ne peux lui faire barrage, mais je ne veux pas qu'il voit la vérité en moi. Alors je lui jette en pâture des souvenirs dans lesquels je défie ses partisans de Poudlard, avant de me soustraire à son regard inquisiteur.
« Un Âne Bâté ! C'est comme ça que nous appelons tes partisans, à Poudlard ! Une sale petite graine de Mangemort ! Une ordure ! Alors tu peux lui faire tout ce que tu veux, je n'en ai rien à foutre ! Sans ce petit con, je ne serais pas ici ! » m'écrie-je, en rassemblant toute ma colère pour la laisser exploser dans mon ton et tout mon être.
En espérant de tout cœur que cela épargne Jérémy. Que Voldemort s'en désintéresse…
Il plisse les yeux. Sa poigne me tord toujours aussi cruellement le bras, mais je me débats avec toute l'énergie possible.
« Vraiment… » murmure-t-il dans un souffle, en me relâchant doucement.
Il se lève avec lenteur et s'approche de l'autre lit. D'un coup de baguette, il arrache le drap. Jérémy se redresse dans un sursaut, le regard affolé, la bouche entrouverte sur la peur…
« Es-tu, comme Harry Potter le prétend, l'un de mes partisans ? » s'enquiert Voldemort, de son ton le plus doux
Jérémy hoche la tête, avec vigueur, tandis que je suspends mon souffle, priant de toutes mes forces pour que Voldemort change d'avis à propos de Jérémy… Car pour l'heure, il le voit toujours comme un appât, un moyen de parvenir à ses fins avec moi…
Et d'assouvir les besoins de sexe de Salazar, qui est cruellement en manque. Il y a trop longtemps qu'il n'a pas baisé un jeune cul. Initié un garçon.
« Comment t'appelles-tu, mon brave petit soldat ? Et quel âge as-tu ? » demande Voldemort, en faisant tourner sa baguette entre ses doigts…
Son ton est caressant, encourageant. Jérémy se détend, il reprend un peu d'assurance et de confiance.
« Costner ! Jérémy Costner ! J'ai eu douze ans en Novembre. Mon père… » commence-t-il à répondre, en bombant le torse avec fierté, avant d'être interrompu par Voldemort
« Ton père a été arrêté avec quelques-uns de mes fidèles au Ministère. Oui, je sais. Tout laisse donc à penser que tu vas suivre ses traces… » dit-il, en fixant Jérémy de son regard flamboyant avide de concupiscence
Douze ans. Vierge et candide. Un corps jeune et souple qui n'a jamais été exploré par d'autres mains, une autre bouche. Oui, il va se servir de lui pour me faire fléchir. Et pour assouvir son plaisir, pour pouvoir patienter, jusqu'au jour du Rituel. Car Salazar s'agite trop en ma présence. Il me désire trop. Or il doit me garder pur.
« Mais dis-moi, Jérémy Costner, puisque tu es l'un de mes fidèles serviteurs à Poudlard, pourquoi t'accrochais-tu à Potter et pourquoi as-tu si peur de moi ? » ajoute-t-il, d'un ton nettement rafraîchi
Jérémy perd contenance. Il se liquéfie sous le regard maintenant glacial de Voldemort et rentre un peu la tête dans les épaules. Il me jette un coup d'œil rapide et déglutit avec difficulté.
« Je… je sais pas… Je ne me raccrochais pas à Potter. C'est lui qui l'a fait, pas moi… Et je n'ai pas peur ! Je vous suis tout dévoué, je vous le jure ! » répond-il, d'une voix tremblante, tandis que je ferme les yeux
Voldemort ne va pas l'épargner. Il sait que Jérémy est candidement sincère et qu'il fait partie de ses partisans à Poudlard. Mais il sait également que je ferais ce que je peux pour épargner des souffrances à ce gosse. Il faut que je détourne son attention de lui.
Je me prépare à intervenir. A me battre pour l'empêcher de lui faire du mal…
« Ne fais rien, Harry ! N'interviens pas, quoiqu'il arrive ! C'est le mieux que tu puisses faire pour lui ! » souffle Parrain, d'un ton urgent.
Il est loin de moi, cependant, sa voix me réchauffe, même si son message me parait cruel. Mais c'est un ancien Espion. Il connait bien Voldemort et ses réactions. Il sait qu'il va utiliser mes faiblesses contre moi. Et ici, ma faiblesse, c'est Jérémy.
Peut-être que si je le laisse torturer un peu Jérémy, que je feins d'être indifférent, il le laissera tranquille par la suite, ne cherchera plus à l'utiliser pour faire pression sur moi. Et aussitôt qu'il se focalisera de nouveau sur moi, je ferais ce qu'il faut pour qu'il baisse sa garde et dès que je le peux, je lui choppe sa baguette, à ce pourri ! Et je pourrais emmener Jérémy loin d'ici. Le mettre à l'abri de la cruauté et des désirs pernicieux de cet immonde salopard !
Oui, c'est ce que je vais faire, décide-je, en rassemblant toute la Magie que je peux, pour me tenir prêt.
« Je ne te crois pas… » assène durement Voldemort, en jetant brusquement un Doloris au petit qui se tortille et s'égosille aussitôt de douleur.
Je résiste à la tentation de secourir Jérémy, dans l'espoir de tromper Voldemort, mais mon cœur saigne d'entendre ses cris et de voir ses yeux se révulser sous la terrible souffrance que lui inflige Voldemort. Son corps tressaute, tendu comme un arc bandé à se rompre. Ses hurlements me vrillent les tympans.
Et je sens peu à peu mes résolutions fondre. Peu importe ce qui arrivera, je ne peux laisser faire ça sans réagir, sans tenter mes maigres chances de surprendre Voldemort en sautant sur lui pour lui arracher sa baguette…
« Résiste, Harry ! Il te met à l'épreuve ! Résiste et il laissera bientôt le gosse tranquille ! » m'encouragent Ron et Parrain
Ron se jette en avant. Il essaye de me saisir, pour me retenir, tandis que des larmes ardentes dévalent le long de mes joues. Mes tripes se tordent dans mon bide, mes poings sont crispés sur le bord du matelas. Les cris de Jérémy me déchirent les oreilles et, quand Voldemort accentue la puissance de son maléfice, dans un éclat de rire sadique, je n'y tiens plus.
« NON ! » hurle-je, en bondissant de mon lit pour tenter de le désarmer
Mais mes muscles affaiblis ne répondent pas aussi vite que d'habitude et je n'ai pas le temps d'atteindre Voldemort, que le Doloris se retourne contre moi, me clouant au sol de sa puissance et de sa monstrueuse cruauté.
Des crampes atroces vrillent mes muscles et chacun de mes organes. Ron, qui tendait la main et toute son énergie vers moi, est propulsé en arrière, la chaleur de son amour me quitte soudainement et cela me fait plus mal encore que le Doloris.
Mes poumons broyés cherchent désespérément de l'air, mon cœur torturé se contracte durement, mon cerveau crépite, mes tendons sont tout près de se rompre, mes yeux de jaillir de leur orbite et ma gorge se casse
La douleur cesse, tout aussi brusquement qu'elle m'a saisie et d'un coup de baguette, Voldemort me met debout. Des cordes apparaissent de nulle part. Elles s'enroulent autour de mes chevilles et de mes poignets, avant de se tendre et d'aller se fixer dans le sol et le plafond. Elles m'écartèlent cruellement et je rejette la tête en arrière, dans un long hurlement déchiré…
Nouveau Doloris. Insidieux, qui pénètre mon corps lentement, accentuant la souffrance crescendo. Je vais devenir fou, tant ça fait mal ! Je suis presque sur le point de rupture, quand le Maléfice cesse, me laissant tremblant, suffocant…
« Harry… Tu n'aurais pas dû me mentir… » susurre Voldemort, penché vers mon oreille…
« Je n'ai pas menti…. C'est un Âne Bâté… Un de vos partisans… » assure-je encore, dans un souffle tenu et haletant.
La sueur dégouline de mes cheveux trempés. Elle coule dans mes yeux qui picotent durement. Tout mon corps est mouillé aussi sûrement que si je l'avais offert à une pluie d'orage…
« Je sais, que c'est l'un de mes bons petits soldats. Mais tu as menti, quand tu affirmais que je pouvais faire ce que je voulais de lui, que tu n'en avais rien à… foutre… » répond Voldemort, d'un ton triomphant…
« Immonde salopard ! » gronde-je, la voix cassée, nouée…
Parrain et Ron avaient raison. J'aurais dû les écouter. J'aurais dû résister. Maintenant, par ma faute, Jérémy va souffrir à chaque occasion. Voldemort va se servir de lui pour faire pression sur moi. J'ai été faible. Je me suis fait avoir comme un con…
Voldemort éclate d'un rire glacé, en me regardant me débattre mollement entre les cordes tendues à craquer.
« Je ne peux pas encore jouir de ton corps, Harry, mais je pourrais jouir du sien… Regarde comme il est beau, jeune, tendre…» susurre-t-il, en dénudant complètement Jérémy, qui nous tourne le dos.
Il s'approche de lui, lui caresse les cheveux, puis sa main court sur son flanc, s'attarde à flatter lentement ses fesses.
« Comme son petit cul doit être bien serré… » souffle-t-il, en effleurant son anus.
Le petit, recroquevillé sur le lit, gémit et sanglote doucement, la tête enfouie dans ses bras. Je sens sa peur s'insinuer jusqu'à moi. Putain, pourrais-je lui épargner ça ?
« Sale pédophile ! Puissent les démons de l'enfer t'emporter sur le champ ! Espèce de monstre ! Laisse ce gosse tranquille ! Laisse-le ! » souffle-je, en fermant les yeux sur son regard flamboyant de joie froide
Des images explosent dans ma tête. Ce ne sont pas mes pensées, ce sont les siennes. Elles sont puissantes et lacèrent mon cerveau comme des lames glacées et brûlantes à la fois. Je me vois au travers des yeux de Voldemort. Mon corps nu, aux muscles saillants dégoulinant de sueur, tendu entre les cordes. Ma peau luisant d'un éclat doré sous la faible lueur des chandelles, qui confèrent une atmosphère feutrée et érotique à la cave…
Son regard s'attarde sur moi, me caresse et me dévore. Il brûle de me toucher et il bande très fort. Il s'approche de moi, tend la main et se rétracte. Il se débat contre lui-même et son désir. Il craint de ne pouvoir se contrôler s'il me touche.
Je prie le ciel, Merlin et tous les Anges du Paradis pour qu'il résiste.
Dans sa tête, c'est la folie. Des images de sexe qui se télescopent avec des images de grandeur et de conquête du monde…
Il me veut. Mais il ne doit pas corrompre mon corps avant le Rituel. Je dois rester pur et vierge. Son désir est cependant trop impérieux. Il brûle de goûter ma peau, de la caresser, d'effleurer mon sexe avec sa langue…
Cela ne peut pas me corrompre, n'est-ce ? Cela ne peut m'enlever ma pureté ?
Non, il ne doit pas. Il doit attendre Draco.
Il part en vrille. Son esprit s'envole vers celui de Nagini, quelque part dans le salon et il m'emmène avec lui. Salazar et Voldemort luttent pour dominer. Voldemort tente de raisonner Salazar. Il lui offre de prendre le petit. Mais Salazar est très fort aujourd'hui. Plus qu'il ne l'a jamais été. Son besoin de sexe est violent, frénétique. Il veut le rassasier. Tout de suite. Et ce n'est pas le petit qu'il veut, c'est moi.
Il veut me violer. Il veut me prendre tandis que je me débats contre lui. Mais il veut aussi tenter de me séduire, me caresser lentement, me sucer et que je le suce en retour. Il veut m'embrasser, que j'accueille sa langue dans ma bouche et lui rende son baiser. Son désir est trop fort, trop impérieux. Il veut voir mon cul s'épanouir comme une fleur, s'ouvrir pour lui. Il veut sentir son sexe étroitement serré à l'intérieur de mes chairs inviolées. Il veut aller et venir en moi. Jouir en moi.
Voldemort plie, sous le joug puissant de Salazar qui explose d'un désir exalté, frénétique, impétueux. Il perd le contrôle. Aucun de ses arguments ne peut le retenir. Il est vaincu et Salazar exulte. Il met fin au dialogue, revient dans la cave.
Et la main de Voldemort, dominé par Salazar, se lève. Ses doigts décharnés effleurent ma peau. Son visage aux yeux fermés s'étire sur un sourire avide, triomphant. Ses doigts glissent sur mon torse, descendent lentement vers mon sexe.
Je me sens près de défaillir sous cette caresse immonde qui me met le cœur au bord des lèvres.
Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! hurle-je dans ma tête, en essayant de me débattre, d'échapper à cette main qui me viole.
Mais les cordes me retiennent. Elles s'insinuent dans ma peau, coupent la circulation sanguine dans mes poignets et dans mes chevilles. Etirent mes bras et mes jambes dans une douleur atroce.
Loin, très loin, j'entends un cri de rage et de désespoir. Ron se précipite en avant mais se heurte à la Barrière de Protection. Il fonce plusieurs fois dedans, sans pouvoir la traverser. Parrain et Hermione l'aident autant qu'ils peuvent, lui offrent leur énergie pour qu'il puisse passer, mais ce n'est pas suffisant. Je ne sens pas Marraine. Elle est trop loin, trop faible aujourd'hui, pour m'être d'un quelconque secours.
Les doigts décharnés plongent dans ma toison. Il soupire de bien-être et tend son visage vers moi. Sa langue caresse mon menton, tandis que je renverse la tête à me casser la nuque pour lui échapper. Et dans un sursaut d'énergie désespéré, Ron déchire la Barrière de Protection et jette vers moi toutes ses forces. Je m'en saisis dans un hurlement fou de terreur à l'idée d'être violé, souillé par cet immonde salopard. Et, alors qu'il ose effleurer mon sexe, je lance ma tête en avant, cognant durement mon front sur son nez quasi-inexistant qui explose dans un craquement sinistre…
Il est rejeté en arrière. Il manque de tomber, presque assommé par le coup violent que je lui ai donné. Il lève une main incrédule vers son visage qui pisse le sang et, quand il constate qu'il saigne, il pousse un cri de rage. Ses Ondes Magiques tournoient dangereusement. Elles balayent la cave d'un vent violent qui renverse le fauteuil et les lits. Les cadres de bois se fracassent sur les murs et le plafond.
Et il lève sa baguette vers moi.
Le Doloris me frappe en pleine poitrine. Puissant, rageur, sauvage.
Il me broie entièrement, me disloque de toutes parts.
Puis suivent des coups de fouet qui tranchent ma peau, brûlent ma chair de leurs morsures féroces. Il me brise ensuite les poignets, les chevilles, tendant les cordes au maximum pour me faire souffrir davantage encore…
Sa rage est indomptable, implacable, farouche, aveugle et sourde. Il me roue de Maléfices avec frénésie et la douleur est telle que je n'arrive même plus à hurler, à peine à prendre mon souffle.
Ron est revenu. Il s'accroche à moi. Il hurle pour moi. Il prend autant qu'il peut ma douleur, la fait sienne, pour me soulager un peu.
Enfin, Salazar s'épuise et Voldemort peut arrêter son bras. Il l'admoneste, l'écrase de nouveau de sa puissance. Et au travers de son regard furieux, je vois mon corps brisé, brûlé, pissant le sang par de multiples plaies. La seule chose qu'il ait épargné, c'est mon visage.
La rage enfle encore en lui. Il m'en veut terriblement de l'avoir amené à me torturer ainsi, quand il voulait tellement me séduire.
D'un coup de baguette, il fait disparaître les vestiges de mon lit.
« Preston viendra te soigner plus tard, mais tu resteras ainsi, Harry ! Ce sera ta punition ! » siffle-t-il d'un ton glacial, avant de quitter rapidement la cave.
Je gémis. Mon corps brisé et écorché tremblant de froid, tressautant des vestiges des Doloris.
J'entends Ron sangloter. Il tente de me réchauffer mais il n'y parvient pas…
« Courage Harry… Je t'aime… » entends-je la voix si faible et si lointaine de Marraine me murmurer…
Je ferme les yeux sur des larmes brûlantes.
Voldemort a donné l'ordre que personne ne vienne dans la cave jusqu'à son retour, avant de partir, de Transplaner loin d'ici, libérant mes pensées de sa folie.
« Je t'aime bébé.. Je reviendrais, je reviendrais…» souffle Ron, avant de me quitter.
Le froid s'insinue plus profondément en moi. Je ne suis plus qu'épuisement et douleur…
Des sanglots résonnent en moi et dans la cave.
J'ouvre les yeux, relevant un peu ma tête qui roule sur mon épaule. Jérémy est recroquevillé dans un coin de la cave, enroulé dans une fine couverture, sur le matelas souillé qui lui tiendra désormais lieu de couche. Tout son corps tremblote sous les résidus de la douleur du Doloris, mais aussi de froid et de peur…
Il a entendu et vu la folie de Voldemort se déchaîner. Il a senti sa puissance et sa cruauté.
Je voudrais pouvoir le consoler, essayer de le rassurer.
Mais je ne peux pas. Je suis trop faible. J'ai trop mal.
Et la nuit m'aspire à elle, pour me soulager de ma douleur…
OoOoOoO
Draco
Je sanglote dans le giron de maman.
Harry a été salement torturé. Nous l'avons su dès que cela s'est produit.
Jamais le Dôme n'a été aussi noir, lourd et opaque. Traversé d'arcs électriques flamboyants. Balayé par un ouragan furieux.
Cela a duré plus d'une heure trente. Et il nous a été presque impossible de le contenir. Toutes les vitres ont explosé, une partie du mobilier a été balayé, Remus, Gabe et Lee ont été blessés, quand Hermione et Pa ont été brutalement éjectés.
Inconscients. Quasi vidés de leur Energie Magique. Blafards. Amaigris.
Quand enfin les Ondes se sont calmées, Dobby, pourtant aidée par une dizaine d'Elfes, s'est complètement effondré, brisé. Depuis il frissonne comme une feuille au vent.
Ron a les tempes blanchies, son corps est complètement meurtri, tendu comme sous l'effet d'un Doloris. Ses yeux enfoncés dans ses orbites sont cernés d'une ombre violacée. Il n'a presque plus d'énergie, lui non plus…
Quant à Tatie Nally, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle est grise et son visage se fripe comme une vieille pomme. Sa cuisse déchirée suinte d'une humeur sombre et nauséabonde, que rien ne peut arrêter.
Et cette fois, les Fées ne peuvent plus rien pour elle.
Elle se meurt. Les yeux grands ouverts. La respiration courte et discrète.
Sa main fine, translucide et glacée reposant sur la paume de Pa…
OoOoOoO
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