Disclaimer: cf chapitre 1
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Un grand merci à ma beta, Mistycal
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Réponses sur mon forum à : - Marina - Douceurfamille -
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De Sombres Jours 3/5
Jeudi 9 Janvier 1997
Acte 6 : Le Calice Du Repentant
Neville
Je cours dans le couloir, pieds nus, enroulé dans ma sortie de bain, les cheveux dégoulinants de la mousse dont je n'ai pas pris le temps de me débarrasser. Des élèves très matinaux, qui reviennent de la volière, me regardent passer, l'air de se dire que je suis devenu fou.
Quel con ! Mais quel con je suis !
Comment n'ai-je pas pensé à ça plus tôt ?
Pourvu qu'il ne soit pas trop tard !
J'entre en trombe dans l'infirmerie silencieuse et me rue vers l'annexe.
« La Goodyera Repens ! » m'écrie-je, en entrant.
Et comme tout le monde me regarde les yeux ronds, je précise, avec frénésie :
« La Goodyera Repens, bon sang ! C'est une orchidée originaire de Suède, dont le cœur libère des larmes de sève aux puissantes propriétés curatives ! Les Elfes Guérisseurs s'en servent pour contrer les effets néfastes de la Magie Noire ! Il y en a au Village des Elfes de maison ! Il faut aller en chercher ! Et trouver un Elfe guérisseur ! Ça peut sauver Tatie Nally ! »
Mon regard erre automatiquement vers elle. Elle ne semble ni pire, ni mieux qu'il y a une demi-heure, quand je suis parti prendre ma douche. Tonton Sev la couve d'un regard infiniment triste et mon cœur se serre dans ma poitrine…
C'est son anniversaire aujourd'hui. Et il a l'air d'avoir pris dix ans d'un seul coup.
« Je connais la Goodyera Repens, Neville. L'onguent que nous utilisons en contient en quantité importante. La dose maximale… » dit-il doucement, l'air brisé
Je me sens assommé. Mes jambes sont coupées.
Je me laisse tomber sur le canapé, à côté de Luna qui vient se couler contre moi. Je pose ma joue sur ses cheveux, humant leur odeur pour me réconforter le cœur. Mais il reste lourd. Plein de larmes contenues.
Je croyais arriver avec une bonne nouvelle, un bon espoir.
J'ai l'impression d'avoir sonné le glas…
C'est injuste. Profondément.
La porte s'ouvre silencieusement. Greg et Vincent entrent. Ils ne disent rien. Vincent vient s'asseoir à côté de moi et il sort son carnet de croquis. C'est sa façon de gérer l'attente. Il dessine toutes les personnes qui sont dans la pièce. Dans des moments passés, qui se sont gravés dans sa mémoire. Ou dans le présent, selon son désir et son humeur.
Greg, à son habitude, reste debout. Il monte la garde, sans bouger d'un cil.
Il s'est posté entre Ron et Roi Dobby, qui se fait dorloter par Dyna.
Ron s'est recroquevillé en chien de fusil. Ses joues creusées sont mangées par sa barbe de quatre jours et, dans l'ombre mouvante des chandelles, avec ses tempes blanchies et ses yeux creusés ombrés par de grands cernes, il fait pitié à voir…
Il a passé une nuit affreuse. Harry souffre, il le sent et il souffre avec lui. C'est une véritable torture pour lui. D'autant plus qu'il n'arrive pas à le rejoindre dans ses pensées, dans son cœur. Il est trop affaibli. Comme Hermione et Tonton Sev. Aucun n'a pu récupérer assez d'énergie Magique pour entrer en Communion et aller vers Harry. Et depuis leur retour à la conscience, ils ont à peine somnolé quelques minutes de temps en temps.
Le chagrin les ronge, les dévore vivants. Ils font terriblement peine à voir...
Autant que Tatie Nally, que l'on reconnait si peu, dans la mort qui vient nous l'enlever à petit feu…
C'est un supplice de les voir ainsi et de ne rien pouvoir faire pour les aider, alléger leur chagrin. Mais comment le pourrions-nous, quand nous sommes si chagrinés nous-même ?
Je ne sais pas combien de temps nous restons silencieux, plongés dans nos mornes pensées. Mais je fais un bond quand un plop sonore retentit.
C'est un Elfe qui vient d'arriver. Je ne le connais pas.
« Kreattur ? » murmure Hermione, en redressant avec peine la tête de ses oreillers.
Elle a l'air surprise, sous son teint maladif. Et elle se met soudainement à trembler en regardant l'Elfe qui fixe le lit, l'air absent, en hochant simplement la tête pour acquiescer.
« Kreattur… Il n'est rien arrivé à Harry, n'est-ce pas ? » s'enquiert-elle, d'un ton fiévreux et enroué, tandis que Ron essaye de se redresser, l'air plus angoissé encore qu'il l'était déjà.
Greg se précipite pour l'aider à s'adosser sur ses oreillers.
Je me demande pourquoi Hermione pose cette question à cette Elfe, quand je me souviens brusquement qu'il appartient à Harry. Il lui a été légué, à la mort de Sirius…
« Kreattur ne sait rien de son Maître Harry Potter. Kreattur n'est pas venu pour lui. Il est ici pour la Grande Dame… Mais Kreattur ne peux rien faire, si son Maître Harry Potter n'est pas d'accord. » répond l'Elfe, d'un ton un peu brusque, sur la défensive dirait-on
Non, pas sur la défensive. Inquiet et sur la réserve.
« Harry n'est pas ici. Il est captif de Voldemort… » soupire Hermione, en se laissant aller sur ses oreillers, des larmes débordant de ses yeux cernés.
« La Sorcière Moldue n'a pas besoin de le dire. Kreattur sait. Alors, Kreattur demande à son compagnon rouquin l'autorisation. » déclare l'Elfe, en se tournant vers Ron.
Ron lève un sourcil. Son visage blafard chiffonné sur une expression méfiante. Je comprends pourquoi. Je sais que Kreattur a menti à Harry, lui affirmant que Sirius n'était pas au QG. C'est à cause de son mensonge, que nous sommes allés au Département des Mystères, pensant que Sirius était là-bas et que Voldemort le torturait. A cause de son mensonge, que Sirius est venu pour nous sauver, avec l'Ordre du Phénix. Et qu'il est mort…
Alors moi non plus, je ne pourrais pas faire confiance à cet Elfe.
« L'autorisation de faire quoi ? » demande Ron, de sa voix cassée, sur un ton qui traduit toute sa suspicion
« D'aider la Grande Dame. » répond l'Elfe d'un ton bourru
« Je ne peux pas parler à la place de Harry, même si je pense qu'il serait d'accord, après s'être assuré qu'il ne s'agit pas d'une entourloupe, bien sûr… » déclare Ron, en plissant ses yeux bouffis de toutes les larmes qu'il a versées cette nuit
L'Elfe se redresse et fixe Ron droit dans les yeux, une lueur un peu sauvage dans le regard. Il semble blessé. Presque torturé.
« Le rouquin peut autoriser Kreattur, parce que son cœur ne fait qu'un, avec celui de son Maître Harry Potter. Et Kreattur ne veut pas faire d'entourloupe. Il veut sauver la Grande Dame. Kreattur sait que son Maître Harry Potter serait content que Kreattur le fasse. » assure-t-il en relevant la pointe de son menton, ses oreilles agitées
Ron, sourcil haussé, tourne son regard vers Roi Dobby, l'air de demander si Kreattur dit la vérité, à propos de l'autorisation. Roi Dobby acquiesce, d'un simple hochement de tête. Il fixe Kreattur d'un regard bizarre. Comme s'il savait ce que son congénère a dans la tête et qu'il en concevait du respect pour lui, même s'il ne s'attendait pas à cela de sa part.
« Pourquoi ferais-tu quelque chose qui ferait plaisir à Harry ? » s'enquiert alors Ron, de plus en plus dubitatif.
« Kreattur ne veut pas sauver la Grande Dame pour faire plaisir à son Maître Harry Potter. Il veut le faire pour lui-même et pour la Grande Dame. » répond l'Elfe avec brusquerie et franchise…
« Pour te faire plaisir ? » demande encore Ron, avec une moue incertaine
L'Elfe ne répond pas tout de suite. Il semble ruminer durant quelques secondes.
« Kreattur ne veut plus répondre au rouquin de son Maître Harry Potter. Parce que le rouquin veut l'humilier. » lâche-t-il finalement, d'un ton vaguement contrarié.
Malheureux surtout. Je le vois à l'affaissement de ses épaules. A la courbure de sa nuque. C'est comme si on venait de briser un rêve important pour lui.
Cela m'intrigue. Et quelque part au fond de moi, je sens qu'il est sincère. Qu'il veut vraiment aider Tatie Nally. Cependant je comprends que Ron prenne des précautions. J'en ferais autant. Et Tonton Sev serait le premier à en prendre, lui aussi. Il ne foncerait pas tête baissée, même s'il s'agit de sauver Tatie Nally. Sauf peut-être dans une bataille, bien sûr…
« Je ne veux pas t'humilier. Mais tu as trahi Sirius, l'Ordre du Phénix et Harry par le passé. Et Sirius est mort à la suite de cette trahison. Alors je veux m'assurer que tu ne feras pas de mal à la Marraine de Harry, ni à Harry lui-même. Je trouve étrange que ce soit seulement maintenant que tu viennes proposer tes services pour sauver Tatie Nally. Et comment peux-tu la sauver ? Pourquoi toi ? Pourquoi pas un autre Elfe ? » déclare Ron, en radoucissant un peu son ton, l'air infiniment las.
Kreattur baisse furtivement la tête, les oreilles furieusement agitées, comme en proie à un terrible tourment. Un débat intérieur important. Puis son regard se perd un instant dans le vague et peu à peu ses oreilles se calment.
Son visage se lisse aussi. Il semble soudainement débarrassé d'un poids. Apaisé. Bien plus ouvert. Il a pris une décision. Il a fait un choix. Il va se dévoiler entièrement. Je le sens. Il va nous confier ce qui est si important pour lui. Ses motivations profondes…
« La Grande Dame ne doit pas mourir. Kreattur peux la sauver, car il a des fautes à racheter. Il a manqué à ses devoirs envers son Maître et il a fait affront à son Peuple en rendant service à la servante du Sorcier Noir, pour piéger Harry Potter. Maintenant, Kreattur a décidé de boire le Calice du Repentant. C'est la seule chance pour Kreattur, de retrouver son honneur et de pouvoir rejoindre ses ancêtres, le front haut. Et Kreattur s'est préparé comme le veut la Tradition, depuis trois jours. Il n'a pas mangé, il n'a pas bu. Il a médité, il s'est baigné dans le lever du Soleil et celui de la Lune. Il a appelé la clémence des Etoiles. Et maintenant, Kreattur est prêt, pour boire le Calice du Repentant et prendre le mal de la Grande Dame. » répond-il finalement, d'un ton presque extatique.
Hermione sursaute et écarquille les yeux, tandis que Ron soupire…
Je relâche mon souffle, que j'avais suspendu. Je comprends maintenant que Kreattur ait hésité à confier cela devant tout le monde. Reconnaitre ses fautes en public, doit être bien difficile… Décider de se sacrifier, plus encore…
« Tu vas donner ta vie, pour sauver sa vie, c'est cela ? » demande Ron, dans un murmure à peine audible.
« Peut-être, peut-être pas. Mais Kreattur est prêt à mourir s'il doit mourir, pour sauver la Grande Dame et mériter de retrouver son honneur. Kreattur veut boire le Calice du Repentant. » affirme l'Elfe, en relevant le front, avant d'ajouter : « Le rouquin donne-t-il son autorisation ? »
« Tu es en droit de te rebeller, Kreattur et de décider toi-même de ton avenir. Alors pourquoi me demander l'autorisation ? » demande encore Ron, toute son attention tendue vers l'Elfe de maison qui ne quitte pas son regard
« Parce que c'est important pour Kreattur. Il a pris une décision et choisi de se soumettre à la volonté de son Maître. Il doit avoir l'autorisation de Maître Harry Potter. S'il ne l'a pas, boire le Calice du Repentant n'aura plus de sens pour lui. Car Kreattur n'aura pas eu son pardon. » répond l'Elfe, les mains légèrement tremblantes.
« Son pardon ? En quoi te donner l'autorisation de sacrifier ta vie constitue-t-il un pardon ? » s'enquiert Ron, quand je me posais la même question.
« Un Maître peut-il confier la vie d'une personne qu'il aime à son Elfe, s'il ne lui accorde pas sa confiance ? » demande en retour Kreattur.
« Non. Bien sûr que non. » répond Ron, sourcils froncés
« Alors, si un Elfe trahit son Maître et qu'après cela, son Maître lui accorde de nouveau sa confiance, n'est-ce pas parce qu'il lui a pardonné sa faute ? » demande encore Kreattur, en battant doucement des oreilles.
« Eh bien… A moins qu'il ne soit terriblement naïf… Oui, je suppose que oui, il lui a pardonné. » répond Ron, le regard un peu dans le vague.
« Alors, si son Maître Harry Potter accepte de confier la vie de la Grande Dame à Kreattur, c'est qu'il lui a pardonné. » répond Kreattur, d'un ton doux.
« Donc, ce que tu veux, c'est que je te pardonne au nom de Harry et que je te confie la vie de sa Marraine… En même temps que je te donne l'autorisation de sacrifier ta santé au mieux ou ta vie au pire, pour racheter ton honneur perdu, à tes yeux et celui de ton peuple. » résume Ron, en fixant Kreattur de son regard clair et triste
Kreattur hoche simplement la tête pour acquiescer.
Ron soupire encore une fois et il fourrage dans ses cheveux. Il regarde Tatie Nally, dont les yeux couleur océan ombrageux fixent le plafond sans le voir, puis Tonton Sev qui scrute le mur opposé, comme pour ne pas l'influencer dans sa décision, une larme coulant sur sa joue. Hermione prend la main de Ron et la serre doucement. Il lui sourit avec tendresse avant de déglutir péniblement.
Je ne voudrais pas être à sa place. C'est une décision terriblement difficile à prendre, que d'accorder de nouveau sa confiance en un être qui a trahi déjà, au prix de la vie d'un être cher. Comment être certain, que Kreattur n'est pas en train de se jouer de chacun ici ?
Sur un autre plan, il s'agit de dire : oui, vas-y, sacrifie ta vie, pour sauver quelqu'un que j'aime. Non, c'est pas facile du tout…
« Harry n'aimerait pas l'idée d'échanger une vie pour une autre vie. Et ce serait un terrible dilemme pour lui, aussi tentante que puisse être ta proposition. Car enfin, quelqu'un qui n'y regarderait pas à deux fois, lui dirait, pourquoi hésiter ? Ouais, après tout, il t'a fait du mal et tu aimes profondément ta Marraine, alors s'il veut se sacrifier, qu'il se sacrifie, ce ne sera pas une grosse perte ! Mais je subodore que pour que ce que tu veux faire fonctionne, il faut que le pardon soit sincère, n'est-ce pas ? » déclare Ron, en fixant de nouveau Kreattur.
Kreattur acquiesce encore une fois d'un simple hochement de tête.
« Ouais… C'est bien ce que je pensais. Et tout ça c'est aussi un sacré dilemme pour moi… Mais je sais qu'après avoir bien réfléchi à tout ça, finalement, Harry se demanderait : qui suis-je, pour décider ? Ai-je le droit d'empêcher Kreattur de racheter ses fautes et de retrouver son honneur ? De lui refuser mon pardon, quand son repentir me semble sincère ? Il dirait également : peut-être que je fais une bêtise et que tu vas encore nous trahir, Kreattur, mais je vais t'accorder ma confiance alors fais ce que tu veux faire, Kreattur, si tu penses que c'est le mieux pour toi. Et c'est ce que je dis également. En toute sincérité. » décide Ron, les yeux brillants de larmes et la gorge nouée.
Tonton Sev ferme les yeux et serre doucement la main de Tatie dans la sienne.
« Le rouquin donne l'autorisation à Kreattur ? Il donne son pardon sincère ? » demande l'Elfe, ses yeux globuleux écarquillés sur l'incertitude.
Il semble ne pas en croire ses oreilles…
« Oui, Je te donne l'autorisation, au nom de Harry. Tu as son pardon, je te l'offre de tout cœur, pas seulement pour sauver Tatie Nally, mais également pour que tu retrouves honneur à tes propres yeux et ceux de ton peuple. Tu peux boire le Calice du Repentant en toute sérénité, si tel est ton désir. » affirme Ron, en se recalant sur ses oreillers.
« Kreattur remercie le rouquin de son Maître Harry Potter ! Il prend son pardon, comme celui de son Maître ! Kreattur est heureux, d'être autorisé à boire le Calice du Repentant ! » s'exclame Kreattur, dont le visage affiche une telle sérénité joyeuse, que je ne doute absolument plus que Ron ait eu raison de lui accorder sa confiance.
L'Elfe se tourne maintenant vers Dobby et pose un genou en terre, avant de courber la tête
« Kreattur souhaite boire le Calice du Repentant, pour prendre le mal de la Grande Dame. Il retrouvera ainsi l'honneur qu'il a perdu en trahissant son Maître. Il demande humblement à son Roi, de respecter sa volonté et de lui présenter le Calice.» dit-il, avec humilité.
« Roi Dobby respecte la volonté de Kreattur. » répond Dobby, avant de fermer les yeux
Il semble se concentrer un bref instant, puis il claque des doigts et, dans un Plop discret, un nouvel Elfe arrive.
Je reconnais en lui, le vieil Elfe qui a présidé la cérémonie de son mariage avec Dyna. Il est revêtu d'une toge à liseré d'argent fermé par une broche sertie de petits rubis. Et il porte un plateau d'or, sur lequel reposent une imposante coupe de cristal, deux flacons, une pince d'argent et des linges soigneusement pliés.
Dobby se lève du petit lit sur lequel il était allongé et, appuyé sur le bras de Dyna, il se dirige en silence vers Tatie Nally. Kreattur vient se placer à ses côtés et ensemble ils saluent Tatie d'un signe de tête profond.
Tonton Sev se penche alors un peu au-dessus de Tatie et tend le bras. Il pose sa main sur l'épaule de Kreattur qui relève les yeux vers lui.
« Merci, Kreattur. Je te suis infiniment reconnaissant du sacrifice que tu vas faire, en mon nom et au nom de mon épouse bienaimée. » souffle-t-il, le regard bouleversé.
« Kreattur est honoré de boire le Calice du Repentant pour sauver la Grande Dame. La Grande Dame a été très bonne avec Kreattur et ses Ancêtres. En envoyant leur tête rejoindre les restes de leurs dépouilles elle a permis à Kreattur de procéder à leurs Funérailles Traditionnelles. Ainsi, les Ancêtres de Kreattur ont pu enfin reposer en paix, leur âme ne dérive plus dans les Limbes des Ombres Eternelles. Et quand viendra son heure, Kreattur pourra reposer en leur compagnie, le front haut et respecté des siens. Juste pour cela, la Grande Dame mérite amplement que Kreattur se sacrifie pour elle, en prenant son mal.» déclare Kreattur, avec un sourire sincère.
« Tu as aussi mon respect, Kreattur. Et celui de Nally. » affirme Tonton Sev, en lui pressant l'épaule, avant d'ajouter : « Tu auras aussi celui de Harry, quand il apprendra ton sincère repentir. »
Kreattur bat doucement des oreilles, la tête un peu penchée.
« Si Kreattur ne peux pas le faire, est-ce que le professeur pourra dire à son Maître, que Kreattur a racheté ses fautes et retrouvé son honneur ? » s'enquiert-il, avec une lueur d'espoir
« J'espère sincèrement que tu pourras le faire toi-même. Mais si ce n'est pas le cas, je le ferais pour toi. » répond Tonton Sev, avec un sourire doux.
Kreattur le remercie d'un simple hochement de tête et Tonton Sev lâche son épaule, pour se reposer sur ses oreillers, l'air terriblement fatigué et quelque peu soulagé aussi…
Kreattur tend la main et caresse du bout des doigts celle de Tatie Nally, avant de la saisir et de l'embrasser. Puis il semble hésiter, ses oreilles doucement agitées, avant de se décaler un peu et de fixer son regard sur Hermione.
« Kreattur regrette d'avoir été impoli avec la Sorcière Moldue, qui était pourtant gentille avec lui. Est-ce que la Sorcière Moldue pardonne à Kreattur ? » demande-t-il, d'une voix légèrement tremblante.
« Oui, Kreattur, du fond du cœur. » répond Hermione, visiblement très émue.
Kreattur se détend et sourit à Hermione, avant de tourner son regard vers Ron.
« Kreattur remercie encore le rouquin de son Maître Harry Potter, de lui permettre de boire le Calice du Repentant. Kreattur lui sera éternellement reconnaissant de cette grande faveur.» assure-t-il, en inclinant le buste.
« Pas de quoi, Kreattur. Je te pardonne moi aussi, d'avoir été désagréable avec moi et toute ma famille. Je pense pouvoir affirmer que toutes celles et ceux avec qui tu l'as été te pardonnent…. Mais si je puis me permettre, je ne m'appelle pas « le rouquin de son Maître Harry Potter », mais Ron ou Ronald, comme tu veux. D'accord ? » répond Ron, dans un souffle doux.
« Oui, Maître Ronald » acquiesce Kreattur, avant de se tourner vers Roi Dobby pour ajouter : « Kreattur est prêt. Il veut boire le Calice maintenant. »
Dobby hoche la tête et il prend un linge sur le plateau posé sur une petite console, près d'un fauteuil haut à dossier droit, que le vieil Elfe a fait venir. Il le déplie, révélant une tunique simple et toute blanche, dont il revêt Kreattur. Le torchon dont ce dernier était vêtu tombe à ses pieds et le vieil Elfe le fait disparaitre d'un claquement de doigts discret.
Roi Dobby invite maintenant Kreattur à s'asseoir sur le fauteuil que le maître de cérémonie, a préparé tantôt, le tendant d'une fine couverture bleu-nuit constellée d'étoiles, de lunes et de soleil d'or et d'argent, puis d'un drap aussi azur qu'un ciel d'été.
Kreattur s'installe et le vieil Elfe le cale avec des oreillers moelleux, rabat le drap et la couverture sur ses jambes, avant de verser dans la coupe de cristal, le contenu de l'une des deux fioles. C'est un liquide épais, d'une couleur violet profond. Il s'écoule avec lenteur, s'étalant avec langueur d'un bord à l'autre de la coupe.
Le vieil Elfe attend que la dernière goutte soit tombée du flacon, avant de donner la coupe à Roi Dobby. Roi Dobby la lève au-dessus de sa tête penchée, en marmonnant dans le langage Elfique.
Bientôt, des volutes de fumée s'élèvent de la coupe et le liquide bouillonne doucement. Le maitre de cérémonie se met à chanter et Dyna chante avec lui, tandis que Kreattur ferme les yeux, bras croisés sur sa poitrine et son visage paisible tendu d'un doux sourire.
Dobby entonne le chant à son tour, puis il baisse la coupe et vient la présenter au-dessus de la jambe de Tatie Nally. Le liquide, dans la coupe, bouillonne toujours, mais la fumée, jusqu'alors d'un beau gris argenté, s'assombrit. Elle devient progressivement d'un pourpre profond. Et quand la couleur est stabilisée, le vieil Elfe ouvre le second flacon et, à l'aide de la pince d'argent, il prélève une petite pierre ronde et granuleuse, de couleur laiteuse. Il la dépose délicatement à la surface du liquide bouillonnant, qui l'avale avec lenteur. Et quand elle disparait tout à fait à l'intérieur, il se produit comme une sorte de chuintement plaintif.
Roi Dobby écarte la coupe, la prend à deux mains et la ramène contre sa poitrine, avant de saluer Tatie Nally. Puis il vient se placer devant Kreattur. Et le chant cesse.
Kreattur ouvre les yeux. La sérénité ne l'a pas quitté. Il fixe son regard sur la coupe.
« Roi Dobby présente le Calice du Repentant à Kreattur. » déclare Roi Dobby, en tendant la coupe à deux mains vers Kreattur.
« Kreattur est honoré de recevoir le Calice du Repentant des mains de son Roi » affirme Kreattur, avant de tendre les mains, pour prendre la coupe.
Il la lève avec précaution, les yeux fermés et semble prononcer un vœu avant de la porter à ses lèvres et d'en boire le contenu. Quand tout est bu jusqu'à la dernière goutte, il redonne le Calice à Dobby et se cale bien entre ses oreillers.
Et il semble s'endormir doucement, paisiblement.
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Acte 7 : Sentiment d'Abandon
Harry
J'ai mal.
Partout.
D'une douleur diffuse, insidieuse, parfois traversée de coups de poignards lancinants. Mes bras sont tendus vers le plafond depuis des heures maintenant et j'ai de plus en plus de mal à respirer. J'ai l'impression que l'air ne veut plus ni entrer, ni sortir de mes poumons. Qu'il y a de l'eau dedans et que je me noie dans une douleur vive et cuisante…
Et j'ai froid, terriblement froid. J'ai la sensation d'être pris dans la glace, alors que mes os sont en feu. Mes poignets, mes chevilles surtout. Qui sont étirés, arrachés cruellement par les cordes tendues.
Je ne suis pas cloué sur une croix, mais je comprends la souffrance de ce Jésus Christ, dont j'ai entendu parler les rares fois où tante Pétunia m'a emmené à l'Eglise. Combien de temps a-t-il souffert comme ça avant de mourir ?
Ron, mon cœur, viens me voir s'il te plait. Tu me manques tellement !
Pourquoi n'es-tu pas venu me voir cette nuit ? J'ai tellement besoin de toi ! De ta force !
De ton amour…
Ça remue dans un coin, quelque part devant moi. C'est Jérémy. Il a remué beaucoup cette nuit. Il gémissait aussi, se débattait parfois. Il a fait des cauchemars.
Il pleure maintenant. Il renifle. Entortillé dans la couverture et recroquevillé sur lui-même.
Il a peur et il se sent seul. Abandonné.
Je n'ai pas la force de l'appeler pour lui parler. Ma gorge brûle. Ma bouche est sèche. J'ai si soif…
Voldemort vient de franchir le portail, son serpent sur les épaules. Il remonte l'allée à vive allure. Il est toujours furieux. Il n'a pas dormi. Il a ruminé sa colère sans pouvoir s'en défaire.
Alors il a conçu un plan, pour me faire plier. Pour me faire venir à lui.
Il entre dans le Manoir et appelle ses trois esclaves. Ils arrivent très vite en courant. Echevelés, la mise en pagaille. Il sent l'odeur du sexe sur Preston et la mère de Blaise. Ça renforce sa colère.
Mais il ne les punit pas. Il a besoin de leurs services. Plus tard, ils payeront cher cependant de l'avoir nargué ainsi. Il les somme tous les trois d'aller s'habiller et de le rejoindre très vite dans la cave, avec tout ce qu'il faut pour me soigner …
Il vient à grandes enjambées vers moi. Son pas vif claque dans les escaliers. Jérémy gémit et se redresse, sur le qui-vive. Sa peur suinte par tous ses pores. Il pisse dans la couverture sans pouvoir se retenir.
La clé tourne dans la serrure. Jérémy se camouffle prestement sous sa couverture. Il suspend son souffle, se fait minuscule, presque invisible.
La porte s'ouvre à la volée et Voldemort entre.
Je me vois, au travers de ses yeux. Il regarde mon dos et mes fesses meurtris, blessés. Mes chevilles et mes poignets gonflés, rouge foncé. Il pince les lèvres. Il pense que j'ai mérité ma punition. Mais il me veut la peau lisse et douce. Il me veut intact et beau…
Il me veut physiquement en forme et fougueux. Vigoureux.
Il aime en revanche la position dans laquelle je suis. Bras tendus vers le plafond, jambes écartées vers les murs, fesses entrouvertes. Son imagination court. Il se voit plaqué contre mon dos, son sexe érigé lové entre mes fesses, ses mains caressant ma poitrine et mon ventre, flirtant avec mon sexe tendu de désir pour lui, mais ne le touchant pas. Je me tortille entre ses bras, des suppliques impudiques à la bouche, tandis que sa langue glisse sur ma clavicule. Puis il se saisit de mes hanches et il pénètre en moi, avec un indicible plaisir…
Je suis pris d'un hoquet et je vomis.
Je ressens ses pensées comme un viol, une profonde souillure. Et je vomis encore.
Viens m'aider, Ron, je t'en supplie ! Donne-moi des forces pour faire barrage à ces pensées immondes ! S'il te plait, Ron, je t'en prie ! Pourquoi ne réponds-tu pas ? Tu m'as pourtant promis que tu reviendrais ! Ne m'abandonne pas, je t'en prie !
Bruit de course dans le couloir.
« Nous voilà, Maître ! » s'exclame la mère de Blaise, haletante, interrompant brusquement les pensées salaces de Voldemort
Il se retourne, furieux. Il était près de jouir, sans même avoir eu besoin de se toucher, ni de me toucher. Et leur brusque arrivée l'a fait débander.
Il ordonne à Preston de me soigner et de me donner une Potion de Nutrition. Et aux femmes de mettre de l'ordre dans la cave. Il ne veut plus de cette puanteur indigne, qui est une infamie pour ses narines délicates, qu'elles se débrouillent pour la faire disparaître.
« Et l'enfant, Maître ? » demande la Gorgone, qui vient de découvrir Jérémy du tas de couverture.
Il est nu, tremblant, entourant de ses bras serrés, ses jambes ramenées sous son menton.
« Il reste ici. Je vais avoir besoin de ses services. Lave le ! Il pue ! » siffle Voldemort, en regardant Preston me jeter des Sorts de Diagnostic.
Ce dernier grimace mais n'ose rien dire…
« Parle ! » ordonne Voldemort, en avançant d'un pas vers lui.
« Si je puis me permettre, votre Seigneurie, il faudrait relâcher un peu les cordes. Ses bras sont trop tendus vers le haut. Il finira par se noyer avec ses sécrétions, s'il reste dans cette position. » se risque à formuler Preston.
Voldemort est enragé de son audace. Pour qui se prend cet insignifiant personnage, pour lui donner ainsi des conseils ! Des ordres implicites. Il le payera cher, très cher, quand viendra le moment.
Mais pour l'heure, il me veut en vie et il relâche tous mes liens.
Je tombe au sol en gémissant. Preston s'empresse de vider les sécrétions de mes poumons et d'enrayer l'infection débutante. Puis il me fait léviter au-dessus d'un baquet d'eau que la Goule Venimeuse a préparé. Je suis lavé prestement. Je profite d'un petit jet d'eau au moment où il me rince, pour m'humecter la bouche. Ça fait du bien à ma gorge brûlante. Mais déjà Preston me sèche avant de me reposer sur le sol de pierres glacées.
Je n'ai pas le droit à un matelas, ni a de douces serviettes cette fois. Il l'a bien compris.
« Je ne veux pas qu'il ait de cicatrice trop visible, tu m'entends ! » explose Voldemort, en regardant Preston qui s'apprête à fermer mes plaies.
« Oui, Monseigneur. » répond le Médicomage, en se concentrant sur sa tâche.
Il referme mes plaies avec soin, prenant le temps de les oindre d'un Onguent qui calme leur brûlure et prévient toute infection. Il étale du baume sur mes hématomes pour les faire disparaître en quelques heures. Enfin, il s'occupe de mes fractures, avec une Potion cette fois.
Ça fait mal, nettement moins qu'hier, quand il m'a jeté le Sort, mais ça fait quand même terriblement mal. Et cette fois je suis seul pour gérer cette douleur. Ni Ron, ni Marraine, ni Parrain, ni Hermione ne sont là. Leur présence me manque cruellement.
Et je suis si fatigué !
Où êtes-vous ? Pourquoi n'êtes-vous pas là ? Qu'est-ce qui vous empêche de venir ?
Je gémis, je laisse couler mes larmes.
Preston me fait avaler une Potion de Nutrition qui redonne à mon corps un peu de vigueur.
« Il sera totalement guéri dans quelques heures. » annonce-t-il, en se relevant.
« Bien. Harvey, tu veilleras sur la santé de Potter chaque matin et tu lui donneras une Potion de Nutrition à cette occasion. Chhaya, tu te chargeras d'apporter toi-même les repas. Qu'ils soient un peu nourris tous les deux, deux fois par jour. Je veux qu'il y ait toujours de l'eau fraîche à disposition. Tu les laveras tous les deux, matin et soir. Et tu nettoieras cet endroit. Je ne veux pas que ce soit une bauge infâme quand j'y viens ! Et tu feras tout cela toi-même. Je ne veux plus qu'il y ait d'Elfe de maison ici, tu m'entends ? » ordonne Voldemort, d'un ton sifflant et lourd de menaces.
« Oui, Maître » acquiesce la Goule Venimeuse, en courbant l'échine.
« Partez maintenant ! Laissez-moi seul avec eux ! Chhaya, apporte de quoi nourrir l'enfant et de l'eau ! Immédiatement ! » siffle encore Voldemort, en tournant le dos au trio.
Je saisis le regard affolé de Jérémy, assis dans le coin, sur le matelas qui a été nettoyé par la mère de Blaise. Il craint ce qui va se produire, maintenant que les autres sont partis.
Voldemort ordonne à Nagini de quitter ses épaules et il fait apparaître un fauteuil. Il s'assoit dedans, croisant les jambes et faisant rouler sa baguette entre ses doigts, le regard lointain. Il attend que la Goule Venimeuse apporte ce qu'il a demandé.
Elle ne tarde pas à revenir avec un plateau sur lequel il y a une assiette de porridge trop liquide, une cuillère en bois, un pot d'eau et un gobelet. Elle pose le tout devant Jérémy et s'en va.
Jérémy n'ose pas bouger. Son regard est fixé sur Nagini, lové aux pieds de son Maître. Il est nerveux. Il roule et déroule ses anneaux. Il sent la colère de son Maître et la craint. Il a faim aussi. Il espère pouvoir manger bientôt. Il sent des odeurs de rongeurs dans les alentours, qui le mettent cruellement en appétit. Il se demande si son maître va lui offrir l'un de ses prisonniers en repas. Il l'espère.
Voldemort prolonge le silence durant quelques minutes, puis il tourne son regard vers Jérémy
« Mange ! Ou c'est Nagini qui te mangera ! » ordonne-t-il d'un ton impératif et froid.
Jérémy se jette sur la nourriture. Il avale tout très vite, boit de l'eau à grands traits. Voldemort le regarde faire, mi- amusé, mi- dégouté. Puis il reporte son attention sur moi. Il laisse courir ses yeux sur mon corps. Son sexe durcit aussitôt.
Un ordre en Fourchelang et Nagini rampe vers moi. Il glisse sur mon corps en une reptation lente. Il est heureux. Il pense qu'il va pouvoir me manger et se régale déjà. Son poids pèse lourd sur ma poitrine et sur mon ventre, bloque ma respiration. Je sens sa langue fourchue darder ma peau. Le gout lui plait et il met beaucoup d'ardeur à la gouter. Ça excite Voldemort qui le dirige avec des ordres précis. Il descend peu à peu vers mon sexe. Je révulse mes yeux et je me cabre. Je tente de rouler sur le côté, pour échapper à Nagini, en criant de rage.
Voldemort rit. Il ordonne à Nagini d'aller dans un coin de la cave. Le serpent lui obéit, déçu.
Voldemort me fait léviter jusqu'à lui. J'ai soudainement la sensation que des mains puissantes me saisissent et me manipulent comme une marionnette. Elles me mettent à genoux à ses pieds.
Voldemort se penche et glisse ses doigts squelettiques sous mon menton. Il relève mon visage vers lui. Il veut voir mes réactions dans mes yeux.
« C'est ainsi que je te veux, Harry… » susurre-t-il, d'un ton doux, presque tendre.
« Jamais je ne me mettrais ainsi de mon propre gré ! » souffle-je, la voix enrouée, à demi cassée, avec toute la hargne que je peux, tandis que je sens le regard de Jérémy fixé sur moi.
« Tu le feras pourtant. Et tu en seras heureux... » assure Voldemort, en laissant ses doigts redessiner ma bouche.
Je cherche à lui échapper. Mais cet immonde bâtard m'a immobilisé d'un Sort puissant et je n'ai pas suffisamment d'énergie pour lutter contre lui et le défaire. Je ne peux que remuer la tête…
« Jamais ! » souffle-je encore, avant d'essayer de le mordre.
Voldemort retire promptement ses doigts. Il rit. Ça l'amuse de me voir me débattre. Et il me jette quelques petits Sorts cuisants, histoire de me punir et de s'amuser encore. Nagini glisse vers moi. Il vient s'enrouler autour de mon corps. Il comprime tour à tour mon ventre, mes cuisses, ma poitrine. Sa gueule s'ouvre devant mon visage, exhalant son haleine puante, en un feulement menaçant. Sa queue fouette l'air pour venir me gifler à plusieurs reprises.
Enfin, Voldemort se lasse du jeu. Il donne l'ordre à Nagini de se retirer dans son coin.
« Harry, épargne-toi des souffrances inutiles. Reconnais que je suis plus fort que toi et abdique… » murmure-t-il en approchant son visage du mien…
Il reste cependant à distance respectueuse. Le coup de boule que je lui ai flanqué hier lui a suffi. Il ne se risquera pas trop près cette fois…
« Donne-moi une baguette ou bats-toi à mains nues contre moi et on verra bien lequel de nous deux est le plus fort ! Espèce de lâche ! » le mets-je au défi, bien que mon corps épuisé me permettrait à peine de tenir debout.
Il rit encore une fois.
« Comme tu es présomptueux, mon petit Démon ! Comme tu te débats, inutilement ! On dirait un petit insecte, pris dans une toile d'araignée. Et comme le petit insecte ne peut se défaire de la toile, tu ne t'échapperas pas cette fois, Harry. Personne ne sait où tu es. Personne ne viendra à ton secours… » déclare-t-il d'un ton triomphant.
Je ne réponds pas. Je me contente de le fusiller d'un regard furieux. Toutes mes pensées se tournent un bref instant vers Ron, Hermione, Parrain et Marraine. Où sont-ils ? Que font-ils ? Pourquoi ne viennent-ils pas me soutenir ?
Il saisit leur image dans mes pensées, que je n'ai pas su protéger…
« Non, Harry, ils ne viendront pas. Même s'ils savaient où tu es, ils ne pourraient t'atteindre. Le veulent-ils seulement ? Après tout, il semble qu'ils ne mettent pas beaucoup d'ardeur à te chercher. Tout juste si quelques Aurors le font… » assure Voldemort, en me caressant la joue.
Je ne me laisserai pas avoir par cette manœuvre perfide. Je sais qu'il ment. Que Ron, Marraine, Hermione et Parrain dépensent toute leur énergie pour moi. Que tous les Membres de l'Ordre du Phénix doivent être sur les dents. Mais le fait est que je me sens un peu seul, face à lui. Un peu abandonné…
S'il vous plait, venez me communiquer votre force !
« Ils viendront au moment où tu ne t'y attends pas ! » affirme-je, avec toute la conviction qu'il m'est possible.
« Non, Harry… Ils ne viendront pas. Personne ne viendra. Et tu seras à jamais à moi… » affirme-t-il, ses doigts glissant dans mon cou, puis sur ma poitrine.
Je sais ce qu'il veut faire. Et je ne vais pas le laisser faire. Quitte à en mourir.
Et comme je ne peux rien faire de plus, je lui crache à la figure.
Mon crachat atteint son œil droit et il se fige.
Ses narines palpitent et, tandis que ma salive dégouline sur sa joue, il me gifle avec force. A deux reprises.
« Sale petit Démon ! » siffle-t-il avec fureur en s'essuyant le visage d'un revers de manche.
Il se lève avec brusquerie, renversant son fauteuil et je me prends un Doloris qui m'écrase, me triture les entrailles, torture mes muscles. Je hurle ma douleur. Je pleure ma souffrance. Quelques-uns de mes os à peine ressoudés craquent. Puis je suis de nouveau suspendu, écartelé.
Il me fouette. Prenant cependant garde à ne pas déchirer ma peau, cette fois. Il veut me corriger, pas me tuer et il retient sa puissance…
Je ne sais pas combien de coups je reçois, mais ils cessent soudainement, laissant mon corps cuisant, palpitant de douleur. Les cordes se relâchent un peu et je tombe à genoux, si brusquement que j'ai l'impression que mes rotules explosent sous l'impact. Je tente de ramener mes bras contre moi, mais les cordes me laissent peu de liberté de mouvement et j'échoue.
Je sens le regard de Voldemort sur ma nuque. Il est satisfait de me voir ainsi soumis.
Je ne veux pas lui donner satisfaction. Alors dans un effort surhumain, je relève mon visage et je le darde avec toute la défiance qu'il me reste. Il fulmine, mais retient son bras. Il a un autre projet pour moi. Qui me fera terriblement souffrir mais me gardera intact. Physiquement.
« Toi, viens ici… » siffle-t-il, en direction de Jérémy.
Mon cœur bat la chamade. Je crains par-dessus tout ce qu'il va faire au gamin.
Jérémy se lève en trébuchant à demi sur la couverture dont il s'est enroulé.
« Laisse cette couverture ! » siffle encore Voldemort, les mâchoires crispées d'impatience
Jérémy obéit. Il tremble. Sa frayeur est évidente. Il vacille sur ses jambes et avance trop lentement au gout de Voldemort qui se retourne brusquement sur lui. Il l'amène à sa hauteur d'un coup de baguette et quand il le relâche, Jérémy tombe. Son regard apeuré croise le mien et il se relève aussi vite qu'il le peut.
Voldemort laisse passer quelques secondes. Il rassemble ses esprits, cherche à dominer sa colère. Et pour le faire, il se convainc lui-même que son plan est infaillible.
Son regard tombe sur Jérémy, qui se tient debout, tête basse, main croisée pudiquement sur son sexe. Et cette vision l'émoustille, le séduit.
Le fait bander très fort…
Sans même y penser réellement, il relève le fauteuil d'un geste négligent de la main. Il y prend place avec lenteur, son regard luisant de concupiscence dépravée fixé sur Jérémy. Il est près, tout près. Il n'a qu'à tendre le bras et il pourra toucher la chair tendre, palper les fesses, masturber le sexe encore glabre.
Des images plus que précises se dessinent dans son esprit, me révulsant le cœur et l'estomac.
Et tandis que je vomis, il avance la main. Il touche Jérémy.
Au travers de mes larmes, je vois la bouche de Jérémy s'ouvrir sur un cri de frayeur muet. Ses larmes désespérées déborder de ses yeux.
« Fous-lui la paix ! Ne le touche pas ! Ne le touche pas, salopard ! » me révolte-je, en ruant dans mes liens.
Voldemort sursaute à mes cris. Et je comprends qu'il s'était complètement déconnecté de la réalité, à son regard hagard. Il se reprend et s'admoneste pour sa faiblesse, tout en me jetant un nouveau Doloris qui ne dure pas longtemps cependant…
Le temps qu'il se lève de son fauteuil.
Il fait venir à lui un gobelet d'eau, sort une fiole de sa poche et y verse une dizaine de gouttes d'une Potion verte. Puis il m'empoigne les cheveux et fixe son regard dans le mien.
« Cette potion va te faire vivre tous tes pires cauchemars, Harry. Tu n'auras pas un instant de paix, aussi longtemps que tu me résisteras. Si un jour tu le revois, tu pourras remercier le traître Snape, avant de le tuer. C'est sa création… » dit-il, avant de se tourner vers Jérémy pour ajouter : « Chaque heure, une sonnerie t'indiqueras que tu dois lui donner dix gouttes de cette potion, mélangée à un gobelet d'eau fraiche. Il ne pourra résister au désir de la boire… Chaque heure, jusqu'à ce que je revienne… Je le saurais, si tu ne le fais pas… Et tu seras très sévèrement puni. Compris ? »
Jérémy hoche la tête, les yeux écarquillés de terreur pure. Et Voldemort, satisfait, force mes lèvres pour me faire boire la Potion.
J'essaye de la recracher, mais à peine les premières gouttes d'eau sur ma langue, je me sens pris d'une soif inextinguible. Et j'avale tout avec avidité, me maudissant de ne pas résister…
Merlin ! Parrain ! Ron ! Marraine ! Hermione ! Venez, s'il vous plait, venez !
Et ma dernière pensée cohérente s'envole, pour laisser place aux cauchemars, dans lesquels j'entends le rire glacé de Voldemort triompher…
OoOoOoO
Théo
Putain de merde !
Harry s'est encore fait torturer ! Ron l'a senti. Il s'est battu pour essayer de le rejoindre mais il n'a pas pu. Il a crié. Fort. Longtemps. Et on ne pouvait rien faire pour lui. Maintenant il sanglote, recroquevillé contre Hermione.
J'ai mal pour lui. Pour Harry.
Je ressens les coups comme si j'y étais.
Comme si j'étais encore là-bas, dans les Cachots Perdus, quand Pansy nous a torturés, Draco et moi.
On s'est accroché l'un à l'autre, tout le temps où Ron criait. La gorge serrée. Pleurant silencieusement. Je suis sûr que comme moi, Draco avait des flashs, des souvenirs de là-bas, dans les Cachots Perdus.
Ça fait mal, putain !
Mon frère.
Mes frères.
Je les aime. Je ne veux pas les perdre. Ils sont ma famille.
Je n'ai pas aimé quelqu'un comme je les aime, depuis que Maman est morte.
Ginny c'est différent. C'est la moitié sans laquelle je ne peux plus vivre.
Harry et Draco, ce sont mes frères. A qui je peux tout dire, sans être jugé, ni rejeté. Ils m'ont ouvert au monde. A la vie. Ils m'ont appris à rire. A avoir confiance en moi. Ils m'ont soutenu dans les moments difficiles. Ils ont été heureux pour moi, quand mon bonheur est venu. Ils me protègent, comme je les protège. Et s'ils pensent que je fais le con, ils me le disent. Ils me consolent quand je ne vais pas bien. Ils me secouent, ils m'encouragent quand il le faut. Et si on se fâche, ce n'est jamais que pour quelques minutes.
Ce sont mes frères.
Mes frères.
Et l'un d'eux souffre terriblement aujourd'hui. Tout seul, loin de moi et de Draco. Loin de Ron, qui l'aime à en crever.
Qui en crève, là, sous nos yeux.
Pourquoi doit-on vivre tout ça ?
Pourquoi doit-on souffrir ? Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ?
On a jamais fait de mal à personne, nous !
Ou si on en a fait, ce n'était pas exprès.
Même si nos pensées n'ont pas toujours été pures… Innocentes…
Ron gémit. Mon bide se tord. Hermione pleure silencieusement en serrant la tête de Ron, contre sa poitrine. Elle lui caresse les cheveux. Le dos. Elle essaye de le réconforter. Draco serre ma main. Il relève sa tête, qu'il avait appuyée contre mon épaule, sur le qui-vive. Tout comme moi il redoute d'entendre les cris de Ron. Ses sanglots déchirants. Ses plaintes.
De voir son visage grimacer. Se tordre de douleur.
Son corps se cabrer, se contorsionner, se contracter, se crisper. Se débattre, lutter contre un ennemi invisible.
Ses moments d'accalmie sont rares. Poignants. Car il pleure et sanglote comme un enfant.
Je détourne les yeux.
Je ne veux plus le voir ainsi. Ça fait trop mal.
Mon regard glisse vers Tonton Sev.
Il est malheureux, lui aussi. Comme tout le monde ici.
Je remarque quelques fils blancs dans ses cheveux. Il n'en avait pas avant. Ses yeux sont fermés, mais je sais qu'il ne dort pas. Sa respiration me le dit. Sa main crispée sur le drap aussi. Une larme brille au coin de son œil droit. C'est toujours de cet œil là qu'il pleure.
Jamais je n'aurais cru le voir pleurer un jour il y a quelques mois. Ni rire.
Il était toujours si froid et insensible. Il paraissait si mauvais, cruel, sans cœur.
Je sais aujourd'hui que son cœur saignait à l'intérieur. Qu'il gardait tout enfermé dedans, souffrant tout seul. Amer, aigri en apparence. Alors qu'il est si profondément humain. Sensible. Courageux.
Aujourd'hui, son cœur saigne à l'extérieur. Il souffre ouvertement. Pour Harry. Pour Tatie Nally, qu'il aime plus que tout. Il en mourrait, s'il elle mourrait. Je le sais. Je le vois. Ses forces le quitteraient, si elle partait. Elle est sa raison de lutter pour vivre. Pour faire un monde plus beau, débarrassé de la noirceur et des Ténèbres. Il ne pourra pas manger, il ne pourra pas dormir, aussi longtemps qu'elle ne reviendra pas à elle. Tant que la vie n'animera pas de nouveau ses traits.
Près de six heures maintenant, que Kreattur a bu le Calice du Repentant. On pourrait penser qu'il ne s'est rien produit depuis et que son repentir n'était pas assez puissant, pour que son vœu de sauver Tatie Nally et de prendre son mal, se réalise. Ses yeux sont toujours grands ouverts, vides de la moindre étincelle de vie, fixés sur le plafond. Cernés de noir profond. Son teint est toujours gris, ses lèvres bleues, ses joues amaigries. Sa peau fripée, ses cheveux ternes. Son nez pincé. Sa respiration superficielle, ses mains glacées. La plaie qui déchire sa cuisse, suintante d'une humeur noire, nauséabonde. Abondante. Visqueuse.
Mais moi, je vois une infime différence. Pas pour elle. Pour Kreattur…
Son air est toujours paisible, souriant à peine avec douceur. Ses mains croisées sur sa poitrine se soulèvent à son rythme inchangé de respiration. Son teint est égal. Mais deux ridules, plus fines que les cheveux d'un bébé, se dessinent lentement sur son front.
Le mal de Tatie s'empare de lui. Avec une langueur infinie. Comme un prédateur cruel qui fait durer le plaisir de la capture. Qui répugne à quitter sa proie pour une autre.
Richard revient dans l'annexe.
Il était parti voir ses autres malades. Miho, Cooper et deux autres élèves qui ne sont pas encore remis de leurs traumatismes crâniens. Son regard englobe Ron, Hermione, Tonton Sev et Tatie Nally. Il secoue la tête, passe une main dans ses cheveux. Il a l'air épuisé. Il aurait besoin de repos lui aussi.
Qui n'en aurait pas besoin, parmi nous ?
Mais nous ne pourrons pas le trouver, aussi longtemps que la situation dure.
« Harry… Non, bébé, non… Tout cela est faux… Ce n'est pas vrai, bébé, ce n'est pas vrai… » gémit Ron, dans un murmure.
Sa main est crispée, sur la chemise de nuit d'Hermione. Si fort, que le tissu craque un peu.
Ginny pleure. Elle se réfugie dans les bras de Fred et Georges, qui sont venus en renfort aujourd'hui. Ils sont pâles tous les deux. Leurs tâches de rousseur ressortent fort. Moi, je m'accroche plus fort à Draco.
Putain, il doit bien y avoir un moyen de sortir Harry de là-bas ! De mettre fin à son calvaire !
Et celui de Ron.
Au nôtre…
« Que se passe-t-il, Ron ? Bon sang, que se passe-t-il, encore ? » murmure à peine Hermione.
« Il fait des cauchemars. Harry est réveillé mais il n'arrête pas de faire d'horribles cauchemars... Il nous voit morts, torturés… Il nous voit l'abandonner... Et tout le reste… Les tortures… et tout…» répond Ron, entre deux sanglots…
« Ce n'est pas normal, ça… » souffle à peine Draco…
« Non, ça ne l'est pas. » souffle en retour Tonton Sev, plus blafard que jamais.
Il ferme les yeux, très fort. Il a l'air de se sentir coupable…
« Le salopard… Il l'avait encore… » ajoute-t-il, en cachant ses mains dans son visage…
« Quoi ? » demande Fred, en alerte, prêt à bondir de sa chaise dirait-on.
« Une Potion que j'ai créé à sa demande, lors de la première guerre. Elle provoque des cauchemars, même quand on est réveillé. Je n'ai pas pu la lui refuser, même si j'ai mis longtemps avant de la lui donner. Je croyais qu'il ne l'avait plus. Je croyais qu'il avait tout utilisé, je ne savais pas sur qui. Il en était satisfait et il m'avait demandé d'en refaire, la veille d'Halloween. Je ne lui en ai pas remis, puisqu'il a disparu… Mais il en avait encore… Et il en donne à Harry… Ou lui en fait donner. Car il faut en donner toutes les heures, les premiers jours, si l'on veut prolonger son effet. Merlin… Harry souffre à cause de moi… » répond Tonton Sev, l'air anéanti…
On se regarde tous, déglutissant difficilement. Catastrophés.
C'est horrible ce qu'il se passe.
Harry souffre, à cause d'une Potion créée par Tonton Sev…
Richard soupire.
Il se dirige vers la table, sur laquelle il a stocké des Potions et des Onguents de Soins. Il prend un flacon, verse un peu de Potion dans des verres, posés sur un plateau. Puis il se dirige vers le lit, le plateau dans les mains.
« Vous allez prendre de la Potion de Sommeil Sans Rêve. » déclare-t-il, d'une voix autoritaire.
Tonton Sev le regarde, comme s'il venait de dire une énormité. Ron secoue la tête pour refuser.
« Non… Je ne laisserai pas Harry souffrir tout seul… » dit-il, dans un hoquet.
Les larmes coulent de nouveau abondamment de ses yeux, si bouffis qu'on les voit à peine. On dirait qu'il s'est fait boxer la figure…
« Oh, si, tu vas en prendre. Vous avez besoin de récupérer, de reconstituer vos réserves Magiques. Si vous ne le faites pas, Harry sera vraiment seul bientôt. Tu ne pourras pas le rejoindre. Et tu ne pourras plus le sentir non plus. Nally a également besoin que vous dormiez. Je pense que le processus qui permet à Kreattur de prendre son mal, s'accélérera, si elle n'est plus affectée par vos émotions. Alors vous allez prendre cette fichue Potion de votre plein gré ou je vous assomme et vous la fait ingurgiter de force. » affirme Richard, d'un ton sans réplique.
Hermione est la première à tendre sa main. Ron hésite, puis accepte de prendre le verre que Richard lui présente.
Il ferme les yeux et je suis certain qu'il essaye d'envoyer un message à Harry, avant de boire la Potion.
Tonton Sev est plus difficile à convaincre. Il soutient le regard de Richard. Un bon moment. Mais c'est tout de même Richard, qui gagne.
Et Tonton Sev s'endort, comme l'ont fait Ron et Hermione, à peine la tête posée sur l'oreiller.
Je m'apprête à m'installer confortablement, avant de prendre une part de Potion, car je suis certain qu'on ne va pas y couper non plus et je ne voudrais pas me casser la figure durant mon sommeil ou me réveiller avec la nuque tourmentée par un torticolis.
« Draco, Théo, Blaise et Ginny, il est plus que temps que vous fassiez une bonne nuit de sommeil, vous aussi ! Alors, vous prenez un verre de Potion et vous allez dans vos dortoirs ! Vous avalerez votre Potion là-bas ! Les autres, partez et ne revenez que Samedi matin ! J'ai mis assez de Potion dans leur verre, pour qu'ils dorment jusque-là ! Oust, dehors tout le monde !» ordonne Richard, d'un ton sec.
« Quoi ! Non ! C'est hors de question ! Je ne bougerai pas d'ici ! » s'insurge Draco, avec fermeté.
Il n'a pas le temps de remuer le petit doigt, qu'il s'effondre contre moi. Endormi, d'un coup de Baguette énergique, par Richard, qui lui fait ensuite passer la Potion par les narines, avant d'appeler un Elfe et de lui demander d'emmener mon frère dans son lit.
« D'autres amateurs ? » demande Richard, en toisant tout le monde avec sévérité.
Nous secouons tous la tête et nous levons. Les Membres de l'Ordre s'en vont, non sans dire à Richard qu'ils le contacteront régulièrement par l'intermédiaire du Miroir Magique. Greg et Vincent s'éclipsent sans bruit. Tout comme Neville, Phillipa, Claryce, Eddy et Gil. J'en ferais bien autant, si Pompom ne montait pas la garde près de la porte, l'œil sévère.
On pouvait compter sur elle, pour être complice de Richard sur ce coup là !
Je me lève le dernier et j'avance derrière Blaise. La mort dans l'âme.
Je comprends les motivations de Richard, mais quand même, il aurait pu nous laisser rester ici, Draco et moi. Après tout, Harry est notre frère. Et si l'on dort d'un Sommeil Sans Rêve, on n'aura pas d'émotion et notre présence ne perturberait pas Tatie.…
« Blaise, si je te retrouve dans le lit à côté de Miho, je t'assure que tu ne mettras plus un pied à l'infirmerie ! Compris ! » affirme Richard, en fixant mon ami droit dans les yeux.
Blaise, qui s'apprêtait à prendre son verre de Potion, se fige, le dos raidi. Puis ses épaules se détendent.
« D'accord » dit-il, d'un ton neutre, en prenant son verre.
Mais je le connais bien, depuis le temps qu'on partage le même dortoir. Il a une idée derrière la tête, j'en suis certain.
« Et si par hasard vous venez subitement à être malade ou à vous fracturer accidentellement un membre ou deux, nous vous envoyons à Ste Mangouste, Monsieur Zabini ! » s'exclame Pompom, d'un ton qui claque comme un coup de fouet.
Bon, ben, Pompom le connaît bien, elle aussi. Et Blaise grimace quand il se retourne vers moi. Sûr qu'il avait déjà en tête un moyen de se faire admettre à l'infirmerie.
« Comptez également que nous avons le moyen de savoir si vous avez obéi et pris cette Potion. Si vous ne le faites pas, vous serez interdits d'infirmerie tous les trois, c'est clair ? » assène Richard, avant que nous sortions de l'annexe, Ginny, Blaise et moi.
« Limpide… » répondons-nous d'une même voix un peu bougonne.
Nous allons embrasser Miho, qui ne se décide toujours pas à revenir parmi nous. Puis Blaise et moi raccompagnons Ginny jusqu'à la Tour Gryffondor, avant d'emprunter les Passages Internes, à pas lents et lourds.
Quand nous arrivons dans notre Quartier Général, tout le monde est déjà au courant que nous nous sommes fait jetés par Richard.
« Richard et Pompom, n'ont pas vu que les Jumeaux se sont planqués dans la salle de bains de l'annexe. Je leur ai filé mon Miroir. On va établir un tour de garde. Un groupe se tiendra prêt en permanence, dans la réserve, près de l'infirmerie. A la moindre alerte, nous serons sur place en deux secondes. » déclare Neville, qui a eu la chance d'échapper à la Potion.
Il affiche un grand sourire. Heureux du stratagème.
« Bien joué mon pote ! Nous devons prendre la Potion, mais compte sur nous pour vous rejoindre dès que nous nous réveillons ! » m'exclame-je, avant d'entraîner Blaise vers notre chambrée.
Plus vite nous boirons la Potion et plus vite nous nous réveillerons…
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