Disclaimer: cf chapitre 1

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Mistycal est ma super beta

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Réponse sur mon forum pour : - Douceurfamille -

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De Sombres Jours 4/5

Vendredi 10 Janvier 1997

Acte 8 : Cauchemars

Harry

Je flotte entre deux eaux opaques. Il n'y a aucun bruit. Je ne sens pas mon corps. C'est terriblement angoissant.

Soudainement les eaux se déchirent et je tombe sur du sable brûlant. Le soleil est haut. Il n'y a pas un nuage dans le ciel. Au loin, l'horizon tremblote. Je me lève et je marche longtemps. Je monte une dune. C'est difficile, le sable se dérobe sous mes pieds. Mais j'atteins quand même le sommet. Il y a une forme en bas. Je me précipite vers elle. Je trébuche et je roule jusqu'au pied de la dune. Je me redresse, mais je n'arrive pas à me lever. Alors je rampe vers la forme. C'est une personne, allongée sur le ventre. Je ne vois pas sa tête, enfouie entre ses bras. Je tends la main et la pose sur son épaule. Elle est chaude, presque brûlée par le soleil. Je la secoue. Elle ne réagit pas. Je rassemble mes forces, pour la retourner.

C'est Marraine.

Sa cuisse est ouverte en deux et complètement noire. Ses yeux sont fixes. Elle ne respire plus. Elle est morte.

Je lève la tête vers le ciel, les yeux fermés. Et je crie. Je crie. Je crie. Et quand ma voix se brise, je baisse la tête, j'ouvre les yeux.

Je ne suis plus sur le sable, mais au milieu d'un champ. L'herbe est foulée, piétinée. Il y a des corps morts, partout.

Ron, Hermione, Parrain, Draco, Théo, Blaise, Neville, tous les Weasley, Remus, Miho…

Ils sont tous morts.

Je hurle. Si fort que le silence explose comme du verre et tous les morceaux fusent vers moi. Ils se plantent dans ma chair, me découpent la peau. Me crèvent les yeux. La nuit m'emporte, comme le vent emporte les feuilles d'automne. Je tournoie et je vrille. Et autour de moi, les corps morts de ceux que j'aime tournoient aussi. Ils s'éloignent de moi. Inexorablement. Je voudrais rester avec eux, mourir avec eux. Mais le vent du silence nous sépare à jamais…

Je me réveille en sursaut. Je suis dans mon lit à Poudlard. Moite de sueur, haletant. Ron est à côté de moi. Il dort paisiblement. Je suis heureux. C'était un cauchemar. J'ai la gorge nouée. J'ai besoin de tendresse. De parler de ce rêve terrible que je viens de faire. Je réveille Ron en l'appelant doucement. Il ouvre les yeux sur moi. Il me demande ce qui ne va pas. Je lui raconte mon cauchemar.

« Tu sais ce que cela veut dire, Harry ? » me demande-t-il, en se levant de son lit pour s'approcher de moi et me regarder dans les yeux.

« Non… » réponds-je, le cœur battant à tout rompre.

Il y a une lueur étrange dans ses yeux. Une lueur rougeâtre que je n'ai jamais vue dedans.

Et qui me fait peur…

« Cela signifie que nous en avons tous assez de toi. Et que nous allons tous partir. T'abandonner. Pour toujours. Tu ne nous reverras plus. Jamais. » dit-il, d'un ton dur.

« Non… » souffle-je, en niant de la tête.

« Si. Nous en avons assez de risquer nos vies pour toi. Tout le monde meurt à cause de toi. Ta Marraine est morte, Harry. C'est pour cela qu'elle ne vient plus te voir. Et je ne viendrais plus non plus. Adieu Harry ! » dit-il encore, avant de me tourner le dos et de partir, me laissant seul, abandonné…

« Non ! Ron ! Rooooooooooooooon ! Ne me laisse pas ! Ne me laisse pas je t'en prie ! Roooooooooooon ! » hurle-je, en essayant de courir vers lui, pour le rattraper.

Mais les draps me retiennent et je me débats de toutes mes forces en criant, pour tâcher de leur échapper. Et tout bascule autour de moi. Je tombe dans un puits, je me débats cette fois pour essayer de rester à la surface de l'eau qui bouillonne à gros bouillons, tandis que des trombes d'eau glacées tombent sur ma tête. Je suffoque. J'ouvre la bouche pour essayer d'aspirer de l'air, mais c'est de l'eau qui vient et je tousse, je crache. Je lutte pour ne pas me noyer…

Un rire…

Je le connais. Je l'ai entendu plusieurs fois déjà.

C'est celui de la Goule Venimeuse.

Je suis dans une cave. Des cordes me retiennent prisonniers.

La Goule Venimeuse m'asperge d'eau pour me laver…

Depuis combien de temps suis-je ici ? Je ne sais pas. Je perds la notion du temps. Je fais sans cesse des cauchemars qui me laissent chaque fois plus épuisé. Mes périodes de semi-conscience sont brèves. Si brèves. Si douloureuses aussi.

Pour mon corps, pour mon cœur.

Et cette fois le cauchemar me laisse plus brisé encore. Car je sais qu'il contenait un fond de vérité.

Marraine est morte.

Elle a épuisé ses forces. La Magie Noire des Protections du Manoir s'est emparé d'elle et l'a tuée. C'est pour cela qu'elle ne vient plus. Ron, Hermione et Parrain non plus. Elle ne peut plus les aider à venir vers moi…

Je ne la verrais plus jamais.

Au plus profond de moi je le savais déjà avant de faire ce cauchemar, je ne voulais pas voir la vérité, mais je le savais.

J'ai bien senti combien elle était faible. Epuisée. J'ai bien entendu son désespoir dans sa voix, quand elle m'a dit je t'aime. Elle savait qu'elle en mourrait de venir m'apporter son réconfort, mais elle est venue quand même. Elle s'est sacrifiée, en prenant une part de ma douleur…

Marraine… Ma maman de cœur.

Le chagrin m'étouffe. Il me brise. Me réduit en miettes et m'anéantit.

Pourquoi faut-il toujours que les gens que j'aime meurent ? Qu'ils me laissent avec ce grand trou vide dans la poitrine ? Le sentiment profond que plus jamais le jour ne se lèvera et que j'errerai dans une nuit permanente.

Ron. Mon amour. Ressens-tu encore ma présence dans ton cœur ? Ressens-tu ma souffrance ? Peux-tu entendre mes pensées ? Mes cris.

Je t'aime, mon cœur. Je t'aime si fort. Ne m'abandonne pas je t'en prie !

Ton amour est la seule chose qui retienne mon esprit et m'empêche de devenir fou.

Une sonnerie.

Mon cœur s'affole. Mon répit est fini. Jérémy va venir et me donner la Potion à boire. La peur dans ses yeux rougis, picotants de sommeil insatisfait. Il approche. Sa main tremble. Il redresse ma tête avec la paume de sa main. Mais ma tête est trop lourde, pour son bras épuisé, elle glisse sur sa main moite et elle roule sur le côté.

« Il va me faire mal si tu ne bois pas. Alors bois, s'il te plait… » gémit le petit, suppliant.

Il redresse ma tête, dans un gros effort, bloquant sa respiration. Je ne lui oppose pas de résistance, je n'en ai pas la force. Et puis je ne veux pas que Voldemort lui fasse du mal. Il approche le gobelet de mes lèvres.

Je ne veux pas la boire. Je ne veux pas la boire. Je ne veux pas la… L'eau touche mes lèvres, s'insinue entre mes dents. J'ai soif, si soif, trop soif et l'eau est si fraîche, si tentante. Je la bois goulument.

Le monde tourne et bascule. Quelque chose rampe sur moi. C'est Nagini. Il enroule ses anneaux autour de moi. Doucement, lentement, amoureusement. Il approche sa gueule de mon visage et l'ouvre. La tête de Voldemort en sort et sa langue vient me lécher le cou. Puis elle glisse tout le long de ma gorge, de ma poitrine, de mon ventre et il effleure mon sexe.

Je me rue, je me débats. Mais les anneaux de Nagini me retiennent prisonniers. Il me cloue contre Voldemort qui me viole. Et plus je crie et plus il est heureux. La Goule Venimeuse, la Gorgone et Preston sont là aussi. Ils rient. Ils me frappent. Ils applaudissent quand des larmes roulent sur mes joues.

« Et le petit ? » demande la Gorgonne.

« J'ai besoin de lui. » répond Voldemort, avant de faire venir Jérémy d'un coup de Baguette.

Jérémy tombe à quatre pattes. Son regard affolé croise le mien. Voldemort le saisit par les hanches. Son sexe est dressé. Il va s'enfoncer en lui…

« Non ! Nooooooooooon ! Laisse-le salaud ! Laisse ce gosse ! Ne le touche pas ! » hurle-je, en ruant, en griffant la peau de Nagini.

Mes doigts s'enfoncent sous ses écailles et je les arrache. Le serpent feule de rage et il se cabre. Sa gueule s'abat vers moi. Elle m'engloutit. Il fait noir. De l'acide me brûle la peau. La douleur est atroce. Mais je ne peux rien faire pour m'en écarter. Je m'enfonce lentement à l'intérieur de Nagini. Ses muscles se contractent autour de moi et me poussent toujours plus profondément.

Je débouche finalement dans une grotte. C'est celle dans laquelle Roi Dobby s'est marié. Tous les Elfes dansent des danses tribales. Je danse avec eux. Avec frénésie. La fièvre monte, puissante, envoutante. Soudainement une lumière éclatante me pénètre. Elle me possède entièrement avant de jaillir de mes mains, brillant de mille feux. Elle tournoie dans un vent violent, avant de s'insinuer dans les parois, les stalactites et les stalagmites. Me laissant seul dans un lac de sang sur lequel surnagent les corps des Elfes décapités. Je suis effaré, hébété par ce que je viens de faire. La paroi s'ouvre en face de moi. Voldemort apparait et il me tend la main. Je cours, je m'enfuis. Mais partout je me heurte aux cadavres des Elfes. Je glisse, je trébuche sur leurs têtes qui me fixent de leurs yeux globuleux vitreux. Je tombe, je me noie dans leur sang. Je suis aspiré par un siphon. J'ai beau me débattre, je ne puis lui échapper.

Il m'emporte, il m'attire dans le centre de la terre. Tout est flammes autour de moi. Je brûle et je hurle. Ma peau se cloque, elle grille, elle craquelle.

Une main blafarde se tend vers moi.

« Viens avec moi, sois mien et ce cauchemar cessera… » susurre Voldemort à mon oreille.

« Non… Non… Plutôt mourir… Plutôt mourir… »

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Neville

Les jumeaux viennent de me faire savoir que Richard est parti faire une sieste et que Pompom est occupée dans son bureau.

Je me glisse en catimini dans l'infirmerie.

Mon regard cherche automatiquement Tatie Nally. Les jumeaux ont dit vrai. Elle a l'air mieux. Son visage est plus lisse. Son teint moins gris. Sous le drap, sa jambe suinte toujours, mais le liquide noir et visqueux n'est plus aussi abondant.

Pour Kreattur, en revanche, ce n'est pas la grande forme. Son sommeil n'est plus paisible, visiblement. Il semble souffrir. Je tends la main et j'écarte sa couverture et son drap, je soulève doucement sa tunique. Une ligne rouge se profile sur sa cuisse gauche. Exactement au même endroit et de la même forme que la blessure de Tatie Nally…

« Etonnant, n'est-ce pas ? » chuchote Fred, en tapotant l'un des oreillers de Kreattur pour lui redonner du moelleux.

Ses gestes sont doux, presque tendres quand il le remet en place.

J'acquiesce en silence.

Je rabats la tunique, je remets le drap et la couverture en place, prenant soin de bien border le petit Elfe, puis je me tourne vers le lit.

Au-delà de Tatie Nally, Tonton Sev a meilleure mine lui aussi. Tout au moins, il commence à avoir l'air un peu reposé. Même chose pour Hermione. Pour Ron, c'est moins évident. Peut-être à cause de ses tempes grises et de sa barbe qui lui mange les joues. Peut-être aussi parce qu'il a davantage morflé qu'Hermione et Tonton.

Il remue dans son sommeil. Fred et George nous ont dit que de temps en temps il gémit, comme s'il rêvait quand même, malgré la Potion. Je me dis que c'est possible. Son amour pour Harry est si puissant, qu'il parvient peut-être jusqu'à lui, à partager ses cauchemars…

Le miroir qui me relie à notre QG de Poudlard vibre. Je le lève devant mes yeux.

« Pompom bouge dans son bureau ! » me prévient Marian, qui fait le guet près de la Carte.

Aussi sec Fred et Georges se retirent dans un coin et se Désillusionnent. Moi, je me précipite vers la porte, l'ouvre prestement et je sors vite fait. Pompom surgit de son bureau au moment où je viens juste de refermer la porte.

« Que faites-vous ici, Monsieur Longdubat ! » s'exclame-t-elle dans mon dos…

Je lâche doucement la poignée de porte et me tourne vers elle, prenant mon air le plus innocent. Elle me regarde de son air sévère, inflexible.

« Je venais aux nouvelles, Madame Pomfresh… » réponds-je, d'un ton tristounet.

« Pas de visite avant demain matin ! Filez ! » m'ordonne-t-elle, les poings sur les hanches, les lèvres pincées.

« Comment vont-ils, s'il vous plait ? » m'enquiers-je, comme si je ne le savais pas.

Mais si je ne le demandais pas, elle aurait immédiatement des soupçons et serait capable de poser une alarme sur la porte pour s'assurer que personne ne vient troubler le repos de ses précieux patients.

« Ils se reposent et ils vont mieux. Sauf Kreattur, bien sûr, dont la santé décline de plus en plus. Et maintenant que vous avez votre réponse, sortez d'ici et prévenez tous les autres que c'est inutile de défiler ici ! » répond Pompom, en me montrant la porte de sortie de l'infirmerie du doigt.

« Même pour voir Miho ? Est-ce que je peux l'embrasser, avant de partir ? Si Blaise sait que je suis venu et que je ne l'ai pas fait, il va me tuer. » demande-je encore, avec une moue un peu suppliante…

Pompom soupire.

« Quelle bande de comédiens ! Décidément, il n'y en a pas un pour racheter l'autre ! » s'exclame-t-elle les yeux au ciel, avant de laisser son regard s'égarer du côté de Miho et d'ajouter sur un nouveau soupir : « C'est bon, allez-y, embrassez là. Mais que ce ne soit pas un défilé, vous m'avez compris ! Pas plus de deux ou trois à la fois, pour venir lui rendre visite. Et interdiction totale de franchir la porte de l'annexe ! »

Et elle me tourne brusquement le dos, pour entrer dans l'annexe.

Je souris. Elle s'adoucit, Pompom, à notre contact…

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Nuit du Vendredi 10 au Samedi 11 Janvier 1997

Harry

Il fait sombre. Il fait froid. Je tremble. J'ai mal partout. La fièvre me dévore. J'ai faim. J'ai soif.

Quelqu'un gémit. Pleure doucement. Appelle au secours.

Je tâtonne dans l'ombre, pour m'approcher de cette personne. Elle est recroquevillée contre un mur suintant et semble beaucoup souffrir. Mon cœur se déchire quand je vois enfin son visage.

Draco. Mon frère. Que fait-il là ? Que faisons-nous là, tous les deux ?

Il est glacé. Je me love contre lui pour tâcher de le réchauffer. Le réconforter comme je peux. Il se serre contre moi, pleure dans mon cou. Je pleure avec lui. Il a peur et sa peur me gagne.

Quelqu'un vient. Mon cœur se comprime dans ma poitrine. Nous allons bientôt souffrir davantage encore. Une porte grince. Draco s'accroche à moi, il me supplie de rester avec lui, de ne pas l'abandonner, de le protéger. Mais ma promesse de le faire reste bloquée dans ma gorge. Je sais que je ne pourrais pas. Je ne suis pas assez fort pour me battre contre ce qui vient vers nous. Je le sais. Je le sens.

Chaque fibre de mon corps se tend. La peur me vrille l'estomac, elle étreint si fort ma gorge que l'air ne passe plus et mes poumons sont sur le point d'éclater. Je suis tétanisé. Paralysé.

Une ombre nous domine. Immense, menaçante. Sa cruauté m'écrase. Un rire glacial. Je suis soulevé comme un fétu de paille et jeté contre un mur. La douleur explose dans mon crâne. Des chaines s'entortillent autour de moi, mordant ma peau. Serrant à m'étouffer.

Draco hurle.

L'ombre se penche vers lui. Elle le soulève lui aussi. Il reste suspendu dans les airs. Une main décharnée et pâle avance vers lui. Du bout des doigts elle effleure sa poitrine, laissant derrière elle des traces de brûlure, qui grésillent sur sa peau..

Une nouvelle ombre entre dans le cachot…

« Salazar. Tu n'allais tout de même pas t'amuser tout seul avec nos chères petites putes? » ricane-t-elle.

C'est Voldemort.

Des chandelles s'allument. Elles éclairent Salazar. Un rictus sarcastique étire son visage simiesque. Il invite Voldemort à se joindre à lui. Le singe et le serpent vont allier leurs forces, leur cruauté et leur folie pour faire du mal à mon frère.

Je suis terrorisé de les voir tourner autour de lui comme des prédateurs affamés de sang. Je hurle et je regimbe dans mes chaînes. Je leur crie de s'écarter, de le laisser tranquille. Ça les fait rire. Et pour me narguer ils caressent son corps. Ils le lèchent avec indécence.

Puis ils l'étendent sur le ventre, bras en croix, sur un autel. Sa peau est marquée de zébrures rouges. Son visage tourné vers moi est tuméfié et son regard terrifié.

Des larmes muettes coulent de ses yeux. Il me supplie de l'aider. De mettre fin à ses souffrances.

Une horloge sonne. Elle me vrille les tympans, envahit mon cerveau. Elle l'avale et le monde bascule autour de moi. Il fait toujours sombre. Seule une lueur rougeâtre transperce un petit soupirail et vient éclairer le sol à mes pieds. Une ombre danse dedans, au rythme que lui imprime le vent.

Je suis à genoux sur le sol, mes fesses reposant sur mes mollets. Des cordes me retiennent sous les aisselles, entaillant ma peau, sous le poids de mon buste. Des crampes horribles mordent mes muscles. Mes articulations ankylosées brûlent.

Peu à peu, la réalité de ma situation se fait jour dans mon cerveau embrumé. Je suis prisonnier de Voldemort. Depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, peut-être. Je ne sais plus. Le temps est une notion qui m'échappe. Mais ce n'est pas ce qui importe. Ce qui importe, c'est que personne ne vient à mon secours. Car personne ne le peut. Et je ne peux plus recevoir de soutien, de l'énergie, de la chaleur. Parce que Marraine est morte.

Le chagrin me submerge. Il me noie. Des images horribles me traversent la tête. Il n'y a pas que Marraine qui est morte. Ron, toutes celles et tous ceux que j'aime sont morts. Leurs cadavres dansent devant mes yeux. Leurs yeux vides de vie me hantent.

Ce n'est pas réel… Ça ne l'est pas ! Ça ne l'est pas ! Ça ne l'est pas !

Toutes ces images ont été mises dans ma tête par d'horribles cauchemars provoqués par cette saloperie de Potion. Alors je ne dois pas penser à ça. Je ne dois pas me laisser aller au chagrin. A la folie des cauchemars qui veulent me briser l'esprit. Anéantir ma volonté. Me soumettre aux désirs de Voldemort. Faire de moi sa chose.

Sa pute…

Un frisson de dégoût me secoue l'échine.

Jamais je ne deviendrais sa pute. Jamais !

Mais je ne peux compter que sur moi, si je veux lui échapper. Sortir d'ici.

Sortir d'ici ! M'échapper ! Pour pouvoir me battre ! Mettre fin à la folie furieuse de Voldemort ! L'envoyer payer tous ses crimes en enfer !

C'est là-dessus que je dois me concentrer. Focaliser toutes mes pensées. Et pour pouvoir le faire, il faut avant tout que je retrouve le contrôle de mon corps. Il faut que je bouge. Que je l'entretienne. Que je me tienne prêt à intervenir, à réagir…

Petit à petit je lève mes bras, lourds et engourdis. Je les plie et les déplie doucement pour rétablir la circulation dedans, puis je m'accroche aux cordes et je tire de toutes mes maigres forces pour me redresser un peu. Ça fait mal. Mais je serre les dents et je persiste. Et enfin, dans un ahanement qui me laisse essoufflé, presque pantelant, je parviens à décoller mes fesses.

Je prends mon temps, pour récupérer. Puis je bouge une jambe après l'autre. Mes mouvements sont limités par les cordes, mais j'apprivoise ces limites, je les fais miennes. Mes rotules hurlent de douleur. Elles rechignent. Mais la hargne, la rage de vaincre cette pourriture de Voldemort habite de nouveau mon cœur et je finis par me mettre debout, au prix d'efforts insensés.

Je rassemble mes esprits. Je réfléchis. Il me faut un plan. Déterminer quelles sont mes ressources, mes possibilités d'intervention, mes marges de manœuvres.

Elles sont pauvres. Je suis dans une cave. Le soupirail est haut, trop étroit pour que je puisse passer par là. Mes mouvements sont limités par une corde. Mais j'ai deux armes à ma disposition : mon couteau, toujours caché dans le matelas et la Magie sans Baguette…

Mon couteau, il faudrait que je demande à Jérémy, de me le donner, pour pouvoir couper mes cordes. Après, je pourrais attendre près de la porte et en menacer la première personne qui la passe, lui piquer sa Baguette et l'enfermer ici, à ma place. Et je serais libre de mes mouvements. Je pourrais chercher une échappatoire. Me cacher près du portail, attendre Voldemort, le surprendre et l'éliminer….

Mais je ne sais pas si je peux compter sur Jérémy… Il peut refuser de m'aider et dénoncer mon plan, pour gagner sa liberté… Il faudra que je le sonde, que je le teste. Que je le fasse taire si nécessaire…

C'est jouable… Voyons la deuxième possibilité : la Magie sans Baguette.

Je ne la maîtrise pas encore assez pour me battre contre Voldemort en ne comptant que sur elle. Mais je peux m'en servir, pour me libérer de mes cordes. Et je peux m'en servir aussi pour faire venir mon couteau…Mettre en branle mon premier plan, grâce à elle…

Il faut juste que je rassemble assez d'énergie et de forces pour pouvoir le faire.

Et j'ai peur de ne pas en avoir assez…

Il faut pourtant que je tente le tout pour le tout…

Je me concentre. J'appelle ma Magie dans ma main. Elle fourmille, remonte le long de mon bras, elle se ramasse sur elle-même et fuse enfin. Les cordes tombent mollement sur le sol. Je m'approche doucement du coin où Jérémy est étendu sur le matelas. Il dort à poings fermés. Je glisse lentement ma main dans le trou de la toile, je fouille et je déniche mon couteau. Je le ramène vers moi, je lui rends sa taille originale. Et je vais près de la porte.

Il était temps. Quelqu'un vient.

La porte s'ouvre. Je bondis quand une silhouette la franchit, entourant sa gorge de mon bras, appuyant la pointe de mon couteau contre son flanc.

C'est la Goule Venimeuse. Elle était venue apporter le repas. Elle laisse tomber le plateau qu'elle faisait Léviter, surprise. Je lui arrache sa Baguette et je la pousse devant moi. Elle tombe et je la Stupefixe aussitôt.

Un coup d'œil vers Jérémy. Je ne peux pas le laisser là. Je vais le secouer. Il écarquille les yeux, surpris. Je lui dis que nous sommes libres, que je l'emmène. Il sourit et bondit sur ses pieds. Nous sortons de la cave, nous courrons dans le couloir et nous montons l'escalier quatre à quatre. J'ouvre une porte qui ferme le sous-sol et nous passons très vite dans un autre couloir. Nous courrons vers le hall.

Je connais le chemin. Je l'ai parcouru plusieurs fois, quand j'étais dans la tête de Voldemort.

« Nous y sommes presque ! » encourage-je Jérémy, qui commence à peiner.

Il redouble d'effort, s'accrochant à ma main, pour rester à ma hauteur et enfin nous surgissons dans le hall…

Je m'arrête net.

Voldemort est là. Il n'est pas seul. Des dizaines de Mangemorts sont avec lui. Et à leurs pieds, des prisonniers sont agenouillés, les mains ligotées dans le dos.

« Bravo, Harry ! Tu arrives juste à temps, pour voir la fin de tes amis ! » s'exclame Voldemort.

Les Mangemorts ricanent. Je brandis la Baguette que j'ai piquée à la Goule Venimeuse dans la direction de Voldemort. Mais il n'y a plus rien dans ma main. Je n'ai plus mon couteau non plus. J'ai dû les perdre dans ma course, sans m'en rendre compte…

Et le corps de Jérémy est suspendu par les mains au lustre de cristal. Il tourne lentement sur lui-même. Son sang s'écoule doucement de multiples plaies, s'égoutte sur le sol en une tâche qui a la forme de la Marque des Ténèbres.

Des Maléfices fusent. Mes amis s'effondrent.

Je hurle. Je cours de l'un à l'autre. Mais ils sont morts. Tous morts… Des asticots sortent de leur bouche. Leurs chairs putrides assaillent mes narines d'une puanteur insupportable.

Je reviens au milieu du hall, hurlant, souffrant mille mort dans mon cœur. La voix de Voldemort claque un ordre et les corps morts de mes amis se lèvent. Ils viennent vers moi, les mains tendues. Ils m'entourent et me cernent. Ils s'agrippent à moi. Ils m'aplatissent au sol, ils me piétinent.

Je hurle et je rampe, je me débats pour leur échapper. Mais je suffoque dans leur odeur pestilentielle. Et je vomis en hoquetant.

Je vais mourir, sous le poids de mes amis morts.

Une cloche sonne. C'est un tintement strident, agaçant comme la sonnerie d'un réveil, un jour de vacances. Une alarme.

Mon cerveau se déchire. Mon corps crie grâce.

Je m'envole dans un vertige. Je flotte sur une mer glacée. Je me sens léger. Comme si je n'avais plus de corps. Il n'y a plus de douleur. Plus de peur. Je ferme les yeux pour dormir. Je dérive lentement dans la brume.

« Harry… » chuchote une petite voix…

La voix d'un enfant.

J'ouvre les yeux. Il y a un visage devant moi. Un petit garçon. Je l'ai déjà vu quelque part. Je ne me souviens pas où. Mais je le connais, j'en suis certain.

« Harry. Personne n'est mort. Ils sont tous en vie. Ce sont des cauchemars, juste des cauchemars. La Potion agit comme des Détraqueurs. Tu dois lutter contre elle. » affirme-t-il dans un murmure, le regard anxieux.

« Qui es-tu ? Comment t'appelles-tu ? » m'enquiers-je, tracassé de ne pas me souvenir où je l'ai déjà vu.

Le gamin fronce les sourcils. Il semble réfléchir. Il secoue la tête, puis hausse les épaules.

« Je ne sais pas. Je n'ai pas de nom… » répond-il, dans un souffle, avant de lever vers moi des yeux un peu tristes et d'ajouter : « Comment veux-tu m'appeler ? »

Je l'observe. Il est agenouillé auprès de moi. Il a l'air gentil, bien poli, bien élevé. Il a des yeux bruns, très doux. Ses vêtements sont simples, propres. Mais ce qui me frappe le plus, c'est la tristesse et la compassion qui émanent de lui, comme une lumière douce et vaporeuse…

« Tristan, est-ce que cela te convient ? » demande-je, en me disant que ce nom lui va vraiment bien.

Il hoche la tête pour acquiescer, avec un petit sourire qui allume ses yeux. Mais il redevient vite grave. Il vacille. Il devient translucide. Sa lumière s'affaiblit.

« Harry. Je ne peux pas rester, il faut que je me retire. Mais tu dois garder espoir. Je t'aiderai, quand je peux… » murmure-t-il, en devenant de plus en plus transparent…

Son image s'évapore et je me sens horriblement seul sans sa présence. J'aurais voulu qu'il reste auprès de moi. Le silence m'insupporte soudainement. Alors je tends l'oreille, pour tâcher de saisir un son, un bruit, si tenu qu'il soit. Mes efforts sont récompensés. J'entends une faible respiration sur mon côté droit. Je scrute l'obscurité. Il y a une forme allongée dans le coin, à deux mètres cinquante au plus de moi. Elle est emmitouflée dans une couverture. Seul un petit bras pâle en dépasse, crispée sur un gobelet.

« Tristan ? Tristan c'est toi ? » tente-je d'appeler.

Mais ma voix est trop faible. Ce n'est qu'un souffle dérisoire.

Des lucioles explosent soudainement devant mes yeux. Elles m'éblouissent d'un éclat aigu qui me torture le cerveau. Je tangue dans le roulis d'un bateau pris dans une tempête. Une nausée me révulse l'estomac et un liquide acide brûle mon œsophage, avant de jaillir de ma bouche.

J'ouvre les yeux. Il fait nuit et Voldemort arrive. Il est d'humeur contrariée. Il a cherché toute la nuit mais n'a pas trouvé. Il sait qu'il lui manque un indice. Mais ses pensées sont trop agitées, désordonnées. Je suis la cause de son tourment. Je lui résiste trop. Je ne me soumets pas assez vite à son gré.

Et puis il veut Draco. Il se sentira plus apaisé quand il sera là, lui aussi.

Il pourra se concentrer sur la recherche du Collier de son Ancêtre, dont il a besoin, pour accomplir le rituel qui lui apportera unicité, puissance absolue et immortalité.

Je sais que cette fois ce n'est pas un cauchemar.

Et soudainement je tremble.

Que se passera-t-il, quand il s'apercevra que la Potion a cessé son effet ? Que va-t-il faire à Jérémy ? Il dort trop fort. Il n'a pas entendu la dernière sonnerie, il va être puni. Terriblement.

« Jérémy ! » essaye-je de crier

Un coassement s'échappe de ma bouche amère.

Jérémy ne m'entend pas.

Je dois leurrer Voldemort. Je l'ai déjà fait, c'est possible. Il doit croire que j'ai pris la Potion. Je dois faire semblant de l'avoir prise. Je dois gémir. Je dois me débattre dans mes liens ou il fera du mal au petit.

La clé tourne dans la serrure et la porte s'ouvre.

Je gémis. Je remue un peu. Gémissant réellement cette fois. Mes muscles tétanisés par le froid me font mal. Mon cerveau est fendu par une hache de douleur pure qui explose en un caléidoscope de lumières syncopées.

Voldemort me regarde. Je suis allongé sur le dos, sur le sol de pierres nues et glacées. Il s'approche de moi avec lenteur. Se penche en avant. Je révulse les yeux quand il soulève mes paupières.

Mais sa colère explose. Le blanc de mon œil aurait dû être verdâtre. Il ne l'est pas. Preuve que la Potion a cessé son effet depuis au moins un quart d'heure…

Il se redresse brusquement, se tourne vers Jérémy, frémissant de colère. D'un geste de la main, il le dénude et Jérémy frissonne dans son sommeil. Un coup de fouet le réveille. Il sursaute et crie. Ses yeux s'ouvrent, arrondis par l'effroi.

« Lève-toi, petit imbécile ! » siffle Voldemort dans un souffle glacé.

Jérémy tremble. Il se lève maladroitement, la tête rentrée dans les épaules.

« Tu n'as pas donné sa Potion à Potter ! Tu vas apprendre qu'on ne désobéit pas, à Lord Voldemort ! » siffle encore Voldemort avant de fouetter l'air de sa baguette.

Jérémy est projeté contre le mur, bras et jambes écartées. Et sans sommation, Voldemort assène des coups de fouets qui déchirent la peau du gamin. Le petit hurle et chacun de ses cris me crève le cœur.

Je crie à Voldemort de le laisser. Je l'insulte pour qu'il détourne ses coups sur moi. Mais toute sa rage est dirigée contre Jérémy. Et je désespère de ne lui être d'aucun secours, quand Voldemort esquisse un pas en arrière, pour pouvoir mieux ajuster ses coups.

Il est à ma portée maintenant.

Ma décision est rapidement prise. Je bande toutes mes forces, passe une jambe entre les siennes et effectue une clé d'un mouvement vif. Voldemort plonge, le nez en avant, en hurlant de rage. Il se reçoit durement sur son poignet gauche, dans un craquement sinistre, tandis que Jérémy, qui n'est plus sous l'emprise de son Maléfice lui dégringole sur la tête, avant de rouler sur le côté.

Je ris. Convulsivement. Avec nervosité.

J'ai mis Voldemort à terre. A la Moldue.

Je vais le payer cher, c'est sûr. Mais je ris en regardant Voldemort se relever en se tenant le poignet, stupéfait, tandis que Jérémy se recule prudemment dans un coin en nous regardant bouche bée, effrayé, les larmes dévalant ses joues souillées de sang.

« Viens te battre, si tu es un homme ! » ne puis-je m'empêcher de coasser de ma voix cassée, entre deux hoquets de rire, l'image d'un film que regardait Dudley un soir à la télévision quand nous étions tout gamins, me traversant l'esprit.

Une histoire de cow-boy ou de voyous, dans lequel le héros lançait cette réplique à son ennemi juré.

Un lâche, mauvais, sournois, cruel… Comme Voldemort.

Aussitôt, mon rire se bloque dans ma gorge. Stoppé net par un Doloris.

La douleur est atroce. Plus atroce qu'elle ne l'a jamais été. Et elle est suivie d'autres douleurs qui me laissent brisés, douloureux de la tête aux pieds…

La porte claque soudainement. Il est parti. Me laissant gisant sur le sol.

Il a oublié la Potion. Il est parti faire soigner son poignet. Surgissant comme un diable furieux dans la chambre où dorment Preston et la mère de Blaise.

Mais je refoule ces images. Je me concentre sur moi-même…

J'ai salement morflé encore une fois.

Mais je ne le regrette pas. Je me battrais pour l'empêcher de faire du mal à Jérémy, tant que j'aurais un souffle de vie. Et jamais je ne me soumettrais à sa volonté, me fais-je la promesse, avant de fermer les yeux sur un vertige tout noir…

OoOoOoO

Samedi 11 Janvier 1997 : Matin

Acte 9 : Priest Hole

Blaise

Il est à peine 06h00, quand j'entre dans notre QG, baillant à me décrocher les mâchoires. Draco est là et il bougonne en touillant énergiquement son thé avec une petite cuillère.

« Salut. Qu'est-ce que t'as… » dis-je, en prenant place en face de lui, à côté de Théo qui mâche un morceau de toast, les yeux dans le vague.

« J'ai, que je vais tuer Richard, le passer à la moulinette pour en faire de la pâtée et le faire bouffer à ton chat ! » explose Draco, avant de reposer la petite cuillère avec brusquerie dans sa soucoupe.

« Belle indigestion en perspective pour Fauve… » souris-je, tandis que Gabe, qui est de garde près de la Carte, pouffe de rire

« Non mais tu te rends compte de ce qu'il a osé me faire ! M'endormir en traître pour une durée de près de trente-six heures et m'envoyer dans mon dortoir comme… comme… comme une vieille chaussette sale dans un panier à linge ! » s'exclame Draco, les yeux brillants de colère…

« Bah, tu n'as pas raté grand-chose, tu sais. La santé de Kreattur se dégrade, Tatie va beaucoup mieux et tout le monde pionce encore dans l'annexe. Et puis, ce n'est pas comme si tu n'avais pas eu besoin de dormir… Tu avais vraiment une tête de déterré.. » déclare Gabe, avant de boire son thé à petites gorgées.

« Toi, cousin, ne prends pas parti pour ce traître, tu veux bien ! » peste Draco, en lui jetant un coup d'œil furibond.

« Cou.. Cousin ? » s'étrangle à demi Gabe, en recrachant son thé par les narines.

« Parfaitement ! Au 9ème degré ! Le premier des Harrison s'appelait Kastor Malfoy, avant de changer de nom pour Allistair Harrison ! » assure Draco, sous le regard médusé de Gabe.

Draco relève le nez, dans une expression que je ne lui ai pas vue depuis très longtemps. Son insupportable petit air supérieur…

« D'où sors-tu ça ? » s'enquiert Gabe, qui semble maintenant se demander si Draco ne serait pas un peu frappadingue.

« Le journal de Nyle Lane ! » répond laconiquement Draco, en tartinant un toast de marmelade d'orange.

Gabe hausse un sourcil, comme pour demander des précisions, mais Draco décide plutôt de mordre dans son toast. Avec un peu de sauvagerie…

« Demande à Marian, il t'expliquera. C'est aussi un cousin Malfoy. Au 15ème, 18ème ou 36ème degré, je ne sais plus trop. Vous êtes plusieurs cousins et cousines Malfoy qui s'ignorent ici, à Poudlard. Dont ta Directrice de Maison… » souris-je, avant de me lever, pour partir vers l'infirmerie.

Je prendrais mon petit déjeuner là-bas. Pompom ne me refusera pas ça. Et si elle le fait, je demanderais à Dyna d'aller me chercher quelque chose à manger quelque part…

« Marian est mon cousin au 12ème degré ! Et toi, ne t'en va pas sans moi ! Je viens aussi. Allez, Théo. C'est samedi matin, nous ne sommes donc plus Persona non grata à l'infirmerie ! » déclare Draco, en se levant également.

Nous empruntons les Passages Internes, pour gagner au plus vite l'infirmerie, où nous entrons le plus silencieusement possible. Nous embrassons Miho, toujours décidée à jouer les princesses endormies de conte de fée, avant de pénétrer dans l'annexe.

Richard, qui veille, assis sur un fauteuil, lève les yeux aux cieux en nous voyant arriver.

Draco relève son nez, dans une attitude qui le met au défi d'essayer de nous renvoyer, avant de se diriger droit vers le lit, pour embrasser et examiner de près Hermione, Ron, son Parrain et Tatie Nally…

Ils vont beaucoup mieux tous les quatre, visiblement. En revanche, ça ne va pas fort du tout pour Kreattur. Il parait cent ans plus vieux et il est tout gris…

« Allons, Draco. Tu me remercieras sans doute, dans quelques heures, de t'avoir obligé à te reposer. Et il n'était pas utile de venir si tôt. Ils vont dormir pendant deux ou trois heures encore…» déclare Richard, d'un ton doux, quand Draco s'assoit finalement sur une chaise, en prenant bien soin de lui tourner le dos.

« Tu pouvais très bien nous laisser dormir ici. Et il n'était pas utile de nous faire dormir pendant trente-six heures ! Quant à venir ici dès notre réveil, tu peux comprendre tout de même, que tout le monde se fait du souci et que nous avons besoin de les voir ! » se rebiffe Draco, le nez buté.

Tonton Sev dirait qu'il fait sa diva. Et il aurait raison…

Richard soupire.

« Comme si vous n'aviez pas votre bureau de renseignement sur place ! » s'exclame Richard, en se tournant vers le divan situé près de la salle de bains, avant d'ajouter : « N'est-ce pas, Georges et Fred ? »

« Vous saviez ? » s'exclame les jumeaux, en laissant tomber leur Sortilège de Désillusion

« Croyez-vous vraiment que Madame Pomfresh et moi-même aurions laissé un seul instant nos malades sans surveillance, si nous n'avions pas repéré votre manœuvre et su que vous étiez présents ? » demande Richard en retour, avec un sourire en coin.

« Bien joué ! » s'exclament les jumeaux, l'air rieur.

Et ils décident d'aller prendre une douche, pour aller détendre leurs muscles un peu endoloris par leur inconfortable position depuis jeudi soir.

Le temps s'égrène lentement. Il s'étire et coule entre nos doigts. Aucun de nous ne peut s'occuper utilement. Nous bavardons un peu. Mais la plupart du temps, nous restons plongés dans nos pensées.

Je songe à Miho qui ne se réveille pas. A Harry qui doit salement se sentir seul et souffrir.

Je regarde Ron, Hermione, Tonton Sev et Tatie Nally, en me demandant si j'aurais un jour leur courage. Parce qu'il en faut sacrément, pour faire ce qu'ils ont fait.

Ce qu'ils feront encore, sûrement, dès qu'ils seront réveillés.

La porte s'ouvre soudainement sur Tante Narcissa, qui semble un peu surexcitée.

« Annabelle a eu une idée sensationnelle cette nuit ! Elle nous a tous réveillés aux environs de trois heures trente ! Il y a peut-être une chance de retrouver Harry et d'aller le secourir ! Mais je la laisse vous expliquer tout cela elle-même ! » explose-t-elle, en s'écartant de la porte, pour laisser passage à Annabelle, Tonton Arthur, Tante Molly, Bill, Viktor, Terry et Lee, qui a décidé de prendre ses quartiers au Terrier, avec son pote Olivier Dubois.

Draco saute sur ses pieds, bouche bée et regard incertain. On dirait presque qu'il ne veut pas croire qu'il y a un espoir. Mais soudainement, ses yeux brillent de joie et il court vers Annabelle, pour la prendre dans ses bras et la faire tourbillonner.

« Dis-nous tout ! » s'exclame-t-il, après l'avoir fougueusement embrassée.

« Oui, Melle Lowett. Nous sommes tous impatients de savoir. » invite à son tour le professeur Dumbledore, qui vient d'arriver

Draco entraîne Annabelle, pour qu'elle prenne place à ses côtés, sur un divan. Tout le monde les entoure, assis ou debout et Draco presse Annabelle de parler.

« Tout vient du nom du Manoir : Priest Hole Manor. Je me demandais pourquoi ce nom tournait en boucle dans ma tête, depuis que je l'ai entendu. Et cette nuit, je me suis réveillée en sursaut et ça m'est revenu d'un seul coup. Je me suis souvenu d'un cours d'histoire, il y a deux ans. Priest Hole, ça veut dire : trou de prêtre… Cette expression vient du XVIème siècle, quand, au début du règne d'Elizabeth 1ère, les Catholiques ont été persécutés. La plupart du temps, les Priest Hole, étaient de toutes petites pièces secrètes, aménagées chez des nobles ou des notables, dans lesquelles les prêtres pouvaient se cacher ou célébrer leur culte. Mais parfois, il s'agissait d'un Passage Secret, par lequel ils pouvaient circuler d'un lieu à un autre, en toute sécurité ou s'enfuir. C'est peut-être le cas, à Priest Hole Manor ! » explique Annabelle, les yeux brillants d'excitation.

« Un passage secret ! Ce serait formidable ! Mais comment savoir s'il y en a un et si oui, où il débouche, quand on ne sait pas exactement où se trouve le Manoir ? » demande Théo, avec un froncement de sourcil.

« C'est ici qu'est l'idée sensationnelle ! Poursuis, Annabelle » intervient Tante Narcissa, en serrant les mains d'Annabelle les yeux emplis de fierté.

Tous les regards se dirigent vers la petite amie de Draco, fiévreux, pleins d'espoir. Même celui de ceux qui sont déjà au courant de son idée.

« Eh, bien, d'après ce que Bill a dit, le Manoir a été mis sous… Euh…Fidelitas il y a peu. Et il n'est… Incartable, c'est cela ? » commence Annabelle, avant de regarder vers Tante Narcissa, l'air interrogatif.

« Oui, c'est cela, ma chérie… Continue.. » répond Tante Narcissa, avec un signe de tête encourageant.

« Il est donc Incartable, depuis la première montée au pouvoir de Voldemort, quand le père de Blaise a voulu mettre sa famille à l'abri de pressions qu'il exerçait sur lui, pour qu'il rejoigne son mouvement. A l'époque, il n'était pas encore marié à la mère de Blaise… C'était il y a une vingtaine d'année… Alors voilà mon idée. Il y a peut-être un historien qui a écrit l'histoire de Priest Hole Manor, il y a plus de vingt ans. Ce genre de livre qui prennent la poussière dans les librairies de village et que l'on vend exclusivement aux touristes en visite dans la région. Si ce livre a été écrit, il ne doit plus être en vente, puisque Priest Hole Manor a disparu du paysage et que la mémoire des villageois a été effacée à son propos, quand les Sorts de Protection ont été posés. Mais il se trouve peut-être encore quelqu'un qui le possède ou une vieille librairie qui en a un exemplaire oublié dans sa réserve… Il faut donc d'aller fouiner dans les villages des Cotswolds, interroger les habitants, leur demander s'ils ont des vieux livres qui parlent de la région ! » explique encore Annabelle, un peu enflammée à la fin de son discours.

« C'est une idée fabuleuse ! Mais cela risque de prendre pas mal de temps. Et puis des Sorciers, qui enquêtent chez des Moldus, ce sera vite repérable. » déclare Draco, visiblement mitigé.

« Oui, c'est ce que nous avons pensé. Alors nous y avons réfléchi. Nous pouvons avoir recours aux Sorciers d'origine Moldue et à leur famille. Lee a contacté sa mère et son cousin, déjà. Ils sont d'accord pour aller faire un peu de tourisme. Et ils sont en train de plancher sur les plans des Cotswolds, pour définir différents itinéraires touristiques. » répond Tonton Arthur, en levant un sourcil vers le professeur Dumbledore.

Notre directeur réfléchit, sous les regards attentifs et anxieux de chacun.

Moi, je trouve cette idée tout à fait géniale. Et pour le coup, je regrette de ne pas être d'origine Moldue. Car j'aurais proposé mon aide. L'inactivité me pèse…

« Je vous félicite, Mademoiselle Lowett, pour cette excellente idée. Je suppose que vous avez déjà quelques noms à proposer ? J'en aurais également. » déclare enfin le professeur Dumbledore, après environ trente secondes de réflexion

Il faut peu de temps, pour arrêter la liste des personnes à contacter, ce dont vont se charger Tonton Arthur, Bill, Terry et Lee, qui nous quittent donc très vite.

Les autres restent avec nous, pour attendre le réveil de Ron, Hermione, Tonton Sev et Tatie Nally…

Et l'attente recommence…

Il faut environ deux heures, avant qu'Hermione ouvre les yeux. Ron la suit de près. Mais nous avons à peine le temps de lui demander comment il se sent, qu'il plonge à la recherche de Harry.

Et à voir sa tête, il n'a pas besoin de parler, pour que nous devinions que Harry souffre beaucoup…

Putain ! J'espère qu'il y a bien un Passage Secret, à Priest Hole Manor et que nous pourrons bientôt l'emprunter, pour le tirer de là-bas !

OoOoOoO

Samedi 11 Janvier 1997 : Après-midi

Acte 10 : Jérémy

Harry

Une sensation de fraîcheur sur le front me réveille.

J'ai mal. Et je voudrais pouvoir me réfugier de nouveau dans la nuit. J'ouvre quand même les yeux.

Jérémy est assis à côté de moi. Il sursaute lorsqu'il croise mon regard. Il tremble, serrant contre sa poitrine un chiffon humide, tâché de sang.

« Je… Je voulais te nettoyer et te rafraîchir un peu.. » murmure-il, avec timidité…

« Merci… » souffle-je, en esquissant un sourire.

Il ne va pas bien loin et se transforme vite en grimace. J'ai une lèvre explosée je crois bien…

« T'as soif ? Il y a encore de l'eau. Il y en a toujours, le pot se remplit automatiquement. Et il n'y a pas de Potion dedans.. » demande Jérémy, le regard anxieux dans son pauvre visage tuméfié, aux yeux bouffis de larmes.

« Je veux bien, oui… » réponds-je, en remuant le moins possible les lèvres.

Jérémy prend le gobelet qu'il a préparé à côté de lui et il m'aide à soulever la tête pour boire. Je remarque alors qu'il a posé sa couverture sur moi.

L'eau me fait du bien. Elle calme le feu que j'ai dans la gorge.

« Et toi, comment tu vas ? » m'enquiers-je, quand j'ai bu tout le gobelet.

Il s'est un peu nettoyé et je vois nettement quelques plaies sur son corps. Il y en a deux longues et assez profondes. Une sur le ventre et une autre sur la cuisse. Elles doivent pas mal le faire souffrir. Il a du sang plein les cheveux aussi...

Le gamin hausse les épaules. Les larmes lui montent aux yeux.

« Ça va aller. Je suis moins blessé que toi… » répond-il, en essuyant ses larmes d'un revers de main.

Grimaçant sous le geste un peu brusque qui a dû raviver des douleurs...

« Tu es très courageux, Jérémy… » déclare-je, ne sachant pas quoi dire d'autre, pour le réconforter.

Il secoue la tête, en signe de dénégation et ses larmes débordent de nouveau.

« Non. C'est toi qui es courageux. Sans toi, il aurait continué à me battre. Moi, je n'aurais pas pu faire ce que tu as fait. » affirme-t-il, en laissant cette fois ses larmes couler librement.

« C'est normal, tu es petit. C'est à moi de te protéger. » assure-je, en essayant de lui saisir la main, pour la serrer dans la mienne

Mais les liens m'en empêchent et bouger est une torture pour mon corps meurtri.

« Je ne voulais pas te croire, quand tu disais qu'il me ferait du mal… Et les autres choses… tu sais… qu'il aime toucher les garçons … » dit-il, une lueur terriblement effrayée dans son regard.

Je devine aisément de quoi il a peur.

« Viens là, bonhomme… Viens te réchauffer, sous la couverture. » l'invite-je, en regrettant de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras, comme je le faisais avec Draco, il y a si longtemps, dans le Temps Ralenti.

« Mais s'il arrive ? S'il nous voit comme ça, qu'est-ce qu'il va faire ? Il ne fait pas toujours du bruit quand il vient. Les autres si. Mais lui, pas toujours. » demande Jérémy, sur le qui-vive

« Je saurais, s'il arrive. Je le sais toujours. Je te le promets… Et puis, si cela te rassure, tu ne resteras pas longtemps à côté de moi. » assure-je, en le fixant droit dans les yeux.

Il hésite un bref instant, puis il se rend à mon invitation. Bougeant en grimaçant. Il prend des précautions, pour s'allonger auprès de moi, il n'ose pas trop se rapprocher, mais je l'encourage à poser sa tête contre ma poitrine.

Ça me fait du bien de le sentir contre moi. Même s'il est glacé, ça me réchauffe.

Nous restons un moment silencieux. Appréciant simplement la présence de l'autre. Mais au bout d'un moment, je sens que quelque chose le tracasse. Alors je lui demande ce qui ne va pas.

« On va mourir, hein ? » demande-t-il, dans un souffle.

« Je ne sais pas. Mais je te promets que je ferais tout, pour que cela n'arrive pas. » réponds-je, avec franchise, réfléchissant un instant, avant de demander : « Est-ce qu'il t'a fait mal ou touché, quand je faisais les cauchemars ? »

« Non… Je suis resté caché sous la couverture, quand il venait… » répond Jérémy, la voix tremblante de peur et un peu hésitant.

Son corps se contracte et il claque un peu des dents.

« Je sais qu'il est venu, mais je ne sais plus combien de fois... Il est venu souvent ?» m'enquiers-je encore, le cœur battant un peu fort.

S'il ne l'a pas touché lui, il m'a peut-être touché moi. Et je voudrais savoir s'il l'a fait. Mais je ne veux pas brusquer Jérémy…

« Trois fois… » répond dans un souffle le gosse, hésitant encore une fois, avant d'ajouter : « Il était en colère… »

« Est-ce que tu sais pourquoi ? » demande-je, avec douceur

« Tu ne te laissais pas faire. Je l'ai vu, par un trou dans la couverture… » lâche Jérémy, d'une toute petite voix à peine audible.

« Il m'a touché… » souffle-je, davantage comme une affirmation qu'une question.

Jérémy hoche la tête pour acquiescer.

Une bouffée d'angoisse m'étreint la poitrine. Jusqu'où est-il allé ? Aussi loin qu'il est allé dans mes cauchemars ? Mais je ne peux poser cette question au gamin. Ai-je seulement envie de connaître la réponse ?

« Tu te débattais. Tu criais. Et ta Magie t'as protégé. Elle a fait un mur autour de toi, à chaque fois qu'il a essayé de… de toucher… ton sexe… Alors il criait aussi, il y avait du vent dans la cave et j'avais très peur qu'il me fasse du mal, mais il partait… » précise Jérémy en relevant les yeux vers moi.

Mon souffle se relâche.

Ma Magie me protège, Merlin merci ! Combien de temps le pourra-t-elle ?

Nous restons quelques instants silencieux. Je ne sais pas à quoi pense Jérémy, mais moi je réfléchis à un moyen de le protéger. Une chose me semble sûre. Quand il sera calmé, Voldemort va revenir. Et il lui ordonnera à nouveau de me donner la Potion.

J'en suis certain. Ça le fait trop bander, que je souffre à cause d'une Potion créée par Parrain. Même s'il ne sait pas, que celui qu'il appelle « le traître Snape » est mon Parrain… Il lui suffit de savoir que nous sommes alliés…

Comment faire, pour que Jérémy ne tombe plus d'épuisement, ne se réveillant pas quand vient la sonnerie ? Voldemort se fiche bien, qu'il soit un gosse, qu'il a besoin de faire de bonnes nuits. Qu'il n'a pas la résistance d'un adulte. D'ailleurs, un adulte aussi, finirait par tomber endormi comme une souche, après des heures et des heures sans sommeil réparateur.

Aucune idée ne me vient pour épargner à Jérémy une nouvelle punition.

Ou plutôt si, il y en a une. Mais elle exigerait un sacrifice que je ne veux pas faire…

Que je ne ferais jamais…

Si seulement on pouvait se barrer d'ici !

Mais j'ai le corps brisé de souffrance et de plusieurs fractures. Je ne pourrais pas mettre en branle le plan imaginé dans mon cauchemar, dont je me souviens, comme tous les autres, avec une terrible netteté. Il faut d'abord que je sois soigné, que je reconstitue un peu mes réserves Magiques. Je pourrais prendre mes Potions Revitalisantes, dissimulées dans le matelas, me servir du couteau.

J'hésite un instant, à révéler leur existence à Jérémy. Je décide finalement de ne pas le faire. Pas qu'il me trahirait. Je suis certain que non. Mais il ne pourra cacher ses pensées à Voldemort et notre seul espoir de nous en tirer un jour s'envolerait.

Alors pour l'heure, il ne me reste qu'une chose à faire.

Attendre le moment propice.

Et prendre cette fichu Potion, lutter contre son effet, comme me l'a soufflé Tristan…

Tristan… La petite voix de ma conscience, mon instinct toujours en alerte, qui veille sur moi, même quand je suis en plein cauchemar…

Oui, voilà ce qu'il faut faire. Attendre et faire confiance à mon instinct pour saisir le moment propice.

« Jérémy, il faudra que tu me donnes à nouveau la Potion bientôt. Applique-toi à bien le faire… » souffle-je, décidé à me tenir à ce plan, certes un peu boiteux, mais qui constitue notre seule espoir de survie.

Jérémy se redresse et me regarde, les larmes aux yeux.

« Je ne veux pas te faire du mal… » répond-il en hochant la tête en signe de refus.

« Et moi, je ne veux pas qu'il te fasse du mal. Ce ne sera pas toi le responsable de mes cauchemars, ce sera lui. Alors promets-moi de bien me donner cette Potion. Il dira d'arrêter, quand il verra que ça ne marche pas, qu'il ne pourra pas me faire fléchir et obtenir ce qu'il veut avec ça. Les cauchemars, je les oublierai très vite… » affirme-je, le regard insistant.

Je sais, que tous ces horribles cauchemars resteront gravés à jamais dans ma mémoire. Mais je sais aussi, que j'aurais la capacité de les apprivoiser, de faire d'eux une force et non une faiblesse.

Ce que Voldemort ne peux pas comprendre. Jamais il n'a su apprivoiser ses peurs, il s'est toujours laissé diriger par elle. Les a laissé manger son cerveau, détruire sa vie autant qu'il détruit celle des autres…

Jérémy soutien mon regard, durant quelques secondes ou minutes, je ne saurais dire. Ses larmes débordent. Il hoche la tête pour acquiescer, éclate en sanglot et vient spontanément se réfugier contre moi.

« Je suis désolé, désolé… » hoquette-t-il, tout tremblant, secoué de pleurs

« Tu n'as pas à l'être, non, tu n'as pas à l'être. On s'en sortira, tu verras, on s'en sortira… » souffle-je à son oreille, une fois de plus peiné de ne pouvoir lui offrir la chaleur de mes bras.

Je le laisse pleurer tout son soul, puis s'endormir, luttant moi-même contre le sommeil pour ne pas rater l'arrivée de Voldemort et par la même occasion, quelques précieuses secondes, pour réveiller Jérémy et le renvoyer sur son matelas.

Mon esprit divague. Je laisse défiler mes souvenirs heureux. Ils me permettent de ne plus sentir la douleur qui fait crier mon corps et mon cœur.

L'amour de Ron, ses caresses, ses baisers, ses sourires. Le babillage d'Hermione, sa tendresse, ses étreintes chaleureuses. Les éclats de rire de Draco et ceux de Théo. Les crises d'adolescence de Parrain. La force tranquille de Marraine, la douceur de ses bras…

Tous ceux que j'aime sont avec moi. Ils habitent mon cœur, mon esprit et mon âme à jamais.

Et ça, jamais Voldemort ne pourra me l'enlever.

Jamais…

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