Disclaimer: cf chapitre 1
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Mistycal est, comme d'habitude, ma beta sur ce chapitre
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Réponse sur mon forum pour: - Douceurfamille -
De Sombres Jours 5 /
Dimanche 12 Janvier 1997 : Soir
Acte 11 : Le Cercle Des Fées
Severus
Ron soupire et repousse son assiette à moitié pleine, avant de fermer les yeux.
Je sais bien que ce n'est pas pour dormir. C'est pour tenter de rejoindre Harry. Mais il n'arrive pas à passer la barrière seul, malgré ses efforts. Et nous n'arrivons pas à entrer en Communion, sans Nally.
Il peut donc seulement le sentir. Il a su quand Harry a reçu des soins, en fin d'après-midi hier. Et de nouveau la Potion de Cauchemars, sans aucun répit depuis…
Je me maudis de l'avoir créée.
Harry souffre, à cause de moi. Il doit vivre les pires horreurs, comme s'il y était. Combien de temps son cerveau acceptera-t-il de subir cela, avant de céder, de devenir fou ? Si nous le retrouvons, Harry devra-t-il passer le reste de sa vie à Ste Mangouste, en compagnie des parents de Neville ?
Je frémis d'horreur à cette pensée et la main de Nally frémit dans la mienne.
Elle a presque retrouvé toute sa santé physique. Mais son niveau d'énergie Magique est toujours quasiment à zéro et elle n'a pas encore ouvert les yeux. Kreattur non plus. Mais le refera-t-il ? Il semble bien mal en point. Les Elfes de maison sont pourtant des créatures très résistantes. Davantage que nous.
« La Base de Londres appelle Poudlard ! Je répète, la Base de Londres appelle Poudlard, vous me recevez ! » s'exclame la voix de Lee Jordan, dans le Miroir Magique.
« Ouais ! Fort et clair ! Mais on n'est pas dans un film Moldu, Lee, alors tu n'as pas besoin de faire ces simagrées… Vas y, délivre ton message ! » sourit Bill Weasley, qui est venu passer l'après-midi avec nous.
Son amie Fleur également, qui tâche de chouchouter Ron et de lui changer les idées de temps en temps, sans grand succès toutefois…
« Désolé, un rêve de gosse puéril, que j'avais envie de réaliser. Ça va peut-être me permettre de passer véritablement dans l'âge adulte qui sait ! Mais trêve de plaisanterie, voilà les nouvelles : toutes les équipes sont revenues des Cotswolds. Elles ont fait choux blanc pour l'instant. Mais il reste quatre villages à visiter. Ma mère et mon cousin iront en voir deux demain. Les autres équipes ne seront pas libres, à cause de leur boulot, alors j'irai avec Annabelle dans les deux autres et nous allons trouver, je le sens ! Que personne ne perde espoir ! » s'exclame encore Lee, avec bonne humeur.
J'espère de tout cœur que son instinct ne le trompe pas…
Ron soupire à fendre l'âme. Et je me demande si Richard ne ferait pas mieux de lui redonner de la Potion de Sommeil sans Rêve. Il n'a quasiment pas dormi depuis hier matin et il souffre visiblement, bien qu'il soit maintenant au-delà des larmes. Son expression, son attitude, sa posture, son regard ont changé. Il est définitivement passé dans l'âge adulte, lui, il n'est plus possible d'en douter…
Dans la violence et le chagrin. C'est un homme maintenant. Puissant et déterminé. Rude et inflexible en surface. Il sera implacable, inébranlable dans ses prochains combats.
A ses côtés, Hermione fait ce qu'elle peut, pour le réconforter. Elle a changé elle aussi. Ce n'est plus une adolescente trop intelligente et cultivée pour son âge. Son petit côté impatient, fébrile et avide de faire ses preuves a disparu. C'est une femme forte, posée. Aussi déterminée et implacable que Ron…
Cela m'attriste. On leur a volé leur enfance et leur adolescence.
On en a fait des adultes avant l'âge. Et qui en ont trop vu, déjà.
Les doigts de Nally remuent. Cette fois, j'ai la certitude qu'elle effectue son retour parmi nous. Je me tourne vers elle et l'examine attentivement. Son visage s'est creusé et la cicatrice qui court depuis sa tempe gauche presque jusqu'au coin de sa bouche, ressort plus encore qu'habituellement, mais elle reste à mes yeux la plus belle femme de la création.
Ses cils frémissent.
« Ouvre les yeux, Nally. Allez, tu peux le faire, fichue Gryffondor que tu es ! » l'encourage-je à mi-voix, avec toute la tendresse, tout l'amour que j'éprouve pour elle
Je serre sa main dans la mienne. Je caresse ses cheveux.
Elle papillonne des yeux, accroche mon regard et me sourit doucement. Je la prends dans mes bras et la serre contre moi, infiniment soulagé, mon regard fixé sur Kreattur, le remerciant silencieusement du plus profond de mon cœur, alors que tout le monde se réjouit du retour de Nally parmi nous.
« Comment est-ce possible… » souffle-t-elle à mon oreille, tandis que Richard s'affaire déjà à lui jeter des Sorts de Diagnostic.
« Laisse d'abord Richard faire son travail. Il sera temps pour les explications après » réponds-je avec douceur.
Elle acquiesce et ferme les yeux. Elle est épuisée. C'est Normal. Sa Magie a tellement lutté, contre la Magie Noire qui l'empoisonnait ! Et elle a participé au processus, qui a transféré son mal à Kreattur aussi…
J'observe Richard. Il a l'air satisfait et s'empresse de me glisser une Potion Revitalisante entre les doigts. Je la fais boire à Nally, avant de la reposer doucement contre ses oreillers.
« Sev, comment est-ce possible. Je sais que j'aurais dû mourir… » demande de nouveau Nally, ses yeux océan anxieux.
Dans son cœur elle sait, j'en suis certain. Mais elle a besoin que je le confirme.
« Kreattur a bu le Calice du Repentant et il a choisi de prendre ton mal…. » réponds-je dans un murmure, en laissant mon regard couler vers le petit Elfe.
Les yeux de Nally s'embuent de larmes et elle suit mon regard.
« Oh… Kreattur… » souffle-t-elle, avant d'allonger le bras, pour saisir la main de Kreattur.
Dans un gros effort, l'Elfe entrouvre ses yeux à demi vitreux, un sourire doux aux lèvres.
« Kreattur… est… heureux… » halète-t-il faiblement…
Nally déglutit difficilement, puis elle roule sur le côté et se laisse glisser hors du lit, à genou, auprès du fauteuil. Je m'empresse à ses côtés, pour la soutenir.
Elle prend maintenant les deux mains de Kreattur entre les siennes. Des larmes roulent sur ses joues. Je sens le dilemme de ses émotions. Elle est heureuse du repentir sincère de Kreattur mais désolée qu'il sacrifie ainsi sa vie.
« Oh, Kreattur, tu dois tellement souffrir ! Comment pourrais-je te remercier, d'un tel sacrifice ? » dit-elle dans un murmure
« Aider… Harry… Potter… » halète encore Kreattur
« Je veux aider Harry, de tout mon cœur et de toute mon âme, Kreattur. Mais tu dois savoir, que le Maléfice est toujours sur moi et tant que tu es en vie, tu prendras mon mal. Cela va te tuer, Kreattur, si je vais auprès de lui…» déclare Nally, qui tremble contre moi.
« Kreattur… sait… Kreattur…est prêt… » répond le petit Elfe, avant de fermer les yeux.
Nally porte les mains du petit Elfe à son front, avant de les embrasser. Puis elle murmure un merci, en caressant tendrement la joue de Kreattur, avant de me demander de l'aider à se remettre au lit.
Tous les regards sont posés sur le petit Elfe mourant. Ils ont pour lui plus de respect qu'il a dû en recevoir durant toute sa vie.
« Il faudra au moins trois jours, pour reconstituer tes réserves Magiques, Nally. Tu ne pourras pas te rendre auprès de Harry d'ici là. Cela permettra peut-être à Kreattur de survivre…» déclare Richard, en regardant l'Elfe Guérisseur dépêché par Dobby à ses côtés depuis qu'il a bu le Calice du Repentant, administrer une Potion à Kreattur.
Nally ferme un instant les yeux. Je sais qu'elle se concentre sur Harry. Qu'elle cherche à saisir des bribes de ses émotions, à cerner son état de santé.
« Il a besoin de nous… » dit-elle avec douceur, fatiguée, malgré la Potion Revitalisante qu'elle a pris il y a quelques minutes à peine…
« Je sais que Harry a besoin de vous, Nally ! J'en ai cruellement conscience et j'aimerai vraiment pouvoir l'aider, moi aussi. Je comprends qu'il aurait besoin de vos forces, pour le soulager des terribles tortures qu'il subit. Mais il est hors de question que je te laisse de nouveau mettre ta vie en danger et celles de Severus, Hermione et Ron par la même occasion ! Nous avons eu suffisamment peur de vous perdre tous les quatre la dernière fois que vous êtes entrés en Communion ! Et cela ne servira pas Harry, si vous vous tuez, tout comme cela ôtera tout sens au sacrifice de Kreattur ! Alors compte sur moi pour t'empêcher de faire une monumentale bêtise ! » assure Richard, d'un ton très déterminé, la main crispée sur sa baguette
Mais Nally ne l'écoute pas. Elle est tendue vers la boîte habitée par les Fées des Glaces. Elle hoche finalement la tête et ouvre la boîte. Une Fée en fuse. C'est Aelia, je la reconnais à ses cheveux bleutés. La Fée secoue vivement ses ailes au-dessus de Nally.
« Non ! Ce ne sera pas suffisant ! Même vous, vous ne pouvez rien de plus. Vous avez aussi épuisé une grande partie de votre énergie Magique ces derniers jours. Votre poussière n'est plus aussi efficace… » intervient Richard, sourcils froncés vers Aelia
Il a raison. Les Fées sont intervenues souvent, pour nous aider. Même quand nous étions plongés dans le sommeil artificiel créé par la Potion de Sommeil Sans Rêve. Fred et Georges nous l'ont dit. Et, tout comme Richard l'a fait, ils ont constaté que la poussière des Fées est nettement moins active et que leur effet se dissipe rapidement
« Aelia sait que sa poussière et celle de ses sœurs est insuffisante pour m'aider à retrouver la pleine forme. En fait, elle demande que Bill l'emmène au Terrier… » déclare Nally, avec un sourire rassurant pour Richard.
« Au Terrier ? Comment connait-elle le Terrier ? Pourquoi souhaite-t-elle que je l'emmène là-bas ? » s'étonne Bill, les deux sourcils haussés sur son interrogation
« Les Fées savent où se trouvent tous les Cercles de fées. Et le Terrier est bâtit sur un Cercle de Fées. Je l'ai su dès que je l'ai vu… » intervient Luna, de sa voix douce et chantante, en souriant et tendant la main vers Aelia.
Aelia vole vers elle et se pose sur sa main, la tête penchée, comme pour lui parler
« Quoi ? Mais… C'est… Le Terrier sur un Cercle de Fées ? » balbutie Bill, l'air un peu ahuri
« Luna a déjà dit cela, le jour où le Fidelitas a été posé sur le Terrier, tu te souviens, Théo ? J'ai pensé ce jour-là, que c'était peut-être bien possible, que cela expliquerait l'atmosphère exceptionnelle du Terrier… » déclare Draco, sous les hochements de tête affirmatifs de Théo
« Oui, effectivement, le Terrier est bien bâti sur un Cercle de Fées. Et depuis l'attaque sur le Terrier, à Halloween, elles se sentent très concernées par la guerre contre Voldemort. Toutes les Créatures qui leur sont apparentées également. » révèle Nally, à l'ébahissement de chacun.
Sauf moi, bien entendu, puisque je le savais déjà…
« C'est… Waow !... Je n'en reviens pas ! » s'exclame Bill, l'air heureux, avant de s'empresser d'ajouter : « Bien sûr que je vais y emmener Aelia. Comment veut-elle que nous y allions ? Par Cheminée ou Transplanage ? »
« Les Fées n'aiment pas les transports Sorciers. Aelia préfère que vous vous déplaciez à dos de Sombral. Elle demande que tu la protèges sous ton blouson en peau de Dragon, pendant le vol. Ce n'est pas qu'elle craigne le froid, mais elle compte dormir pendant le voyage. Elle souhaite également que Luna t'accompagne. » répond Nally, au grand plaisir de Luna qui accepte avec joie d'accompagner Bill et Aelia.
Fred offre à Luna de prendre son propre Blouson en peau de Dragon, afin qu'elle soit bien protégée du froid. Il déclare ouvertement qu'il regrette de ne pas être du voyage, lui aussi.
Je jette un coup d'œil vers Ron, qui ne dit rien depuis tout à l'heure. Il regarde Aelia, qui vole un peu autour de lui, avant de se percher sur son épaule. Il lui sourit, avec tristesse et la Fée secoue ses ailes, libérant un peu de sa réconfortante poussière. Il la remercie dans un souffle, la gorge nouée et la petite Fée s'envole vers Bill et Luna, tourne autour d'eux, puis s'en va vers la porte.
Je ne sais pas combien de Fées vont accepter de venir ici avec elle, mais je gage que leur aide sera grandement bienvenue…
OoOoOoO
Bill
Le voyage à dos de Sombral est un vrai régal. Les Créatures volent à coups d'ailes puissants, haut dans le ciel. Leur façon de planer est majestueuse, fluide et gracieuse. Je regrette presque que notre destination soit si rapidement atteinte quand les Sombrals se posent en douceur devant le Terrier.
Je descends de ma monture, sous l'œil surpris de Papa, qui vient de revenir du Ministère et n'est pas encore entré dans la maison, dont la porte s'ouvre sur Maman, Narcissa, Annabelle, Augusta et Olivier. Ils ont vraisemblablement été alertés par le bruit des sabots et se sont précipités pour venir aux nouvelles.
« Bill, Luna ? Que se passe-t-il ? » demande Papa, d'un ton un peu anxieux.
« Tout va bien, rassure-toi. Mais attends-toi à une grosse surprise… » réponds-je, avant d'ouvrir un peu mon blouson et de jeter un coup d'œil dedans.
Aelia est accrochée à mon pull, à hauteur de mon cœur. Elle dort paisiblement. Je l'appelle doucement. Elle ouvre les yeux et s'étire, avant de fuser hors de mon blouson et de voler autour de nous, sous le regard interdit de tout le monde.
Hormis Luna, bien entendu, qui arbore son sourire doux, un peu énigmatique…
« Tu es venu avec une Fée… » souffle Papa, en ne quittant pas Aelia des yeux
« Oui, mais ce n'est pas le plus surprenant… » réponds-je, en regardant Aelia se diriger vers la maison.
Soudainement, Maman pousse un petit cri de surprise.
Le Terrier vient de s'évaporer. A la place, il y a un halo doré qui englobe une clairière ronde, foisonnante d'herbes folles, de buissons verdoyants et de fleurs géantes, aux corolles repliées. Aelia voltige dans le halo et une petite musique, aux accents clairs et tintinnabulants s'élève, emplissant l'air de chaleur et de douceur. Les fleurs s'épanouissent, révélant leurs couleurs vives, libérant un arôme suave. Et soudainement des dizaines et des dizaines de Fées en surgissent, s'envolant dans le halo, en une chorégraphie d'arabesques gracieuses.
Les Fées dansent, sous mes yeux ébahis, émerveillés.
Jamais je n'aurais cru avoir un jour le privilège d'assister à un spectacle aussi…féérique…
Papa, Maman, tout le monde est bouche bée.
Sauf Luna, qui chantonne et danse en virevoltant sur elle-même, autour du Cercle des Fées, en rythme avec leur musique.
Soudainement la musique cesse. Nombres de Fées regagnent leur fleur, qui referme leur corolle sur elles, pour protéger leur sommeil. Mais il en reste deux à trois douzaines, suspendues au-dessus du Cercle. On dirait qu'elles tiennent conseil.
Elles restent ainsi durant quelques temps, avant d'effectuer une pirouette et de sortir du Cercle, qui disparait à nos yeux, pour laisser à nouveau place à la maison…
Les Fées viennent vers nous. Elles virevoltent autour de nos têtes, certaines sautant de l'une à l'autre, en libérant un peu de leur poussière. Puis elles se rassemblent en deux groupes. L'un devant moi, l'autre devant Luna.
Nous entrebâillons tous les deux nos blousons en peau de Dragon et les Fées se précipitent à l'intérieur, s'accrochant à nos pulls, avant de fermer les yeux….
« Un Cercle de Fées…. J'ai bâti le Terrier sur un Cercle de Fées… Et elles m'ont laissé faire… Elles ont accepté notre famille… » murmure Papa, en regardant la maison avec ébahissement…
« Ce sont des Végélines. Elles vous aiment bien. » sourit Luna, en refermant soigneusement la fermeture éclair du blouson que Fred lui a prêté.
Et sans attendre, nous grimpons sur les Sombrals, pour repartir à Poudlard, laissant Papa et Maman qui se tiennent par la main et regardent toujours le Terrier avec des yeux émerveillés, tandis que Tante Narcissa, Annabelle, Augusta et Olivier commentent la scène à laquelle ils viennent d'assister.
Je gage que cela va occuper toutes les conversations de la soirée. Et que Papa dévorera tous les livres sur les Fées, les Végélines en particulier, qu'il pourra trouver…
« Au fait ! Je ne vous ai pas dis ! Nally a repris conscience ! » m'écrie-je, tandis que le Sombral commence à prendre son envol.
Olivier me fait signe qu'il a compris et nous filons vers Poudlard.
Le voyage de retour se passe aussi rapidement et agréablement que l'allée. Luna irradie de bonheur, ses longs cheveux blonds claquant doucement dans le vent. Hagrid nous attend avec Crockdur quand nous nous posons dans la Forêt Interdite. Il est très curieux de voir des Végélines, qu'il n'a jamais eu l'occasion de rencontrer et nous accompagne jusqu'à l'annexe de l'infirmerie.
Les fées jaillissent de nos blousons, à peine avons-nous refermé la porte et se précipitent vers le lit, virevoltant à qui mieux mieux, secouant leurs ailes pour libérer de la poussière, principalement au-dessus de Nally.
La poussière forme bientôt une coque autour d'elle. Mais quand celle des Fées des Glaces était lisse et argentée, celle-ci semble constituée de feuilles et de fleurs, d'un beau vert émeraude.
Kreattur aussi, est enveloppé d'une coque. Mais L'Elfe Guérisseur, nous apprend qu'elle ne le guérira pas. Elle va juste atténuer sa douleur et prolonger un peu sa vie, pour qu'il puisse aider Nally le plus longtemps possible…
Je trouve que c'est un peu cruel. Mais il a choisi et accepté son sort et je ne lui ferai pas l'affront d'avoir pitié de lui. Je lui accorde néanmoins ma compassion et mon respect.
« Est-ce que l'on sait combien de temps Tatie va rester dans cette coque ? La première fois, ça n'a pas duré si longtemps, n'est-ce pas ? … » demande Draco à mi-voix, au bout d'une demi-heure, avant d'ajouter, après une brève hésitation : « Et de moins en moins de temps les fois suivantes… »
Il a raison. La dernière fois, la coque s'est effritée au bout de dix minutes environ alors qu'elle avait duré au moins vingt-cinq minutes la première fois.
« Les fois précédentes, nous étions quatre a absorber l'effet de la Poussière de Sept Fées. Aujourd'hui, elles sont quatre fois plus nombreuses, Nally est seule dans la coque et ses réserves Magiques sont au plus bas. Alors ça risque de durer pas mal de temps. Et Nally dormira plusieurs heures encore avant de se réveiller… » répond Sev, son regard attendri posé sur le cocon qui protège Nally.
Je jette aussitôt un œil du côté de Ron. Il ne dit rien, ses yeux sont dans le vague. Il a l'air complètement ailleurs, déconnecté de ce qu'il se passe ici. Il n'y a pas besoin d'être devin pour savoir où est son esprit. Il est complètement tourné vers Harry.
Mon cœur se serre. Mon petit frère est malheureux et il n'arrive plus à évacuer sa souffrance dans les pleurs… Reverrai-je un jour une véritable étincelle rieuse dans son regard ? Ou cette terrible épreuve qu'il est en train de vivre, l'aura-t-elle éteinte à jamais ?
J'espère de tout cœur que non…
OoOoOoO
Lundi 13 Janvier 1997 : Après-midi
Acte 12 : Ballade Dans la Campagne Anglaise
Lee
Annabelle accroché à ma taille, je sillonne la campagne anglaise sur la Moto que mon cousin m'a prêtée. Nous sommes partis très tôt ce matin, pour venir dans les Cotswolds, visiter deux des quatre villages qui ne l'ont pas été hier. Les plus éloignés de Winchcombe, le bled aux environs duquel est supposé se trouver Priest Hole Manor…
Ce matin, notre visite dans le village de Lacock ne nous a rien apporté de nouveau. Si ce n'est un mal de tête carabiné pour bibi…
Il faut dire que le pasteur du coin nous a recommandé d'aller voir son ami, un ancien colonel des armées, qui fait office de bibliothécaire dans son village. C'est vrai qu'il est érudit, mais Merlin, quel bavard ce type ! Un vrai moulin à paroles ! On n'a pu le faire taire qu'en l'emmenant prendre un verre dans le pub du coin.
Enfin, le faire taire, pour nous. Parce qu'à l'heure qu'il est, il doit encore casser les oreilles des clients qui ont eu le courage de rester pour l'écouter. En ce qui nous concerne, Annabelle et moi, on s'est dépêché d'avaler un sandwich et un soda avant de se carapater…
« Base appelle, Lee. Tu m'reçois ? » entends-je Mondingus dire dans mes écouteurs.
Je lui ai demandé de me contacter dès qu'il aurait des nouvelles de Poudlard.
« Ouais, cinq sur cinq ! Mais attends que je me gare sur le côté. Faudrait pas que je fonce dans un troupeau de vaches qui traverse la route dans le prochain virage, parce que j'étais distrait par ta voix mélodieuse ! » réponds-je, en ralentissant pour m'arrêter sur le bas-côté et descendre de bécane afin de me dégourdir un peu les guiboles.
Ça fait rire Mondingus, qui rigole de bon cœur. Mais quand je lui dis que je suis fin prêt à l'écouter, il retrouve tout son sérieux, pour me raconter ce qu'il sait. A savoir rien de joyeux du tout.
Ron, Tatie Nally, Hermione et Tonton Sev sont entrés quatre fois en Communion ce matin, pour tâcher de rejoindre Harry. Ils ont réussi, au prix de gros efforts qui les ont mis à mal et plongé Kreattur dans le coma.
Pour un résultat qui ne s'est pas du tout révélé probant. Selon ce qu'a dit Tatie, avant de s'endormir, fatiguée et la cuisse de nouveau un peu suintante, Harry est tellement englué dans ses cauchemars qu'ils ont eu un mal fou à l'atteindre. Et quand ils ont enfin pu établir le contact, ça s'est transformé en cauchemar pour tout le monde…
Harry hurlait qu'ils étaient morts. Dans son esprit, il les voyait se faire tuer et devenir des Inférii. Tout ce qu'ils lui disaient pour tâcher de le réconforter, lui arrivait transformé en message contraire… Et il se débattait, à chaque fois qu'ils ont voulu lui donner de l'énergie ou il refusait de la prendre, croyant que c'était du poison ou des Maléfices qu'on lui jetait.
Et il voyait sans cesse Voldemort qui le torturait ou torturait le gamin qui est avec lui. Il se voyait lui-même devenir un monstre sanguinaire ou tuer sa famille et ses amis, sans le vouloir…
Il revit aussi la mort de ses parents et de Sirus, les évènements dans le cimetière d'Hangleton, les combats menés au Manoir Malfoy, au Ministère et à Little Whinging… Des combats qui tournaient en défaveur des nôtres, qui meurent dans d'atroces souffrances, bien sûr…
Et pendant que Mondingus me raconte tout ça, je repense au Basilic, auquel on a joué des comédies macabres… Putain… Dans ses cauchemars, Harry vit non-stop depuis deux jours, ce que nous lui avons fait. Et encore, pour le Basilic, c'était nettement moins atroce…
Harry va finir par péter un câble. Ou alors son cœur va lâcher…
C'est terrible…
« Donc vu qu'leur présence près d'lui fait pire que mieux, ils ont décidé d'plus l'approcher, autant pour l'préserver que pour s'préserver eux-mêmes et être en forme au moment opportun. Mais ils vont rester aux aguets, au cas où Voldemort lui laiss'rait un répit. Y faudra bien qu'ça arrive, s'il veut pas qu'notre Harry devienne dingue et meurt d'épuisement. Et ils espèrent pouvoir l'aider à ç'moment là et qui sait, peut-être aussi lui faire parvenir des bonnes nouvelles … » achève Mondingus, d'un ton très grave.
« D'accord, on va tout faire pour qu'il y ait de bonnes nouvelles, tu peux me croire. Allez, si tu n'as rien de plus à dire, je me remets en route. Le premier des deux qui a des informations appelle l'autre… » déclare-je, en enfourchant déjà la bécane.
Mondingus acquiesce et nous souhaite bonne chance. Je clos donc la conversation et je m'apprête à donner un coup de kick pour faire démarrer la moto, quand Annabelle me donne une tape sur l'épaule…
« Quelles sont les nouvelles ? » me demande-t-elle, le regard anxieux, derrière le plexiglas de son casque.
Je lui résume la situation et nous partons pour notre destination en croisant les doigts.
Il ne nous faut pas plus de 5 minutes, pour arriver à Castle Combe, le plus beau village d'Angleterre, si l'on en croit les dépliants touristiques. Je veux bien les croire, car tout ce que je vois est charmant…
Nous faisons lentement le tour du village, regardant bien autour de nous, pour tâcher de repérer une librairie ou une bibliothèque. Nous choisissons finalement de commencer par le musée, dans lequel nous dégotons un bouquin qui parle de l'histoire du village. Annabelle l'achète, disant que ça fera un bon point de départ, pour une discussion avec les villageois et les commerçants.
Annabelle est balaise, pour les faire parler. Elle évoque un devoir d'histoire qu'elle doit faire, sur l'époque Elisabéthaine et déclare au bout d'un moment, qu'elle est curieuse d'en savoir plus sur les Priest Hole. La bonne femme au musée lui avoue qu'elle ne sait pas grand-chose là-dessus, mais qu'il y a un vieux au village, qui en connait un rayon sur l'histoire. Elle nous indique où le trouver et trois minutes plus tard, nous frappons à la porte de son cottage…
Ça ne répond pas malheureusement et nous nous apprêtons à repartir vers le centre du village, quand une voisine met son nez dehors. Alors nous lui demandons si elle sait où est le vieux. Elle nous dit qu'on peut le trouver dans l'un des pubs du coin, dont elle nous indique le chemin avec amabilité.
Il ne nous faut pas plus de deux minutes pour y arriver.
Il fait chaud dans le pub, c'est accueillant et le patron nous indique la table où le vieux que nous cherchons est assis, devant une bonne bière. Annabelle va aussitôt le voir, tandis que je commande de quoi nous rafraîchir, laissant au serveur le soin de nous apporter nos boissons, avant de la rejoindre.
Annabelle a déjà entamé la conversation, servant sa fable sans hésitation. Le vieux est ravi de lui répondre et leurs langues vont bon train, Annabelle dirigeant ses questions, pour élargir les horizons petit à petit à toute la région.
Le garçon, que le vieux nous a présenté comme son petit-fils, prénommé Kenny, nous apporte notre troisième soda, jetant à Annabelle une œillade charmeuse qui ne plairait pas du tout à Draco, quand elle se décide à demander au vieux s'il ne saurait pas où elle pourrait trouver des livres anciens de plus de vingt ou trente ans et plus encore, qui racontent l'histoire des villages de la région.
« Pourquoi anciens ? Il y en a des récents dans toutes les librairies et bureau du syndicat du tourisme des villages ! » s'exclame le vieux, avant de boire une gorgée de sa pinte de bière.
« Mon père disait toujours que ces livres contiennent plus d'images que de texte et que ce n'est pas toujours le plus intéressant qui est rapporté dedans. Et il m'a donné le goût des anciens livres… » répond-elle, avec une pointe de tristesse.
Ça, je sais que c'est la vérité. Nous en avons parlé, quand nous avons mis au point notre stratégie d'approche hier soir…
« Disait… » lâche le vieux, en fixant Annabelle d'un œil compatissant…
« Oui, il est mort, il y a quelques mois… » soupire Annabelle, la voix sincèrement nouée…
Le vieux lui tapote la main, tandis que le serveur, qui n'arrête pas de nous tourner autour sous des prétextes quelconques, tend une oreille attentive. Je me retiens de lui dire ce que je pense de son indiscrétion, pour ne pas froisser le vieux.
« J'en ai quelques-uns dans ma bibliothèque et peut-être bien aussi dans mon grenier, avec tout un fatras d'archives de toutes sortes. A une époque, j'achetais tout ce que je pouvais trouver sur la région, avec dans l'idée de faire un livre un jour… L'idée m'est passée, mais j'ai tout conservé… » révèle le vieux, le regard un peu dans le vague, avant de reporter ses yeux sur nous pour ajouter : « Revenez demain chez moi. Vous pourrez farfouiller dans tout ce bric-à-brac et emporter ce que vous voulez. Ça ne me servira plus pour maintenant et Kenny ne s'intéresse guère à l'histoire. Autant que ça profite à une jolie jeune fille curieuse du passé »
« Demain… Mais pourquoi pas aujourd'hui ? » demande Annabelle, avec espoir.
« Parce que ça va être l'heure du bridge bientôt ! Et le bridge, c'est sacré ! » répond le vieux, avant d'ajouter, devant nos mines déçues : « Allons, mes livres et documents ne vont pas s'envoler ! »
« C'est que nous n'habitons pas tout près et Annabelle a cours demain. Et puis son devoir, c'est pour mercredi… » glisse-je, en me disant que le vieux nous invitera peut-être à passer la soirée avec lui.
« C'est dommage, ça. Je vous aurais bien invités ce soir, mais c'est lundi et le lundi, je passe toujours la soirée chez cette vieille crapule de Bart…» répond simplement le vieux, l'air sincèrement navré.
« Ah, mais, je peux très bien les accompagner, moi ! C'est le moment creux, Dave ne verra sûrement pas d'inconvénient à ce que je m'absente une petite heure, n'est-ce pas Dave ! » intervient son petit-fils, avec un sourire langoureux pour Annabelle, qui lui rend son sourire.
Elle est spontanée, Annabelle et ne pense pas à mal. Je suis sûr qu'elle n'a pas vu le manège de Kenny. Mais lui, il va falloir que je le surveille de près, si son grand-père est d'accord. Car il serait capable d'essayer de culbuter Annabelle dans un coin du grenier, si je la laisse seule avec lui…
Le patron acquiesce, affirmant que Kenny peut même prendre tout son après-midi si ça lui chante et ce dernier demande à son grand-père ce qu'il en pense
« Bah, pourquoi pas ! Tenez, voilà les clés ! Fouillez autant que vous voulez ! » répond le vieux, qu'Annabelle remercie d'une bise sur la joue.
Le garçon nous invite à partir devant lui, le temps de prendre son blouson et il nous rejoint devant chez son grand-père, dit-il.
Annabelle et moi ne nous faisons pas prier. Peu après, nous entrons chez le vieux. Kenny nous indique la bibliothèque et Annabelle et moi commençons à feuilleter tous les bouquins qui parlent de la région. Mais aucun n'évoque de Priest Hole et nous finissons par nous rendre dans le grenier…
« Oh ! Mais c'est une véritable caverne d'Ali Baba ! » s'exclame Annabelle, tout sourire, en regardant autour d'elle…
Kenny acquiesce, sans grand enthousiasme. Il semble profondément déçu, que je ne quitte pas Annabelle d'une semelle…
Des tonnes de poussière nous chatouillent les narines et ça sent le vieux papier qui prend l'humidité. Il y a tellement de bouquins, de magazines et de paperasse dans tous les coins, que je ne sais pas par où commencer.
Annabelle et moi fouillons avec entrain dans les livres, tandis que Kenny s'ennuie visiblement. Il nous laisse même deux ou trois fois, pour aller fumer une clope dans le jardin ou se boire une bière dans la cuisine. De temps en temps, pour plaire à Annabelle, il déplace quelques bouquins, venant lui demander si tel ou tel ne l'intéresserait pas.
Pour ne pas le vexer, Annabelle lui en fait mettre un de côté, sur une petite pile de livres et de paperasses qu'elle se propose d'emporter, même s'ils ne l'intéressent pas vraiment, pour laisser croire au vieux qu'elle a trouvé son bonheur.
Ça doit bien faire trois heures qu'on farfouille, éternuant la poussière qui nous chatouille le tarin, quand Kenny s'approche encore une fois d'Annabelle, en feuilletant un livre, les sourcils froncés …
« Etrange, je n'ai jamais entendu ce nom dans le coin, mais cela va sans doute vous intéresser : Histoire de Priest Hole Manor et de ses environs… » dit-il, tandis que je sursaute et qu'Annabelle pousse un petit cri de surprise joyeuse.
Kenny, bien que visiblement étonné de sa réaction, semble satisfait.
« Oh ! On dirait que j'ai trouvé la perle rare… » s'exclame-t-il, tout sourire
« C'est exactement le genre de livre que nous cherchions ! » répond Annabelle, en sautant presque de joie, tandis que je lève les yeux aux cieux…
Trop spontanée, Annabelle. L'autre ne va pas manquer de comprendre que ce livre, elle tient beaucoup à l'avoir et je suis certain qu'il va tâcher d'en tirer profit.
« Mmmm… Edition originale de 1933, illustré d'œuvres originales également et dédicacé par l'auteur. Cela mérite bien une petite récompense, non ? » déclare Kenny avec dans les yeux, une lueur qui ne me plait absolument pas.
J'avais bien raison, de penser qu'il va chercher à tirer avantage…
Il agite le bouquin devant lui, comme un appât, tandis que je viens rapidement me placer aux côtés de la petite copine de Draco.
« A quelle récompense penses-tu ? » m'enquiers-je, devançant Annabelle.
« Mmmmm… Un baiser de la jolie Annabelle, me conviendra parfaitement… » répond Kenny, en penchant légèrement la tête sur le côté, avec un sourire ravageur, son regard fixé droit dans celui d'Annabelle qui ouvre des yeux ronds…
« Désolé, mais je n'apprécierais pas de te voir bécoter ma petite amie. Alors il faudra te contenter d'un verre au pub, j'en ai bien peur… » déclare-je avec douceur, en enlaçant la taille d'Annabelle, tout en prenant le livre des mains de Kenny
En me disant qu'il a de la chance que je ne sois pas Draco. Il se serait pris un pain avant d'avoir fini de parler.
« Ta petite copine… Oh… Je n'aurais pas cru… On ne peut pas dire que vous êtes très démonstratifs l'un envers l'autre… » lâche-t-il, sourire charmeur ravalé, en commençant à battre en retraite, d'un petit pas en arrière.
« Ouais… » confirme-je, tandis qu'Annabelle acquiesce d'un hochement de tête
« Bien… Dans ce cas, je me contenterai d'une bonne bière. Fermez la porte et ramenez la clé quand vous aurez terminé de fouiller. Je vous attends au pub. » capitule-t-il, avant de tourner les talons et de sortir du grenier.
Annabelle soupire de soulagement et me remercie de mon intervention dans un murmure, avant de feuilleter rapidement le fameux bouquin qui a failli lui coûter un baiser.
« Lee ! Il parle d'un Passage Secret ! » s'exclame-t-elle soudainement, en levant ses yeux brillants de joie vers moi.
Mon cœur fait un saut de carpe dans ma poitrine. Je suis complètement excité par cette bonne nouvelle et je jette un œil rapide par-dessus son épaule, lisant le passage qu'elle souligne de son doigt, pour m'assurer que je ne suis pas en train de faire un beau rêve. C'est le début d'un chapitre complet dédié à la question. J'ai hâte de lire la suite, mais le grenier ne me semble pas l'endroit indiqué pour le faire.
« Dépêchons nous d'offrir sa bière au garçon, planquons la bécane dans un bosquet et filons vite fait à Poudlard ! Je reviendrais chercher la moto plus tard ! » décide-je, tout en ramassant les bouquins et papiers divers que nous avons sélectionnés, histoire de ne pas trop montrer qu'il y en a un seul qui nous intéresse vraiment.
Nous dégringolons vite fait l'escalier, fermons soigneusement la porte et partons vers le pub où nous rendons les clés au vieux qui finit tout juste sa partie de bridge et n'est pas encore parti chez son pote. Puis nous lui offrons un verre, ainsi qu'à son petit-fils, pour les remercier tous les deux de leur amabilité.
Le vieux est bien content qu'Annabelle ait trouvé son bonheur dans son grenier et il l'invite à revenir le voir à l'occasion, ce qu'elle lui promet volontiers. Puis nous expédions notre soda et déclarons qu'il est temps de rentrer chez nous.
Quelques minutes plus tard, la moto de mon cousin bien planquée dans un bosquet, j'effectue un Transplanage d'Escorte qui nous mène aux portes de Poudlard. Et nous remontons l'allée vers le château, de l'espoir plein le cœur…
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Acte 13 : Brumes Incertaines
Harry
Mon cœur cogne comme un fou dans ma poitrine et il a de temps en temps des ratés. Je cours à perdre haleine dans un couloir, ouvrant toutes les portes à mon passage, appelant Jérémy de toute la force de mes poumons.
Soudainement j'entends des voix devant moi. Elles enflent, elles crient. Je ne comprends pas ce qu'elles disent, mais j'ai peur d'elles. Je les ressens comme une terrible menace. Puis des tentacules surgissent. Ils vont m'attaquer. Je ne les quitte pas du regard, reculant avec prudence. Mais le sol se dérobe sous mes pieds et un toboggan m'emmène à toute vitesse vers les profondeurs. Il prend fin brusquement et je roule sur le sol jonché de petits os. Je suis dans un cachot. Il n'y a pas de porte, ni de fenêtre. Il n'y a que des murs luisant d'une lueur verte, puant la pourriture.
Je regarde dans tous les coins. Il n'y a personne ici. Je tombe à genoux, profondément découragé, puissamment chagriné. Un claquement sec résonne et je sursaute, je tends l'oreille. Et soudainement je m'aperçois que les murs glissent vers moi. Ils font exploser les os dans un craquement sinistre, ils les broient, les réduisent en poussière.
Ils feront la même chose avec moi, si je ne sors pas d'ici.
Je saute sur mes pieds et je scrute les murs, cherchant un mécanisme ou une ouverture. Les murs sont là, si près qu'en tendant les bras en croix, je les touche tous les deux. La lueur verte est visqueuse et humide sous mes doigts. Ce sont des algues dirait-on. Je les arrache à pleine poignées et je sens finalement mes doigts se refermer sur du vide.
Il y a une ouverture. Je m'engouffre dedans, basculant cette fois tête la première dans un grand trou. Au bout de quelques secondes interminables, je plonge dans une eau, noire et glacée, agitée de hautes vagues qui m'engloutissent vers les profondeurs. Mon cœur saisi par le froid s'arrête de battre et je suffoque bientôt.
Une vive lumière explose devant mes yeux. Une ombre se profile à l'intérieur. Elle n'est pas menaçante. Elle approche en courant et je tends la main vers elle, au bord de l'asphyxie. Une petite main se saisit de la mienne. Un visage se penche vers moi…
C'est Tristan…
« Respire, Harry… » me dit-il, le regard anxieux…
Je lui obéis. De l'air frais s'engouffre dans mes poumons en feu. Mon cœur bat de nouveau…
« Jérémy, où est Jérémy ! » m'écrie-je, en serrant la main de Tristan avec affolement.
« Il va bien. Il dort… » assure Tristan, avec un sourire triste, avant d'ajouter : « Tu dois prendre l'énergie qu'ils te donnent Harry. Concentre-toi, lutte contre la Potion. Pense à ceux que tu aimes. Ils sont là, dans ton cœur. Laisse-les venir à toi. Accepte les forces qu'ils tendent vers toi.. »
J'acquiesce. Je dois lutter, oui. Je l'ai promis déjà. Je dois tenir cette promesse…
« C'est le seul moyen pour toi d'aider Jérémy, Harry… Et de survivre… » assure Tristan, avant de s'évanouir dans la lumière.
Une déchirure sépare mon cerveau en deux. Je suis terrifié. Voldemort arrive et le petit dort ! Il ne doit pas dormir ! Il doit me donner la Potion où Voldemort le punira ! Il va le battre sévèrement ! Le tuer peut-être…
Alors je l'appelle. Je crie son nom. Mais aucun son ne sort de ma bouche. Je manque d'air encore une fois. Mon cœur cesse de battre. Et cette fois il n'y a pas de lumière, ni d'ombre rassurante qui court vers moi. Il n'y a que de la douleur et de l'effroi.
Je me noie dans une mer grise et brumeuse.
Un courant m'électrise. La brume se dissipe un peu. Je surplombe un corps nu, dont les contours sont flous. Je crois que c'est moi.
Et que je suis mort.
Ou proche de l'être.
J'entends une voix lointaine qui m'appelle. Elle est cruelle et glacée. Puis une autre voix parle, caverneuse et lente. Je ne saisis pas tout ce qu'elle dit, juste quelques bribes…
« … cauchemars permanents sans Potion… cœur va lâcher…besoin de repos… réchauffer… ques heures… sur pieds…»
Le silence qui suit est épais, lourd, inconfortable. Je pourrais le toucher. Mais il me semble effrayant et je voudrais pouvoir le fuir.
« Combien de temps ! » claque soudainement la première voix, si fort qu'elle se prolonge en écho dans la brume…
« .. à huit heures… » répond la seconde voix…
« Tu en as cinq ! » aboie la voix glacée.
La brume s'épaissit. Quelque chose vient réchauffer mon estomac de l'intérieur. Puis je flotte. Un vent chaud me caresse, s'insinue peu à peu dans mon corps glacé. Je sens quelque chose passer par mes narines. Un liquide liquoreux et un fourmillement court dans mes cellules.
Mon cœur s'apaise. Je sens le sommeil alourdir mes paupières. Mon corps ne flotte plus. Je suis dans un cocon douillet, rassurant.
Un visage me traverse l'esprit.
Ron, mon cœur…
Sens-tu comme je suis bien ?
« Harry, bébé… Ne t'endors pas tout de suite. Tu n'as pas assez de forces pour lutter. Prends les miennes, Bébé, prends les avant de dormir… » entends-je la voix tendre et douce de Ron me murmurer à l'oreille
Et je vois un filet de lumière jaune, nimbée de vert s'élancer vers moi. Elle a la couleur de Ron, de sa Magie. Je tends la main et je l'attrape. Elle est douce et chaude. Elle a l'odeur de Ron. Je la hume avec bonheur avant de la poser sur mon cœur. Et je la sens me pénétrer, vibrer, chanter en moi.
Elle me procure un regain d'énergie, un nouvel espoir.
L'envie de lutter contre cette saloperie de Potion.
« Dors maintenant, Bébé. Nous allons revenir tout à l'heure et te redonner de l'énergie. Maintenant tu dois récupérer … Je t'aime Bébé, je t'aime… » murmure Ron, tandis qu'une nouvelle vague de chaleur et de douceur me touche…
Je la saisis. Je m'en imprègne. Je sens dedans la présence de Parrain et celle d'Hermione. Et plus fort, plus doux encore pour mon cœur, celle de Marraine…
Marraine.. Elle est revenue. Elle n'est pas morte. Je me suis trompé.
Elle est vivante et vibrante de Magie.
« Courage Harry. Nous allons pouvoir vous faire sortir ! Nous avons trouvé un moyen. Nous allons venir vous chercher bientôt. » chuchote-t-elle à mon oreille.
Sa voix douce me réchauffe et me réconforte. Et quand je la sens se retirer, je n'ai pas peur, je ne me sens pas seul, ni abandonné. Et je laisse mon esprit voguer, dans mes souvenirs heureux. Dans cette chaleur bienfaisante que Ron, Marraine, Parrain et Hermione ont laissé en moi.
Mais soudainement quelque chose se coule furtivement auprès de moi. C'est froid et je sursaute. J'ai peur que ce soit Nagini qui vienne me manger. J'écarquille les yeux, terrifié. Un visage est penché vers moi. Il est caché dans l'ombre et je vois trop flou encore pour distinguer ses traits.
« Harry ! C'est moi, Jérémy ! Tu m'entends ? Harry ! » chuchote-t-on avec inquiétude, en me secouant un peu l'épaule…
Jérémy… Il est là. Il est vivant.
« Jérémy ! Viens-là, bonhomme, viens-là…» murmure-je, le cœur soulagé.
Merlin soit loué, je l'ai retrouvé !
Jérémy se glisse dans mes bras. J'arrive à les refermer autour de lui, malgré les cordes qui me retiennent toujours. Il se serre contre moi et je sens ses pleurs brûlants couler sur ma peau. Je sens aussi ses os commencer à saillir sous la sienne. Il est glacé. Il tremble de froid, de peur et de soulagement tout à la fois.
« J'ai cru que tu étais mort ! J'ai eu tellement peur, Harry ! Tellement peur ! Je ne veux plus te donner la Potion ! Le Médicomage a dit que bientôt tu ne pourrais plus sortir des cauchemars si tu la prends encore ! » explique-t-il, entre deux sanglots.
« Ça va aller bonhomme. Je suis plus fort maintenant. Je vais pouvoir lutter contre la Potion… Alors tu dois me la donner. Je te promets, que je suis plus fort… » affirme-je, véritablement confiant, même si je sais, que Jérémy me dit la vérité et que je risque de basculer bientôt dans la folie permanente de mes cauchemars, si je continue à boire cette foutue Potion.
« Non… Non… Je vais casser le flacon ! J'aurais dû le faire déjà ! » pleure Jérémy, en se tortillant dans mes bras, pour se retirer et mettre son idée à exécution..
Mais je le retiens contre moi, bandant toutes mes forces. Il n'en a heureusement pas assez lui-même, pour échapper à ma prise
« Le flacon est probablement incassable, Jérémy. Et s'il ne l'est pas, Voldemort te tuera si tu fais ça. Ecoute bonhomme, si tu ne me la donnes pas, il te fera du mal. Peut-être même qu'il te torturera jusqu'à la mort. Et je ne veux pas qu'il le fasse. J'ai besoin de toi, Jérémy, comme tu as besoin de moi. Ensemble, nous sommes plus forts que lui. Je te le jure. Aies confiance en moi, Jérémy. Jamais je ne te mentirai. Nous allons bientôt être libérés, tous les deux. Je te le jure… » assure-je, en le serrant doucement dans mes bras.
Jérémy ne répond pas. Il reste silencieux. Je sais pourtant avec certitude qu'il réfléchit à ce que je viens de lui dire. Et qu'il prendra la bonne décision…
« Dors bonhomme. Profite de ce répit… » l'encourage-je, en fermant moi-même les yeux.
Peut-être des cauchemars viendront-ils troubler mon sommeil. C'est possible.
Mais je sais que des Anges Gardiens veillent sur moi. Et qu'ils feront tout pour traverser les brumes incertaines, pour atteindre mon cœur et mon esprit…
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Acte 14 : Le Réveil D'Une Princesse
Blaise
Le dôme s'effiloche. Bien qu'inconscients, Ron, Hermione, Tatie et Tonton, sont essoufflés et visiblement très affectés par les efforts qu'ils ont fournis pour rejoindre Harry.
Ron papillonne le premier de ses yeux rougis d'épuisement. Richard lui administre une Potion. Ron grogne quelque chose d'incompréhensible, puis il se tourne sur le côté et ronfle aussitôt.
Je jette un coup d'œil sur la jambe de Tatie, que Pompom vient de découvrir. La blessure est de nouveau en train de s'ouvrir. Je me tourne instinctivement vers Kreattur. Il respire encore, par petits à-coups. Et de gris, il commence à virer au bleu. Il suffoque peu à peu. L'Elfe guérisseur lui donne une Potion à lui aussi. Il masse sa cuisse avec de l'Onguent contenant de la Goodyera Repens. Elle est affreuse sa cuisse. Noire, ouverte en deux et la plaie rejette des matières puantes et gluantes, contenant maintenant des filets de sang.
Je détourne les yeux. Dégoûté par mes propres pensées. Parce que je préfère que ce soit lui qui soit en train de mourir, plutôt que Tatie Nally et que j'en remercie Merlin.
Bien sûr, j'ai du respect pour lui, ce qu'il a fait est très courageux. Mais je ne le connais pas. Alors même si je le plains de tout cœur de souffrir ainsi, je ne me sens pas chagriné. Ce n'était pas la même chose, quand Tatie était mourante. Car j'ai de l'affection pour elle et mon cœur saignait.
Putain ! Tout ça est tellement compliqué !
Que me dirait Maugrey, à propos de tout cela ?
Il me dirait que c'est humain sans doute. Que je ne suis pas un monstre. Que c'est naturel que notre cœur soit soulagé de voir un être que l'on aime sauvé, même si cela doit coûter la vie de quelqu'un d'autre. Que ce qui compte, c'est la reconnaissance que l'on éprouve pour celui ou celle qui s'est sacrifié et qu'on honore sa mémoire…
Honorer sa mémoire… Je le ferai, oui.
Hermione et Tonton Sev reviennent à eux.
« Alors ? » demande Draco, piaffant d'impatience.
« Il est sauvé, mais c'était moins une. Voldemort lui accorde un répit de 5 heures. Nous retournerons auprès de lui à ce moment-là. Si le Médicomage ne lui obtient pas un autre délai, nous lui donnerons autant d'énergie que possible, avant qu'il ait bu la Potion… » répond Tonton Sev, l'air bouleversé
Culpabilisé plutôt….
« A la première heure demain matin, tout le monde sera sur le terrain pour tâcher de trouver cette Ferme Des Grives dans lequel débouche le passage secret de Priest Hole Manor… Même si nous n'avons pas d'adresse, nous allons la trouver et aller chercher Harry ! » s'exclame Lee, avec une belle confiance.
Je croise les doigts, pour que cette ferme ne soit pas détruite et qu'elle appartienne encore à la mémoire des villageois de Winchcombe.
Et que le Passage Secret ne se soit pas effondré…
« Bien, mais en attendant, tout le monde au repos ! Vous serez réveillés quand viendra le moment ! » aboie soudainement Pompom, l'air revêche.
Nous bougonnons un peu pour la forme, mais, hormis celles et ceux assignés à la veille auprès de Tatie, Tonton, Hermione et Ron, nous nous levons pour aller nous reposer sur des lits de l'infirmerie.
Cependant, à peine l'avons-nous fait, que la porte de l'annexe s'ouvre doucement et que Miho entre en titubant.
« Poussinette ! » m'exclame-je, en me précipitant vers elle.
Je l'attrape juste à temps pour lui éviter de s'effondrer sur le sol et je la serre très fort contre moi.
Ma poussinette est enfin réveillée ! Merlin merci !
« Plumki est venu me chercher… » souffle-t-elle dans un murmure.
« Quoi ? Où ça ? » dis-je, étonné par cet étrange propos et sur le qui-vive.
Car, l'expérience m'a appris qu'il ne faut jamais négliger ce que Miho dit et qu'il y a certainement derrière ces mots quelque chose d'important.
« Au pays imaginaire.. J'étais avec Peter Pan et les enfants perdus. Je ne pouvais plus revenir avec vous. Plumki était avec moi. Il m'a sauvé du Crocodile Tic-Tac qui voulait me manger. Le Capitaine Crochet était très en colère. Alors il a enfermé Plumki dans un coffre Magique. Mais Peter Pan et la Fée Clochette l'ont délivré et Plumki m'a ramené ici… Je suis contente d'être revenue. J'avais trop peur du Capitaine Crochet ! Il ressemblait à l'Homme Serpent ! Il était méchant et cruel ! » explique Miho, la tête dans mon cou.
Des larmes coulent sur ses joues, mouillant ma peau. Et, me souvenant qu'au début de son internat à Poudlard, Miho a souvent raconté, dans notre Salle Commune, des histoires parlant de ces mêmes personnages, je me détends et je souris.
Il n'y a rien de grave…
« Tu as rêvé, ma poussinette… Mais c'est fini, maintenant. Tu es réveillée… » assure-je, lui caressant le dos pour la réconforter.
« Non, c'était pas un rêve. J'ai été projetée dans le pays imaginaire quand le premier Sort d'Astérope Thorpe m'a touchée. Plumki dit que c'était le Maléfice de Réclusion Perpétuelle… » affirme Miho, en levant ses yeux embués vers moi.
Je ne sais pas ce qu'est le Maléfice dont elle parle, mais je frémis. Et je suis de nouveau horriblement inquiet.
« Merlin ! Jamais je n'ai pensé que Miho ait pu être touchée par Le Maléfice de Réclusion Perpétuelle ! Mais comment une adolescente de 14 ou 15 ans peut-elle connaître et jeter ce Maléfice ! » s'exclame Richard, qui a terriblement pâli
« Astérope Thorpe est une jeune Sorcière plutôt puissante, élevée par une famille totalement versée dans la Magie Noire. Elle est très dangereuse. Plus encore que son frère Astérion. Et elle est entraînée à domicile… Tu as été trompé sur l'état de santé de Miho, en raison de son traumatisme crânien, Richard. De plus, tu accumules la fatigue depuis plus de huit jours maintenant. Et si nous n'avions pas été si préoccupé par ailleurs, sans doute l'un de nous aurait-il pensé à ce Maléfice » déclare Tatie Nally, avec douceur.
Richard soupire. Il convient que la situation n'a pas aidé au Diagnostic, mais il s'en veut de ne pas avoir été assez minutieux, lors de ses examens sur Miho.
« Allons, Richard. Ce Maléfice est très rarement connu et utilisé. Il n'est pas le préféré des Mangemorts, loin s'en faut. Il ne fait pas assez souffrir la victime à leur goût, puisqu'il ne cause pas de douleur physique. Et c'est une jeune fille de 15 ans qui l'a jeté. Tout concourrait pour que tu ne le diagnostiques pas. Et tu n'es pas le seule Médicomage à être passé à côté. Trois de tes collègues ont aussi examiné Miho, sans plus de succès que toi…» assure Tonton Sev, avant de me demander de lui amener Miho.
Il l'embrasse et la serre contre lui avec tendresse.
« Qu'est-ce que c'est exactement, ce Maléfice ? » demande Théo, sourcils froncés sur sa question.
« Il enferme la victime dans un monde intérieur, généralement très… désagréable, défini par celui qui le jette. Ce qui m'étonne, c'est que Melle Thorpe ait choisi l'univers d'un conte pour enfant. Un conte Moldu qui plus est. » répond Tatie Nally, en caressant les cheveux de Miho, qui s'est glissée entre elle et Tonton Sev
« Miho racontait souvent des histoires du pays imaginaire à Plumki, dans notre salle commune, ajoutant toujours plus de détails effrayants. L'air apeuré, frémissant comme si elle vivait elle-même ces histoires terribles. Je me souviens qu'un soir, Astérope Thorpe s'est énervée et l'a menacée des pires tourments si elle, je cite, « poursuivait son incessant babillage de dégénérée ». Elle a dû s'en souvenir, au moment de jeter le Maléfice et enfermer Miho dans ce pays imaginaire qui semblait tant l'effrayer, même si les histoires finissaient toujours bien. Peut-être ne savait-elle pas que ces histoires finissaient bien d'ailleurs… Ouais, elle ne le savait sûrement pas... » interviens-je, en me promettant encore intérieurement, qu'Astérope Thorpe goutera de ma baguette vengeresse un jour…
Miho ne faisait rien de mal. Elle s'amusait comme elle le pouvait, quand sa seule copine Loo Lin se désintéressait d'elle. Miho n'avait alors pour seule compagnie que Plumki…
« Sans doute, oui. Ceci dit, Plumki a réussi une rare performance, en la ramenant à la conscience. Très peu de Sorciers, frappés par ce Maléfice, ont pu être sortis de leur état. » affirme Tonton Sev, en serrant de nouveau Miho contre lui.
« Qu'est-il arrivé à ceux qui ne s'en sont pas sortis ? » demande Draco, l'air soucieux.
Son Parrain se contente de hocher négativement la tête, le regard sombre. Et je devine qu'ils sont morts, probablement en quelques jours ou semaines, rongés par le monde intérieur « désagréable », selon le probable euphémisme de Tatie, que je traduis maintenant par terrifiant…
« Putain de salope ! » murmure-je, en serrant les poings.
« Albus demandera sûrement son renvoi devant le Magenmagot, pour tentative de meurtre délibérée contre Miho, lors du Conseil de Discipline. Et s'il ne le fait pas, je le ferai… » affirme Tonton Sev, en me fixant d'un regard contenant une mise en garde.
Il a compris que je ne renoncerai pas à mes projets de vengeance et fera ce qu'il peut pour éviter que je le fasse. Je ne doute pas cependant que je la retrouverai un jour, sur un champ de bataille ou ailleurs. Car même à supposer que le Magenmagot la condamne à un séjour à Azkaban, ce qui est extrêmement rare concernant une personne mineure, elle en sortira un jour ou l'autre, que ce soit lors d'une évasion fomentée par Voldemort ou à la fin de sa peine…
« Bon, allez ! C'est terminé maintenant ! Tout le monde au lit ! Blaise, emmenez Miho avec vous… » s'exclame Pompom, après un instant de silence de notre part à tous.
Cette fois, rien ne vient empêcher son ordre de repos. Et je sors de l'annexe, pour aller m'allonger sur l'un des lits de l'infirmerie, Miho doucement serrée dans mes bras…
Je veux voir en cela, la fin des jours sombres et je ferme les yeux, en espérant que l'aube va se lever sur la promesse que Harry sera sauvé, avant la prochaine nuit.
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