Disclaimer: cf chapitre 1

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Beta: Mistycal

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Réponse aux commentaires sur mon forum pour: - Douceurfamille -

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Bonnes Fête de St Sylvestre et de Nouvel An !

Que l'Année 2012 vous soit douce et heureuse

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Evasion Massive 2 /3

Acte 3 : Le Sacrifice D'un Elfe

Draco

Hormis le grand lit et le fauteuil dans lequel Kreattur est installé, tout le mobilier de l'annexe a été enlevé pour faire place nette.

Le vieil Elfe qui officie à toutes les cérémonies, est aujourd'hui vêtu d'une toge mauve, brodée d'étoiles d'argent. Il a lavé Kreattur, avec une eau dans laquelle macéraient des fleurs blanches odorantes, lui a mis une tunique bleu pâle sans manche et a changé le drap et la couverture.

Kreattur agonise. Il mourra lors de la prochaine Communion Magique et les Elfes préparent son passage dans l'au-delà, selon leurs rites sacrés.

Roi Dobby et Dyna, vêtus des vêtements qu'ils portaient pour leur mariage, dont je devine qu'ils constituent maintenant leur tenue officielle, se donnent la main. Trois Elfes se tiennent de chaque côté d'eux. Ils portent tous une toge bleue nuit à liséré d'argent, fermée par une simple boucle argentée en forme d'étoile. Ils tiennent dans leurs mains une coupe d'or évasée, emplie d'une fine poudre blanche scintillante.

Le maître de cérémonie verse maintenant de l'eau dans une autre coupe. Puis il prend des feuilles d'une plante que je ne connais pas. Il les hache dans une assiette d'or puis, tout en psalmodiant une prière les yeux fermés, il jette quelques pincées de feuilles finement hachées dans la coupe d'eau. L'eau bouillonne immédiatement, libérant un arôme suave et apaisant.

Roi Dobby fait un petit signe de tête vers Miho. Elle tient dans ses mains un petit bouquet des mêmes fleurs qui macéraient dans l'eau dont on a lavé Kreattur. Accompagnée de Blaise, elle s'avance vers le fauteuil et elle glisse le bouquet de fleurs dans les mains décharnées de Kreattur. Puis Blaise la soulève et elle se penche pour lui embrasser le front.

« Tu pourras dire à maman que je l'aime très fort, quand tu la verras dans le ciel, n'est-ce pas, Kreattur ? Et toi aussi je t'aime beaucoup. Plumki dit que c'est très courageux ce que tu as fait. Je suis d'accord avec lui. Merci d'avoir sauvé ma Tatie et d'aider Harry. » dit-elle, d'une petite voix douce et triste, avant de déposer un second baiser.

Blaise la pose par terre et Miho revient vers nous, en essuyant une larme du revers de manche, tandis que le maitre de cérémonie tend la coupe qu'il tient en main vers mon ami. Blaise y plonge le bout de son index, qu'il égoutte soigneusement avant d'effleurer le front de Kreattur.

« Tout mon respect, Kreattur. » murmure-t-il, avant de déposer un baiser sur son crâne.

Tous les sorciers présents défilent derrière Blaise, pour présenter leurs respects à Kreattur et le remercier de son sacrifice. Tatie Nally, qui clôt cette partie de la cérémonie, s'agenouille devant son fauteuil de souffrance.

« Hannon le, an Harry ah anim. Shorel'aran ah Aldiel shal, Kreattur » dit-elle, dans la langue des Elfes, avant de porter ses mains à son front puis de les effleurer d'un baiser.

Elle se retire et Roi Dobby et Dyna s'avancent à leur tour. Ils saluent Kreattur, avant de prendre un peu d'eau mêlée de feuilles hachées dans leur main en coupe et de la verser sur son front, en prononçant à peu près les mêmes mots que Tatie. Quand ils se reculent, les six autres Elfes viennent prendre place autour de Kreattur. Et, tandis que le maître de cérémonie entonne un chant doux, ils prélèvent un peu de la poudre blanche scintillante de leur coupe et soufflent dessus en direction de Kreattur, avant de s'assoir en tailleur, les yeux fermés. Ils se balancent doucement d'un côté puis de l'autre en entonnant le chant eux aussi…

Mon cœur se serre dans ma poitrine. Cette cérémonie est triste, mais douce, chaleureuse.

« Viens Draco… » murmure Théo, en posant une main sur mon épaule.

Nous nous retirons tous les deux sur le côté, avec Ginny, Marian, Gabe, Claryce, Viktor et Neville, tandis que Maman, Tante Molly, Megan, Eddy, Hugh, Phillipa, Gil et Elinor se positionnent autour du lit où Pa, Tatie, Ron et Hermione se sont assis en cercle, les yeux fermés, se préparant à entrer en Communion.

Blaise, qui a raccompagné Miho dans l'infirmerie, où Milli, Vincent, Greg et Annabelle veilleront sur elle, vient se positionner à mes côtés, à l'instant où Tatie, Pa, Ron et Hermione se prennent par la main.

Aussitôt, leurs Ondes Magiques tournoient autour d'eux et Dobby élève son Dôme Protecteur, tandis que celles et ceux qui font cercle autour du lit, jettent leurs Sortilèges pour le contenir.

L'horloge sonne 14H45 et je ne peux m'empêcher de penser que le mariage de Lucius a lieu en ce moment même. Je songe à son épousée, la jeune fille qui m'était promise autrefois et je frémis. Mon cœur se serre pour elle. Elle ne méritait certainement pas un tel destin.

Et si son père n'est pas libéré avant le coucher du soleil, il ne pourra plus ni défaire ce mariage, ni soustraire sa pauvre fille à une consommation des noces désastreuse et terriblement traumatisante…

La tempête enfle dans le Dôme. Des éclairs rouges traversent la nuit opaque. Les cauchemars de Harry, empreints de Magie Noire, doivent être terribles ! Les minutes passent avec une lenteur angoissante.

15H00 sonne.

15H15.

15H30. Le Dôme a doublé de volume et Roi Dobby commence à faiblir. Des Elfes, dont Byddo et Tylsa, arrivent à sa rescousse, posant une main sur ses épaules, sur son dos ou sur ses bras.

Ceux qui contiennent le Dôme suent à grosses gouttes. Mes amis et moi nous préparons à prendre le relais.

Mon regard glisse vers Kreattur. Son corps tremble, puis il est secoué de saccades brutales. Sa peau toute ridée, presque noire maintenant, se fendille, se craquelle. Les humeurs noires épaisses s'en écoulent, envahissant l'air d'une puanteur insupportable. Soudainement, les yeux de Kreattur s'ouvrent. Le blanc de l'œil est injecté de sang, ses iris sont vitreux. Des larmes d'une pureté limpide s'en échappent. Enfin, sa bouche à peine entrouverte exhale un soupir et son corps cesse tout mouvement. Et le chant des Elfes s'éteint pour en entonner un autre qui s'élève vers le ciel avec ferveur.

Kreattur est mort. Son sacrifice est consommé.

Il a racheté ses fautes et retrouvé son honneur…

Et des larmes coulent sur mes joues…

« Draco ! » s'exclame Maman dans un souffle court

Dans un réflexe, je me précipite à ses côtés et je prends son relai. Mon bras est sûr, toutes mes pensées sont tournées vers mon frère et mon Sortilège fuse avec vigueur. Des flashs me traversent l'esprit. Harry qui saute par-dessus moi, pour tuer le sanglier. Harry qui me dit que les Détraqueurs sont dans ma tête. Harry, qui me tient dans ses bras pour me réconforter. Harry qui rit, bras étendu en croix, en offrant son visage à la pluie d'un orage. Harry qui embrasse doucement les lèvres de Ron. Harry qui marche bras dessus, bras dessous avec Hermione, l'air joyeux. Harry, qui jette son puissant Patronus, éclairant toute la nuit de sa réconfortante chaleur.

Tu peux y arriver, Harry ! Tu es fort ! Tu peux chasser tous ces monstres de ta tête ! Tous ces Détraqueurs qui te rongent l'esprit ! pense-je de toutes mes forces.

Enfin, la tempête dans le Dôme se calme.

Je jette un coup d'œil machinal sur l'horloge. Il est 16H41…

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Neville

J'annule mon Sortilège et je glisse à genoux sur le sol, épuisé.

Hermione, Ron, Tatie et Tonton sont pêle-mêle sur le lit. Richard, Pompom, Miranda et Benjamin se précipitent à leur chevet.

Mon regard vogue vers Kreattur. Il n'est plus dans son fauteuil. Il est allongé sur un brancard de feuillages et de fleurs. Il est nu. Les Elfes vêtus d'une toge bleu-nuit chantent tandis qu'ils lavent à l'éponge sa dépouille affreuse, marquées par la douleur et la souffrance de son calvaire. Puis ils le couvrent d'un drap blanc.

« Que va-t-il se passer maintenant ? » demande Blaise, le souffle encore un peu court, au maître de cérémonie.

« Henko va emmener Kreattur dans le Temple de la Mort où sa dépouille sera incinérée, jusqu'à ce que le vent emporte sa poussière. » répond l'Elfe, en inclinant le buste.

« Où et comment pourrons-nous honorer sa mémoire ? » demande encore Blaise.

« Partout où la nature chante. Une forêt, un champ de blé, un jardin de roses, au bord d'un lac ou d'une rivière. Sous le soleil ou la lune. Partout dans la nature, où le cœur de Monsieur Blaise pensera à lui, Kreattur sera honoré. » répond le maître de cérémonie..

« Merci… » murmure Blaise, avant de ramasser une fleur sur le sol et de la poser sur la dépouille tendu de drap

Henko semble hésiter, puis il tire un petit coup sec sur la manche de la robe de Blaise, pour attirer son attention. Blaise baisse les yeux sur lui, avant de s'accroupir pour être à sa hauteur et de l'inviter à parler.

« Kreattur a sacrifié sa vie, pour que son étoile puisse briller dans le ciel, avec celle de ses ancêtres. Sa douleur a été grande, car la faute de Kreattur était grande. Mais ce soir, les Elfes ne pleurent pas. Ils sont heureux et vont célébrer sa mort car elle est une nouvelle naissance. » explique-t-il, en inclinant la tête sur son épaule

« Une nouvelle naissance ? » s'enquiert Blaise, sourcils froncés.

« Oui, Monsieur Blaise. Son âme est partie, mais la Magie de Kreattur chante toujours. Elle a rejoint le Temple de la Vie, dans la maison de la Grande Dame, où les Elfes nouveau-nés reçoivent leur Magie. Bientôt un bébé viendra au monde et la Magie qui vivait en Kreattur, vivra en lui et le nourrira de la sagesse qu'il a acquise à la fin de sa vie. Et la sagesse de Kreattur était grande. Aussi grande qu'a été sa douleur et son sacrifice. Voilà ce que Henko voulait que Monsieur Blaise comprenne… » répond le maître de cérémonie.

« Merci pour toutes ces explications, Henko. Je suis heureux d'en savoir davantage sur les coutumes des Elfes et sur leur philosophie. A l'occasion, il faudra que nous en parlions encore. Et je pense que mon amie Hermione sera également très intéressée. » assure Blaise, avec un bref regard vers le lit, où personne n'a encore repris connaissance..

« Henko remercie Monsieur Blaise de l'intérêt qu'il porte aux coutumes des Elfes. Et il sera très heureux d'en parler encore. Maintenant, Henko a quelque chose à demander à Monsieur Blaise, si Monsieur Blaise veut bien… » déclare Henko, l'air intimidé

« Je t'en prie, si je peux faire quelque chose pour toi, n'hésite pas… » répond Blaise, avec douceur.

« Henko souhaite que Monsieur Blaise dise à la petit fille qui s'appelle Miho, de ne pas pleurer Kreattur, de lui expliquer pourquoi Kreattur et les Elfes sont heureux que Kreattur soit mort aujourd'hui. » demande le maître de cérémonie, en agitant doucement ses oreilles

« Je le ferais. Et si elle me pose des questions auxquelles je ne sais répondre, je t'appellerai pour que tu lui expliques tout. » acquiesce Blaise, avec un sourire

« Henko remercie Monsieur Blaise. Et maintenant, Henko va accompagner Kreattur dans le Temple où sa poussière rejoindra la terre. » déclare Henko, visiblement très heureux.

Et tandis que Blaise se relève, il se dirige vers le brancard que les six Elfes vêtus d'une toge bleu-nuit portent maintenant sur l'épaule. Henko pose sa main sur le bord du brancard et ils s'en vont, dans un claquement de doigts parfaitement synchronisé.

Blaise reste un instant à regarder l'endroit maintenant vide où se trouvait Kreattur, puis il se dirige vers la porte de sortie de l'annexe. Je devine qu'il va annoncer le décès de Kreattur à Miho.

Pour ma part, je me sens soulagé que Kreattur soit mort, même si cela signifie que Tatie Nally va de nouveau souffrir de sa jambe et risquer sa vie. Car ce petit être a amplement mérité son repos, souffrant un véritable martyr, sans jamais ou presque se plaindre. Et je sens, dans le fond de mon cœur que son souhait va se réaliser jusqu'au bout, que la Grande Dame ne mourra pas.

Non, elle ne va pas mourir, me dis-je, en regardant Richard masser sa jambe où des humeurs noires s'écoulent de nouveau de sa blessure ouverte

Puis je croise le regard assombri de Ron, dont les yeux s'ouvrent lentement.

« Comment ça va, vieux ? » demande Benjamin, en l'aidant à s'asseoir

« Nous n'avons pas réussi à atteindre Harry, malgré tous nos efforts. La Magie Noire de la Potion nous repoussait à chaque fois qu'on arrivait à sa portée. Il lutte de toutes ses forces, mais il s'épuise. Et il ne nous entendait pas. Il ne nous sentait pas. C'est monstrueux ce qu'il vit. Monstrueux… Et son esprit va bientôt céder. C'est une question d'heure, de minutes même peut-être… Même si nous arrivons à le sortir de là-bas, je ne sais pas si nous pourrons le sauver… » répond Ron, dont le regard est au-delà de la douleur

L'image fugace de mes parents me traverse l'esprit.

Non, c'est impossible ! L'esprit de Harry ne va pas céder ! Il ne va pas devenir fou et finir sa vie dans un cauchemar !

Benjamin serre l'épaule de Ron, en gage de soutien, puis il lui tend une fiole de Potion.

« Non, pas de Potion Revitalisante, Benjamin. Je vais me reposer, récupérer des forces. Nous sommes revenus pour ça. Nous prendrons la Potion Revitalisante juste avant d'effectuer une tentative dans deux heures, deux heures et demi, environ. La dernière tentative sans doute… » déclare Ron, avant de fermer les yeux et de tâcher de trouver le repos.

Son cerveau doit bouillonner, son cœur doit hurler de douleur. Mais rien, hormis une légère tension au niveau de sa pomme d'Adam ne l'indique.

Ça me désole profondément.

Et je préfère ne plus voir ça.

Alors je vais rejoindre les autres, qui se sont assis par terre, dos appuyé au mur, pour se reposer. Et je ferme mes yeux, souhaitant de toutes mes forces que le Miroir posé dans le coin le plus reculé, auprès des boîtes Magiques contenant les Fées des Glaces et les Végélines, nous annonce bientôt que le Passage Secret a été trouvé.

Mais les minutes s'égrènent, lourdes d'un silence épais, contenant un infime espoir qui s'amenuise à mesure qu'elles s'enfuient et le Miroir se tait…

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Acte 4 : Une Lueur Dans Le Crépuscule

Harry

Des Détraqueurs…

Ils sont des centaines à tourner dans le ciel, au-dessus de moi. Et j'ai beau invoquer mon Patronus, il ne se déploie pas. Je cherche un souvenir heureux. Une ronde de visages danse dans ma tête. Papa, Maman, Sirius, Cédric, Percy, Carlotta et des dizaines d'autres… Des morts… Rien que des morts qui laissent dans mon cœur un sentiment de vide puissant.

Et les Détraqueurs s'approchent inexorablement…

Mes jambes flageolent, je m'effondre à genoux. Soudainement une main me pousse avec violence. Je bascule en arrière et mon dos heurte le sol. Une main empoigne mes cheveux, les tirant avec un plaisir sadique.

« Ils vont aspirer votre âme, Monsieur Potter. Et nous serons enfin débarrassés de votre misérable petite personne ! » s'exclame Ombrage, en frappant ma tête sur le carrelage de toutes ses forces, à plusieurs reprises.

La douleur explose en une vive lumière qui me brouille les yeux et quand elle se dissipe, Scrimgeour, le visage fendu par la hache avec laquelle Ombrage l'a assassiné, me surplombe, le regard lourd de reproches…

« Je sais pourquoi tu ne m'as pas sauvé, Potter. C'est parce que tu voulais toute la gloire à toi tout seul, hein ? » s'exclame-t-il avec hargne.

Les Détraqueurs sont au sol maintenant. Ils m'encerclent, avançant avec lenteur. Laissant sur leur passage une mer de glace et de désolation. Scrimgeour s'efface. Il laisse place à Draco qui se tient agenouillé à côté de moi et regarde le ciel empli d'étoile en souriant.

« Draco… Ton Patronus, jette ton Patronus ! Vite ! Ils arrivent ! » m'écrie-je, en essayant de nouveau de jeter le mien

Et, tandis qu'une faible vapeur s'échappe de ma Baguette en chuintant, Draco éclate de rire et baisse son regard sur moi.

« Ils sont dans ta tête, les Détraqueurs, Harry. DANS. TA. TÊTE. ! » martèle-t-il, en tapotant en rythme son index sur mon front…

Et il s'évanouit dans la nuit, me laissant seul et affolé. Des hurlements résonnent dans ma tête. C'est Maman. C'est papa. C'est Ron. C'est Hermione…

Les Détraqueurs fondent sur eux et je suis incapable de les sauver.

Je sanglote, seul et terrifié, parmi les ombres menaçantes. Le froid brûle mes mains et mes pieds. Ils fondent dans une douleur atroce. Je veux hurler. Ma gorge brûle aussi et mes cris arrachent mes chairs brûlées. Puis une main surgit du noir. Elle se tend vers moi. Elle est grise, décharnée, couverte de croûte. Un souffle rauque exhale son haleine glacée sur mon visage. Un trou aux bords gercés, craquelés et givrés s'ouvre sous mes yeux exorbités de terreur…

« Il te faut un souvenir heureux, Harry. Un souvenir puissant. » résonne la voix d'un souvenir lointain…

Remus…

Ou es-tu Remus ? Viens me chercher ! S'il te plait, viens me chercher !

« Trouve un souvenir heureux, Harry… » répond sa voix en s'éloignant

Mais je n'ai plus de souvenir heureux. Les Détraqueurs m'ont tout pris, tout volé…

Et tandis que le trou aux bords givrés se penche au-dessus de mon visage pour voler mon âme, un visage fugace, traverse mes pensées. C'est un enfant.

« Harry ! Ouvre les yeux, Harry ! Je ne te donnerai plus la Potion ! Plus jamais ! » crie-t-il, des sanglots dans la voix

« On ne désobéit pas à Lord Voldemort ! » siffle Nagini, en ouvrant une gueule béante, avant de fondre sur Jérémy et de l'engloutir.

« Jérémy ! Jérémy ! » hurle-je en me débattant de toute mes forces pour échapper aux mains grêlées de croûtes qui me clouent au sol, pour essayer d'aller le secourir

Mais ce n'est pas un cri qui sort de ma bouche, c'est une minuscule boule de lumière argentée…

Mon âme…

Elle s'envole vers le ciel étoilée…

Une porte s'ouvre dans la voûte céleste. Elle est vivement éclairée. Et elle me fait penser à une lumière dans le crépuscule d'un soir d'hiver. Une ombre se profile dedans et passe la porte, elle vient vers moi. Mon corps est libéré. Je me lève et je regarde l'ombre venir vers moi. Elle s'arrête à quelques pas, ouvre les bras et éclate d'un rire qui ressemble à un aboiement…

« Sirius ! » m'exclame-je, en courant pour me jeter dans ses bras…

Il me serre contre lui. Et pour la première fois depuis longtemps, j'ai chaud, je me sens bien. Il n'y a plus de douleur. Plus de terreur. Et je ris. Je suis mort et je suis heureux de l'être. Je vais enfin être tranquille. Je n'aurais plus à me faire de souci pour personne. Fini la douleur. Fini d'avoir mal dans mon corps, dans mon cœur et dans ma tête. Je n'aurais plus à souffrir de perdre des êtres que j'aime. Ils sont tous morts de toute façon et je vais les rejoindre. Nous aurons une éternité de paix et de bonheur tous ensemble.

Ils sont là-bas. Ils m'attendent dans la lumière. Il me suffit de passer la porte pour les rejoindre.

Alors je prends le bras de Sirius et je l'entraîne vers elle. Mais il m'arrête d'une poigne ferme. Je le regarde, surpris.

« Qu'est-ce que tu fais, Harry ? » demande-t-il, avec un sourire sur les lèvres, dans sa voix et dans ses yeux.

Il parait plus jeune que dans mon souvenir. Il ressemble bien davantage au jeune homme des photos que j'ai trouvées dans sa chambre. Il respire la joie de vivre et la sérénité.

« Je viens avec toi, là-haut ! Je vais rejoindre Papa, Maman Ron, Hermione, Marraine, tout le monde quoi ! » m'exclame-je dans un rire heureux..

« Ton père et ta mère sont là-haut, oui. Mais, Ron, Hermione, Nally, Severus, Draco, Théo et tous les autres n'y sont pas Harry… Et tu dois rester avec eux. Ils te cherchent Harry… Remus travaille à ton évasion, avec les jumeaux, Lee et quelques autres. Il va trouver et ouvrir le Passage Secret. Tu dois partir d'ici Harry, tu dois t'évader… » répond Sirius avec douceur

« M'évader ? Mais Sirius, je suis mort ! Je ne peux pas m'évader ! » m'écrie-je, avant d'éclater de rire encore une fois, puis d'ajouter : « Arrête de plaisanter et viens. J'ai trop hâte de voir tout le monde ! »

« Harry, tu n'es pas mort. Regarde bien autour de toi. Tu es toujours dans la cave Harry. Prisonnier de Voldemort. » répond Sirius, son regard doux voilé de tristesse et d'un ton insistant.

Si insistant que je regarde autour de moi. Il dit vrai. Il n'y a plus de porte vivement éclairée sous la voûte étoilée. Je suis de retour dans la cave de mon calvaire, prisonnier des cordes. Jérémy est recroquevillé sur le sol, à mes pieds. Il pleure, dans ses bras repliés sous son visage.

Toute ma joie s'efface d'un seul coup. Elle laisse place au froid, à la douleur et à l'angoisse.

« Si tu ne pars pas d'ici, Voldemort va venir avec Lucius et faire du mal à l'enfant. Ils vont le violer Harry. Tu dois quitter cet endroit. Très vite. Car Salazar va avancer ses projets. Il a trop hâte de posséder Jérémy. Alors tu dois te dépêcher, Harry » déclare Sirius, avec gravité

« Comment sais-tu cela ? » m'enquiers-je, dans un murmure noué

« Parce que tu l'as vu dans son esprit, Harry. » répond Sirius, son regard vrillé dans le mien.

Et les pensées de Voldemort surgissent dans mon cerveau. Elles s'entrechoquent, exprimant des désirs contradictoires. Voldemort veut attendre l'aube, mais Salazar le supplie de venir bien plus tôt. Voldemort refuse sèchement, mais son excitation monte quand il pense à Jérémy, à la chair tendre qu'il a palpé déjà…

Et je sais, au plus profond de moi que Salazar va gagner…

« Que puis-je faire, Sirius ? Comment puis-je partir d'ici ? Je me sens si faible. Et j'ai si mal… » murmure-je, les larmes me montant aux yeux…

« Tu as un plan Harry. Souviens-toi, la Magie sans Baguette, le couteau… Jérémy va t'aider, tu le sais maintenant. Il peut te donner tes Potions de soins et couper les cordes avec le couteau. Nally, Severus, Ron et Hermione sont tout près. Ils t'appellent Harry. Ils te donneront la force dont tu as besoin. Ils resteront auprès de toi, jusqu'à ce que tu sois parti d'ici… » assure Sirius, son regard brillant de conviction

« Mais une fois que je serais hors de la cave, où dois-je aller ? » m'enquiers-je, inquiet

« Il y a un Passage Secret, Harry. Remus va l'ouvrir à l'autre bout. Il faut que tu ailles au-devant de lui. Je sais comment tu peux le faire. Ecoute bien Harry. Une fois hors de la cave, il faut aller dans le hall et monter l'escalier jusqu'au second étage. Tu prendras le couloir de droite et tu entreras dans la troisième chambre sur la gauche. Ouvre l'armoire. Au fond, tu verras un nœud. Appuie dessus, le fond s'ouvrira. Il faudra alors que tu tires sur un clou mal enfoncé et le mur s'effacera. Tu pourras passer derrière. Le passage se refermera derrière-toi. Il faudra avancer le plus loin que tu pourras Harry. Et si tu le peux, si tu en as la force, condamne le passage derrière-toi, dès que tu l'as passé. Fais-vite Harry… Elle va bientôt venir… » explique Sirius, dont les contours commencent à être flous…

« Ne peux-tu rester avec moi ? » demande-je, d'un ton suppliant…

« Non, Harry. Je ne peux pas, je le regrette sincèrement. Mais Tristan t'aidera si tu en as besoin. Vite Harry… Elle sera bientôt là… » répond Sirius, dont l'image s'efface de plus en plus…

« Qui va venir ? » m'écrie-je, en me débattant un peu dans mes liens…

Je ne veux pas que Sirius me quitte. Merlin ! Je vous en prie, permettez-lui de rester !

« La Goule venimeuse… Appelle Nally, Harry ! Appelle Nally et Ron ! » s'exclame Sirius, avant de disparaître tout à fait.

« Sirius ! Sirius ! » supplie-je, avant d'éclater en sanglot…

La cave tourne autour de moi. J'ai l'impression qu'un gouffre profond va m'avaler. Le monde s'efface, laissant place à un grand vide glacé… Je me sens de nouveau si seul et abandonné. Pourquoi es-tu parti Sirius ?

« Appelle ta Marraine, Harry ! Appelle là ! » demande un visage qui se dessine à peine devant mes yeux, avant de s'évaporer dans l'ombre du vide…

Tristan !

Je sens une petite main caressante sur ma joue. Elle est douce et compatissante. Puis la cave est de nouveau là. Jérémy est à genou devant moi et il essuie mes larmes avec sa main. Je sais que c'est lui, même si ma vue est plus floue qu'elle l'a jamais été…

« J'ai renversé la potion sur le sol, Harry. Je ne veux plus te la donner. Ça te fait trop mal… Ne pleure plus Harry, ne pleure plus… » murmure-t-il, en venant pleurer lui-même dans mon cou…

Mon cœur se serre…

Voldemort va le punir terriblement. Il va le violer, le torturer et le tuer…

Je ne dois pas laisser faire cela !

Mais la cave tourne autour de moi. Le vertige m'emporte dans des battements de cœur affolés. Et les Détraqueurs sont de nouveau là…

« Ils sont dans ma tête, ils sont dans ma tête… » me répète-je en boucle, la pensée fugitive du visage souriant de Draco me traversant l'esprit…

Il a raison. Les Détraqueurs sont dans ma tête, à cause de la Potion de Cauchemars. Il faut que je réagisse, que je lutte contre ses effets et que j'obéisse à Sirius.

Vague de douleur. Ombres glacées qui s'insinuent sous ma peau. Elles rodent, elles me tendent un piège. Si j'appelle Marraine et Ron, elles vont fondre sur eux et prendre leur âme.

Un hululement sinistre. Les Ombres ont compris que j'ai deviné leurs intentions. Elles sont en colère. Elles vont venir me punir. Elles approchent, elles avancent, elles glissent vers moi en tendant leurs mains griffues. Et la ronde des morts dansent devant mes yeux.

Elles viennent et je suffoque. Mes pensées s'entrechoquent, elles se brouillent, se diluent dans la nuit.

« Non, non… ils sont dans ma tête, ils sont dans ma tête… » chuchote-je, en appuyant mon front sur la clavicule de Jérémy.

Et je lutte de toutes mes forces contre les Détraqueurs qui sont sur le point de faire céder un barrage dans ma tête. Des lumières vives explosent autour de moi, en cascades qui me submergent. Le rire cruel de Voldemort se répercute en écho dans les cris d'effroi de ses victimes. Celui de Bellatrix le rejoint…

Je ferme les yeux, si fort que des étoiles filantes les traversent. Elles se figent et je lève la tête. L'étoile de Sirius brille dans le ciel crépusculaire.

« Il faut que je parte d'ici avant de devenir fou… » chuchote-je avant de me pencher vers l'oreille de Jérémy : « Aide moi… S'il te plait, aide moi, Jérémy… »

« J'voudrais, Harry, j'voudrais ! Mais, j'peux pas ! J'peux pas ! J'sais rien faire ! » sanglote-t-il en serrant ses bras aussi fort qu'il peut autour de moi.

Ses sanglots cognent dans ma poitrine. Résonnent dans mes os. Diluent mon cerveau.

« Si ! Si, tu peux… Tu vas m'aider à chasser les Détraqueurs qui sont dans ma tête… » murmure-je, presque à bout de force

Je sais qu'il peut le faire. Je ne me souviens plus comment, mais je le sais… C'est quelque part, dans ma tête, masqué par les Détraqueurs et les Ombres…

Je ferme les yeux, tâchant de rassembler les lambeaux de mes pensées. Mais elles glissent entre les doigts que je tends vers elle. Des voix résonnent au loin. Elles crient, elles m'appellent…

Une pensée flotte devant moi. Elle contient des yeux bleus au regard tendre…

Mon cœur se serre.

« Ron… » murmure-je, une larme glissant sur ma joue

« Je suis là, Harry… » l'entends-je répondre d'une voix douce et lointaine

Si lointaine, Merlin ! Je scrute l'horizon, à sa recherche.

Une boule de lumière jaune et verte bondit vers moi. Je tends les bras et je l'attrape. C'est si chaud, si doux que j'enfouis mon visage dedans. Je la respire à fond et elle s'insinue dans mes narines, file vers mes poumons et me réchauffe le cœur…

Je relève mon visage, espérant voir Ron et pouvoir me glisser dans ses bras si forts. C'est Marraine que je vois.

« Harry, fais ce que t'as dit Sirius ! Nous serons là pour t'aider ! » s'exclame-t-elle dans un souffle qui s'exhale jusqu'à moi.

« Oui, oui… Je vais le faire… » acquiesce-je, en humant son odeur si douce…

Une nouvelle pensée danse devant mes yeux. C'est un couteau…

« Le couteau… Il y a un couteau dans le matelas, Jérémy. Va le chercher, rapporte-le et mets-le dans ma main droite… » souffle-je, contre l'oreille de Jérémy.

Il sursaute et se redresse. Son regard me dis que je suis fou…

« C'est la vérité, Jérémy. Je l'ai caché là quand je me suis réveillé ici la première fois. J'étais trop blessé pour pouvoir m'en servir. Regarde, du côté du mur, il y a un trou dans le matelas. Fouille dedans, tu trouveras un couteau et des fioles de Potion… Va voir, je t'en prie… Je ne suis pas fou…» assure-je dans un murmure enroué.

Jérémy déglutit, il hésite mais je le supplie d'un regard de me croire et il se lève difficilement, pour aller vers le matelas…

Sa main part à la recherche du trou, elle trouve et il l'enfonce dedans. Ses yeux s'écarquillent et il tire sa main vers lui. Une fiole de Potion. Puis une autre et encore une autre. Enfin il brandit le couteau devant ses yeux. Il revient de sa surprise et vers moi, aussi vite qu'il peut, moitié rampant, moitié à quatre pattes.

Il a été battu récemment. Je m'en aperçois maintenant. Il a été fouetté jusqu'au sang, de nouveaux hématomes bleuissent sur sa poitrine frêle, ses bras et ses jambes. Son arcade sourcilière droite a explosé, sa pommette gauche est tuméfiée, il a une entaille profonde sur le flanc gauche…

La Goule Venimeuse s'est vengée sur lui de ne pas avoir pu aller au mariage de Lucius…

« Je l'ai Harry ! » s'exclame-t-il, en appuyant le couteau sur la paume de ma main.

Je referme mes doigts gourds dessus, gémissant quand la corde mord mon poignet. Puis je ferme les yeux et je me concentre sur l'énergie que m'a donnée Ron. La magie pulse dans mon ventre, comme un cœur qui bat, elle se rassemble en un soleil qui enfle jusqu'à exploser en rayon dont le plus puissant courre dans mon bras, pour jaillir de mes doigts.

Et mon couteau retrouve sa taille normale…

« Tu as réussi ! C'est formidable Harry ! Dis-moi ce que je peux faire d'autre ! » s'exclame Jérémy, dont la voix tremble d'excitation, en ramassant le couteau qui vient de s'échapper de ma main..

Je suis épuisé par l'effort que je viens de faire. Je dois avant tout renforcer mon corps affaibli.

« Va chercher les Potions. Je te dirais laquelle me faire boire tout de suite. Et quand ce sera fait, tu couperas les cordes….» réponds-je dans un souffle haletant.

Des lucioles explosent devant mes yeux, avant de se rassembler en un visage…

« Elle arrive, Harry ! La Goule Venimeuse arrive ! Vite ! » s'exclame Tristan d'un ton urgent.

« Laisse les Potions, Jérémy ! Elle arrive ! Dépêche-toi de venir couper mes cordes ! » m'écrie-je de ma voix si enrouée qu'elle franchit à peine mes lèvres.

« Qui Arrive ? » demande Jérémy, dans un sursaut de frayeur.

« La Goule Venimeuse… Chhaya Deli… » réponds-je en haletant encore de mes efforts.

Jérémy laisse tomber les Potions sur le matelas et revient aussi vite qu'il peut, le couteau en main. Il coupe une première corde, libérant ma main gauche et se précipite pour couper celle de droite, tandis que je m'effondre à demi contre lui. Il trébuche sous mon poids, mais réussit à conserver son équilibre en se décalant sur le côté.

Mais la clé tourne déjà dans la serrure. Jérémy sursaute de frayeur et le couteau lui échappe des mains. Il tombe en tintant sur le sol tandis que la porte s'ouvre…

Jérémy se fige. Je sens sa terreur exploser dans mes narines

« Qu'est-ce que… » s'exclame la Goule Venimeuse, avant de comprendre.

Je vois son visage se tordre de haine, par-dessous mon bras droit si tendu qu'il fait hurler mon épaule. Elle recule d'un pas, tire sa Baguette et la brandit droit sur Jérémy.

« Sale petit morveux ! La leçon de tout à l'heure ne t'as donc pas suffi ! » crache-t-elle, avant de jeter un Doloris qui frappe Jérémy en pleine poitrine.

Jérémy hurle, en frappant durement le mur contre lequel son cuir chevelu éclate. Puis il glisse dans une traînée de sang et des cris déchirants. La colère me saisit, faisant battre mes tempes. Le sang pulse dans ma main gauche libérée et mes doigts douloureux de la circulation qui se rétablit dedans, partent à la recherche du couteau. Ils le trouvent et, dans un effort gigantesque, je bande tous mes muscles, effectuant un retournement, avant de jeter le couteau dans la direction de la Goule, espérant toucher sa main et faire tomber sa Baguette…

Le Doloris cesse. Un corps tombe lourdement…

Mon cœur s'affole. La Goule Venimeuse va appeler Voldemort et nous ne pourrons plus nous évader. Plus jamais…

Des images de tortures dansent devant mes yeux. Jérémy est battu, violé, tué…

« C'est de ta faute, idiot ! Tu aurais dû dire à Jérémy de cacher le couteau et les fioles de Potions. Tu aurais pu tromper la Goule Venimeuse ! Imbécile ! Regarde ce que tu as fait ! A cause de toi Jérémy souffre et va mourir ! Et tu appartiendras au Seigneur des Ténèbres pour toujours ! » s'exclament des voix masquées, grinçantes, ironiques et sarcastiques.

Elles éclatent de rire, tournent autour de moi, en me titillant, en se gaussant… C'est une ronde infernale.

« Ne les écoute pas, Harry ! Elles ne sont pas réelles ! » m'exhorte la voix de Tristan

Il se tient devant moi, son regard doux attristé.

Il bascule soudain en arrière et Bellatrix vient vers moi en sautillant comme une petite fille qui s'amuse follement.

« Bébé Potter est devenu fou ! Fou ! Fou ! Fou ! » chantonne-t-elle, en m'aiguillonnant avec sa Baguette

« Ce n'est pas vrai, Harry ! Elle n'est pas réelle ! La Goule Venimeuse est morte ! » s'écrie Tristan, loin, très loin…

Bellatrix a cessé de chanter. Elle me regarde en penchant la tête.

« Tu vas mourir, bébé Potter… » dit-elle, affichant un air faussement chagriné.

« Non… Non… Tu n'es pas réelle… TU N'ES PAS REELLE ! » m'écrie-je de toute la force de mes poumons, en balançant un coup de poing dans sa direction.

Elle explose sous l'impact et le plafond de la cave apparait devant mes yeux…

Je suis haletant. Pantelant de fatigue. La douleur dans mon épaule droite lance des coups de poignards qui se répercutent dans mes vertèbres… Je rejette ma tête en arrière, cherchant Jérémy. Il est toujours recroquevillé sur lui-même. Mais il me regarde dans ses larmes, la peur dans les yeux…

« Ce sont les cauchemars, Jérémy. La Potion fait encore effet… Mais je lutte contre eux. Je te jure que je lutte contre eux… » murmure-je, en tendant ma main gauche vers lui.

Il me fixe encore un peu, puis il se déplie et son bras s'allonge, dans une grimace douloureuse, pour poser sa main dans la mienne…

« Jérémy. Il faut partir, vite… Je sais que tu as mal. Mais il faut que tu me détaches. Prends les Potions. Je t'en donnerai une contre la douleur… Va vite bonhomme… » l'encourage-je dans un souffle.

Il hoche la tête et se traîne en rampant sur le sol. Il revient, avec la couverture pressée contre sa poitrine. Il la pose devant moi, la déroule un peu, révélant les Potions.

« Donne-moi les flacons. Je ne vois pas bien les couleurs… » dis-je, en bougeant les doigts de ma main gauche.

Il pose une fiole dedans. Je la fais rouler entre mes doigts, à la recherche de la marque qui indique de quelle Potion il s'agit…

« Potion Revitalisante… Je la prendrai tout à l'heure… » murmure-je, en posant le flacon sur le sol.

Jérémy m'en donne une autre…

« C'est la Potion Antidouleur. Bois-là, Jérémy… » dis-je en ouvrant la main…

Il prend la fiole et l'ouvre un peu maladroitement. Mais au moment de la porter à ses lèvres, il hésite…

« On va partager… » décide-t-il finalement

« Non, prends tout, où tu auras encore mal… » refuse-je, bien que je sois tenté d'accepter…

Il est petit. Il vient de recevoir un Doloris et il ne pourra pas aller bien loin, s'il ne prend pas tout…

Mais Jérémy s'obstine. Il boit seulement la moitié de la fiole et presse le reste contre ma bouche. Je cède à ses instances. Et une partie de ma douleur s'enfuit. Un peu de la brume qui obscurcit mon cerveau aussi..

Et je vois mieux ce qu'il faut que nous fassions maintenant…

« Je vais te demander de faire quelque chose de difficile et il va falloir que tu sois courageux, Jérémy. » déclare-je avec douceur, en le regardant dans les yeux.

Il déglutit difficilement, mais hoche la tête pour acquiescer.

« Si je prends la Potion Revitalisante, je pourrais couper les cordes, avec la baguette de la Goule Venimeuse. Mais cela me fera perdre des forces. Il faut que je les garde, pour pouvoir partir d'ici. Alors il va falloir que tu ailles chercher le couteau. Que tu le retires du corps de la Goule… » explique-je, ajoutant, après une brève pause : « Penses-tu pouvoir y arriver, bonhomme ? »

Jérémy jette un coup d'œil par-dessus ma tête et, sans rien dire, il se lève doucement et part d'un pas incertain vers la Goule Venimeuse, dont le corps est tombé, à demi appuyé, contre la porte ouverte. Il reste un instant à la regarder, la surplombant de sa petite taille, puis il s'accroupit et il tend la main…

Enfin il se relève, marche à reculons sur deux pas et se retourne pour effectuer le reste du chemin jusqu'à moi…

« C'est bien, bonhomme, tu es très courageux.. » souffle-je, tandis qu'il coupe déjà la corde de ma main droite.

« J'ai pris sa Baguette aussi… » dit-il, la gorge un peu nouée…

« C'est bien… » approuve-je, en frottant mon poignet droit avec ma main gauche

Puis je prends les Potions en main, réfléchissant à ce que nous pouvons prendre… Je décide de partager une Potion de Nutrition et que nous prenions chacun une Potion Revitalisante…

Les autres ne nous serviraient à rien. Je coupe cependant un petit carré de couverture, rassemble toutes les fioles dedans et j'en fais un petit baluchon. Puis je me lève, je coupe la couverture en deux, en donne une partie à Jérémy et je me fais un pagne avec l'autre morceau…

Enfin, je prends la main de Jérémy, pour partir. Mais au moment de passer la porte, son pied heurte quelque chose, vraisemblablement tombé de la poche de la Goule Venimeuse quand elle a tiré sa Baguette…

« Qu'est-ce que c'est ? » demande-je, tandis que Jérémy se baisse déjà pour ramasser l'objet

« Un carnet » répond-il, en examinant rapidement une page ouverte au hasard, avant d'ajouter : « On dirait des recettes de Potions… »

« Prends-le. Ça peut être utile.. » décide-je, le cœur battant…

C'est sûrement le carnet dans lequel la Goule Venimeuse conserve ses recettes de Poisons…

Enfin, nous passons dans le couloir, que j'ai déjà parcouru à plusieurs reprises, dans la tête de Voldemort. Et à mesure que j'avance, des images cauchemardesques dansent de nouveau dans ma tête…

Un hall. Voldemort qui m'accueille. Un cercle de Mangemort et mes amis agenouillés à leurs pieds. Des Sorts qui fusent. Mes amis morts qui se relèvent, grouillants d'asticots et qui s'avancent vers moi mains tendues, pour me tuer…

Je suffoque et je ne peux plus avancer…

OoOoOoO

Terry

Les cloches de l'église d'un village proche sonnent 18H00.

Remus, Olivier, Fred, Georges, Alicia, Lee, Angelina, Roger et moi-même scrutons une carte à la lueur d'une baguette. C'est que le ciel est lourd de nuages sombres, annonceurs de neige et le crépuscule descend vite.

Les autres groupes de recherche ont achevé leur travail pour aujourd'hui et ils sont partis se reposer, dans l'attente de l'alerte qui annoncera que l'évasion est proche.

« Il ne reste que deux fermes qui n'ont pas été visitées dans le coin. Séparons-nous en deux groupes. Lee, Fred, Georges et Angelina, vous venez avec moi visiter celle-ci. Les autres, vous prenez l'autre… » décide Remus, en repliant la carte avant de la mettre dans la poche de son épais manteau.

« Et si nous faisons chou blanc, qu'est-ce qu'on fait après ? » demande Olivier, en retenant Remus déjà prêt à Transplaner, par le bras.

Le regard de Remus s'allume d'une lueur déterminée.

« Nous retournerons dans tous les pubs de Winchcombe et des villages les plus proches. Nous finirons bien par trouver une personne qui est native du coin et qui n'était pas chez elle, quand le père de Blaise a pris la décision d'effacer Priest Hole Manor de la mémoire de tout le monde. Un homme ou une femme qui est parti vivre en ville et qui a choisi de revenir au village quand est venu le temps de la retraite, par exemple, quelqu'un qui se souviendra du Manoir ou du Passage Secret… » répond-il, avant de soupirer en fourrageant dans ses cheveux, puis d'ajouter : « Et si ce n'est pas suffisant, nous sonnerons le tocsin pour que tout le monde sorte de chez soi et nous leur raconterons que… que…»

« Nous leur raconterons que quelqu'un de notre famille a été enlevé et qu'on nous a demandé de déposer la rançon dans une ancienne ferme des environs de Winchcombe, appelée la Ferme des Grives et que nous demandons de l'aide, parce que nous ne la trouvons pas… » achève Lee, devant son hésitation…

« Oui, nous leur raconterons cela. Et si ce n'est pas suffisant encore, nous trouverons une autre idée. Quoiqu'il arrive, nous n'abandonnerons pas nos recherches ! » déclare Remus, avant de donner l'ordre de départ.

Je monte dans la voiture, conduite par Alicia et nous nous rendons à notre destination qui se trouve à environ deux kilomètres. Alicia s'arrête devant une barrière de bois qui marque l'entrée d'une petite propriété fermière.

« Si on débarque tous les cinq, on risque de faire peur aux habitants de la maison. » fait remarquer Roger, le regard tourné vers la maison basse, dont les fenêtres sont éclairées.

« Tu as raison. Je vais y aller avec Terry. Un couple, ça devrait être plus rassurant. » décide Alicia, en ouvrant déjà sa portière.

Je la rejoins au moment où elle ouvre la barrière. Un chien aboie sur ma droite. Je jette un œil vers lui. Il est grand, menaçant et s'il n'était dans un chenil, il me filerait la trouille.

Nous traversons la cour, contournant une mare dans laquelle pataugent quelques canards. Soudainement un chat sort de dessous une grange en miaulant. Il course une souris qui lui échappe en se faufilant dans un tas de bois déposé sous une soupente basse. Le chat miaule encore une fois ou deux, en essayant de passer sa patte dans le trou, puis il repart vers la grange, la queue relevée, sans s'intéresser le moins du monde à nous

« Oh chiotte ! » m'exclame-je, quand mon pied glisse sur le sol.

« Quoi ? » demande Alicia, en s'arrêtant en même temps que moi.

Je lève mon pied et regarde sous ma semelle en faisant la grimace.

« J'ai marché dans une merde… » réponds-je, le nez plissé de dégoût.

« Formidable ! Ça porte bonheur ! Nous allons trouver la Ferme des Grives et sauver Harry ! » s'exclame Alicia, en me donnant une tape dans le dos…

« Si ça peut nous permettre de sauver Harry, je suis prêt à me rouler dans toutes les merdes que tu veux… » souris-je à demi, le cœur un peu lourd

Alicia sourit aussi et me choppe par le bras, pour m'entraîner vers la porte qui se trouve à trois pas devant nous. Elle inspire un bon coup et frappe, pendant que j'essuie comme je peux ma semelle, sur une touffe d'herbe qui déborde d'un petit parterre où des fleurs doivent pousser au printemps.

Un pas traîne un peu derrière la porte, qui s'ouvre sur un homme trapu, d'une trentaine d'année, au visage barbu un peu renfrogné. Il sort sur le pas de la porte, refermant derrière lui, son regard sombre nous scrutant avec acuité

« Vous am'nez l'froid et la neige. Et vous avez pas peur d'roder dans l'coin après l'Angélus… » dit-il, d'un ton bourru, en mettant ses mains bien profondément dans ses poches

« Pourquoi devrions-nous avoir peur ? » m'enquiers-je, étonné de son entrée en matière…

Je me serais plutôt attendu à ce qu'il demande qui nous sommes et ce que nous voulons…

« L'coin est hanté d'puis longtemps, par toutes sortes de fantômes, d'esprit et de démons. Ma femme en a vus y pas longtemps, en r'venant d'une course au village. Une Dame Grise. Personne vient dans l'coin, après l'Angélus… Même pas l'été. » répond le fermier, avant de regarder vers le ciel et d'ajouter : « V'la les premiers flocons. Et c'est des gros. Avant minuit, la cour s'ra entièrement couverte d'une épaisse couche. »

Alicia regarde vers le ciel elle aussi et elle tend la main, pour recueillir un gros flocon de neige dedans. L'homme baisse les yeux sur elle.

« Qu'est-ce qu'vous voulez ? » demande-t-il brusquement.

« Ah.. Euh.. Je m'appelle Alicia et voici mon ami, Terry. Nous cherchons la Ferme des Grives… » répond Alicia, avant de déployer son plus beau sourire au type.

Il fronce les sourcils et semble fouiller sa mémoire.

« Connais pas. » répond-il, en levant le bras pour se gratter la nuque, avant d'ajouter : « Mais j'suis pas natif du coin, comme ma femme… »

« Alors votre femme sait peut-être… » l'encourage Alicia, le regard empli d'espoir.

« Ouais… » répond le type, en sortant une pipe de sa poche.

Il entreprend de la bourrer, puis de l'allumer, d'un air imperturbable. Alicia et moi nous jetons un coup d'œil l'un vers l'autre. Décidément, ce type est bizarre…

« Peut-être pourriez-vous lui demander… » suggère-je, sur un signe de tête encourageant d'Alicia.

« Ouais, c'est ç'que j'comptais faire » répond-il en exhalant sa fumée.

Et il nous tourne le dos, pour ouvrir sa porte et entrer, avançant de deux pas avant de se tourner vers nous.

« Fermez la porte après vous, pour laisser l'froid dehors.. » nous invite-t-il à entrer.

Je me fais l'effet d'entrer dans l'antre du fou, quand je passe la porte et que je la referme derrière moi. Mais j'avance bravement, devançant Alicia qui m'attendait. Une porte est ouverte dans le fond du couloir. Le type pénètre dans la pièce.

« Dis-voir, Ruth, la Ferme des Grives, ça t'dit quèque chose ? » demande-t-il, alors que nous arrivons à hauteur d'une cuisine.

« Qu'est-ce qu'il dit ? » demande d'une voix forte, un vieil homme assis au coin de la cuisinière sur laquelle une soupe est à cuire

Son fumet me fait venir l'eau à la bouche. Nous n'avons rien mangé depuis midi et mon estomac commence à réclamer.

« Il demande si je connais la Ferme des Grives ! » crie la femme du type

Elle parait beaucoup plus avenante que son époux, avec son visage rond et ses grands yeux clairs. Elle pose son tricot sur ses genoux, l'air de réfléchir intensément.

« C'est l'grand-père d'ma femme. Sa seule famille, maint'nant. On l'a ramené à la maison, y dix ans, quand on s'est mariés. Il était parti vivre avec sa femme, dans une ferme qu'elle a héritée, laissant la sienne plus tard à son fils. Il l'avait connu en allant au service, sa femme. C'était une galloise. Mais c'est ici qu'il est né. C'est ici qu'il mourra. » explique le fermier, avant de tirer sur sa pipe.

« La Ferme des Grives ? » répète le vieux, en haussant les sourcils.

« Oui ! Ça te dit quelque chose ? » crie la femme, avant de se tourner vers nous et d'ajouter : « Non, je ne connais pas la Ferme des Grives… »

Alicia et moi poussons un soupir déçu.

« J'connais pas d'Ferme des Grives ! Mais dans l'ancien temps, y avait la Ferme des Graves ! » s'exclame soudainement le vieux.

Alicia pousse un petit cri

« Terry ! C'est peut-être cette ferme que nous cherchons ! La Ferme des Graves ! Il y avait peut-être une erreur d'impression sur le livre ! » s'exclame-t-elle, les yeux brillants d'espoir.

Mon cœur s'emballe. Alicia a peut-être raison et je n'ai qu'une hâte, tirer les vers du nez du vieil homme.

« J'm'amusais dans ses ruines, dans l'temps qu'jétais gosse, avec mes amis ! » s'exclame-t-il d'ailleurs, l'air plongé dans ses souvenirs.

« Quel livre ? » demande en même temps sa petite fille, sourcil haussé.

« Un vieux livre sur la région, qui parle d'un ancien Manoir relié à une ferme par un Passage Secret. Nous l'avons trouvé dans un grenier et avec des amis, nous avons fait le pari de retrouver ce Passage Secret… » explique Alicia, selon l'une des fables que nous avons préparées hier soir, pour justifier nos recherches auprès des habitants de la région.

Le fermier hoche la tête, comme s'il comprenait l'intérêt de nos recherches.

« Qu'est-ce qu'y a à gagner ? » demande-t-il, abruptement.

« Rien du tout, juste le plaisir d'avoir joué et gagné.. » répond Alicia, avec le grand sourire qui ne la quitte plus.

« C'est beau la jeunesse… » commente le fermier, avant de pencher son buste vers le vieil homme et de crier : « Dis-voir grand-père ! D'ousse qu'elles sont, les ruines ? »

Alicia se saisit de ma main, en croisant les doigts de l'autre main dans son dos.

« Les ruines de l'Ferme des Graves ? » demande le grand-père, l'air surpris qu'on lui pose cette question

Le fermier acquiesce d'un hochement de tête, tout en tétant sur sa pipe.

« Quèque part dans la forêt, du côté d'la Colline aux Loups ! J'me souviens plus trop bien ! C'est loin tout ça ! » répond le vieil homme, en haussant les épaules, avant d'ajouter : « On n'a plus eu l'droit d'y aller, après qu'Henry Twiggle s'est cassé l'cou en tombant dans l'puits ! Même que les vieux l'ont bouché l'puits ! Du coup, on n'a jamais su si c'était vrai, l'histoire du Passage Secret qu'le vieux Brooster nous avait raconté ! »

Alicia m'en saute dans les bras tant elle est heureuse et je la serre contre moi avec la même joie…

Putain ! Harry est sauvé ! Il ne reste plus qu'à localiser les ruines de la vieille ferme…

« La Colline aux Loups, c'est à deux kilomètres au nord. Vous ne pouvez pas la rater. Les bûcherons sont en train d'abattre par là. Les arbres sont trop vieux dans cette coupe. Ils ont attrapé une maladie. » nous apprend sa petite fille, avec un sourire amusé, tandis qu'Alicia remercie chaleureusement son grand-mère, l'embrassant sur les deux jours.

« Ouais, mais si la ferme est en ruine et l'puits bouché, vous aurez du mal à trouver l'Passage Secret ! » fait remarquer son époux, de son ton bourru…

« Nous nous en arrangerons ! Merci ! Merci beaucoup ! » réponds-je, en songeant qu'avec la Magie, nous avons une bonne chance de trouver ce fichu Passage Secret

« C'est beau la jeunesse… » entendons-nous le fermier répéter à sa femme, tandis que nous sommes déjà dans le couloir.

« Nous avons eu leur âge, nous aussi. Qu'ils en profitent, pendant qu'ils peuvent encore s'amuser… » répond sa femme, alors que je referme la porte derrière nous.

Alicia m'entraine aussitôt la porte fermée, mais je la retiens, scrutant le sol qui se couvre d'une fine couche de neige, à la lueur discrète de ma baguette… Les fermiers sont de l'autre côté de la maison, ils ne risquent pas de la voir…

« Mais qu'est-ce que tu fiches, Terry ! » s'énerve quelque peu Alicia.

J'avance d'un pas un peu vers la droite, avant de lui répondre : « Je marche dans du bonheur… »

Alicia éclate de rire et nous nous empressons de courir annoncer la bonne nouvelle aux copains et à la Base de Londres.

Il ne faut pas longtemps, pour trouver la Colline aux Loups et nous nous déployons, Baguette allumée au maximum car le crépuscule s'est effacé pour laisser place à une nuit très noire sous les arbres, pourtant dénudés. Nous ne voulons surtout pas rater ces fichus ruines.

C'est Angelina qui les repère et nous nous précipitons auprès d'elle à son appel. Elle se tient auprès d'un petit pan de mur, qui n'attend que le souffle du vent pour tomber. Nous éclairons vivement l'endroit, scrutant le sol, à la recherche d'un puits bouché, mais rien, nada, niente …

Aucune trace n'est visible et nous commençons sérieusement à perdre espoir, jetant ses Sortilèges, dans toutes les directions, pour sonder le sol.

« Rien !... Rien de rien de fichu rien ! Bordel ! Que le temps qui passe, putain ! » marmonne-je, avant de jeter un coup d'œil machinal sur ma montre…

19H42… Je frissonne…

Ce salaud de Lucius a consommé son mariage…

Et Voldemort l'a consommé avec lui…

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Langage Elfique dégoté sur plusieurs sites internet : Hannon le, an Harry ah anim. Shorel'aran ah Aldiel shal, Kreattur = Merci pour Harry et pour moi. Adieu et bon voyage Kreattur

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