Disclaimer : cf chapitre 1
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Super Beta: Mystical
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Réponse sur mon forum aux commentaires de -Lul - Douceurfamille
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La Fin D'Un Cauchemar
Mardi 14 Janvier 1997
Draco
Le silence est plus pesant que jamais dans l'annexe.
Tout le monde est debout autour du grand lit. Ron est dans un état affreux. Que lui est-il arrivé, comment son corps a-t-il pu être ainsi lacéré ? Il a fallu près d'une heure à Richard et Pompom pour refermer les plaies, si profondes pour certaines qu'on aurait pu y enfoncer une main.
Fumseck a un peu aidé à refermer ces plaies-là.
Tante Molly, Tonton Arthur et Bill viennent embrasser le front de Ron. Ça me brise le cœur, de les voir si pâles, creusés d'angoisse. Je me demande comment ils tiennent debout. D'autant que Charly n'a pas encore repris connaissance non plus, là-bas, en Ecosse. Mais il est passé par une belle porte, lui aussi et son corps doit avoir besoin de récupérer, avant de se réveiller…
Les Fées sortent des boîtes que Luna ouvre. Végélines et Fées des glaces s'associent pour envelopper Ron et Tatie Nally de leur Cocon Magique. C'est joli. Les feuillages et les fleurs vertes des Végélines sont comme givrées par l'argent scintillant des Fées des Glaces.
Je regarde maintenant Pa et Hermione. Ben leur a administré des Potions par les narines et Richard a dit que Pa ne devrait pas tarder à reprendre conscience.
Un frémissement de paupière. Je suspends mon souffle, les yeux fixés sur Pa. Il revient lentement. Vraiment lentement…
« Severus ? Ouvre les yeux, Severus ! Allez, un effort, tu peux le faire ! » appelle Richard, en lui secouant un peu l'épaule.
Pa soupire et il papillonne des yeux, avant de les ouvrir tout à fait.
« Comment te sens-tu ? » demande Richard, en le scrutant de son œil professionnel.
« Complètement moulu… » murmure Pa, en déglutissant un peu difficilement sa salive, avant de s'enquérir de la santé de Ron
« Les Fées s'occupent de lui. Et avant que tu le demandes, elles s'occupent aussi de Nally. Hermione va dormir pendant au moins 12H00, peut-être davantage, avant de se réveiller. Toi, tu as bénéficié d'un avantage en buvant la Potion Revitalisante Renforcée, que je t'ai fait prendre avant que tu repartes dans le Dôme… » répond Richard, avec un petit sourire rassurant, avant de demander, d'un ton et d'un air beaucoup plus grave : « Que s'est-il passé, Severus ? Comment Ron a-t-il pu ainsi être blessé, alors qu'il était ici, dans le Dôme ? »
Pa soupire. Il essaye de se redresser, mais il n'y arrive pas et Richard l'aide à s'adosser à ses oreillers.
« Le pouvoir de la Magie Noire sur l'esprit peut être… effroyable et déclencher des réactions physiques même si le corps n'a pas été touché. Et les Barrières de Protection de Priest Hole Manor sont vraiment féroces. Quand notre esprit traverse ces barrières, la Magie Noire parvient à atteindre notre corps aussi sûrement que si nous les passions physiquement. Nous nous sommes toujours protégés d'un bouclier pour éviter ça. Ce qu'il s'est passé cette fois, c'est que l'esprit et le cœur de Ron étaient auprès de Harry, quand Voldemort a explosé de rage en comprenant que Harry lui avait échappé et qu'il a jeté à pleine puissance un Maléfice de Magie Noire. Sa rage a violemment expulsé Ron. Ça lui est déjà arrivé, comme à chacun de nous, sans que cela cause de dommage physique. Mais cette fois, Ron n'avait plus beaucoup d'énergie Magique et le choc l'a assommé. Son bouclier a lâché et il s'est retrouvé empêtré dans la Barrière de Protection. Nous avons heureusement réussi à l'en défaire, avant qu'il ne soit complètement déchiqueté. Et avant de sortir du Dôme, il a pu nous demander de rester avec Harry, aussi longtemps que nous le pouvions. Nous lui avons promis de le faire. » explique Pa, les yeux fermés, sur un visage douloureux.
« Est-ce que la Magie Noire qui a blessé Ron est mortelle, Severus ? » demande Tante Molly, le visage et le regard rongés d'une terrible angoisse.
« Non ! Non, Molly, non ! Cette barrière… comment expliquer ça… La Magie Noire de cette barrière agit comme du sable mouvant hérissés de pics et contenant… des couteaux… Elle aspire celui qui tombe dedans et les pics et les couteaux le déchirent, jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais si vous arrivez à en sortir, la Magie Noire cesse son action. Je vous l'assure Molly, vous pouvez être rassurée à ce propos. Ron ne subit plus ses effets maintenant. » explique Pa, au soulagement partiel de Tante Molly, Tonton Arthur et Bill
Voilà au moins une nouvelle rassurante. Certes, Ron est dans le coma, mais c'est parce qu'il a perdu une grande quantité de sang et qu'il a beaucoup trop puisé dans ses réserves Magiques. Alors j'ai confiance. Ron est très fort, il s'en sortira…
« Et comment allait Harry, quand vous avez dû le laisser ? » demande maintenant Maman, le front soucieux
Pa ferme les yeux et soupire douloureusement. Je crains le pire…
« Il est arrivé au bout du tunnel avec le petit Costner il y a un bon moment. Malheureusement, d'avoir trouvé le Passage Secret fermé l'a anéanti. Il a replongé dans un cauchemar. Il lutte contre ça, mais ça l'épuise et il ne nous entend pas ou nous englobe dans ses délires. Par ailleurs, il s'est rendu compte que le petit Costner a de la fièvre et il est terrorisé à l'idée qu'il meure. Et puis il a commencé à entendre du bruit, des grattements dans les murs. Alors parfois il pense que c'est nous qui venons le chercher, mais la plupart du temps, il est persuadé que c'est Voldemort qui arrive et il se tient sur la défensive. Prêt à se battre pour se défendre et défendre Jérémy… Il y a une Elfe avec eux. Mais il ne pense pas à lui demander de les faire Transplaner hors du tunnel et malgré tous nos efforts, il ne nous a pas entendus lui recommander de le faire… Il… Il sombre peu à peu dans la folie et si nous ne le tirons pas de là très bientôt, j'ai vraiment peur qu'il ne reste dedans… » répond Pa, en laissant glisser une larme sur sa joue…
Je crois bien que tout le monde pleure avec lui…
Harry… Harry, mon frère…
Comment vas-tu pouvoir surmonter tout ça ?
Putain, Harry ! Comment peux-tu seulement supporter tout ça déjà ?
Je comprends que tu sois en train de sombrer dans la folie. Il y a vraiment de quoi. Et je ne suis pas sûr que j'aurais pu tenir le coup aussi longtemps que toi. Je me souviens trop bien, que je n'avais qu'une envie, quand Pansy me torturait : que cela cesse. Qu'elle mette fin à mes souffrances. Je suis pourtant loin d'avoir été torturé aussi atrocement et aussi longtemps que toi…
Et je n'ai pas eu à boire une saloperie de Potion de Cauchemars…
Où es-tu allé chercher ta force et ton courage ? Bien sûr, tu avais Ron, Pa, Tatie et Hermione, qui te donnaient de l'énergie Magique et leur amour. Mais quand même… La plupart du temps tu étais seul…
Tu es seul, maintenant…
Personne ne dit mot. Tous les visages sont anxieux. Attristés. Nous nous tenons les uns contre les autres, dans une vaine recherche de réconfort. De toute façon, même des tonnes de chocolat ne nous réconforteraient pas. Aucun Sortilège de Liesse ne nous sortirait de notre morosité…
Ron expulsé du Dôme dans un état critique, l'Ordre du Phénix qui a échoué à empêcher l'évasion des Mangemorts à Azkaban, les Détraqueurs qui se sont alliés à Voldemort, trois Membres de l'Ordre décédés, quatre autres dont l'âme a été aspirée et maintenant ces terribles nouvelles de Harry…
Harry… Ne bascule pas dans la folie, je t'en prie. Bats-toi encore, s'il te plait !
Tu es si près, si près de la fin de ce cauchemar !
Bordel ! Pourquoi, Merlin ? Pourquoi, doit-il subir autant d'épreuves ? N'en a-t-il pas déjà assez subies comme ça ? Que doit-il encore prouver, putain pour avoir enfin une paix et un bonheur durable ? Il les mérite tellement déjà!
« Base de Londres à Poudlard ! » appelle soudainement Ralph Seymour dans le Miroir, nous faisant tous sursauter.
Le professeur Dumbledore prend le Miroir et plonge son regard dedans.
« Professeur Dumbledore, il y a un problème sur La Colline Aux Loups ! Ils ont enfin trouvé où se situe l'entrée du Passage Secret, mais Harry croit que c'est Voldemort qui l'a retrouvé ! Ils ont essayé de lui parler, mais dès qu'il entend le moindre bruit ou voit une ombre bouger, il jette des Sorts. Et il fait si sombre dans ce tunnel qu'ils ne peuvent pas non plus essayer de l'endormir avec un Sortilège de Sommeil. Ils ont peur de la riposte surtout ! Remus craint que Harry ne fasse s'effondrer le Passage sur lui si ça continue. Ils ne peuvent plus travailler à ouvrir la galerie ! Auriez-vous une idée ? » demande Ralph, le ton vivement inquiet
« Je ne comprends pas. Il est pourtant très proche de Remus, pourquoi ce dernier ne réussit-il pas à gagner sa confiance ? » demande le professeur McGonagall, sourcil froncés et visiblement inquiète.
Pa soupire et se passe une main fatiguée sur le visage…
« Il pensait que Remus aurait déjà ouvert le Passage Secret quand il arriverait au bout. Et comme je vous l'ai dit, il a été anéanti quand il a constaté que ce n'était pas fait. Il pense parfois que toute cette histoire d'évasion fait partie intégrante de ses cauchemars et tantôt même, que c'est une forme de torture mentale que lui impose Voldemort, en plus de tout le reste… Remus fait partie intégrante du cauchemar pour lui. Et Harry a appris à se méfier de ce qu'il voit et entend dans ses cauchemars… Je crains que Remus ne puisse gagner sa confiance tant que le Passage n'est pas suffisamment ouvert pour que Harry puisse le franchir de lui-même.… » explique-t-il, d'un ton noué.
« Je m'interroge toujours sur la façon dont Harry a pu savoir où se trouvait l'entrée du Passage Secret, du côté de la maison. Comment pouvait-il savoir que Remus devait ouvrir la sortie ? » murmure comme pour elle-même le professeur McGonagall, avant d'ajouter précipitamment : « Mais cette question peut attendre. Le plus urgent, c'est de trouver un moyen de sortir ces malheureux garçons de là.. »
« Vous vous trompez, Minerva. La question de savoir comment Harry a su est importante… Elle peut être déterminante pour vaincre sa méfiance ou apaiser son tourment… » soupire une fois de plus Pa, avant d'expliquer : « Ne me demandez pas comment cela a pu se produire, ni comment cela est possible, mais nous avons appris au cours des… pérégrinations de l'esprit de Harry, qu'il a… reçu la visite de Sirius… Enfin, de l'esprit de Sirius, qui lui a révélé où se trouvait l'entrée du Passage, depuis le manoir, comment l'ouvrir et que Remus en cherchait la sortie pour venir à sa rencontre… Et ça aussi, maintenant, il l'intègre à ses cauchemars ou cette croyance qu'il subit une torture mentale.. » explique encore Pa, avant d'accepter volontiers l'une des tasses de thé, que distribue Pompom
« Voilà qui est extraordinaire… Et effectivement, cela est utile à savoir, cela peut éviter de commettre un impair. Quant à expliquer ce phénomène, nous aurons le temps plus tard de nous pencher sur la question. Maintenant, quelqu'un a-t-il une idée de ce que nous pourrions faire pour Harry ? » commente le professeur Dumbledore, en regardant à la ronde.
« Il suffit peut-être tout simplement d'attendre qu'il finisse par s'endormir de lui-même… » suggère Daphnée, le regard anxieux et elle-même dubitative
« Non. Harry doit être en mode Guerrier ! Il ne s'endormira pas de sitôt, même s'il est épuisé. » réponds-je, en passant une main lasse sur mon visage
« Draco a raison. Même s'il finit par somnoler, Harry sera toujours sur le qui-vive et le moindre frôlement l'alertera. Il agira par réflexe, comme il l'a fait, lorsqu'il a jeté son couteau vers Chhaya Deli et qu'il l'a touchée en plein cœur. C'est son instinct qui a guidé sa main, exactement comme aux entraînements. Alors il n'est même pas question d'essayer de Transplaner auprès de lui. Qui sait ce qu'il fera, dans l'état de terreur dans lequel le plongerait le bruit du Transplanage. La seule solution que j'entrevois, c'est que quelqu'un réussisse à lui faire entendre raison, avant qu'il ne craque ou que son cœur lâche… » appuie Parrain, avant de retomber sur ses oreillers, épuisé.
Mon cœur bat la chamade. J'entrevois là une possibilité de pouvoir faire enfin davantage pour aider mon frère que j'aie pu le faire jusqu'à présent…
Car faire entendre raison à quelqu'un qui fait des cauchemars éveillés ou qui croit qu'on lui fait subir une torture mentale, ce n'est certainement pas donné à tout le monde. Il faut obligatoirement que ce soit quelqu'un en qui Harry a toute confiance et qui en sait assez sur lui, pour pouvoir l'atteindre. Quelqu'un qui a vécu avec lui des moments forts. Très chargés en émotions.
Ron aurait bien entendu été le mieux placé. Hermione aurait pu aussi bien sûr. Mais ils sont hors circuit…
Sa Marraine et Pa aussi…
Il ne reste donc que moi… Mais voudront-ils que j'y aille ?
Je ne le saurais pas, si je ne le demande pas…
« Laissez-moi y aller ! Harry a toute confiance en moi ! Nous sommes frères de cœur ! Je sais que je peux réussir, j'en ai la certitude ! » assure-je, en avançant vers le professeur Dumbledore
Il plante ses yeux dans les miens durant quelques instants, puis son regard parcourt l'annexe, avant de revenir sur Pa.
« Severus, que penseriez-vous, si nous laissions, Draco, Théodore, Neville et Blaise aller sur la Colline Aux Loups ? » demande-t-il, en regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune
« Je pense qu'en l'état actuel des choses, ils sont les seuls qui pourront approcher Harry. Draco et Théo parce qu'ils sont ses frères, Neville et Blaise, parce qu'ils sont ses meilleurs amis. Tous ses autres amis viennent à égalité juste après eux dans son cœur et je ne doute pas qu'ils auront un rôle important à jouer dans son rétablissement. Harry aura besoin d'être très entouré… » assure Pa, un nouvel éclat de douleur traversant son regard
« C'est ce que je pense également. Vous avez entendu, Ralph ? Alors avertissez nos amis que nous leur envoyons des renforts et demandez leur de nous transmettre les coordonnées du meilleur point de Transplanage sur la Colline aux Loups » déclare le professeur Dumbledore
Je relâche mon souffle, que je n'avais même pas conscience d'avoir suspendu. Maman, vient me serrer sur son cœur et m'affirme qu'elle a toute confiance, que je vais parvenir à ramener Harry.
« Je vais aller avec eux. Harry et Jérémy Costner auront sans doute besoin de soins, avant de pouvoir être transportés ici. » décrète Richard, en préparant déjà sa trousse de Médicomage, la remplissant de Potions diverses …
Je piaffe d'impatience, en attendant que le professeur Dumbledore règle les détails techniques de notre départ. Pendant que Ralph se renseigne sur les coordonnées de la Colline aux Loups, il demande à un Elfe d'aller nous chercher des capes bien chaudes et des balais…
« Pourquoi des balais ? » demande Théo, en enfilant un pull qu'il avait enlevé tantôt…
« Pour atteindre plus rapidement les portes de Poudlard… » répond le professeur Dumbledore, en nous indiquant une fenêtre, avant d'ajouter : « Empruntez le même chemin au retour, c'est plus rapide et cela évitera à nos deux blessés, des rencontres inopportunes… »
Les coordonnées nous parviennent en même temps que nos capes et les balais demandés. Nous nous empressons de nous vêtir chaudement et de filer par la fenêtre. Aussitôt les portes de l'école atteintes, nous laissons tomber nos balais derrière un buisson épais et nous Transplanons, dans une clairière.
Remus nous accueille et nous indique le chemin. Harry s'est calmé il y a peu nous dit-il. Bientôt, je me penche au-dessus d'un trou sombre.
Je réfléchis un instant, me demandant quelle sera la meilleure approche. Puis je fais signe aux copains de venir avec moi. Tout le monde me suit et nous nous éloignons de quelques pas, pour être certains de ne pas effrayer Harry, par nos chuchotements…
« Théo, Nev, Blaise, nous allons descendre dans le puits, en douceur et en silence. Posez un Sortilège sur vos pieds, pour amortir le bruit que nous pourrions faire en arrivant au fond. Ensuite, silence complet, je serais seul à parler jusqu'au moment où je vous ferais signe que vous pouvez intervenir…» dis-je, tout en me déshabillant…
« On peut savoir pourquoi tu te fous à poil et si nous devons en faire autant ? » demande Blaise, sourcil haussé.
« Harry est en plein cauchemar. Il pense que Voldemort est là, qu'il veut le torturer, qu'il torture tous ceux qu'il aime. S'il croit que Voldemort m'a capturé, moi aussi, il m'écoutera, il me cherchera. S'il met de la lumière pour me voir, mieux vaut que je sois à poil, que je paraisse effectivement en détresse. Après, quand je l'aurais ramené à la réalité, qu'il sera rassuré, on pourra le sortir de ce fichu Passage Secret. Vous trois, il n'est pas nécessaire que vous vous foutiez à poil. Je ne pense pas… » réponds-je, en laissant tomber ma dernière chaussette…
Putain, il fait sacrément froid et la neige me gèle immédiatement les pieds. Il ne faudra pas longtemps pour que je grelotte, pense-je, juste avant que Théo me jette un Sort de Réchauffement…
Je le remercie d'un regard…
« Il y a une faille dans ton plan… » fait remarquer Neville, en me regardant de la tête aux pieds
« Laquelle ? » m'enquiers-je, en haussant un sourcil
« Malgré ta tête de déterré, tu as l'air en trop bonne santé, si tu vois ce que je veux dire... » répond-il, avec une moue grimaçante…
Il a raison. Il me faudrait quelques hématomes et plaies sur le corps, pour que ce soit plus réaliste, que Harry pense que j'ai été capturé et torturé moi aussi…
« Je vais arranger ça… » déclare Blaise, me jetant aussitôt quelques Sortilèges de Grimage, avant d'ajouter : « Voilà. Ni trop, ni trop peu. Comme ça, c'est parfait. »
Je jette un œil sur mon corps. Il a fait du bon boulot, conviens-je…
« Draco, es-tu sûr que ce soit une bonne idée, que Harry te voit ainsi ? Ça va lui faire du mal, s'il pense que tu as été torturé, tu ne crois pas ? » demande doucement Remus…
« Oui, c'est vrai que ça va lui faire du mal. Mais il est en plein cauchemar éveillé et il a déjà terriblement mal. Et je n'ai pas d'autre idée, Remus, pour qu'il accepte de se laisser convaincre, de venir vers moi. Je serais son compagnon de souffrance, tu comprends ? Et puis, une fois le contact établi, si je sens que ce n'est finalement pas une bonne idée, j'annulerai les Sortilèges et je mettrais ma cape. Théo la gardera avec lui. » explique-je, espérant qu'il me comprenne…
Remus réfléchit un instant, le regard dans le vague et finalement, il hoche la tête en signe d'accord.
Georges nous indique où se trouve le trou qui marque l'entrée du passage et nous convenons de la manière de nous faire descendre dans le puits. Quand c'est fait, je pars résolument vers Harry, sans me soucier que je suis nu et qu'il y a deux filles sur mon passage.
Ce ne sont pas des dindes. Des mecs à poils, elles en ont déjà vu et puis l'heure n'est pas au rince l'œil, alors je suis sûr qu'elles ne prêtent pas attention à ma nudité. Et quand bien même je m'en fous. C'est Harry qui compte…
Les jumeaux, Lee et Olivier nous font descendre lentement, dans le plus grand silence. Ils ont calculé leur coup très juste et relâchent leurs Sortilèges au moment même où nous posons le pied au fond.
C'est un peu étroit et je dois pousser mon frère et mes potes contre les parois pour pouvoir me tasser à hauteur du trou. Harry a dû l'agrandir involontairement en jetant ses Sorts défensifs, parce qu'il me parait nettement plus grand que ce que m'avait dit Georges, lorsque j'en fais le tour avec ma main… Oui, une petite partie du plafond de la galerie souterraine s'est un peu effondrée, j'en suis certain…
Je pourrais passer. Tout juste, mais je pourrais passer. Ça va me faciliter la tâche. Car je vais pouvoir aller au-devant de lui, ce qui sera nettement plus aisé que de le faire venir à moi…
Il fait noir comme dans un four dans le puits, comme dans le Passage Secret. Mais en tendant l'oreille, j'entends une respiration courte. Celle du petit Costner sans doute, pense-je, en me souvenant que Pa a dit qu'il a de la fièvre…
Je prends une grande inspiration croisant les doigts avec ferveur pour réussir cette mission de la plus haute importance. Et je décide de me lancer..
« Harry… » chuchote-je, en prenant garde à reculer ma tête du trou aussitôt
On ne sait jamais, Harry peut très bien me jeter un Sort Défensif par réflexe. Et quand il s'agit de Harry, même épuisé, ça pourrait faire sacrément mal…
Mon frère ne répond pas. Mais je sais, à un faible frôlement, qu'il s'est redressé et qu'il est sur le qui-vive, dressant l'oreille, écarquillant les yeux pour tâcher de repérer une ombre plus épaisse, un mouvement furtif…
« Harry ! » chuchote-je de nouveau, d'un ton plus urgent…
« Draco… Draco, c'est toi ? » chuchote en retour Harry, dans une interrogation apeurée
J'imagine son regard, le pincement de son cœur. Et ça me tord les entrailles, d'ajouter encore à sa frayeur. Mais je le fais pour réussir à l'atteindre et gagner sa confiance. Alors je poursuis sans faiblir...
« Oui, c'est moi, c'est Draco ! » murmure-je, un peu plus fort
« Draco ! Où tu es ? Draco ! » s'écrie Harry, d'une voix terriblement cassée et affolée.
Et je devine qu'il tourne la tête dans tous les sens, pour essayer de me voir, qu'il désespère de me voir… Mais pourquoi n'allume-t-il pas de lumière pour le faire ?
Sans doute n'y pense-t-il pas ou qu'il ne se souvient pas qu'il a une Baguette. Mais pourquoi en aurait-il une, s'il pense être captif dans un cachot ?
Je vais aller vers lui, c'est le mieux, je crois…
Il pensera que j'ai été capturé et jeté dans la même cellule que lui…
« Je suis là, Harry ! Je suis tout près ! J'arrive… » dis-je, en commençant à me faufiler par le petit espace, tout en remerciant intérieurement Maman, d'avoir mis au monde une crevette…
C'est bien la première fois que cela me satisfait…
« Non ! Non ! Draco ! Ne viens pas ! Voldemort est là, tout près ! Il va te faire du mal ! Reste caché Draco ! » s'écrie Harry dans un murmure, des larmes dans la voix…
La galerie n'est pas très haute, mes pieds touchent bientôt des gravas de terre et de pierres mêlées. Je m'accroupis, pour partir à tâtons à quatre pattes, pour ne pas risquer de me tordre une cheville ou me blesser inutilement…
« Non, Harry, je viens ! J'ai besoin de toi, Harry ! J'arrive ! J'y suis presque… » réponds-je, la gorge terriblement nouée…
Même en plein délire, il songe à me protéger…
Mais n'est-ce pas ce sur quoi je comptais ? Son instinct protecteur. Son incroyable capacité à faire passer l'intérêt des autres avant les siens.
Si. C'est le fondement de mon approche. Remus l'a bien compris. C'est pour cela qu'il a accepté que je vienne nu et grimé. C'est ce qui va me permettre de le toucher.
Emotionnellement et physiquement…
C'est cruel, mais nécessaire…
« Tu ne dois pas venir ! Tu ne dois pas venir ! » sanglote Harry…
Et ça me fait plus mal qu'un Doloris. Mais je continue. J'avance vers lui, me repérant à ses sanglots, tâtonnant dans le noir pour le trouver. Soulagé quand ma main frôle quelque chose de gros et doux. C'est lui, je le sais, même si je suis étonné qu'il ait une fourrure à disposition. Et c'est un immense soulagement que de l'avoir rejoint enfin. De pouvoir le toucher.
Je vais pouvoir le prendre dans mes bras, le serrer sur mon cœur. Lui dire combien j'ai mal pour lui, combien je l'aime et le ramener avec moi, auprès de ceux qui l'aiment…
Mais je dois d'abord le sortir de ses cauchemars
« Harry ! Harry, je suis là, mon frère, je suis là ! » dis-je, me redressant sur les genoux.
Je tâtonne. Je devine sa position. Il est assis contre un mur, genou repliés. Il tient dans ses bras, le petit Costner à l'abri, entre ses jambes et son ventre. Ma main descend le long de son bras, jusqu'à toucher sa peau. Il la saisit soudainement et la serre très fort.
« Draco… Draco… » pleure-t-il, en m'attirant contre lui pour poser sa tête contre ma poitrine.
Je l'enserre de mes bras.
« Je suis là, Harry, je suis là, mon frère » répète-je en boucle dans un chuchotement
C'est un sentiment si fort que de le tenir enfin dans mes bras, après toutes ces journées de folle angoisse ! Je suis si immensément soulagé, Merlin !
Je pleure, je lui caresse les cheveux, je lui embrasse le front, je le berce. Je sens son propre soulagement d'avoir quelqu'un qu'il aime à ses côtés. Je le sens s'apaiser progressivement. Relâcher des tensions, des peurs. J'ai le sentiment qu'il s'endort et j'en suis heureux.
Mais soudainement il frémit et je sens une bouffée de terreur monter en lui, jusqu'à l'étouffer. Ses doigts se serrent sur ma main, qu'il n'a pas lâchée et sa respiration se fait haletante.
« Tu n'aurais pas dû venir, Draco ! Il va te faire mal ! Je ne veux pas ! Regarde, il arrive ! Va-t'en, va-t'en Draco ! Je vais protéger ta fuite ! Cours, vite ! » s'exclame-t-il en se détachant brusquement de moi.
« Non ! Non ! Harry ! Il n'est pas là, c'est un cauchemar, Harry ! Je suis venu te chercher pour t'emmener loin d'ici ! » assure-je, en retenant sa main…
« Non ! Non ! Il arrive ! Ecoute, tu entends ? Tu vois ces ombres ? C'est lui qui les a envoyées ! Elles viennent nous chercher, pour nous mener à lui ! Regarde comme elles glissent. Ce sont des Détraqueurs Draco ! Pars ! Va-t'en ! Vite ! Je vais les retenir ! » murmure-t-il en me repoussant en arrière
« Non ! C'est un cauchemar, Harry ! Réveille-toi, mon frère, c'est un cauchemar ! » m'écrie-je, en serrant sa main très fort.
Soudainement il se fige.
Je le sens ailleurs, déconnecté. Ses doigts dans ma main sont mous, glacés, tremblants. J'essaye de faire passer tout l'amour fraternel que je ressens pour lui dans sa main. La caressant doucement avec mon pouce.
« Ce n'est pas réel. Ce n'est pas réel, c'est un cauchemar… Juste un cauchemar… » répète-t-il en boucle dans un murmure à peine audible.
Et je reste à l'écouter, sans rien tenter d'autre, car je sens que c'est important pour lui, de se répéter cela. Il cesse brusquement de parler au milieu d'un mot. Il est à l'écoute, souffle suspendu. Puis il se détend subitement dans une longue expiration…
« Oui, oui, Tristan, j'ai entendu… Draco est là, il est venu me chercher… » souffle-t-il enfin et je sens ses doigts se refermer sur les miens, avant qu'il n'ajoute : « Ça va mieux… Ça va mieux. Tu es venu me chercher. Ça va mieux… C'était un cauchemar, juste un cauchemar. »
Et il se penche vers moi, pour appuyer sa tête contre mon épaule.
Je ne sais pas qui est ce Tristan, auquel il s'adressait un instant plus tôt, mais je sais avec certitude que c'est à moi qu'il parle maintenant…
« Oui. Oui, je suis venu te chercher, mon frère. Je suis venu te chercher. » confirme-je, en lui embrassant le front
Je le laisse récupérer un peu de sa frayeur, appuyant ma joue contre sa tête, un bras passé autour de lui et caressant toujours doucement sa main de mon pouce. Et quand je le sens apaisé, je lui demande si nous pouvons faire un peu de lumière…
« Oui, on peut en faire un peu, mais je n'ai plus la force.. » accepte-t-il dans un murmure
« Ce n'est rien. Je vais en faire, si tu veux… » propose-je doucement…
« Oui, je veux bien. Tiens, prends la Baguette de la Goule Venimeuse. » répond-il, en ramenant quelque chose vers moi.
Je tâtonne de la main à la rencontre de la sienne et je prends la Baguette qu'il me donne. Je déteste immédiatement la sensation qu'elle produit dans ma main et je la pose au sol, contre le mur, pour utiliser la mienne…
Harry ne fera certainement pas la différence…
J'allume un peu de lumière, vraiment très peu, juste de quoi pouvoir distinguer les traits de Harry et je suis effrayé de le voir…
Merlin ! Son visage amaigri est rongé d'angoisse et ses yeux sont hagards de terreur. Il serre son couteau de chasse dans sa main…
« Il t'a fait mal ! Draco, il t'a fait mal ! » s'affole-t-il, en serrant le petit Costner contre lui…
« Non ! Non ! Ce n'est rien, Harry ! Ce n'est pas réel ! Je n'ai rien, je te le jure, je vais bien ! » m'exclame, je en le prenant dans mes bras pour le serrer contre moi
Me maudissant d'avoir oublié, ces stupides grimages dont je n'ai eu finalement aucune utilité.
Comment ai-je pu être aussi imprudent ! J'avais réussi à gagner sa confiance, à l'apaiser et voilà que j'ai tout gâché !
Harry sanglote, contre ma poitrine. Et je me demande comment je peux arranger ça, quand je sens un Finite Incantatem me toucher et aussitôt après, une cape glisser lentement sur mes épaules…
Merci Théo…
« C'est fini, Harry, c'est fini, regarde, tu vois, je vais bien… » murmure-je, en prenant le visage de mon frère à deux mains, éclairant le mien pour qu'il puisse constater que je n'ai rien..
Il me scrute attentivement puis acquiesce de la tête et se détend un soupçon. Enfin, il repose sa tête sur mon épaule et je laisse récupérer un peu d'apaisement, profitant au passage, pour observer le petit Costner qu'il serre toujours contre lui.
Il n'est pas fameux, lui non plus. Loin de là. Il commence à être urgent qu'il reçoive des soins…
« Maintenant que tu vas mieux, nous allons pouvoir partir, Harry. Qu'en penses-tu ? » murmure-je, en lui caressant les cheveux.
Harry hoche négativement la tête et lève ses yeux embués de larmes…
« On ne peut pas partir, Draco. Le Passage est bouché. Sirius a menti. Il m'a fait croire que je pourrais partir, mais il m'a menti. Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a menti. Je crois qu'il ne m'aime plus, parce qu'il est mort, à cause de ma bêtise… On ne peut pas partir d'ici… On est prisonnier pour toujours. Pour toujours.. » répond-il, ses larmes coulant sans retenue…
Je suis un peu désarçonné par sa réponse, mais heureusement, Parrain nous a parlé de Sirius et de sa visite à Harry, alors je me reprends très vite.
« Non, Harry, tu te trompes. Sirius t'aimait et t'aimera toujours. Il n'a pas menti. Regarde, Harry. Il y a un Passage, je suis passé par là, pour te rejoindre. Regarde, Harry. Il y a bien une sortie… » dis-je doucement, comme si je parlais à un enfant effrayé
J'éclaire le fond de la galerie. Et je sursaute. D'ici on ne voit pas l'ouverture dans le plafond. Juste un trou étroit. Harry le regarde fixement. Il ne dit rien. Il ne réagit pas. Mais son regard vacille, oscille entre des émotions diverses et je crains de le voir basculer dans un nouveau cauchemar…
« Pourquoi Remus ne l'a pas débouché ? » chuchote-t-il, des interrogations se bousculant dans ses yeux.…
« Il a commencé à le faire, Harry. Il a arrêté parce que le bruit et la lumière t'effrayaient… Mais il est toujours ici, Harry. Et il n'est pas seul. Blaise, Neville, Théo, Fred, Georges et d'autres encore sont là. Ils sont venus te chercher Harry. Ils vont agrandir le trou, pour que tu puisses passer. D'accord ? » explique-je, toujours avec la même douceur, conscient qu'il est si fragile qu'il peut de nouveau basculer dans la terreur, si je commets la moindre erreur…
Je ne dois pas le bousculer, ni le presser. Je dois tout lui expliquer, le rassurer constamment. Je ne dois pas lui donner d'ordre. Il doit prendre les décisions. Il doit maîtriser ce qui lui arrive. J'en suis intimement convaincu.
Et je sens son hésitation.
« Tu es sûr que c'est Remus ? » demande-t-il soudainement, le regard allumé de suspicion…
Je retiens mon souffle. Je réfléchis à toute vitesse pour choisir une réponse la plus adéquate possible…
« Oui, c'est Remus. Bien sûr que c'est Remus.» réponds-je, avec une réserve prudente, en affirmant ma prise sur son épaule..
Il se penche vers mon oreille
« Tu es certain que ce n'est pas Voldemort ? Il est fort, tu sais ? Il a pu te tromper, te faire croire que c'est Remus, alors que c'est lui, qui attend que je sorte avec toi, pour nous attraper tous les deux. » chuchote-il, d'un ton convaincu…
Un frisson me parcourt l'échine.
« Si tu ne veux pas, ce n'est rien. Nous allons trouver une autre solution » réponds-je, d'un ton rassurant
« Je préfère, oui… » chuchote Harry, en ne quittant pas le trou du regard, pour s'assurer que rien ne va venir nous menacer.
Il est en plein cauchemar de nouveau. Il est complètement paranoïaque.
Il faut que je le sorte de là, que je le ramène dans la réalité. Comment faire ? me demande-je, en baissant mon regard vers le sol…
Et pour la première fois depuis que j'ai allumé un peu de lumière, j'avise une petite forme silencieuse recroquevillée contre Harry.
L'Elfe de Maison…. Je l'avais oubliée…
Peut-être pourrais-je lui demander de nous faire Transplaner ?
Mais je ne sais pas à quel point Harry et Jérémy sont blessés. Cela pourrait être dangereux de les faire Transplaner. Je songe alors à la trousse de Médicomage de Richard, qui attend dehors. Mais je ne suis pas assez qualifié pour évaluer avec précision, l'état de santé de mon frère et de son petit compagnon de captivité…
Et puis, cela pourrait aviver les délires de Harry, si je lui offre de prendre une Potion maintenant. Il finirait peut-être par me soupçonner d'être moi-même Voldemort…
Or, il a son couteau de chasse à la main. Et je sais trop bien comment il s'en sert, pour risquer une attaque de sa part…
Il n'est pas non plus question d'utiliser un Portoloin. Harry déteste ce moyen de transport. Et je ne pourrais pas assurer une prise sûre à la fois pour lui et pour le petit Costner.
Dois-je l'endormir en traître ?
J'aimerai mieux ne pas arriver à cette extrémité. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment profond que cela ne ferait qu'empirer son état de santé. Qu'il doit être bien, rassuré, confiant, avant de s'endormir… Qu'il doit pouvoir se sortir de son sommeil aussi, de ses cauchemars…
Alors non, je ne l'endormirai pas. Il faut que je le ramène dans la réalité.
Mon regard glisse de nouveau sur l'Elfe de maison. C'est un élément qui fait partie de l'univers actuel de Harry. De son évasion. Il a confiance en cet Elfe. Il faut que je me serve de cela…
« Cet Elfe est avec toi ? » m'enquiers-je donc, doucement.
Harry se détourne du trou, qu'il fixait avec méfiance.
« Oui. C'est Stilky. Elle nous a aidés. Elle a bâti un mur pour empêcher Voldemort de nous trouver… » chuchote Harry, en entourant l'Elfe de son bras
« Elle a bâti un mur ? » interroge-je, pensant qu'elle pourra peut-être alors agrandir la sortie du Passage Secret…
« Oui. Stilky nous a aidés. » réaffirme Harry, en serrant l'Elfe contre son flanc…
J'avais raison, il a confiance en elle.
« Harry, Stilky pourrait peut-être nous aider à partir d'ici… » dis-je avec prudence.
Il semble avoir oublié Remus. Son regard est plus présent. Il n'y a plus de méfiance dedans…
« Comment ? » demande-t-il, avec, pour la première fois, une lueur d'espoir dans le regard..
« Elle pourrait agrandir le trou par lequel je suis passé.. » réponds-je, en espérant qu'il ait réellement oublié toutes ses suspicions concernant cette petite ouverture étroite…
« Quel trou ? » demande-t-il, les sourcils froncés…
Mon cœur se serre. Il n'est pas lui-même. Et mes craintes de le voir basculer dans la folie se renforcent.
« Celui par lequel je suis passé tout à l'heure pour venir te chercher. Regarde… » réponds-je, la gorge nouée, en effectuant un petit signe de tête pour lui indiquer le trou que j'éclaire.
Il tourne la tête avec lenteur. Il se décompose et se met à trembler.
« On ne peut pas passer. C'était un piège. Il nous a piégés. On ne peut pas partir, Jérémy, on ne peut pas partir. Je suis désolé. On est toujours prisonniers. Je suis désolé, désolé. Je n'ai pas réussi à te sauver. Ne m'en veux pas, je t'en prie, ne m'en veux pas…» chuchote-t-il d'un ton désespéré
Et il fond en larmes. Enfouissant sa tête dans la cape de fourrure blanche dans laquelle est emmitouflé le petit Costner, murmurant après quelques secondes : « Non, non, ce n'est pas réel, tout ça n'est pas réel. C'est un cauchemar, juste un cauchemar. Tout va bien aller… On va être sauvés, tu vas voir, on va être sauvés.. »
Ça y est. Harry n'est plus avec moi. Il a disjoncté. Et je me sens fou de chagrin …
Je le prends contre moi et je le berce de nouveau.
A chaque fois que Harry regarde vers le fond de la galerie, il bascule, me fais-je la réflexion. S'il voit qu'il est possible de sortir du Passage Secret, cela le ramènera peut-être avec nous ?
Je décide d'exploiter cette possibilité et je demande à l'Elfe d'élargir l'ouverture en faisant attention de ne pas faire de bruit pour ne pas effrayer Harry.
Stilky hoche simplement la tête. Dans son regard je vois combien elle se sent désolée pour mon frère. Et pendant que je le berce contre mon cœur, essayant de le réconforter comme je peux, elle se met au travail sans bruit.
Je caresse le dos de Harry, ses cheveux. Je serre sa main entre la mienne, je lui dis que je l'aime. Et je surveille les travaux du coin de l'œil, en m'assurant que Harry ne s'aperçoive de rien…
Je finis par voir Théo, Neville et Blaise, tassés au ras du sol, dans l'ombre du puits. Leurs regards sont infiniment attristés. Et Harry marmonne toujours son mantra.
Il pleure. La main serrée autour de son couteau de chasse.
Je crois cependant que je peux maintenant tenter de capter son attention et de lui montrer que nous pouvons partir, que Théo, Blaise et Neville sont là, qu'ils sont venus avec moi pour le chercher et le ramener à Poudlard.
Mais il faut d'abord que je commence par lui enlever doucement son couteau des mains, au cas où il croirait que Théo, Neville et Blaise sont des ennemis. Il pourrait les blesser, dans un réflexe défensif…
Harry me laisse prendre le couteau, s'accrochant à la place à la fourrure de la cape de Jérémy Costner, répétant toujours que tout ça n'est pas réel, que c'est un cauchemar. Il pleure, il gémit parfois. Je l'entends appeler Ron en chuchotant, lui demander pourquoi il ne vient pas, pourquoi il l'a abandonné, avant de recommencer cette litanie dans laquelle il tente de se persuader que ce n'est rien qu'un cauchemar et que tout va bien aller. …
Tout ça me tord le bide et me serre la gorge…
Putain ! Qu'a fait Voldemort de mon frère !
Enfin, je me détache lentement de Harry. Je prends avec douceur son visage entre mes mains et je le lève vers moi. Son regard me confirme qu'il n'est pas là. Il est dans un monde intérieur, menant un combat contre ses horribles cauchemars..
Je l'appelle doucement, je lui caresse le visage et progressivement, j'arrive à capter son attention, il cesse peu à peu de marmonner.. Il s'adresse encore une fois à ce Tristan que je ne connais pas et son regard voilé s'éclaire d'une faible lueur de reconnaissance
« Draco… » murmure-t-il, en levant lentement une main vers ma joue, qu'il effleure à peine, comme redoutant que mon visage s'évapore sous son toucher.
« Oui, Harry. C'est Draco. Je suis venu te chercher, avec les copains… » murmure-je, en laissant couler les larmes que je retenais
Il écarquille les yeux. Il me regarde, comme s'il découvrait que je suis là et qu'il n'arrivait pas à y croire…
« Draco ! C'est toi, c'est bien toi, Draco ? » s'exclame-t-il, de sa voix si enrouée et tenue, en me touchant cette fois le visage plus franchement
« Oui. Oui, Harry, c'est bien moi. C'est bien moi et je suis venu te chercher. » réponds-je, la gorge complètement nouée, avec l'horrible impression d'avoir tout à recommencer et surtout une crainte épouvantable de tout rater encore…
« Draco ! Tu es venu me chercher ? C'est vrai ? C'est vraiment toi ! Tu es vraiment là ? » demande-t-il, en s'accrochant d'une main à mon cou.
Il pose son front contre le mien et il éclate en sanglot. Mon bide se tord dans tous les sens…
Putain ! Merlin ! Je vous en prie ! Faite que tout va bien et qu'il ne reparte pas dans ses délires !
« Oui, je suis venu te chercher, Harry » assure-je encore, avant de faire discrètement signe aux copains qui nous regardent depuis le trou, d'approcher un peu, avant d'ajouter : « Et regarde, je ne suis pas tout seul. Nev, Blaise et Théo sont là… »
Harry relève la tête. Il regarde, l'air de ne pas y croire, Théo, Neville et Blaise qui viennent s'agenouiller auprès de lui
Et soudainement, il éclate de rire et de pleurs en même temps et tend la main vers Théo pour le toucher, s'assurer qu'il est bien réel. Il l'attire à lui, pour poser sa joue contre la sienne, enfouir sa tête dans son cou. Neville et Blaise nous entourent les épaules et ils nous enserrent tous. Prenant garde à ne pas étouffer le petit Costner.
« C'est fini, c'est fini. C'est bien fini, n'est-ce pas ? » chuchote sans cesse Harry et il enfouit de nouveau son visage dans la fourrure, tout près de l'oreille du petit : » C'est fini, Jérémy. Nous sommes sauvés, tu m'entends, nous sommes sauvés, bonhomme… »
Une main effleure mon épaule. C'est Remus, qui est descendu. Il s'accroupit auprès de moi, ses yeux embués quand il me chuchote un merci, tandis que Théo et les copains s'écartent un peu pour lui laisser la place...
« Harry, il y a quelqu'un d'autre qui est venu pour te sauver. Regarde, Harry… » dis-je doucement en caressant les cheveux de mon frère, le cœur serré, la peur au ventre que Harry bascule à nouveau en voyant Remus.
Harry lève les yeux vers moi et je l'encourage d'un signe de tête et d'un sourire à regarder à mes côtés. Et je suis infiniment soulagé de voir son regard s'éclairer…
« Remus ! Alors c'était vrai, Sirius n'a pas menti ! Tu es venu me chercher toi aussi ! » s'exclame Harry, en se serrant contre Remus, écrasant à demi le petit Costner qu'il ne lâche jamais d'un pouce…
Harry et Remus restent quelques minutes l'un contre l'autre. Et peu à peu tous les copains présents descendent. Attendant silencieusement de pouvoir venir saluer Harry, lui dire combien ils sont heureux de le voir. Conscients qu'il ne faut surtout rien précipiter, que tout peut basculer si nous ne sommes pas prudents…
Au bout d'un temps cependant, Richard me pose la main sur l'épaule et je comprends qu'il me demande d'intervenir pour que Harry accepte qu'il les examine, lui et le petit…
Tous les autres reculent, hormis, Remus, Nev, Théo et Blaise. Je pose ma main sur la joue de mon frère et je lui souris doucement.
« Richard va examiner et soigner Jérémy, tu veux bien ? » demande-je, avec douceur
« Il est malade. Il a de la fièvre. C'est à cause des tortures. Ses plaies sont infectées. Je n'avais plus de Potion à lui donner. » répond avec douleur Harry, en caressant le visage du petit Costner
« Oui, je sais qu'il est malade. C'est pour cela que tu dois laisser Richard lui donner des soins. » insiste-je, en caressant moi aussi le visage du petit.
« D'accord. Mais je le garde avec moi. » acquiesce Harry, avant d'ajouter, son regard fixé sur l'enfant : « C'est un courageux petit bonhomme tu sais. Sans lui, je n'y serais pas arrivé… »
« J'en suis sûr. » approuve-je, tandis que Richard jette un Sortilège de Diagnostic.
Harry le regarde faire, un peu sur la réserve, mais je m'attache à le rassurer constamment et à occuper son attention, pendant que Richard fait son travail. Il sort trois fioles de Potion et les fait passer par les narines de Jérémy, dont la respiration s'apaise un peu. Puis il examine Harry et me laisse le soin de lui donner les Potions à lui faire boire immédiatement.
Ce n'est pas une mince affaire. Harry est réticent et je le comprends fort bien. Il semble constamment sur le point de repartir dans un cauchemar. Mais je parviens finalement à lui faire avaler les Potions, avec l'aide de Théo, Blaise et Neville…
« C'est le moment de partir d'ici, Harry… » annonce-je enfin.
Harry hoche la tête et il serre Jérémy contre lui, avant de faire mine de se lever. Blaise pose une main sur son épaule, pour le retenir…
« Et si tu me confiais Jérémy, qu'est-ce que tu en penses, Harry ? » demande-t-il avec douceur
Harry se tourne vers lui, fixant son regard dans le sien. Des lueurs douloureuses traversent ses yeux, qui s'embuent de larmes…
« Ta mère va mourir, Blaise. Voldemort croit qu'elle l'a trahit et qu'elle a permis que nous puissions nous enfuir. Je suis désolé, Blaise.. » déclare-t-il, en laissant couler ses larmes…
Blaise déglutit difficilement. Il sait que sa mère se fait torturer en ce moment même, qu'elle est peut-être déjà morte. Et je sais qu'il ne s'en fiche pas autant qu'il pourrait en avoir l'air. Même si elle était mauvaise comme une teigne, c'était tout de même sa mère.
« Tu ne dois pas être désolé, Harry… Ce n'est pas de ta faute. Elle a choisi sa route et elle s'est trompé de chemin. C'est elle, la responsable, pas toi… » répond Blaise, en serrant l'épaule de Harry.
Harry penche la tête, les yeux vers un point que lui seul voit. Il a l'air de réfléchir à ce que Blaise vient de lui dire. Puis il relève de nouveau les yeux vers lui.
« J'ai tué la Goule Venimeuse avec mon couteau. Parce qu'elle était méchante. Elle faisait du mal à Jérémy. Je ne voulais pas la tuer, juste l'empêcher de faire du mal à Jérémy… Tu crois que Ramaya et Tarendra vont m'en vouloir ? » demande-t-il, le regard anxieux
« Non, je suis sûr que non. Elle aussi a choisi sa route. Elle faisait du mal à un enfant. Toi, tu as fait ce qu'il fallait pour protéger cet enfant. Ramaya et Tarendra auraient fait la même chose que toi. » répond Blaise, avec un signe de tête pour appuyer sa réponse.
« Merci, Blaise. Tu peux porter Jérémy ? Il est un peu lourd pour moi, maintenant. Je n'ai plus la force de le porter. J'ai peur de le laisser tomber et de lui faire mal sans le vouloir. Mais fais bien attention, il est fragile, d'accord ? » demande alors Harry, en desserrant un peu sa prise sur l'enfant.
« Bien sûr que je vais le porter et ne t'inquiète pas, je vais faire très attention.. » sourit Blaise, en caressant les cheveux de l'enfant.
« Nous allons le mettre dans une Coque de Protection, avant de sortir d'ici. Ce sera plus sûr et il ne risquera pas d'être blessé quand nous le remonterons du puits… » explique Richard, tandis que Blaise prend délicatement Jérémy des bras de Harry.
Harry ne quitte pas le petit des yeux. Son instinct protecteur totalement éveillé, sur le qui-vive. Et je ne doute pas un instant qu'il puiserait dans ses dernières réserves, des trésors d'énergie pour le défendre, si cela était nécessaire…
« Vous ne partirez pas sans moi, hein ? Je veux rester avec lui. Il aura peur, s'il se réveille et que je ne suis pas à côté de lui. Et moi aussi, j'aurais peur s'il n'est pas avec moi… » supplie Harry, le regard angoissé.
« Nous partirons tous ensemble… » assure doucement Remus, en passant ses bras autour des épaules de Harry, qui surveille avec attention chaque geste de Blaise et Richard.
« Qu'est-ce que c'est, ça ? » demande soudainement Théo, en désignant un objet qui vient de s'échapper de la main de Jérémy
« C'est le carnet de Poisons de la Goule Venimeuse. J'ai dit à Jérémy de le prendre, parce que ça peut être utile. Tu le donneras à Parrain Théo, n'est-ce pas ? Parce que lui, il saura ce qu'il faut en faire. » déclare Harry, en regardant vers Théo, la tête un peu penchée
« Oui, je vais lui donner, bien sûr. Ça lui sera sûrement utile. Il pourra élaborer les Contrepoisons. » acquiesce Théo, en empochant précieusement le carnet, tandis que la pensée fugace que la recette du Poison qui a tué la famille d'Olivier est peut-être dans ce carnet…
Ce serait une bonne chose, si on pouvait la détruire…
« Comment je vais sortir, d'ici ? Je ne veux pas être enfermé comme ça. » halète soudainement Harry, en jetant un coup d'œil anxieux vers Jérémy
« Je vais te porter sur mon dos, comme tu m'as porté moi, pour me faire grimper la montagne. » réponds-je spontanément, en affermissant ma prise sur son épaule
« Comme quand tu avais des Détraqueurs dans la tête » déclare alors Harry, son regard vacillant sous la douleur, avant qu'il n'ajoute : « C'est à mon tour d'en avoir et j'ai peur. J'ai peur tu sais, Draco. Parce que je deviens fou.. »
Des larmes silencieuses débordent encore une fois de ses yeux. Je le prends dans mes bras, incapable de trouver quoique ce soit à dire, durant quelques secondes…
« On va les chasser, ces Détraqueurs. Tu vas voir, on va les chasser. Et tu iras bien, tu verras. Fais-moi confiance. » assure-je finalement, les larmes ruisselant aussi sur mes joues…
Harry hoche la tête dans mon cou et se serre un peu plus contre moi
« J'ai confiance. En toi j'ai toujours confiance. Tu es mon frère… » dit-il, en posant son front sur le mien
Et, pour la première fois depuis que je suis arrivé ici, je suis vraiment confiant moi aussi…
Le cauchemar est fini. Je vais ramener Harry à Poudlard et tout va rentrer dans l'ordre.
OoOoOoO
Neville
Harry n'accepte pas d'être enveloppé dans un brancard avant d'être certain de voir le ciel au-dessus de sa tête.
Je comprends sa réticence. Il est resté enfermé dans une cave, pendant des jours et des jours, puis dans un passage souterrain durant des heures et des heures. Dans la souffrance et la peur au ventre.
Alors Draco va le porter sur son dos, pour remonter du puits. Cependant, bien qu'il ait beaucoup maigri, Harry reste plus lourd que Draco, alors étant plus grand et costaud que lui, je lui ai proposé de le faire à sa place mais il a refusé. Il dit que c'est un juste retour des choses, après ce que Harry a fait pour lui
« Tu es certain que ça va aller ? » m'enquiers-je une dernière fois, tandis qu'il enfile ses vêtements.
« Oui, Nev. Ce n'est pas Harry, le plus lourd, tu sais. C'est le poids de sa souffrance. Le moins que je puisse faire, c'est l'aider à la porter… » répond-il dans un murmure, avec un regard douloureux vers Harry, que Blaise et Théo aident à se lever…
Je ne trouve rien à répondre à cela et je hoche simplement la tête…
Je saisis parfaitement ce qu'il dit. Je suis encore complètement bouleversé par ce que nous venons de vivre. Voir Harry dans cet état, c'est un terrible crève-cœur…
« Alors on y va. Il est plus que temps de le ramener à la maison… » déclare-je, en lui serrant l'épaule avec amitié
Sachant que Harry a été ligoté durant sa captivité, nous n'utilisons pas de cordes, mais une sorte de sac que nous bricolons avec un drap noué autour de lui et Draco. Un système qu'utilisent les mères en Afrique, nous a dit Lee…
Draco ploie un peu sous la charge et je le tiens par le coude, le temps qu'il assure son équilibre. Puis il avance résolument vers le fond de la galerie, tandis que Harry s'accroche à son cou. Théo et moi le soutenons, pour grimper les petites marches que Stilky, l'Elfe de maison, a ménagées pour que nous puissions grimper jusqu'au puits.
Fred lance une corde Magique et Draco assure sa prise dessus. Et il grimpe, seul, sans aide Magique. Théo et moi, le suivons du regard, un Sortilège au bout de la Baguette, au cas où il glisserait. Mais tout se passe bien et bientôt il émerge du puits.
Je m'empresse de grimper à sa suite, sans refuser pour ma part, que la corde Magique fournisse les efforts à ma place…
Harry est déjà allongé sur un brancard, à côté de Jérémy, qu'il ne veut pas quitter du regard. Richard l'enveloppe doucement, tandis que Draco le rassure, lui caressant les cheveux. Nous avons expliqué à Harry comment nous allions nous rendre à Poudlard. Il a demandé que Blaise et Théo assurent le transport du petit et que Draco et moi nous chargions de lui…
Je regarde un peu autour de moi. Jamais je n'oublierai cette Colline aux Loups, dans les entrailles de laquelle Harry a vécu un enfer, me dis-je, en observant distraitement l'équipe de Remus qui s'occupe de tout remettre en place, avec l'aide de Stilky. Angelina lui offre de prendre le Balai qu'elle est allée prendre dans le coffre de la voiture d'Alicia et de venir avec nous. Remus accepte d'un signe de tête reconnaissant et nous rejoint auprès des brancards.
« On peut y aller. » annonce enfin Richard
Je saisis la poignée du brancard et, sur l'ordre de Draco, je Transplane aux portes de Poudlard. Deux minutes plus tard, nous volons vers l'annexe, dont la fenêtre s'ouvre dès que nous arrivons en vue…
Il y a peu de monde, quand nous posons pied à terre et je me dis que ce n'est pas plus mal. Harry est bien assez angoissé comme ça..
Nous déposons Harry sur un lit et le petit Costner dans celui d'à côté. Et d'autorité, Blaise colle le lit du gamin à celui de Harry. Mais, tandis que Tonton Sev vient prendre Harry dans ses bras, Pompom le décolle, pour pouvoir s'affairer autour du petit avec Richard.
Harry s'accroche à Tonton Sev un bon moment sans rien dire, avant de lever la tête vers lui, les yeux brouillés de larmes.
« Tu m'as appelé fils, je m'en souviens, c'était vrai, n'est-ce pas ? » murmure-t-il, avec un regard oscillant entre l'angoisse et l'espoir
« Oui, c'est vrai, Harry. Je t'ai appelé fils et je t'appellerai encore ainsi, si tu le veux bien… » répond doucement son Parrain, en lui caressant les cheveux
Harry repose sa tête sur sa poitrine, l'air soulagé.
« Oui, je veux bien. Je suis content d'avoir un Papa. Tu crois que Marraine voudra être ma Maman ? » demande-t-il, d'un ton enfantin.
« Harry. Etre une Marraine, c'est être une maman de substitution et dans son cœur, tu es déjà le fils de Nally. Nous t'aimons tous les deux comme notre enfant, Harry. Alors oui, elle voudra. Elle en sera très heureuse. » répond Tonton Sev, la gorge nouée, en caressant le front de Harry avec sa joue.
Harry soupire de soulagement et laisse des larmes s'échapper, avant de lever une nouvelle fois ses yeux vers Tonton Sev.
« Il m'a donné une Potion horrible que tu as faite… » souffle-t-il, le regard effrayé.
Tonton Sev ferme les yeux sur la douleur.
« Je sais Harry. Et je suis terriblement désolé que tu aies eu à souffrir aussi affreusement à cause de moi. » murmure-t-il, en resserrant Harry contre lui, une larme coulant sur sa joue.
Harry lève une main vers cette larme et l'essuie doucement. Il a l'air peiné.
« Je ne voulais pas te faire pleurer à cause de ça. Je voulais te dire que je ne ferais pas ce qu'il m'a dit de faire quand je te reverrais. Je ne vais pas te tuer. Jamais je ne le ferais. Je sais que tu ne voulais pas me faire du mal. Tu m'as aidé à lutter contre les Détraqueurs qu'elle a mis dans ma tête. Et je t'aime. Tu es mon Papa et je t'aime de tout mon cœur.. » chuchote Harry avec dans le regard un amour si intense qu'il me bouleverse.
« Je t'aime aussi, fils. Et je te protègerai jusqu'à mon dernier souffle… » assure Tonton, avant d'embrasser Harry qui ferme les yeux, avec un sourire de bien-être.
Ce sourire me semble incongru, sur son visage émacié, ravagé par les souffrances qu'il a vécues depuis dix jours…
Harry parait s'endormir doucement, à plusieurs reprises, mais à chaque fois qu'il est sur le point de le faire, il s'efforce d'ouvrir ses yeux, traversés d'un bref éclat apeuré. Sans doute a-t-il terriblement peur de faire des cauchemars dans son sommeil, ou de se faire attaquer pendant qu'il dort…
Peut-être aussi a-t-il peur de se réveiller et de constater qu'en réalité il est toujours là-bas, dans la cave de Priest Hole Manor ou coincé dans le Passage Secret…
« Où est Ron ? Pourquoi il n'est pas là ? » demande-t-il soudainement, sa respiration se faisant progressivement haletante.
« Ron se repose. Il est très fatigué. Alors les Fées ont confectionné pour lui, un cocon dans lequel il reprend des forces. Tu le verras tout à l'heure…» explique Tonton Sev d'un ton rassurant…
Mais un éclair de vive douleur traverse les yeux de Harry. Il tremble maintenant et son regard vacille vers la terreur pure…
« Non, non, il ne se repose pas ! Il est blessé ! Très blessé ! Je me souviens. La Barrière de Magie Noire l'a emprisonné ! Elle a refermé ses pics sur lui et elle l'a déchiré… Il y avait plein de sang, plein de sang ! Elle l'a tué ! Pour qu'il ne puisse plus venir me voir… C'est pour ça que je ne le sens pas ! Il est mort ! Ron ! Oh, non ! Ron ! Ron ! » éclate-t-il en sanglot, se recroquevillant avec douleur…
Tonton Sev essaye de le rassurer, mais Harry ne l'entend pas. Il se met même à se débattre dans sa prise et à hurler. Il crie contre des ennemis invisibles. Il se cabre et rue avec désespoir. Il appelle Ron dans de longs hurlements poignants.
Je détourne le regard. Mes boyaux font des nœuds douloureux dans mon ventre. Je n'arrive plus à respirer et ma tête bourdonne. Je ne veux plus voir ça. Je ne veux plus voir Harry devenir fou…
Je ne veux plus le voir devenir comme mes parents… C'est trop insupportable.
Blaise m'attrape par le cou et j'éclate en sanglot contre son épaule.
Ça me fait du bien. C'est la première fois depuis l'attaque du Poudlard Express que je pleure vraiment. Et dans mes larmes, ce n'est pas seulement le chagrin que j'aie de voir Harry dans cet état que j'évacue. C'est le décès de Lucy. La vision du corps d'Arnold Wylmott. L'angoisse de voir Tatie mourir. La trouille horrible que le Dôme explose et nous emporte tous. Toutes les tensions, toutes les émotions, tous les espoirs déçus et la fatigue accumulés depuis l'attaque du train…
« Tout ça n'est pas réel, c'est un cauchemar, c'est un cauchemar… » recommence à chuchoter Harry « Tu as raison, Tristan, Ça va aller. Ça va aller. Les Fées vont le guérir… »
Mais est-ce que ça va vraiment aller ? Va-t-il pouvoir se sortir de ce cauchemar ? Va-t-il redevenir le Harry, leader naturel, calme, réfléchi, rayonnant d'une force tranquille, que nous connaissons ou restera-t-il ce petit garçon désespéré, fragile et mentalement instable que Tonton Sev berce dans ses bras ?
Je ne sais pas. Mais quoiqu'il arrive je vais faire tout ce que je peux, pour le faire sortir de ce cauchemar.
Richard et Pompom ont fini de soigner le petit Costner. Et tandis qu'ils s'occupent maintenant de Harry, avec l'aide de Tonton Sev et Draco, je m'approche de lui et je le regarde dormir. Son sommeil n'est pas paisible non plus. Son visage se crispe. Il se recroqueville sur lui-même…
Je croise le regard de Blaise. Et je n'ai aucun doute. Il va le prendre sous son aile. Je le soutiendrais dans cette charge. Je m'investirai auprès de cet enfant, autant que je le ferai pour Harry…
« Où est Jérémy ? Je veux le garder auprès de moi. Il aura peur s'il se réveille et ne me voit pas. Il faut que je le prenne dans mes bras. Ça le réconforte. » chuchote Harry, en fixant Pompom d'un regard anxieux et suppliant.
Pompom, qui le bordait maintenant que ses soins sont finis, ne répond rien. Mais elle ouvre sa couverture et fait doucement léviter Jérémy jusqu'à Harry, le positionnant dans le creux de son épaule. Harry referme ses bras sur le petit qui s'accroche à lui dans un automatisme, semblant aussitôt s'apaiser un peu. Harry appuie sa joue sur son front.
« Nous sommes à la maison, Jérémy. Le cauchemar est fini, nous sommes à la maison » chuchote-t-il, en fermant les yeux…
Et cette fois, il se laisse doucement glisser dans le sommeil, tandis que je tâche de me raccrocher à ses paroles, de me persuader que oui, le cauchemar est bien fini…
Et quand Fumseck vient se percher sur la tête du lit où Harry et Jérémy sont couchés et qu'il entame un doux chant, je sais qu'il va s'assurer qu'aucun des deux n'en fasse pas au moins pour cette nuit…
OoOoOoO
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