Disclaimer : cf chapitre 1

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Bisous à ma super beta !

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Mon forum ffnet bugge. Je n'ai donc pu répondre aux commentaires de: -Lul - Douceurfamille - Mireille -

Je le fais dès que c'est réparé !

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Les Aubes Grises

Nuit du Mardi 14 au Mercredi 15 Janvier 1997

Acte 1 : Le Russe

Remus

Je viens à peine de m'allonger sur mon lit pour prendre un peu de repos, que Nick Quasi-Sans-Tête vient m'informer qu'Albus me prie de le rejoindre dans le Grand Hall…

Dans mon esprit, un rendez-vous dans le Grand Hall à cette heure, ne peut signifier qu'une chose : Voldemort vient de donner un ordre d'attaque. Aussi, je saute vivement sur mes pieds, attrapant ma cape au vol et me précipite hors de ma chambre, courant à perdre haleine en me fichant bien des récriminations des portraits dérangés dans leur sommeil ou que Peeves renverse quelques armures..

« Je suis désolé, Remus, j'aurais dû vous faire préciser de ne pas vous précipiter. » déclare Albus, tandis que je descends les marches quatre à quatre.

« Il ne s'agit pas donc pas… d'une attaque. » souffle-je, sans pour autant être soulagé, en m'arrêtant auprès de lui, un peu essoufflé

Car Albus ne m'aurait pas fait appeler à cette heure tardive, qui succède à une journée et une longue soirée très éprouvante, s'il ne s'agissait pas d'une affaire importante. Or, étant donné la conjoncture actuelle, je doute qu'il s'agisse d'un évènement joyeux. Ce que me confirment d'ailleurs son visage soucieux et la présence à ses côtés de Pomona et Filius.

« Hélas, si, Remus, Voldemort et ses troupes sont parties il y a quelques minutes. Nous ne savons seulement pas encore où a lieu cette attaque. Le réseau de renseignements de Kingsley et le mien, sont cependant en alerte et nous espérons recevoir bientôt des précisions à ce sujet. Mais ce n'est pas pour cela, que je vous ai fait descendre. Je vous expliquerai tout, lorsque Minerva nous aura rejoints. » répond Albus, avant de relever les yeux vers l'escalier et d'ajouter : « La voilà, justement. »

Et il se tourne aussitôt, pour ouvrir la Grand Porte, tandis que je regarde un chat descendre l'escalier en une série de bonds élégants, souples et assurés.

« Que se passe-t-il, Albus ? Où allons-nous ? » demande Minerva, à peine a-t-elle repris forme humaine.

« Nous allons rejoindre Hagrid aux grilles de l'école, ma chère. Voldemort et ses Mangemorts sont partis attaquer un lieu qui nous est pour l'heure inconnu et il n'a pas emmené les jeunes gens de Durmstrang qui sont sous Impérium. Probablement parce qu'il estimait qu'ils constitueraient cette nuit, davantage une charge qu'un atout. » revèle Albus, avant de marquer une pause, pour se tourner brièvement vers le terrain de Quidditch.

Par réflexe, je regarde dans la même direction, cependant la nuit est profonde et je ne distingue rien. Pas plus que mon nez ne repère d'odeur suspecte dans la bise. Mais le vent n'est pas en ma faveur et je ne peux me fier à mon odorat pour exclure la possibilité d'une présence anormale…

« Un problème Albus ? » s'enquiert Minerva, le front soucieux.

« Non, ma chère, nous pouvons continuer sans crainte notre chemin. » répond Albus, reprenant sa marche, avant de poursuivre : « Je vous disais donc, que Voldemort n'a pas emmené les jeunes gens de Dumstrang qui sont sous Impérium. Il leur a ordonné d'aller se coucher et de dormir. Bien sûr, ce détail ne constitue pas en soi un motif suffisant pour que je vous demande de m'accompagner tous les quatre aux grilles du Château. Mais par ailleurs, Syssoï Alexeïevitch n'a pas répondu à l'appel de Voldemort, bien qu'il se soit rendu jusqu'au portail à son invitation. Aussitôt les autres partis, il s'est Désillusionné. »

« Vous pensez donc, qu'il est remonté discrètement vers le Manoir et qu'il va délivrer sa fille et peut-être les jeunes gens de Durmstrang ! » conclut Minerva, d'un ton assuré

Mais Albus ne confirme pas. Il s'arrête de nouveau, retire un Miroir Magique de sa poche et le lève devant ses yeux.

« Professeur, Alexeïevitch vient de tirer sa femme du lit. Il a donné l'ordre à ses Elfes de faire les bagages et de se tenir prêts à partir. Pour le reste, aucune nouvelle, mais je vous tiens bien entendu, informé de la suite. »» déclare Ralph Seymour, d'une voix tendue.

« Merci, Ralph. » répond Albus, avant de remettre le Miroir dans sa poche et de repartir vers le portail de Poudlard, le visage de plus en plus grave..

« Pourvu qu'il réussisse son entreprise ! » s'exclame Minerva, en emboitant le pas d'Albus, sous les hochements de tête positifs de Pomona

Oui, je l'espère aussi. Je suis cependant préoccupé par l'absence d'autres nouvelles et la mine d'Albus me conforte dans mon inquiétude.

« Voldemort et ses troupes attaquent un lieu Moldu, dans une ville ou un village où ne nous comptons pas d'agent de renseignement et nous ne pourrons donc pas aller secourir ses victimes, n'est-ce pas. » affirme-je, plus que je ne demande vers Albus

« Je le crains fort, Remus. » soupire-t-il en réponse.

Et à son ton, je devine que plus qu'une crainte, il s'agit d'une certitude. Et c'est logique. Les lieux publics et villages Sorciers sont surveillés et le Sas de Secours du Ministère aurait déjà fonctionné si des familles Sorcières étaient attaquées.

Il reste donc les Moldus et les Gobelins. Mais ces derniers nous auraient donné l'alerte, déjà…

« Merlin ! Pauvres gens. C'est affreux. » murmure Minerva en frissonnant tandis qu'Albus sort de nouveau le Miroir

« Professeur, le Russe a jeté un Maléfice depuis sa fenêtre vers les tentes dans lesquelles dormaient les jeunes sous Impérium. Et maintenant, ils descendent vers le portail du Manoir. Seulement, il y a un hic. La fille Parkinson qui avait roulé sous la table il y a deux heures, s'est réveillée. Elle a été surprise de voir qu'il n'y avait plus personne et de constater que tout était calme aux alentours. Après avoir un peu cherché autour d'elle, elle a vu les jeunes par la fenêtre. Alors elle est sortie pour courir derrière eux. Le Russe est toujours dans les étages, dans la chambre de sa fille plus précisément. Sa femme vient de le rejoindre. La petite est endormie ou choquée, car je ne l'entends pas parler. Et aucun bruit n'a été entendu dans sa chambre depuis que Lucius et Voldemort sont sortis.» explique Ralph, d'un ton urgent.

« Espérons que Mademoiselle Parkinson se lasse, lorsqu'elle aura rejoint les jeunes gens et qu'elle constatera qu'ils ne répondent à aucune de ses questions. Ralph, je vais désormais garder le Miroir en main. Ainsi, vous pourrez parler directement, dès que vous le jugerez utile.. »

« Entendu professeur. » acquiesce Ralph

Nous effectuons le reste du chemin en silence et parvenons aux grilles sans que Ralph n'ai repris contact.

« Bien l'bonsoir, professeurs » nous accueille Hagrid, qui nous attendait, baguette en main, avec son chien Crockdur à ses pieds.

« Bonsoir Hagrid. Merci d'avoir fait si vite. » répond Albus, en désignant une calèche attelée à un Sombral

« Pas d'quoi professeur. J'suis toujours ravi d'vous rendre service. » déclare Hagrid, marquant une hésitation, avant de demander » : « Comment vont Harry et le p'tit ? »

« Ils dorment Hagrid et Fumseck veille sur leur sommeil. Par ailleurs, je pense que si vous rendez visite à Harry demain matin, il sera heureux de vous voir. Ne l'est-il pas toujours ? » répond doucement Albus

« Oui… Oui, c'est ç'que vais faire. Merci professeur. » acquiesce Hagrid, dans un reniflement, en se tamponnant les yeux avec son grand mouchoir à carreaux

« Allons Hagrid, ne me remerciez pas. Je sais trop combien Harry et vous comptez l'un pour l'autre. Et Harry a plus que jamais besoin de ceux qu'il aime autour de lui. » déclare Albus avec douceur, provoquant aussitôt un flot de larmes émues chez Hagrid, qui se contente de hocher la tête, tandis que Minerva lui tapote le coude avec compassion.

Je suis toujours ému moi-même du grand cœur et de la sensibilité de notre brave Gardien des Clés.

« Le Russe a donné l'ordre à ses Elfes de Maison de regagner sa propriété en Cornouailles et d'y attendre son appel, avant de quitter la chambre. Là, il vient de sortir de la demeure. Du moins, j'ai vu la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Par ailleurs, la fille Parkinson a rejoint les jeunes au portail et…. Ah, zut ! Je crois qu'elle se doute que quelque chose de pas rond se prépare, parce qu'elle vient de se cacher entre les troènes qui bordent la propriété… » nous apprend Ralph, un peu fébrile.

« J'ose espérer qu'elle n'a pas déjà la marque et ne peut pas appeler Voldemort.. » souffle Minerva, le souffle aussi court que si elle avait couru

« Elle ne l'a pas…Elle se serait réveillée à l'appel sinon. Rappelez-vous Minerva, nous ne savons pas où a lieu l'attaque. Cela signifie que Voldemort a précédé ses Mangemorts et les a fait venir à lui par la Marque… » interviens-je, avec un coup d'œil en direction d'Albus, qui acquiesce d'un hochement de tête.

« Monsieur Alexeïevitch, sa femme et leur fille vont devoir retirer leur Sortilège de Désillusion avant de Transplaner. Comment croyez-vous que réagira Pansy Parkinson à ce moment-là, Albus ? » demande Pomona, en resserrant son cache-nez autour de son cou

« A-t-il déjà dit où ils allaient à sa femme ? » demande Filius, vers Albus, qui lève le Miroir devant ses yeux, dans l'attente d'une réponse de Ralph

« Non. Quand il l'a réveillée, elle a posé tout un flot de questions. Il lui a répondu de se dépêcher de faire ce qu'il disait et qu'il lui expliquerait tout plus tard. Et avant de sortir, il lui a seulement dit de se Désillusionner… » répond Ralph, que je sens de plus en plus gagné par l'inquiétude.

Une inquiétude que je partage tout à fait, car la présence de Pansy Parkinson représente un gros danger… Je ne suis pas le seul, d'ailleurs, qui songe à cela…

« Que pouvons-nous faire Albus ? Pansy Parkinson est assez déséquilibrée pour les attaquer sans sommation, dès qu'elle entendra leur destination ! Et si elle tuait la petite ou l'un des jeunes gens ? » s'exclame Minerva, l'air prête à bondir hors de l'enceinte de l'école pour Transplaner et intervenir sur-le-champ

« Hélas, nous ne pouvons rien faire, ma chère. Tout se passe dans la zone protégée par le Fidelitas. Intervenir, ce serait révéler que nous pouvons entrer dans la propriété et si Pansy Parkinson nous échappe, alors Voldemort en sera informé et il changera de Quartier Général… Or, si nous pouvons compter qu'il n'irait pas à Priest Hole Manor, dans la mesure où il ignore toujours comment Harry et le petit Costner ont pu en être sortis, nous ne pouvons pas être certains qu'il ira au Castel du Diable où nous pourrions encore l'espionner en toute sécurité… » répond Albus, avec un hochement de tête négatif, avant d'ajouter : « Le manoir Malfoy est une pièce maitresse de notre échiquier que nous ne pouvons pas encore sacrifier, Minerva. Il nous reste donc à espérer que rien de fâcheux ne se produise… »

« J'ai entendu un bruit non loin du portail ! Je crois que le couple et leur fille arrive. Je vais augmenter le son, pour que vous entendiez ce qu'il se passe.. » annonce rapidement Ralph que nous entendons aussitôt se recaler dans son fauteuil au cuir grinçant..

Nous faisons immédiatement silence, l'oreille tendue vers le Miroir. Les secondes qui s'égrènent me semblent terriblement longues. Enfin, nous entendons un ordre donné dans une langue étrangère puis :

« Peux-tu maintenant me dire où nous allons ? Et que font ces jeunes gens ici ? Viennent-ils avec nous ? Pourquoi ? Que se passe-t-il Syssoï ? » demande une voix de femme précipitée et inquiète.

« Je vais te dirrre où nous allons et nous partirrons immédiatement. Je rrrrépondrrais aux autrrres questions plus tarrrd. Tu comprrrends ? » répond son époux, d'une voix basse et grave, avant de marquer un bref silence, sans doute le temps que la femme hoche affirmativement la tête, avant qu'il n'ajoute : « Nous allons à Poudlarrrrd »

« Traître ! Avada Kedavra ! » hurle aussitôt Pansy Parkinson auquel répond un autre cri de femme

Un cri bloqué net

« La femme s'est jeté devant son mari et sa fille ! Elle est morte ! Le Russe a Transplané avec la petite et les jeunes ! » s'écrie Ralph, dont la voix résonne dans la nuit

« Parkinson les a suivis ? » demande-je avec une vive inquiétude, d'une voix forte pour que Ralph m'entende

« Non ! Elle regarde la femme morte. Elle glousse et semble satisfaite de ce qu'elle a fait… » répond Ralph, d'une voix blanche

« Je vous remercie, Ralph. Vous savez ce que vous avez à faire maintenant, je vous recontacte plus tard. » déclare vivement Albus, juste avant qu'une série de plop se fasse entendre.

Je me tourne aussitôt vers l'entrée et mon regard tombe sur Syssoï Alexeïevitch qui porte dans ses bras, sa fille emmitouflée dans une couverture. Il est pâle, défait, raide et silencieux. Il ne bouge pas d'un cil, devant les grilles ouvertes. Et il ne fait nul doute dans mon esprit, qu'il a eu le temps de voir sa femme tomber sous le Maléfice de Pansy Parkinson, avant de quitter le Manoir Malfoy et qu'il est en train d'encaisser le choc.

Albus s'avance vers lui, pose sa main sur son épaule et l'invite d'une voix douce à entrer, lui faisant franchir les grilles de l'école, avant de demander à Minerva, Pomona, Filius et Hagrid, de conduire les jeunes gens de Durmstrang à l'abri du vent dans la grange de la Ferme, jusqu'à ce que l'on vienne les chercher.

Puis il me prie de faire avancer la voiture et je m'apprête à le faire, quand Draco vient se poser auprès de moi, un balai à la main. C'est donc lui, qu'Albus a perçu, du côté du terrain de Quidditch. Il a sans doute voulu voler un peu, dans l'espoir de se décharger d'une partie de toutes ses tensions…

Draco fixe Alexeïevitch et sa fille, la respiration un peu courte, semblant hésiter sur la conduite à tenir. J'incite le Sombral à avancer et Draco m'emboîte le pas, sans dire un mot. Puis il regarde le Russe monter dans la calèche et il grimpe derrière lui, sur un signe de tête d'Albus, prenant place en face de lui.

Albus s'installe auprès du Russe, tandis que je m'assois à côté de Draco. Le chemin jusqu'au château s'effectue dans le silence et quand la voiture s'arrête, le Russe nous suit dans le Grand Hall, dans un automatisme. C'est le caquètement de Peeves, qui doit maintenant se trouver quelque part du côté des cuisines, qui le tire de son état de torpeur…

Il cligne des yeux et regarde autour de lui, sans vraiment prêter attention à ce qu'il voit.

« Ma fille a besoin de soins…» souffle-t-il soudainement, vers Albus qui le regarde par-dessus ses lunettes en demi-lune.

« Nous allons la conduire dans une annexe de l'infirmerie, qui reçoit uniquement les cas requérant une attention particulière. Votre fille y sera en sécurité, à l'abri des regards curieux de nos élèves et un Médicomage hautement qualifié ainsi que notre infirmière prendrons grand soin d'elle…» explique Albus avec douceur

« Je vous suis. » déclare alors le Russe, en resserrant sa fille contre lui

Et je devine qu'il ne la lâchera pas, aussi longtemps qu'il ne sera pas convaincu que sa fille est en sécurité. Et le chemin s'effectue de nouveau dans le silence, le Russe ployant à peine sous le poids de sa charge. Arrivé à destination, il s'arrête sur le seuil de l'annexe discrètement éclairée, regardant tour à tour Narcissa, Molly, Blaise, Neville et Théo, qui veillent sur les pensionnaires de l'Annexe.

« Vous pouvez compter sur l'extrême discrétion de toutes les personnes autorisées à entrer ici. » assure Albus, avec un geste invitant le Russe à s'avancer vers le lit, auprès duquel Pompom et Richard se tiennent debout.

Le Russe hésite un bref instant, puis il se décide à entrer, déposant sa fille sur le lit, tandis que je referme la porte derrière moi. Il se redresse avec lenteur, avant de se tourner vers Richard, plantant son regard sombre dans le sien.

« Je suis Richard Petitjean, NeuroMédicomage, Président de l'Association Internationale des Experts en Médicomagie et Membre de l'Ordre du Phénix. » annonce Richard, en sortant de sa poche intérieur, un document officiel, attestant de ses qualifications.

Le Russe effectue un simple hochement de tête, avant de s'écarter, laissant Pompom fermer le rideau qui préservera l'intimité de sa fille durant les soins. Puis il se tourne et son regard tombe sur Draco. Sa mâchoire se crispe et son œil s'allume d'une lueur de fureur.

« Que fait le fils de Lucius Malfoy ici ? » siffle-t-il, les poings serrés.

« Si vous savez qui je suis, alors vous devez également savoir que je n'ai plus rien à voir avec mon géniteur, que j'ai renié il y a plusieurs mois déjà, Monsieur. » répond Draco, d'une voix assurée et calme, en avançant d'un pas vers le Russe, avant d'ajouter : « Et croyez bien, Monsieur, que je suis profondément désolé, de ce qu'il a pu faire à votre fille »

« Que savez-vous de ce qu'il a pu fairrre à ma fille ? » sursaute le Russe, avec un regard empli de reproches vers Albus, avant de le fixer de nouveau sur Draco

« Vous avez vous-même annoncé que votre fille a besoin de soins et votre réaction à mon égard ne me laisse aucun doute quant à l'identité du responsable de son état de santé. Par ailleurs, je connais assez Lucius et j'ai suffisamment souffert de ses mauvais traitements, pour savoir qu'il est un monstre et ce qu'il est capable de faire, Monsieur. » répond intelligemment Draco, qui a compris que le Russe préfèrerait que personne ne sache ce que sa fille a pu subir.

Mais ce dernier reste sur la réserve et il est évident que tout cela le contrarie beaucoup

« Vous savez que ma fille a épousé votrrre pèrrre aujourrrd'hui, n'est-ce pas ? » demande-t-il, l'air profondément dégoûté

« Oui. J'en suis sincèrement navré, Monsieur. Et si je puis aider votre fille et racheter les fautes de mon géniteur à son égard, soyez assuré que je le ferai, je vous en donne ma parole de Sorcier. » répond Draco, toujours aussi calme et assuré, sous son visage aux traits tirés de fatigue.

Le Russe le jauge longuement, puis il semble réfléchir, le regard dans le vague, durant quelques minutes

« Mon épouse est morrrte, tout à l'heurrre, au moment de notrrre déparrrt. Alorrrs si vous êtes sincèrrre, faite le serrrment de veiller sur Ievguenia, surrr sa sécurrrité et ses intérrrêts, jusqu'à ce que je rrrevienne la cherrrcher. Et si par malheurrrr il devait m'arrriver quelque chose d'irrrrémédiable et que je ne puisse rrrevenirrr, jurrrez-moi que vous continuerrrez à prrrendrrre soin d'elle aussi longtemps qu'elle en aurrra besoin. » exige le Russe, avec un regard terrible sur Draco

« J'en fais le serment sur mon honneur et sur ma vie, Monsieur. Et au cas où il devrait m'arriver malheur à moi-même, croyez que toutes les dispositions auront été prises pour assurer la sécurité et l'avenir de votre fille. » répond Draco, avec la prestance d'un gentilhomme d'autrefois, tandis que Narcissa vient se placer à ses côtés.

« Soyez assuré, Monsieur, que j'apporterai également mon soutien à votre fille, dans l'épreuve qu'elle traverse et que je serais aux côtés de mon fils pour l'aider à honorer son serment. » affirme-t-elle, une main posée sur l'épaule de Draco.

Le Russe hoche la tête, d'un mouvement un peu sec

« Je vous ferrrai parrrvenirrr tous les papiers nécessairrres dans la matinée. » déclare-t-il, avant de se tourner vers Albus et d'ajouter d'un ton ferme, le regard traversé d'une lueur meurtrière : « Et je puis vous assurrrer que quoiqu'il puisse m'arrriver désorrmais, Lucius Malfoy ne pourrra pas accéder à la forrrtune dont Ievguenia serrra dépositairrre ! »

Puis il se mure de nouveau dans le silence, prenant place sur une chaise auprès du lit où sa fille reçoit les soins de Richard et de Pompom, le dos raide et les yeux fixés sur le rideau. Au bout de quelques minutes cependant, il accepte une tasse de thé, qu'il boit à petites gorgées, avant de laisser son regard courir sur la pièce.

Ses yeux s'arrêtent sur le lit, où Harry dort, le petit Costner accroché à lui. Il se lève alors et s'avance lentement vers eux, s'arrêtant au pied du lit, pour les observer. Il scrute leurs visages émaciés, aux yeux creusés et cernés par les souffrances qu'ils ont endurées. Albus vient se tenir à ses côtés, sans un mot, observant lui aussi les deux endormis, sur le sommeil desquels veille Fumseck…

« Je n'ai rréellement prrris conscience de la noirrrceurrr du Lorrrd Noirrr et de Lucius Malfoy, que lorrrsque vous m'avez montrrrés ces souvenirrrs, au Ministèrrre, prrrofesseurrr Dumbledorrre…. Et ce soirrr, j'ai prrris toute la mesurrre de leur crrruauté et de leurrr barrrbarrrie…. » murmure le Russe, qui soupire en crispant ses doigts sur le pied de lit, avant d'ajouter : « Mais je l'ai fait trrrop tarrrd, beaucoup trrrop tarrrd, pour éparrrgner des souffrrrances à ma fille bienaimée… Et la vie de mon épouse… »

Et pour la première fois depuis son arrivée, son visage se masque de douleur, bien qu'il ne laisse échapper aucune larme. Il se passe une main lasse sur la figure, soupirant une nouvelle fois, avant de relever la tête sur Fumseck qui entonne un doux chant, car Harry s'agite dans son sommeil… Puis son regard glisse vers Blaise, qui rafraichit le front de Harry, avec un linge humide et il sursaute, comme s'il venait brusquement de se souvenir de quelque chose…

« Vous êtes le fils de Lucrrrrèce Zabini, n'est-ce pas ? Je me souviens de vous avoirrr crrroisé alorrrs que vous étiez avec elle sur le Chemin de Trrraverrrse, l'été derrrnier. » dit-il avec un peu de brusquerie

Blaise suspend son geste et se tourne vers le Russe, en replaçant le linge humide dans la bassine d'eau fraîche placée sur le chevet du lit.

« Effectivement. Mais tout comme Draco a renié son géniteur, j'ai renié ma génitrice. » répond-il, d'un ton doux, larvé de contrariété.

Il sait que sa mère a été longuement torturée, avant d'être emprisonné dans le cachot du Manoir Malfoy, Voldemort ayant réussi à contrôler suffisamment sa colère pour ne pas la tuer immédiatement, a confié le soin des tortures à quelques-uns de ses Mangemorts et à Pansy Parkinson… Harvey Preston, son amant, est retenu dans le même cachot et chargé de la maintenir en vie, sous peine de subir le même sort…

Blaise n'a certainement pas envie d'en entendre parler davantage…

« Je le sais et je voulais vous mettrrre en garrrde, jeune homme. Votrrre mèrrre a lancé un contrrrat sur votrrre tête et surrr celle d'une autrrre élève de Poudlarrrd. Une enfant de prrremièrrre année dont vous êtes prrroche… » révèle le Russe, sans quitter le regard de Blaise

Blaise reste impassible, mais je le connais assez pour savoir que son cerveau est en train de réfléchir avec rapidité sur ce que le Russe vient de lui apprendre. Il hausse finalement les épaules.

« Cela ne doit plus avoir de valeur, maintenant… » lâche-t-il, en reprenant le linge dans la bassine pour l'essorer…

Le Russe sursaute et regarde Blaise, l'air surpris, puis il semble aux prises d'une interrogation qui le laisse perplexe

« Vous savez ? » demande-t-il, d'un ton dubitatif, avant de préciser, devant le sourcil haussé de Blaise : « Que votre mèrrre est… soupçonnée d'avoir trrrrahi le Lorrrd et a été… emprrrisonnée dans un cachot ? »

Blaise soupire et ferme les yeux, sur un bref hochement négatif, avant de relever les yeux sur le Russe

« Il est inutile de me ménager avec des euphémismes, Monsieur. Je sais comment sont traités les serviteurs de Voldemort soupçonnés de trahison. J''ai déjà vu des victimes de tortures. Je suis justement au chevet de deux d'entre elles… » déclare-t-il, soupirant une nouvelle fois, avant de poursuivre : « Et pour répondre à votre question, oui, je savais que ma Gorgone de mère est accusée d'avoir permis la libération de Harry. C'est pour cela que je pense que ce contrat qu'elle a lancé sur ma tête et celle de… l'autre élève, ne doit plus avoir de valeur. Car je doute que Lucrèce survive longtemps encore… Elle ne pourra donc pas honorer sa part du contrat…»

« Vous vous trrrompez concerrrnant la valeurrr de ce contrrrat, jeune homme. Il a été établi de telle manièrrre, que le prrrix sera verrrsé, que votre mèrrre soit vive ou morrrte, si vous mourrrrez dans les délais décidés… » affirme le Russe, d'un ton abrupt

Blaise pâlit considérablement, sous cette affirmation. Il ne peut cependant demander davantage concernant ce contrat, car au même moment, Richard sort de derrière le rideau et le Russe se précipite vers lui.

« Comment va-t-elle ? » demande-t-il, avec une vive anxiété.

« Ses blessures physiques sont déjà presque guéries Monsieur. Mais votre fille a subi un choc psychologique très grave qui l'a plongée dans un état catatonique profond. Croyez que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'aider à se sortir de cet état, mais je suis dans l'incapacité de vous dire si et quand elle en sortira… » annonce Richard, avec un regard compatissant.

Le Russe ferme les yeux et les poings, les serrant très forts sous la douleur.

« Pourrrrais-je la voirrr avant de partirrr ? » demande-t-il, d'une voix sourde.

« Bien sûr Monsieur. Si votre fille a bien besoin d'une chose, c'est de votre affection. En ce qui me concerne, vous pouvez passer autant de temps que vous le souhaitez auprès d'elle… » répond Richard, avec sollicitude…

Le Russe soupire et semble réfléchir durant un bref instant, avant de déclarer :

« Je ne pourrrais pas rrrester, j'ai des dispositions imporrrrtantes à prrrendrrre dès la prrremièrrre heurrrre. Mais pourrrais-je appeler à son chevet, l'Elfe de maison qui est à son serrrrvice depuis son enfance ? Ievguenia a beaucoup d'affection pour elle et Krrrroutia lui est toute dévouée.. »

Richard se tourne alors vers Albus, qui donne son accord d'un signe de tête, ce dont le Russe le remercie, avant de se rendre auprès de sa fille.

Nous l'entendons lui parler doucement dans sa langue maternelle et, au ton de sa voix, il ne fait nul doute dans mon esprit, qu'il l'assure de tout son amour, mais aussi qu'il lui exprime tous ses regrets de ne pas avoir su la protéger et de l'avoir au contraire jetée dans l'antre du diable…

Quelques minutes plus tard, il appelle son Elfe de maison, lui fait quelques recommandations et sort de derrière le rideau, le visage de nouveau impassible.

« Je ne sais quand je vais rrrevenirrrr, mais vous pourrrez me joindrrre parrr l'interrrmédiairrre de Krrroutia. Elle saurrra toujourrrrs me trrrouver. Si… Si ma fille rrreprrrrend conscience et demande sa mèrrrre… et que je ne peux venirrrr lui apprrrendrrre moi-même son décès, faites-le avec ménagement, voulez-vous ? » déclare le Russe, à l'intention de Draco et Narcissa, qui hochent simplement la tête…

Puis il dit à Albus qu'il se tient à sa disposition jusqu'à l'aube, s'il souhaite l'entretenir. Albus l'invite donc à venir dans son bureau et il me demande de me joindre à eux.

Arrivé à destination, Albus commande un thé et effectue le service. Puis il requiert auprès du Russe, de rapporter précisément tout ce qu'il sait du contrat placé sur les têtes de Blaise et Miho. Car il s'agit de Miho, bien sûr, la deuxième tête réclamée…

« Le contrrrat a été établi le dimanche avant Noël, dans la demeurrre de l'un de mes contacts en affairrre, chez lequel mon épouse et moi-même avons été invités pourrr un déjeuner qui s'est prrrolongé sur un aprrrès-midi de détente. Il y avait beaucoup de monde, des jeunes gens, notamment qui sont encorrre scolarrrisés à Poudlarrrd. Aprrrès le déjeuner, mon contact a mis son burrreau à ma disposition, afin que je puisse rrrédiger quelques notes posant les bases d'un contrrrat entrrre nous. J'étais en trrrain de rrrédiger cette note, lorrrsque j'ai entendu des personnes entrrrer dans le salon situé à côté du burrreau. La porrrte de communication entrrrre ces deux pièces, est masqué par une tenturrre du côté du salon et les perrrsonnes qui sont entrrrées n'ont pas vu qu'elle était entrrrrouverrrte. J'ai pu entendrrrre toute leur converrrsation. » commence le Russe, avant de boire une gorgée de thé.

« Connaissiez-vous les personnes présentes ou avez-vous entendu des noms ? » demande Albus, d'une voix douce.

« Je n'ai entendu que le nom de Lucrrrèce Zabini et le prrrénom d'une jeune fille : Asterrrope… » répond le Russe, tandis qu'un frisson remonte le long de mon échine…

Asterope. Comme Asterope Thorpe…. Est-ce elle ? Oui, sans aucun doute. Cela expliquerait sa violente attaque sur Miho. Son désir de la tuer.

« Mais je pense pouvoirrr affirrrmer qu'il y avait essentiellement des adolescents scolarirrsés dans votrrre école. Je vous donnerrrrais la liste des perrrsonnes prrrrésentes à ce déjeuner, dont je me souviens du nom. En un autrrre temps, je ne l'aurrrais pas fait, car je viens d'un milieu où chacun doit rrrrespecter les afffairrres des autrrres, quelles qu'elles soient. Mais toutes les perrrsonnes prrrésentes porrrtent ou porrrterrront bientôt la marque des Ténébrrrres et je ne veux plus êtrrrre ni complice, ni en affairrrre avec ces êtrrres abjects ! » poursuit le Russe, en tapant du poing sur l'accoudoir de son fauteuil

En moi-même, je me demande s'il tiendrait les même propos envers ces personnes, si sa fille n'avait pas été victime de la perversité et de la cruauté de Lucius et Voldemort. Je me retiens bien cependant, de poser cette question. Nous avons besoin des renseignements qu'il détient sur toute cette affaire…

A commencer par la liste des invités qui nous permettra sans doute de déduire les noms des élèves susceptibles d'attenter à la vie de Blaise et Miho…

« Mais rrrevenons en à ce que je vous disais. Lucrrrèce Zabini a dit qu'elle offrrrrait cinq milles Gallions à qui éliminerrrait son fils et cinq milles autrrre Gallions à qui en ferrrait autant d'une jeune Eurrrasienne de prrremièrrre année, qui semble êtrrrre la prrrotégée de son fils. Les jeunes gens prrrésents ont été intérrrressés parrr sa prrroposition. La jeune fille prrrénommée Asterrrope notamment, qui s'est fait gaussée parrrr un jeune homme, avec lequel elle a parrrrié qu'elle gagnerrrrait les dix milles Gallions… Un autre jeune homme a demandé comment êtrrrre cerrrrtain que la somme prrromise serrrait verrrsée. Lucrrrèce Zabini a sorrrti deux lourrrdes boursses, contenant cinq milles Gallions chacune et leur a prrroposé de les ensorrrrceler, pourrr qu'elles rrrejoignent un lieu choisi parrr leurrrr soin, dès le meutrrre accompli. C'est une prrrratique sûrrr et courrrante dans le monde des Sorrrciers à gage et plusieurrrs de ces jeunes gens en avaient déjà entendu parrrler. Ils ont accepté la prrroposition et se sont engagés à rrremplir le contrrrat dans un délai de deux mois. Aprrrès quoi, Lucrrrèce Zabini a déclarrré qu'ils perrrdrrraient leur chance et qu'elle choisirrrait d'autrrres candidats parrrmi les jeunes gens prrrrésents ce dimanche… » révèle le Russe, d'un ton égal, buvant un peu de thé, avant de conclure : « Les jeunes prrrésents dans le salon, ont donc la possibilité de tuer Blaise Zabini et sa prrrotégée, durrrant tout le délai imparrrti. Que Lucrrrèce Zabini soit vive ou morrrte, la somme serrra transferrrée où ils ont demandé qu'elle le soit. »

« Combien de… candidats sont concernés par ce contrat ? » demande Albus, dont le regard exprime tout son mépris, son dégout et sa colère

Sentiments dont je suis certain qu'il les réserve non seulement aux étudiants ayant accepté le contrat, mais également au Russe, qui était au courant de son existence et ne l'a dénoncé aujourd'hui, que par esprit de vengeance…

« Sept ou huit, au plus. » répond le Russe, avant d'établir par écrit la liste des invités de son hôte, dont je suis surpris d'apprendre qu'il s'agit d'Ernest Shaw

Il faisait partie de l'équipe de Quidditch des Serdaigles, lors de mes deux premières années à Poudlard et j'appréciais son style de vol affûté et précis autant que rapide et souple.

Sa fille, Ysolte, est une Septième Année de Poufsouffle…

Syssoï Alexeïevitch donne ensuite quelques renseignements dont nous avons déjà connaissance pour la plupart, avant de se lever pour partir. A aucun moment il n'a demandé à recevoir une aide personnelle et Albus s'est abstenu de lui en proposer. Je le raccompagne jusque dans le Grand Hall, pour lui ouvrir les portes en silence.

Et, tandis qu'il s'éloigne dans la nuit zébrée de flocons de neige, les épaules voûtés par la fatigue, la peine et le froid, me reviennent en mémoire quelques vers d'un poème que j'ai lus il y a fort longtemps :

Dans la lumière des aubes grises

Et les flocons portés par la bise

S'en vont des hommes au dos voûtés

Par le poids de leurs lourds péchés

Même si l'aube n'est pas encore là, ces vers conviennent parfaitement pour décrire Syssoï Alexeïevitch en cet instant.

OoOoOoO

Acte 2 : Les Neiges Rougies

Bill

Une main qui secoue mon épaule me réveille en sursaut.

Je me suis endormi dans l'un des canapés du salon, la tête de Fleur sur mes genoux. Je ne suis pas le seul. Lee dort la bouche un peu ouverte, sa baguette à la main, dans un fauteuil. Fred et Georges se sont installés tête bêche dans un autre canapé et Alicia est recroquevillée contre Olivier.

Papa me fait signe de le suivre. Sa mine sinistre fait cogner mon cœur dans ma poitrine et me retire le sang du visage…

Je jette un coup d'œil machinal sur l'horloge familiale et je suis un peu soulagé en voyant que les aiguilles au nom de Ron et Charly ne sont plus pointées sur « en danger de mort », mais sûr « endormis ».

Je suis Papa dans le couloir, ainsi que Viktor qu'il a aussi réveillé apparemment.

« Qu'y a-t-il ? » m'enquiers-je à voix basse quand nous arrivons à hauteur de la porte du Terrier.

« Voldemort et ses troupes sont rentrés. L'un d'eux a prononcé le nom du village qu'ils ont attaqué. Apparemment des pièges de Magie Noire ont été laissés pour tuer les secours Moldus. King demande des renforts pour nettoyer la zone de ces pièges … » répond Papa, d'une voix tremblante…

Viktor et moi acceptons d'un signe de tête et Papa nous donne les coordonnées de Transplanage. Nous remontons en courant l'allée, pour sortir de la zone protégée et nous allons rejoindre King, aux abords d'un village côtier d'Ecosse…

Il fait froid. Il a beaucoup neigé par ici et nos pas laissent leurs empreintes sur le chemin qui descend en pente douce. Tout en marchant d'un pas vif, King donne ses instructions. Des équipes de cinq sont constituées dont un Oubliator qui modifiera la mémoire des survivants…

Si nous en trouvons précise-t-il….

Je suis dans l'équipe de King, avec Maugrey et Viktor. King nous emmène au cœur du village. A la lumière de ma Baguette, je vois parfois des tâches de sang sur la neige. Mais King ne s'arrête pas avant que nous soyons arrivés à quelques pas d'une petite église.

Toute la neige est rougie sur le parvis et mon cœur frémis d'horreur.

Qu'allons-nous trouver à l'intérieur ?

Il y a un Maléfice posé sur la double porte en chêne sculptée, qui aurait agi comme une bombe, déchiquetant tout sous son souffle, au passage des secours. Il ne fait aucun doute dans mon esprit qu'il a été posé par un Briseur de Sort et je pense brièvement à Oliver et Jennifer. Lequel de ces deux pourritures l'a jeté ?

Je m'occupe de défaire cette saloperie et avant d'entrer, je prends une inspiration pour me donner le courage d'affronter les horreurs que je vais voir. Le silence dans le lieu de culte Moldu est troublé par des gémissements et des pleurs. Mon regard embrasse immédiatement le chœur de l'église et mes yeux s'écarquillent d'effroi tandis que mon estomac remonte dans ma gorge..

Le Christ a été descendu de sa croix. Un homme au corps supplicié est cloué à sa place. Et sur l'autel, git le corps d'un enfant nu…

Plusieurs hommes, femmes et enfants tout aussi nus gisent sur le sol parmi les chaises renversées. Leurs corps torturés recroquevillés et frémissants de froid et de douleur ou figés en une pose obscène dans la mort …

Ils sont tous cernés de cierges allumés aux pointes de pentacles, dessinés avec leur sang sur le sol carrelé et de Maléfices de Magie Noire. Nous nous attachons à les délivrer des Maléfices, remontant peu à peu vers le chœur…

« Bill, vient par ici. Il y a la même saloperie de Maléfice que sur l'entrée et je ne sais pas le défaire… » chuchote Maugrey, d'un ton bourru quelque peu tremblant de colère

Je le rejoins auprès du confessionnal d'où s'échappent des marmonnements et des sanglots étouffés. Je défais le Maléfice et j'ouvre lentement la porte.

Une femme au regard hagard de terreur berce le corps d'une fillette aux grands yeux bleus fixes. Elle lève les yeux sur moi, tandis que je m'approche doucement d'elle.

« Le diable aux yeux rouges est venu… Le diable aux yeux rouges est venu … Le diable aux yeux rouges est venu … » ne cesse-t-elle de répéter entre deux sanglots, serrant la fillette sur son cœur…

« Non, Bill. Il faut les laisser là… » m'arrête en chuchotant Maugrey, une main posée sur mon épaule, alors que j'allais prendre le poignet de la femme pour l'aider à sortir…

« La petite respire encore. Elles ont besoin de soins.. » réponds-je, dans un souffle

« Je sais. Et plus vite nous aurons nettoyé la zone, plus vite nous pourrons appeler les secours Moldus… » murmure Maugrey, en m'incitant à me relever.

Il m'emmène vers le chœur. L'autel est lui aussi piégé, mais ma main tremblante refuse de lever ma Baguette. Maugrey s'en charge et il s'approche pour examiner l'enfant. Mon ventre est noué, torturé de coups de poignard lancinants, mais je le suis. Je veux savoir si le petit est encore en vie…

C'est un garçon, d'environ sept ou huit ans. Ses cheveux bouclés sont blonds comme les blés murs et l'on voit que c'était un bel enfant, malgré ses joues barbouillées de larmes et de sang séchés. Ses yeux sont fermés. Et sur sa poitrine et son ventre qui ne respirent plus, est profondément gravée l'inscription : Sang-de-Bourbe…

Ce petit était un Sorcier…

« La femme a raison. Le diable aux yeux rouges est venu… » murmure Maugrey, la gorge nouée, ravalant des larmes avant d'ajouter : « Regarde ces griffures profondes sur les flancs et ces morsures à l'intérieur des cuisses. Ça c'est l'œuvre de Voldemort et Lucius… Ils ont violé ce petit avant de le tuer… J'espérais ne plus jamais voir ça… J'l'espérais vraiment … Bougres de démons !… »

Je détourne mon regard sur la croix. Comment le Dieu des Moldus a-t-il pu laisser faire ça, s'il existe ? me demande-je, avant de réaliser que ce n'est pas un Christ de pierre, de plâtre ou de bois que je fixe, mais le corps de ce pauvre homme qui a été cloué à la place.

Et de constater qu'il vit encore et qu'il gémit sa souffrance…

Je ne peux pas le laisser là…

Sans doute dois-je laisser son corps cloué sur la croix, mais je peux au moins la descendre et l'allonger pour qu'il ait moins mal.

J'ôte le Maléfice qui l'aurait embrasé dès qu'une main aurait touché le bois et je fais lentement venir la croix sur le sol, m'agenouillant auprès de l'homme qui me parle.

« Je… je… suis le diacre… mon fils… c'est Gavin… mon fils… sur l'autel… est-il… est-il…» demande l'homme d'une voix hachée, avant d'éclater en sanglot…

Ma gorge est trop serrée pour que je puisse répondre et je ne peux que fermer les yeux, avant de hocher la tête. Mais déjà l'Oubliator entreprend de modifier la mémoire de cet homme qui ne se souviendra jamais de moi.

Mais qui se souviendra tout le reste de sa vie, avoir vu des monstres violer et assassiner son fils sur l'autel de son église, tandis qu'il était cloué sur la croix…

Notre travail est fini ici. Je remonte lentement vers la porte en regardant tous ces gens dont les survivants ne pourront jamais se remettre de cette nuit d'horreur. Je me retourne une dernière fois vers le chœur avant de sortir de l'église, pour aller nettoyer un autre endroit des Maléfices qui les rendent inaccessibles ou dangereux pour les secours.

Mais dans l'aube grise qui éclaire les neiges rougies du parvis, je me laisse tomber à genou et je pleure, le visage caché entre mes mains…

OoOoOoO

Acte 3 : Les Âmes Perdues

Remus

Quand je reviens dans le bureau d'Albus, il est profondément adossé dans son fauteuil, les yeux fermés. Il tient en main le parchemin sur lequel le Russe a inscrit les noms des invités dont il se souvenait, à ce déjeuner, le dimanche où la mère de Blaise a mis un contrat sur la tête de son fils. Son front est barré d'une ride profonde et sa bouche est marquée d'un pli chagriné…

C'est la première fois que je le vois porter son âge et sa charge avec autant d'amertume…

Il soupire et ouvre les yeux quand je reprends place dans le fauteuil en face de lui.

« Qu'allons-nous faire Albus ? » m'enquiers-je, en désignant la liste…

Albus la pose sur le bureau et l'examine encore une fois.

« Casey, Ramirez, Gilford, Thorpe, Taylor, Parkes, Wagner, Gibbon, Vaneck, Wells, Shaw, Preston, etc…etc… Il y a bien trop de noms familiers sur cette liste, sans compter ceux dont Alexeïevitch ne s'est pas souvenus, pour que nous puissions déterminer avec précision lesquels de ces enfants ont accepté le contrat… Nous ne pouvons les renvoyer tous, Remus… Ce serait les jeter directement dans les bras de Voldemort et il vaut mieux que nous les gardions sous surveillance ici… » soupire-t-il, en se passant une main lasse sur le visage.

« Même la jeune Asterope ? » m'enquiers-je, les sourcils froncés…

Pour les autres, il a raison, je suis bien obligé d'en convenir. Nous ne pouvons effectivement pas les renvoyer sans motif valable. Mais Asterope Thorpe a jeté un Maléfice sur Miho. Qui aurait été mortel, sans l'intervention de « Plumki »…

Elle n'est pas la seule, d'ailleurs, à avoir profité de l'attaque de Parkinson et des Vengeurs, pour agresser des camarades d'école…

Albus soupire encore une fois.

« Je vais proposer son renvoi, lors du Conseil de Discipline. Nous verrons ce qu'il y a lieu de faire pour celles et ceux qui ont aussi jeté des maléfices sur leur camarades. Mais je doute que quelle que soit leur sanction, cela résolve notre problème, Remus. Nous avons plusieurs âmes définitivement perdues parmi nos élèves et nous ne savons comment les identifier… » répond Albus, avant de me proposer une tasse de thé que j'accepte volontiers

« Alors il nous faut tenir Blaise et Miho à l'abri jusqu'à la fin du contrat, aux alentours du 21 février.. » conclus-je, en prenant la tasse qu'Albus a fait Léviter devant moi.

« C'est la solution que j'envisageais effectivement. Miho pourra aller dans le Village des Elfes où elle retrouvera sa famille d'accueil Moldue. Je crains cependant que Blaise ne refuse de partir… » déclare Albus, le front soucieux.

Oui, bien sûr. Miho n'aura pas le choix, même si j'imagine fort bien son chagrin de quitter Poudlard et ses amis. Mais Blaise est majeur et nous ne pouvons lui imposer une décision. Or, le connaissant, il n'acceptera pas ce qu'il considérera à la fois comme une solution de facilité d'une grande lâcheté et une profonde injustice… Non, il ne choisira pas de fuir le danger en allant se terrer quelque part, il ne renoncera pas à ses amis, quand ceux qui veulent le tuer seraient en droit de circuler en toute liberté ou presque…

« Je le verrais tout à l'heure à ce propos, pour lui exposer la situation et il prendra la décision qui lui convient... » annonce Albus, juste avant que le Miroir posé sur son bureau ne vibre.

« King et les autres ne sont pas encore rentrés, professeur. Mais je vous appelle pour vous donner les nouvelles du Manoir. Comme vous le savez déjà, Voldemort et Lucius sont enragés, que le Russe soit parti avec sa fille. Ils se sont vengés en torturant de nouveau Lucrèce Zabini pour lui arracher des informations sur la façon dont Harry et le petit Costner ont pu être secourus. Ils lui ont aussi donné du Veritaserum, mais comme elle ne répondait pas de manière satisfaisante, ils ont conclu qu'elle avait dû s'immuniser contre ses effets. Alors Voldemort a décidé d'employer l'Occlumencie. Et là, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, parce que les blessures causées par les tortures ne l'expliquent pas, mais pendant qu'il regardait dans son cerveau, Lucrèce Zabini a commencé à convulser et elle est morte… » explique Ralph, d'une voix blanche…

Nous restons silencieux, pendant un minute ou deux peut-être. Puis Albus demande ce qu'il est advenu du corps de la mère de Blaise et de celui de l'épouse du Russe.

« La dépouille de la femme du Russe alimente un feu de joie, autour duquel un groupe de Mangemorts évadés, mené par Bellatrix et la petite Parkinson, fête leurs exploits de la nuit. Concernant Lucrèce Zabini, Voldemort l'a donné à Nagini, avant de commencer à torturer Preston. Il est sûr qu'il a aidé Lucrèce à faire évader Harry et Jérémy Costner… » répond Ralph, d'un ton de plus en plus voilé…

« Merci, Ralph, tâchez de trouver quelqu'un pour vous remplacer. Vous en avez assez vu pour cette nuit.. » déclare Albus, son regard traversé d'un lueur compatissante.

Ralph remercie Albus et le silence retombe dans le bureau. Même les portraits, pourtant réveillés, font parfaitement silence. Ils sont si immobiles, clignant à peine de l'œil de temps en temps que l'on pourrait croire que ce sont des toiles Mordues…

Je pense à Blaise. Comment prendra-t-il la nouvelle de la mort de sa mère ? Comment pourra-t-il gérer cela, en sachant qu'elle a placé un contrat sur sa tête ? Je sais, aux réactions que j'ai pu observer chez lui, les rares fois où je l'ai entendu parler de sa mère, qu'il éprouve pour elle des sentiments contradictoires. Entre dégoût et amour déçu. Entre rejets et regrets…

Voudra-t-il savoir ce qu'il est advenu de son corps ? Espérera-t-il pouvoir lui offrir des funérailles décentes ? Demandera-t-il des précisions sur sa mort ?

« Que doit-on répondre, Albus, si Blaise demande comment est morte sa mère ? » m'enquiers-je dans un murmure

« Hélas, la vérité, Remus. Que sa mère est malheureusement morte dans d'atroces souffrances et qu'il ne reste rien de sa dépouille… » répond Albus, sur un soupir.

« Oui, bien sûr. Mais s'il demande ce qu'il s'est produit exactement ? Je ne saurais l'expliquer… » déclare-je, essayant de rassembler mes quelques connaissances sur l'Occlumencie

Elles sont trop minces cependant. Tout ce que j'en sais c'est qu'il faut prendre des précautions quand on l'utilise

« Si l'Occlumencie n'est pas pratiquée avec une extrême prudence, le cerveau dans lequel on s'introduit souffre. Voldemort ne prend jamais les précautions qui s'imposent et cette fois, ne trouvant pas ce qu'il cherchait, il a dû beaucoup forcer. Les cellules cérébrales ont dû alors commencer à chauffer et comme il a malgré tout poursuivi, Lucrèce en est morte… » explique Albus, d'un ton éteint…

« Vous voulez dire qu'il a tellement forcé que le cerveau a… cuit, en quelque sorte… » dis-je, le cœur au bord des lèvres…

Albus acquiesce d'un hochement de tête…

Merlin ! Quelle mort affreuse !

« J'expliquerai tout cela moi-même à Blaise, si cela s'avère nécessaire, Remus. Maintenant, allez le chercher, voulez-vous ? Il faut que je lui annonce le décès de sa mère. Et que je lui demande de prendre une décision en ce qui concerne les menaces de mort qui pèsent sur lui… Une bien difficile et triste tâche que voilà… » déclare Albus, en se levant pour aller regarder par la fenêtre, la nuit qui prend doucement fin, avant d'ajouter : « Dites lui qu'il peut se faire accompagner, par une personne de son choix, voulez-vous Remus ? »

Je le quitte, sans faire de bruit. Marchant dans les couloirs comme un automate. Je commence à être abruti de fatigue et je sens peser sur mes épaules le poids de toutes les tensions, les émotions et les événements vécus depuis près de vingt-quatre heures de veille.

Je songe à Harry, à ses horribles cauchemars éveillés, son corps meurtri par les tortures.

Je songe au Russe et surtout au terrible traumatisme qui a plongé sa pauvre fille dans un état catatonique.

Je songe à Blaise qui a appris tout à l'heure que sa mère a placé un contrat sur sa tête et celle de sa petite sœur de cœur. Et qui va bientôt savoir que sa mère est maintenant morte…

Et je songe aussi à toutes ces âmes perdues, qui, après leur mort, hanteront les aubes grises jusqu'à la fin des temps…

OoOoOoO

Acte 4 : La fourrure Blanche

Blaise

« Ta tête a été mise à prix, beau gosse. Celle de Miho aussi. Alors tu as intérêt à garder vos fesses au chaud, tu m'as bien compris ? » murmure-je, à mon reflet, avant de m'asperger le visage d'eau froide, dans l'espoir d'en chasser la lassitude.

Puis je m'éponge avec une serviette et retourne dans l'annexe. Je vais près de la fenêtre, pour regarder la nuit, ramassant machinalement la cape de fourrure dont était emmitouflé Jérémy Costner et qui traîne moitié sur un divan, moitié sur le sol.

Je me souviens de cette cape. Certes, elle a été ajustée à la taille de Jérémy, mais elle appartenait à la Gorgone. J'étais avec elle, lorsqu'elle l'a achetée, l'été dernier, dans une boutique chic du quartier Sorcier parisien. Elle en a essayé une bonne douzaine, avant de me demander laquelle choisir. J'ai désigné celle-ci, non parce que c'était la plus belle, mais parce qu'elle était blanche…

Comme la neige, dans laquelle j'aime marcher quand personne ne l'a encore foulée, comme Aristophane, mon cheval ailé, sur le dos duquel j'aimais tant voler. Blanche surtout comme jamais l'âme de ma mère ne l'a été…

C'est la veille, que je l'ai compris, tandis que j'ai surpris une conversation entre elle et le Basilic…

Le Basilic, parlons-en de lui. Il s'est évadé et il est libre de ses mouvements, tandis que c'est le tour de la Gorgone d'être emprisonnée dans un cachot…

Mon cœur se pince…

Ma mère est condamnée à mort sans jugement, pour une faute qu'elle n'a pas commise, quand ses véritables crimes vont rester impunis…

Ce n'est pas ce que je voulais.

Mais dans le fond, qu'est-ce que je voulais ?

Qu'elle éprouve des remords, se repentisse et demande pardon pour le mal qu'elle a fait ? Qu'elle exprime des regrets pour m'avoir privé de mon père et m'avoir menti sur les sentiments qu'elle avait pour lui ? Qu'elle s'excuse pour l'amour qu'elle n'a jamais eu pour moi ?

Foutaises !

Jamais elle n'aurait éprouvé de remord, jamais elle n'exprimerait de regret, si ce n'est d'avoir dû me mettre au monde et de n'avoir pas pu me tuer aussitôt né !

Et si mon cœur se pince ce soir, ce n'est pas parce qu'elle souffre horriblement sous les tortures, ni parce qu'elle va mourir. C'est parce qu'avant qu'elle ne pousse son dernier soupir, je n'aurais pas l'occasion de lui dire que je l'ai aimée et qu'une part de mon cœur l'aime encore, malgré toute la haine et la colère que j'ai éprouvé et éprouve toujours à son égard, malgré la peur de mourir empoisonné de sa main…

Malgré ce contrat qu'elle a mis sur ma tête et sur celle de Miho…

Jamais elle n'a été tendre et douce avec moi. Mais elle était belle, élégante, raffinée et brillait dans les salons pour son intelligence et sa spiritualité. Et mon cœur de petit garçon en était fier, ébloui, reconnaissant aussi, lorsqu'elle daignait en société poser ses yeux sur moi et me louer pour ces mêmes qualités…

J'aimerai être encore ce petit garçon, qui ignorait tout de la noirceur de son cœur, pour pouvoir la pleurer.

Mais c'est impossible. Je ne suis plus ce petit garçon là. Je ne suis plus ébloui par sa somptueuse beauté, je ne suis plus fier de son élégance raffinée. Je suis affligé et meurtri par sa malignité et sa cruauté…

Par toute cette douleur qu'elle a plantée dans mon cœur plus sûrement qu'un poignard…

Une main se pose sur mon épaule. Chaleureuse. Amicale. Compatissante

« Albus souhaite te voir, Blaise. Il t'attend dans son bureau. Tu peux te faire accompagner, si tu le veux…» m'informe Remus

Et à son ton lourd et triste, je comprends ce qu'il ne dit pas.

Mon regard se perd dans l'aube grise qui pointe à peine. Une larme coule sur ma joue. Je l'essuie d'un geste machinal avec la fourrure blanche de ma mère, avant d'y enfouir mon visage à la recherche de son parfum.

Mais il n'y en a plus trace.

C'est une odeur de terre, de sang, de fièvre, de larmes et de souffrance qui s'accroche désormais à elle. Alors je la laisse doucement glisser sur le sol, puis je me détourne de la fenêtre où l'aube grise blanchie par les gros flocons tombant du ciel, laisse peu à peu place à une journée sombre. Et lentement je me dirige vers la porte, prenant au passage la main de Draco dans la mienne.

Ma mère est morte. Et j'en suis chagriné.

Car elle n'a laissé dans mon cœur que des sentiments contradictoires et la douleur d'un manque cruel d'affection…

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