Disclaimer : ch chapitre 1

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Mistycal est toujours ma beta !

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Je n'ai toujours pas récupé mon forum, malgré plusieurs réclamations. Je suis donc désolée de ne pouvoir répondre. Je rattraperais dès que possible !

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Retour Progressif Au Quotidien 1 / 3

Mercredi 15 Janvier 1997

Acte 1 : Les Mères Poules

Ron

C'est le tintement discret d'une tasse contre une soucoupe qui me réveille.

Par réflexe, je n'ouvre pas tout de suite les yeux. Je laisse mon cœur partir à la recherche de Harry et je suis surpris, de le trouver si vite, si facilement, quand les brumes effilochées d'un restant de sommeil se dissipent sur une compréhension soudaine

Mon cœur bat la chamade, heureux, chavirant de bonheur. Harry n'est plus à Priest Hole Manor ! Mon bébé est là et je vais pouvoir le serrer contre moi, le garder à l'abri dans le creux de mes bras jusqu'à la fin de ma vie !

Je me dresse vivement sur mon séant dans l'intention de sauter du lit, mais un vertige et des tiraillements un peu douloureux, dans toutes les parties de mon corps sollicitées par cet effort, stoppent momentanément mon élan.

« Tout doux, Ron… » murmure Tonton Sev en se précipitant vers moi…

« Ça va. Je vais voir Harry, j'ai besoin de le voir ! » répond-je en le repoussant pour jeter mes jambes hors du lit…

Mais dès que je me lève, je suis à nouveau pris d'un vertige et mes jambes douloureuses vacillent. Si la poigne de fer de Tonton Sev ne m'avait retenu, je serais tombé, parmi les milliers de moucherons qui volent autour de moi…

« Je comprends parfaitement que tu veuilles voir Harry. Mais vas-y doucement Ron. Tu n'es pas encore tout à fait remis. Assois-toi une minute et attends un peu avant de te lever… » chuchote Tonton, tandis que le souvenir de la Barrière de Protection de Magie Noire qui me lacère le corps, me revient brusquement en mémoire, dans un nouveau vertige qui me coupe à demi le souffle.

« Je l'ai échappé belle, hein ? Heureusement que vous étiez là… » souffle-je, en me rassoyant au bord du lit pour retrouver un semblant d'équilibre.

« Nous l'avons tous échappé belle. Ce que nous avons fait était de la folie pure… » répond Tonton Sev, avec un sourire, avant d'ajouter : « Mais je ne regrette absolument pas de l'avoir fait. »

« Ouais, moi non plus je ne le regrette pas. Et je n'hésiterais pas à recommencer s'il le faut… » assure-je, en risquant un coup d'œil autour de moi pour tester mon équilibre.

Ça tangue encore un peu, mais je peux quand même constater qu'il n'y a personne d'autre que nous. Ça me surprend, parce que je me serais attendu à voir au moins Maman, Tante Narcissa, Draco, Théo, Ginny et trois ou quatre copains…

« Il n'y a pas foule, ici. J'aurais pensé le contraire… » murmure-je vers Tonton

« Pompom et Richard ont envoyé tout le monde prendre l'air, avec interdiction de revenir avant neuf heures. Je n'ai échappé à cet ordre que parce que je suis encore convalescent. » répond Tonton, avec une grimace éloquente.

Ouais, j'imagine qu'on lui a ordonné de rester tranquille et de ne pas sortir du lit avant d'en avoir reçu l'autorisation…

En parlant de lit, au fait, où sont Hermione et Tatie ? me demande-je, car je me rends compte tout à coup que je suis dans un lit individuel…

Je risque un nouveau coup d'œil aux alentours. Ce n'est pas encore tout à fait ça, question équilibre, mais ça va mieux et j'arrive à distinguer Tatie Nally et Hermione qui dorment paisiblement, chacune dans un lit, ainsi qu'un paravent non loin de la porte. Cela me pose question, bien évidemment, mais je verrai ça plus tard. Pour l'heure, ce n'est pas ce qui m'importe.

Ce qui m'importe, c'est le lit situé à trois pas de moi. Je ne vois pas Harry, plongé dans la pénombre, mais je sais que c'est lui qui est dedans. Seulement, je ne me sens pas encore assez sûr, pour aller jusque-là…

« Dis-moi comment va Harry … » demande-je à Tonton Sev, avec une pointe d'anxiété

Je me souviens parfaitement qu'il perdait sérieusement les pédales, par moments, la dernière fois que je me suis rendu auprès de lui. Et au regard douloureux de Tonton, je devine que ça ne s'est pas amélioré par la suite…

Mon cœur se serre et j'ai une horrible boule dans la gorge.

« J'espère que Jérémy a arrêté de lui faire ingurgiter cette saloperie de Potion avant qu'il ne soit définitivement trop tard… » souffle Tonton en réponse, hésitant un court instant, avant de préciser : « Fumseck a chanté souvent cette nuit, pour apaiser son sommeil.. »

Je ne dis rien. C'est trop douloureux dans ma poitrine. Mais je veux voir mon bébé, le toucher, caresser sa joue et lui dire que je l'aime, c'est tout ce qui compte pour le moment. Alors je refais un essai pour me lever. Ça va mieux côté équilibre, mais mes jambes ont beaucoup de mal à me porter et les plaies à peine cicatrisées tirent de tous les côtés, menaçant de s'ouvrir à nouveau. Heureusement, Tonton m'aide à faire les trois pas qui me séparent du lit de Harry, avançant un fauteuil pour que je puisse y prendre place avant de m'écrouler…

Je ne saurais dire à quel point ma poitrine se gonfle d'amour, de douleur et de tendresse à la fois, en voyant Harry, dormant la joue appuyée sur le front du gamin qui s'accroche, comme si sa vie en dépendait, au bras qu'il a passé autour de lui en un geste protecteur.

Merlin ! Comme mon bébé est pâle. Ses joues sont creusées. Il a de grands cernes noirs sous les yeux. Et de le voir ainsi, fait revenir en moi un sentiment de culpabilité qui m'étouffe. Tout ça, ces tortures, ces cauchemars, c'est arrivé parce que je n'ai pas su contrôler la pulsion qui m'a poussé à l'enlever de la salle de bains, pour faire un câlin avant de partir à Poudlard où nos moments d'intimité devraient se faire rares et prudents…

Je tremble, de la tête aux pieds et malgré tout mon désir de le prendre dans mes bras, de le serrer contre moi, je n'ose même pas avancer la main pour caresser sa joue…

En ai-je seulement le droit, après ce que je lui ai fait ?

« Ron… Que t'arrive-t-il ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » demande doucement Tonton Sev, en venant s'agenouiller devant moi

Un flot d'émotions me submerge quand je croise son regard, empli de sollicitude et d'inquiétude. Et je lui dis tout ce que j'ai sur le cœur. Ce qu'il s'est passé au Terrier le matin de notre départ et ma culpabilité, ma douleur et ma terreur que Harry me rejette maintenant…

« Comment peux-tu dire des idioties pareilles ! Si on suit ton raisonnement, alors on peut aussi dire que c'est la faute de Georges qui n'a pas pris assez de précautions pour transporter ses Pétards, ce qui vous a distraits juste avant le départ ! Ou celle d'Hermione qui pour une fois ne vous a pas tannés pour s'assurer que vous n'aviez rien oublié, énumérant chaque objet par le menu ! Ou encore Gabe, qui s'est arrêté pour donner des soins à un mourant au lieu de continuer de rechercher Harry ! Ou qui sais-je encore ! Les penses-tu responsables, Ron ? Les blâmerais-tu ? » commente Tonton Sev, son regard plongé dans le mien.

Je hoche négativement la tête, pour toute réponse.

« Non, bien sûr que non. Ron, tout le monde peut se blâmer pour une raison ou une autre. Et il n'y a guère que les véritables coupables de la souffrance de Harry, qui ne culpabiliseront jamais. Ou ne l'auraient jamais fait, si l'on tient compte du fait que certains d'entre eux sont morts maintenant. Tu n'es pas responsable, Ron. Ni Hermione, Georges ou Gabe… » déclare Tonton Sev, avant de demander : « As-tu une fois seulement eu le sentiment que Harry te tenait rigueur de cette situation, quand nous nous rendions auprès de lui, Ron ? »

Je me contente de hocher la tête encore une fois. Non, je n'ai jamais senti aucun reproche, jamais perçu la moindre rancœur de la part de Harry. Je n'ai senti que son amour pour nous, au-delà de sa terrible souffrance et de ses terreurs dans les cauchemars. Son propre sentiment de culpabilité, car il sentait que c'était épuisant pour nous d'aller le voir, de lui donner notre énergie et que c'était douloureux aussi

Non, jamais il ne m'a tenu pour responsable de sa souffrance… Même quand il a eu peur que je l'abandonne.

« Eh bien, moi non plus je n'ai jamais eu le sentiment qu'il te reprochait quoique ce soit. Je n'ai jamais senti que l'intensité de son amour pour toi. Ecoute Ron, comme je l'ai déjà dit, ce que nous avons fait était de la folie pure. Maintes fois nous avons risqué mourir. Mais nous en sommes sortis vivants. Et je vais te dire pourquoi : c'est… » commence Tonton Sev…

« … parce qu'on s'aime très fort, mon cœur… » achève un souffle enroué

Mon cœur bondit et j'attrape une main tendue vers moi.

Harry…

Je glisse de mon fauteuil, mon regard dans celui de mon bébé qui me sourit. La gorge nouée de bonheur, j'embrasse ses doigts avec force et amour, je les pose sur ma joue, je me repais de son odeur.

Merlin ! Que je l'aime ! Comme il m'a manqué ! Comme j'ai eu peur de le perdre à jamais !

Il y a tant d'émotions qui se bousculent dans mon cœur qu'il va exploser !

Il m'attire à lui et j'embrasse doucement ses lèvres, je lui dis que je l'aime, que je serais toujours là auprès de lui, que je ne le quitterai plus des yeux, que je le protègerai toujours…

Il s'accroche à mon cou. Il pleure et j'essuie ses larmes. Je le garde contre moi, jusqu'à ce qu'il cesse de trembler et de pleurer. Je l'embrasse encore, lui disant tout mon amour, puis je le laisse reposer sur ses oreillers et je mets ma tête sur sa poitrine pour entendre battre son cœur…

Il bat aussi vite et aussi fort que le mien.

« Je t'aime bébé...Je t'aime si fort… » murmure-je, en fermant les yeux.

Et je sens soudainement qu'il se tend. Il tremble. Il gémit. Sa main sur mon épaule se crispe et sa respiration se bloque. Fumseck chante et mon bébé se détend presque aussi vite…

« Ça va aller. C'était un cauchemar. Un horrible cauchemar. Ça va mieux maintenant. Grâce à Ron, à Papa, à Maman, à Hermione. Et puis Sirius, Tristan, Draco et Remus et toutes celles et ceux qui se sont battus pour nous retrouver et nous sauver. Ça va aller… Ça va aller… C'était juste un cauchemar, un horrible cauchemar…On est sauvés, Jérémy, on est sauvés… » murmure Harry, en caressant doucement ma nuque

Et mon cœur pleure, même si mes yeux restent secs.

Merlin ! Mon bébé fait toujours des cauchemars éveillés ! Il perd encore les pédales !

Putain, Harry !

Toi qui étais la force tranquille et la joie de vivre incarnées, tu sembles maintenant si fragile et démuni !

Voldemort a-t-il réussi à briser ton esprit pour toujours ?

Sous mon oreille, le cœur de mon bébé s'apaise peu à peu et je sais qu'il s'est endormi, quand sa main cesse de me caresser. Alors je la laisse glisser doucement dans mon cou et je relève la tête. Je caresse sa joue, son front, je l'embrasse encore avant de reprendre place dans le fauteuil, gardant sa main dans la mienne.

Mes yeux douloureux de chagrin croisent ceux de Tonton Sev. Son regard est aussi triste que le mien. Il se détourne et caresse les cheveux de Harry avec douceur.

« Dis-moi, tout… » souffle-je, la gorge nouée

Et Tonton Sev me raconte ce qu'il s'est passé après que j'aie quitté la Communion Magique et ce qu'il sait de la manière dont Draco est allé chercher Harry, son retour à l'infirmerie, sa petite voix enfantine, son besoin de sécurité et de chaleur, la façon désespérée dont il s'accrochait à lui en sanglotant…

« Merlin, Harry, bébé !… Si tu savais comme ça me fait mal ! Quand donc prendra fin ta souffrance ? Mais je suis là, bébé. Et je t'aime de toute mon âme. Je prendrais soin de toi, tu vas voir… Je serais toujours auprès de toi, à chaque fois que tu ouvriras les yeux. Je ferais tout pour prendre ta peine et ta souffrance. Pour te rendre heureux. Je te protégerai mon amour, toujours… » murmure-je, serrant doucement sa main dans la mienne, avant de la piquer d'une multitude de petits baisers…

Je ne veux plus le perdre, plus jamais… Il ne pourra plus faire un pas sans que je sois derrière lui. Je promets que plus personne ne pourra lui faire de mal, jamais…

« Tout le monde va l'aider. Et nous le sortirons de là, Ron… » assure Tonton Sev, avec un regard d'une infinie tendresse sur Harry…

Merlin ! Faites que Tonton ait raison !

« Que dit Richard ? » m'enquiers-je, soudainement sans quitter Harry des yeux.

« Richard dit que Harry élimine très bien la Potion de Cauchemars et qu'il va se remettre de cette douloureuse épreuve ! » répond une voix sévère qui me fait sursauter « A la condition que vous ne le couviez pas comme les mères poules que vous êtes tous ! Et surtout vous deux ! Faites-lui de l'air ! Vous allez finir par l'étouffer ! »

Je me retourne d'un bloc et je fusille Richard du regard. Où voit-il que je couve Harry ? N'est-il pas naturel que je veille sur son sommeil ? Que je lui tienne la main pour lui apporter mon soutien dans l'épreuve qu'il traverse ? Que je lui dise que je l'aime et que je le protègerai de ceux qui essayeront de lui faire du mal ?

« Ce n'est pas la peine de me regarder comme ça, Ron ! Tu ne m'impressionnes pas ! Pas plus que toi, Severus ! Ecoutez, je vais vous dire ce que j'ai déjà dit aux autres. Harry n'est pas un enfant, alors ne vous conduisez pas avec lui comme s'il en était un. Certes, il parait fragile. Il l'est un peu pour l'instant. Mais dites-vous bien qu'en parvenant, après plus de huit jours de tortures physiques et mentales, à sortir de cette cave, à jeter un Sortilège de Confusion qui a éparpillé ses ondes Magiques dans une demeure aussi vaste que Priest Hole Manor et à faire tout le chemin qu'il a parcouru en luttant contre la douleur, ses terribles cauchemars et la folie qui voulait s'emparer de son esprit, il a prouvé qu'il est bien plus fort qu'aucun d'entre nous tous ! D'accord, vous lui avez donné de l'énergie, pour qu'il puisse lutter. Mais a-t-il seulement baissé les bras une seule fois ? Non, jamais ! Y a-t-il songé une seule fois ? Jamais non plus ! Et regardez-le ! Regardez la façon dont il tient ce gamin, dont il le protège. Attaquez-vous à ce gosse et vous verrez si Harry réagit comme un enfant fragile! » nous admoneste Richard, en nous toisant de son œil implacable

« C'est pourtant un enfant, que je tenais dans mes bras hier soir !. » réplique avec douceur Tonton Sev, en caressant les cheveux de Harry.

Richard soupire, prend une chaise et s'assoit auprès de nous.

« Hier soir, Harry était épuisé, physiquement, émotionnellement et psychologiquement. Il avait de la fièvre et il délirait à demi, en proie à des cauchemars éveillés. Il s'est pourtant conduit d'une manière très adulte, sous ses dehors enfantins, lorsqu'il a essuyé tes larmes et qu'il t'a dit qu'il ne t'en voulait pas, Severus. Je dirais aussi, que son état lui a permis de te demander une chose qui devait lui tenir à cœur depuis un bon moment déjà mais qu'il n'osait pas demander : vous appeler Papa et Maman, toi et Nally… C'était très poignant, je le reconnais sans peine et j'étais très ému, comme tout le monde. Par ailleurs, c'est sans aucun doute une bonne chose, que Harry ait des figures parentales qu'il peut reconnaître comme telles. Mais ça ne fait pas de lui un petit garçon de cinq ans, pour autant ! » déclare-t-il, avec fermeté

« Ose dire qu'il n'a pas besoin de notre soutien, de notre amour et de notre tendresse à son égard, pour se remettre de cette épreuve, pendant que tu y es ! » explose à demi Tonton, qui me retire les mots de la bouche.

« Très loin de moi cette idée. Mais écoutez-moi bien tous les deux. D'abord toi, Ron, : Severus a entièrement raison, Harry ne te tient nullement rigueur de quoi que ce soit, il n'y a qu'à voir la tendresse dont il a fait preuve à ton égard il n'y a pas cinq minutes. Quant à toi Sev, Harry n'a aucun ressentiment à ton égard non plus, il te l'a dit hier soir. Alors arrêtez de vous laisser aveugler par une culpabilité qui n'a pas lieu d'être, bon sang ! Parce que cela vous amène à vous conduire comme deux imbéciles et à le surprotéger ! Mais regardez-vous donc tous les deux ! Vous êtes plus mère poule que ne l'est Molly ! Et c'est peu de le dire ! Mais je le répète, Harry n'a pas besoin d'être couvé ! Alors aimez-le et soutenez-le autant que vous voulez et dont il en a besoin, mais ne le couvez pas ! Donnez-lui de l'air ! Ou je vous jette dehors et vous ne pourrez le voir que lorsqu'il sera parfaitement remis ! Compris ! » assène Richard, d'un ton si déterminé que je ne doute pas une seconde qu'il mettra sa menace à exécution…

Tonton Sev et moi nous regardons sans répondre, bien décidés quoi que puisse en dire Richard, à ne pas quitter Harry des yeux. Richard soupire une fois de plus…

« Sev, si tu veux un bébé à pouponner, demande à Nally de t'en faire un, je suis sûr qu'elle sera ravie de le faire ! Quant à toi, Ron, bébé est un surnom amoureux tout à fait mignon, mais c'est avec un garçon de ton âge que tu aimes faire des galipettes, il me semble, non ? Alors si tu veux avoir bientôt l'occasion d'en refaire avec Harry, arrête de le considérer comme un gosse et de le coller, lâche-lui les baskets de temps en temps ou il finira par se sentir complètement étouffé et il va t'envoyer paître sur les roses ! Maintenant, ouste, dehors tous les deux ! Allez réfléchir à ce que je viens de vous dire dans un lit de l'infirmerie ! » assène encore Richard, se levant en désignant la porte du doigt.

« Tu n'es pas sérieux ! » s'exclame Tonton Sev, l'air dubitatif, en sautant sur ses pieds, tandis que je suis complètement estomaqué par ce que Richard a osé me dire, tout autant qu'indigné par sa décision de nous mettre dehors

« Depuis que tu me connais, tu devrais savoir que je le suis toujours, quand il s'agit de mon travail ! Et si vous ne m'obéissez pas, c'est Harry et le petit, que je déménage d'ici ! Et vous aurez beau me supplier à genoux tous les deux, je ne vous dirai pas où il se trouve jusqu'à ce qu'il soit parfaitement remis ! » répond Richard avec le plus grand sérieux…

« D'accord, je ne couverai pas Harry. » assure-je aussitôt, avec la plus grande sincérité apparente.

Richard sonde mon regard avec intensité et j'ai l'impression qu'il me transperce complètement, puis il plisse les yeux.

« Très bien. Dans ce cas, va dans ton lit ! Fumseck, les Fées, Madame Pomfresh et moi avons fait de l'excellent travail sur ta personne, alors ne gâche pas tout et repose-toi, pour permettre à toutes tes blessures de cicatriser correctement ! Cela te permettra aussi, de réfléchir posément et de comprendre toute la bêtise de ton comportement actuel ! » décide-t-il, en se décalant pour que je puisse passer.

Je regagne mon lit, grimaçant à chaque pas sous des tiraillements douloureux et maugréant intérieurement, mais tout de même heureux de pouvoir garder un œil sur Harry…

Tonton Sev, lui, soupire et hoche négativement sa tête légèrement penchée vers le sol, les mains sur les hanches

« D'accord, tu as raison… Je promets que je vais me comporter différemment vis-à-vis de Harry… » capitule-t-il, en écartant un peu son fauteuil du lit de mon bébé, avant de s'y assoir.

« Tu m'en vois ravi. Cela m'aurait ennuyé de devoir avoir recours à la force pour te sortir d'ici. Ceci dit, je vous ai à l'œil tous les deux. Essayez de mettre Harry sous un globe et je vous vire illico de l'annexe ! » déclare Richard, avant de s'approcher du lit de Harry, pour jeter quelques Sortilèges de Diagnostic sur lui et le petit…

Il a l'air tout à fait satisfait des résultats, quand il se dirige vers la table pour les noter dans leurs dossiers médicaux et cela me rassure considérablement. Car on peut penser de lui ce qu'on veut, mais force est de reconnaître que Richard est un excellent Médicomage et qu'il sait toujours ce dont ses patients ont besoin pour se remettre parfaitement.

Et merde ! Si j'admets ça, c'est que quelque part, j'admets aussi qu'il a raison de penser que je couve un peu trop Harry…

Ouais, mais d'un autre côté, on ne peut pas dire qu'il ne se trompe jamais. Après tout, il est passé complètement à côté du Maléfice qui a failli avoir la peau de Miho…

Bon, d'accord, je suis injuste, là. Il n'est pas le seul Médicomage à être passé à côté. Ce n'était pas si évident, parce que Miho avait aussi un traumatisme crânien. Et que nous ne lui avons pas laissé de répit, sans ça, il aurait sûrement fini par penser qu'elle pouvait en plus être victime d'un second Maléfice…

Je soupire et mes yeux s'accrochent à Harry. Il fait plus clair dans la chambre et je détaille de nouveau son visage et son torse amaigris. Il a de fines cicatrices sur la poitrine, des traces d'hématomes. Mon cœur se serre…

Et le son précipité et angoissé de sa voix qui, pour se rassurer, récite en boucle que c'est un cauchemar, juste un cauchemar et que ça va aller maintenant, hante mes pensées, fait brûler mes yeux.

Richard se trompe. Harry a besoin de moi. Que je le soutienne, de toutes mes forces et de tout mon amour pour lui. Et moi aussi j'ai besoin de lui. De le sentir contre moi, de l'embrasser, le caresser, m'assurer qu'il va bien. Prendre sa main dans la mienne, être aux petits soins pour lui, attentif à tous ses désirs, à sa sécurité…

Soudainement l'image de Maman en mode poule couveuse me traverse l'esprit, juste avant que je me vois moi-même, vêtu de ses vêtements et papillonnant autour de Harry, le chouchoutant et le bichonnant comme un bébé…

Et je frémis…

Putain ! Richard a raison ! Je suis en train de devenir comme ma mère !

Et tel que je connais Harry, ça ira bien que je le couve cinq minutes, mais si je le surprotège trop, il va m'envoyer chier…

Mon regard glisse vers Tonton Sev…

Il a une mine sinistre et il doit sentir que je le regarde, parce qu'il tourne les yeux vers moi…

« Je viens d'avoir un image mentale effrayante… » murmure-t-il, avec un frisson…

« Toi, vêtu comme Maman et fonctionnant sur un mode mère poule couveuse ? » demande-je dans un chuchotement

Il hoche la tête, l'air catastrophé.

« Tu as raison, c'est effrayant… Et j'ai eu la même image mentale… C'est à croire qu'elle nous a possédés pour pouvoir couver Harry tout à son aise….» souffle-je, atterré, le cerveau complètement vide durant trois bonnes secondes

Puis mon regard croise de nouveau celui de Tonton Sev et nous éclatons tous les deux d'un fou rire irrépressible…

Putain !

Même si ça fait un putain de mal de chien, car tiraillant les cicatrices à peine fermées sur mon ventre, ça fait du bien de rire, après tous ces jours d'angoisse !

Et je dois reconnaître que Richard a raison. Harry est fort. Physiquement, émotionnellement et psychologiquement. Il a terriblement souffert et nous avec lui. Mais comme le dit Harry lui-même, le cauchemar est terminé et ça va aller.

Bien sûr, il aura besoin de nous, de notre soutien et de notre amour, mais il va se remettre et tel que je le connais, il va faire de cette épreuve une expérience positive qui va le rendre plus fort encore qu'il ne l'était déjà…

Alors je dois mettre ce sentiment de culpabilité que j'éprouve de côté, jusqu'à ce que nous puissions en parler seul à seul tous les deux. Et en attendant, je dois faire comme avant et lui laisser les espaces de liberté dont il a besoin.

Dont nous avons besoin tous les deux, pour que notre relation continue de s'épanouir avec sérénité…

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Acte 2 : Invitation A Réfléchir

Draco

Ça me fait tout drôle de venir prendre le petit déjeuner dans la Grande Salle. J'ai presque l'impression d'effectuer un retour vers le train-train quotidien…

Je n'ai pas mis les pieds ici depuis le soir de la rentrée et des têtes se tournent vers moi, avec des interrogations dans les yeux. Ils se demandent évidemment ce que Blaise, Théo, Ginny, Neville et moi avons pu faire depuis l'attaque, ce qui a pu nous empêcher d'aller en classe. Pourquoi certains de nos camarades ont raté des cours…

Pourquoi Pa et Tatie Nally n'ont pas assuré les leurs…

Bien sûr, comme d'habitude, des rumeurs diverses et variées sont allées bon train, des histoires folles ont couru sur notre état de santé, des Maléfices que nous aurions reçu durant l'attaque, des maladies mystérieuses… Pa et Tatie Nally, quant à eux, auraient été détachés pour donner un coup de main aux Aurors dans la recherche de Harry et Jérémy ou, selon d'autres sources « fiables », partis en France pour organiser la défense de Beauxbâtons, quand ce n'est pas à Durmstrang…

Mais pour une fois, la vérité n'a pas filtré. Même la nouvelle du retour de Harry semble-t-il. Comme si le Château tout entier avait décidé de préserver les secrets de l'annexe.

Effet du Sceau du Secret…

Je m'assois avec mes amis et les autres retournent progressivement à leurs bavardages animés. Peu à peu, des rumeurs concernant une attaque enflent et parviennent jusqu'à moi.

Mon regard croise celui de Philippa.

« Le Directeur a dit qu'il annoncerait le retour de Harry et l'évasion des prisonniers d'Azkaban, ainsi que l'alliance des Détraqueurs à Voldemort et l'attaque qu'il y a eu cette nuit, au petit déjeuner. Rien n'a transpiré encore, mais il suffit de voir la tête des profs pour comprendre qu'il y a des nouvelles qui ne sont pas joyeuses. De là à penser qu'il y a eu une attaque quelque part, il n'y avait pas loin… » murmure-t-elle à mon oreille.

Mon regard vole vers la table des professeurs. Ils sont tous là, hormis Pa et Tatie bien sûr…

Remus a l'air épuisé. McGo et les autres Directeurs de Maison aussi. Tous les profs ont des mines sinistres.

Mes yeux reviennent vers mes amis. Blaise a l'air parfaitement impassible, mais je sais qu'il ne l'est pas. Il n'a pas été surpris, bien sûr, d'apprendre que sa mère est morte. Il l'a deviné à l'instant où Remus a posé sa main sur son épaule. Mais ça lui remue les tripes quand même. Et puis il y a cette histoire de contrat sur sa tête et sur celle de Miho…

Il a refusé de partir, naturellement. Et il va devoir être sur ses gardes à chaque fois qu'il mettra un pied dans les couloirs de l'école. Nous avons prévu une réunion du Comité Principal ce soir, avant le diner, avec les Sous-Comité en Espionnage et en Communication, pour organiser sa protection discrète…

Un petit coup de coude dans mes côtes de la part de Philippa attire mon attention. Ses yeux sont fixés sur l'entrée de la Grande Salle…

Putain… Les Ânes Bâtés font leur entrée. Ils sont encadrés de Rusard, de Hagrid et de Fantômes. Le Baron Sanglant en tête. Jamais je n'aurais cru qu'il y avait autant de Fantômes à Poudlard. Il y en a que je n'ai jamais vus… Ils doivent rarement se promener dans les couloirs ou rester cantonnés dans certains quartiers…

Les Ânes Bâtés sont invités à s'assoir en silence.

Par habitude, je me suis assis aux limites qui nous séparent et je vois nettement la gueule que font Brandburgy, les Taylor, Thorpe et quelques autres… Ils se doutent qu'il se passe quelque chose d'important eux aussi. Et certains se réjouissent déjà, j'en suis sûr…

Et je me demande, qui parmi eux, à part Asterope Thorpe dont j'ai envie de démolir le portrait, fait partie des tueurs à gage susceptibles de s'en prendre à Blaise ou à Miho…Je mets tous mes Gallions sur la tête de son frère Astérion… Pour le reste, ce sont tous des candidats potentiels… Sans compter qu'il y en a de possibles également dans les autres Maisons…

A mes côtés, Blaise ne s'attarde pas à les observer. Comme s'il craignait de laisser transparaître qu'il sait. Mais je le sens tendu comme la corde d'un arc et prêt à dégainer sa Baguette au moindre geste suspect.

Ça doit lui démanger aussi, de foutre une raclée à Asterope Thorpe…

Tous les murmures cessent. Je reporte mon regard sur la table des professeurs, non sans noter au passage dans un coin de ma tête, que Jodie Costner se tient de mon côté de table, assez loin de sa copine Carla Armani… Ces deux-là se seraient-elles fâchées ?

Le professeur Dumbledore est arrivé. Il se tient debout, l'air grave.

« J'ai des nouvelles de grandes importance à vous annoncer, avant que les hiboux n'apportent le courrier et les journaux auxquels nombres d'entre vous sont abonnés. D'abord, une nouvelle qui rassurera la plupart d'entre vous. Harry Potter et Jérémy Costner sont de retour à Poudlard » annonce le Directeur, qui n'a pas eu le temps de finir sa phrase qu'une véritable ovation a explosé…

Tout le monde applaudit, certains debouts, dans des cris, des sifflements, des rires enthousiastes ou soulagés. Du côté des Ânes Bâtés, la nouvelle est bien sûr accueillie froidement et je ne manque pas de voir la déception dans quelques regards. Seule Jodie Costner semble positivement touchée et je perçois son coup d'œil vers moi, comme si elle pensait que je dois savoir comment va son petit frère…

Son regard est empli de craintes.

Je lui fais un signe de tête à peine perceptible, le regard peiné. Une larme perle au coin de ses yeux qu'elle ferme sur une très brève expression douloureuse, avant de les rouvrir, de nouveau secs et détachés…

Mais déjà le Directeur appelle au calme et l'ovation cesse peu à peu

« Harry Potter et Jérémy Costner ont été terriblement torturés, durant leur détention aux mains de Voldemort. » révèle le professeur Dumbledore, provocant aussitôt des exclamations horrifiées, avant de lever les mains afin de préciser : « Madame Pomfresh et un Médicomage leur dispensent actuellement des soins dans une annexe privée de l'infirmerie. A cette heure, leur pronostic vital n'est plus engagé, mais leur état de santé est toujours précaire. Aussi, ne pourront-ils pas recevoir de visite avant demain et uniquement de la part de leurs proches. Vous pouvez néanmoins déposer vos cartes de vœux de rétablissement dans le couloir de l'infirmerie, sur une table qui sera installée près de la porte »

Les Gryffondors, rassurés de savoir que Harry n'est pas en danger de mort, semblent déçus des dernières paroles du professeur Dumbledore. Je suis prêt à parier, que nombre d'entre eux pensaient organiser un défilé de visites à Harry. Mais déjà, notre Directeur affiche de nouveau un air grave et solennel et toutes les attentions sont tournées vers lui…

« Les deux autres nouvelles sont de loin nettement moins bonnes et rassurantes. Elles concernent pour la première Azkaban, où a eu lieu l'évasion massive des Mangemorts et sympathisants de Voldemort qui y étaient détenus. Ils ont bénéficié de la complicité des Détraqueurs qui ont fait alliance à Voldemort. Et il y a malheureusement des victimes parmi celles et ceux qui ont tenté d'empêcher cette évasion. » déclare-t-il, tandis qu'un murmure d'effroi parcourt la Grande Salle.

Sauf du côté des Ânes Bâtés, dont nombres d'yeux brillent de satisfaction cette fois. Il faut dire que pas mal d'entre eux avait au moins un membre de sa famille emprisonné à Azkaban et ceux-là gonflent la poitrine avec fierté…

« Enfin, la derrière nouvelle concerne une attaque qui a eu lieu cette nuit, sur un petit village de pêcheurs Moldus, des côtes écossaises. Sachez en outre, que j'ai été prévenu que la Gazette du Sorcier a choisi de révéler certains détails terribles et particulièrement choquants pour les jeunes yeux qui les liront. Après mûre réflexion, j'ai décidé de vous laisser libre de choix concernant la lecture de ces articles… » révèle le Directeur en regardant à la ronde par-dessus ses lunettes en demi-lune

Chacun se regarde. Il y a parfois des incertitudes dans les yeux. D'autres cependant, tout en ayant du mal à déglutir, semblent décidés tout de même à lire les articles consacrés à cette attaque…

« Une dernière chose, avant que les hiboux n'apportent le courrier. Certains d'entre vous doivent se demander pourquoi ceux de vos camarades de Serpentard, qui ont déclaré leurs sympathies à Voldemort et savaient qu'une attaque serait perpétrée contre le Poudlard Express, sont ici ce matin, alors que leur Directeur de Maison avait pris la décision de les consigner dans leurs quartiers jusqu'à nouvel ordre. Moi-même et le corps professoral, dont le professeur Snape, les avons fait venir car nous estimons qu'ils sont en droit de connaitre les nouvelles et, pour ceux d'entre eux qui le souhaitent, de lire la Gazette d'aujourd'hui. A celles et ceux parmi eux qui la liront, nous tenons à dire ceci : réfléchissez à ce que vous lirez. Nous ne vous demandons pas de remettre nécessairement en cause vos idées concernant la pureté du sang, bien que nous puissions vous démontrer très facilement combien ces idées sont dangereuses pour l'avenir du monde Sorcier. Mais nous vous recommandons de vous poser quelques questions, en votre âme et conscience. Voulez-vous réellement avoir pour chef de file de vos idéaux, un sorcier qui commet et encourage à commettre des actes d'une barbarie aussi monstrueuse, ignoble et révoltante ? Est-ce là votre idéal ? Est-ce ainsi que vous souhaitez défendre vos opinions ? Quand vous aurez vos réponses ou si vous avez des incertitudes, sachez que tout le corps professoral se tient à votre disposition pour en parler, si vous le souhaitez. Et je ne crois pas m'avancer en affirmant que les Préfets et Préfètes de la Maison Serpentard également… » déclare le professeur Dumbledore, avec douceur.

C'est le silence complet dans la salle. Personne ne commente ce qui a été dit, même si certains échangent des regards parfois lourds de sens. Moi-même je réfléchis. Comment réagirais-je, si l'un des Ânes Bâtés venait me voir ?

Harry dirait qu'il ne faut pas le rejeter, même s'il annonce d'emblée que ses idées n'ont pas changé. Et je me souviens de Ron, qui a invité les enfants de Mangemorts à venir nous rejoindre s'ils le voulaient, le jour d'Halloween…

Je regarde mes amis. Beaucoup réfléchissent aussi à la même chose, c'est sûr…

Soudainement, je vois Neville se lever avec lenteur…

« Professeur Dumbledore, quant à moi, je ne crois pas m'avancer en affirmant qu'il est possible que certains d'entre eux n'osent pas aller vers un professeur ou les Préfets et Préfètes de la Maison Serpentard. Mais peut-être seraient-ils plus à l'aise en venant vers quelqu'un d'autre. Si c'est le cas, je me tiens à disposition. Et peut-être que d'autres élèves peuvent se proposer comme interlocuteur, simplement en venant se placer à mes côtés, pour qu'on puisse les identifier depuis la partie concernée de la table des Serpentards… » dit-il, d'une voix forte, avec un regard qui embrasse la tablée des Ânes Bâtés.

Un autre grand silence suit et si personne ne bouge pendant une vingtaine de secondes, mon cousin Gabe fini par se lever pour venir à côté de Neville. Après quoi, Théo se lève, suivi de Ginny, Luna, Ursula et quelques autres élèves de chaque Année et Maison, dont, j'en prends note avec satisfaction, deux de mes lointains cousins et cousines, Hannah Abbot et Seamus Finnigan.…

« Je vous remercie, Mesdemoiselles et Messieurs. Maintenant je vous annonce que les cours de la matinée sont remis à une date ultérieure afin que chacun puisse se remettre de toutes ces nouvelles et y réfléchir. Néanmoins, les cours de l'après-midi auront lieu comme d'habitude. » annonce le Directeur, avant d'effectuer un mouvement de Baguette pour ouvrir les trappes par lesquelles se déversent un flot de hiboux et chouettes.

Pour ma part, je ne lis pas la Gazette. Je me contente des bribes que je saisis çà et là. De toute façon, j'en sais davantage que le journal concernant la libération de Harry et Jérémy et sur les combats qui ont eu lieu à Azkaban. Quant à l'attaque sur le petit village Moldu, j'imagine bien assez les horreurs qui ont été commises cette nuit.

Je repousse très vite la tasse de thé qui a constitué mon petit déjeuner.

« Il sera bientôt neuf heures. Je vais à l'infirmerie » annonce-je en chuchotant à Blaise et Théo

Ils hochent tous les deux la tête et ils se lèvent pour me suivre…

OoOoOoO

Acte 3 : Projets D'Avenir

Blaise

Richard a dit que Miho est parfaitement en état de voyager. Alors Bill et les jumeaux sont venus ce soir la chercher, pour l'emmener au Village des Elfes.

Miho est triste de partir et elle pleure doucement dans mon cou.

Moi aussi, je suis triste, mais cela me rassure aussi, de savoir qu'elle sera en sécurité. Officiellement, elle sera en convalescence pour six à huit semaines selon l'évolution de son état de santé. C'est pourquoi elle sera allongée sur un brancard et qu'elle sera endormie, pour aller jusqu'à la calèche, qui l'emmènera aux grilles de l'école, d'où Bill Transplanera avec elle, ni vu, ni connu…

Ainsi, si nous croisons des élèves en chemin, personne ne songera qu'il y a une autre raison, de l'éloigner, que celle de sa santé…

Bill, Fred et Georges sortent de l'annexe, où ils ont rendu visite à Ron et Harry, même si ce dernier passe le plus clair de son temps à dormir, ouvrant seulement un œil de temps en temps. Tout comme le petit Costner d'ailleurs.

Je soupçonne Richard de leur administrer des Potions pour dormir, afin qu'ils récupèrent plus vite…

Mais bon, ce ne sont que des soupçons… Parce qu'après tout ce qu'ils ont vécu, ils doivent aussi être épuisés tous les deux. Et puis, on ne peut pas dire que leur sommeil soit réparateur… Celui de Harry surtout. Il fait de nombreux cauchemars, dont il se réveille terriblement angoissé, avant de replonger dans son mantra, puis de dormir à nouveau presque aussitôt…

« Je voudrais rester avec toi, Blaise. » murmure Miho, pour la énième fois, tandis que je l'allonge sur le brancard.

« Je sais ma poussinette. Mais au Village, tu seras en sécurité. Et tu iras à l'école, tu t'amuseras avec d'autres enfants. Le temps va passer très vite. Et puis je t'écrirais et tes amis aussi. Je suis même prêt à parier que Plumki va venir nous espionner et te rapportera des nouvelles fraîches de nous tous chaque jour. » réponds-je, en calant bien son lapin en peluche bleue défraîchie sous son bras.

« Oui, mais ce ne sera pas pareil que si j'étais ici… » dit-elle, avec un soupir, de grosses larmes coulant de ses yeux encore une fois.

« Je sais et je vais m'ennuyer de toi. Tout le monde va s'ennuyer. Fauve aussi. Mais c'est vraiment le mieux pour toi. Allez, fais-moi un dernier câlin, avant que je t'endorme… » réponds-je, avant de la serrer sur mon cœur et de lui faire un gros baiser sur la joue.

« Tu vas venir avec moi jusqu'à la calèche, même si je dors, hein ? » demande-t-elle, le regard anxieux.

Je lui assure que oui, puis je lui dis de fermer les yeux et je l'endors, avant de faire Léviter son brancard. Nous sortons de l'infirmerie, en bonne compagnie. J'ai droit à une escorte pour tous mes déplacements maintenant et ça m'agace un peu.

En même temps, je comprends l'inquiétude des copains. J'aurais été le premier à demander à faire partie des gardes du corps, si l'un d'eux avait été menacé à ma place. Et puis, comme l'a fait remarquer Draco, cela ne change pas grand-chose à nos habitudes, puisqu'il est entendu depuis pas mal de temps déjà, que nous ne devons pas nous déplacer seul dans les couloirs.

N'empêche que j'espère bien avoir quand même un peu d'intimité de temps en temps, avec Ursula, mon plus joli garde du corps …

Il n'y a pas beaucoup de monde, dans les couloirs. Il faut dire que c'est bientôt le couvre-feu. Comme de bien entendu, nous croisons Miss Teigne, qui miaule à notre passage et, quelques pas plus loin l'inévitable Rusard…

Me fait chier celui-là, à nous regarder passer avec son œil noir. Ses yeux effleurent à peine Miho, toute pâle endormie, avant de remonter vers moi et les copains et de nous darder tous, avec un peu plus de noirceur, quand ils passent sur Draco, Théo et moi…

Ouais… Finalement, ça ne m'est pas seulement réservé, son œil noir et sa hargne. On dirait qu'il a bien du mal à se débarrasser des vieux préjugés envers les Serpentards lui. Et qu'il englobe avec eux, celles et ceux qui les fréquentent…

Voilà, nous sommes arrivés. Bill, Fred et Georges montent dans la calèche et prennent le relai, pour faire entrer le brancard dedans. Ils nous saluent et la calèche s'en va. Mon cœur se pince et je les regarde s'éloigner sur le chemin, jusqu'au moment où Draco me fait remarquer qu'on se les gèle et qu'il vaudrait mieux rentrer…

Nous remontons donc vers l'infirmerie, où nous espérons pouvoir rester encore un peu avant de rentrer dans nos quartiers. La table auprès de la porte de l'infirmerie, croule sous les cartes de vœux de rétablissement et les petits cadeaux, essentiellement des friandises, des fleurs, quelques peluches et babioles censées porter bonheur, pour Harry, mais aussi pour le petit Costner. Il y en a même dessous et autour de la table…

« Ça fait rien que trois fois qu'on débarrasse cette table. Pompom va finir par hurler que son infirmerie n'est pas une annexe de chez Honeydukes … » fait remarquer Draco, en faisant Léviter le tout devant lui, tandis que Théo ouvre la porte..

Il ne croyait pas si bien dire, car effectivement Pompom lève les yeux aux cieux en marmonnant qu'elle espère bien que c'est la dernière fois que nous amenons autant de bazar, que son annexe n'est quand même pas une boutique et qu'il y a ici de quoi faire avoir une indigestion à Harry et Jérémy pendant au moins un an…

Nous disposons les fleurs un peu partout, mais il y en a déjà tellement autour de Harry et Jérémy, que je ne sais pas quoi faire d'un joli petit bouquet de lys blancs, quand j'avise le paravent… Et je me dis qu'un bouquet de fleurs en plus ou en moins, cela ne se verra pas parmi tous les autres et que même si Harry me voyait faire, il ne m'en voudrait pas de les mettre au chevet de la pauvre fille qui a épousé Lucius, sans savoir qu'elle épousait un monstre…

Alors j'enlève la carte qui est jointe au bouquet, la pose sur la grosse pile destinée à Harry et je contourne le paravent.

C'est la première fois que je vois cette jeune fille. Elle est très jolie, avec ses cheveux blonds et ses grands yeux bleus, même si je trouve que sa beauté manque un peu de caractère à mon goût. Elle a l'air douce, tendre, candide, sous son expression complètement choquée. Je la plains de tout cœur, d'avoir découvert avec tant de brutalité, la cruauté et la perversité de son époux, qu'elle prenait pour un héros chevaleresque…

« C'est son père, qui a fait parvenir ces fleurs ? » demande Tante Narcissa, qui veille au chevet de la jeune fille, en compagnie d'une Elfe de maison

Kroutia, si mes souvenir sont bons. Elle a l'air assez mal à l'aise, assise sur le bord d'une chaise et balance un peu ses jambes, ses oreilles doucement agitées…

« Non. Mais Harry et Jérémy en ont déjà tellement, que j'ai pensé que cela ne ferait pas une grande différence, si je venais mettre ce bouquet à son chevet » réponds-je, en posant le vase de lys blancs…

« C'est une délicate attention. Mais cela ne m'étonne pas de toi, Blaise. J'ai remarqué bien souvent, combien tu es attentionné envers les enfants et les malades. J'ignore quelle voie professionnelle tu as choisie, mais un travail à Ste Mangouste ou dans une école te conviendrait très bien je crois… » déclare Tante Narcissa qui me sourit, avant d'ajouter, en regardant les lys : « Ces fleurs correspondent parfaitement à cette pauvre enfant… »

Je ne réponds rien. En réalité, j'ai toujours pensé que j'aimerai faire carrière dans les affaires commerciales, avant de décider, lors de mon premier séjour dans le Temps Ralenti, que faire du Théâtre me plairait bien mieux. Mais maintenant que Tante Narcissa m'a fait remarquer cela, je me dis qu'elle a peut-être raison. Après tout, j'ai déjà des Gallions à la pelle et du Théâtre, je pourrais toujours en faire en amateur. Et maintenant que ma mère est morte, on va me demander de disposer de sa fortune aussi…

Je me souviens parfaitement avoir dit que je n'en voulais pas. J'étais tout à fait sincère et je le suis toujours. Mais si je renonce à son héritage, il partira soit dans les poches de cousins archi éloignés dont j'ignore même l'existence, soit dans les coffres du Ministère pour une grosse partie et ceux de Gringotts pour le reste… Alors je me dis que finalement, peut-être pourrais-je disposer de cet argent, en faveur des enfants et des personnes démunies…

Je pense à Miranda et Claryce, qui se proposent d'enseigner plus tard aux jeunes enfants qui ne sont pas encore en âge d'aller à Poudlard. Je pourrais financer leur école… Et pourquoi pas un internat, où pourront être accueillis les enfants qui n'ont plus de famille. Il risque d'y en avoir pas mal à la fin de la guerre…

Je pourrais aussi mettre une bourse à leur disposition, pour assurer le financement de leurs fournitures et tout le reste, quand ils seront scolarisés à Poudlard et même après, s'ils souhaitent poursuivre leurs études… Ce serait même bien, d'étendre cette bourse pour les enfants des familles pauvres…

Il y a aussi des Sorciers qui ne peuvent pas toujours se faire soigner correctement, parce qu'ils n'ont pas l'argent pour acheter des Potions ou les ingrédients pour les fabriquer… Je pourrais verser une subvention à Ste Mangouste pour ça également…

Ouais… Il y a de quoi faire, avec l'argent de la Gorgone. A commencer par en verser une part, pour financer l'Ordre du Phénix…

Mais tout ça ne me dit pas ce que je ferais de ma vie en sortant de l'école…

Finalement, pourquoi pas Médicomage. Je me débrouille plutôt pas mal déjà. Je pourrais travailler à mon compte, à la campagne, créer un petit hôpital qui désengorgerait Ste Mangouste…

Ouais, je me vois bien, me faisant payer par les Sorciers fermiers, avec une poule, des œufs, un panier de légumes frais ou un cochon de lait…

Mmmm… Tout ça mérite réflexion…

« Blaise ? » entends-je soudainement Tante Narcissa m'appeler

« Mmmm… Oui ? » fais-je distraitement, en revenant doucement au présent.

« Richard a sonné l'heure du départ pour tout le monde. » me sourit Tante Narcissa.

« Ah ! Ok… Je vais aller embrasser Hermione alors… » réponds-je, avant de lui faire une bise sur la joue et de lui glisser un merci à l'oreille.

Elle lève un sourcil vers moi, se demandant visiblement pourquoi ce merci…

« Pour m'avoir aidé à voir un peu plus clair sur ce que je veux faire plus tard » réponds-je doucement, hésitant un bref instant, avant de me pencher pour embrasser le front de la jeune fille que je ne connais pas et de sortir de derrière le paravent…

Je vais embrasser Hermione et Tatie Nally, qui sont en bien meilleure forme qu'hier soir et je salue Ron et Tonton Sev, avant de me rendre au chevet de Harry et Jérémy, pour leur chuchoter des encouragements, puis de partir avec les copains, la main d'Ursula dans la mienne…

« Ça va faire bizarre, de rentrer dormir au dortoir et de reprendre les cours demain. » fait remarquer Théo, tandis que nous regagnons nos quartiers par les Passages Internes.

« Ouais. Nous allons retrouver la routine ou à peu près… » approuve Draco, en faisant un petit signe d'au revoir aux deux Serdaigles qui bifurquent dans un couloir pour rentrer dans leur Tour.

« Pour combien de temps ? » demande-je, un peu pessimiste, soupirant avant d'ajouter : « Qu'est-ce que je ne donnerais pas, pour un petit séjour au Paradis ! »

« Quant à moi, j'espère bien que tu n'iras pas là-bas, avant au moins une bonne centaine d'année et même plus, mon pote ! Alors fais gaffe à tes miches, Ok ? » s'exclame Draco, en me donnant une bonne claque dans le dos…

« Je parlais du Paradis de Tatie Nally… » fais-je remarquer, goguenard…

« J'avais bien compris. J'ai juste profité du double sens, pour te signifier que je tiens à toi, mon ami.. » répond Draco, avec un regard profond ancré dans le mien…

Et ça me fait une boule dans l'estomac. Je suis ému. Bêtement. Et je ne trouve rien à dire. Alors je me contente de hocher la tête et de donner une accolade à Draco, avant de lui faire une bourrade amicale et de reprendre mon chemin.

Putain, quelle journée riche en émotions encore une fois !

Plus qu'une journée. Parce que ça fait près de trente-six heures qu'on n'a pas dormi…

Mon cerveau fait rapidement le tour de tout ce que nous avons fait depuis. Et je me demande où nous sommes allés puiser toute l'énergie qu'il nous a fallu pour faire face.

Dans notre cœur, me vient spontanément la réponse, tandis que je me mets au lit.

Ouais… Dans notre cœur, me dis-je, avant de fermer les yeux sur le sommeil qui me tombe soudainement dessus…

OoOoOoO

Nuit du Mercredi 15 au Jeudi 16 Janvier 1997

Acte 4 : Le Sens Des Epreuves

Harry

L'annexe est plongée dans la pénombre quand j'ouvre les yeux.

J'ai un peu mal à la tête. Je crois que c'est à cause de l'odeur entêtante des fleurs. Ou alors j'ai trop dormi. Je ne sais même pas quel jour nous sommes. J'ai soif. Ma salive est épaisse et amère. Ma vue est floue. Est-ce que quelqu'un a trouvé mes lunettes ? Où ont-elles été mises dans ce cas ? J'aimerai bien voir à qui appartiennent les respirations que j'entends…

Il y a Ron, je le sais. Son sommeil est paisible. Ça me fait du bien, de le sentir calme et tranquille. Qui d'autre est là ? Je ne distingue pas leurs odeurs, à cause des fleurs. Mais il doit y avoir Hermione, Marraine et Parrain aussi…

Marraine et Parrain… Est-ce que je dois les appeler Papa et Maman maintenant ? Je me souviens l'avoir demandé à Parrain et il a dit oui. Mais était-ce un rêve, parmi tous mes cauchemars ? Non, je ne crois pas… Je suis même sûr que non maintenant. Il me tenait dans ses bras et il a pleuré. Il se sentait coupable, à cause de la Potion de Cauchemars…

Papa et Maman…

J'ai toujours eu envie d'avoir un Papa et une Maman…

Parrain et Marraine sont d'accord pour que je les appelle comme ça. Mais que penseraient mes vrais parents ? Ils m'aimaient, ils ont donné leur vie pour me protéger. Seront-ils froissés, là-haut, si j'appelle Papa et Maman quelqu'un d'autre qu'eux ? Mon cœur me dit non. Mais c'est peut-être parce que j'ai envie qu'il dise non…

Papa, Maman qui êtes au ciel, je vous aime très fort, mais vous êtes si loin. Est-ce que vous comprenez que j'ai besoin d'un Papa et d'une Maman auprès de moi ? Je saurais faire la distinction entre vous. Je continuerai à vous aimer avec la même force, la même tendresse. Si seulement vous pouviez me répondre. Ne pouvez-vous le faire, dans l'un de mes rêves, venir me voir comme Sirius l'a fait ? Ou me donner un signe peut-être ? Même si ça veut dire non, je ne vous en voudrais pas. Je comprendrais…

Un bruissement d'ailes. Fumseck vient se poser sur mon bras replié autour de Jérémy.

Mon cœur bat très fort. C'est peut-être ça le signe…

Je tends la main vers lui et il penche la tête pour que je puisse caresser les petites plumes qui commencent à pousser au sommet de son crâne.

« Qu'est-ce que tu en penses, Fumseck ? Tu crois que mes parents accepteraient que Parrain et Marraine soient mon Papa et ma Maman ? » murmure-je, en lissant doucement le duvet soyeux sous son cou, avec le dos de ma main

Fumseck se penche vers moi et il frotte sa tête contre mon front, en poussant un petit trille qui apaise mon âme et mon cœur… Je me sens enveloppé de tendresse, de douceur et d'amour. Comme lorsque Ron, Hermione, Parrain et Marraine venaient auprès de moi, là-bas, dans la cave de Priest Hole Manor… Et dans mon esprit, jaillit le souvenir de mes parents, tels que je les ai vus dans le Miroir du Rised… Ils me sourient…

Des larmes tendres coulent sur mes joues…

« Merci… Je vous aime très fort. » murmure-je, si profondément ému que ma poitrine me parait bien trop étroite pour contenir toutes mes émotions…

Bruissement d'ailes. Fumseck est parti.

Et je sais au fond de moi, qu'il attendait d'avoir pu me délivrer le message de mes parents avant de le faire…

Je suis si heureux !

Je soupire de bien-être. Je goûte ce bonheur comme le met le plus délicieux au monde. Et je me dis que là est peut-être le sens de toutes les souffrances que j'ai eues à vivre. Pouvoir apprécier à sa juste valeur ce bonheur qui leur succède. Je connais les affres de perdre ceux que j'aime, mais je connais aussi le bonheur de les retrouver et de les aimer plus fort encore…

Et cet amour est une force si puissante qu'elle m'a permis de sortir de l'enfer, malgré la douleur et l'épuisement de mon corps, malgré les cauchemars qui embrumaient mon esprit…

Je repense à Sirius, qui est venu m'offrir une porte de sortie, par-delà la mort..

Sirius… Je ressens encore sa présence si vivace et chaleureuse. J'étais si heureux de le retrouver. Je l'aurais suivi là-haut sans regret à ce moment-là. Comment a-t-il pu venir jusqu'à moi ? Et pourquoi a-t-il pu venir ? C'est un mystère qui ne pourra sans doute pas être résolu, jusqu'à ce que mon tour vienne d'aller vers lui…

Jérémy bouge un peu contre moi.

Il se réveille je crois. Oui, je sens ses cils papillonner contre ma peau.

Il redresse la tête et me regarde, l'air anxieux. Je lui souris et il se détend immédiatement.

« Comment ça va bonhomme ? » m'enquiers-je dans un murmure, en ébouriffant un peu ses cheveux.

Ma voix va mieux. Je ne coasse plus.

« Ça va… » répond-il, en regardant autour de lui, des interrogations plein les yeux, avant de demander dans un souffle inquiet où nous sommes..

« A Poudlard. Dans une annexe de l'infirmerie. Nous y sommes en sécurité. Personne ne peut passer la porte sans y être autorisé. Elle ne s'ouvrirait pas sinon… » chuchote-je, en remettant ses cheveux en place.

Il se détache de moi pour se redresser sur un coude et mieux voir ce qui nous entoure…

« Woaw ! C'est pour toi, toutes ces fleurs et ces cadeaux ? » souffle-t-il, la bouche un peu ouverte et les yeux brillants comme un enfant qui voit pour la première fois un sapin de Noël.

« Pas tout. Regarde, il y a une pile de cartes sur mon chevet et une autre sur le tien. J'en déduis donc que tout ce qui est de ton côté de lit est à toi, bonhomme. » lui fais-je remarquer dans un murmure, tandis que ses yeux s'arrondissent d'incrédulité.

« Pour moi ? Qui peut bien m'envoyer tout ça ? Toi, tu as plein d'amis et de gens qui t'aiment bien. Moi j'en ai pas vraiment… » chuchote-t-il, son regard s'assombrissant un peu de tristesse…

Je sens son cœur battre très fort sous la main que j'ai posée sur son dos. Il a du mal à croire que tout ce qu'il voit de son côté de lit est pour lui, mais en même temps, il espère que c'est vrai, j'en suis certain…

« Il faut croire qu'il y en a plus que tu ne crois… » affirme-je, en tendant le bras pour prendre une partie des cartes de vœux situées sur son chevet…

Je les pose sur mon ventre, en pioche une au hasard et la lui tends pour qu'il la lise, à la lueur d'une bougie que je rapproche. Il lit quelques cartes, sourcils froncés, sans rien dire. Il a l'air touché et déglutit avec un peu de peine. Mais c'est de la bonne émotion.

« Ce sont des élèves avec qui je vais en classe, mais aussi des autres que je ne connais pas. Il y a des Serpentards, des Serdaigles, des Poufsouffles et même des Gryffondors… » chuchote-t-il finalement en levant vers moi des yeux où se disputent l'incrédulité et un étonnement ému

Puis il ajoute sur une grimace, après un petit silence :

« Mais il y a pas de… d'Âne Bâté… comme que tu dis. »

« Tu n'es pas obligé de les appeler comme ça, tu sais.. Et puis, tu n'as pas lu toutes les cartes encore.. » réponds-je avec douceur.

Il hausse les épaules.

« Il n'y en aura pas. C'est chacun pour soi chez eux… Je ne sais même pas si ma sœur… Enfin, Jodie ne fait jamais très attention à moi. » murmure-t-il, en essayant de prendre un air indifférent.

Mais je vois bien qu'il est peiné.

« Et moi, je suis prêt à parier que ta sœur s'est fait plus de soucis que tu penses… On va regarder le reste des cartes, il y en aura peut-être une de sa part. Et s'il n'y en a pas, je suis sûr que c'est parce qu'elle attend de pouvoir venir te voir… » assure-je, en tendant le bras pour ramener toute la pile sur moi.

Nous faisons le tri, par Maison quand celle-ci est précisée, de toutes les cartes qui ne sont pas de sa sœur. Et soudainement, du coin de l'œil, je le vois sourire. Il tient en main un simple carré de parchemin épais, sur lequel est dessiné à la main une rose aux contours maladroits.

« C'est elle ! Elle dit qu'elle pense à moi et elle va demander si elle peut venir me voir ! » s'exclame-t-il dans un chuchotement un peu noué

« Eh bien tu vois, qu'elle fait attention à toi, bonhomme ! » dis-je doucement, en passant mon bras autour de son épaule

Il hoche la tête, en relisant la carte, comme pour s'assurer que c'est bien réel, la met de côté, à part de toutes les autres, puis il en lit encore quelques-unes, avant de rester un peu songeur…

« Pourquoi ils m'écrivent et me font des cadeaux, alors qu'ils ne me connaissent pas ? … Et alors que j'étais un Âne Bâté ? » demande-t-il soudainement, en levant ses yeux interrogatifs vers moi.

« Parce que tu as été captif pendant plus de dix jours et que cela les a touchés. Alors ils t'offrent leur soutien. Ils veulent que tu saches, qu'ils ont pensé à toi et qu'ils sont heureux que tu sois de retour à Poudlard… » réponds-je, en le prenant dans mes bras pour le serrer contre moi.

« Oui, mais… Ils ne savent pas que je ne suis plus pour lui… » insiste-t-il, sourcils froncés

« Tu as été blessé dans le déraillement du train, tu as été enlevé par une Mangemort et retenu en captivité dans une cave, aux mains de Voldemort.. Que tu sois ou pas pour lui, ça n'a pas d'importance pour eux. Ils ont de la peine parce que tu as souffert et te tendent une main amicale au cas où tu en aurais besoin… » explique-je, en observant ses réactions.

Il réfléchit, la main posée sur le tas de cartes, les effleurant du bout des doigts.

« Qu'est-ce que je dois faire ? Je veux dire, tu crois que je dois répondre à tout le monde ? » demande-t-il, en relevant les yeux vers moi.

« Eh, bien… C'est à toi de voir. Tu peux répondre à tout le monde individuellement ou répondre à quelques-uns individuellement et faire une réponse globale qui serait affichée dans les Salles Communes pour les autres ou tu fais seulement une réponse globale» réponds-je, avant de décider de le taquiner un peu et d'ajouter : « Ou tu ne réponds à personne et tu fais un discours de remerciements dans la Grande Salle quand tu seras sorti de l'infirmerie… »

« Quoi ? Ah, non ! Pas de discours ! » sursaute-il, avant de noter la lueur espiègle dans mon regard et de pouffer de rire en me donnant un petit coup de poing sur la poitrine…

Puis nous restons silencieux, chacun plongé dans ses pensées. Le temps s'égrène, tranquille et calme. C'est la première fois que nous pouvons goûter cela alors que nous sommes ensemble et je sens qu'une nouvelle forme de relation s'instaure entre nous.

Nous avons d'abord été compagnons de captivité forcés, Jérémy me considérait alors comme un ennemi, il était en colère contre moi, haineux et je me sentais obligé de le protéger par devers lui et par devoir. Puis nous avons été compagnons de captivité tout court, souffrant l'un et l'autre et l'un pour l'autre. Cela nous a considérablement rapprochés tous les deux. Et petit à petit, durant notre évasion, il est devenu mon ancre dans la réalité…

Serais- je allé aussi loin, s'il n'avait pas été là ? N'aurais-je pas baissé les bras et abandonné ? Aurais-je trouvé la force de continuer sans lui ?

Je ne sais pas. Mais il a joué un rôle important dans ma lutte contre les cauchemars et durant toute notre évasion…

Et je sais que nous sommes unis par un lien très fort maintenant. Indestructible…

Nous ne sommes plus des compagnons de souffrance. Il n'a plus seulement besoin que je le protège. C'est un petit frère que je tiens maintenant dans mes bras. Pour lequel j'ai beaucoup d'affection. Qui a besoin de mes conseils, que je réponde aux questions qu'il se pose, que je l'aide aussi à trouver en lui certaines réponses…

Voilà un nouveau sens à cette épreuve…

Je suis le grand frère du petit bonhomme, me dis-je, en laissant la douce torpeur qui a emmené Jérémy dans le sommeil, m'emmener moi aussi…

OoOoOoO

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