Disclaimer: cf chap 1

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Mistycal est ma beta...

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Réponses sur mon forum ( de nouvau actif, ouf!) aux commentaires de - Lul - Douceurfamille - Mireille -

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Chapitre dédié à Feliness, pour le 400ème commentaire sur ce livre III

Bisous!

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Retour Progressif Au Quotidien 2 / 3

Jeudi 16 Janvier 1997

Acte 5 : Tristan

Hermione

Ça fait du bien une bonne douche. Je me sens ragaillardie et j'ai maintenant un appétit d'ogresse…

J'observe mon reflet dans la glace, tandis que je coiffe mes cheveux mouillés. Mes joues sont toujours creuses, mais les cernes sous mes yeux ont disparus. Je pense que Richard m'accordera de sortir de l'infirmerie et de reprendre les cours. J'ai très envie d'aller faire un tour à la Bibliothèque. De reprendre un rythme de vie normal…

Mon estomac gronde. Il est temps que je prenne mon petit déjeuner. Je range ma brosse à cheveux dans ma trousse de toilette, plie machinalement les serviettes que j'ai utilisées, avant de les déposer dans la corbeille à linge sale et je sors de la salle de bains.

Harry est réveillé. Il me sourit tandis que j'approche pour l'embrasser. Ron, qui est assis dans un fauteuil à côté de lui, m'invite à avancer un siège et à prendre le petit déjeuner en sa compagnie, tandis que Tonton Sev et Tatie vont à leur tour dans la salle de bains…

A voir la façon dont ils se tiennent la main et se regardent, je ne doute pas un instant qu'ils vont prolonger un peu leur tête à tête dans un bain parfumé…

Ça pourrait paraître étrange, qu'ils affichent aussi ouvertement leur intimité devant nous maintenant. Après tout, ils sont nos profs et jusqu'à présent, sans cacher leur relation, ils gardaient tout de même une certaine réserve. Mais après ce que nous avons partagé, je trouve cela tout à fait naturel qu'ils ne soient plus réservés. Nos Magies, nos cœurs et nos esprits se sont mêlés si profondément, si intimement…

Ron me sert un thé et je remplis mon assiette. J'attaque mes œufs au bacon avec bonheur. Merlin que j'ai faim ! Et pendant que je mange, Ron et Harry bavardent un peu. Ils se frôlent la main, échangent des regards amoureux, puis Ron lit à voix haute quelques-unes des cartes que Harry a reçues…

« On dirait que Jérémy a eu pas mal de cadeaux et de cartes lui aussi » fais-je remarquer, quand ma dernière bouchée est enfin avalée…

Je crois que j'ai exagéré sur la quantité. Mon estomac est un peu gonflé et il me faudrait un palan pour m'aider à me lever de mon fauteuil, tellement je me sens soudainement lourde …

« Oui, le petit bonhomme en était tout étonné… Mais je sais que cela lui a fait plaisir aussi… » répond Harry, avec un regard tendre pour le petit…

Ils sont très proches, cela ne fait pas de doute, à la façon dont Harry le regarde et dont Jérémy dort avec confiance la tête appuyée sur sa poitrine. Ça m'émeut. Mais je n'en suis pas étonnée. Pas après ce qu'ils ont vécu tous les deux.

Je frissonne rétrospectivement, tandis que des souvenirs assaillent mon cerveau et je les repousse vivement. Je ne pourrais jamais oublier tout ça, mais je préfère ne pas m'y attarder pour l'heure. Même si j'ai conscience qu'il faudra que je réexamine tout ça posément, pour que cela ne me hante pas dans des cauchemars…

Mais il y a tout de même une question qui me turlupine et à laquelle je voudrais réponse maintenant…

« Qui est Tristan, Harry ? » m'enquiers-je donc, interrompant sans vergogne Ron qui demandait à Harry ce qu'il penserait d'aller prendre un bain tous les deux, quand Tonton Sev et Tatie Nally seront sortis de la salle d'eau

Harry tourne la tête vers moi et me sourit…

« Je ne sais pas s'il s'appelle vraiment Tristan. Je lui ai demandé son nom, il a dit qu'il ne savait pas et m'a demandé comment je voulais l'appeler. Il avait l'air triste. Alors je l'ai appelé Tristan… J'ai l'impression de le connaitre depuis toujours… Mais je ne me souviens pas où je l'ai vu déjà… » répond Harry, avec douceur, le regard plongé en lui-même…

« Tu crois que c'est un esprit qui a eu le droit de venir te voir pour t'aider, comme a pu le faire Sirius ? Ou qui s'est égaré, comme Plumki ? » s'enquiert Ron, les sourcils froncés..

« Non… Sirius est resté très peu de temps. Et si c'était un esprit égaré, comme Plumki, pourquoi me parlerait-il seulement maintenant ? Non, je crois que c'est ma conscience. Une partie de moi, que j'ai matérialisée dans mes pensées, quand je faisais des cauchemars, pour m'aider à les repousser. Je ne sais pas comment expliquer cela, mais je crois que c'est ça… Ma conscience… Elle a pris l'apparence d'un petit garçon que j'ai rencontré il y a longtemps, sans doute, cela expliquerait que j'aie l'impression de l'avoir déjà vu avant… » explique Harry, les yeux plissés sur la réflexion

Mon cerveau réfléchit lui aussi. A toute vitesse…

« Est-ce qu'il ne ressemble pas à l'un de tes voisins ou un garçon de ton école, quand tu étais petit ? » s'enquiert Ron, un sourcil haussé

« Non. Je ne crois pas. En fait… Hermione, tu te souviens du petit garçon que tu as vu à côté de moi, à Privet Drive ? Sa description correspond tout à fait à Tristan.… » répond Harry, le regard dans le vague, avant de soupirer puis de préciser : « En tout cas, il était gentil et il m'a beaucoup aidé… »

« As-tu la sensation qu'il est toujours là ? » demande-je, une idée pointant le bout de son nez dans mon cerveau enfiévré…

Harry sourit.

« Oui, puisque c'est ma conscience… » répond-il, le regard brillant de malice…

Oh, j'adore voir ce regard ! Cela prouve que notre Harry est toujours là ! Que la terrible épreuve qu'il a traversée ne l'a pas détruit, même s'il a changé de toute évidence…

Il est plus… Oh ! Ce n'est pas le moment que je pense à ça. Revenons-en à nos Hippogriffes !

« D'accord, Harry… Mais Tristan t'as-t-il parlé en dehors de tes cauchemars ? Depuis que tu es réveillé, par exemple ? » insiste-je, tandis que mon idée fait son chemin…

« Non… Enfin, pas quand je suis réveillé. Je ne l'ai ni vu dans ma tête, ni entendu, en dehors des moments où je fais des cauchemars trop profonds… Mais il est là, quelque part, j'en suis sûr… Il reviendra, si j'ai besoin de lui… » répond Harry, les sourcils froncés, avant de hocher la tête de manière négative et d'ajouter : « Je ne sais pas comment mieux t'expliquer cela, Hermione. »

« Eh bien, moi j'ai une explication je crois… » affirme-je, de plus en plus certaine que mon idée se tient, avant de réfléchir pour l'examiner sous tous les angles…

« Tu nous dis tout maintenant ou tu dois d'abord faire un tour à la Bibliothèque ? » demande Ron, au bout de quelques instants

Je ne peux pas m'empêcher de le fusiller du regard, même si je sais qu'il me taquine.

« D'accord, voilà ce que je pense, mais avant, souvenez-vous que moi, quand j'ai vu ce petit garçon, il s'appuyait sur toi, Harry, comme pour te réconforter. Et j'ai eu la sensation que ta Magie lui donnait vie, qu'il s'en nourrissait... » commence-je, en regardant Harry et Ron tour à tour, pour m'assurer qu'ils se souviennent de mes explications.

Ils hochent tous les deux la tête, attentifs.

« Bien… Tu dis, Harry que tu as la sensation de le connaitre depuis toujours, mais de ne pas te souvenir où, ni quand tu l'as vu. Exact ? » résume-je, attendant la confirmation de Harry, pour poursuivre : « Alors voilà ce que je crois : Tristan est un ami imaginaire, que tu as créé quand tu étais tout petit et que tu te sentais très seul. Ta Magie t'as peut-être même permis de le matérialiser, de le voir comme s'il était réel. Tu as dû l'imaginer, comme un grand frère qui veillait sur toi, te consolait quand tu étais seul, effrayé dans la nuit noire de ton placard… Et puis tu as grandi et tu l'as oublié, jusqu'à ce que tu te sentes si seul et effrayé par tes cauchemars et ta souffrance, qu'il a ressurgi dans ta mémoire et qu'il t'a aidé de nouveau à traverser une épreuve terriblement éprouvante… »

Harry me regarde, sans me voir j'en suis sûre. Il semble complètement parti ailleurs, loin de nous et de l'annexe…

« Mais, si c'est un… ami imaginaire de Harry, comment expliques-tu que tu l'aies vu à Privet Drive, Hermione ? » demande Ron, sourcils froncés

« Harry l'a dit, Tristan est toujours là, avec lui. Quand j'ai été mordue par la Bestiole, Harry a éprouvé une très forte émotion, il me tenait la main. Je crois que d'une certaine façon, nous sommes un peu entrés en Communion, sans le vouloir, et que j'ai saisi les pensées inconscientes de Harry. Un peu comme avec toi, plus tard et que j'ai entendu tes pensées, Ron. Sauf que là, j'ai vu Tristan, l'ami imaginaire de Harry, qui est toujours quelque part dans son cœur, prêt à le réconforter et à le soutenir quand il en a besoin… » explique-je, plus sûre de moi à mesure que j'explique mon idée…

Le silence tombe un instant sur l'annexe. Chacun de nous réfléchissant sur le sujet.

« Et il est resté tout petit ? Il n'a pas grandi ? » demande encore Ron, dubitatif, au bout d'environ une minute

« Non. Il est resté tel qu'il était la dernière fois que Harry l'a imaginé, avant de l'oublier. Il ne pouvait pas grandir, puisque Harry ne lui donnait plus vie. Et c'est pour cela qu'il semblait heureux quand Harry faisait de la Magie. Parce que c'est la Magie de Harry, qui le rend matériel, réel… » réponds-je, tandis que Ron semble toujours sceptique…

« Hermione a raison, Ron… » souffle soudainement Harry, son regard revenant progressivement dans le présent : « Je me souviens maintenant… Tristan venait dans mon placard, le soir, quand j'étais tout petit… Je devais avoir deux ou trois ans quand je l'ai vu la première fois. Enfin selon ce dont je me souviens… je lui parlais souvent… Petit à petit, mes peurs ont disparues et j'ai eu moins souvent recours à lui. Mais il venait toujours, quand j'avais besoin de lui. Et il était un grand-frère pour moi… Tristan… C'est comme ça que je l'appelais déjà à l'époque… Pourquoi a-t-il oublié son nom ?... Non, ce n'est pas lui qui l'a oublié… C'est moi, bien sûr… Même si je lui ai finalement donné le même nom qu'autrefois… »

Harry a le visage figé dans l'expression de quelqu'un qui redécouvre avec émotion de doux souvenirs. Mon cœur se serre, à la pensée du petit garçon effrayé qu'il a été et qui n'avait pour le consoler qu'un ami imaginaire auquel sa Magie Spontanée a donné vie…

Je vois la même émotion que la mienne, sur le visage de Ron, qui lui serre la main avec douceur, la caressant de son pouce…

« Tristan… Tu es dans mon cœur et tu le resteras toujours. Jamais plus je ne t'oublierai maintenant… » souffle Harry, avec un sourire tendre, avant de lever les yeux vers Ron et moi pour ajouter : « Il a été le premier et seul ami que j'aie eu, quand j'étais à Privet Drive. Et vous avez été les premiers de mes amis, ici, à Poudlard. Que de chemin parcouru depuis… Maintenant, j'ai toute une famille et d'autres amis… Mais je ne pourrais jamais dire vraiment Adieu à Tristan. Il fait partie de moi pour toujours… Comme toutes celles et ceux que j'aime... »

Mon cœur se serre, encore une fois et je me penche vers Harry pour l'embrasser, me disant en même temps que finalement, je suis peut-être encore un peu trop à fleur de peau, pour sortir d'ici. Et puis, nous sommes jeudi, reprendre les cours demain n'aurait pas beaucoup de sens. Autant que je passe un week-end prolongé avec mes deux frères de cœur…

Et le nouveau petit frère de Harry aussi…

Car je suis certaine que c'est comme ça qu'il considère Jérémy, maintenant…

J'aurais le temps de le connaitre dans les prochains jours, mais ce petit bonhomme, comme l'appelle Harry, va me plaire, j'en suis convaincue. Et il se fera de bons amis parmi les petits Gryffondors. Je demanderais qu'on prévoit un lit pour lui, dans notre Tour, car Harry ne voudra pas qu'il aille ailleurs, c'est certain… Dommage que Miho ait été obligée de partir, elle aurait pris le gamin sous son aile et l'aurait intégré dans toutes les maisons sans distinction… Peut-être pourrions-nous le confier à Alioth, durant l'absence de Miho…

Ron baille soudainement à se décrocher les mâchoires…

« Tu as une mine affreuse, Ron. Tu ferais mieux d'aller te mettre au lit, avant que Richard ou Pompom revienne ici et te cloue dedans, avec interdiction d'en bouger avant huit jours… » déclare-je, en considérant son teint pâle et ses traits tirés…

Il a beau avoir bénéficié du Cocon des Fées, il a dépensé tant d'énergie pour aider Harry, qu'il lui faudra plusieurs jours encore pour récupérer totalement. Et puis, ses blessures ne sont pas complètement guéries non plus. Cela n'a rien d'étonnant, étant donné la férocité de la Barrière de Magie Noire…

Je frissonne encore une fois… Il faut que je reste concentrée sur ce qu'il se passe ici, m'admoneste-je, en focalisant de nouveau mon attention sur Ron.

Comme il ne bouge pas de son fauteuil, je me lève et je l'incite à me suivre, en tirant sur son bras, je l'accompagne jusqu'à son lit, retape ses oreillers et je vais même jusqu'à le border, avant de lui embrasser le front, tandis qu'il me regarde les yeux pétillants…

« Molly, sort de ce corps ! » s'exclame-t-il soudainement, avant d'éclater de rire…

Et je ris avec lui, car il m'a raconté hier ce qu'il s'est passé et la vision qu'il avait eu de lui-même, très tôt le matin, alors que j'étais encore endormie …

Des mères poules…

C'est vrai que nous en sommes un peu, les uns avec les autres…

Mais c'est normal aussi…

Nous avons eu tellement peur de nous perdre les uns et les autres…

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Acte 6 : Jodie et Jérémy

Draco

Je reviens de l'annexe où je suis allé après avoir avalé vite fait mon déjeuner, pour rendre une petite visite à Harry, en compagnie de Blaise, Théo, Neville et quelques autres copains, quand le Baron Sanglant fonce droit vers moi…

« Le professeur Snape demande à vous voir dans les quartiers du professeur De Paimpont, Monsieur Malfoy » dit-il, de sa voix sépulcrale qui me file toujours des frissons dans le dos.

Je hoche la tête et le remercie, avant de changer de cap. Les copains me suivent et nous fonçons vers les appartements de Tatie Nally. Comme d'habitude, sa porte s'ouvre, sans qu'il soit nécessaire de frapper.

Pa et Tatie sont installés dans les confortables fauteuils, avec chacun un bouquin.

« Ah, Draco. J'ai un service à te demander. Je me serais occupé de l'affaire moi-même, mais Richard a accepté de nous laisser sortir tous les deux à la condition expresse que nous nous reposions. Il nous a assuré que s'il venait à apprendre qu'on nous avait vus, « vadrouillant à droite et à gauche dans les couloirs » selon son expression, il viendrait nous assommer une bonne fois pour au moins huit jours… » déclare Pa, en grimaçant.

Je comprends qu'il obéisse à cet ordre, même s'il en est contrarié. Richard nous a assez souvent prouvé qu'il ne fait jamais une promesse en l'air… Et la dernière fois que j'ai tenté de lui résister, je me suis retrouvé endormi pendant trente-six heures chrono…

« Pas de souci. Que puis-je faire ? » réponds-je, souriant de concert avec Tatie, devant la mine déconfite de Pa

« Hier matin, Jodie Costner a remis un billet à Hagrid, quand il a raccompagné les Pro-Voldemort dans leurs dortoirs, après le petit déjeuner. Elle y avait joint une carte de vœux de rétablissement pour son frère. Dans le billet, elle me demandait l'autorisation de le voir. Je voudrais que tu l'accompagnes, si cela ne t'ennuie pas. » explique Pa, avec un regard qui me dit que je ne suis pas obligé d'accepter, mais qu'il aimerait que je le fasse…

L'image de Jodie Costner me demandant d'un regard comment va son frère me traverse l'esprit… Elle avait l'air sincère et je ne pense pas qu'il y ait une entourloupe sous sa demande…

« D'accord » réponds-je, avant de demander quand je dois aller la chercher

« Bien, dans ce cas, je vais faire prévenir tes professeurs que tu n'iras pas en cours cet après-midi. Le Baron Sanglant est informé, il fera venir Jodie Costner dans la Salle Commune dès que tu seras prêt à partir. Philippa et Gabe me semblent indiqués pour vous accompagner. Ils ont déjà eu l'occasion de venir en aide à Mademoiselle Costner et elle sera moins sur la réserve avec eux qu'avec d'autres… Je sais qu'ils sont libres. Ils resteront dans l'infirmerie pendant la visite à laquelle tu assisteras… » déclare Pa, l'air satisfait

« Tu espères qu'elle vire de bord et nous en parle, n'est-ce pas ? » demande-je, d'un ton assuré.

« Oui. Et si c'est le cas, accompagnez là dans mon bureau. Je m'y rendrais par les Passages Internes. Au moins, il n'y aura pas de risque que Richard l'apprenne… » répond Pa, avec un clin d'œil.

Je n'en suis pas aussi sûr que lui. J'ai parfois l'impression que Richard a des antennes et qu'il capte tout, un peu comme le professeur Dumbledore. Mais j'acquiesce et, tandis que les copains prennent les couloirs pour aller en cours, j'empreinte les Passages Internes, suivant les indications précises de Pa, pour retrouver le chemin menant dans notre QG…

J'y retrouve justement Gabe et Philippa, qui travaillent avec trois autres Septième Année, sur un devoir pour le professeur Vector. Une explication et deux minutes plus tard, nous remontons vers la Salle Commune, Gabe allant nous attendre derrière le mur d'entrée, car il n'est pas utile pour l'heure que Costner sache que nous invitons des élèves des autres Maisons dans les Quartiers de Serpentard. Puis je demande au Baron Sanglant de bien vouloir la faire venir.

Elle monte les escaliers sans se hâter, s'arrêtant sur la dernière marche, pour nous regarder Philippa et moi, tandis que les quelques copains se trouvant dans la Salle Commune, observent ce qu'il se passe avec une curiosité à peine dissimulée.

« Le professeur Snape nous a demandé de t'emmener voir ton frère. Gabe Harrison fait aussi partie de ton escorte et il nous attend déjà dans le couloir. » lui apprends-je, d'un ton neutre, ne manquant pas de noter un bref tic au coin de sa bouche.

L'amorce d'un sourire, je pense.

Mais, face aux autres, elle ne montrera pas ses réactions. Elle doit d'ailleurs se maudire encore, de n'avoir pas su totalement se contrôler hier matin, même si personne ou presque n'a dû prêter attention à elle à ce moment-là..

Le chemin jusqu'à l'infirmerie se passe quasiment dans le silence. Seuls Gabe et Philippa échangent parfois quelques mots, à propos de leur devoir. Nous ne croisons personne, tout le monde étant soit en cours, soit en train d'étudier dans sa Salle Commune, sa chambre ou à la Bibliothèque.

Arrivés à l'infirmerie où, fait exceptionnel, il n'y a plus de malade, Gabe et Philippa vont s'installer sur un lit avec les bouquins et parchemins qu'ils ont pris pour continuer leur travail, tandis que j'emmène Jodie Costner devant la porte de l'annexe…

Dès que je l'ouvre, je vois Jérémy se redresser sur son séant et sourire en voyant sa sœur. Un coup d'œil sur le côté, m'apprend qu'elle a gardé son visage impassible. Et à mesure que nous avançons vers le lit, le sourire de Jérémy s'éteint, tandis que Harry passe un bras autour de son épaule pour tâcher de le réconforter…

Foutue Serpentard à la noix ! Elle pourrait se laisser aller là, quand même ! Ne voit-elle pas qu'elle fait de la peine à son petit frère ? Elle sait pourtant qu'il a beaucoup souffert le pauvre ! Elle pourrait laisser tomber le masque, elle n'est pas parmi les Ânes Bâtés, bon sang ! Alors qu'est-ce qu'elle attend pour montrer son affection à son petit frère ? Le déluge ?

Je me retiens de lui foutre des baffes, tiens…

Personne ne dit quoi que ce soit. Par discrétion, Hermione et Ron proposent d'aller à côté et ils s'en vont, Hermione soutenant Ron qui a encore les jambes et le ventre douloureux.

J'avance une chaise, invitant Jodie Costner à s'assoir. Malgré son visage figé, je suis soudainement persuadé qu'elle n'est pas du tout à l'aise…

Ouais, je vois ce qu'il se passe… Elle est gênée par la présence de Harry. Eh, bien il faudra qu'elle s'y fasse. Parce qu'il n'est pas question qu'il sorte de l'infirmerie, lui…

Et moi non plus… Mais je me retire de l'autre côté du lit, prenant place à côté de mon frère, que j'embrasse sur le sommet du crâne, avant de m'assoir. Voilà comment on se comporte, quand on vient voir son frère, Mademoiselle Costner ! Prenez-en de la graine ! me dis-je, en la foudroyant du regard. Mais ça ne sert à rien, car elle ne prête absolument pas attention à moi… Elle ne regarde que son frère…

« Pourquoi es-tu dans le même lit que Potter ? » demande-t-elle soudainement, un peu sèchement.

Comme s'il n'y avait pas d'autres questions à poser avant ! Et un autre ton à employer !

« Je ne peux pas encore dormir tout seul. J'aurais peur si Harry n'est pas là quand je me réveille… » répond Jérémy dans un souffle, ses yeux s'embuant de larmes…

Ah ! Cette fois, Jodie Costner perd un peu son masque. Elle pâlit et son regard s'assombrit…

« Alors c'est vrai… Tu as été… » murmure-t-elle, avant de déglutir difficilement.

Jérémy hoche la tête et il éclate brusquement en sanglots…

Et sa sœur réagit enfin comme une sœur, se levant promptement de sa chaise pour s'assoir au bord du lit et le prendre dans ses bras, les mains tremblantes et les larmes aux yeux.

J'échange un coup d'œil avec Harry. Il est soulagé. Je le suis aussi. Jérémy va recevoir le soutien d'au moins l'un de ses proches…

Costner laisse son frère pleurer, durant quelques minutes, se contentant de le serrer contre elle, sa tête posée sur le sommet de sa tête. J'ignore à quoi elle peut bien penser, son regard fixé sur un bouquet de fleurs, mais je suis sûr que ça se bouscule pas mal dans sa tête…

Peu à peu, Jérémy s'apaise et enfin, il relève les yeux vers elle.

« Je ne suis plus pour lui. C'est… c'est un monstre… » murmure-t-il, son regard douloureux fixé dans celui de sa sœur…

Elle hoche simplement la tête, l'air de dire qu'elle comprend et le serre de nouveau contre elle, caressant ses cheveux, d'une main tremblante. Et elle le berce, sans rien dire. Et Jérémy s'accroche à sa robe d'une main et à la main de Harry de l'autre…

A-t-elle lu les articles de la Gazette ? Sait-elle de quoi Voldemort est capable ? Se demande-t-elle dans ce cas ce qu'il a fait à son petit frère ?

La respiration de Jérémy s'apaise. Il s'est endormi. Jodie se sépare doucement de lui et elle fixe son regard dans celui de Harry, avant de laisser son frère reposer dans le creux de son épaule, à l'abri du bras qu'il passe autour de lui, dans un geste protecteur…

J'ai l'impression qu'elle vient de lui confier son petit frère…

Ce n'était pas utile. Harry est déjà son protecteur.

Elle se réinstalle sur la chaise. Droite et raide. Ses yeux rivés sur la fenêtre qui ne laisse voir qu'un ciel gris et bas, chargé de neige encore. Enfin, elle se tourne vers Harry.

« Que lui a-t-on fait ? » demande-t-elle, dans un souffle

« Que lui a-t-il fait… » rectifie Harry avec douceur, en caressant les cheveux de Jérémy, avant d'ajouter : « Me croiras-tu ? Peut-être vaudrait-il mieux que ce soit Jérémy, qui te le dise… »

Jodie déglutit sa salive avec difficulté et ramène une boucle de cheveux derrière son oreille, d'un geste nerveux.

« Non. Ce sera trop difficile pour lui. Je te croirais… » souffle-t-elle, en entrecroisant ses doigts avant de poser ses mains sur ses genoux.

Harry ne parle pas tout de suite. Il est clair que c'est douloureux pour lui, de raconter ce qu'il s'est passé dans la cave de Priest Hole Manor. Il garde les yeux fermés, durant quelques secondes, puis il inspire profondément, avant de les rouvrir.

« Ce n'est pas facile pour moi non plus, de parler de tout cela. Alors tu m'excuseras si je suis un peu brutal. Mais je crois qu'il n'y a pas de manière… douce de dire cela. Jérémy a été torturé. Il a reçu plusieurs Doloris, le Maléfice du Fouet Tranchant et il a eu des côtes fracturées et nombres de coups et blessures. Il n'a pas été nourri correctement et il a été privé de sommeil. Il était nu, dans une cave très froide, avec une seule et fine couverture. Il a été forcé de me donner une Potion pour me torturer pendant plusieurs jours, sous peine d'être terriblement puni. Il l'a d'ailleurs été une fois, parce qu'il était si épuisé qu'il a raté l'heure. Et aussi il… » explique Harry, qui s'interrompt brusquement respiration bloquée…

Jodie le regarde attentivement, les yeux remplis de larmes, la poitrine oppressée…

« Est-ce qu'il a été… violé ? » demande-t-elle, ses mains tremblant sur ses genoux.

Et je sais alors, qu'elle a lu les articles de la Gazette, qui font l'objet de la plupart des conversations et où il est fait état d'au moins trois enfants qui ont été violés avant d'être horriblement torturés puis tués.

« Non ! » s'exclame Harry, en resserrant son bras autour de Jérémy, avant de préciser dans un souffle : « Je serais mort, plutôt que de laisser Voldemort faire ça ! »

Jodie éclate en sanglot, sa tête dans ses mains. De soulagement. Puis elle lève la tête vers Harry…

« Merci… » hoquète-t-elle en venant s'agenouiller auprès de son frère, pour lui caresser les cheveux et lui embrasser doucement la joue.

« Il a essayé, n'est-ce pas ? » souffle-t-elle, au bout de quelques secondes, son regard de nouveau levé vers Harry.

« Oui. Je n'ai pas pu l'empêcher de… le caresser un peu… Mais j'ai réussi à l'empêcher d'aller plus loin… Il était temps cependant que nous sortions de là-bas… » répond honnêtement Harry, les yeux baissés sur Jérémy

« Cela a dû te coûter très cher… » lâche Jodie, le regard empli de reconnaissance pour Harry

Sans doute ne saura-t-elle jamais à quel point elle a raison… Combien Harry a morflé, pour protéger Jérémy…

« Oui. Mais cela m'aurait coûté bien davantage, si je n'avais pas pu l'empêcher. Ça m'aurait fait plus mal que les tortures… » déclare Harry, d'une voix nouée.

Et il se laisse aller sur son oreiller, les yeux fermés, me tendant une main que je saisis, pour la serrer dans la mienne. Des larmes me montent aux yeux, mon bide se tord et mon cœur semble sur le point d'exploser de chagrin. J'ai peur qu'il retombe dans l'un de ses affreux cauchemars, comme cela arrive de temps en temps encore, à cause de la Potion qui ne l'élimine pas si facilement que Pa et Richard l'espéraient…

« Ça va aller, mon frère… C'était un cauchemar, juste un horrible cauchemar… » souffle-t-il, avant de desserrer sa prise sur ma main et d'inspirer profondément à plusieurs reprises…

Costner ne dit rien. Elle regarde son petit frère. Jetant un coup d'œil sur Harry de temps en temps, l'air de se poser pleins de questions, sur ce qu'il a pu subir, pour avoir protégé son frère…

« Quand nous sortirons de l'infirmerie, j'emmènerai Jérémy dans la Tour de Gryffondor. S'il se sent suffisamment rassuré, il dormira dans la même chambre qu'Alioth Vila, un Deuxième Année de Serpentard qui prendra soin de lui. Sinon, je le garderai dans mon dortoir jusqu'à ce qu'il aille mieux. Je veillerai sur Jérémy, comme un grand frère sur son petit frère, Jodie. Quoi que toi tu puisses décider… » déclare soudainement Harry, qui a gardé les yeux fermés…

Jodie acquiesce d'un hochement de tête.

« Le professeur Snape peut te recevoir dans son bureau, au retour de l'infirmerie. La décision t'appartient. » interviens-je, d'un ton doux.

« Je ne veux pas être complice d'un monstre… » souffle Jodie en réponse, hésitant avant d'ajouter : « Mais je ne veux pas non plus qu'on pense que je cherche à échapper à la punition qui sera décidée lors du Conseil de Discipline Samedi… »

« Parles-en avec le professeur Snape. Il sera de bon conseil… » murmure Harry, en ouvrant les yeux sur elle.

Jodie hoche la tête et embrasse son frère, avant de se relever.

« Peux-tu lui dire que je l'aime beaucoup ? Et que je suis désolée qu'il ait eu à souffrir ainsi. » demande-t-elle à Harry, d'une voix un peu voilée.

« Je crois qu'il le sait. Et tu pourras lui dire quand tu reviendras le voir. » répond Harry avec douceur, avant de préciser qu'il fera quand même le message à Jérémy à son réveil.

Et, avant que nous partions, Harry me demande de rester un instant. Je dis à Jodie de m'attendre à côté, avec les autres et je regarde Harry, un sourcil haussé.

« Je profite qu'il n'y ait que nous deux, pour te dire que je souhaite appeler Parrain et Marraine, Papa Sev et Maman Nally. Ils sont d'accord, mais je voulais te demander si cela ne t'ennuie pas, concernant Parrain… » dit-il, le regard un peu anxieux.

« Idiot ! Cela ne m'ennuie pas du tout, bien entendu ! Je l'appelle Pa, tu l'appelles Papa et cela nous rapproche davantage encore ! Sérieux Harry, tu n'avais pas à me demander la permission. Tu ne t'en souviens pas, mais j'étais là, quand tu as demandé à Pa si tu pouvais l'appeler Papa. Et je suis vraiment content ! Et d'avoir un nouveau petit frère aussi… » assure-je, tout sourire, avant de le serrer contre moi…

Et je m'en vais, non sans promettre que nous reparlerons de tout cela à tête reposée plus tard, et que je trouve ça vraiment formidable.

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Vendredi 17 janvier 1997

Acte 7 : La Nouvelle Pétunia

Charly

Ma brève noyade dans les eaux glacées d'Azkaban, me vaut quelques jours de congés forcés.

Merlin ! Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie ! Je me sens d'ailleurs encore frigorifié de l'intérieur, malgré toutes les boissons chaudes que j'ingurgite et les Sortilèges de Réchauffements que je me jette régulièrement…

On dirait que j'ai avalé un Détraqueur…

Ça doit être psychologique. Comme si une part de moi ne voulait pas oublier le froid glacial de la Dame à la Faux, avec laquelle j'ai sérieusement flirté contre mon gré…

Franchement, je préfère les étreintes fougueuses de ma Nadya. Ça, c'est du chaud garanti !

Bon, j'en ai marre d'être au pieu à ne rien faire… Enfin, au pieu… Affalé dans le canapé, emmitouflé dans une tonne de couverture, serait plus juste… J'irais bien faire un tour au QG pour aller aux nouvelles. En passant par la Cheminée, je ne risque pas d'avoir froid, me dis-je, en jetant un coup d'œil vers la fenêtre, par laquelle on peut encore voir la neige tomber…

Une vague de froid et de neige s'est abattue sur toute la Grande Bretagne, selon ce qui a été annoncé à la radio. Je suis sûr que c'est à cause des Détraqueurs…

Je frissonne, pour ne pas changer…

Si je me remue, j'arriverais peut-être enfin à me réchauffer…

Allez, je me décide. Je vais au QG.

Je préviens Maman, qui s'affaire dans la cuisine, à préparer une bonne soupe pour le diner, écourtant au plus vite son questionnement de mère poule soucieuse de la santé de ses poussins et je m'engouffre dans la Cheminée du Salon.

Il fait bon dans la cuisine du QG.

La tante Pétunia est là. Elle prépare de la soupe aussi, avec sa belle-sœur qui épluche les légumes avec elle…

« Avez-vous des nouvelles de Harry ? On ne m'en a pas donné depuis ce matin ! » me demande précipitamment la Tante Pétunia, avec une expression terriblement inquiète

« Euh… Oui, j'en ai eu ce midi. Il a repris complètement connaissance ce matin et d'après ce que je sais, il semble avoir de nouveau toute sa tête, même s'il déconnecte de temps en temps. Richard, son Médicomage, dit que tout rentrera définitivement dans l'ordre dans quelques jours, quand les résidus de Potions seront totalement éliminés… » réponds-je, surpris par sa nouvelle attitude

Même si Bill m'en a touché quelques mots, le changement est tellement radical, qu'il y a de quoi rester sur le cul…

« Eh bien tu vois, Pétunia, il n'y a pas de quoi s'alarmer comme tu le fais. Ce garçon est solide. Tu devrais plutôt t'occuper de Duddy. Le pauvre petit n'arrive pas à se remettre de la gifle que tu lui as donnée l'autre jour et… » commence la tante Marge, en maugréant, avant d'être brusquement interrompue par sa belle-sœur.

« Mêle-toi de tes oignons, Marjorie ! Et arrête de couver Dudley comme s'il était à la mort ! Même si je regrette de l'avoir frappé, il méritait cette gifle ! Et j'espère bien que ce n'est pas ce qui l'a choqué le plus, mais ce qui lui a été expliqué après ! Par ailleurs, je sais que tu n'as aucun lien de famille avec Harry, que tu ne l'aimes pas et que tu te fiches de ce qui a pu lui arriver comme de ta première chemise, mais c'est mon neveu et son état de santé m'inquiète ! Je te prie de respecter cela ! Tout comme je te prie de respecter ma décision de laisser Dudley réfléchir à son attitude pendant quelques jours, avant d'avoir une nouvelle discussion avec lui ! Cet enfant a été trop gâté… Vernon et moi l'avons très mal élevé. Il est temps que cela change… » dit-elle, avec sécheresse, tandis que je me régale de voir la tante Marge devenir progressivement violette…

Elle n'ose cependant pas réagir, peut-être parce que je suis là…

En tout cas, moi, si elle continue comme ça la nouvelle Pétunia, elle va finir par me plaire…

« Et pour le reste, ses blessures, est-ce qu'il va complètement se remettre ? Il ne va pas lui rester de séquelles ? » demande maintenant Pétunia, qui ne s'occupe déjà plus du tout de sa belle-sœur et me regarde de nouveau d'un air anxieux.

« Harry se remet bien de ses blessures et de ce que je sais, à part quelques cicatrices, il n'aura pas de séquelles physiques… » réponds-je, en me servant une tasse de thé que vient de préparer Tylsa

Toujours d'après ce que je sais, Dobby est au repos, dans la maison de Nally et Dyna prend soin de lui. C'est donc Tylsa, qui assure leur service ici et Winky vient lui donner un coup de main le matin…

« Et les autres ? L'enfant qui était avec lui. Et j'ai cru comprendre que votre jeune frère, l'ami de Harry, a été très gravement blessé. Nally également a beaucoup souffert m'a-t-on dit. Elle aurait failli mourir… » demande Pétunia, l'air sincèrement concernée…

Ça, ça me laisse sur le fion ! Que Pétunia demande des nouvelles de Harry, c'est une chose. Mais qu'elle en demande de mon frangin et de Nally, cela en est une autre…

Ouais, radicalement changée, Pétunia. Et c'est décidé, elle me plait désormais…

« Le petit se remet doucement. Quant à Ron, il a effectivement été très gravement blessé. Il a eu le corps complètement lacéré et certaines de ses plaies étaient très profondes. Et il a aussi épuisé ses réserves Magiques. Il était dans le coma…. Mais ça va maintenant. Les Fées l'ont beaucoup aidé à reconstituer ses réserves. Et ses blessures cicatrisent bien, pour une grande part grâce à Fumseck. Quant à Nally, elle a failli mourir effectivement, mais un Elfe de maison a pris son mal et après quelques jours de repos, elle devrait être en pleine forme… » explique-je brièvement.

« Des Fées ont aidé votre frère ? Qui est ce Fumseck ? Et comment un Elfe de maison a-t-il pu prendre le mal de Nally ? Je ne comprends pas… » demande précipitamment Pétunia…

« Fumseck, c'est un Phénix… » réponds-je, avant d'entreprendre de tout détailler à une Pétunia qui écoute attentivement, les yeux ronds de stupeur la plupart du temps…

Sa belle-sœur aussi écoute, même si elle fait semblant de ne pas s'intéresser à nous en continuant à éplucher les légumes, que Pétunia a complètement oubliés, quant à elle…

« C'est incroyable… » commente finalement Pétunia, soupirant avant de confier, d'un ton attristé : « Lily racontait souvent des histoires merveilleuses à nos parents, sur ce qu'elle voyait dans son école, les créatures qu'elle rencontraient, des Fantômes, des Centaures et des Licornes. Des portraits qui parlent… J'étais certaine qu'elle racontait des mensonges, pour se rendre intéressante… Mais elle disait la vérité, n'est-ce pas ? »

« Oui. Tout cela est réel. Il y a des Dragons aussi, je suis moi-même Gardien de ces charmantes bestioles. Il y a aussi des Gobelins, les Lutins, des Hippogriffes, des Loup-Garou et tout un tas d'autres Créatures plus ou moins gentilles…» assure-je, avec un sourire.

Pétunia soupire encore, tandis que sa belle-sœur se lève pour mettre dans l'évier la bassine de légumes épluchés et les laver.

« Si j'écris un mot à Harry, pourriez-vous le lui faire parvenir ? » demande Pétunia, les yeux mouillés.

« Bien sûr. Mais… Voulez-vous que je demande s'il vous est possible de le voir ? » propose-je, songeant que le professeur Dumbledore ne sera sûrement pas contre ça…

« Eh bien, oui, bien sûr que j'aimerai voir Harry. Mais, voudra-t-il me voir, lui ? » répond Pétunia, ses mains tremblant quelque peu.

Ah ! Ouais, bien sûr… Je comprends ses doutes. Maintenant qu'elle a conscience d'avoir mal agi envers lui, elle se demande si Harry verrait sa visite d'un bon œil…

« Vous savez, je connais bien Harry. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il vous pardonnera… » assure-je, d'une voix douce, pensant à part moi, qu'il ne faut quand pas qu'elle s'attende à ce qu'il éprouve soudainement un amour fou pour elle.

Pétunia réfléchit, les yeux dans le vague, triturant un coin de torchon entre ses doigts.

« D'accord. Oui, je voudrais le voir. S'il le veut bien lui-même… » déclare-t-elle dans un murmure, au bout de quelques minutes…

« Je m'occupe tout de suite de la question… » réponds-je, en me levant pour me rendre dans la Base d'Espionnage et contacter Poudlard.

J'arrive à avoir le professeur Dumbledore, qui a gardé le Miroir Magique à disposition et nous convenons d'un rendez-vous un peu plus tard, le temps pour lui de faire demander à Harry s'il accepte la visite de sa tante.

En attendant ce moment, je reste avec Mondingus et Roger Greengrass, qui sont de garde cet après-midi. Apparemment, ce n'est pas la joie au Manoir. Voldemort ne décolère pas de l'évasion de Harry et Jérémy et la présence parfois bruyante de ses troupes lui portent sur les nerfs…

Il est salement contrarié aussi, que le Russe se soit fait la malle avec sa fille, la nouvelle épouse de Lucius, auquel il a finalement filé une sacrée trempe, pour l'avoir persuadé de ne pas zigouiller ses beaux-parents dès le soir des noces, pour profiter de leur financement et de leurs riches relations…

Et puis, ajouté au fait que « l'interrogatoire » serré de Preston ne donne rien, la mort de Lucrèce Zabini ne l'arrange pas du tout, puisqu'il reste convaincu qu'elle a été complice de l'évasion de Harry et Jérémy. Or, aussi longtemps qu'il ne sait pas comment cela a pu se produire, il ne veut pas envoyer ses troupes à Priest Hole Manor, au risque que nous les attaquions dans leur sommeil…

Et tout cela l'empêche de réfléchir et de trouver le tombeau de son ancêtre, ce qui accroît encore sa fureur…

Bref, il est salement enragé et le fait savoir en distribuant les punitions…

Bellatrix y est passée, pour son échec à Dunvegan Castle, Bertram Yaxley pour le sien au Ministère, Pansy Parkinson pour ne pas avoir tué le Russe et même les petites putes Brandburgy pour avoir été capturés et n'avoir donc pu assouvir ses besoins pervers pendant trois semaines…

Avec tout ça, Lucius a préféré repartir en mission de recrutement on ne sait où, le temps que la tempête se calme au Manoir…

En ce qui me concerne, ça peut durer, tant que cela n'aboutit pas à une autre attaque sur un village Moldu…

J'en frémis encore, de ce que j'ai lu dans la Gazette et je comprends que Bill et Viktor aient du mal à se remettre de ce qu'ils ont vus quand ils sont allés défaire les Maléfices là-bas…

Putain, voilà une mission que j'espère bien n'avoir jamais à remplir !

OoOoOoo

Harry

Je suis content que Richard soit allé chez le lunetier du Chemin de Traverse cet après-midi, pour aller me chercher de nouvelles lunettes, dont j'ai choisi le modèle de monture sur catalogue.

Le même genre que Draco, avec les branches en argent et des verres reliés par un fil transparent. Mais quand ses verres sont ovoïdes, j'ai préféré des ronds, comme j'avais avant.

Bref, je suis content. Ma vue n'est plus floue au-delà d'un mètre et je peux regarder l'heure sur l'horloge au-dessus de la porte, sans déranger les autres toutes les deux minutes…

Je suis nerveux, à mesure que le temps passe. Quand je me suis réveillé de ma sieste, vers 18h30, le professeur Dumbledore m'avait laissé un message, demandant si j'acceptais une visite de ma tante Pétunia. Ça m'a fichu un sacré coup et j'ai failli replonger directement dans un cauchemar. Heureusement, la force de l'amour de Ron et de l'amitié d'Hermione m'ont empêché de sombrer et, après avoir bien réfléchi, j'ai décidé de dire oui…

Elle viendra après le couvre-feu, quand il n'y aura plus d'élève dans les couloirs. Enfin, plus d'élève… Il y en aura du Comité, puisqu'il a été décidé de reprendre les entraînements. Mais bon, sans doute qu'elle ne les rencontrera pas…

Je me demande comment elle va réagir, si elle croise un Fantôme ou Peeves…

Oh et puis zut ! C'est son problème !

Mais qu'est-ce qui lui prend, de vouloir me voir tout à coup ?

« Oh ! Harry ? Tu es avec nous ? » demande soudainement Draco, me tirant de mes réflexions.

Je hoche simplement la tête, tout en jetant un coup d'œil sur l'horloge. Ça y est, il est vingt et une heures…

« Je file à l'entraînement. Est-ce que tu veux que je te rapporte quelque chose demain ? Je dois déjà passer à la Bibliothèque pour Hermione, tu veux un ou deux livres, toi aussi ? » demande Draco, qui tient un parchemin et une plume en main

« Euh… Oui, tu peux apporter un ou deux livres. Pour Jérémy aussi. Neville va me rapporter mes effets de toilette, des Tee-Shirts et des caleçons, parce que je déteste les pyjamas de l'infirmerie. Est-ce que tu pourrais en ramener pour Jérémy ? Ses affaires de toilette aussi. Et sa collection de cartes de Chocogrenouilles… Et du Parchemin, des plumes et de l'encre, pour répondre aux cartes de vœux… Et euh… Je crois que c'est tout… Merci » réponds-je, tout en guettant la porte et le moindre bruit venant de l'extérieur

« Pour les affaires de Jérémy, je demanderai à un Elfe de s'en occuper, car je doute pouvoir aller les chercher moi-même. Il aura tout à son réveil. Le reste, je viendrais l'apporter avant le petit déjeuner. » déclare Draco, en roulant sa liste avant de la mettre dans sa poche.

Puis il nous embrasse tous et nous souhaite bonne nuit, avant de passer derrière le paravent.

Il ne manque jamais d'y passer, à chaque fois qu'il vient. Je me demande ce que cela lui fait, d'avoir la charge de l'épouse de Lucius. A Tatie Narcissa aussi d'ailleurs. Elle est venue cet après-midi, juste avant que je fasse la sieste et elle est resté jusqu'à vingt heures, au chevet de Ievguenia.

De ce que je sais, elle n'a pas encore bougé d'un cil. Et son Elfe de Maison ne la quitte pas…

Par ailleurs, comme nos visites seront élargies demain à davantage de copains, elle sera transférée dans une chambre que les Elfes sont en train d'aménager pour elle, par laquelle on ne peut accéder qu'en traversant les appartements privés de Pompom.

Jérémy bouge contre moi et je m'empresse de baisser les yeux vers lui. Il a fait un cauchemar cet après-midi, qui m'a réveillé. Il pleurait dans son sommeil. Il a parlé aussi. Il m'appelait. Et en fin de compte, il s'est réveillé, plus fatigué que s'il n'avait pas fait la sieste.

Il s'est endormi vers vingt heures trente. Il dort beaucoup. Mais Richard a dit que c'est normal. Il faut qu'il récupère, après toutes les heures de privation de sommeil, l'infection de ses blessures et de ses poumons et toutes les émotions qu'il a eues… D'ailleurs, je dors beaucoup moi aussi…

Nouveau coup d'œil sur l'horloge. Et soudainement je sursaute. Nick-Quasi-Sans-Tête vient de traverser le mur devant moi.

« Bonsoir jeunes gens ! » s'exclame-t-il avec bonne humeur

« Bonsoir, Sir Nicholas » répondons-nous en chœur, Ron, Hermione et moi.

« Je suis venu vous féliciter de votre bravoure et vous souhaiter un bon rétablissement, de la part de tous mes collègues Fantômes. Le Baron Sanglant aurait voulu être notre délégué, mais il a été entendu que la Maison Gryffondor étant majoritairement représentée ici, cet honneur me revenait de droit. » déclare-t-il, en bombant un peu le torse.

Nous le remercions d'une même voix, puis Hermione ne manque pas de lui demander de remercier ses « collègues » également, ce que Nick assure qu'il fera en notre nom à tous.

Il bavarde ensuite avec Hermione et je les écoute distraitement, tandis que mon œil ne cesse de regarder l'heure.

Enfin, un petit coup à la porte et elle s'ouvre sur Charly, qui laisse passer tante Pétunia devant lui. Elle entre, visiblement mal à l'aise et sursaute, yeux écarquillés et palissant, en voyant Nick qui se trouve droit devant elle.

Ben, j'aurais vu sa réaction en fin de compte, me dis-je, avec je l'avoue, un peu de joie moqueuse…

« Oh, je crois que je n'ai pas l'heur de vous connaître Madame. Permettez-moi donc de me présenter. Je suis Sir Nicholas de Mimsy-Porpington. Fantôme de la Maison Gryffondor, pour vous servir, Madame… » déclare un peu pompeusement Nick, en inclinant le buste.

Ce faisant, sa tête branlante tombe de côté et ma tante en a à la fois un sursaut de frayeur et un haut-le-cœur. Mais déjà, Nick se redresse et remet sa tête en place, avant de s'adresser de nouveau à elle

« Si je puis me permettre, à qui ai-je l'honneur, Madame ? » demande-t-il, avec une évidente curiosité.

« Pé… Pétunia Dursley… Je… je suis la tante de Harry… » répond ma tante, avec un coup d'œil de détresse qui embrasse tout le monde, sans réellement voir qui que ce soit…

« Oh ! Mais alors, Madame, c'est un double honneur pour moi que de vous avoir été présenté ! C'est que, voyez-vous, votre neveu est un très brillant représentant de notre Maison. Il fait preuve d'un courage exemplaire, digne de Godric Gryffondor lui-même ! Et je me souviens parfaitement que ses parents, Lily Evans et James Potter étaient également des êtres d'exception ! Mais je ne vous apprends rien, sans doute et je gage que vous êtes fière, Madame d'appartenir à une aussi noble famille ! » s'exclame Nick, avec emphase

« Ah.. Euh… Oui, je suis très fière, bien sûr… » répond ma tante, tandis que je surprends les coups d'œil rieurs que Ron et Hermione me jettent…

Une horloge sonne la demie de vingt et une heure, quelque part dans le Château et Nick sursaute, sa tête penchant dangereusement sur son épaule. Il la rattrape et la remet en place, l'air un peu agacé, avant de retourner son attention aimable vers ma tante.

« Soyez assurée, Madame, que j'aurais grand plaisir à évoquer avec vous tous les exploits de votre neveu et de ses parents. Hélas, le devoir m'appelle. Les Fantômes de Poudlard ont été appelés à surveiller une bande de chenapans et mon tour de garde approche. Or, je dois également m'assurer que tout se passe bien dans la Tour Gryffondor, avant de prendre mon service. Mais ce sera sans doute pour une autre fois ! Au plaisir, Madame ! » déclare Nick, avec une nouvelle révérence, pour laquelle cette fois, il prend la précaution de maintenir sa tête.

« Oui… Au… Au plaisir, Monsieur… » répond ma tante, d'un ton hésitant.

Puis Nick nous salue à notre tour, assurant à Charly qu'il regrette également de ne pouvoir lui accorder un peu de temps pour bavarder et promettant à Ron, Hermione et moi-même de revenir bientôt prendre de nos nouvelles, avant de repartir comme il est venu, en traversant le mur…

Tante Pétunia vacille sur ses jambes et Charly s'empresse de la retenir par le bras. Elle le remercie, ce qui ne manque pas de m'étonner et son regard reprend un peu d'assurance, avant de se tourner vers moi.

Et dans ses yeux, je vois une lueur que je ne lui ai jamais vue pour moi. Elle a l'air d'être à la fois contente de me voir et soulagée aussi, même si l'ensemble est teinté d'inquiétude et d'hésitation…

Elle déglutit et s'avance vers moi. S'assoit au bord du fauteuil placé à côté de mon lit, la respiration un peu courte.

« Bonsoir, Harry. Je… Je suis heureuse que tu aies accepté ma visite. » dit-elle dans un souffle, baissant un court instant la tête avant de la relever, les yeux embués de larmes et d'ajouter : « J'ai compris beaucoup de choses ces derniers temps et je regrette tellement de…»

Elle ne peut achever, éclatant en petits sanglots, incapable de parler pendant quelques minutes durant lesquelles je l'observe, sans rien dire. Ron et Hermione m'ont raconté tout à l'heure ce qu'il s'est passé, après leur première Communion Magique et ce que tante Pétunia a dit à Maman Nally.

Je ne sais pas quoi penser de tout cela. Je crois que j'ai du mal à croire que tante Pétunia puisse avoir changé d'avis comme ça, qu'elle ait pu s'inquiéter pour moi.

Qu'elle éprouve de l'affection pour moi…

Tante Pétunia finit par se reprendre. Elle regarde dans le vague pendant une minute ou deux. Puis elle me regarde de nouveau et parle. Elle me raconte un peu son enfance avec Maman, elle m'avoue sa jalousie, sa rancœur et sa mesquinerie envers elle, puis envers moi. Elle dit ce qu'elle a ressenti lors de la Communion Magique et tous ses regrets…

A mesure qu'elle parle, des tas d'émotions me traversent. D'abord dans mon ventre, puis dans mon cœur qui se serre un peu. Et finalement, tandis qu'elle me dit combien elle s'est inquiétée pour moi ces derniers jours, une larme glissant sur sa joue et ses doigts triturant un mouchoir sur lequel ses yeux sont baissés, j'allonge le bras et je lui prends doucement la main…

« Ne pleure plus, tante Pétunia, c'est le passé tout ça… C'est fini maintenant. » dis-je dans un souffle doux, tandis qu'elle serre très fort mes doigts, avant de relever ses yeux sur moi.

Elle se lève lentement et viens s'assoir au bord du lit, serrant toujours ses doigts sur les miens. Elle a du mal à déglutir. Elle hésite à me demander quelque chose, je le vois…

« Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? » demande-t-elle finalement, dans un murmure.

Je hoche la tête, sans toutefois amorcer le premier geste. Mais elle le fait, se penchant vers moi en arrondissant les bras et je fais le second en venant contre elle. Je ne la serre pas très fort. Elle non plus. C'est une étreinte hésitante, mais douce quand même.

Le premier pas, vers une nouvelle relation. Je sais que je ne pourrais jamais éprouver pour elle autant d'affection que j'en ai pour tous les autres membres de ma famille de cœur. Mais au moins nos rapports seront-ils apaisés et nous allons pouvoir apprendre à nous connaître.

Tante Pétunia ne reste plus très longtemps après cela. Je suis fatigué et elle le voit. Et puis je crois que nous avons aussi besoin de temps, pour intégrer tout ça, avant de pouvoir parler d'autre chose.

Elle m'embrasse sur la joue, pour me souhaiter bonne nuit et me dire au revoir. Et elle a aussi un mot aimable pour Ron et Hermione, avant de partir. Et c'est je crois, ce qui me convainc le plus de sa sincérité, de son profond changement.

Qu'il y a bien une nouvelle Tante Pétunia, maintenant…

Le silence tombe sur l'infirmerie après son départ. Ron et Hermione ont compris que je n'ai pas envie de parler de cela maintenant. Au bout de quelques minutes, ils viennent tous les deux m'embrasser. Et ils éteignent une partie des chandelles, plongeant l'annexe dans la pénombre, tandis que je resserre Jérémy dans mes bras et que je ferme les yeux.

Mon esprit vogue un temps. Se remémorant dans le désordre la visite de Tante Pétunia. S'imprégnant de ses paroles, de ses regrets. De la tendresse aussi dont elle a fait preuve envers moi pour la première fois de ma vie…

Je réfléchirais à tout cela une autre fois, me dis-je finalement, avant de me laisser aller à la torpeur du sommeil qui vient…

OoOoOoO

Samedi 18 janvier 1997

Acte 8 : La Citadelle

Algie

Je replie la Gazette, avant de la poser sur le plateau de mon petit déjeuner. Horrifié.

Une nouvelle attaque sur un village Moldu a été perpétrée. La Gazette n'a pas donné de détails, mais il n'en est plus besoin, pour imaginer les actes monstrueux qui ont été encore une fois commis…

Comment peut-on mener de telles exactions contre des hommes, des femmes et des enfants innocents ?

Je frémis une fois de plus, en buvant un thé, avant d'inciter mon esprit à voguer vers le registre, dont je vais une fois de plus feuilleter les fragiles pages.

Dix jours, que je le consulte chaque jour et que ces pages me dévoilent la généalogie des plus vieilles familles de Sorciers français et leur histoire. Des heures que je partage leur passé, que je vis avec eux des tranches de leur vie. Quelques dizaines de pages seulement ont été ainsi visitées, car le registre est généreux.

Et il en reste des centaines à consulter…

Peut-être devrais-je laisser le hasard faire les choses et ouvrir le registre « au petit bonheur la chance » comme disent les Français ?

Mais je connais trop Rupert, pour savoir qu'il bougonnera que cela manque trop de méthode. Et il est assez contrarié aujourd'hui, pour que j'en ajoute à sa mauvaise humeur…

Le voilà justement, qui revient d'être allé faire un tour dans les bois pour s'oxygéner un peu et digérer les nouvelles du jour. Il m'observe discrètement, tout en sortant son fameux carnet de sa poche, dans lequel il inscrit quelques mots. Puis il prend le registre et vient me l'apporter, hésitant quelque peu avant de me le donner.

« Demain, tu te reposes. » décide-t-il, en me tendant le registre.

J'acquiesce d'un hochement de tête. Mes journées sont épuisantes et je ne suis plus tout jeune. Il convient donc que je me ménage quelque peu de temps en temps…

J'ouvre le registre, frémissant déjà. Anticipant le plaisir de découvrir une partie du passé de ces familles que je ne connais pourtant pas. La page d'aujourd'hui concerne une famille dont le premier Sorcier s'appelait Amaury le jeune, fils d'Enguerrand né en Flandres en l'an 781. Sa lignée a traversé le temps jusqu'en l'année 1928 avant de s'éteindre…

Ma main effleure le parchemin et un tourbillon m'emporte vers le passé. Un jeune garçon dirige un troupeau d'oies, à l'aide d'une badine, dans les rues d'un village. Il les emmène au marché pour les vendre au plus offrant. Puis je vois le garçon, prendre connaissance de ses dons et intégrer un village sorcier où il apprendra la Magie. Le temps défile sous mes yeux, d'époque en époque, sautant parfois un siècle ou deux.

Et enfin mon cœur bat la chamade… Un jeune homme court dans les rues d'une ville, il est poursuivi par des hommes en arme. Il s'engouffre sous une futée, s'arrêtant quelques pas plus loin, à l'abri de buissons. Il sort un carnet de la poche intérieure de sa veste, avant de l'ôter, ainsi que ses souliers et ses chaussettes. Il cache le tout, puis il remonte les manches de sa chemise, dénoue ses cheveux et se barbouille un peu le visage de poussière, avant de courir à nouveau, carnet en main, jusqu'à déboucher sur un chantier…

Une citadelle.

Des maçons et des charpentiers, des sculpteurs et des forgerons travaillent à sa construction, déjà bien avancée, dans un va et vient constant d'ouvriers qui transportent du bois, des briques et des pierres. Le jeune homme jette un coup d'œil derrière lui, avant de charger sur ses épaules un sac de ciment et de se mêler aux ouvriers. Il dépose son chargement là où on lui indique de le faire et il se faufile vers un bâtiment qui semble bientôt fini, passant à l'intérieur, après s'être assuré que personne ne le suit.

C'est une chapelle de style jésuite, dont le magnifique plafond de bois ressemble à la coque renversée d'un bateau. Le jeune homme se dirige vers le fond de la chapelle et s'agenouille derrière une grosse caisse contenant des outils. Il en choisit un, car il ne veut pas utiliser la Magie au risque de se faire repérer par les Sorciers déguisés en Mousquetaires du Roi, qui le poursuivent. Puis il défait quelques petites dalles fraîchement posées, creuse un trou dans la terre mise à nue, prend son carnet qu'il enveloppe dans un morceau de drap de toile épaisse trouvé dans la caisse et le pose dans le trou qu'il rebouche avec soins, avant de remettre les dalles en place…

Et il repart, s'assurant plusieurs fois qu'il n'est pas suivi, avec l'intention d'effectuer un voyage, à la recherche d'un trésor perdu depuis longtemps… L'original d'une œuvre après laquelle son grand-père a couru toute sa vie sans jamais le trouver. Son grand-père avait traduit en grec, une version latine, elle-même tirée d'une version araméenne, deux ouvrages qu'il possédait et qui lui ont été volés lors d'un voyage en Italie.

Le jeune homme veut les récupérer. Il a des indices à sa disposition. Il les a amassés et assemblés comme un puzzle dans son carnet, celui qu'il vient d'enterrer dans la chapelle. Car quelqu'un d'autre veut récupérer ces livres et les faux mousquetaires qui le pourchassaient, cherchaient à s'emparer de son carnet pour le compte de cet homme. Pour l'heure, le jeune homme n'en a pas besoin. Il doute même en avoir de nouveau l'utilité un jour, mais on ne sait jamais, quelque chose lui a peut-être échappé ou il aura mal interprété une donnée. C'est pour cela qu'il l'a enterré au lieu de le brûler. Il pourra le retrouver, si cela s'avère nécessaire à l'avenir…

Enfin, il finit par Transplaner chez lui et il entre dans une pièce que je reconnais. C'est celle dans laquelle le traducteur de la version grecque se trouvait, la première fois où j'en ai eu la vision. Le jeune homme s'assoit devant le bureau, prend une plume et un parchemin. Il a l'intention de faire son testament avant de partir. Alors il écrit son nom, sa date de naissance et son adresse, avant que le tourbillon du passé m'emporte dans une autre époque.

Mais je ne la visite pas. J'ai vu ce que j'espérais voir et je me force à retirer ma main du registre….

« Lille, il faut aller à la Citadelle de Lille, dans la chapelle… » ai-je le temps de dire à Rupert, avant de perdre conscience d'épuisement…

OoOoOoO

Dimanche 19 janvier 1997

Acte 9 : Les Décisions du Conseil de Discipline

Ron

Il est bien gentil, Jérémy. Vraiment, j'aime beaucoup ce gosse et nous avons pas mal discuté avec lui, Harry et Hermione ces deux derniers jours, à propos de ses anciennes convictions, qu'il remet totalement en cause, maintenant qu'il a vu la véritable face du Serpent…

Oui, vraiment je l'aime bien. Il est intelligent et adore bouquiner, s'intéressant à des domaines variés, ce qu'Hermione apprécie particulièrement chez lui. On comprend pourquoi quand on sait à quel point elle est curieuse de tout…

Mais j'avoue que j'aimerai bien qu'il lâche un peu Harry…

Nous n'avons pas pu avoir un seul moment d'intimité tous les deux. Et maintenant que Jérémy ne dort plus autant, il devient plus que difficile de pouvoir seulement tenir un peu la main de Harry ou frôler ses lèvres d'un baiser.

Car Jérémy n'est pas au courant concernant notre relation à Harry et moi. Et l'homosexualité est un sujet sur lequel il a des idées négatives bien arrêtées. Ce que je comprends parfaitement, étant donné ce que Voldemort a voulu lui faire.

C'est Jérémy qui a abordé le sujet, à la suite d'un cauchemar qui nous a tous réveillé il y a deux nuits. Bien sûr, nous lui avons précisé qu'il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie, mais il n'en démord pas. L'homosexualité, c'est dégueulasse, dit-il et il faudrait jeter tous les homo en prison…

Quant à moi, j'aurais bien insisté un peu pour le convaincre que si la pédophilie est totalement condamnable, il n'y a en revanche rien de mal à être homo, mais Harry m'a fait comprendre d'un coup d'œil de laisser tomber pour le moment. Qu'il sera temps d'en reparler plus tard, quand Jérémy sera un peu remis de son expérience traumatisante.

En attendant, pas de mot doux, de regard ou geste tendre, ni de baiser, quand Jérémy est avec nous… Et il est toujours avec nous. Même dans la salle de bains…

Ah ! Voilà Draco et les potes !

« Alors ? » demande-je, sans même leur laisser le temps d'entrer.

Je suis pressé d'apprendre enfin ce qui a été décidé lors du Conseil de Discipline et à quelle sauce vont être mangé les Ânes Bâtés qui ont attaqué des élèves.

« Alors les auditions se sont finies à 04H45 cette nuit et les décisions ont été rendues individuellement de 05H30 à 07H30 et nous ont été annoncées à 08h30. » répond Draco en poussant un soupir avant de s'affaler dans un fauteuil.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a l'air loin d'être enthousiaste. Tout comme les autres d'ailleurs. En fait, ils ont l'air déçu au possible et même visiblement en rogne, en ce qui concerne Blaise…

Ça ne sent pas bon du tout cette affaire…

« Oui, mais encore ? Vous en faites des têtes ! Que se passe-t-il, bon sang ! » s'enquiert Hermione, son regard volant de copain en copain.

« Asterope Thorpe n'est pas renvoyée, voilà ce qu'il se passe ! » répond Blaise, en serrant les poings, une lueur meurtrière traversant son regard..

« Quoi ! » nous exclamons-nous en chœur, Hermione, Harry et moi…

Putain ! Mais qu'est-ce qui leur a pris aux profs, de garder cette saleté de poufiasse à Poudlard, alors qu'elle a failli tuer Miho et qu'elle en a aussi après la tête de Blaise ? Le professeur Dumbledore avait pourtant dit à Remus qu'il allait demander son renvoi ! Et Tonton Sev aussi, était déterminé à débarrasser Poudlard de sa présence !

Théo s'apprête à faire un commentaire sûrement bien senti à voir son regard dégoûté, mais il a la chique coupée par Tonton Sev qui entre à son tour dans l'annexe. …

« Putain, mais qu'est-ce que vous avez tous foutu ! Je croyais que tu allais demander le renvoi de cette salope ! » s'exclame aussitôt Blaise, en sautant sur ses pieds avec un regard assassin pour Tonton.

Tonton Sev soupire, tandis que Jérémy écarquille les yeux sur Blaise, bouche bée. Il doit se demander si Blaise est suicidaire, pour s'adresser de cette façon à son Directeur de Maison. Mais c'est vrai que, faute d'occasion, nous ne lui avons pas expliqué encore, les rapports privilégiés que nous entretenons avec Tonton Sev, Tatie Nally et Tonton Remus…

« J'allais le faire, Blaise. Et Albus également. Mais les Thorpe étaient appuyés par leur grand-père, Astérion 1er du nom dans la lignée et il n'a pas manqué de faire remarquer, avant même le début du Conseil de Discipline, que Randy Bletchley n'a pas été renvoyé, à la suite de sa tentative de meurtre sur Ginny, le matin d'Halloween. Par ailleurs, il a argué que la Baguette d'Asterope ayant été brisée, nous n'avions pas la preuve que le Maléfice dont Miho a été victime, était bien du fait de sa petite fille. Ce que nous n'avons pas pu réfuter, car elle a seulement été vue jetant l'Expulsio qui a provoqué le traumatisme crânien, pas le Maléfice qui a précédé. Nous ne pouvions pas non plus faire valoir que nous savons qu'elle fait partie d'un groupe d'étudiants ayant accepté de passer un contrat avec ta mère Blaise, pour vous tuer, Miho et toi. D'abord parce que nous n'avons aucun preuve matérielle de cela et ensuite parce qu'il aurait été facile de décrédibiliser le seul témoin de cette affaire, que nous ne pouvions pas produire non plus d'ailleurs, au risque d'être accusés de complicité avec un prisonnier évadé d'Azkaban. Alors nous n'avons pas eu d'autre choix que de requalifier l'accusation de tentative de meurtre en tant qu'agression très grave, même si cela nous répugnait et que nous aurions nettement préféré l'envoyer rendre des comptes devant le Magenmagot. Dans le cas contraire, à moins d'accepter de revoir notre position concernant Randy Bletchley, nous aurions été accusés de partialité et l'affaire aurait été portée devant le Magenmagot qui n'aurait pas eu d'autre choix que de statuer en faveur de Thorpe… » répond Tonton Sev, d'un ton calme et posé.

« Alors il n'y avait qu'à réviser la situation de Bletchley et les renvoyer tous les deux ! » s'exclame Blaise, d'un ton coléreux.

« Tu sais ce que Randy Bletchley risque, si nous faisons cela, Blaise. (1) Ne me dis pas qu'à notre place, tu aurais été prêt à endosser la responsabilité de ce qui lui arriverait, pour avoir le plaisir d'assister au renvoi d'Asterope Thorpe. » réplique Tonton, d'une voix douce

Blaise soupire et ferme les yeux…

« Non… » répond-il, l'air accablé…

J'aurais répondu la même chose. Car à supposer que le Magenmagot déciderait sûrement que Bletchley a été suffisamment puni, après deux mois et demi de mise en isolement, Voldemort, lui ne manquera pas de sévir beaucoup plus sévèrement, pour son échec. Et ensuite, il lui fera donner le Baiser du Détraqueur auquel il espérait que Bletchley soit condamné après le meurtre de Ginny, à la seule fin de mener ses projets à bien…

Alors non, nous ne pouvons pas renvoyer Bletchley. Ça le condamnerait à mort et probablement son frère avec… Or, même si ce sont deux sacrés abrutis, nous n'avons pas le droit pour autant de disposer ainsi de leur vie…

« Je suis heureux de te l'entendre dire. Et tu peux compter qu'au Conseil de Discipline qui aura lieu fin juin pour statuer sur la poursuite ou non en Septembre de ses études à Poudlard, ne lui sera pas favorable. En attendant, elle est mise à l'isolement, dans des conditions similaires à celles de Bletchley, jusqu'à ce qu'elle exprime des regrets sincères, ce qui ne risque pas d'arriver, n'est-ce pas ? » déclare Tonton Sev, sur un nouveau soupir.

Ouais… Fin juin, le cas de Bletchley ne sera plus du ressort de l'école. A lui de décider ce qu'il fera dès le soir des vacances. Ou il demande la protection de l'Ordre ou il décide de se débrouiller seul ou de rejoindre Voldemort. À ses risques et périls concernant les deux dernières possibilités…

« Et pour les autres, qu'a-t-il été décidé ? » demande Hermione, après un instant de silence collégial

« Alienor Forbanks est renvoyée de l'école, sa Baguette a été brisée et elle est déjà transférée au Ministère, en attendant son procès pour avoir fait usage d'un Doloris sur Théo. Les autres agresseurs sont en retenue jusqu'à la fin de l'année, sept jours sur sept. Ils ne disposeront pas de leur Baguette durant deux mois, en dehors des cours. Pour les autres, retenues dans les mêmes conditions qu'avant Noël, jusqu'à la fin des vacances de Pâques. Et cette fois, il ne sera pas question de réviser la punition, comme nous l'avons fait avant Noël… Si nous avions su ce qui arriverait, jamais nous n'aurions levé la punition, sous le prétexte qu'après tout, si eux ne méritaient pas leurs vacances, les professeurs si… » répond Tonton Sev, avec un ton de regret…

C'est vrai, qu'après la scission de Serpentard, au lendemain d'halloween, les Ânes Bâtés avaient été prévenus qu'ils n'iraient pas en vacances à Noël, mais effectueraient des travaux d'intérêt généraux. Mais avec tout ce qu'ils s'est passé après, plus la préparation du faux Conseil des Ministres à Dunvegan à laquelle certains profs ont pris part, l'attaque de ce faux Conseil en perspective et ses conséquences prévisibles, le Directeur a jugé préférable, en accord avec Tonton Sev, qu'il valait mieux renvoyer les Ânes Bâtés chez eux plutôt qu'avoir en plus à les surveiller…

Et les profs méritaient effectivement un peu de repos…

« Ah ! Et en plus, aucun ne peut envoyer de courrier sans que j'aie préalablement vérifié son contenu. Et j'irais moi-même à la Volière une fois par semaine pour l'envoyer… » ajoute Tonton Sev, avec une grimace

C'est sûr que tout ça, c'est du boulot en plus pour lui et les autres profs.

Mais si l'on regarde les choses du bon côté, ça permettra aussi de faire tourner la Ferme Pédagogique à plein régime et d'approvisionner au max le Village des Elfes…

« Il y en a un à qui ça doit faire plaisir tout ça, c'est Rusard. Il va de nouveau pouvoir faire briquer les armures et le sol du Grand hall trois fois par jour… Et après, il râlera parce que les dalles en marbres auront été usées par « ces petits voyous qui mériteraient d'être enchaînés dans les cachots » comme il dirait… » déclare Dean, avec un sourire goguenard…

« Ça c'est sûr ! En revanche, si les Ânes Bâtés continuent de leur piquer leur job, les Elfes de maison vont finir par manifester et défiler dans les couloirs avec pancartes et banderoles. Je les vois bien scander : Enchaînez les Ânes Bâtés dans leurs cachots et rendez-nous notre boulot ! » s'exclame Seamus, en rythmant son slogan poing en l'air

Ça a le mérite de dérider tout le monde, même Blaise qui lève les yeux au ciel, avec un sourire en coin.

« Ma sœur aussi est punie, professeur Snape ? » demande soudainement Jérémy, avec timidité

Ce qui, naturellement, fait cesser les rires.

« Oui, Monsieur Costner. Elle reconnait ses erreurs et a souhaité assumer ses responsabilités. Elle a aussi demandé à ne plus faire partie du dortoir fille. Diamond Casey et Dan McAllister dont le frère aîné est décédé lors de l'attaque du train, également. Mais aucun des trois ne souhaite intégrer le dortoir garçon. Ils iront donc chez les Poufsouffle ou les Serdaigles. » répond Tonton, avec douceur

« Et ma mère, est-ce qu'elle est venue ? » demande encore Jérémy, avec un peu de tension dans la voix.

« Oui » répond laconiquement Tonton, avec un regard triste pour Jérémy qui baisse la tête…

« Elle ne veut plus me voir, hein, maintenant qu'elle sait que je ne suis plus pour lui… » souffle Jérémy, que Harry prend par les épaules, dans un geste de réconfort.

Tonton se lève de son siège et fait le tour du lit, pour venir s'assoir auprès de Jérémy. Il le prend par les épaules et l'incite à l'écouter

« Je crois que la situation est difficile pour votre mère, Jérémy. Ne la condamnez pas. Comprenez que des regards très lourds pesaient sur elle et qu'elle a dû laisser votre plus jeune frère à la garde de vos grands-parents paternels pour venir ici. Un jour peut-être viendra-t-elle avec lui, demander que nous l'aidions… » explique-t-il, d'un ton encourageant.

Jérémy hoche la tête, avant de se réfugier dans les bras de Harry, songeur et triste…

Il a écrit à sa mère, pour lui donner de ses nouvelles. Elle n'a pas répondu.

Pauvre gosse. Et foutue guerre qui sépare des familles…

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1) Halloween 1 – 2 Conversation Voldemort- Salazar à propos de Randy Bletchley : « Oui… Salazar… Car l'imbécile sera condamné au baiser du Détraqueur, pour avoir tué la Traîtresse… Et son frère tout aussi idiot nous croira, quand nous lui diront qu'il peut aller le rechercher, en passant par le Chemin des Âmes… »

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