Disclaimer: cf chap 1

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Mistycal est la super beta de cette fic...

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Réponse sur mon forum, aux commentaires de: - Douceurfamille - Yzeute - Mireille -

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Retour Progressif Au Quotidien 3 / 3

Jeudi 23 Janvier 1997

Acte 10 : Un Chaleureux accueil

Harry

Voilà, le grand jour est arrivé. Richard a enfin décidé que Ron, Jérémy et moi pouvons sortir de l'infirmerie et nous allons prendre notre petit déjeuner dans la Grande Salle.

Jérémy redoute ce moment. Il sait que tous les regards vont se braquer sur nous. Si nombre d'entre eux seront amicaux, d'autres ne le seront pas et il craint par-dessus tout, les réactions des Ânes Bâtés à son égard. Il faut dire que sa sœur Jodie l'a prévenu. Elle a reçu plusieurs lettres depuis lundi, tout comme Diamond Casey et Dan McAllister, dans lesquelles ils sont accusés de traitrise envers Voldemort et menacés de représailles…

Ce sont des hiboux de l'école, qui les ont apportés.

Et il est certain que ce ne sont pas des Ânes Bâtés connus qui les ont envoyées…

Pour l'heure, Jérémy n'en a pas encore reçue. Mais il se doute bien que cela ne va pas durer…

Jérémy serre sa main sur la mienne. De plus en plus fort, à mesure que nous avançons en direction de la Grande Salle. Son front commence à perler de sueur et sa respiration se fait plus courte. Et quand nous arrivons en vue des portes grandes ouvertes, il s'arrête.

« Respire, bonhomme. Dis-toi bien que tu auras beaucoup plus d'alliés que d'ennemis et que tu ne seras jamais seul pour aller d'une classe à l'autre.» le rassure-je, en exerçant une petite pression sur sa main.

« Ouais et si on t'insulte, répond par l'indifférence. Si on essaye de te cracher dessus de face, n'oublie pas le petit Sortilège que je t'ai appris et qui retournera le crachat sur la figure de l'autre. Si on te crache dans le dos, continue ton chemin sans réagir. Tu auras toujours un copain pour nettoyer ta robe. » renchérit Ron, en lui ébouriffant les cheveux.

Jérémy hoche la tête pour toute réponse. On voit bien qu'il n'a pas encore récupéré totalement. Sa petite mine est plus pâle qu'elle l'était ce matin, des cernes se dessinent sous ses yeux. Et comme il ne mange pas encore beaucoup, ses joues sont toujours trop creuses.

« On y va ? » m'enquiers-je avec douceur.

Il acquiesce, respire à fond et effectue le premier pas.

Tout le monde est arrivé quand nous passons la porte. Le courrier aussi et nombres d'élèves sont plongés dans la lecture de lettres, de magazines ou de la Gazette du Sorcier. Cependant, dès notre entrée, des yeux se lèvent sur nous et quelques applaudissements en entraînent rapidement d'autres. Bientôt tous les regards sont braqués sur notre trio et des acclamations de bienvenus nous accueillent à notre passage…

Je suis heureux que les Gryffondors se soient tous levés. Cela permet que Jérémy ne voie pas les Ânes Bâtés dont certains regards sont franchement hostiles…

Il les verra bien assez tôt…

En attendant, il est ému de l'accueil très amical qui lui est réservé, car on s'adresse autant à lui qu'à moi et Ron, on lui donne de petites frappes sur l'épaule avec des sourires.

« Merci ! Merci ! Merci de cet accueil chaleureux ! Les héros du jour ont compris combien vous les aimez ! Ils vous aiment aussi, soyez en assurés ! Maintenant, s'il vous plait, pourriez-vous les oublier un instant pour qu'ils puissent prendre leur petit déjeuner tranquillement ? Merci ! » s'exclame Ron, sous Sonorus pour que sa voix porte sans effort au-dessus des applaudissements et acclamations.

Le niveau sonore revient bientôt à la norme habituelle et nous nous installons avec Hermione, Neville, Ginny et notre groupe de copains.

« Tu vois que tout s'est bien passé. » souris-je à Jérémy, en lui versant un jus de citrouille, tandis qu'il se sert d'une petite portion d'œufs au bacon

« Oui, mais là, c'est parce qu'on vient d'arriver. Comment ça va aller, tout à l'heure ? » répond-il, la voix nouée.

« Ça va aller que si un sale con d'Âne Bâté t'emmerde, il va s'en prendre plein la tronche. Je me suis chargé de faire passer le mot. Gryffondors, Poufsouffles, Serdaigles et Serpentards, tous unis contre les Ânes Bâtés, pour la protection de Jérémy. Avec l'accord du professeur Lupin, la leçon de duel des élèves de ton année hier, a été consacrée à ça. Ginny et moi, on leur a appris des petits Sortilèges bien sympathiques… » répond Seamus, avec un clin d'œil et un sourire sarcastique

« Vous avez fait ça ? » demande Jérémy, en regardant Ginny et Seamus, avec des yeux ronds et incrédules.

« Bien sûr. C'est ça, la solidarité chez nous… Et tu vas voir, quand tu seras remplumé et en pleine forme, tu viendras t'entraîner avec nous. Mais pour ça, il faudrait que tu manges davantage que tu le fais là… » répond Ginny, en mettant d'autorité un bol de céréales au chocolat auprès de l'assiette au trois quart vide de Jérémy…

Il lui sourit et acquiesce vivement, avant d'attaquer son bol de céréales avec un nouvel appétit. Ça me fait très plaisir et je remercie Seamus et Ginny d'un signe de tête, avant d'orienter la conversation sur autre chose.

Ça fait du bien, d'être sorti de l'infirmerie, de retrouver l'ambiance du quotidien. Je commençais à ruminer un peu, là-haut, durant les petits moments creux. Avec la reprise des cours, les devoirs, les entraînements, les réunions et les tours de garde, j'aurais de quoi faire et ça m'empêchera de penser trop souvent à ma captivité. Aux cauchemars que j'ai faits. A ceux que je fais encore, même s'ils sont nettement moins nombreux…

Aux souffrances que nous avons subies Jérémy et moi.

Au cadavre de la Goule Venimeuse que j'ai tuée avec mon couteau de chasse…

Jérémy m'a dit que je l'ai touchée en plein cœur…

Je ne l'ai pas fait exprès. J'étais dans la pénombre, le flou de mes yeux myopes aggravé par l'épuisement et dans une position plus que précaire et douloureuse.

Papa Sev dit que ce sont l'adrénaline et les réflexes que j'ai acquis durant mes entrainements sur les cibles qui ont permis ça. Le cœur des cibles, c'est ce que nous avons toujours visé. Alors quand la Goule Venimeuse a attaqué Jérémy, mon cerveau et mon bras ont agi en conséquence, par instinct de conservation…

Résultat, j'ai un cadavre de plus sur la conscience. Et cette fois, ce n'est pas un accident et j'en suis directement responsable…

Mais ce n'est pas ce qui m'ennuie le plus. Je n'éprouve ni regrets, ni remords. C'est pour cela que ce cadavre me hante… Je ne veux pas devenir indifférent, froid et insensible aux morts que je provoquerai durant mes prochains combats contre l'ennemi. Car il y en aura d'autres, c'est certain… Et j'ai peur que cela deviennent une chose banale pour moi, que de tuer…

Papa Sev et Maman Nally affirment que ce que je ressens est normal. Et selon eux, le fait que cela me préoccupe est signe que justement je ne suis pas indifférent, froid et insensible. Et si je n'éprouve pas de regret d'avoir tué la Goule Venimeuse, c'est parce que c'était de la légitime défense et que c'était elle ou Jérémy et moi…

Et que cette absence de regret ne fait pas de moi un monstre.

Ils ont raison, bien sûr. Je suis juste un garçon de seize ans, qui a défendu la vie d'un enfant de douze ans et la sienne. C'est ça, qui n'est pas normal. Je n'aurais pas dû avoir à faire cela.

Je ne devrais pas avoir à penser que j'aurais encore à tuer pour défendre des vies et la mienne, ni avoir à m'entraîner, à élaborer des plans de défenses de mon école, à effectuer des tours de garde, à être le garde du corps de mon nouveau petit frère ou de Blaise…

Encore moins de devoir me remettre de tortures physiques et psychologiques…

Non…

Je devrais être un adolescent insouciant qui rit et s'amuse avec ses potes durant ses temps libres. Un élève qui se préoccupe seulement de ses études, de Quidditch et de ses amours…

« Harry… Harry ? » m'appelle Jérémy, d'un ton soucieux.

« Oui, bonhomme ? » réponds-je, un peu machinalement, tandis qu'une main serre mon épaule…

C'est celle de Ron. Elle m'aide à revenir dans la réalité dont je m'étais déconnecté. Cela m'arrive assez souvent…

Mais ça aussi, c'est normal, selon Papa Sev, Maman Nally et Richard…

« Je vais en cours » annonce Jérémy, quand il est certain que toute mon attention lui est acquise.

Je remarque avec plaisir que plusieurs élèves de sa classe sont debout auprès de lui. Des Serpentards et des Gryffondors, avec lesquels il a cours de Défense Contre les Forces du Mal, pour commencer la matinée.

« D'accord, bonhomme. On se retrouve ici à midi pour déjeuner. Tu pourras me raconter comment s'est passée ta matinée, Ok ? » réponds-je avec un sourire, en lui ébouriffant les cheveux.

Il aime bien que je lui fasse ça. Que je mette du désordre dans ses cheveux. Il dit que comme ça, on se ressemble un tout petit peu… Juste pour la coiffure, bien sûr. Car il est aussi blond que je suis brun. Il est petit et malingre et il a des yeux bleus très pâles. En fait, il a pas mal de points communs avec Draco…

Je le regarde partir. Il se redresse, au milieu de ses nouveaux copains, qui ont l'intelligence de ne pas lui poser de question sur ce qu'il a subit. Je soupçonne Ginny et Hermione d'avoir fait la leçon aux gamins de Gryffondor. Et je pense qu'on a dû en faire autant dans toutes les Maisons.

« C'est l'heure pour nous aussi, Harry. » déclare Ron, en se levant.

Qu'est-ce qu'on a déjà, ce matin ?

Ah oui… Métamorphose. Cela ne posera aucun problème, même si j'ai la tête un peu ailleurs…

Il faudra quand même que je la retrouve complètement celle-là. Ou il pourrait m'arriver des bricoles. Et ça, j'en ai eu bien assez déjà, à cause de ma distraction…

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Acte 11 : Incidents Et Conséquences

Remus

Bien, je suis très satisfait de la manière dont se déroule la classe, pour Jérémy Costner.

Il est très entouré, par des petits Serpentards Neutres et des Gryffondors, dont Keina Jordan, la sœur de Lee, qui est aussi boute en train que son frère, Lilas Crivey, frondeuse et généreuse comme Colin et Dennis et enfin, Lucas Ryan, dont le frère aîné Nicholas fait partie du Comité Expert en Evacuation et Protection des petits…

C'est la première fois que je vois Jérémy Costner aussi détendu et participatif en classe.

Il s'instaure déjà entre lui et ses nouvelles relations, un esprit de compétition amicale, qui ne peut que lui être bénéfique. Aussi bien sur le plan personnel que scolaire…

Mon regard vole vers Anthony Halloway, Ramos Ramirez et Carl Rickers, tandis que je dicte quelques définitions importantes de ma leçon du jour. Même si je ne doute pas un instant qu'ils soient aussi durs dans leurs convictions que leurs aînés, il n'y a plus que ces trois élèves qui soient Pro-Voldemort dans cette classe maintenant. Du moins, j'ose l'espérer me dis-je, en laissant cette fois mes yeux errer sur les autres élèves, qu'ils soient Serpentards ou Gryffondors…

La petite Rose Barbary, qui fait également partie du groupe entourant Jérémy, est plus effacée qu'avant. Mais c'est naturel, après le décès de son père juste avant Noël. Paul Alexander, John Calvin et Meredith Kimble, des neutres de Serpentard, sont des enfants discrets, dont je ne doute pas qu'ils soient fins et rusés comme des renards, mais honnêtes et droits. Je sais, pour avoir entendu l'une de leur conversation, que Draco est leur héros et qu'ils aimeraient avoir son courage… Eux aussi, se tiennent auprès de Jérémy. Sans doute veulent-ils par-là, plaire à leur héros…

En revanche, je ne mettrais pas de l'or sur la tête d'Allister Bland, bien qu'il se soit déclaré Neutre, lui aussi. Je me souviens que son père avait autrefois une réputation assez sulfureuse et opportuniste. Son fils ne pose cependant jamais de problème et c'est un élève dans la moyenne, qui se tient à l'écart de tout le monde.

Ah ! Mademoiselle Loo Lin Xiao ! Pas de danger de ce côté. Son père est un commerçant du Chemin de Traverse et c'est un ami de la famille Willis, dont la fille Lucy est décédée lors de l'attaque du Poudlard Express. Depuis, la gamine a déclaré qu'elle n'était plus neutre, mais ouvertement Anti-Voldemort. Son cercle d'amis, Poufsouffles et Serpentards confondus, en a fait autant… La seule chose que j'ai à reprocher à cette gamine, c'est son autoritarisme forcené et sa langue qu'elle ne sait pas tenir dans sa bouche…

Elle est la seule à avoir osé demander à Jérémy des précisions sur son séjour en captivité, juste avant d'entrer en classe. Et elle s'est offusquée vertement quand Lilas Crivey lui a répondu de s'occuper de ses affaires et de laisser Jérémy tranquille…

Je souris à ce souvenir. Décidément, les trois Crivey sont des protecteurs dans l'âme et prompts à monter au créneau…

La sonnerie annonce la fin de la classe.

« Lisez le chapitre suivant de votre manuel, pour le prochain cours. Ainsi, nous gagnerons du temps et vous pourrez passer très vite à la leçon pratique ! » recommande-je, au plaisir de mes élèves, qui adorent se servir de leur Baguette, tandis que livres, parchemins, encriers et plumes sont rangés dans les cartables.

Certains se dépêchent, pour pouvoir respirer un peu d'air frais, avant leur leçon de Botanique pour les Serpentards et leur cours de Sortilèges pour les Gryffondors, tandis que d'autres prennent leur temps. Le groupe de Jérémy en fait partie.

Celui des Pro-Voldemort également.

Je frémis. Ces trois garçons ne s'attaqueront pas physiquement au gamin, il a trop de monde autour de lui. Mais ils sont capables de l'agresser avec des mots, des paroles que leurs aînés auront mises dans leur bouche, pour lui faire peur ou le blesser…

Dois-je les suivre discrètement ?

Non, je ne peux pas. Des élèves de la classe suivante attendent déjà dans le couloir. Des troisièmes années. Gryffondor et Serpentard encore une fois. Une année plus agitée, dans laquelle il y a des personnalités bien trempées, aussi bien du côté des Pro-Voldemort que des Anti-Voldemort. Et ce petit monde n'hésite pas à s'agresser verbalement à la moindre occasion…

Les élèves retardataires sortent enfin. Je vais avec eux jusqu'à la porte avec l'intention de m'y poster pour les suivre du regard aussi longtemps que je le peux, tandis que les élèves de la classe suivante s'installeront à leur place.

« Ah ! Astoria Greengrass ! Justement je voulais te parler ! » claironne la petite Loo Lin Xiao, tandis qu'elle franchit la porte.

Mais Astoria, qui se trouve un peu à l'écart, sans doute pour attendre Dennis Crivey, lui tourne le dos et ne réagit bien évidemment pas.

« Bon sang Astoria ! Pourquoi tu ne réponds jamais, quand on te parle ! Tu es sourde ou quoi ! » s'exclame encore Loo Lin, en avançant à grand pas vers Astoria, tandis que Dennis Crivey qui arrive en sens inverse avec ses amis, se met à courir vers nous

Mon regard accroche les jumelles Melucta et Mira Thorpe et leurs amies, Isadora Vaneck et Marcy Ridgewood. Elles s'apprêtaient à entrer en classe, mais s'arrêtent pour observer la scène. Ce sont quatre petites pestes, aussi mauvaises que leurs aînés. Et leurs yeux se plissent avec suspicion…

Je frémis. Jusqu'à présent le secret d'Astoria Greengrass a été préservé. Mais si la petite Loo Linn Xiao continue à l'interpeler ainsi, je crains qu'il ne soit bientôt révélé au grand jour.

« Un peu de calme et de discrétion, Mademoiselle Xiao ! » interviens-je donc avec fermeté, avant de prier le quatuor de pestes d'entrer dans la salle de cours.

Mais la gamine, toute tournée vers son objectif, ne m'écoute pas.

« Astoria Greengrass ! » s'écrie-t-elle très fort, poings sur les hanches, à un pas d'Astoria qui ne réagit toujours pas, tandis que le quatuor de pestes entre dans la classe, mais reste à proximité de la porte..

« Qu'est-ce que tu veux, toi ! » s'exclame Dennis Crivey, en contournant son amie, pour s'interposer entre elle et Loo Lin Xiao.

« Ce n'est pas à toi, que je m'adresse ! C'est à Astoria ! » répond la petite, en repoussant carrément Dennis, pour se planter devant Astoria et lui demander : « Est-ce que tu as des nouvelles de Miho ? »

Astoria a un léger sursaut et une lueur affolée traverse rapidement son regard, quand elle jette un coup d'œil vers Dennis, tandis que je donne l'ordre à mes élèves d'aller s'asseoir à leur place, pour les éloigner le plus possible.

Nombre d'entre eux obéissent. Mais je vois les regards s'attarder sur Astoria.

Zut ! Elle snobait si bien les autres avant, que personne ne lui adressait jamais la parole. Mais maintenant qu'elle s'est fait un cercle d'amis, il était fatal qu'un jour ou l'autre, une personne non informée de son état essayerait de lui parler et découvrirait le pot aux roses…

« Qu'est-ce que cela peut te faire, qu'Astoria ait des nouvelles de Miho ou non ? » demande Dennis, avec sécheresse

« Ça peut me faire que Miho est mon amie ! J'étais la seule à lui parler avant ! Elle pourrait me donner de ses nouvelles quand même ! C'est tout juste si elle m'a remerciée pour la carte de vœux de bon rétablissement que je lui ai envoyée ! » s'exclame Loo Lin, avec un petit air pincé

Je ferme à demi la porte et m'avance un peu, pour demander à Mademoiselle Xiao de laisser ses camarades tranquilles. Mais, tout comme Astoria et Dennis, elle est trop absorbée pour m'entendre…

« Amie avec Miho ? Tu rigoles ou quoi ! Tu l'as bien laissée tombée, Miho, depuis Halloween ! Alors ton intérêt soudain pour sa santé, je suis sûr que c'est juste une question de curiosité mal placée ! Maintenant, fiche-nous la paix ! Tu ne sauras rien ! » répond Dennis, avant de prendre le bras d'Astoria, pour l'entraîner vers la classe.

Mais Loo Lin Xiao ne lâche pas le morceau et elle s'accroche au bras d'Astoria également.

« Ce n'est pas à toi de répondre ! C'est à elle de le faire ! » s'exclame-t-elle, sans prêter une fois de plus attention, au fait que je lui demande fermement de rejoindre les serres.

Astoria se dégage de sa prise et la toise d'un regard noir avant de lever le nez, puis d'entrer en classe.

« Ça c'est trop fort ! » s'exclame Loo Lin Xiao, en tapant du pied.

« C'est exactement ce que je pensais, Mademoiselle Xiao. Et je vous annonce que vous êtes en retenue ce soir, de dix-huit heures à vingt-heures, avec Monsieur Rusard ! » interviens-je, d'un ton très sévère.

« Quoi ? Mais je vais rater le dîner ! » s'exclame la gamine, avant de brusquement prendre conscience qu'elle s'adresse à un professeur et de rougir.

« Retenue, ce soir, avec Monsieur Rusard, pendant deux heures. Pour avoir négligé d'écouter un professeur ! Présentez-vous à son bureau à dix-huit heures ! Filez en classe maintenant ! » assène-je, avant de fermer la porte derrière moi.

Il règne un grand silence dans ma classe. Astoria Greengrass et celles et ceux qui savent qu'elle est sourde et muette, prennent un air faussement dégagé. Les Neutres, quant à eux, semblent ne pas savoir que penser de la scène qui vient de se dérouler, tandis que les Pro-Voldemort l'observent, avec des regards brillants…

Hélas, je crains fort que le secret d'Astoria Greengrass soit définitivement éventé.

Quelles conséquences cela va-t-il avoir pour elle ?

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Draco

La matinée a été parfaite !

J'ai reçu une lettre d'Annabelle, Harry est sorti de l'infirmerie, j'ai superbement réussi mes exercices de Métamorphose et obtenu un O en Arithmancie.

J'espère que le reste de la journée sera aussi parfait !

« Te voilà bien guilleret, Draco ! » m'accueille Ron, au bas de l'escalier, où il nous attend les copains et moi, avec Harry, Dean, Seamus et Ginny.

« Ouais ! La matinée a été parfaite ! » réponds-je, avec un sourire jusqu'aux oreilles…

« Formidable, j'en suis sincèrement heureux pour toi. Mais malheureusement, il semblerait que tu ne sois pas le seul à avoir des raisons de te réjouir… » déclare Harry, d'un ton bas et un peu refroidissant.

Je suis son regard aux sourcils froncés, jusqu'à un groupe d'Ânes Bâtés en pleine discussion animée. Il a raison, ces andouilles ont l'air de se réjouir de quelque chose. Et pour le coup, ça gâche mon humeur…

Ce n'est jamais bon, quand les Ânes Bâtés sont contents…

« Je vais tâcher de savoir ce qu'ils mijotent. Ron, ne bouge pas. Je vais profiter que tu me masques à la vue de tous pour activer mon Caméléon. » annonce Théo, qui disparait dans la seconde suivante.

Nous attendons au bas de l'escalier, guettant le groupe d'Ânes Bâtés mené par Brandburgy du coin de l'œil, tandis que d'autres groupes passent devant nous, pour aller dans la Grande Salle. Il ne faut pas longtemps, pour que Théo revienne.

« Ils ont compris qu'Astoria est sourde et muette… » dit-il précipitamment, tout en lâchant son Caméléon.

« Merde ! » m'exclame-je, tandis que Daphnée pâlit considérablement.

« Ils vont dans la Grande Salle, dépêchons-nous d'y aller aussi.. » déclare Blaise, d'un ton grondant.

« Ouais. Mais que tout le monde fasse comme si rien ne ne passe. Il ne faut pas alerter qui que ce soit. Alors prenez l'air dégagé et entrons sereinement… » temporise Harry, en refreinant Blaise d'une main enserrant doucement son bras.

Quand nous entrons dans la Grande Salle, tout est calme. Mais je suis certain que les Ânes Bâtés préparent quelque chose et je vais m'asseoir à ma place sans tarder, l'œil et l'oreille aux aguets, non sans avoir dit aux copains de me laisser gérer la situation….

Le repas se passe bien. Harry me tourne le dos mais je le connais assez pour savoir qu'il est sur le qui-vive et que Nev, assis en face de lui, le renseigne sur ce que font les Ânes Bâtés. Bientôt, les tables commencent à être désertées, y compris celle des profs où il ne reste bientôt plus de Pa et Remus.

Mais les Ânes Bâtés, eux, sont presque tous encore assis à leur place.

Et je comprends ce qu'ils vont faire, quand j'avise Astoria qui se lève pour aller en cours.

Instinctivement, je me tourne vers Brandburgy et sa clique. Son œil brille et il se lève, pour s'asseoir dos à la table…

Petit fumier, me dis-je, au moment même où Astoria arrive presque à sa hauteur

« Alors, la sourde et muette, on va en classe avec ses petits copains ? » demande Brandburgy, sur un ton bas et sournois, en allongeant les pieds pour empêcher Astoria de passer, sous les ricanements discrets de sa bande d'abrutis.

Astoria et son groupe s'arrêtent, dans un silence lourd, tandis que je perçois du coin de l'œil, Théo empêcher Daphnée d'intervenir…

« Alors, la sourde et muette, on ne répond pas ? Ah, mais oui, c'est vrai, tu ne peux pas… » susurre Brandburgy, avec une grimace de dégoût

« Si elle ne te répond pas, c'est qu'elle n'en a rien à foutre de ta sale gueule de con ! Maintenant laisse-nous passer Brutus le P'tit Merdeux ! » réplique aussi sec Dennis Crivey, en montant sur ses ergots.

« Toi, le Sang de Bourbe, ferme-là. Ce n'est pas à toi que je m'adresse. » répond aussitôt Brandburgy, en se levant, poing serrés.

Il déteste par-dessus tout qu'on l'appelle Brutus le P'tit Merdeux. Il faut dire qu'à chaque fois que Peeves croise son chemin il a droit à sa chansonnette…

« Vas-y, frappe-moi si tu l'oses, pauvre merde ! » s'exclame Dennis, en avançant d'un pas, l'air défiant.

Ce gosse est vraiment intrépide. Ceci dit, à la place de Brandburgy, je ne me fierai pas à son petit gabarit. Après tout, Ron nous a raconté que ce gamin a mis à terre un Vengeur grâce au Karaté… Bon, d'accord, la surprise était de son côté, mais tout de même. L'autre s'est effondré au premier coup de pied sur sa tête. Ce n'est pas un mince exploit, ça…

Brandburgy fume. Mais il jette un coup d'œil vers la table des profs et se retient.

« Un jour je te ferais chèrement regretter tout ça, Crivey et tu peux chier dans ton froc dès maintenant crois-moi, parce qu'il ne restera rien d'autre que de la bouillie de toi quand j'en aurais fini… » dit-il, avant d'ajouter, en se décalant : « Maintenant cassez-vous. »

« Ouais, pas difficile, si tu me prends en traître avec ta bande d'andouilles ! Mais vas-y, allez ! Bats-toi contre moi d'homme à homme maintenant et tu verras, c'est moi qui te mettrais en bouillie ! » le défie Dennis, en position de combat

« J'ai dit cassez-vous ! » siffle Brandburgy dans ses dents, l'œil brillant de fureur

« Pleutre ! » lâche Dennis, en se détournant de lui pour prendre le bras d'Astoria.

Elle l'accepte avec le sourire avant de s'avancer à ses côtés, vrillant son regard à celui de Brandburgy, nez en l'air et avec un dédain parfait..

« Tu peux faire la fière autant que tu veux, mais tes parents méritent la mort, pour ne pas t'avoir noyée à la naissance, l'infirme ! C'est ce que tout Sang-Pur qui se respecte aurait fait ! Et crois bien que si j'en ai l'occasion, je te noierai avec plaisir…» crache Brandburgy, un poil avant de se courber en deux, souffle coupé, jambes serrées et mains sur les roubignoles…

« Avec ça et un peu de chance, toi tu ne pourras pas te reproduire, sale cloporte ! » s'exclame Dennis, en position de karatéka, avant de toiser le reste de la bande en claironnant : « Il y a d'autres amateurs dirait-on, alors à qui le tour ? Profitez-en, la castration est gratuite aujourd'hui ! »

Je ne peux pas m'empêcher de pouffer, devant son air à la fois triomphant et défiant les Ânes Bâtés deux fois plus grands que lui, qui se sont levés et l'assassinent du regard. Ce qu'il ne sait pas, c'est que si aucun ne réplique, c'est que Pa arrive derrière lui…

« Que se passe-t-il, ici ? » demande-t-il, de sa voix à congeler les flammes de l'enfer…

Dennis rentre légèrement la tête dans ses épaules, avant de se retourner pour faire face avec courage à Pa. Je ne lui laisse cependant pas le temps de répondre, car le connaissant, il risque d'oublier de châtier son langage ce qui obligerait Pa à être plus sévère avec lui.

« Brutus Brandburgy a très gravement insulté Mademoiselle Greengrass et Monsieur Crivey, professeur. Et comme Monsieur Crivey a répliqué, il a aussi émis de très sérieuses menaces de représailles à son encontre. » explique-je, d'un ton calme.

« Est-ce ce qui a motivé l'agression physique de Monsieur Crivey sur la personne de Monsieur Brandburgy ? » demande Pa, qui veut bien évidemment connaître la situation exacte et va m'amener à lui rapporter tout par le menu

C'est bien là-dessus que je compte d'ailleurs, pour que Pa soit clément envers Dennis, sans pour autant paraître totalement partial…

« Non, professeur. » réponds-je laconiquement, pour lui laisser l'initiative de la suite.

« Soyez précis, Monsieur Malfoy. Je veux connaître tous les détails ! » exige Pa, exactement comme je m'y attendais…

Et je lui rapporte les faits, avec précision, sans omettre ni déformer une seule partie infime de la vérité, délivrant les échanges verbaux au mot près.

Le regard sévère que Pa avait d'abord fixé sur Dennis, se déplace vers Brandburgy qui a glissé à genoux sur le sol et se tient toujours les couilles à deux mains… A entendre ses gémissements de douleur et à voir sa tête grimaçante, ça n'a pas l'air d'être du chiquet… Mais bon, je connais la chanson pour l'avoir assez chantée : il doit en rajouter des caisses, dans l'espoir que Pa punisse sérieusement Dennis…

D'ailleurs, Pa n'a pas l'air de s'inquiéter outre mesure non plus pour lui...

« Monsieur Crivey, votre attitude chevaleresque mérite dix points. Mais votre agression vous en coûte autant. Par ailleurs, vous viendrez à 18H00 dans le bureau de votre Directrice de Maison où vous sera signifiée la sanction qui convient, selon la gravité de la blessure infligée à Monsieur Brandburgy… » annonce Pa, d'un ton ferme, dès que j'ai fini mon récit

« Bien Monsieur. » répond Dennis, qui a l'intelligence de ne rien ajouter de plus et tourne les talons sans demander son reste.

« Quant à vous, Monsieur Brandburgy, vous écoperez d'une retenue supplémentaire que je superviserai personnellement, le week-end prochain. » susurre Pa, d'un ton qui laisse entendre que Brandburgy ne sera pas à la fête, avant de se tourner vers moi : « Veuillez accompagner Monsieur Brandburgy, Monsieur Malfoy et demandez à Madame Pomfresh de noter son diagnostic sur pli confidentiel que vous viendrez me remettre sans attendre dans mon bureau. »

J'acquiesce et Pa disperse tout le monde, tandis que j'incite Brandburgy à se lever. Il a bien du mal à y arriver, mais je le regarde faire sans l'aider le moins du monde. Ce petit con n'a eu que ce qu'il mérite après tout et la prochaine fois il y réfléchira par deux fois avant de déblatérer ses conneries…

Nous avançons lentement dans le couloir, Brandburgy se tenant au mur, en geignant. Puis il grimpe les escaliers quasiment à quatre pattes et là, je me dis que soit il exagère beaucoup trop, soit c'est vraiment du sérieux…

Alors je l'observe réellement pour la première fois depuis que Dennis l'a frappé. Son visage est défait, il transpire à grosses gouttes, des larmes coulent sur ses joues, ses mains tremblent, il a uriné dans sa robe et soudainement, il se met à dégueuler tripes et boyaux…

Merde ! Ce n'est pas de la comédie et je crois qu'il vaut mieux que je le fasse Léviter pour l'emmener le plus vite possible jusqu'à l'infirmerie. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Et je cours avec lui au bout de ma Baguette, appelant Pompom tout en l'allongeant sur le premier lit quand nous arrivons…

Pompom accourt, jette un Sortilège de Diagnostic et pâlit, appelant Richard à son tour…

« C'est grave ? » m'enquiers-je, avant de transmettre rapidement la demande de Pa concernant le diagnostic.

Richard ne répond pas, mais ferme le rideau et il s'affaire avec Pompom

Alors j'attends, assis sur un autre lit. Me faisant plus de mouron de minute en minute…

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Severus

Plus d'une heure que j'attends dans mon bureau que Draco viennent me transmettre le Diagnostic de Pompom. J'aurais mieux fait d'aller moi-même à l'infirmerie.

J'avais demandé à Tarendra de me remplacer pour les deux premières heures de cours de l'après-midi, il va falloir que je lui demande d'effectuer la suivante également si cela continue…

Ça m'inquiète beaucoup. Car cela signifie que Dennis Crivey a gravement blessé cet idiot de Brutus Brandburgy et que nous allons être contraints de sévir très sévèrement. Ce qui m'ennuie profondément, car Dennis est un gentil garçon, certes trop prompt à réagir et impétueux, mais foncièrement généreux, bienveillant et serviable.

Deux petits coups frappés sur la porte me tirent de mes réflexions. J'invite Draco à entrer et il me tend un parchemin scellé, sans dire un mot. Il a couru et il a l'air anxieux. Je casse le sceau, déplie le parchemin et le lit rapidement, avant de me caler contre le dossier de mon fauteuil, en fermant les yeux…

« Quoi ? » demande Draco, très pâle…

Je lui tends le parchemin. De toute façon, tout Poudlard sera au courant avant ce soir. Draco le lit et lève vers moi un regard catastrophé..

« Oh putain ! Il lui a éclaté les couilles ? Il l'a vraiment castré ! » s'exclame-t-il, avec une grimace et un geste qui traduit combien il imagine ce qu'a pu ressentir Brandburgy…

« Tu as lu aussi bien que moi… » réponds-je, de mon ton le plus neutre possible…

En réalité, je suis aussi catastrophé qu'il a l'air de l'être.

« Putain… il n'y est pas allé de main morte, Dennis…Remarque, je m'en doutais bien, vu le temps que ça a pris pour soigner Brandburgy… » souffle Draco, en se laissant tomber dans la chaise qui me fait face, avant de rectifier : « J'aurais plutôt dû dire, il n'y est pas allé de pied mort… »

« Nous pouvons le dire, effectivement… » réponds-je machinalement, en pianotant sur mon accoudoir…

Je n'ose imaginer la tête que va faire Minerva quand je vais lui apprendre ça…

« Oh et puis merde ! Brandburgy n'avait qu'à se la fermer ! Il l'a bien cherché ce connard ! » explose mon filleul, en passant une main nerveuse dans ses cheveux, avant d'ajouter : « C'est de ma faute, j'aurais dû intervenir au lieu d'attendre de voir comment Dennis et ses copains allaient se débrouiller… »

Il soupire et je soupire tout autant que lui. Moi aussi, j'aurais dû intervenir tout de suite.

« Vous n'allez pas être trop sévère avec Dennis, n'est-ce pas ? Il n'avait pas l'intention de blesser Brandburgy… » déclare Draco, après un petit silence.

« Hélas, après ce qu'il a dit, les Ânes Bâtés vont largement divulguer le contraire. Par ailleurs, tu peux être certain que les parents Brandburgy seront ici demain matin à la première heure, si ce n'est dès ce soir, pour demander des comptes. Nous avons donc intérêt à prendre les devants… Et il faut être honnête, ce qu'a fait Dennis est très grave. Nous ne pourrons pas lui éviter le Conseil de Discipline et il faudra que la punition soit à la hauteur de la faute ou ils porteront l'affaire devant le Magenmagot. Ce qui serait encore pire pour Dennis…» assure-je, sur un nouveau soupir

« Mais merde ! Brandburgy est un sale abruti ! S'il n'avait pas dit ce qu'il a dit, Dennis ne l'aurait pas frappé ! C'est sa faute s'il en est là, maintenant ! » s'exclame Draco, en se levant d'un bond.

« Bien sûr, Draco. Nous en tiendrons compte et Brandburgy sera puni pour cela. Mais nous ne pouvons pas passer sur la réaction beaucoup trop violente et dangereuse de Dennis ou c'est la porte ouverte aux règlements de compte à tous les coins de couloirs. » réponds-je, avec assez de fermeté pour qu'il se calme.

« Parce que tu crois que les Ânes Bâtés vont se gêner, peut-être ? Tu peux être certain que Dennis est déjà sur leur liste noire et qu'ils ne le louperont pas à la première occasion ! » réplique-t-il aussitôt avec fougue, mais en reprenant tout de même place sur la chaise.

« Je le sais parfaitement, Draco. Et il faudra être vigilant à ce propos. Tout comme nous avons sûrement intérêt à mettre sa famille à l'abri de représailles, fomentées par les jumeaux Brandburgy. Il n'empêche que nous ne pouvons pas ne pas sévir très sévèrement… » affirme-je, avec lassitude.

Draco ne dit rien. Il me regarde, les mâchoires serrées et le regard contrarié. Je sais cependant que ce n'est pas dirigé contre moi, mais contre Brutus Brandburgy et contre lui-même, pour avoir laissé Dennis gérer cette situation tout seul...

Tarendra passe son nez à la porte et je lui demande de bien vouloir me remplacer pour le cours suivant. Il acquiesce silencieusement et disparait aussi vite qu'il est apparu…

« Faites appel au partage des responsabilités… Incluez-moi dans la punition et soyez très sévère avec moi. Ainsi, vous pourrez éviter le Conseil de Discipline et dire que Dennis est jeune, qu'il n'a pas mesuré la portée de ses actes et être moins sévère avec lui... » lâche soudainement Draco, le regard sombre et lointain.

« Et que proposes-tu que nous te donnions comme punition ? » m'enquiers-je, les yeux plissés et me doutant bien de ce qu'il a en tête…

« Vous me retirez mon insigne de Préfet, pour manquement à mes devoirs et vous me collez quelques lourdes retenues. Cela devrait ravir les Ânes bâtés et calmer leurs esprits. Les Brandburgy aussi seront satisfaits. Tu penses, le fils renégat de Lucius Malfoy rétrogradé dans la hiérarchie de l'école ! Ça permettra de faire passer la Potion d'une sanction moins sévère pour Dennis… Vous n'aurez qu'à nommer Théo ou Blaise à ma place… » déclare-t-il, son regard bien ancré dans le mien cette fois...

Et confirmant ce que je subodorais. Cela me touche profondément, de le voir prêt à assumer les conséquences de sa décision de ne pas intervenir, en sacrifiant son insigne de Préfet qui l'a toujours rendu si fier, dans le but d'épargner de gros ennuis à Dennis.

« Draco.. » commence-je, la gorge nouée

« S'il te plait Pa, fais ce que je demande. Je m'en fiche de mon insigne de Préfet ! Il n'aurait plus de valeur à mes yeux, si Dennis devait assumer seul ! » s'exclame Draco, les yeux embués…

« Je devrais aussi assumer alors. Et laisser ma place de Directeur de Maison, car j'ai également ma part de responsabilités dans cette histoire.. » affirme-je, avec sincérité.

J'ai moi aussi beaucoup trop tardé pour intervenir.

« Foutaises ! Tu as agi comme tu l'as toujours fait, en nous laissant régler nos comptes. Cela a toujours été clair, dans chacun de tes discours de début d'année ! Lors des conflits, si des Préfets sont présents, c'est à eux de prendre la situation en main pour éviter que les choses n'aillent trop loin. Toi, tu n'interviens qu'en dernière extrémité. J'aurais dû anticiper ! C'est moi qui aie foiré, pas toi ! Et aucun professeur ne pourrait gérer les Ânes Bâtés comme tu sais le faire ! » s'écrie Draco, avec conviction

« Nally saurait le faire… » réplique-je, avec un demi sourire

« C'est une Gryffondor ! Même si la majorité des Serpentards l'aiment bien, aucun n'acceptera une Gryffondor comme Directrice de Maison ! Pas même moi, et pourtant tu sais que je l'aime vraiment beaucoup ! » rétorque Draco avec ferveur, avant de soupirer puis d'ajouter bien plus doucement : « Non, Pa, ne fait pas ça… Ne te retire pas de ta fonction de Directeur de Maison… »

Je soupire une nouvelle fois, moi aussi et je fais venir un plateau à thé des cuisines, buvant ma tasse à petites gorgées, tout en réfléchissant à ce que je peux faire, sans en arriver à priver Draco de son insigne de Préfet.

« Telle que tu m'as expliquée la situation, Draco, tu ne pouvais pas anticiper. Brandburgy semblait avoir mis fin à l'accrochage. Il nous faut trouver autre chose… » décide-je, au bout de quelques minutes

« Pa… Tu sais comme moi qu'il n'y a pas d'autre solution. Et je préfère vraiment perdre mon insigne que de voir Dennis passer en Conseil de Discipline. Alors si vous ne me le prenez pas, je le remettrais ce soir au dîner, avant que vous ayez eu le temps d'annoncer vos décisions que vous serez alors obligés de réviser… » déclare Draco, en reposant sa tasse de thé sur le plateau…

« Tu es décidé, n'est-ce pas ? » réponds-je, en le regardant droit dans les yeux.

« Oui. Et je ne veux pas que Dennis sache que j'ai demandé cela. Il en serait malade… » affirme Draco, sans chercher à se dérober.

Il est très sérieux. Et il a raison, honnêtement je ne vois pas comment éviter autrement le passage en Conseil de Discipline pour Dennis, que le partage des responsabilités.

« Très bien. C'est donc ce que je proposerai à Minerva et Albus. Cependant, Dennis doit en être informé. Il faut que la leçon porte pour lui et de savoir ce que tu as fait pour lui éviter des ennuis très sérieux, portera davantage que toutes les punitions du monde… » décide-je, avant de me lever pour aller voir Albus et Minerva

« Cela porterait déjà beaucoup, sans qu'il sache… » insiste Draco, le regard suppliant

« Non, Draco. Je serais inflexible là-dessus. Ton attitude devrait servir d'exemple à tout le monde. Dans la mesure où cela ne se produira pas, que cela serve au moins à Dennis. Il faut vraiment qu'il refreine ses ardeurs ou il finira par avoir de très gros problèmes. Et il va en avoir bien assez comme ça, déjà… » assure-je, avec fermeté

Il baisse la tête, tout en la hochant de droite à gauche, puis se lève, dans l'intention évidente de regagner ses quartiers. Il a le cœur lourd, je n'en doute pas.

« Draco, je suis fier de toi. Ce que tu as proposé est très noble… » déclare-je, en allant vers lui, pour le serrer contre moi.

« Non, ce que j'ai proposé est juste… » répond-il, en me rendant mon étreinte…

Et cette fois, il me sourit avant de partir…

Je souris moi aussi, en regardant la porte se refermer derrière lui…

OoOoOoO

Acte 13 : Débat Publique

Harry

Dès que je vois la tête de Draco, je sais que quelque chose ne va pas. Nous nous disions bien, Hermione, Ron et moi, que ce n'était pas normal qu'il ne soit pas venu nous voir après les cours, pour nous rendre compte de l'état de santé de Brandburgy…

Un coup d'œil vers le reste de la table, m'apprend que les Ânes Bâtés font tous des têtes patibulaires. Pas que ça les change beaucoup de d'habitude, mais là, je les sens tendus comme la corde d'un arc sur le point de rupture…

Et puis, Dennis n'est pas là… Ni le professeur Dumbledore, ni McGo, ni Papa Sev…

Ça signifie que nous avons vu juste et que la rumeur selon laquelle Dennis a fait exploser les couilles de Brandburgy est vraie, mais aussi que les Ânes Bâtés attendent de voir si Dennis va ou non passer en Conseil de Discipline pour avoir gravement blessé l'un des leurs ou si les profs vont se montrer honteusement partiaux et cléments dans cette affaire…

J'amorce un pas vers Draco pour en parler avec lui, mais il me fait un signe de tête imperceptible et je comprends qu'il n'a pas envie de discuter de ça.

Alors je prends place à table. Face à lui et aux Ânes Bâtés contrairement à ce midi. Cela ne ravit pas Jérémy, qui préfère nettement leur tourner le dos pour ne pas voir leurs regards sur lui, mais je veux pouvoir anticiper au cas où…

Ah, voilà les profs manquants et le Directeur. Dennis est avec eux, tête basse, ce qui est loin d'être dans ses habitudes…

Notre Directeur monte vers la table des profs, mais Papa Sev et McGo viennent se placer avec Dennis devant la table. Flitwick et Chourave, sur un signe de tête du professeur Dumbledore, viennent se placer à leur côtés…

Et on avait vu juste, avec Ron, Hermione et Gabe. Ça va barder pour les fesses de Dennis. Mais ça risque aussi de barder pour celles de quelqu'un d'autre…

« Tout le monde sait ce qu'il s'est produit à la fin de la pause déjeuner, aussi, je ne m'étendrais pas sur ce regrettable évènement, qui a eu des conséquences invalidantes pour l'un de vos camarades. » déclare le professeur Dumbledore, en regardant à la ronde : « Les professeurs McGonagall, Snape et moi-même, avons soigneusement examiné les faits et je vais maintenant vous faire part de nos conclusions. Monsieur Brandburgy a provoqué l'incident qui a abouti à l'agression dont il a fait l'objet. Pour cela, nous maintenons la décision prise par le professeur Snape de le mettre en retenue, lorsque son état de santé le permettra. Monsieur Crivey est bien évidemment coupable d'avoir réagi avec une extrême violence à cette provocation. Ce fait devrait lui valoir un passage en Conseil de Discipline. Cependant, nous devons tenir compte de plusieurs facteurs : son jeune âge, qui ne lui a pas permis d'évaluer à la juste mesure, les conséquences possible de son geste, le fait que sa réaction a été provoquée par des propos très condamnables proférés par Monsieur Brandburgy et enfin, qu'il y avait à proximité un Préfet de Serpentard, qui a manqué à ses devoirs en n'intervenant pas pour mettre fin à l'incident dès qu'il a commencé. »

Le professeur Dumbledore effectue une brève pause et aussitôt la rumeur gronde. Pour ma part, je regarde immédiatement vers Draco…

Il savait… Et son expression ne me trompe pas. Non seulement il savait, mais il a lui-même proposé d'invoquer la responsabilité partagée, pour éviter que Dennis passe en Conseil de Discipline…

Il a mis son insigne dans la balance et sa proposition a été acceptée…

Mon regard se déplace vers les Ânes Bâtés… Leurs yeux assombris brillent, oscillant entre la rage et la jubilation… Ils ont compris eux aussi, que Draco va perdre son insigne et ça les réjouit. Mais Dennis échappe au Conseil de Discipline, ce qui aurait été inscrit dans son dossier au Ministère et lui aurait inévitablement fermé quelques portes, à la fin de sa scolarité. Et ça, ça les colle de fureur…

Je gage qu'ils seront davantage fumasse encore dans quelques minutes.

Mais le professeur Dumbledore réclame le silence, alors voyons ce qui a été décidé pour Dennis, en attendant la suite…

« En conséquence des éléments précédemment évoqués, les professeurs McGonagall, Snape et moi-même accordons à Monsieur Crivey le bénéfice de circonstances atténuantes. Il est néanmoins sévèrement sanctionné : cinquante points sont retirés à la maison Gryffondor, il est mis en isolement, afin de réfléchir à la conséquence de ses actes, pour une période de trois jours à dater de ce jour et il sera en retenue chaque samedi et dimanche de 08H00 à 18H00 pour une durée de trois mois, à partir du 1er Février, sous la responsabilité des Directeurs de Maison. » annonce le professeur Dumbledore, sous le regard meurtrier des Ânes Bâtés, qui serrent les poings et fument des naseaux…

Certes, la sanction est sévère, mais nettement moins que celle à laquelle on pouvait s'attendre. Et ils n'ont pas fini de fumer, je le garantis cent pour cent…

« Par ailleurs, en conséquence du manquement à ses devoirs… » reprend le professeur Dumbledore, quand Ron se lève et l'interrompt

« Excusez-moi de vous interrompre, Monsieur le Directeur, mais si les professeurs Snape et McGonagall ont l'intention de sanctionner un Préfet de Serpentard qui se trouvait à proximité de Messieurs Brandburgy et Crivey, pour manquement à ses devoirs, alors il faudra également me sanctionner, car j'étais présent et je n'ai pas plus réagi que lui… » annonce-t-il avec calme, sous le regard rond comme des billes de Draco qui est bouche bée…

« C'est également valable pour moi ! J'étais dans le coin moi aussi ! J'ai tout vu et entendu et je n'ai pas plus bougé que mes camarades. » s'exclame aussitôt Gabe, en se levant, ainsi qu'Hermione et Ginny

Dans la foulée, Claryce, Ernie MacMillan, Hannah Abbot et Hugh se lèvent à la table de la Maison Poufsouffle, Eddy, Anthony Goldstein et Padma Patil à celle de Serdaigle, Phillipa, Benjamin, Daphnée et Albert Griffith chez les Serpentards…

Et pour le coup, les Ânes Bâtés se regardent en se demandant ce que cela signifie. Mais à voir leur trogne, ils subodorent que leur seul motif de satisfaction pourrait peut-être s'envoler, même si je vois dans un ou deux regards, l'espoir au contraire que Draco ne soit pas le seul à perdre son insigne aujourd'hui…

Du côté de la table des professeurs, le Directeur et les Directeurs de Maison semblent surpris, mais je connais assez Papa Sev pour penser qu'il a dû prévoir cette réaction et qu'il feint l'étonnement…

Après tout, c'est un Serpentard roublard. Il n'a certainement pas accepté de répercuter auprès du professeur Dumbledore et les Directeurs de Maison, la proposition de Draco de partager les responsabilités (je suis vraiment persuadé que c'est Draco qui a proposé cette solution), sans avoir la certitude qu'il ne faudra pas en arriver à lui enlever son insigne de Préfet…

Car c'est clair. Plus les responsabilités sont partagées, moins les sanctions individuelles sont lourdes.

« J'étais le plus proche. C'est moi qui aurais dû intervenir… » déclare Draco, la voix nouée, en se levant lui aussi.

« Nous étions tous proches et nous avons tous commis une erreur de jugement en laissant Dennis gérer seul cette situation. Ce ne serait pas juste que Dennis et toi, soyez les seuls à payer pour cette erreur. » répond Ron, avec calme mais fermeté.

« C'est exact. Nous devons tous partager les responsabilités dans cette affaire. » appuie Philippa, sous les hochements de tête de tous les Préfets qui se sont levés.

Un silence extraordinaire règne durant un instant dans la salle. Tout le monde reste souffle suspendu, en attendant la décision du Directeur.

Et les Ânes Bâtés fulminent tout ce qu'ils peuvent.

« Eh bien, cela change les données. Qu'en pensez-vous, Mesdames et Messieurs les Directeurs de Maison ? Monsieur Malfoy doit-il porter seul la responsabilité du manquement aux devoirs d'un Préfet ou cette responsabilité doit-elle être partagée ? » demande finalement le professeur Dumbledore, en regardant en premier lieu, vers le professeur Chourave.

« Je pense, Monsieur le Directeur, que ces jeunes gens ont raison. S'ils ont vu ce qu'il se passait et n'ont pas réagi, alors les responsabilités sont partagées. » répond-elle, ce qui n'est guère étonnant, étant donné la réputation ancestrale de la Maison Poufsouffle où la loyauté et la solidarité sont de mise

« Minerva ? » demande maintenant notre Directeur

Ma Directrice de Maison pince les lèvres et hoche la tête pour acquiescer, avant de déclarer que son avis rejoint celui de Chourave. Je me demande si elle est contrariée ou si au contraire elle se retient de sourire…

Mais je ne m'appesantis pas sur cette question, car le professeur Dumbledore passe déjà la parole à Flitwick

« Je penche en faveur de la responsabilité partagée, Monsieur le Directeur. Et je suppose qu'il était initialement prévu, de retirer son insigne de Préfet à Monsieur Malfoy et de lui assigner des retenues. Mais dans la mesure où il s'avère qu'il n'est pas le seul à avoir manqué de jugement dans cette affaire, je pense qu'il faut se pencher sur des questions primordiales avant de prendre une nouvelle décision. Comment autant de Préfets ont pu estimer Monsieur Crivey capable de gérer cette situation ? Qu'est-ce qui leur a laissé penser, que la situation ne s'envenimerait pas au point que Monsieur Crivey agresse physiquement Monsieur Brandburgy ? Et que cela aurait des conséquences aussi graves ? » déclare le professeur Flitwick, de sa voix fluette portée par un Sonorus…

Le professeur Dumbledore, semble acquiescer imperceptiblement de la tête avant de se tourner vers Pa. Mais il n'a pas le temps de lui donner la parole, car le professeur Sinistra intervient avant.

« Si vous permettez, Monsieur le Directeur, je sais que ce n'est pas l'usage, mais j'aurais une remarque à effectuer… » dit-elle, d'une voix claire et nette.

Notre Directeur semble réfléchir un instant, avant de se tourner vers la table des professeurs.

« Eh bien, je pense que nous pouvons déroger aux usages et ouvrir un débat public des professeurs, comme cela nous est permis dans des circonstances exceptionnelles, par l'article 123, alinéa e15 du règlement interne de l'école. En conséquence, faites nous part de votre remarque, Aurora. » invite-t-il d'un ton doux…

« Merci, Monsieur le Directeur. Voici donc ma remarque : il me semble, que le professeur Flitwick vient de soulever un point important. Comment effectivement les Préfets auraient-ils pu prévoir que Monsieur Crivey, un élève de troisième année, pouvait blesser aussi gravement un étudiant de cinquième année, beaucoup plus grand et fort que lui ? Monsieur Crivey a dû lui-même être surpris de la conséquence de son geste, n'est-il pas ? » déclare le professeur Sinistra, en regardant l'ensemble de sa tablée où il ne manque que le professeur Trelawney, comme d'habitude.

Voilà des points en faveurs de la défense, me dis-je, en souriant dans ma moustache, et pour le coup, les Ânes Bâtés commencent à être verts… Leur Chef de fil mis à terre par un minus comme Dennis, ce n'est pas bon pour leur réputation, c'est sûr… Et qu'un prof en fasse la remarque c'est pour le moins humiliant…

« Je vous approuve tout à fait, Aurora ! Et j'estime qu'il serait disproportionné de retirer leur insigne à tous ces jeunes gens ! Certes, ils ont manqué à leur devoir en n'intervenant pas pour mettre fin à cette affaire, mais nous connaissons suffisamment ces élèves, pour pouvoir affirmer qu'ils ont dû penser l'incident clos, lorsque Monsieur Brandburgy s'est effacé pour laisser passer Monsieur Crivey. Du moins, il me semble d'après ce que le professeur Lupin a rapporté dans la salle des professeurs, que c'est ainsi que cela s'est passé, n'est-ce pas ? Or, avant cela, il ne s'était agi que d'un échange un peu vif de mots, comme il en arrive fréquemment entre les élèves. » intervient le professeur Babbling, sous les hochements de tête de la plupart de ses collègues.

Encore des points pour Draco et les autres Préfets. Si ça continue, les Ânes Bâtés vont finir par croire qu'au lieu d'une sanction, les profs vont leur décerner des Médailles…

« Ce que je ne comprends pas, quant à moi, c'est la raison pour laquelle Dennis Crivey a été aussi agressif. Car enfin, certes il est connu pour son franc parler et sa promptitude à réagir verbalement, mais il n'a jamais été sanctionné jusqu'à présent, ni d'une retenue, ni même d'un retrait de points, si mes souvenirs sont exacts. Qu'a donc bien pu dire Monsieur Brandburgy, pour motiver ce geste ? » demande alors le professeur Bibine, en se penchant légèrement en avant, dans l'attente d'une réponse.

Ça, c'est la question qui va faire mal, je le sens. Pas pour Draco, ni pour les autres Préfets, ni même pour Dennis, mais pour les Ânes Bâtés et Brandburgy en particulier…

Quoique Brandburgy y a déjà laissé ses burnes. Je me demande dans ces conditions ce que les profs pourraient lui faire qui fasse plus mal que ça…

« Brandburgy a découvert aujourd'hui que ma sœur Astoria est sourde et muette et quand elle est passée devant lui avec Dennis, à la fin de l'altercation, il a dit textuellement : Tu peux faire la fière autant que tu veux, mais tes parents méritent la mort, pour ne pas t'avoir noyée à la naissance, l'infirme ! C'est ce que tout Sang-Pur qui se respecte aurait fait ! Et crois bien que si j'en ai l'occasion, je te noierais avec plaisir… Voilà, ce qu'a dit Brandburgy ! » s'exclame Daphnée en réponse au professeur Bibine, d'une voix un peu tremblante

Provoquant aussitôt un brouhaha de « oh.. » horrifiés parmi les élèves mais aussi de la part de certains professeurs..

« Je tiens à préciser, pour que vous compreniez mieux encore la réaction de Dennis, que notre grand-mère maternelle est sourde et muette de naissance et que nous l'aimons beaucoup ! » intervient également Colin, la voix tout aussi tremblante que Daphnée.

« Quant à moi, mon opinion est faite ! Certes, ces faits ne justifient pas la réaction violente de Monsieur Crivey, mais ils l'expliquent et je comprends mieux la situation ! J'estime que les Préfets partagent la responsabilité de cette affaire, dans la mesure où ils n'ont pas immédiatement mis fin à l'altercation ce qui justifie parfaitement que Monsieur Crivey ne passe pas en Conseil de Discipline. La sanction dont il fait l'objet me parait même un peu sévère maintenant. Quant aux Préfets, je suis d'avis, pour les raisons évoquées par Aurora et comme l'a signifié Bathsheba, qu'il serait disproportionné de leur enlever leurs insignes. Une simple retenue me semble amplement suffisante. Et pour finir, bien que Monsieur Brandburgy ait été gravement blessé, j'espère bien qu'il aura une punition exemplaire pour avoir osé tenir des propos aussi inacceptables ! On récolte ce que l'on sème ! » déclare le Professeur Burbage, d'un ton indigné

« Ouais, bien dit ! Mais entre nous, Brandburgy ne risque plus de semer grand-chose, maintenant qu'il n'a plus de couilles… » me souffle discrètement Seamus, par-dessus la tête de Jérémy qui glousse aussitôt…

Quant à moi, je me vois contraint de tousser pour masquer l'éclat de rire qui me prend aussitôt aux tripes… Quel con, je vous jure ! On peut dire que Seamus fait bien concurrence à Ron, pour sortir des vannes dans les moments les plus graves…

Je ne sais pas ce que j'ai raté, car mes fausses quintes de toux m'ont empêché d'entendre ce qu'ont dit Maman Nally, Hagrid et Remus qui ont été brefs, mais quand je suis de nouveau en état d'écouter attentivement les professeurs, le Directeur se tourne vers Papa Sev…

« Professeur Snape, vous ne vous êtes pas encore exprimé.. » dit-il, en regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune

« Force m'est de reconnaitre maintenant, Monsieur le Directeur, qu'il serait injuste que Monsieur Malfoy soit le seul Préfet à être sanctionné pour manquement à ses devoirs. Et, comme l'ont fait remarquer mes collègues, la différence de gabarit entre Messieurs Crivey et Brandburgy ainsi que l'enchainement des évènements, peut justifier l'erreur de jugement qui a conduit les Préfets présents à sous-estimer les conséquences possibles de la situation. Je me range donc à l'avis général des professeurs : le retrait des insignes de Préfet est disproportionné, au regard de la faute. En revanche, une retenue collégiale et un retrait de points me semble justifiés. » répond Papa Sev, que je trouve encore une fois d'une roublardise délicieuse…

Car il utilise uniquement les arguments de ses collègues, pour exprimer son avis, omettant au passage de préciser que si le gabarit de Dennis peut effectivement justifier l'erreur de jugement des Préfets aux yeux de certains de ses collègues, de nombres d'élèves et des Ânes Bâtés en particulier, cette donnée n'est pas exacte, dans la mesure où, comme lui-même, tous les Préfets savent que Dennis est balaise en Karaté. Or, s'il a assommé par surprise un Vengeur, plus grand et costaud encore que Brandburgy, durant l'attaque du Poudlard Express, on pouvait aisément prévoir que, toujours avec le bénéfice de l'effet de surprise et de la poussée d'adrénaline qu'il a dû avoir sous la colère, il ne ferait qu'une bouchée de Brutus le P'tit Merdeux…

Et que c'est bien pour cela que nous avons tous laissé faire Dennis. Nous savions qu'il était capable de se défendre, même si nous nous tenions prêts à intervenir au cas où les Ânes Bâtés lui tomberaient à plusieurs dessus…

« Eh bien, chacun des professeurs ayant eu l'occasion de s'exprimer en s'accordant sur le principe du partage des responsabilités entre tous les Préfets actuellement debout devant nous, je propose que les Directeurs de Maison et moi-même nous retirions, pour pouvoir débattre de la sanction qu'il convient, afin ne pas retarder davantage le diner. Nous reviendrons à la fin du repas, pour rendre notre décision et en attendant, je vous souhaite un bon appétit… » déclare maintenant le professeur Dumbledore

McGo emmène Dennis, qui n'a pas bougé d'un poil durant toute la durée des débats.

Je me demande ce qu'il peut bien avoir dans la tête en ce moment…

« Alors, que penses-tu de tout cela ? » demande Ron dans un murmure, en versant des jus de citrouille dans tous les verres des alentours…

« Que tu as eu une excellente idée… » réponds-je également dans un murmure, avec un grand sourire…

« Ouais… Je n'allais quand même pas laisser la fouine jouer tout seul au Gryffondor au grand cœur, n'est-ce pas Draco ? » sourit-il en retour, avec un clin d'œil, avant de se retourner sur mon frère, qui vient d'arriver dans notre dos…

Draco s'accroupit entre Ron et moi, sur un soupir…

« Putain, si ça continue comme ça, toi, il va falloir qu'on te transfert à Serpentard… Comment as-tu su, que c'est moi qui aie proposé de partager les responsabilités ? » dit-il dans un chuchotement très discret…

« Ta tête quand on est arrivé. Tu as à peine pâli quand le professeur Dumbledore a mentionné le manquement au devoir et surtout, surtout, tu as effleuré ton insigne quand Flitwick et Chourave se sont levés… J'en ai déduis que tu savais quelque chose et si tu savais, c'est que tu en as parlé avant avec Tonton Sev… Or, je vous connais assez tous les deux, pour savoir ce que tu es capable de faire et que si Tonton a marché dans la combine, c'est qu'il savait qu'il pouvait compter sur nous pour réagir au quart de poil, avant qu'il ne soit trop tard… » répond Ron, avec la même discrétion, tandis que Draco plisse les yeux…

« Avoue que vous en avez tous parlé entre vous… » souffle-t-il, l'air suspicieux, au bout de quelques secondes…

Ron lève les yeux au ciel en hochant la tête de gauche à droite…

« Avec Harry, Hermione et Gabe, seulement. Dès que nous avons entendu la rumeur à propos des couilles explosées de Brandburgy, nous avons retourné le problème. Il n'y avait pas trente-six possibilités. Soit c'était vrai, soit c'était faux. Et si c'était vrai, alors il fallait éviter à tout prix que Dennis passe en Conseil de Discipline. La seule solution pour lui éviter ça, c'était le partage des responsabilités. On a essayé d'allait voir McGo, mais nous avons croisé Bibine qui a son bureau dans le même secteur et elle nous a dit que McGo était avec Tonton Sev chez Dumbledore. Nous avons demandé si les autres Directeurs de Maison y étaient également, elle a répondu que non. Alors nous avons su qu'il ne serait pas question d'un Conseil de Discipline. Il n'était pas difficile de deviner alors, qu'il y aurait responsabilités partagées. Et comme on ne te voyait pas arriver, nous en avons conclu que tu avais décidé de jouer tout seul au Gryffondor… Egoïste, va ! » répond Ron, avec un sourire goguenard…

« Parce que vous ne l'avez pas été peut-être ? Après tout, tu as dit que vous en avez seulement parlé à quatre ? Apparemment, il ne vous ait pas venu à l'esprit que Ginny, Claryce et les autres voudraient peut-être avoir une part des emmerdes aussi… » déclare Draco, d'un air faussement scandalisé.

« Pas besoin de leur parler, on savait qu'ils suivraient le mouvement. Et mieux valait qu'il y ait le moins de monde possible au courant, pour préserver au max la spontanéité des réactions… Je te félicite d'ailleurs pour la tienne quand je me suis levé, c'était tout à fait réussi, l'effet de surprise, tout autant que la voix émue quelques minutes plus tard… Mais maintenant, à ton tour d'avouer, que tu espérais un peu que nous fassions ce que nous avons fait… » réplique Ron, en lui tendant une patte de poulet

Draco hausse les épaules, le visage fermé, avant de lâcher un sourire narquois…

« Ouais… Mais comme tu dis, il fallait que ça paraisse spontané. C'est pour cela que je ne suis pas venu vous voir. Je me suis dit que ça vous mettrait la puce à l'oreille. Je suis resté dans la Salle Commune, comme ça les Ânes Bâtés ne peuvent pas m'accuser d'avoir monté le coup… » explique-t-il, en prenant la patte de poulet dans laquelle il mord ensuite avec un bel appétit…

« Eh bien évidemment, Papa Sev comptait également que nous intervenions avant que la sanction contre toi soit prononcée, ainsi il y aurait forcément débat public des professeurs.. » glisse-je, en filant une serviette en papier à mon frère

Et en jetant un coup d'œil du côté des Ânes Bâtés, pour m'assurer que notre Trio n'attire pas leurs regards. Mais ils sont tellement fumasses, qu'ils ne prêtent pas du tout attention à nous.

« Nous n'en avons pas discuté. Mais bon, s'il a accepté que je mette mon insigne en jeu, c'est qu'il avait sûrement cet espoir en tête… » répond Draco, avant d'essuyer délicatement les coins de sa bouche…

Nous nous regardons tous les trois, avec un sourire amusé. Bon sang ! Ça fait du bien de savoir qu'il y a une telle complicité entre nous tous, que nous n'avons pas eu besoin de discuter de toute cette affaire, pour monter un plan aussi parfait et éviter des emmerdes sérieuses à Dennis, tout en préservant l'insigne de Draco…

« Regardez la gueule des Ânes Bâtés. Ça leur coupe l'appétit tout ça…. Et vu la façon dont les choses se sont passées, ils ne pourront pas crier au scandale… » fait remarquer Ron, en donnant une autre patte de poulet à Draco.

« Ouais. Une bonne idée que de provoquer le débat public des profs. Ils ne pourront rien remettre en question, sous peine d'être taxés de mauvaise foi… » appuie-je, en me servant un jus de citrouille

« Oh, ça, ça ne les arrêtera pas ! N'oublie pas qu'ils sont les champions toute catégorie de la mauvaise Foi, justement ! » déclare Draco, en me piquant mon gobelet plein

« Peut-être, mais si jamais les parents Brandburgy décident de porter l'affaire devant le Magenmagot, parce qu'il n'y a pas eu de Conseil de Discipline et qu'ils estiment les sanctions insuffisantes, Dumbledore pourra prouver qu'il y a eu débat public au cours duquel tous les profs se sont exprimés sur la question. Et ça, ça comptera beaucoup dans la balance. D'autant que les propos qui ont déclenché la réaction de Dennis, sont maintenant soigneusement consignés sur le procès-verbal de compte rendu qui n'a pas manqué d'être rédigé, puisqu'il y avait annonce publique d'une décision de sanction pour agression et que celles-ci sont toutes consignées…» répond Ron, en me tendant son gobelet.

Je le remercie d'un sourire, avant de boire une bonne gorgée et de lui rendre son gobelet, qu'il prend en profitant au passage pour effleurer tendrement mes doigts….

« Ça, je te l'accorde ! Une bonne chose que nous ayons tous bien pris connaissance des règlements de l'école. C'était long et terriblement fastidieux, mais cela nous a bien servi aujourd'hui… Ceci dit, j'ai cru à un moment que Burbage allait proposer de décerner une médaille à Dennis ! Vous avez vu sa tête, quand Daphnée a rapporté ce qu'a dit Brandburgy ? » s'exclame Draco dans son murmure..

« Oh oui ! Et pas que la sienne ! Je crains que Brutus n'ait droit à une retenue Maison, quel que soit le prof qui en aura finalement la responsabilité. Mais bon, revenons aux choses sérieuses. Nous allons avoir quatre personnes de plus dont il va falloir assurer les arrières. Les trois Crivey et Astoria. Parce que vous pouvez être certains qu'il y aura de la vengeance dans l'air… » chuchote-je, en jetant un œil du côté des Ânes Bâtés.

Mais nous n'avons pas le temps d'en parler davantage, car le professeur Dumbledore et les Directeurs de Maison reviennent.

Quatre Samedi ou dimanche en retenue et 20 points en moins par Préfet. C'est ce que cela coûte.

Ce n'est vraiment pas cher payé et naturellement les Ânes Bâtés ont tous des regards assassins et prometteurs de grandes souffrances à venir pour celles et ceux qu'ils considèrent comme les responsables d'une injustice flagrante. Et à voir comment leurs yeux vont dans tous les sens, je crois qu'ils englobent toutes celles et ceux qui ne sont pas de leur tablée…

Il faudra que nous soyons tous plus que jamais sur nos gardes, me dis-je en soupirant…

Mais après tout, ce n'est jamais qu'un retour au quotidien, n'est-ce pas ?

OoOoOoO

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