Disclaimer: Cf chapitre 1
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Beta: Mistycal...
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Réponse sur mon forum au commentaire de: - Douceurfamille -
(Tuskkina, pour le très long commentaire laissé sur le LII ce jour, je suis en train de rédiger la réponse...)
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Secrets Dévoilés 2 / 6
Acte 4 : Déménagement Express
Algie
J'accepte avec grand plaisir, la tasse de thé que m'offre mon hôtesse.
Nous sommes penchés sur ces Alexandrins depuis très tôt ce matin et la lassitude me gagne, d'autant que la nuit a été courte. Après le déjeuner, je prendrai le temps d'une petite sieste, je crois.
Mon regard s'évade quelque peu vers la fenêtre s'ouvrant sur un parc, certes un peu laissé à l'abandon, mais foisonnant de vie, malgré l'hiver. Nombres d'espèces d'oiseaux viennent s'abreuver aux fontaines et il n'est pas rare de voir des lièvres et des lapins gambader dans les herbes folles…
Il m'a été donné également de voir, au petit matin, des biches, des cerfs et même un énorme sanglier…
Ce lieu doit être particulièrement agréable au printemps et en été. Et je sais que Rupert, ce vieil homme des bois indécrottable, apprécie beaucoup son séjour ici. Il ne manque d'ailleurs pas chaque jour, d'effectuer une petite promenade en solitaire dans la forêt…
« Ah ! Robert ! Te voilà ! Je commençais à m'inquiéter, tu devais être rentré pour onze heure-trente et il sera bientôt la demie de midi ! » s'exclame Claudine, l'épouse de mon ami Conservateur au Musée Sorcier de Paris
« Hélas, il y a de quoi… » répond Robert, qui embrasse son épouse, avant de prendre place dans un fauteuil en face de moi.
Il a l'air effectivement inquiet et se passe une main lasse sur le visage…
« Les nouvelles sont donc si mauvaises ? » demande Claudine, le visage vivement alarmé.
« Oui, outre le fait que Gino semble avoir recruté d'autres mécréants de son genre, je crains que nous n'ayons à partir d'ici bientôt. » déclare Robert, le front barré d'une ride soucieuse
« Peut-on savoir ce qui te fait penser cela ? » m'enquiers-je, profondément ennuyé de causer autant d'embarras à mon ami et à sa famille.
Robert soupire, refusant d'un signe de la main, la boisson apéritive que lui propose son épouse.
« Ce sale petit fouineur a mis la main sur Bénédict avant moi. Or, tu connais ce benêt, il ne s'est pas méfié un instant et a répondu à toutes les questions que Gino lui a posées. Bien sûr, Bénédict ne sait rien de cette demeure, mais Gino a parlé d'une affaire urgente à voir avec moi et notre ami lui a suggéré de se rapprocher de mon gendre Charles, qui saurait sans doute où nous passions la journée… D'ici que Gino effectue une enquête et découvre que Charles est propriétaire d'un vaste pavillon de chasse aux environs de Senlis, il n'y a pas dix kilomètres. Il faut se tenir prêt à filer… » annonce Robert, avec une expression qui marque tout le mépris qu'il éprouve pour son ancien stagiaire…
« Où irons-nous, cette fois ? » demande Claudine, en faisant tourner son alliance autour de son doigt, dans ce geste qu'elle effectue toujours lorsqu'elle réfléchit…
« Oh, j'y ai pensé. Je ne vois guère d'autre choix que d'aller à Carcassonne… Et plus j'y songe, plus je me dis que nous ferions mieux d'y aller dès à présent. Les enfants nous rejoindront plus tard. Il n'y a qu'à leur envoyer Phynie pour les prévenir ... » déclare Robert, avant de fixer son épouse de son regard clair pour ajouter : « Je suis sincèrement désolé, Chérie, mais je pense également qu'il ne faudra rien dire de tout cela, à ton amie Margot. Tu sais comme elle est bavarde. S'il venait à l'esprit de Gino d'aller la trouver, il n'aurait pas à l'encourager beaucoup pour qu'elle lui rapporte tout ce qu'elle sait. Ce n'est pas que Gino saurait où nous trouver à Carcassonne, mais autant qu'il ne nous cherche pas là-bas… »
Claudine se lève, sur un soupir et s'en va vers la porte. Mais elle s'arrête sur le seuil, pour se tourner vers Robert.
« Je vais faire les bagages Robert. Et je te rassure, Chéri, tu n'as pas à être désolé. Bien que j'aie beaucoup d'affection pour elle, il y a longtemps que j'ai pris la décision de ne plus confier le moindre secret à Margot. Elle ne sait même pas que nous sommes ici et encore moins les raisons qui nous ont fait fuir Paris. Et bien entendu, même si elle connait notre propriété de Carcassonne, elle ne sait rien du pied à terre qui y est attaché… Je serais prête à partir dans vingt minutes… » dit-elle, avec un sourire, avant de sortir du salon…
Rupert et moi nous affairons également à faire nos bagages. Ils sont très rapidement expédiés, dans la mesure où nous ne nous sommes guère embarrassés de vêtements de rechange superflus. Deux tenues chacun, c'est tout ce que nous avons. Celle que nous portons et une autre, soigneusement pliée dans un petit sac de voyage, avec notre trousse de toilette. Et quand nous redescendons au rez-de-chaussée, Robert nous invite à attendre son épouse dans le salon, pour nous expliquer où nous allons.
« Carcassonne est une ville très réputée, pour son site historique. Nous avons un lieu de résidence, connu de tous nos amis, dans la ville moderne. Mais nul ne sait, que nous avons également un pied à terre dans l'ancienne cité Médiévale, caché aux yeux de tous, Moldus et Sorciers. Oh ! Notre habitation est très rustique et nous y serons un peu serré les uns sur les autres. Mais à la guerre, comme à la guerre, n'est-ce pas ! Nous nous en accommoderons ! Ceci dit, la Cité étant ouverte aux touristes durant toute l'année, si vous souhaitez en faire la visite, il faudra vous vêtir en Moldu. Je pense, Algie, que tu seras ravi de déambuler dans ces ruelles… » nous apprend-il, avant de se tourner vers la porte, qui vient déjà de s'ouvrir sur Claudine.
« Tu as fait vite, ma Chérie… » fait-il remarquer, en se levant pour prendre la cape qu'elle a descendue pour lui.
« J'ai pris le strict nécessaire pour chacun de nous. Phynie viendra chercher le reste si nous en avons besoin. Voilà, je suis prête, allons-y ! » répond-elle, souriant comme quelqu'un qui se prépare à passer un excellent moment…
Robert a vraiment une épouse exquise, me dis-je, pour la millionième fois depuis que nous sommes ici. En dépit de tous les ennuis que notre présence cause à sa famille, elle se départit rarement de sa joyeuse humeur…
Nous sortons sur le perron dont nous descendons les marches, pour pouvoir Transplaner, selon les coordonnées que nous indique Robert. Je surprends, juste avant de le faire, le regard de regret de Rupert, sur la façade du pavillon. Je savais bien, qu'il appréciait son charme et son confort, autant que son environnement…
Peu après, nous arrivons sur une aire de Transplanage située dans le très fréquenté quartier Sorcier de Carcassonne, dans lequel nous ne nous attardons pas. Robert nous emmène dans sa résidence de la ville basse, un petit hôtel particulier tout à fait pittoresque.
« Voilà, d'ici, nous pourrons prendre la Cheminée, sans crainte que l'on puisse tracer nos déplacements, puisqu'elle n'est reliée qu'à notre pied à terre secret… » déclare Robert, avant d'allumer une flambée.
« Tu veux dire, qu'il s'agit là d'une connexion clandestine ? » m'enquiers-je, hautement surpris, car Robert a toujours été d'une honnêteté sans faille à mes yeux…
« Oui, mon ami. Cette connexion a été établie au triste temps de Grindelwald qui a fait tant de ravages. Mon père, dont tu te souviens sans doute, a aménagé lui-même un pied à terre secret dans la Cité Médiévale et établi cette connexion, qui ne s'active que sur mot de passe, afin que nous puissions déménager d'une demeure à l'autre en toute discrétion. Il a fait cela car, comme tu le sais, il faisait partie des opposants à Grindelwald… Ni le pied à terre, ni la connexion n'ont servi à cette époque finalement, mais il a été décidé de les garder au cas où un nouveau Mage Noir se lèverait. Sage décision, en fin de compte, puisqu'aujourd'hui, cela va nous rendre de grands services. Quand les enfants seront arrivés, Phynie viendra nettoyer l'âtre et personne ne pourra dire que nous sommes passés par là. Nous procéderons ainsi, à chacun de nos déplacements par cette voie : Phynie viendra allumer le feu, puis nettoiera après chaque passage… » explique Robert, avant de nous révéler l'adresse où nous nous rendons maintenant.
Trois minutes plus tard, je pénètre dans une pièce au plafond voûté très bas, éclairée par des flambeaux. Il y a peu d'ameublement et il est très ancien. De toute évidence, le père de Robert a souhaité garder le caractère médiéval de sa demeure…
Il ne faut guère longtemps, pour faire le tour du propriétaire. A part la vaste salle à manger, il y a une cuisine, quatre chambres tout aussi sommairement meublées et une toute petite pièce pour les commodités.
Bientôt, Phynie arrive, chargée des bagages de la famille de mon ami et, en quelques vas-et-viens, elle apporte des matelas supplémentaires, qui seront déroulés à même le sol le soir…
Après le déjeuner que nous prenons sur le pouce, Claudine se charge de répartir le couchage. Elle nous attribue une chambre, à Rupert et moi, puis réserve les autres pour les couples, décidant que les jeunes gens de la famille camperont dans la salle à manger. Et quand je lui présente toutes mes plus humbles excuses pour les nombreux embarras que je lui cause, elle les réfute en riant, arguant que cela lui rappelle sa folle jeunesse, quand elle partait à l'aventure avec ses amis, aux quatre coins du monde…
Et, tandis qu'elle papillonne dans la maison, pour parfaire notre installation, Robert nous invite, Rupert et moi-même, à boire un verre en sa compagnie et à reprendre avec nous, les recherches pour décoder les Alexandrins mystérieux, qui contiennent des indices précieux pour notre quête…
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Acte 5 : Sauvetages
Ron
Bordel de bordel ! Qu'est-ce que ça signifie ?
Comment les mioches ont-ils pu disparaître sans laisser de trace ? Mais peut-être y a-t-il une autre Salle non répertoriée sur notre Carte ? Après tout, les Cachots Perdus ne sont pas loin d'ici et ils n'apparaissaient pas sur celle de Harry…
« Tu es sûr que c'est devant la Salle au Trésor, qu'ils étaient, quand leurs étiquettes ont disparu ? » demande-je à Théo, qui scrute la Carte de toutes parts avec Daphnée et Ginny.
« Certain ! » s'exclame-t-il, les sourcils froncés
« Bon, eh bien dans ce cas, il n'y a pas trente-six solutions. Cela signifie qu'il y a une autre Salle derrière la Salle au Trésor… » affirme-je, en caressant discrètement le bras de Harry, pour tâcher de le réconforter.
Je me garde bien cependant, de me frotter le nez, dont les chatouillis arrivent à leur apogée depuis que nous sommes dans le QG…
Putain ! Qu'est-ce que mon cerveau a capté ce matin, sans que je m'en rende compte ?
Il faudra vraiment que je reparle de ces cochonneries de chatouillis avec Tonton Sev et Tatie Nally moi ! Ce n'est certainement pas pour rien que j'ai ce radar intégré ! Il y a sûrement un moyen de l'exploiter pour prévenir les emmerdes, sinon, à quoi ça servirait de les sentir arriver !
Mais merde… Je n'ai pas cessé d'y penser depuis ce matin et rien ne m'est venu en tête ! Alors j'ai vraiment cru que c'était à cause des projets de Voldemort pour ce soir, que mon nez s'est mis à frétiller. Et c'était logique. Il ne s'est rien passé depuis l'attaque sur le Village Moldu il y a huit jours ! Ce n'était pas normal. Il fallait que ça arrive…
« Une autre Salle ? La vraie Salle au Trésor peut-être et les mioches l'auraient trouvée ? » demande Elinor, sourcil haussé sur le doute
« Je ne sais pas si c'est une vraie Salle au Trésor, mais je ne vois pas d'autre explication. Il faut aller voir ça de près… » réponds-je, en regardant les Serpentards présents…
Ils se concertent des yeux, mais aucun ne répond ni ne bouge d'un pouce.
Leur Salle au Trésor bidon, ils y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux et aucun élève n'appartement pas à Serpentard, ne l'a jamais visitée. Mais merde, il s'agit de circonstances exceptionnelles, là !
« Si vous voulez, nous ferons un Serment Sorcier, de ne jamais révéler son emplacement sous peine de mourir dans d'atroces souffrances ! Mais putain, il y a urgence, là ! Qui sait ce qu'il y a derrière cette salle ? C'est peut-être piégé ! » m'exclame-je, un peu agacé par ces gamineries
J'ai surtout peur que sous le coup de l'émotion et de l'angoisse qu'il arrive quelque chose de très fâcheux à Jérémy, Harry ne replonge dans l'un de ses affreux cauchemars.
Richard nous a avertis, que cela pourrait arriver…
« Pas la peine de prêter Serment. On y va… Mais pas tous, la pièce est trop petite… Voyons, Harry, Ron, Daphnée et moi, ça doit suffire pour l'instant. Si nous avons besoin de renforts, on viendra en chercher ! » décrète Benjamin, en se dirigeant vers la porte.
Nous le suivons, Harry et moi-même dissimulés sous un Sortilège de Désillusion et marchant bon train mais pas trop vite, pour ne pas alerter les copains qui sont dans la Salle Commune. Après tout, rien ne nous prouve que les trois avortons soient réellement en danger. Si ça se trouve, ils sont en train de se marrer.
Et si c'est ça, ils auront affaire à moi, je le garantis !
« Vraiment minable, votre Salle au Trésor » fais-je remarquer, quand Ben a ouvert la porte permettant d'y accéder…
Mon œil court dans toute la petite pièce, avant d'entrer. Même chose pour Harry. Un tableau miteux, qui ne parle même pas, un flambeau, des toiles d'araignées qui m'arrachent un frisson et des tonnes de poussières sur le sol…
Il y a des traces de pas, dans la poussière. Récentes. Et provenant de trois personnes différentes et petites. Nos trois loupiots, c'est sûr. Mais mon œil me dit qu'en dessous, il y en a de plus anciennes, appartenant à un élève plus âgé. Bref, on ne peut pas les identifier. Inutile donc de s'attarder là-dessus. En revanche, celles des petits sont intéressantes, car si elles révèlent qu'ils sont entrés, elles indiquent aussi qu'ils ne sont pas sortis…
« Ils sont passés derrière le tableau… » déclare Harry, en s'avançant résolument vers le portrait de Salazar Serpentard.
Nous le suivons tous les trois et nous examinons la toile. Nous essayons de tirer dessus, mais elle ne se décroche pas du mur… Rien n'indique qu'il y ait un mécanisme d'ouverture. Nous élargissons donc notre périmètre de recherche. Je regarde au-dessus du tableau, Harry examine le mur dessous, Ben et Daphnée sur les côtés…
« Il y a quelque chose de coincé, là ! » s'exclame soudainement Harry, qui a le nez collé au sol.
Nous nous penchons tous, éclairant largement la jonction entre le mur et le sol, pendant qu'il dégage des kilos de poussières et des toiles d'araignées à coups de petits sorts précautionneux. Et il a raison, il y a bien un tout petit quelque chose qui dépasse. On dirait un minuscule coin de parchemin
« Accio » murmure Harry, en pointant sa Baguette dessus
Et le bout de Parchemin vient. Il n'est pas bien grand. Pas plus qu'un timbre-poste Moldu. De toute évidence, il s'agit d'un morceau de parchemin qui a été déchiré. Une lettre peut-être, qu'on aurait réduite à l'état de puzzle…
NCIP… C'est tout ce que l'on peut lire et cela me laisse perplexe. Avec ça, on ne peut pas aller loin… Et nous sommes tous sourcils froncés, à réfléchir là-dessus, alors que cela n'a peut-être aucun intérêt…
« Quels sont les 5 principes laissés par Salazar, déjà ? » demande brusquement Harry, en relevant les yeux sur Benjamin…
« Le respect du sang. Le respect du Pouvoir Magique. La suprématie de la Magie sur les êtres inférieurs. Les… » commence à réciter Ben, sans poursuivre davantage, car dès la fin du troisième principe, le mur recule lentement sur deux mètres, avant de pivoter en arrière et de révéler un passage…
Curieusement, autant il y a de la poussière sur le sol de la Salle au Trésor, autant il n'y en a pas sur celui de ce passage… En revanche, les toiles d'araignées sont nombreuses sur les murs et le plafond…
Harry avance prudemment, ne dépassant pas la fin du mur sur lequel est accroché le tableau, mais allongeant le bras, avant de jeter la lumière de sa baguette le plus loin possible…
« Eh merde ! Ce sont des Passages Internes ! Ces chenapans sont partis à l'aventure dans ce labyrinthe ! Et tous les Directeurs de Maison et les profs sont occupés avec les Ânes Bâtés ou à l'extérieur pour des heures encore ! Il peut leur arriver n'importe quelle bricole dans ces Passages ! Ils peuvent même être blessés ! Nous leur avons pourtant bien dit de ne jamais partir à l'aventure là-dedans ! » s'exclame Harry, d'un ton inquiet et tremblant.
Et comme pour lui donner raison, nous entendons un cri qui se répercute en écho dans le loin…
« Jérémy ! Alioth ! Astoria ! Revenez ! » s'écrie Harry, que j'attrape par le bras, avant qu'il ne se précipite dans le Passage tête baissée, car les gamins crient de plus belle et que leurs cris semblent s'éloigner et non se rapprocher…
« Pas si vite Harry ! Nous allons aller les chercher, mais il faut d'abord s'organiser ! » déclare-je, avec fermeté.
Harry acquiesce, l'œil inquiet et jette un regard vers le Passage, avant de se reculer. Son épaule frissonne sous ma main et je lui envoie une vague d'amour et de chaleur apaisante.
Le mur se referme et nous repartons vers le QG, pour établir un plan. Il se dessine déjà dans ma tête, durant le court chemin et il est presque au point, quand nous arrivons.
« Alors ? » demande Ginny, anxieuse…
« Il y a un accès aux Passages Internes derrière le portrait de Salazar et les mioches sont partis dedans à l'aventure. Mais j'ai une idée de la façon dont nous pouvons nous organiser pour aller à leur recherche… » réponds-je, avant d'aller jeter un coup d'œil sur la Carte…
Ah ! Merde ! Il n'y a aucun Fantôme libre, à part Mimi Geignarde qui se trouve dans ses toilettes habituelles. M'étonnerait qu'elle nous soit utile celle-là… Tant pis, faut quand même essayer.
« Alors ? » redemande Ginny, qui semble sur des charbons ardents…
Je lui fais signe d'attendre deux secondes pendant que j'examine de nouveau la carte. Ah ! Formidable ! Neville croise dans le coin des toilettes de Mimi. Et comme il fait partie de ceux qui ont en permanence un Miroir à disposition, j'attrape le mien et j'établis la connexion…
« Nev, pourrais-tu aller voir Mimi, pour lui dire que Harry lui serait immensément reconnaissant si elle voulait bien lui rendre un grand service, avant de rappliquer tes fesses avec elle et les copains au QG ? » demande-je, à un Neville qui lève un sourcil interrogatif, mais accepte sans broncher ni demander de précision d'aucune sorte…
« Et que dois-je demander comme service à Mimi Geignarde ? Et comment devrais-je lui prouver mon immense reconnaissance ? » demande Harry, en plissant les yeux, un peu contrarié…
Je le comprends tout à fait. Mimi est son pire cauchemar après Voldemort…
« Tu lui demandes d'aller en éclaireur dans les Passages Internes. Et pour lui prouver ta reconnaissance… eh bien, je ne sais pas, moi… Permets-lui de venir une fois reluquer tes fesses la prochaine fois que tu prends un bain dans la Salle de bains des Préfets ! Elle ne demande que ça, cette gourgandine ! » réponds-je, avec un clin d'œil, sous les gloussements de rire des copains et copines…
« Ah ça jamais ! En revanche, je lui proposerai de reluquer celles de Draco. Elle a un faible pour lui aussi… » déclare Harry, pince sans rire…
Bien, s'il arrive à plaisanter, c'est que pour le moment il gère bien ses émotions… Pourvu que ça dure…
« Sûr qu'il sera ravi de l'apprendre ! » s'exclame Théo, avant de grimacer en riant…
Ouais, j'imagine bien la tête de Draco, si Harry propose vraiment ça à Mimi, en échange du service demandé. Mais bon, ce n'est pas vraiment le moment de penser à ça. Nous avons plus urgent à faire.
« Bon, on verra ce que Mimi décide. Mais de toute façon, nous allons nous diviser en plusieurs groupes de recherche et il faudra faire gaffe à vos fesses tout le monde, parce que ce secteur doit être particulièrement piégé, à mon avis… » explique-je, avant d'être interrompu.
« Pourquoi, particulièrement piégé ? » demande Elinor, en haussant un sourcil interrogatif…
« Parce que c'est quelque part dans ce secteur, que se trouve la Chambre ses Secrets. Et donc Salazar a dû veiller à bien protéger la zone… » répond Harry, d'un ton lugubre, avec un coup d'œil vers Ginny
Je ne manque pas de noter que ma sœur pâlit et qu'elle frissonne. Mais son chevalier servant préféré se charge très vite de la réconforter en passant son bras autour de ses épaules et lui embrassant doucement la tempe…
« Bon, Martha et Kate, vous restez ici en Surveillance de la Carte. Benjamin, je suis désolé, mais il vaut mieux que tu restes ici, pour aller prévenir le premier prof que tu trouveras, au cas où on tarderait. Et il vaut mieux que ce soit un Préfet de Septième année qui le fasse. Or, tu es le seul en course, les autres étant en retenue… » explique-je, sous les hochements de tête des trois membres du Comité, même s'ils sont visiblement déçus de ne pas faire partie de l'expédition de secours…
Je répartis ensuite les autres Membres du Comité, présents et à venir, en quatre équipes. Théo, Ginny, Seamus et Dean. Blaise, Ursula, Colin et Daphnée. Neville, Luna, Gil et Gregory. Harry, Elinor, Marian et moi. Puis nous décidons de marquer notre passage, mais aussi les pièges que nous rencontrerons en chemin, pour éviter que d'autres tombent dedans si nos routes venaient à se croiser dans ce dédale de couloirs…
Je prends la précaution également, de prévoir que chacun de nous ait la liste des Principes de Salazar. On ne sait jamais, nous pouvons en avoir besoin et même s'il y a au moins un Serpentard dans chaque groupe, il est possible que nous soyons accidentellement séparés les uns des autres…
« Bonjour, Harry ! J'étais dans mes toilettes, à espérer qu'un jour tu viendrais les partager avec moi, quand un garçon est justement venu me dire que tu voulais me voir. Et j'ai bien évidemment accouru ! » s'exclame Mimi, à peine a-t-elle surgi dans le QG, en venant, toute gloussante, se frotter honteusement à Harry
Le pauvre grimace et cherche à échapper au contact répugnant et glacé de cette colleuse, mais rien à faire, elle se niche de plus bel contre lui…
Rhaaaaaaaaaaaa… Je savais bien qu'elle en profiterait !
« Ah… Euh… Oui, Mimi… Voilà, j'aurais un service à te demander…Enfin, si tu veux bien… » répond Harry, en cherchant toujours à se défaire de l'emprise de cette fantômette gluante…
Aussitôt, Mimi fait la moue, l'air terriblement déçu…
« Oh ! Harry ! Moi qui espérais que tu allais enfin me faire un superbe cadeau d'amour en m'annonçant que tu allais te suicider pour me rejoindre ! Je suis terriblement déçue… » s'exclame-t-elle, avant de pousser un soupir à fendre de l'âme
Et elle part rapidement se percher sur une armoire avant de se mettre à geindre…
« ! Pauvre Mimi ! On ne s'intéresse jamais à elle sauf si on a un service à lui demander, bien sûûûûûr ! ! Jamais on ne pense à ses sentiments ! Ah non ! ! Oh non ! C'est trop demander que de vouloir un peu d'attention ! C'est toujours Mimi, peux-tu me rendre service ! Peux-tu me raconter comment tu es morte ! Qu'as-tu vu et entendu Mimi ? Et ce n'est pas parce qu'on s'intéresse à elle qu'on lui demande ça ! Oooouuuaaaannnhhhhoooouu ! Et jamais on ne lui demande comment elle va ! CAR JAMAIS ON NE S'INTERESSE VRAIMENT A ELLE ! » se lamente-t-elle, en faisant mine de pleurer, avant de hurler…
Nous levons tous les yeux au ciel et je vois Harry qui commence à être sérieusement agacé…
« Mimi ! Ça suffit cette comédie ! Ou tu veux bien me rendre service et tu deviens une héroïne, ou tu fiches le camp d'ici ! » s'exclame-t-il finalement, d'un ton sévère, en croisant ses bras sur sa poitrine…
Aussitôt, Mimi cesse de geindre. Elle se redresse, regardant Harry d'un air intéressé.
« Une héroïne ? Je deviendrais célèbre pour autre chose que d'avoir été la victime du monstre de cet horrible garçon ? » demande-t-elle, sourcil haussé, en s'avançant vers Harry, avec une œillade qui se veut séductrice, mais que je trouve pour ma part vulgaire au possible
« Oui, une héroïne, Mimi. Une occasion unique pour toi de sauver la vie de trois enfants innocents… » répond Harry, d'un ton considérablement radoucie…
« Et j'aurais une récompense ? » demande-t-elle, en se frottant de nouveau contre Harry, avec des petits gloussements agaçants et des papillonnements exagérés de paupières
« Oui, tu en auras une… Je… Je demanderai au professeur Dumbledore de te remettre une médaille d'honneur, devant tous les fantômes et les élèves réunis ! » répond Harry, qui, pour l'amadouer, laisse Mimi se frotter à lui, malgré ses frissons…
Mais Mimi fait de nouveau la moue…
« Il ne pourra pas l'accrocher sur ma robe. Ça ne sert à rien ! Il faudra que tu trouves autre chose pour me convaincre… » déclare-t-elle, en repartant vers l'armoire, boudeuse…
« Tu pourras aller reluquer les fesses de Draco la prochaine fois qu'il prend un bain dans la salle de bains des préfets ! » s'exclame précipitamment Daphnée en rougissant sous le haussement de sourcil surpris, des gars et des filles
Personne n'aurait pensé que Daphnée aurait pu dire cela. Elle est d'une telle retenue habituellement…
Mimi se retourne d'un bloc, avec un sourire jusqu'aux oreilles
« C'est vrai ? Je pourrais reluquer le beau Draco ? » minaude-t-elle, en gloussant, un doigt dans la bouche et se dandinant comme une gamine complètement tarte.
Harry soupire, tandis que Daphnée, qui s'inquiète visiblement sérieusement pour sa sœur, acquiesce avec conviction.
« D'accord ! Mais ne t'inquiète pas Harry, tu resteras toujours mon chouchou ! » claironne Mimi, avant de venir de nouveau coller Harry, pour demander ce qu'elle doit faire.
« Explorer les Passages Internes, dans tout le secteur des Quartiers de Serpentard, à la recherche de trois enfants. Il y… » commence Harry, avant d'être interrompu par un long hurlement douloureux…
« Mais qu'est-ce qu'il y a encore ! » s'exclame Daphnée, que je sens sur le point de rupture…
Je suis certain que si Mimi était un être humain, elle se prendrait quelques baffes bien senties de sa part…
« COMMENT PEUX-TU ME DEMANDER ÇA HARRY ! TU SAIS BIEN QUE C'EST PAR ICI QU'Il ETAIT ! » s'écrie-t-elle, visiblement très en colère…
Harry soupire, tandis qu'Elinor demande à Mimi de qui elle parle…
« LE BASILIC QUI M'A TUEE ! » hurle Mimi avant de reprendre, d'une voix rêveuse « J'ai croisé son regard et hop ! J'étais morte ! »
Et elle se met derechef à geindre à nous fendre le crâne.
« C'est bon ! STOP ! Tu pourras venir reluquer mes fesses aussi la prochaine fois que je prends mon bain ! C'est à prendre ou à laisser ! Et si c'est oui, on va tout de suite dans les Passages Internes ! » s'écrie Harry, avec colère
Ça stoppe illico les geignements et Mimi viens, en acquiesçant de la tête, visiblement réjouie, mais Harry l'arrête net dans son élan en prenant un air menaçant
« Pas de commentaire ! Tu ne glousses pas et tu ne me colles pas ! Ou il n'y a plus de marché qui tienne, on se débrouille sans toi ! Compris ! » tonne-t-il un doigt pointé sous le nez de Mimi, qui prend un air désappointé.
Puis il inspire profondément, avant de donner l'ordre de marche et Mimi le suit, sans plus chercher à le coller mais en jetant vers lui des coups d'œil gourmands…
Putain ! Mais qu'est-ce qui m'a pris de le vanner avec cette proposition bidon ? Elle ne va plus se sentir maintenant Mimi et elle se pointera dans la Salle de Bains des Préfets à chaque occasion…
J'ai intérêt à commander des tonnes de Chewing-gum pour boucher tous les robinets, avant que nous plongions dans l'eau…
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Blaise
Nous nous engageons dans les Passages Internes derrière Mimi, à laquelle Harry demande de fouiller tous les environs et de venir guider l'équipe la plus proche, si elle trouve les mioches.
Dès le premier croisement, il nous envoie à droite, Daphnée, Colin, Ursula et moi, nous recommandant la plus grande prudence. Je marque notre passage, selon le code convenu, tandis que Daphnée et les autres commencent déjà à examiner attentivement les murs, le sol et le plafond.
Nous avançons pas à pas, en silence, l'oreille tendue vers le moindre bruit. Il y a pas mal de bestioles. Des araignées bien sûr, qui ont tendu des toiles un peu partout entre les torchères et il n'est pas rare que des fils nous frôlent la figure et les mains. Il y a également quelques rats et souris, qui se débinent en couinant à notre approche.
J'ai parfois l'impression qu'il y a des ombres qui se déplacent devant nous. Mais ce doit être un effet de mon imagination, me dis-je, une fraction de seconde avant qu'Ursula nous demande d'arrêter, d'un ton qui ne semble pas rassuré du tout…
« Qu'y a-t-il ? » demande Daphnée, l'air anxieux…
« Ecoutez, je n'en étais pas sûr, mais maintenant cela ne fait plus de doute. Quelqu'un respire derrière ce mur… » répond Ursula, en collant presque son oreille sur les briques poussiéreuses
Je tends l'oreille, moi aussi et pendant un instant, je me dis que ma petite amie a des hallucinations, mais finalement, je pense entendre un minuscule quelque chose. Et c'est vrai qu'il se pourrait que ce soit une respiration…
« Ok, on examine le mur, il y a peut-être un système d'ouverture quelque part… » décide-je, en allumant la lumière de ma Baguette au max.
« Tu crois que c'est l'un des gosses ? Nous en avons entendu un crier tout à l'heure. Ils ont peut-être été piégés là derrière… » débite Daphnée, une lueur affolée traversant son regard, collant presque son nez au mur pour le scruter le plus attentivement possible.
« C'est de l'autre côté maintenant ! Et c'est plus fort ! » sursaute Ursula, en se tournant vivement, la mine apeurée.
Nous nous tournons d'un bloc, collant de nouveau nos oreilles au mur.
« Je suis désolé, mais moi, je n'entends rien. » annonce soudainement Colin, sourcils froncés.
« Et moi je te dis que quelque chose arrive ! Et son souffle est de plus en plus audible ! » réplique Ursula, affolée, en se tournant d'un côté et d'autre..
Brusquement, Colin lui empoigne le bras et la tire vivement en arrière, tout en se décalant pour se placer devant elle, Baguette pointée droit devant lui, face à l'ombre du passage. Et cette fois, je vois nettement quelque chose venir vers nous.
Oh Putain ! Des Harpies !
Elles sont trois et elles avancent, l'air furax, mains griffues en avant..
Mais bordel que font des Harpies dans une école ? me demande-je, en jetant un Sortilège d'expulsion qui rate sa cible.
« Ridikulus ! » s'écrie Colin en pointant les Harpies, qui se retrouvent aussitôt en train de danser d'une manière… ridicule…, avant que Colin ne les achève…
« C'était un Epouvantard ! » s'exclame Ursula, l'air infiniment soulagée…
« Génial ! Comment as-tu pensé à cela, Colin ? » m'enquiers-je, en respirant bien pour faire ralentir les battements trop rapides de mon cœur…
« Je me suis souvenu que l'une des plus grandes peurs d'Ursula, c'était de se faire attaquer par un monstre invisible, mais dont elle entendrait le souffle approcher dans son dos… » répond-il, avec un sourire jusqu'aux oreilles…
« Bravo ! Ceci dit, tu aurais pu nous prévenir, avant de nous causer une aussi belle frayeur avec tes Harpies Belliqueuses… » déclare-je, en lui donnant une bonne tape dans le dos…
Colin me fait un clin d'œil, avec un sourire jusqu'aux oreilles et je me dis que c'est bien un Gryffondor celui-là. Tout est occasion de blaguer pour lui…
« C'est peut-être à cause de lui alors, que l'un des gosses a crié tout à l'heure… » souffle Daphnée, sourcils froncés.
« Peut-être… » réponds-je, avant d'encourager mon équipe à repartir.
Colin et moi prenons la tête, même si les filles râlent un peu, affirmant que nous nous conduisons comme des machos. Il ne faut pas longtemps, pour que nous arrivions à un nouvel embranchement, ni pour décider de prendre à gauche cette fois, en marquant bien notre passage, à chaque angle du mur. Et pendant que j'effectue les marques, Colin sort un parchemin de sa poche, pour prendre note de notre parcours, déclarant qu'après tout, c'est là l'occasion de faire un plan de ce fichu labyrinthe interne, que cela nous servira peut-être un jour.
Je suis d'accord avec lui. On ne sait jamais ce que nous réserve l'avenir. La preuve, c'est que ce matin j'avais un bon feeling pour cette journée. La matinée était tranquille et le début d'après-midi prometteur d'un excellent séjour dans le Temps Ralenti. Et nous voilà en fin de compte en train de visiter des Passages Internes qui nous réservent des pièges, pour retrouver trois galopins qui sont partis à l'aventure, sans se soucier du danger dont nous les avons pourtant prévenus…
« Bon, voilà. On peut continuer… » annonce-je, avançant dans le Passage, toujours en tête avec Colin.
Les filles nous suivent et tout se passe bien sur les deux premiers mètres du chemin, mais soudainement, il y a un grondement derrière nous. Nous nous retournons d'un seul mouvement, pour voir le Passage se fermer à toute vitesse…
Allons bon. Il ne nous reste plus à espérer que nous ne sommes pas dans un cul de sac, sinon, cette fois, nous sommes dans une belle merde…
OoOoOoO
Neville
Au premier croisement, Harry nous indique de partir à gauche, Luna, Gil, Greg et moi. Tout comme Blaise le fait du côté opposé, je marque notre passage, tandis que Greg s'avance un peu pour examiner le terrain. Quelques vieilles torches éclairent les alentours d'une faible lumière mouvante. Je me demande depuis combien d'années elles sont là, attendant que quelqu'un vienne. Brûlent-elles en permanence ou s'allument-elles lorsque quelqu'un pénètre dans le Passage Secret ?
Question futile, que je chasse bien vite de mon esprit, pour examiner les lieux avec attention, à la lueur de ma Baguette, qui éclaire bien mieux…
Notre chemin s'effectue sans problème, durant un bon bout de temps, même si nous ne cessons de prendre des allées et des contre-allées qui ne mènent à rien d'autre que le couloir que je baptise intérieurement « allée centrale ».
Nous ne négligeons cependant aucun de ces Passages inutiles, car c'est pour le coup que nous risquons de passer à côté du bon chemin…
« Il y a de plus en plus de squelettes de souris et rats par ici et les toiles d'araignées sont nettement moins fréquentes, plus récentes aussi… » fait soudainement remarquer Gil, en éclairant un petit tas d'ossements délaissé dans un coin…
« Oui, le Basilic devait tenir quartier par ici de temps en temps.» déclare-je, en reprenant notre marche.
« Stop Neville ! » m'arrête soudainement Greg, en me retenant par le bras.
Je hausse un sourcil, car je ne vois rien devant qui soit suspect. Mais Greg éclaire le mur de gauche où l'on voit nettement des marques sur les pierres. Il manque un éclat sur trois d'entre elles, comme si elles avaient été frappées par quelque chose de pointu…
Je me retourne vers l'autre mur, l'examinant plus particulièrement au niveau où se trouvent les marques à l'opposé. Et je frissonne. Derrière les fines toiles d'araignées, il y a trois ouvertures très étroites sur deux centimètres de hauteur. Gil passe rapidement sa Baguette devant et quelque chose surgit des ouvertures, à la vitesse de l'éclair, dans un Wouff qui me file la chair de poule, avant de frapper le mur dans un son métallique…
Des lames, effilées et pointues. Qui m'auraient traversé la gorge et la poitrine si j'étais passé devant…
« Foutre de Godric, comme dirait Ron ! Heureusement que les gosses ne sont pas passés par ici, sinon, il y en a fatalement un des trois qui se serait pris la plus basse des lames en pleine tête… » m'exclame-je, avec un frisson d'horreur
« Putain ! Il était aussi tordu que Voldemort, celui qui a fait ça… » murmure Gil, qui teste l'une des lames en passant l'ongle de son pouce sur son fil
De toute évidence, la lame est très coupante, car elle arrache sans mal une lamelle de son ongle…
« Et qui crois-tu que ce soit, sinon Salazar ! Ce genre de truc, ça prouve bien qu'on se rapproche de l'antre du Basilic, tu ne crois pas ? » déclare-je, en examinant bien le mur, le sol et le plafond au-delà des lames, avant de passer dessous…
« Ouais, c'est sûr. Aussi tordu que son descendant… » répond Gil, avant de suivre Greg et Luna qui m'ont déjà rejoint
Nous avançons avec une prudence renouvelée, tandis que derrière nous, les lames se rétractent soudainement dans le mur. Alors nous revenons sur nos pas, pour marquer l'endroit sur les murs et le sol, au cas où quelqu'un d'autre viendrait à passer par ici.
Un frisson me remonte l'échine, quand nous reprenons notre marche. Nous avons intérêt de faire gaffe à nos miches…me dis-je…
A peine l'ai-je pensé, qu'un cri de surprise se répercute en écho, suivi tout aussitôt d'un second…
Oh merde ! Un copain et une copine sont tombés dans un piège !
OoOoOoO
Draco
J'examine attentivement un énorme cocon, suspendu au-dessus du fossé, par une espèce de liane blanche visiblement gluante et visqueuse, accrochée à une grosse branche d'arbre et autour duquel l'Iragan vole en pépiant de plus belle…
Il a une forme un peu bizarre ce cocon… On dirait presque qu'il a des pattes…
Et il y en a des tas d'autres, de tailles différentes, la plupart plus petits, suspendus au-dessus du fossé qui fait une bonne largeur et une bonne longueur de chaque côté…
Vincent ne répond pas à la question que je lui ai posée, mais il me fourre son arbalète entre les mains, sort rapidement son couteau de chasse dont il glisse le manche entre ses dents, avant de sauter sur le cocon qui, aussi sec, se balance dangereusement.
« Tiens-toi prêt, Draco ! » s'exclame Hermione, en se mettant en position de défense, Baguette en main…
« Me tenir prêt à quoi ? » m'enquiers-je, en regardant Vincent qui découpe le cocon à l'aide de son couteau, avec une précision qui me fascine…
Je me demande s'il fait souvent ça, pour faire preuve d'autant de dextérité…
« A voir débouler des Acromentulas ! Vincent est en train de piller leur garde-manger ! Tu peux être certain qu'elles vont rappliquer ici et qu'elles ne seront pas amicales du tout ! » s'exclame Hermione, tandis que j'entends un drôle de bruit, plus loin dans la Forêt…
Des dizaines de frôlements, des craquements aussi et comme un bruit de course étouffé. Acromentula, me souffle mon cerveau. Et pas qu'une… Au moins trois douzaines sans doute…
« Putain ! Vincent ! Dans quelle galère tu nous as foutus ! Fichons le camp d'ici ! Cet animal doit être mort ! » m'exclame-je, en regardant de tous côtés, l'arbalète dans la main gauche et ma Baguette dans la droite, prêt à dégommer tout ce qui bouge…
« Non ! Elles gardent leurs proies en vie, jusqu'au moment de les manger ! Et ce n'est pas un animal ! C'est un jeune Centaure ! » répond Vincent, tandis que j'entends quelque chose de lourd, tomber du côté de la fosse, dans une espèce de splash étouffé.
Un coup d'œil m'apprend que c'est Vincent et le jeune Centaure qui se sont échoués dans le fond quelque peu marécageux de la fosse..
« Draco ! » s'écrie Hermione, en jetant un sort qui fuse à ma droite.
Oh ! Putain de merde ! Les Acromentulas ! Elles grouillent de partout ! C'est sûr, il y en a plus que trois douzaines !
J'en dégomme une avec l'arbalète et je jette des Sortilèges en pagaille, en essayant plusieurs avant de trouver celui qui convient le mieux… C'est le Sortilège d'Expulsion…
Nouveau coup d'œil rapide vers la fosse. Vincent charge le jeune Centaure inconscient sur ses épaules.
Je ne m'attarde pas à le regarder faire. Les Acromentulas sont furax et elles nous chargent à pleine vitesse, en émettant des cris. Je suis dos à dos avec Hermione et nos sorts fusent, à droite, à gauche, devant…
Putain ! Toute la famille déboule on dirait !
« Draco ! Au-dessus de toi ! » s'écrie soudainement Vincent, depuis le fossé qu'il est en train d'escalader…
Mais il est déjà trop tard, je me sens soulevé de terre et ma Baguette s'échappe de ma main, car la saloperie m'a salement pincé le bras et j'ai ouvert les doigts par réflexe. Mais je ne fais ni une, ni deux, j'attrape mon couteau glissé dans ma ceinture et je lance mon bras vers son ventre. Et je rate mon coup…
Oh ! Putain non !
La saloperie me fait tourner à toute vitesse ! Elle va me fourrer dans un cocon et me suspendre dans son garde-manger !
« Draco ! » hurle Hermione, en jetant un sort qui me frôle
Ça déstabilise l'Acromentula, qui suspend un instant son travail d'entortillement de ma précieuse personne. J'ai salement le tournis, mais j'arrive, malgré les épais fils gluants qui gênent mon mouvement, à couper profondément l'une de ses pattes, d'où gicle un sang noirâtre. La bestiole pousse un cri aigu, se cabre puis titube, déséquilibrée par la douleur de sa blessure. Je profite qu'elle ne me fasse plus tourner comme une girouette en pleine tempête, pour la frapper encore une fois, dans le ventre cette fois. J'y vais de toutes mes forces, enfonçant le couteau jusqu'à la garde, avant d'appuyer fermement dessus pour bien ouvrir la plaie…
Ça coupe comme dans du beurre frais et bientôt, je me reçois du sang noir et des entrailles sur la tronche…
Beurk ! Ça pue horriblement, me dis-je, en tombant lourdement sur le sol, heureux que la bestiole m'ait lâché. Et, dans un réflexe, je roule sur le côté, pour que le cadavre de l'Acromentula ne m'ensevelisse pas…
Ce serait trop con de mourir étouffé sous le poids des entrailles puantes et du cadavre de cette saleté de bestiole que je viens de tuer quand même !
Je me relève vite fais et je me remets dos à dos, avec Hermione et Vincent, qui est enfin sorti de son fossé et jette lui aussi des Sortilèges de son côté…
C'est la pagaille, ici …
Il y a une bonne cinquantaine d'Acromentulas qui nous cernent de toutes parts, elles poussent des cris à la fois sifflants et gutturaux et par-dessus le vacarme de leur cris, des Sortilèges qui fusent, des craquements de branches et le déchirement des fougères arrachées par les Araignées Géantes qui dégagent le terrain pour tâcher de nous atteindre ou par celles qui sont violemment expulsées, il y a un autre bruit au lointain.
Comme des sabots qui frappent le sol dans un galop effréné…
Peu importe ce que c'est, pourvu que ça vienne à notre secours !…
« Il y en a d'autres qui arrivent ! Dans les arbres ! » s'écrie soudainement Hermione, qui jette des Sorts à une vitesse incroyable…
Le feu… Les araignées doivent le craindre, non ? me dis-je, en cherchant désespérément une solution pour nous sortir de là…
Oui, mais il faudrait de sacrées flammes pour les effrayer… Et ce n'est pas le moment de risquer de foutre le feu à toute la Forêt Interdite, quand nous sommes profondément enfoncés dedans. Ça n'arrangerait pas nos billes, ça…
Soudainement j'ai une idée… Elles craignent le Basilic ces saloperies, selon mon souvenir… Ça peut valoir pour tous les Serpents, non ? Enfin, les gros serpents, parce que je me doute que les petits, elles doivent les écraser comme des punaises…
Alors je fais sortir un énorme boa de ma Baguette, le jetant vers l'Acromentula la plus proche… Oh ! Merlin, merci ! Elle se jette en arrière, avec un cri qui ne laisse aucun doute sur sa frayeur…
« Des Serpents Hermione ! Les plus gros que tu peux ! » m'écrie-je, avec fébrilité,
Nous jetons de gros serpents tout autour de nous, pour maintenir les Acromentulas le plus loin possible. Les boas se cabrent, gueule béante, se dandinant d'une direction à l'autre, pour menacer les Acromentulas, qui continuent quand même de nous encercler en rangs de plus en plus serrés, à l'affût de la moindre brèche dans notre défense…
Je jure que si nous sortons vivants d'ici, je tue Vincent à petits feux ! Même chose si nous y laissons notre peau d'ailleurs. Putain ! Mais qu'est-ce qui lui a pris de nous foutre dans une merde pareille !
« Je vais essayer quelque chose ! » s'écrie soudainement Hermione, que je sens se baisser derrière moi.
Je jette un coup d'œil vers elle. Elle a planté sa main droite par terre et son visage est relevé vers le ciel, yeux fermés… Elle semble se détendre considérablement, comme si elle était en méditation. Je m'apprête à lui dire que ce n'est pas le moment de se relaxer, quand nous allons nous faire bouffer vivant par des monstre, mais un bruit de course m'alerte tout près et je me tourne vivement vers lui, cœur battant à tout rompre…
Merde ! L'un des serpents nous a lâché et une Acromentula essaye de se faufiler jusqu'à nous !
Je l'expulse le plus loin possible, avant de sortir un nouveau Serpent….
Soudainement, la terre frémit, puis tremble sous mes pieds.
Putain, qu'est-ce qu'il se passe encore ?
OoOoOoO
Ginny
Ah ! Zut de zut !
C'est le troisième cul de sac sur lequel nous tombons !
Dommage que Mimi ne soit pas avec nous, elle aurait pu jeter un coup d'œil derrière ces fichus murs !
Je me demande ce qu'elle fiche d'ailleurs. Ça fait plus de trois quarts d'heure maintenant que nous cherchons et nous n'avons pas vu le bout de son nez. Je suis sûre que cette idiote est en train de visiter la tuyauterie du coin au lieu de chercher dans les passages !
Le retour sur nos pas s'effectue plus vite que l'aller, bien évidemment, puisque nous avons déjà tout examiné attentivement… Ceci dit, ça commence à me gonfler cette histoire. Les mioches vont en entendre pour leurs quatre noises, vous pouvez me croire !
« Bon, droite ou gauche ? » demande Seamus, les poings sur les hanches, au croisement suivant.
« Droite. » décide-je, en marquant une pierre à chaque angle, avant d'avancer résolument.
Quinze mètres plus loin, nous arrivons à un nouveau croisement…
« Ah ! Une autre équipe est passée par ici. Pas la peine d'aller tout droit, c'est un cul de sac selon la marque qu'ils ont mis. Ils venaient de la gauche et sont partis à droite. Ou inversement. De toute façon, nous n'avons plus qu'à retourner d'où nous venons.. » soupire Dean, tandis que Théo appose une marque pour indiquer que nous sommes passés par le couloir que nous allons remonter…
Et nous repartons. Continuant tout droit au carrefour et je soupire quand la lueur de ma Baguette éclaire un nouveau croisement.
« Ma parole, c'est un vrai gruyère ce sous-sol ! Un de ces quatre tout Poudlard va s'effondrer ! » s'exclame Théo, en avançant au milieu de la croisée sombre.
Et il pousse un cri de surprise, se débat un peu puis s'arrête net…
« Quoi ? » demande-je, en me précipitant à ses côtés, avant de crier moi aussi…
Le monde tourne à l'envers… J'ai la tête en bas et à chaque fois que je fais le moindre geste, c'est un tournis infernal…
« Merde, mais qu'est-ce qui se passe ? » s'exclament Dean et Seamus, qui se gardent bien d'avancer…
« On est pris dans un Maléfice ! Si on bouge c'est infernal, ça tourne à toute vitesse ! Qu'on essaye d'avancer ou de reculer ! Oh ! Putain ! Même parler ça me donne le tournis ! » répond Théo, avant de perdre l'équilibre et de m'attraper par le bras pour se rétablir.
Et flûte ! C'est horrible ! J'ai l'impression d'être dans une de ces machines à faire des jus de fruits, dont Hermione a expliqué le principe à Papa !
« Merde ! Répondez ! Théo ! Ginny ! » s'écrie Dean, dont la voix me semble bizarrement lointaine
« Maléfice ! Peut pas bouger ou tournis infernal ! » crie Theo de toute la force de ses poumons, tandis que ça tourne et tourne et tourne !
Oh ! J'ai la nausée ! Pitié ! Arrêtez ça !
Punaise les mioches ! Vous allez vraiment m'entendre !
« Seamus ! J'ai l'impression qu'ils essayent de répondre mais que tout ce qu'ils disent se transforme en cris… Faut approcher doucement et examiner ça de près… » déclare Dean, au bout d'un petit moment.
Le monde cesse de tourner peu à peu et Théo et moi prenons garde de ne pas bouger. Pas même un battement de cil. Nous osons à peine respirer.
« Ah, je vois… Regarde, Dean, le Maléfice tombe de cette ouverture là, dans le plafond. La zone qu'il couvre est très mince, il est peut-être possible de traverser si on va vite… Ecoute, je vais essayer de les dégager, en prenant de l'élan et en fonçant à toute vitesse sur eux. » déclare Seamus, d'un ton résolu…
Il est bien gentil Seamus, mais ça me semble risqué cette affaire. Je sens qu'on va se retrouver coincés à trois à tourner comme des toupies !
« Et si tu te retrouves pris, je fais quoi, moi ? Je pars chercher du secours ? Ça peut prendre des heures avant que je revienne avec un Prof pour dégager ce putain de Maléfice… » l'arrête Dean, avec bon sens…
« T'as de la corde ? » demande Seamus, après un petit temps de silence.
« Ouais. Un bon cinq mètres. Et c'est de la bonne corde Elfique… » répond Dean, avec un sourire dans la voix…
Ah, je vous jure ! Comment peut-il sourire quand Théo et moi sommes dans une position aussi inconfortable ?
« Bon, attache-moi bien. Je commence par attraper Ginny, c'est la plus légère des deux. Et si jamais je reste coincé, tu tires de toutes tes forces pour nous ramener, Ok ? » demande Seamus à Dean qui acquiesce.
Je ferme lentement les yeux et je me prépare au tournis infernal qui ne va pas manquer de se produire d'ici peu. Et Voilà ! Je me sens bousculer brutalement en avant et hop ! C'est reparti pour la toupie !
« Ah putain ! » crie Seamus, en serrant ses bras autour de moi.
« Bouge pas ! » ordonne-je, en fermant mes yeux de toutes mes forces.
Mais j'ai beau fermer les yeux, le monde tourne et cette fois, je vomis… J'ai l'impression que ça dure un temps infini. Et que ça n'arrête pas d'accélérer, bien que je reste complètement figée. J'ai l'impression que tous mes organes se compriment dans mon ventre et que mes poumons rétrécissent. C'est horrible…
Soudainement je tombe. Ma tête tourne encore, mais ça va beaucoup mieux…
« Putain ! J'ai eu sacrément du mal à vous tirer de là ! » s'exclame Dean, tout essoufflé
« Ouais… Ben mon pote, c'est terrible ce Maléfice… Et le pire, c'est qu'il va falloir que j'y retourne pour en libérer Théo… » répond Seamus, en essayant de se relever du sol sur lequel il s'est effondré lui aussi.
Mais il titube et Dean doit l'aider à retrouver son équilibre.
« Tu veux que j'y aille à ta place ? » demande Dean, en m'aidant à me relever moi aussi.
« Non, tu es plus lourd que moi, Théo aussi. Si toi tu as eu beaucoup de mal à nous libérer, alors même en tirant avec Ginny, j'ai peur de ne pas réussir à vous ramener. » répond Seamus, tandis que je soupire…
« Je vais y aller. Mieux vaut que ce soient vous deux qui tiriez sur la corde… » déclare-je, en jetant un coup d'œil vers mon pauvre Théo qui est toujours prisonnier du Maléfice…
« Tu es sûre ? T'as eu ta dose… » demande Seamus, en regardant ma robe tâchée de vomissures avec une grimace…
J'acquiesce. Bien sûr que je suis sûre ! Je suis prête à tout, pour sortir mon Théo de là !
Alors Seamus m'attache et je prends une grande inspiration, avant de m'élancer vers Théo pour l'attraper à bras le corps. Et la centrifugeuse infernale se remet en route. Moins longtemps cette fois, heureusement…
Ensuite, nous prenons soin de bien marquer l'endroit et nous contournons le Maléfice, avec moult précautions, pour en faire autant de l'autre côté. Au moins, ça évitera à quelqu'un d'autre de tomber dans cet horrible piège…
OoOoOoO
Harry
Ça m'angoisse, d'être dans ces Passages Secrets. Ça me rappelle trop notre évasion de Priest Hole Manor, à Jérémy et moi.
C'est parce que par ici, il n'y a pas de corde pour nous guider sans doute, à peine une torche de loin en loin, qui éclaire faiblement notre chemin et que nous ne savons pas sur quoi nous pouvons tomber.
Et surtout, je me souviens de ce que Remus et Papa Sev ont expliqué, la première fois où ils nous ont emmenés dans les Passages Internes. Ils ont dit que nous pourrions nous retrouver emmurés…
J'ai le front moite, ma respiration est courte, mon ventre noué et que je me sens de plus en plus glacé de l'intérieur. Et puis, même si je lutte, j'ai parfois des flashs des horribles cauchemars que j'ai faits…
Est-ce que c'est la même chose pour Jérémy ? Est-ce qu'il a peur lui aussi ?
D'une main sur mon épaule, Ron m'apaise un peu. Mais ce n'est pas assez et je prends carrément sa main dans la mienne, la serrant très fort… Rien à faire cependant, mes jambes se mettent à trembler et je suis obligé de m'arrêter. Je me laisse glisser à genou sur le sol et je ferme les yeux, la poitrine si étroite, que l'air ne peut plus entrer…
« Respire, Harry. Ça va aller. Tu n'es pas seul, nous sommes avec toi. Allez, bébé, inspire, expire. Oui, c'est ça, c'est bien… » m'encourage Ron, tandis que je me concentre sur sa voix et ma respiration, chassant les bourdonnements de mes oreilles…
J'ai peur, terriblement peur de replonger dans un cauchemar et je lutte contre les images horribles qui cherchent à percer ma conscience. Je les repousse de toutes mes forces. Jérémy a besoin de moi, ce n'est pas le moment de flancher…
Ron pose son front sur le mien. L'une de ses grandes et fortes mains posées sur ma nuque, l'autre serrant mon avant-bras.
Une autre main me frotte le dos. Je crois que c'est celle de Marian, qui s'est agenouillé à côté de moi. Elinor vient se placer de l'autre côté et elle me caresse la joue avec douceur… Je sens leur amitié et leur inquiétude aussi…
« C'est une crise de claustrophobie, Harry. C'est normal, après ce qu'il t'est arrivé. Mais nous ne sommes pas enfermés. Nous connaissons le chemin du retour. Tout va bien aller… » entends-je Elinor me chuchoter à l'oreille.
Je hoche la tête et je déglutis à plusieurs reprises.
« Ça va aller. Ça va aller. C'était un cauchemar, juste un cauchemar. Je ne suis pas seul. Nous ne sommes pas enfermés. Ça va aller.. Je dois me lever. Aller chercher Jérémy. Il a besoin de son grand-frère. Respire, Harry. Respire… » m'encourage-je moi-même, en régulant ma respiration sur celle de Ron
Et je sens l'angoisse refluer peu à peu. Mon esprit s'éclaircir et les images de cauchemar refluer loin de mon esprit. Ma poitrine se libère et mes membres cessent de trembler. Mes pensées s'éclaircissent. Et je peux bientôt ouvrir les yeux.
« Merci… » murmure-je, à mes amis, en serrant leurs mains dans les miennes, avant de me relever, en m'appuyant un peu sur Ron
« Ça va aller ? Tu veux qu'on te raccompagne ? Nous reviendrons ensuite… » propose Elinor, le regard anxieux.
« Non. Il faut que je surmonte ça. Ça va beaucoup mieux, nous pouvons continuer. Jamais je ne laisserai tomber Jérémy. Jamais… » assure-je, en prenant une bonne inspiration, avant de reprendre le chemin.
Je dois vaincre cela. Apprendre à maîtriser cet état dans lequel me plongent les décharges de Potion encore stockées dans mon organisme, quand je vis de trop fortes émotions.
Ron garde ma main dans la sienne et sa chaleur achève de me rassurer. Je me focalise sur nos recherches, examinant bien les alentours. Mais bientôt nous sursautons quand deux cris rapprochés se font entendre et je frissonne de nouveau.
« Ce ne sont pas des cris d'enfants, ça. Je crois que c'est Ginny… » souffle Ron, en regardant devant et derrière nous.
Mais l'écho ne nous permet pas de localiser d'où ça vient. Et il nous apporte presque aussitôt, des bribes de paroles prononcées à voix très fortes…
« Ouais, ça c'était Dean et Seamus… Il est arrivé des bricoles à Théo et Ginny… » souffle encore Ron, qui a du mal à déglutir.
« Ils vont s'en sortir. Ils sont malins, tous les quatre… » murmure Elinor, d'un ton qui se veut rassuré, mais qui ne l'est pas vraiment, tandis que je serre doucement la main de Ron dans la mienne.
Pour le soutenir cette fois, non pour me rassurer…
« Ouais, sûrement… Et on ne sait pas où ils sont, alors on ne peut rien faire pour eux. On peut juste continuer de notre côté… » acquiesce Ron, le regard sombre, mais d'un ton ferme.
Il a changé, Ron…
Bien sûr, j'ai été stupéfait, de voir que ses cheveux ont blanchi sur ses tempes et qu'il ait tant maigri. J'ai été horrifié aussi, en voyant ses cicatrices, non pas qu'elles me répugnent, loin de là. Ce sont des cicatrices d'amour. Seulement, ça m'a fait mal, car il a terriblement souffert, pour moi. Cependant, ce ne sont pas les changements physiques, qui m'ont le plus marqué. C'est son attitude, son caractère…
Il est… plus rude d'une certaine façon. Même s'il reste foncièrement généreux et qu'il a toujours le même humour, les mêmes attentions pour les autres. Je ne sais pas comment expliquer cela. Ce n'est pas le Ron de tous les jours, qui a changé. C'est le Ron guerrier. Voilà, c'est cela. C'est le Ron guerrier qui est plus rude. Presque impitoyable…
« Regardez ! On dirait qu'il y avait une grosse flaque d'eau, là et qu'elle s'est soudainement évaporée… » fait remarquer Marian, en s'agenouillant sur le sol, pour mieux éclairer l'endroit.
Il a raison. Les pavés sont un peu incurvés à cet endroit et il y avait une flaque encore récemment, formée par les gouttes d'eau qui tombent avec régularité du plafond. Il doit y avoir quelque part une canalisation d'eau qui fuit…
Au sol, il y a de la mousse et des algues, entre les pavés et par endroit, on dirait qu'elles ont été arrachées ou écrasées…
Ron avance sa main et retire quelques morceaux de mousse, qui dépassent
« L'eau ne s'est pas évaporée. Elle est partie en dessous… » déclare-t-il, en arrachant un long lambeau, qui dégage une rainure profonde, avant d'affirmer : « Les mioches sont passés par ici. Ils se sont avancés dans la flaque et le sol s'est dérobé sous leurs pieds… Ils sont là-dessous... »
Mais aucun de nous n'a le temps de répondre quoi que ce soit à ça, car Mimi surgit soudainement devant nous…
« J'ai tout exploré et je n'ai rien vu ! » annonce-t-elle, en prenant l'air désolée.
Je suis persuadé cependant, qu'elle n'a pas fourni beaucoup d'efforts dans ses recherches, qu'elle a fait le strict minimum, juste pour pouvoir reluquer mes fesses et celles de Draco…
« Je ne suis pas certain que tu aies tout exploré, Mimi » fais-je remarquer d'une voix douce, soucieux de ne pas la brusquer, afin qu'elle accepte d'aller voir ce qu'il y a là-dessous
Elle prend aussitôt l'air vexé, croisant les bras et me toisant, la tête relevée sur le côté, pour pointer son menton vers moi, lèvres pincées, mais ne dit rien.
« Il a l'air d'y avoir énormément de Passages et de culs de sac. Regarde, Mimi, nous sommes sûrs qu'il y a quelque chose en dessous et nous pensons que les enfants ont pu tomber dans un piège… » insiste-je avec patience, malgré la colère qui commence à me saisir le cœur, en montrant le sol humide.
Mimi reste droite, penchant à peine la tête.
« Et tu voudrais que j'aille là-dessous ! Mais il doit y avoir plein d'araignées, de rats et de souris ! Et il doit faire très noir ! Je n'aime pas ça ! » s'exclame-t-elle en reprenant sa position.
« Que pourraient te faire ces pauvres bêtes ? » demande Elinor en levant les yeux au ciel, sur un soupir…
« Ah bien sûr ! Mimi est morte, alors envoyons la faire le sale travail ! Qu'est-ce que ça peut faire, si c'est dangereux, de toute façon il ne peut rien lui arriver de plus ! On s'en fiche si elle a peur, n'est-ce pas, puisqu'elle est déjà morte ! EH BIEN, PUISQUE C'EST COMME ÇA, TU N'AS QU'A Y ALLER TOI-MÊME ! » hurle Mimi, penchée vers Elinor, avant de lui balancer un coup de poing dans le ventre et de tourner le dos.
« Pense aux jolies fesses de Draco et Harry ! Parce que tu ne les verras pas, si tu ne n'explores pas tous les Passages et que tu ne trouves pas les enfants ! » répond Elinor, en se redressant, tandis que cette fois, c'est moi qui lève les yeux au ciel…
Mimi est bien trop furieuse contre elle pour se laisser aller à ses arguments, même s'ils impliquent les fesses de Draco et les miennes…
« Allez, Mimi, arrête de bouder et rends-nous ce service, s'il te plait. Si tu le fais, je te promets d'organiser un défilé des plus jolies fesses masculines de Poudlard, rien que pour toi ! » s'exclame Marian, tandis que Ron doit tousser pour masquer un éclat de rire…
Pour le coup, Mimi se retourne vivement vers Marian, l'air de se demander s'il raconte des salades ou non.
« Vraiment ? » demande-t-elle, en se penchant cette fois vers lui, une lueur coquine dans les yeux.
« Parole de Serpentard ! Ce sera mieux que de reluquer seulement les fesses de Draco et Harry, non ? Alors laisse tomber le marché que tu as fait avec Harry et accepte plutôt le mien… » affirme Marian, une main sur le cœur.
Mimi fait mine de réfléchir un instant, tapotant son menton de son index.
« Je pourrais te suggérer les noms de mes garçons préférés ? » demande-t-elle, en regardant Marian avec espoir.
« Naturellement ! Alors, top-là ? » répond Marian, en présentant sa main face à Mimi
« Top là ! » claironne-t-elle, en faisant énergiquement passer sa main au travers de celle de Marian, avant de plonger avec un cri sous les pavés…
« Comment comptes-tu convaincre les gars dont elle va te donner le nom, de défiler tout nu devant elle ? » s'enquiert Elinor, sourcil levé vers Marian…
« Qui a dit que les mecs seraient à poils ? Pas moi ! Je lui ai promis un défilé de fesses, pas de cul nus. Les mecs n'auront qu'à mettre un pantalon moulant et le tour sera joué… » répond calmement Marian, avec un sourire goguenard…
Oh ! Misère ! On n'a pas fini d'entendre Mimi hurler le jour du défilé…
Et je crains que les toilettes des filles du second étage, ne soient inondées durant des semaines…
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