Suite comme promis de cette histoire. Steve va-t-il s'en sortir ? Réponse…

Il entendait des voix au loin, plus ou moins familières, des bips de machines assez crispants pourtant faibles en son. Il ne les distinguait pas nettement vu qu'autour de lui c'était le brouillard complet. Il tentait d'ouvrir les yeux mais impossible ! Ils ne lui répondaient plus, comme ses bras et ses jambes qu'il essayait de bouger ! Il sentit quelque chose qui envahissait sa gorge. Ca lui faisait bien mal, tout comme son crâne ! Une douleur lancinante qu'il ne pouvait occulter, surtout dans cet état d'apparente immobilité dans lequel il se trouvait ! Il ne savait pas depuis combien de temps il était dans cet état mais se doutait qu'il était toujours à l'hôpital suite à cette fameuse opération. Oh my fucking gosh, que s'était-il passé ?

Lui le gars de la Navy, lui un homme qui avait subi tant de tortures et de disparitions dans sa vie, lui qui n'avait peur que d'une seule chose… Se retrouvait soudainement dans un autre état d'effroi en tentant désespérément de faire réagir au moins un des muscles de son corps, montrant qu'il pouvait tout entendre, même à faible dose. Mais rien ne venait. Mais que se passe t-il, qu'est ce qui ne va pas chez moi ?

Puis soudain, un flash de lumière blanche apparut derrière ses yeux clos. Une lumière puissante et une voix qui l'appelait.

« Viens mon chéri ! Viens n'ais pas peur ! Je suis là ! »

« Maman ? »

(…)

On venait de l'appeler à l'hôpital. Deux semaines qu'il n'avait pas eu de nouvelles de Steve et même s'il l'avait prévenu qu'aucun contact n'était possible avec son homme, il aurait espéré la moindre petite chose : un message, une lettre, n'importe quoi pour le rassurer vu qu'il ne cessait pas de se ronger les sangs au sujet de Steve. Mais non, rien du tout. Jusqu'à il y a deux heures et cet appel…

« Lieutenant Williams ? »

« Mr Williams ? Dr Nitoki ! Je vous appelle au sujet d'un de mes patients, Mr McGarrett ! »

Patient ? Steve ? Danny s'était redressé immédiatement de la chaise de son bureau, prêt à partir en se saisissant de son manteau. Il le savait, il le savait, ça ne sentait pas bon tout ça !

« O-Oui, c'est mon fiancé. Que… Qu'est ce qui s'est passé ? »

« Je… Je suis désolé de vous l'apprendre comme ça, il me tuerait s'il savait que je vous ai prévenu mais… Votre ami est dans le coma suite à… »

« J'arrive tout de suite ! Vous êtes où ? »

« A l'hôpital Leahi à Kaimuki ! »

« D'accord, suis en route ! »

Ignorant les appels de ses collègues, il sortit en trombe du QG, plus que jamais affolé. Il ne savait absolument rien de ce qu'il s'était passé, il ne voulait rien savoir pour le moment. Les deux seuls mots qui résonnaient dans sa tête à ce moment étaient Steve et COMA !

Une demi-heure plus tard, il arrivait au Leahi Hospital et se garait directement devant le bâtiment, se fichant complètement des agents de sécurité sur le parking qui lui demandaient d'enlever son véhicule. Devant l'insistance de l'un d'eux, il finit par sortir sa plaque en lui adressant un regard qui voulait dire « Je m'en fous de ma voiture, tu peux l'embarquer suis de la police aussi mon petit gars ! ». L'agent ne broncha pas et ressortit sans demander son reste. Il arriva à la réception presque en courant, se présentant à peine et demandant la chambre de son fiancé.

« Chambre 308 monsieur, mais… »

Il n'entendit pas la fin de sa phrase, se précipitant vers les ascenseurs, appuyant frénétiquement sur les boutons et maugréant contre cette maudite cabine qui mettait tant de temps à venir.

« Merde, merde, merde, allez, allez, allez ! »

« Lieutenant Williams ? »

A l'entente de son nom, il se retourna brutalement. Face à lui un homme d'une quarantaine d'années, bel homme brun de type asiatique avec des petites lunettes et une blouse blanche avec le badge où on pouvait lire Dr Nitoki.

« Oui, c'est moi. Comment va-t-il ? »

« Venez dans mon bureau, je vais vous expliquer ! »

Il l'avait donc suivi dans cette petite pièce, plus que nerveux. Amener la famille de quelqu'un dans une pièce à part n'était jamais bon signe et il se doutait que quelque chose n'allait vraiment pas.

Et là la douche froide : cette tumeur au cerveau qui menaçait de grossir si elle n'était pas traitée au plus vite, l'opération indispensable suivi normalement d'une chimiothérapie. L'opération avait bien débutée jusqu'à… L'arrêt cardiaque de Steve pendant l'opération. Ils avaient réussi à le réanimer à temps et l'opération s'était terminée sans plus d'encombres. Malheureusement pour eux, Steve ne s'était toujours pas réveillé depuis deux semaines, d'où la prise de contact du docteur avec Danny.

Ce dernier se laissa avachir totalement sur sa chaise. Il n'arrivait pas du tout à y croire : son Steve, son babe, l'homme le plus fou et le plus brave qu'il n'ait jamais connu… Réduit à l'état le plus vulnérable qu'il soit. Une saloperie, une saloperie de maladie qui était sur le point de littéralement lui bouffer le cerveau. Ça n'était pas possible, ça n'était pas possible, pas son beau brun, pas son amour ! C'était un cauchemar, un horrible cauchemar dont ils allaient bientôt se réveiller tous les deux dans les bras l'un de l'autre. Il prit sa tête entre ses mains, tentant de reprendre difficilement sa respiration et ses esprits. Le docteur continuait à lui expliquer mais il n'écoutait plus, totalement perdu dans ses pensées. Les larmes menaçaient de faire leur sortie !

Alors tout ça pour ça ? Un mensonge pour me protéger ? Mais me protéger de quoi ? Putain, Steve, tu es vraiment un crétin comme ce n'est pas permis ! Il lui en voulait ça ne faisait aucun doute ! Comment a-t-il pu lui cacher un tel secret, pourquoi ? Ne se rendait-il pas compte de tout ce qu'il représentait pour lui ? Sa moitié, son yang, la personne la plus importante à ses yeux dans sa vie avec Grace et tout autant que ses parents et sœurs. Il ne voulait pas le perdre et ce n'était pas une maladie comme celle-ci qui le ferait partir ! Non, il ne pouvait pas !

« Nous… Nous vous avons appelé car Mr McGarrett vous avait mis dans ses contacts au cas où… Au cas où ça se passait mal ! Deux semaines Mr. Williams. Et je… Je suis vraiment désolé mais nous… Enfin »

« Est-ce que je peux le voir maintenant ? »

« Bien sûr suivez-moi ! »

Tentant de reprendre une contenance même si les larmes coulaient librement sur son visage maintenant, il suivit le médecin jusqu'à la chambre du marine. Prenant une profonde respiration, il s'avança prudemment dans la pièce à sa suite. La vision qu'il eut lui comprima la poitrine :

Steve, plus pâle et plus mince que d'habitude, entouré de machines respiratoires et un moniteur cardiaque, un tube dans la gorge. Une vision effrayante ! Il ne l'avait jamais vu comme ça ! Ses cheveux avaient été rasés également, sa cicatrice n'était pas visible comme il était couché sur le dos : méconnaissable !

Avec douceur, échangeant encore quelques mots avec Nitoki, il s'approcha du lit et prit prudemment dans la sienne une de ses mains. Froide comme jamais, lui qui avait de si belles mains si chaudes, il n'y croyait pas ! La soulevant doucement du matelas, il posa un petit baiser dessus !

Soudain, sans qu'ils ne puissent s'y attendre, le moniteur cardiaque s'emballa de nouveau sous les yeux effarés du blond. Les médecins se précipitèrent dans la chambre, enlevant avec force la chemise d'hôpital et les couvertures qui recouvraient son corps pour pouvoir mettre en route la machine de réanimation. Danny fut prié plus ou moins sèchement de sortir de la pièce au moment où ils allaient poser les choqueurs sur son torse. De frustration et de terreur, le blond sortit et laissa parler sa rage contre le mur du hall. Ses larmes dévalèrent en continu tout en criant « Non, non, non ! ». La tête enfoui dans ses bras croisés, il laissa échapper cette phrase, sur un ton où se mêlait supplique, colère et ordre :

« Putain Steve, me lâche pas ! Ne me lâche pas babe ! Me lâche pas, pas maintenant ! Ne me fais pas ça babe ! »

Il se retourna et se laissa glisser au sol, les bras et genoux repliés contre lui, regardant un point fixe sur le mur de la chambre face à lui. Il les entendait dans cette pièce, il pouvait les imaginer s'acharner comme des forcenés sur le corps immobile du brun. Cela lui parut des heures avant que quelqu'un sorte enfin de la chambre, l'air grave et tendu, se frottant nerveusement la nuque…

Tbc…

Se recule rapidement de son ordinateur. S'échappe à toute vitesse vers ses chiens et non plus de chinchilla. Tente d'éviter les centaines de tomates pourries envoyées dans sa direction.