Disclaimer : Voir chapitre 1

...

Pour ma beta : Hip ! Hip ! Hip ! Hourra ! Je t'embrasse ma grande...

...

OoOoOoO

Réponses sur mon forum, aux commentaires de : - Douceurfamille - Mireille -

OoOoOo

Secrets Dévoilés 3 / 6

Acte 6 : Pièges

Blaise

Colin revient quelques pas en arrière, pour examiner le pan de mur, tombé du plafond et bouchant le passage derrière nous. Il prononce les cinq Principes de Salazar Serpentard, mais cela ne sert à rien, alors il cherche un mécanisme manuel. En vain.

« Bon, ben il n'y a plus qu'à aller de l'avant en espérant que ça mène quelque part… » déclare-t-il, l'air fataliste, avant de se mettre en marche d'un pas léger…

Nous avançons toujours aussi prudemment dans le couloir qui bifurque à gauche, puis à droite sur environ deux cent mètres, avant de se révéler être un cul de sac. Et nous avons beau examiner chaque pouce de terrain, tenter une multitude de mots de passe, le Passage Secret ne s'ouvre pas…

« Et merde ! Nous voilà piégés ! Et je ne me fais pas d'illusion, ce n'est pas la peine de crier, personne ne pourra nous entendre ! » m'exclame-je, vivement contrarié, au bout de trois quarts d'heure de vaines recherches…

Mais ma colère naissante fond comme neige au soleil, lorsque j'avise le regard quelque peu inquiet d'Ursula et je la prends dans mes bras pour la serrer doucement contre moi, en lui murmurant une parole d'encouragement à l'oreille…

« Le mieux je pense, c'est de revenir sur nos pas, quelqu'un finira bien par suivre nos traces et aboutir devant ce fichu mur qui s'est refermé sur nous. Je suis sûr que le mécanisme d'ouverture se trouve de l'autre côté. Alors autant être prêt à sortir en vitesse, avant que d'autres copains ne soient piégés à leur tour dans ce couloir… » déclare Colin, d'un ton enthousiaste et avec un grand sourire

J'admire son optimisme et je croise les doigts pour qu'il ait raison, tout en lui emboitant le pas. Et quand nous arrivons auprès du mur, je tâche de fureter encore un peu pour l'ouvrir. Bien sûr, cela ne sert à rien, mais je m'en serais voulu de ne rien tenter…

« Et si nous le faisions exploser ? » demande Ursula, qui commence à angoisser, au bout d'une demi-heure de recherches inutiles…

« Trop dangereux. Le mur serait fichu de rester en place tandis que toute la galerie s'effondrerait sur nous. Il n'y a plus qu'une chose à faire à mon avis, prendre notre mal en patience et espérer que nous n'aurons pas trop longtemps à attendre pour qu'on vienne à notre secours… » soupire-je, en donnant un petit coup de poing sur cette saleté de mur qui nous retient prisonniers

« Je suis d'acc avec toi mon pote ! Que diriez-vous de faire un petit Tarot en attendant ? » s'exclame Colin, en tirant des cartes de sa poche…

« Ouais, ben, si tu veux mon avis, ce n'est pas la peine de s'enquiquiner à utiliser les outils de la mère Trelawney pour deviner que nous sommes en mauvaise posture. Et j'aime autant que tu ranges ces cartes tout de suite, si c'est pour nous annoncer dans trente secondes que nous sommes en danger de mort. Je préfère ne pas connaître mon avenir et y faire face au moment voulu… » réponds-je, en m'assoyant tout de même à côté de lui.

« Je ne me proposais pas de jouer les voyantes extralucides, mais de vous apprendre à jouer au Tarot façon Moldu ! C'est un jeu génial et nous ne verrons pas le temps passer ! Allez les filles, assoyez-vous aussi, je vais vous expliquer les règles ! » s'exclame Colin, en battant les cartes avec énergie.

Ursula n'hésite pas une seconde et s'assois auprès de moi, mais Daphnée fixe le mur en se rongeant l'ongle du pouce. Il n'est pas besoin d'être devin pour savoir qu'elle se fait du mouron pour sa petite sœur et qu'elle espère de tout cœur qu'elle et ses amis ne soient pas dans la même posture que nous…

« Daphnée, je suis sûr qu'Astoria, Alioth et Jérémy vont bien. Les copains vont les retrouver, revenir sur leurs pas et nous délivrer bientôt… Allez, viens t'assoir ici… » dit doucement Colin, en désignant la place libre en face de lui…

« Je ne suis pas très fan des jeux de cartes, mais d'accord. Ce sera toujours mieux que d'attendre sans rien faire… » soupire Daphnée, avant de s'assoir et de se laisser aller lourdement, dos contre la paroi du couloir.

Mais à peine s'est-elle appuyée, qu'un pan de mur se dérobe brusquement et elle bascule en arrière dans un grand cri, ne devant son salut, qu'au réflexe de Colin, qui se jette en avant et lui attrape les pieds, avant qu'elle ne glisse complètement sur une espèce de toboggan en pente raide…

« Quelque chose m'attire vers le bas ! Ne me lâchez surtout pas ! » hurle Daphnée, dans la seconde qui suit.

« Ne t'inquiète pas beauté ! Je ne te lâcherai jamais, dussè-je moi-même y laisser la vie ! » répond Colin, en bon Gryffondor chevaleresque..

Mais il glisse lui aussi, sous le poids de Daphnée ou celui de cette espèce d'attraction qu'elle a évoquée, je ne saurais dire. Alors je l'attrape par la ceinture et le tire en arrière de toutes mes forces…

« Je n'y arrive pas ! » souffle-je au bout de cinq ou six secondes, en levant des yeux vers Ursula qui me regarde l'air affolée.

Et je me sens avec horreur glisser en avant, inexorablement…

Oh putain ! Merde de merde ! Je me fais happer moi aussi !

Je m'arque boute autant que je peux, tandis qu'Ursula tente un Sortilège d'Attraction…

Mais rien à faire ! Je glisse par à-coups et, à chaque secousse, Daphnée pousse un cri de surprise apeurée…

« Jetez-nous un Sortilège de Coussinage et lâchez-nous ! » s'écrie Colin au bout d'un temps…

« Pas question que nous vous laissions tomber ! Nous venons avec vous ! » m'écrie-je en retour, avant d'ordonner à Ursula de jeter les Sortilèges de Coussinage sur nous tous et de s'accrocher à moi

Ursula obtempère, à demi-tremblante d'inquiétude et quelques secondes plus tard, nous glissons dans un tuyau, à une vitesse vertigineuse, gueulant tout ce que nous pouvons, en essayant de nous retenir aux parois. Finalement, le Sortilège de Coussinage nous lâche et je me brûle les mains et les genoux, puis mon coude gauche se cogne salement et la douleur se répercute jusque dans mon cœur qui se pince rudement. Soudainement, il n'y a plus de toboggan et nous tombons dans le vide.

Un splash, un second puis je me retrouve à mon tour à la baille, me recevant Ursula dans le dos au moment où j'allais émerger et je replonge sous l'eau. Enfin, je retrouve la surface, toussant et crachant une eau nauséabonde et d'un goût purement dégueulasse, mon coude pulsant douloureusement. J'allume vite fait la lumière de ma Baguette..

Ah putain ! Nous sommes tombés dans les égouts de Poudlard, c'est sûr, à voir la couleur de l'eau et ce qu'elle charrie !

« Oh non ! J'ai cassé ma Baguette ! » s'exclame Ursula, en brandissant sa Baguette cassée, l'air dépité, tandis qu'un fort courant nous entraîne.

« Faut sortir de là ! Ou la flotte va nous entraîner vers les profondeurs ! » s'écrie Colin, tandis que je prends conscience que la pente se fait de plus en plus abrupte et le courant de plus en plus fort

Alors j'invite Ursula à s'accrocher à moi comme elle peut et, à l'instar de Colin, je produis une Corde Magique qui va s'enrouler autour de l'une des bornes jalonnant la bordure courant le long de la paroi du large égout. Ursula m'aide à remonter le long de la corde, puis, tandis que je m'accroche à la borne, elle sort de la baille avant de m'aider à grimper à mon tour sur la bordure…

« Pourvu qu'Astoria et les autres ne soient pas tombés ici ! Astoria ne sait pas nager ! Elle a peur de l'eau ! » s'exclame Daphnée d'un ton angoissé, à peine est-elle sortie des eaux souillées

« T'inquiète, je suis sûr qu'ils sont dans les Passages encore. Et qu'un groupe de copains les a trouvés. Peut-être même sont-ils déjà revenus au QG… » tente de la rassurer Colin, en passant un bras autour de ses épaules

« Tu crois ? » demande-t-elle, en claquant des dents…

C'est vrai qu'il fait froid par ici et nos vêtements trempés ne peuvent plus nous réchauffer. Je me dépêche de la sécher et d'en faire autant avec Ursula qui n'a plus de Baguette, avant de m'occuper de moi-même. Colin, se sèche lui aussi, puis il se charge de désinfecter et refermer une plaie qui saigne assez abondamment, sur le front de Daphnée.

« Les mioches n'ont pas pu aller bien loin, avant que nous partions à leur recherche et nous sommes quatre groupes… Il y en a bien un qui est tombé sur eux. Allez, ne te fracasse pas la tête, jolie Daphnée. Les chenapans sont sûrement en train de boire un bon chocolat chaud pour se remettre de leurs émotions… » assure Colin, en serrant doucement Daphnée contre lui, avant de l'embrasser sur la joue.

Ils sont cradingues, échevelés, écorchés aux mains et à la figure aussi, mais je trouve quand même qu'ils font un joli couple. Et quand je croise le regard d'Ursula, je sais qu'elle pense la même chose que moi : il y a anguille sous roche, entre ces deux-là et si ce n'est pas encore fait, ça ne saurait tarder.

« Bon, qu'est-ce qu'on fait, on remonte ou on redescend ? » demande Ursula, en regardant de chaque côté, pour dissimuler son sourire attendri, aux regards de Colin et Daphnée..

« Si nous descendons, nous irons vers le Lac sans doute. Si nous remontons, peut-être trouverons nous une ouverture quelque part, mais rien n'est moins sûr.. » réponds-je, sans arriver à me décider, en tenant mon bras gauche contre moi…

Mon coude me fait un mal de chien au moindre mouvement et Colin, qui me voit grimacer, me jette un Sort de Diagnostic…

« Fracture un chouia déplacée. Faudra que tu ailles voir Pompom pour réparer ça. Je vais mettre ton bras en écharpe. A la Moldu, ça risque pas de lâcher si nous sommes accidentellement séparés… » dit-il, tout en retirant son pull puis son tee-shirt.

Il remet vite fait son pull, puis découpe son tee-shirt en bandes et les assemble pour me faire une écharpe, prenant bien soin de serrer mon bras contre ma poitrine. Puis nous examinons les lieux, à la lueur de nos Baguettes, pour tâcher de déterminer vers quel côté nous avons le plus de chances de trouver une sortie vers l'air libre. Ou tout au moins, de retrouver les Passages Internes…

« Si seulement Mimi était avec nous, elle pourrait nous donner une indication… » soupire Ursula, qui a l'air quelque peu découragée et fatiguée de nos mésaventures…

« Ça, c'est sûr ! Elle se ferait un plaisir de nous conduire jusqu'au robinet le plus proche ! Et nous ne serions pas plus avancés, parce que je nous vois mal passer par ces tuyaux-là. Et puis, avec la chance que nous avons, si elle nous faisait plutôt remonter jusqu'à une chasse d'eau c'est pour le coup que nous aurions une vue imprenable sur le popotin hyper poilu de Taylor !… » plaisante Colin d'une voix joyeuse, pour tâcher de détendre l'atmosphère…

Ça marche, bien évidemment. Nous sommes pris d'un fou rire nerveux, dont nous avons bien du mal à sortir. Finalement, nous optons pour aller dans le sens de la flotte, espérant qu'elle aille se jeter dans le Lac, car nous pensons qu'il y a peu de chances que nous trouvions une voie retournant dans les Passages Secrets.

Et puis, si nous trouvons une sortie, quand nous serons de retour au QG, si les autres ne sont pas revenus, nous pourrons toujours repartir à leur recherche me dis-je, en prenant la main d'Ursula dans la mienne, laissant le soin à Colin et Daphnée de prendre la tête et d'éclairer notre chemin…

OoOoOoO

Théo

Ah ! Merde de merde ! Encore un cul de sac !

J'essaye tous les Principes de Salazar, comme à chaque fois que nous nous retrouvons dans une impasse et bien entendu, ça ne marche pas !

« Décidément c'est pas de chance ! » souffle Dean, en faisant demi-tour, les pieds un peu trainants…

Puis nous courons à demi, pour revenir en arrière, avant de tourner sur la droite au carrefour que nous avions quitté une vingtaine de minutes plus tôt. Et c'est reparti pour l'exploration fastidieuse d'un autre couloir.

« Putain, pourquoi n'ont-ils pas marqué leur passage, ces sales mioches ? Ils ne pensaient tout de même pas se retrouver dans ce dédale sans un fil d'Ariane, quand même ! » s'exclame soudainement Seamus, en évitant un pavé mal joint sur le sol.

Bien sûr, il a raison. Et peut-être y ont-ils pensé plus loin, trop tard cependant pour nous éviter de partir à l'aventure nous-même. Mais ça m'intrigue quand même qu'ils ne l'aient pas fait… Alioth et Astoria surtout. Après tout, ils ont été entrainés au Paradis et Tonton Sev, qui les a souvent pris en charge, n'a certainement pas manqué de leur faire ce genre de recommandations…

Seamus examine le pavé disjoint d'un peu plus près, puis les parois alentour, fronçant les sourcils, avant de demander si l'un de nous a quelque chose d'un peu lourd sur lui…

« Désolé, mais je n'ai pas ça en magasin. Je ne m'encombre jamais trop, quand je pars faire une bonne petite balade d'agrément… » répond Dean, avec un sourire moqueur…

« Qu'à cela ne tienne ! » répond Seamus, en regardant autour de lui, avant d'aller desceller un autre pavé un peu plus loin derrière nous.

Puis il revient, fait Léviter le pavé descellé au-dessus de celui qui dépasse un peu et nous recommande de reculer, avant de faire lourdement tomber sa charge. Et aussitôt que le pavé s'écrase sur celui qui est au sol, deux grilles tombent dans un claquement sec et sans appel, qui se répercute longuement dans l'écho…

« Ben je l'ai échappé belle… Heureusement que je n'ai pas marché sur ce pavé où je serais prisonnier entre ces grilles… » déclare Seamus, en observant ces dernières avec attention.

Elles sont hérissées de pics d'une dizaine de centimètres de longueur, tournés vers l'intérieur de l'espèce de cage qu'elles forment. Seamus se risque à les toucher du bout des doigts et il sursaute car un nouveau mécanisme se déclenche. Je frissonne, en regardant avec effroi, les deux grilles qui se rapprochent jusqu'à n'être plus distantes que d'une quinzaine de centimètres l'une de l'autre…

Elles stoppent alors, restent en place durant quelques secondes, puis repartent en arrière, stoppent de nouveau et remontent vers le plafond…

« Putain… Faut vraiment être complètement frapadingue pour inventer des pièges comme ça ! Et super sadique aussi ! Mon vieux Seam, si tu avais été là-dedans, tu aurais été transpercé de toutes parts par ces pics ! Et je doute que nous aurions pu faire quelque chose pour t'éviter ça… » murmure Dean, en regardant notre pote Seamus avec une grimace d'horreur

« Ouais… Et j'aurais eu le temps de me voir mourir. C'est horrible ce truc.. » frémit Seamus, avec un peu de mal à déglutir sa salive…

Nous nous regardons, nettement inquiets maintenant.

« Merlin ! Pourvu que les mioches s'en sortent ! » chuchote Ginny, dans un long frisson, avant d'ajouter, la voix nouée : « J'avais hâte de les retrouver pour leur passer le savon du siècle, maintenant j'ai hâte de les trouver tout court. Sains et saufs… »

Nous reprenons notre marche, dans un silence lourd et tendu, examinant chaque centimètre carré de terrain avec une attention renouvelée. Mais j'avoue que j'ai parfois du mal à me concentrer. Ça fait plus de deux heures que nous cherchons. Nous avons croisé une fois un carrefour par lequel des copains sont passés, mais depuis, plus rien. Même l'écho ne nous apporte plus de bribes incompréhensibles de conversations ou de cris. Et Mimi non plus, nous ne l'avons pas revue depuis que nous sommes dans ce fichu labyrinthe…

Que sont devenus les autres ? Sont-ils pris au piège quelque part ?

Peut-être ferions-nous mieux de repartir au QG pour chercher des renforts ? Nous pourrions rameuter tous les Fantômes, les profs et quelques copains supplémentaires, nous organiser avec davantage de minutie. Les Fantômes pourraient partir en éclaireur, aller voir ce qu'il y a derrière les culs de sac…

« Il y a un escalier par ici. Il monte ! » s'exclame soudainement Dean, me faisant sursauter…

« D'accord, nous y allons. Mais au prochain cul de sac, nous repartons au QG pour aller chercher du renfort… » décide-je, en regardant Ginny, Dean et Seamus tour à tour…

Ils se regardent tous les trois, puis hochent la tête pour acquiescer. Et Dean décide de prendre la tête, examinant attentivement le terrain, marche par marche, avant de les gravir. Nous le suivons, accrochés à la ceinture de celui ou celle qui nous précède, au cas où une marche se déroberait sous le poids de l'un d'entre nous. Tout va bien, jusqu'au milieu de l'escalier et je commence à souffler, me disant que nous allons arriver en haut sans encombres, quand soudainement toutes les marches s'effondrent.

Nous tombons, à la verticale, dans un cri de surprise effrayée, tentant de nous rattraper à quelque chose, mais ne parvenant qu'à nous cogner durement les uns aux autres ou sur les parois abruptes.

« Coussinage ! » hurle soudainement Ginny

Un Sortilège fuse de sa Baguette et nous engobe tous les quatre, juste à temps pour nous éviter de nous écraser salement sur un sol jonché d'ossements de petits animaux…

« Putain de bordel ! Mais c'est vraiment un salopard ce pignouf de Salazar ! » s'écrie Seamus, avec colère, en se démêlant du tas informe que nous composons

« Ça tu l'as dit ! Fait chier avec ses conneries de pièges ! » s'exclame Dean, tandis que j'aide Ginny à se relever.

Nous regardons autour de nous, chacun frottant une partie un peu endolorie de son corps, pour constater que nous sommes dans une petite pièce carrée au plafond si bas que je dois garder tête baissée. Il n'y a qu'une ouverture arrondie dans l'un des murs, depuis laquelle nous arrivent des effluves nauséabonds et un bruit d'eau qui coule assez rapidement. Loin au-dessus de nos têtes, l'escalier s'est reformé et nous voyons les marches à l'envers.

« Bon, ben, on n'a pas le choix, faut passer par là… » déclare Seamus, en se dirigeant vers l'ouverture ronde.

Dean, Ginny et moi nous engouffrons à sa suite. On dirait que nous sommes maintenant dans un tuyau d'évacuation, qui ne draine rien du tout. Cependant, au bout de quelques mètres, nous apercevons au loin une lumière diffuse et je perçois nettement des voix, dans l'écho de l'eau qui coule…

« Eh ! C'est Seam ! Qui est là ? » s'exclame Seamus, en pressant un peu le pas.

« C'est nous ! » répond Blaise, dont la silhouette se découpe soudainement dans le halo de lumière…

Il a un bras en écharpe et une dégaine pas possible, me dis-je, quand je m'arrête à un mètre de lui. Et Daphnée, Colin et Ursula qui sont venus se placer à ses côtés pour nous regarder venir, ne sont pas mieux, loin s'en faut…

Ouais, bon, si je regarde bien Seamus, Ginny et Dean, je ne dois pas avoir meilleur allure que Blaise et les autres…

« Ben ça fait du bien de retrouver quelqu'un ! Où sommes-nous, vous le savez ? » demande Dean, en accélérant encore le pas

« Dans les égouts… » répondent en chœur nos amis…

« Oh ! Flûte ! Pourvu que les autres aient plus de chance ! » souffle Ginny, sur un gros soupir, avant de serrer Daphnée dans ses bras, pour la réconforter un peu de sa visible inquiétude.…

Ceci dit, moi aussi, je souhaite de tout cœur que les autres aient eu plus de chances que nous.

Et nos petits aventuriers également…

« Bon, ben, qui dit égouts, dit sans doute en route pour le Lac… Estimons-nous heureux de pouvoir sortir… » s'exclame Seamus, en regardant l'eau nauséabonde qui s'écoule en une rivière vive.

« C'est ce que nous pensons aussi. L'espoir fait vivre, n'est-ce pas ? » déclare Blaise, tandis que nous nous mettons en train.

Mais à mesure de notre avancée, nous commençons à déchanter, tandis qu'un bruit de chute d'eau se rapproche. Et de fait, nous finissons par arriver devant une paroi abrupte qui nous barre le passage, tandis que l'eau des égouts s'enfonce à grands bruits, dans des profondeurs que nous ne pouvons pas voir…

« Ah merde ! Faut revenir sur nos pas… » soupire-je, plutôt découragé…

« Peut-être pas, non… Regarde de l'autre côté, il y a une ouverture dans le mur… » fait remarquer Dean, en éclairant largement l'autre rive…

« Au point où nous en sommes, allons-y. Nous verrons bien où cela nous mène… » décrète Blaise, avant de demander qu'on le fasse Léviter par-dessus la rivière d'eaux souillées…

Il ne faut pas longtemps, avant que nous progressions dans un tunnel dont la voûte est arrondie. C'est de toute évidence une canalisation, au milieu de laquelle s'écoule un sillon d'eau puante, large d'à peu près cinquante centimètres et qui charrie pas mal de merdes. Les berges glissantes sont jonchées d'os de rongeurs parmi lesquels trottinent de gros rats hargneux. Aussi, balayons-nous le sol, les murs et le plafond avec des flammes pour empêcher les bestioles de nous attaquer…

Au bout d'un temps cependant, les rats se font de plus en plus rares et finalement nous n'en voyons plus tandis que le tunnel amorce une grimpette assez raide…

Nous grimpons, à moitié à quatre pattes, sur une trentaine de mètres, avant de pouvoir nous remettre debout. Nos têtes frôlent le plafond et nous sentons un petit courant d'air glacé nous caresser le visage. Finalement, Blaise s'arrête.

« Ne me dis pas qu'on est dans un cul de sac encore une fois ! » s'exclame Seamus dans mon dos, tandis que je viens me placer auprès de mon ami

« Non… Mais putain, qu'est-ce que c'est que ça ? » réponds-je, dans un souffle tendu, en avisant une forme longue et sinueuse qui nous barre à demi le passage vers une caverne

OoOoOoO

Draco

Les arbres semblent gémir autour de nous, ils craquent affreusement et ploient comme sous le poids d'une terrible charge. Leurs branches dépourvues de feuilles se tendent vers les Acromentulas qui s'affolent et tentent de s'échapper dans des cris de frayeur. Mais les arbres leur barrent la route et leurs branches se saisissent d'eux, avant de les broyer avec force, jusqu'à leur faire éclater la panse. Du sang noir gicle dans toutes les directions, dans les hurlements de douleur des Acromentulas

Mes cheveux se dressent sur ma tête, tandis que je regarde aussi les fougères pousser à une vitesse vertigineuse. Et pendant que les arbres font exploser des Acromentulas et que des racines surgissent du sol, entrainant celles qu'elles attrapent sous la terre, les fougères géantes en recouvrent d'autres, les emprisonnant dans des sortes de huttes, qui rétrécissent ensuite jusqu'à les étouffer.

Les Acromentulas gueulent comme des Banshees, courant et se bousculant dans tous les sens, tentant de s'échapper, en jetant l'une de ses sœurs ou l'un de ses frères, dans les pièges dressés par les arbres et les fougères, avant de les escalader avec hâte. Mais peu réussissent à se dérober au massacre…

Merlin ! Que feront les arbres et les fougères géantes, quand ils n'auront plus d'Acromentula à se mettre sous la branche et le feuillage, me demande-je, le cœur battant à tout rompre, mon regard horrifié, partant à la recherche de mes amis.

Vincent me tourne le dos, Hermione est toujours agenouillée, sa main plantée sur le sol et soudainement, je réalise que c'est elle qui provoque ça….

« Végéline… » murmure-je, me souvenant brusquement de son surnom, sur la nouvelle Carte de Poudlard…

Oh, Merlin ! Depuis quand sait-elle maîtriser ce genre de Magie ? m'interroge-je, en regardant de nouveau autour de moi, où les dernières Acromentulas présentes poussent leur ultime cri d'agonie

Pourquoi ne m'a-t-elle jamais dit qu'elle pouvait faire ça ?

« Il faut y aller Draco ! Attrape Hermione ! » s'écrie soudainement Vincent, me sortant de mon état de stupeur…

Hermione ! Elle s'est effondrée, inconsciente !

Je la charge immédiatement sur mon épaule, pour garder ma Baguette libre de jeter un Sortilège à la moindre alerte et je cours sur le sentier derrière Vincent, contournant les Acromentulas qui se débattent dans les huttes de fougères géantes. Certaines de ces huttes commencent à céder sous leurs poussées désespérées. Sans doute parce qu'Hermione est inconsciente.

Nous avons intérêt à nous grouiller me dis-je. Car il y a fort à parier que les quelques frères et sœurs ayant déguerpi quand les arbres et fougères se sont retournés contre eux, reviendront très vite, s'ils s'aperçoivent que le danger est écarté…

Alors je redouble d'effort dans ma course, nous allons vers le vacarme des sabots qui se rapproche considérablement. Et soudainement, au détour d'un sentier, je vois ce qui arrive. Ce sont des Sombrals…

Ils ralentissent leur course et s'arrêtent auprès de nous. Vincent grimpe aussitôt sur le dos de l'un d'entre eux et j'en fais autant, prenant soin de bien tenir Hermione contre moi et de m'accrocher à la crinière. Et les Sombrals repartent au galop en sens inverse, avant de s'élever dans le ciel, à la faveur d'une clairière. Leur vol est gracieux, léger et je me sens pousser des ailes…

Putain ! Nous venons d'échapper aux Acromentulas qui auraient bien fait de nous un délicieux repas, grâce à un incroyable tour de force d'Hermione et maintenant nous volons sur le dos de Sombrals !

Sacrée retenue que nous aurons eue ! me dis-je, en resserrant ma prise sur mon amie, qui glisse un peu sur le côté.

OoOoOoO

Neville

Un coup d'œil à ma montre m'apprend que cela fait près de deux heures que nous explorons les Passages Secrets, en tournant en rond la plupart du temps. Nous avons évité pas mal de pièges et ils sont de plus en plus nombreux, à mesure que nous avançons.

Comme si le Basilic caché quelque part dans cette partie du sous-sol du Château, ne représentait pas déjà un danger suffisant ! C'est à croire que Salazar Serpentard était plus parano encore que ne l'est Voldemort !

Plus cruel et sadique aussi !

Parce qu'après les épées, c'est une forêt de pics sortis du sol et du plafond, que nous avons évités grâce à la vigilance de Gil, puis une sorte de faux a balayé l'air, à ras du sol, et Greg a eu juste le temps de sauter pour ne pas se faire faucher les jambes à hauteur de genoux…

Et je ne compte plus le nombre de chausse-trappes plus piégées les unes que les autres, que nous avons évitées…

Je commence à me demander sérieusement si Salazar n'avait pas quelque chose d'autre que le Basilic à cacher par ici...

Nous arrivons devant un mur. Allons bon ! Un énième cul de sac me dis-je, soupirant avant de prononcer les Principes de Salazar. Sans grande conviction, puisque cela n'a jamais marché jusqu'à présent…

Je n'ai pas plus de succès cette fois…

« Eh ! Nev ! Regarde-ça ! Il y a un accès par ici !… » s'exclame Greg, en donnant bien de la lumière vers le plafond.

Il a raison. Il y a une ouverture de forme arrondie, qui a l'air de se prolonger au-delà du mur devant lequel nous sommes…

Greg me fait Léviter. Il y a un boyau sombre et étroit par lequel nous pouvons passer à condition de ramper. Je jette ma lumière le plus loin possible, mais je n'en vois pas le bout car ma lumière se perd dans un virage…

« Bon, il n'y a pas trente-six solutions. Je suis sûr que les gosses ne sont pas passés par ici. Mais nous sommes dans un véritable labyrinthe et il est possible que ce boyau nous mène sur leur trace, comme nous pouvons aboutir à un autre cul de sac ou tomber dans un piège. Alors qu'est-ce que nous décidons ? Nous rebroussons une fois de plus chemin ou nous passons par ce boyau ? » déclare Gil, sourcils froncés…

« Qu'en penses-tu, Luna ? » m'enquiers-je, sûr que ma Luna aura un avis parfaitement censé.

« Nous ne retrouverons pas les petits, mais nous devons quand même aller par-là. » répond Luna, de sa voix chantante, avec un doux sourire…

« Pourquoi passer par-là, si nous n'avons aucune chance de retrouver les gosses en y allant ? » demande Gil, l'air dubitatif.

« Pour rejoindre les équipes de Blaise et de Théo. Nous attendrons avec eux. » répond Luna, avec un regard qui semble dire que la réponse était évidente et qu'il n'y avait pas à la poser…

« Euh… Qu'est-ce que nous attendrons ? » demande encore Gil, sourcils haussés sur l'incompréhension totale…

« Harry. C'est son groupe qui va trouver les petits et il viendra nous chercher avec lui… » déclare Luna, son regard se perdant quelque part au-delà de mon épaule.

Tout comme Greg, je me retourne instinctivement, éclairant largement la galerie, mais il n'y a rien…

« Qui ça, lui. Tu veux dire le groupe de recherche de Harry ? » m'enquiers-je dans le même temps.

Luna hausse les épaules, l'air de dire que cela n'a pas d'importance et son regard revient sur moi.

« Je sais que nous ne trouverons pas les enfants. Les équipes de Blaise et Théo non plus…dit-elle avec légèreté, avant de lever la tête vers le plafond et d'ajouter : « Allons-y, les autres seront là-bas avant nous… »

Gil et Greg la regardent, l'air de se demander si c'est du lard ou du cochon. Mais j'ai parfaitement confiance en ma Luna et je sais qu'il faut faire ce qu'elle dit. Parfois, je me dis qu'elle est Médium, comme Miho. Qu'elle a un Plumki qui vient lui chuchoter des choses à l'oreille elle aussi…

Et je suis certain qu'elle dit la vérité, quand elle affirme que nous allons rejoindre les groupes de Blaise et Théo. Alors je la fais Léviter et elle prend notre tête, tandis que je la suis et que Greg décide de fermer la marche.

Nous rampons longtemps dans le boyau étroit, avant qu'il ne débouche sur un passage plus large, qui ne nous permet pas de nous lever, mais au moins de progresser côte à côte tous les quatre. Cependant, au bout de vingt mètres environ, le chemin devient bizarrement creusé de sillons, avant de s'arrondir sur un surplomb…

Soudainement, un grondement sourd se fait entendre au-dessus de ma tête et je lève les yeux, poussant aussi sec un cri de surprise. Le passage se ferme et j'ai tout juste le temps de me jeter en avant, pour n'être pas coupé en deux par un mur, qui heurte le sol dans un claquement sourd et résonnant longuement dans l'air.

Nous sommes maintenant bloqués, sur cet étrange promontoire et, à ma grande frayeur, Luna se penche dangereusement en avant. J'ai tout juste le temps de la retenir par la ceinture de son jean, pour qu'elle ne tombe pas dans l'espèce de caverne à colonnade qui s'étend au-dessous de nous…

« Vous voyez, les voilà ! » claironne Luna d'un ton joyeux

Elle a raison. Nos amis sont en bas, le long d'une sorte de forme qui ressemble à un énorme serpent, tête et Baguette largement éclairée levées vers nous…

OoOoOoO

Ron

Mimi ne met pas longtemps à revenir. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne met pas beaucoup d'acharnement à nous aider celle-là ! Et ça m'agace sérieux !

« Il y a un Passage, mais il fait noir et je ne vois rien ! » s'exclame-t-elle, en prenant l'air malheureux…

« Pas grave, nous allons nous passer de tes services ! Tu peux repartir te lamenter dans tes toilettes, Mimi ! Et pas un mot de tout cela à quiconque, ou je demande à Peeves de venir t'empoisonner l'existence pendant toute le reste de l'année ! Et tu sais comme moi qu'il adorera cette idée et me rendra ce service avec plaisir ! Alors silence ou tu n'y couperas pas ! Compris ? Allez, file maintenant ! » réponds-je avec brusquerie.

Tout ce à quoi elle nous aura servi, c'est à perdre du temps avant de partir à la recherche des mioches, cette cloche !

« Toi ! Je te déteste ! » s'écrie-t-elle d'un voix de crécelle, en me dardant d'un œil noir

« Tant mieux ! Au moins je suis certain que tu n'essayeras pas de venir me reluquer quand je suis à poil ! Maintenant, dégage de là gourgandine ! Nous avons du pain sur la planche ! » m'exclame-je, avant d'entreprendre d'ôter quelques pavés du sol, à coups de Baguette sûrs et précis

Naturellement, Mimi se met à hurler et se lamenter, mais je n'y prête guère d'attention, me disant que lorsqu'elle en aura marre, elle partira. Et je mets petit à petit à jour un puits sombre, barré de barreaux serrés. Harry me donne un coup de main et nous enlevons tous les pavés, jusqu'à découvrir complètement la grille, sur lesquels ils étaient scellés.

Au moins, plus de risque que quelqu'un se fasse piéger maintenant. Personne n'aura l'idée saugrenue de poser le pied sur cette grille à l'avenir…

Du moins j'espère…

« Dégage, Mimi ! Nous n'avons plus besoin de toi ! » s'exclame Elinor, quand la geignarde vient se pencher au-dessus du puits qu'elle éclaire de sa Baguette

Mimi pousse un nouveau hurlement et quelques imprécations, mais nous ne nous occupons pas d'elle, réfléchissant au meilleur moyen d'enlever la grille, pour pouvoir descendre sans faire une chute brutale et elle finit par faire demi-tour pour s'en aller, dans des lamentations lugubres…

Les gonds de la grille résistent à nos Sortilèges, nous les renvoyant dangereusement ou se répercutant sur les parois du couloir, arrachant quelques éclats de pierres coupants.

« Bon, nous allons ouvrir cette fichue grille autrement et descendre les uns après les autres, en douceur, avec une Corde Magique… » décide-je, en m'assoyant sur le sol, avant de pousser solidement avec mes deux pieds sur les barreaux, qui plongent en rechignant vers le bas.

« Je passe le premier et j'éclairerai le puits d'en bas pendant que vous descendez. Et, quand viendra ton tour, Ron, je te ferais Léviter … » déclare rapidement Marian, tandis qu'Elinor fait déjà apparaitre une Corde Magique.

J'acquiesce d'un hochement de tête, en lui adressant un regard reconnaissant. Parce que tel que je connais Harry, il y serait allé en premier, malgré sa claustrophobie et je préfère qu'il ne soit pas seul là en bas, même un court instant…

Marian descend prudemment, toute lumière allumée.

« Je dirais qu'il y a à peu près quinze mètres à descendre et faites gaffe en arrivant en bas, le sol n'est pas très stable ! » nous crie-t-il, aux bout de quelques minutes.

« Vas-y, Elinor… » souffle-je, un peu court de respiration, car la grille pousse en sens contraire, pour se refermer.

« Ok, je fais vite. » répond-elle, en joignant le geste à la parole, se laissant rapidement glisser le long de la Corde, malgré le mouvement descendant que Harry lui imprime.

« Ça va aller, Ron ? » demande Harry, tandis que je serre les dents.

« Ouais. Vas-y » réponds-je, en jetant une Corde à mon tour dans le tunnel

Harry obtempère, malgré son regard inquiet et il faut moins de six secondes pour qu'il me crie de descendre. Je relève vite fait les jambes et la grille se remet en place dans un claquement sec.

Ouf, il était temps, me dis-je, en massant un peu mes muscles douloureux…

« Tenez-vous prêt, je vais sauter sur la grille ! » crie-je, vers le bas, en me relevant.

« Vas-y ! » répond Marian, d'une voix forte

Et je saute à pieds joints, bien au centre. La grille se dérobe sous mes pieds et je glisse le long du puits, retenu par un sort de Lévitation qui me permet de me poser en douceur…

Marian disait vrai, le sol est instable sous nos pieds. Il y a une épaisse couche de feuilles sèches et ça craque, avant de rouler, comme si on marchait sur des gravillons. Nous avons intérêt à faire gaffe où nous mettons les pieds, me dis-je, tout en regardant autour de moi. Mon œil repère trois chemins possibles sur les murs de la salle carrée dans laquelle nous sommes. Mais il accroche aussi quelque chose par terre, à demi dissimulé sous les espèces de feuilles sèches qui jonchent le sol. On dirait un morceau de tissu bleu…

J'avance prudemment vers l'endroit, tandis que dans mon dos, Marian avance vers une deuxième ouverture et Elinor vers la troisième.

« Flûte ! Je me suis tordue le pied ! Ah zut ! Ça fait mal ! » s'exclame soudainement notre amie

Je me retourne. Harry est déjà près d'elle et la soigne, tandis que Marian repart déjà vers l'ouverture qu'il voulait explorer. Alors je repars moi aussi et je me penche au bout de trois pas, pour ramasser ce que j'ai trouvé, juste devant l'entrée d'un tunnel. C'est un petit morceau de jeans et je me souviens que Jérémy en portait un sous sa robe…

« Ils sont passés par là !… » déclare-je, au moment même où surgissent dans mon dos, des cris suraigus et des frôlements d'ailes par centaines

« Baissez-vous ! » crie Marian, dans un écho.

J'obéis instinctivement et soudainement, des centaines de petites chauves-souris déboulent dans la pièce, tournoyant à toute vitesse, avant de repartir et de s'engouffrer dans l'ouverture du tunnel par lequel Marian était parti.

Ah… Ce ne sont pas des feuilles qu'il y a sur le sol. Mais les restes desséchés de chauves-souris mortes. Et ce sont leurs os, qui craquent et roulent sous nos pieds, comme des gravillons, réalise-je, en grimaçant…

« Ah ! Putain ! Quelles saloperies de bestioles ! Elles m'ont pissé et chié dessus ! » s'exclame Marian, d'un ton mécontent.

« Ouais, ben ne nous attardons pas dans le coin. Les mioches sont passés par là… » réponds-je, tandis que mon pote se nettoie sommairement, avec l'aide de Harry et Elinor.

Ils me rejoignent et j'attrape la main de Harry, pour passer dans le couloir assez large qui s'étire devant nous, dévalant en pente plutôt raide. Nous marchons vite, car le sol est toujours jonché de chauves-souris desséchées et je ne doute pas un instant que si les mômes étaient tombés dans une autre chausse-trappe, nous le verrions très vite.

Le sol serait nu à cet endroit. Or, il y a bien quelques traces de dérapage, mais rien de plus…

Nous marchons sur deux cent mètres environ, avant d'arriver dans une caverne naturelle. Et nous avons beau en faire le tour, il n'y a pas d'autre ouverture visible. Que des amas de rochers…

« Il faut repartir et prendre l'un des deux autres chemins possibles… » déclare Elinor, sur un soupir…

« Non, regardez. Il y a du sang frais, ici. L'un des gamins est tombé et s'est coupé sur l'arrête de ce rocher… » répond Harry, d'une voix tendue.

Puis son regard court sur le sol, suivant des gouttes de sang, qui mènent droit vers un rocher, auprès duquel il déniche finalement un mouchoir tâché.

« Ils ont pu repartir après.. » fais remarquer Marian, en posant une main sur l'épaule de Harry, qui retourne lentement au milieu de la caverne, l'air malheureux.

Mais mon pif chatouille furieusement et je crois que si nous repartons d'ici, nous ne trouverons pas les gamins…

« Jérémy ! Astoria ! Alioth ! » m'écrie-je, ma voix me répondant en un écho qui se répercute et se démultiplie sur le plafond voûté de la caverne.

« Les enfants que vous cherchez sont par ici ! » s'exclame une voix d'homme, profonde et plus sépulcrale que celle du Baron Sanglant.

Je me retourne d'un bond vers elle et j'écarquille les yeux.

Ce n'est pas possible ! Je dois avoir une hallucination !

OoOoOoO

Acte 7 : Le Secret De Vincent

Draco

Le vol ne dure pas longtemps. Les Sombrals nous déposent non loin de la cabane de Hagrid, avant de repartir dans la Forêt…

Vincent et moi courrons vers la cabane avec notre chargement et je me fais la réflexion que Vincent est sacrément costaud, pour trimballer un Centaure en soutenant un rythme aussi vif. Certes, c'est un très jeune Centaure, qui ne doit pas avoir plus de quelques semaines, mais tout de même, il doit faire son poids…

J'ouvre la porte à la volée et je laisse passer Vincent. Il dépose le Centaure sur un petit tapis, devant la cheminée, tandis que j'installe Hermione sur l'immense lit de Hagrid, sortant immédiatement après, ma pochette de soins. Petit Sortilège de Diagnostic. Ce n'est pas grave, Hermione est juste un peu épuisée. Une bonne Potion Revitalisante et elle sera de retour parmi nous…

Je la lui administre par les narines et trois secondes plus tard, elle papillonne des yeux…

« Ça a marché ? » demande-t-elle, avant de se redresser et de regarder autour d'elle.

« Et comment ! Mais il faudra que tu m'expliques ! » réponds-je, en l'aidant à se lever pour aller vers Vincent, agenouillé sur le sol, auprès du Centaure, qu'il réchauffe en le frictionnant avec une grande serviette.

« Qu'est-ce qu'il a ? » demande Hermione, d'un ton anxieux…

« Une patte cassée. Et ses poumons ne vont pas bien. Mais il faut que je soigne la patte d'abord, sinon, il va se réveiller et vouloir se redresser tout de suite. Ce qui va aggraver sa blessure.» répond Vincent, qui achève de frictionner le torse du Centaure, avant de poser délicatement ses mains autour de l'une de ses pattes avant.

Il ne se passe rien durant quelques secondes, puis ses mains dégagent une sorte de lumière argentée et scintillante. Je sens une chaleur diffuse et douce monter vers nous. Cela dure une grosse minute, peut-être deux et cela s'arrête aussi soudainement que c'est venu…

Lui aussi, va avoir des choses à m'expliquer, me dis-je, pensant que décidément, je vais de découverte en découverte cet après-midi…

« Voilà, sa patte est réparée.. . » annonce Vincent, avant de poser ses mains sur le poitrail du Centaure.

Et le même phénomène se reproduit. Aussitôt qu'il cesse, le jeune Centaure ouvre les yeux et cherche à se redresser sur ses pattes, le regard affolé. Et il tremble tellement de tous ses membres que Vincent doit l'aider pour se lever. Puis il lui murmure des paroles apaisantes, tout en lui flattant doucement le dos et la croupe. Les tremblements du jeune Centaure cessent peu à peu, sa respiration s'apaise et son regard aussi…

« L'Iragan est parti prévenir tes parents, il va les ramener ici. » déclare doucement Vincent, avant de faire venir de l'eau dans une coupe en bois, qu'il donne au jeune Centaure.

Le Centaure boit avec confiance. Puis il redonne la coupe à Vincent avant de s'avancer à la fenêtre. Guettant probablement l'arrivée de ses parents…

« Il est jeune et ne parle pas encore. Il a dû vouloir partir un peu à l'aventure et s'égarer. Il était très loin de chez lui… » déclare Vincent, avant de se relever et d'aller vers la cheminée.

« Tu peux m'expliquer ce que tu as fait avec tes mains ? » m'enquiers-je aussitôt, en allant m'asseoir sur une chaise, à côté d'Hermione, tandis que Vincent met de l'eau à chauffer pour faire un thé.

Il se comporte ici, comme s'il était chez lui. Et je ne trouve pas cela choquant du tout. Il est à sa place, dans cette cabane. Plus à l'aise que je ne l'ai jamais vu ailleurs, hormis en Forêt…

« C'est un don. Je ne sais pas l'expliquer, juste le faire sur les Créatures et les animaux, qu'ils soient Magiques ou non. » répond-il, en haussant les épaules.

« Il y a longtemps que tu sais faire ça ? » demande Hermione, qui le regarde avec des yeux brillants d'une douce admiration

« J'ai découvert que je peux le faire, au Paradis. Durant mon premier séjour. J'ai commencé sur des petits animaux… » explique laconiquement Vincent.

Il sort des tasses énormes et une théière non moins volumineuse d'une armoire et vient les poser sur la table devant laquelle nous avons pris place Hermione et moi.

« Et tu n'as dit cela à personne ? » demande encore Hermione, en ouvrant la boîte à thé, pour en prélever des feuilles et les placer dans la théière.

« Tatie le sait. Hagrid aussi… et Milli. » répond Vincent, en faisant tourner un sucrier entre ses mains.

« C'est impressionnant et super génial, comme don ! » commente-je, sincèrement admiratif moi aussi

Vincent ne dit rien à cela, il se contente de hausser les épaules avec une réelle modestie dans l'expression de son visage, comme si son don n'avait rien d'extraordinaire. Puis il pose le sucrier sur la table, avant de s'asseoir à son tour.

« Et pour les Sombrals, comment se fait-il qu'ils soient venus à notre secours ? Comment ont-ils su que nous avions besoin d'eux et où nous trouver ? » m'enquiers-je maintenant, en observant mon ami, que je découvre sous un nouveau jour, une fois de plus

Je regarde ses grosses mains, que je savais déjà si habiles à dessiner et sculpter et que je sais maintenant douées pour soigner sans Baguette, les animaux et les Créatures.

Elles sont fortes et paraissent douces, malgré les cals et les coupures qu'elles présentent.

Elles ressemblent à celles de Richard et m'inspirent confiance ces mains-là. Je leur confierais ma vie sans hésiter.

« Ils viennent toujours, quand je les appelle… » révèle Vincent en se levant pour aller chercher la bouilloire qui siffle déjà dans l'âtre

« Comment as-tu fait pour les appeler ? » demande-je, avec une patience infinie.

Il faut toujours lui tirer les vers du nez un à un. Avant, ça m'agaçait. Mais maintenant j'ai l'habitude et cela ne m'énerve plus. Au contraire, je trouve cela reposant de parler avec lui.

« Avec ça… C'est Hagrid qui me l'a donné pour que je puisse les appeler. Je l'ai fait dès que j'ai compris où on allait. Vous n'avez pas entendu, parce que seules les oreilles des Sombrals peuvent le faire….» répond-il, en sortant un sifflet en bois taillé à la main, avant de remplir la théière.

« Et pourquoi n'as-tu pas attendu qu'ils arrivent, avant de délivrer le petit Centaure ? » demande Hermione en jetant un coup d'œil vers la fenêtre.

J'en fais autant. Le jeune Centaure regarde toujours au travers de la vitre, calme et tranquille.

« D'habitude, je le fais et ils repoussent les Acromentulas qui osent s'approcher d'eux. Mais aujourd'hui, je ne pouvais pas attendre. Il serait mort avant qu'ils n'arrivent, parce qu'il était mal positionné… » dit-il, en regardant lui aussi vers la fenêtre.

Le jeune Centaure se retourne sur lui et penche la tête sur le côté, puis il sourit timidement à Vincent avant de regarder de nouveau au travers de la vitre

La relation de Vincent avec les animaux et les Créatures ne cessera jamais de m'étonner, ni de m'émouvoir je crois. C'est comme s'ils étaient unis par une sorte de lien invisible qui leur permet de se comprendre…

« Eh bien heureusement que nous étions avec toi, sinon, en ce moment, tu serais suspendu dans leur garde-manger avec lui… » fais-je remarquer, en soulevant le couvercle de la théière, pour vérifier si le thé est prêt.

« Hagrid serait venu me chercher. Il l'a déjà fait une fois.. » répond Vincent, en haussant les épaules.

J'en lâche le couvercle de la théière qui s'écrase sur la table et se fêle

« Quoi ! Mais tu es inconscient ma parole ! Un de ces quatre tu risques d'y laisser ta peau ! » m'exclame-je, avant de réparer le couvercle de la théière d'un coup de Baguette

« Ils avaient pris une jeune Nymphe des bois dans l'une de leurs toiles ! Elle n'arrivait pas à s'en dégager toute seule ! Alors je l'ai délivrée ! Je n'ai pas eu de chance, il y avait déjà une Acromentula tout prêt et elle m'a attrapée ! Mais avec moi c'est un jeu ! Les Acromentulas ne m'auraient pas mangé ! Elles m'auraient juste suspendu pour me faire payer d'avoir délivré une de leur proie ! Elles savent que je ne veux pas qu'elles mangent des Creatures, mais elles ne m'écoutent pas ! Alors moi, je vais les délivrer quand je peux le faire ! » s'exclame Vincent, avec une véhémence que je ne lui ai jamais vue…

« Et nous, nous auraient-elles mangés ? » m'enquiers-je, tandis qu'Hermione fait le service.

« Oui… Je suis désolé. Je croyais que nous aurions le temps de partir avant qu'elles arrivent. Mais encore une fois, elles étaient tout près. C'est parce qu'elles vous ont attaqué, que j'ai jeté des Sortilèges moi aussi, pour vous défendre… Aragog ne sera pas content…. Mais Hagrid lui expliquera et ça ira. De toute façon, les Acromentulas ne me feront jamais de mal… » affirme Vincent, avant de boire une gorgée de thé.

Deux longs discours à la suite, c'est décidemment plus que surprenant de sa part…Pas étonnant qu'il ait soif au point de boire du thé bouillant…

« Elles ne te feront jamais de mal, parce que tu as ce don, n'est-ce pas ? » demande Hermione avec douceur.

Vincent hoche seulement la tête en réponse.

« J'aimerai juste qu'elles comprennent qu'il ne faut pas faire de mal aux Créatures et à mes amis… » soupire-t-il au bout de quelques secondes de silence, avant de se lever et d'aller vers la porte, qu'il ouvre en grand, laissant entrer le froid vif de l'hiver.

« Tes parents arrivent, tu peux sortir, maintenant » dit-il avec douceur au petit Centaure.

Ils sortent tous les deux, Vincent aidant le petit à descendre les marches un peu glissantes. Hermione et moi les suivons jusqu'en bordure de la Forêt. Un couple de Centaures est là. Un mâle et une femelle qui regardent venir leur jeune avec soulagement.

Puis le mâle fixe Vincent, d'un regard perçant.

« Il s'est égaré sur le territoire des Acromentulas et j'ai dû le délivrer de leur cocon, avec l'aide de mes amis, Draco et Hermione. Il avait une patte cassée. Elle va bien maintenant. Mais il faudra qu'il se repose. N'allez pas trop loin dans la Forêt avant quelques jours. » déclare Vincent, d'une voix très douce, tandis que la femelle et le petit s'éloignent déjà sous le couvert des arbres.

« Je suis Ronan. Mon épouse Malagiane et moi, remercions l'étoile qui t'as mise sur le chemin de notre fils Cyalan, jeune Guérisseur. Que les Astres soient avec toi et tes généreux amis, quand viendra le temps de Mars.. » déclare le Centaure mâle, avant de tourner les talons et de rejoindre sa famille au petit trot…

Hermione, m'indique qu'il s'agissait du Centaure qui m'a surpris sur le sentier, un peu avant que nous partions au secours de son petit…

Il devait être à sa recherche…

« Eh, Draco ! Hermione ! Vous auriez dû venir avec nous ! Nous avons vu un troupeau de Licornes ! C'était fabuleux ! » nous hèle la voix lointaine de Claryce.

Nous nous retournons vers elle.

Hagrid, Claryce et Padma remontent d'un bon pas depuis un sentier en amont de celui par lequel les Centaures sont partis. Les filles ont l'air visiblement ravies de leur journée dans la Forêt. Et je peux nettement distinguer leurs joues roses et leurs yeux brillants de joie quand elles arrivent à cinq pas de nous. Mais soudainement, elles s'arrêtent et nous regardent d'un air horrifié…

« Qu'est-ce qui vous est arrivé pour que vous soyez dans cet état ? » demandent-elles d'une même voix…

Hermione et moi nous regardons, tandis que Vincent hausse les épaules et repart vers la cabane de Hagrid…

Nous sommes débraillés, échevelés et nos vêtements sont déchirés et plus que cradingues. Poisseux de sang, puant et souillés des entrailles de l'Acromentula que j'ai tuée avec mon couteau en prime, en ce qui concerne bibi…

Nos regards se croisent, avant que nous nous tournions de nouveau vers nos amis…

« Vous avez bien fait de ne pas venir avec nous ! Nous avons combattu une kyrielle d'Acromentulas ! C'était monstrueux ! » nous exclamons-nous, en chœur, avant d'éclater de rire sous le regard médusé de Claryce et de Padma...

Et comme Vincent, nous retournons à la cabane de Hagrid où nos amies nous suivent.

Nous prenons un bon goûter tous ensemble, tandis qu'Hermione et moi racontons notre aventure, passant volontairement, dans une sorte d'accord tacite, sur deux éléments importants : les talents de Guérisseurs de Vincent et la manière dont Hermione nous a permis d'échapper aux Acromentulas…

Ceci dit, Hermione n'échappera pas à mon interrogatoire en règle, dès que nous rentrerons au Château me dis-je, tandis que je me prends à avoir soudainement hâte de rentrer pour raconter tout ça à mes frères et aux copains… Ils ne vont pas en revenir quand ils apprendront tout ça !

Quelle aventure, tout de même !

Une retenue comme celle-là, je m'en souviendrai toute ma vie, c'est sûr !

Dire que pendant ce temps-là, Harry, Théo, Ron et les autres se la coulent douce au Paradis !

OoOoOoO

Acte 8 : Surprenante Rencontre

Harry

C'est un flash, me dis-je, je suis reparti dans un cauchemar, ce n'est pas possible autrement.

Alors je ferme les yeux et je respire bien. Mais je me rends aussitôt compte, que je ne suis pas angoissé et que j'ai les idées claires. Ce n'est donc pas un cauchemar. Alors j'ouvre de nouveau les yeux.

Bon, voilà que j'ai des hallucinations, me dis-je maintenant, en regardant le Fantôme flottant à deux mètres de Ron, qui se tient lui-même droit et raide devant lui.

Mais un coup d'œil vers Marian et Elinor, m'apprend qu'ils sont tous les deux bouche bée…

Je ne suis donc pas le seul à voir ce que je vois. Mais alors là, pour une surprise, c'est une surprise, me dis-je enfin, en avançant pour venir voir le Fantôme de plus près….

« Voilà près de mille ans que j'attendais de voir quelles réactions susciterait mon apparition et ma foi, je ne suis point déçu ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » déclare le Fantôme, visiblement ravi de notre surprise..

« A…alors vous… vous êtes vraiment…. » commence à bégayer Marian, avant de se pincer pour s'assurer qu'il ne rêve pas…

« Sir Salazar Serpentard, Fondateur de l'Ecole de Poudlard, Maître Legilimens et l'un des premiers Fourchelang avéré ! » s'exclame le Fantôme, visiblement très fier.

« Vous oubliez de préciser : Créateur de la Chambre des Secrets dans laquelle était enfermée un Basilic, Anti-Moldu, Anti Nés de Moldus et Ancêtre du plus grand des salopards que cette terre ait portée ! » m'exclame-je en retour, en serrant les poings.

Le Fantôme sursaute et se tourne vers moi, l'air soudainement nettement moins joyeux, mais nullement hostile.

« Vous faites erreurs sur ces différents points, jeune gentilhomme. Mais comment vous en vouloir quand tout le monde ou presque a été abusé. Moi le premier, hélas… » répond le Fantôme, l'air sincèrement attristé et soupirant avant d'ajouter : « Mais que diriez-vous de délivrer les jeunes intrépides que vous êtes venus chercher, avant que je ne vous raconte mon histoire.. »

Et je ne sais pas pourquoi, mais malgré ma méfiance à son égard, ma colère contre lui retombe et je lui emboîte le pas…

J'espère que je n'aurais pas à le regretter, me dis-je, en escaladant vivement les rochers derrière lui, prenant garde à ne pas glisser ou me prendre une bûche. Il y a un sentier dissimulé derrière l'amas de gros rocs. Nous devons le prendre en file indienne sur quelques mètres, avant qu'il ne s'élargisse de nouveau, sur une autre caverne, plus petite que la première. Nous la traversons pour nous arrêter de l'autre côté.

Une solide porte en chêne, sans serrure, ferme un passage.

« Voilà, vous devez actionner ce mécanisme, voyez-vous, pour pouvoir ouvrir la porte. Prenez garde cependant de ne pas la franchir ou elle se refermera sur vous, comme elle l'a fait sur les enfants. » déclare le Fantôme, en nous indiquant une manette qui dépasse du mur, sur le côté gauche.

J'appuie dessus et la porte s'ouvre dans un grincement qui nous écorche les oreilles et à peine est-elle entrebâillée, que trois petits diables en surgissent. Jérémy me saute dans les bras que je referme sur lui.

« Harry ! Tu es venu me chercher ! » s'écrie-t-il, en me serrant si fort le cou, qu'il m'étrangle à demi.

Je le serre très fort moi aussi, terriblement soulagé, avant de le poser à terre pour l'examiner sous toutes les coutures. Ça va. Ses vêtements sont tâchés et déchirés, mais il n'a rien. Et je le serre encore une fois, l'embrassant sur le front, les joues et le nez, comme un grand frère heureux de retrouver son petit frère sain et sauf…

Ron, Marian et Elinor, s'assurent de leur côté qu'Astoria et Alioth vont bien. C'est ce dernier, qui s'est blessé au bras et Ron s'empresse de le soigner. Nous sommes tous tellement soulagés de les retrouver, que nous ne songeons pas un instant à les gronder, même un tout petit peu, qu'à leur faire des câlins.

Il sera temps de les engueuler quand nous serons de retour au QG…

Pour l'instant, ils n'ont droit qu'aux étreintes et aux baisers…

« Ah ! Comme ces retrouvailles sont touchantes ! Comme j'eusse aimé en avoir de pareilles ! Hélas, je n'ai point été retrouvé ! Du moins, pas avant ce grand jour et moi, vous ne voudrez point m'embrasser ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh !…» s'exclame soudainement le Fantôme, en regardant vers la porte…

Il fait noir, au-delà de l'entrée. Mais je suis trop curieux de voir ce qui se trouve à l'intérieur. Alors je projette de la lumière dedans. C'est une grotte, assez profonde, mais basse de plafond…

« C'est votre squelette ? » demande Ron, en s'avançant un peu.

« Oui. Mais attention, jeune gentilhomme ! N'oubliez point que la porte se refermera sur vous si vous la passez ! » le met aussitôt en garde le Fantôme, en se précipitant pour barrer le chemin à Ron…

« Ah oui ! Attendez, j'ai une idée ! » s'exclame mon petit ami, en se retournant précipitamment, pour aller chercher quelques grosses pierres, qu'il dispose de telle manière, que la porte ne puisse plus se refermer.

Puis il les enjambe, avance dans la grotte et vient s'agenouiller auprès des ossements, recouverts d'une lourde robe de drap épais verte et argent, qui commence à tomber en lambeaux fragiles. Ses poignets et chevilles sont entravés de chaines, reliées à un fort anneau solidement enchâssé dans le sol…A ses côtés, il y a un bougeoir en or ouvragé, couvert de cire et de poussière et un gros pot de terre cuite renversé observe-je, en venant m'agenouiller auprès de Ron, Jérémy toujours accroché à mon cou.

Marian, Elinor, Alioth et Astoria nous rejoignent également et regardent le squelette avec un peu de dégoût.

« Ma dépouille… Je ne l'avais jamais vue jusqu'à ce jour. Il faisait si sombre dans cette grotte, quand ma dernière chandelle s'est éteinte ! » explique brièvement le Fantôme, avant de pousser un soupir un peu dramatique : « Ah ! Les restes des hommes ne sont guère glorieux, n'est-il point ? »

Nous acquiesçons, tout en nous levant, pour sortir de la grotte, dont la porte pousse avec vigueur sur les pierres pour leur faire céder du terrain et nous nous éloignons sans nous hâter, escaladant les rochers avec précaution, pour revenir vers le milieu de la première caverne.

Quelle aventure ! Et surtout, quelle surprenante découverte ! me dis-je, en m'assoyant sur un rocher, pour prendre un peu de repos, avant de repartir vers le QG…

Dire que pendant ce temps-là, Hermione et Draco se la coulent douce dans la Forêt Interdite avec Hagrid !

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement ...

...

..

.