Disclaimer: cf chapitre 1
...
Beta: la merveilleuse Mystical
...
OoOoOoO
J'ai fait une bourde! Et j'ai publié ce chapitre avant le précédent... Je viens de rectifier et vous aurez donc deux chapitres ce soir... Lisez le précédent!
OoOoOoO
.
Secrets Dévoilés 5 / 6
Acte 10 : Le Secret De Luna
Draco
« Brrrrrrrr… J'ai hâte de rentrer ! Il fait un froid de canard ! » s'exclame Claryce, en courant à demi sur le chemin du retour vers le château…
Elle a raison. Il fait très froid. Le vent tourbillonne autour de nous et s'engouffre sous nos capes, pour nous geler les entrailles. J'ai hâte de rentrer, moi aussi. Mais pas seulement pour ça. Je suis pressé de raconter à mes frères ce qu'il nous est arrivé, à Hermione, Vincent et moi et aussi de pouvoir interroger mon amie, sur ce fameux Sort qu'elle a utilisé pour vaincre les Acromentulas…
« Tu crois que Harry et les autres sont rentrés ? » m'enquiers-je auprès d'Hermione, un peu haletant
« Naturellement. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, il est 18h05 et ils devaient être de retour pour 18h00…» répond-elle, en resserrant son cache-nez autour de son cou.
« Allons les chercher, puis nous irons dans la Salle d'Entraînement et nous nous ferons apporter quelque chose à manger par Roi Dobby.» suggère-je à mi-voix, en montant les marches du perron quatre à quatre
Hagrid nous a bien offert de dîner avec lui, d'un ragoût qu'il a mis à mijoter dès son retour de la Forêt Interdite. Mais connaissant l'étendue de ses dons culinaires, nous avons décliné son offre, sous le prétexte que le goûter avait été si copieux, que nous ne pourrions rien avaler…
Nous ne pouvons donc pas décemment nous pointer pour manger dans la Grande Salle maintenant. Hagrid aurait de la peine, s'il venait à l'apprendre…
« Désolée, mais j'ai besoin d'une bonne douche et de changer de vêtements avant d'aller me restaurer. Nous nous verrons après. » refuse Hermione, en passant la Grand Porte.
Ah, oui, bien sûr…
Moi aussi, j'en ai bien besoin me dis-je, en claquant mes pieds sur le sol, pour débarrasser mes chaussures de la neige qui s'y accroche, sous le regard hostile des Ânes Bâtés, armés des seaux, balais et serpillières qu'ils s'en vont ranger provisoirement. Ils ont encore deux heures de retenue après le diner et viennent à peine de finir de nettoyer le dallage du Hall, sous l'œil perçant de Rusard, sa chatte et du Moine Gras…
Au moment où je passe devant lui, Vaneck me jette un coup d'oeil, brillant de malveillance et de joie malsaine. Je suis certain qu'il vient de s'imaginer qu'il me fait rôtir à petits feux ou un truc du genre. Je m'arrête et lui retourne un regard goguenard, tout en m'exclamant à l'intention de Rusard, que je suis désolé des traces humides que je laisse derrière moi. C'est puéril, je sais. Mais ça fait du bien…
« Rira bien qui rira le dernier, Malfoy. Et là, c'est moi qui rigole… » chuchote Vaneck en retour, l'air amusé.
Ses congénères se réjouissent visiblement, eux aussi et je frissonne intérieurement. Qu'est-ce que ce salopard mijote ? me demande-je, tandis que Rusard rappelle les Ânes Bâtés à l'ordre et les somme de sécher le sol derrière nous.
« Il y a quelque chose dans l'air » chuchote-je vers Hermione, Claryce et Padma, alors que nous nous éloignons avec hâte.
« Oui. Ils ont l'air trop heureux pour être honnêtes. Finalement ma douche va attendre je crois. A tout de suite au QG… » murmure mon amie, les sourcils froncés
Elle monte l'escalier quatre et quatre et je ne doute pas qu'elle va s'engouffrer dans le premier Passage venu. Claryce et Padma aussi, même si elles empruntent un autre chemin, comme si elles rentraient dans leur quartier. Aussi, Vincent et moi nous dépêchons vers les cachots, ne croisant personne, ce qui nous laisse perplexe. Mon cœur bat la chamade. Il se passe quelque chose, c'est sûr. Ce n'est pas normal, qu'il n'y ait aucun élève vadrouillant dans les couloirs, même si la plupart d'entre eux doit déjà être dans la Grande Salle pour le dîner…
Il n'y a personne non plus, dans la Salle Commune et je fonce vers le QG, Vincent sur les talons, ouvrant la porte à la volée, sous le regard de nombreux copains qui se tournent d'un bloc vers moi…
Ils ont tous la mine sinistre et je frissonne, le cœur serré…
« Que se passe-t-il ? » m'enquiers-je, la gorge nouée, au moment même où Hermione, Claryce et Padma sur les talons, surgit par les Passages Internes, rouge et plus échevelée encore que tout à l'heure, avec la même question que moi aux lèvres…
« Astoria, Alioth et Jérémy ont emprunté un Passage Secret dont l'entrée se trouve derrière le portrait de Salazar Serpentard. Quatre groupes de quatre, menés par Harry, Blaise, Théo et Neville, sont partis à leur recherche, mais aucun n'est rentré. … » répond vivement Martha
Je me sens devenir exsangue…
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Passage Secret ? Comment les gosses l'ont-ils trouvé ? Pourquoi se sont-ils aventurés là-dedans ? Depuis combien de temps y sont-ils ? Cela a-t-il un rapport avec le contentement de Vaneck et ses sbires ?
Autant de questions qui se bousculent dans ma tête et exigent des réponses immédiates…
« Quand cela s'est-il passé ? » demande-je, en passant une main tremblante dans mes cheveux
Ça ne doit pas faire si longtemps que ça, n'est-ce pas ? Les gosses seront vite rattrapés…
« Il était à peu près quinze heures. Benjamin, Lavande et Pavarti sont partis il y a quelques minutes pour alerter McGo… » répond Martha d'une voix blanche…
« Quoi ! » s'écrie Hermione, l'air horrifiée
« Oh merde ! Comment ça se fait ? Tatie devait emmener Harry, Jérémy et quelques autres dans le Temps Ralenti, dont Alioth et Astoria justement… Pourquoi cela ne s'est-il pas fait ? » demande-je, des tonnes de nouvelles questions se bousculant dans mon cerveau quelque peu enfiévré
A l'heure où les gosses ont emprunté ce Passage Secret, ils auraient dû être en train de prendre du bon temps au Paradis…
Il se passe quelque chose, au-delà de la disparition des gosses et des groupes partis à leur recherche… Une attaque quelque part ? Sûrement… C'est la seule raison qui a pu empêcher le séjour au Paradis de se faire…
Y a-t-il des blessés ? Des Morts ? Se bat on encore ? Où ? Depuis combien de temps ?
« Le séjour au Paradis a été annulé. Nous ne savons pas pourquoi exactement. Mais le Directeur, Tatie et Tonton Sev sont partis de l'école ce matin. Il y a probablement une attaque dans l'air… Et quand nous avons constaté que les gosses étaient partis à l'aventure dans les Passages Internes, il n'y avait aucun prof disponible. Mimi Geignarde a aidé un peu aux recherches, mais elle est revenue il y a pas mal de temps. Ben est allé lui demander où sont les autres, mais elle n'a pas voulu répondre. Ron l'a menacée de lui coller Peeves au train pour le restant de l'année si elle révélait quoique ce soit de ce qu'il se passait et cette andouille prend ses paroles au pied de la lettre, même avec nous… Dès que McGo a été libre, Benjamin est parti la voir… » explique Martha, avant de replonger le nez vers la Carte auprès de laquelle elle est de surveillance
« Les Ânes Bâtés sont au courant… J'en jurerais… » murmure-je, en me souvenant avec précision de la joie malsaine brillant dans le regard de Vaneck
« Comment est-ce possible ? Ils sont tous en retenue et aucun de nous n'a laissé filtrer quoi que ce soit hors du QG… » demande Martha, le regard interrogatif
« Ils le savent parce qu'ils ont fomenté toute cette histoire et envoyé les gosses dans ce Passage Secret sous un prétexte ou un autre, pour les piéger ! Voilà pourquoi ils savent, les sales enfoirés ! Je suis certain qu'ils attendent avec impatience qu'on annonce leur disparition ! » m'exclame-je, hors de moi…
Et horriblement inquiet…
« Ah ! McGo a appelé le Directeur, Tonton et Tatie à la rescousse ! Ils viennent d'arriver dans son bureau ! » annonce Oliver, en pointant la Carte du doigt.
Nous nous rassemblons autour de la table sur laquelle la Carte est étalée, la scrutant souffle presque suspendu, dans l'attente de tout mouvement dans le bureau de McGo. Il ne faut pas longtemps, pour qu'il y en ait. Soudainement, Tatie Nally se volatilise. Peu après, le tableau qui ferme l'entrée des Passages Internes s'ouvre…
« Allez tous dans la Grande Salle, dépêchez-vous. Et que rien de cette affaire ne transpire pour l'instant. Faîtes comme si tout était normal ! » ordonne Tatie Nally, le front soucieux.
« Mais… » commence-je, avant d'être vivement interrompu
« Faites ce que je vous dis sans discussion. Rendez-vous ici après le dîner ! » assène Tatie, avant de repartir dans le Passage.
Les copains se regardent les uns les autres, perplexes.
« Vous avez entendu, dépêchez-vous ! » ordonne Hermione d'un ton sec, avant de se tourner vers Oliver et Kate qui sont de garde auprès de la Carte et de leur dire d'aller avec les autres.
Tous les copains et copines lui obéissent, les Serpentards partant par le chemin normal et les autres par les Passages Internes.
« Hermione… » commence-je, sans pouvoir finir, car mon amie se tourne vers moi et m'interrompt
« Je sais, Draco. Je suis terriblement inquiète moi aussi. Qui sait où mène ce Passage Secret et ce qui est arrivé dedans depuis tout ce temps…Et ce que peuvent ressentir Harry et Jérémy, s'ils sont enfermés quelque part…. Mais Tatie sait ce qu'elle fait. Va prendre ta douche. Je vais rester ici, près de la Carte et demander à un Elfe de m'apporter des vêtements propres. Dès que tu reviens, j'irais me laver et me changer à mon tour… » dit-elle, le regard lourd d'angoisse.
J'acquiesce silencieusement et me dépêche vers mon dortoir. Jamais je n'ai pris une douche aussi rapide et j'enfile à la hâte un Treillis et un pull propre, avant de revenir en courant dans le QG…
« Tonton, Tatie et le professeur Dumbledore ont fait appel au Baron Sanglant. Il est allé chercher Mimi Geignarde. Ils sont tous dans le bureau directorial maintenant… » annonce Hermione, en prenant un paquet de vêtements propres.
Je prends sa place et je scrute la Carte, tandis qu'elle se hâte vers les dortoirs. Elle a à peine passé la porte, que je vois le Baron Sanglant filer à travers tout le château, en direction des cachots. Mais il passe à côté de l'entrée de mes Quartiers et semble s'engouffrer dans un mur, avant de disparaître…
La Salle Au Trésor… Je suis certain que c'est là, qu'il a pénétré...
Mimi a-t-elle dit où se trouvaient Harry, Ron et les autres, la dernière fois qu'elle les a vus ?
Je donnerais n'importe quoi, pour le savoir. N'importe quoi aussi, pour aller à la recherche de mes frères, des gosses et de mes amis. Mais je ne peux rien faire d'autre que de me ronger les sangs auprès de cette fichue Carte…
OoOoOoO
Harry
Nous nous tournons d'un bloc vers les ouvertures que nous avions délaissées tout à l'heure. C'est de là, que provient l'écho nous amenant le grondement sourd et le cri de surprise effrayée…
Merde ! L'un de nos amis est en difficulté quelque part par-là ! me dis-je, le cœur battant la chamade, tandis que Jérémy serre ses bras autour de mon cou, tremblant de peur.
« Où cela mène-t-il ? » m'enquiers-je avec une fièvre urgente, en direction du Fantôme.
« Ces deux couloirs se rejoignent plus loin pour aboutir dans la Chambre des Secrets d'Artemus… » repond-il, la mine lugubre.
« Allons-y… » décide-je, en me dirigeant d'un pas ferme vers la plus proche des ouvertures de la paroi.
« Ne prenez pas ce chemin, jeune gentilhomme ! Prenez plutôt l'autre ! Et laissez-moi vous précéder ! » s'exclame aussitôt le Fantôme, en me barrant la route
« Il y a des centaines et des centaines de chauves-souris, dans le couloir que vous voulez nous faire prendre… » fait remarquer Marian…
C'est bien pour cette raison, que j'allais emprunter celui que m'interdit le Fantôme…
« Certes, mon jeune ami. Mais mieux vaut affronter l'affolement et le courroux des Chauves-souris dérangées par la lumière, que tomber dans l'horrible piège tendu dans l'autre Passage, croyez-moi ! » s'exclame le Fantôme, d'un ton sinistre
« Quel genre de piège ? » demande Elinor, en haussant un sourcil curieux.
« Deux murs se fermeraient sur vous et des trombes d'eaux tomberaient sur vos têtes, jusqu'à emplir presque tout l'espace. Même si vous savez nager, vous finiriez par vous noyer quand l'épuisement aurait raison de vos dernières forces, car les murs ne libèrent le piège qu'après sept jours. Et je ne suis pas sûr que parler le Fourchelang permettrait d'empêcher le piège de se déclencher ou au contraire de s'ouvrir. Jamais Artemus n'a emprunté ce passage pour se rendre dans la Chambre des Secrets… » explique le Fantôme, avant de se diriger vers l'autre ouverture.
« Comment connaissez-vous tous ces pièges ? » m'enquiers-je, sentant de nouveau mes soupçons revenir au galop
Le Fantôme stoppe net et me regarde, l'air chagriné.
« Artemus m'avait expliqué ses projets, avant de me laisser dans la grotte. Souvenez-vous, je vous l'ai dit tantôt, mon jeune ami. Il a poussé le vice jusqu'à attendre d'être certain que je sois mort et que je m'attache à ses pas, pour tendre tous ces terribles pièges dont il a truffé les différents Passages, commentant à voix haute leur fonctionnement, se réjouissant des souffrances qu'ils occasionneraient. Certains ont des effets rapides, d'autres causent des morts lentes et douloureuses et aucun ne s'actionnait au passage de son Basilic, qui allait et venait partout à son gré dans ces nombreux couloirs… Ah ! Au delà de ma vanité, comment n'ai-je pas vu qu'Artemus éprouvait tant de haine ? Que son cœur enfermait tant de noirceur ? Voilà des questions que je me pose depuis des siècles et des siècles… Si je l'avais deviné, j'aurais empêché tout ce mal qu'il a fait et qui perdure aujourd'hui encore, par le biais de son descendant…» soupire-t-il, l'air de s'en vouloir infiniment.
Son regard se perd dans le vide et je remarque que ses mains tremblent.
« Aujourd'hui, vous allez pouvoir empêcher qu'il arrive malheur à nos amis… Guidez nous, s'il vous plait, messire Salazar.. » souffle Elinor, le visage chagriné, en posant sa main sur le bras du Fantôme.
Il sursaute, comme s'il avait senti son contact et il baisse son regard triste sur elle, avant d'acquiescer et de s'engouffrer dans l'ouverture.
Nous nous entourons d'une Bulle de Protection, avant de le suivre, notre Baguette éclairée d'une très faible lueur, pour déranger le moins possible les chauves-souris. Mais, malgré cette précaution, elles s'affolent et volent autour de nous, avec des cris aigus qui écorchent nos oreilles, heurtant nos Boucliers avec forces, tandis que nous baissons la tête, courant le plus vite possible.
Le couloir s'étend sur environ deux cent mètres, avant de bifurquer et de rejoindre un autre boyau. Le Fantôme nous sommes de stopper et nous lui obéissons. Les chauves-souris effectuent un dernier tour autour de nous, avant de repartir dans l'ombre du couloir que nous venons de quitter…
« Ouf ! Ça fait du bien aux oreilles ! » s'exclame Marian, dans le silence revenu.
« Ouais… En revanche, ça, ça ne doit pas faire du bien… » répond Ron, en éclairant fortement le chemin devant nous…
Deux haches de jet, actionnées par un mécanisme, se balancent alternativement devant nous, fauchant l'air durant quelques instants encore, avant de se fondre dans le plafond. Au sol, gisent quelques cadavres de chauves-souris coupées en deux et je gage que le piège se déclencherait à nouveau, si nous avançons dans son périmètre d'action…
« Putain… Où Artemus est-il allé chercher une idée pareille ? » murmure Marian, l'air horrifié.
« Mon demi-frère détestait les Moldus, mais il s'est largement inspiré des pièges que ceux-ci tendaient à leurs ennemis, lors des guerres de l'époque… Il aimait à dire que les Sorciers ne s'attendraient point à ce genre de choses et seraient d'autant plus vulnérables. Aussi a-t-il peu utilisé de Maléfices pour tendre ses pièges. Il n'y en a guère que trois, dans toute l'étendue des multiples galeries creusées par ici… » révèle le Fantôme, tandis que Ron et moi examinons le piège, cherchant le meilleur moyen de le neutraliser…
Il se tourne vers nous et nous indique comment Artemus bloquait le mécanisme des haches de jet quand il passait par ici…
« Pourquoi Artemus détestait-il tant les Moldus ? Que lui ont-ils fait ? » demande Elinor, alors que je jette le Sortilège recommandé
« Les Moldus ne lui ont rien fait. Mais comme mon père, mon oncle était Nés-Moldus et peut-être Artemus s'est-il imaginé que c'est le sang Moldu de son père qui a parlé, lorsqu'il a pris la décision d'enfermer à jamais dans une tourelle, son épouse et le Bastardeau qu'elle allait mettre au monde … Ou alors, il aura pensé cela de mon père, qui ne l'a point reconnu, ni n'est venu le chercher pour lui offrir une enfance aussi heureuse que fût la mienne… Mmmmm… Oui… Finalement, sans doute a-t-il pensé cela des deux… » répond le fantôme, l'expression de son visage, chiffonnée sur la réflexion…
Ron effectue un essai, en faisant sortir quelques oiseaux de sa Baguette, qu'il envoie voler devant nous. Le mécanisme des haches de jet ne se déclenche pas et nous décidons d'avancer prudemment, prêts à nous jeter au sol à la moindre alerte. Mais tout se passe bien et le Fantôme nous guide, avançant à vive allure, sûr de lui, sur le chemin en pente assez raide…
« Qu'est-ce que c'est que ce truc ? » demande soudainement Elinor, en s'arrêtant à côté d'une assez longue forme écailleuse enroulée sur elle-même, de couleur vert vif et épaisse comme le tronc d'un jeune boulot…
« Une mue de Basilic. Il n'était pas encore très grand quand il l'a perdue. Celle que nous avons vue en passant par les toilettes de Mimi Geignarde, était beaucoup plus impressionnante. Elle devait faire trois fois celle-ci pour le moins … » répond Ron, avant d'écarter la peau du Basilic pour dégager le passage
Nous poursuivons notre chemin, glissant parfois sur de petites pierres qui roulent sous nos pas. La sueur me dégouline dans le dos et Jérémy commence à se faire lourd dans mes bras.
Nous grimpons, alors que la Chambre des secrets se trouve dans les entrailles, me fais-je la réflexion. Allons-nous devoir y redescendre par un toboggan ou par une chausse-trappe ?
Mais cette question reste bloquée dans ma gorge, car tout de suite après un virage en épingle à cheveux, un mur de forme bizarre se dresse devant nous et je sens mon cœur flancher. Une crise de claustrophobie pointe de nouveau, me dis-je, tandis que le Fantôme traverse le mur, avant de revenir vivement vers nous…
« Vos amis sont là ! J'en ai compté douze ! Ils ont l'air d'aller bien ! Ouvrez-vite le Passage ! » s'exclame-t-il vers moi, le ton joyeux.
Mon souffle se relâche un peu… Nous ne sommes pas prisonniers…
« Génial ! Ils sont tous sains et saufs ! » s'exclame Ron, en serrant mon épaule
Une vague de chaleur me réchauffe et, en Fourchelang, je demande au mur de s'ouvrir…
Aussitôt, le sol tremble avec un grondement sourd sous mes pieds et, avec lenteur, le mur semble se scinder en deux parties, l'une s'élevant, l'autre s'affaissant. Depuis l'ouverture révélée, j'entends les exclamations surprises de mes amis et à la lueur vive filtrant par l'ouverture qui s'agrandit peu à peu devant nous, ils jettent une pleine lumière, pour tâcher de discerner ce qu'il se passe…
« Nous sommes dans la bouche de votre Statue, n'est-ce pas ? » demande-je en direction du Fantôme, le souvenir de mon entrée dans la Chambre des Secrets envahissant tout mon cerveau.
Je revoie avec précision les colonnes autour desquelles s'enroulent les serpents et l'immense Statue au pied de laquelle git le corps presque sans vie de Ginny, puis, plus tard, le Basilic qui répond à l'appel de Tom Jedusor en sortant de la bouche de Salazar Serpentard…
« Non point, jeune gentilhomme ! Il s'agit de la Statue d'Artemus ! Il tenait à laisser ce souvenir de lui dans Poudlard. Si vous l'examinez attentivement, vous verrez les minuscules différences qu'il y avait entre nous ! Il y a un grain de beauté que je n'ai point, au coin de l'œil gauche. En revanche, il manque la fine cicatrice que je présente sur ma pommette droite. C'est le souvenir d'un combat amical contre Godric, qu'Artemus n'avait point ! Bien sûr, ce n'est guère visible, depuis le sol… Mais d'ici, si vous penchez un peu la tête, en regardant vers le haut, vous le constaterez aisément… Une preuve que nous étions deux… » répond le Fantôme, en m'accordant un sourire indulgent, teinté de tristesse…
Il aimerait que je lui accorde confiance sans restriction. Que je crois totalement à son histoire et à l'existence de ce demi-frère qui a usurpé son identité. Je ne puis toujours pas lui donner cela…
Le mur est maintenant ouvert, comme une bouche. J'invite Jérémy à se détacher de moi, puis j'avance prudemment vers le renflement de la lèvre inférieure, m'agenouillant avant de me pencher vers mes amis qui lèvent la tête, éclairant largement le plafond de la lueur de leur Baguette
« Ohé ! Nous avons retrouvé Astoria, Jérémy et Alioth ! Ils vont bien ! » m'écrie-je, dans les exclamations de joie qui montent vers moi.
Daphnée saute aussitôt dans les bras de Colin, puis de Ginny et tous les autres. Et au sanglot qui explose et se répercute sur les parois de la Chambre des Secret, je devine qu'elle pleure de soulagement…
« Dépêchez-vous de descendre, qu'on fiche le camp d'ici ! On commence sérieusement à se geler, malgré les Sorts de Réchauffement ! » s'écrie Blaise, dans l'écho qui emmêle ses paroles…
« Ok ! On arrive ! » réponds-je, avant de me tourner vers le Fantôme…
« Nous allons descendre et passer par les toilettes de Mimi Geignarde. Le mieux, je crois, c'est que nous nous séparions ici. Rendez-vous… » commence-je, avant d'être interrompu par Ron
« Attends, Harry… Souviens-toi que le passage s'est éboulé quand Lockhart a jeté ce Sortilège d'Oubliette. Depuis le temps, ça s'est peut-être aggravé. Et si cela n'est pas, qui sait si cela ne le fera pas quand nous passerons par le passage que j'ai dégagé… D'ailleurs, je ne suis pas certain de pouvoir le franchir. Il n'était pas bien grand et j'ai beaucoup pris en taille depuis et j'avoue que je n'ai pas envie de risquer que tout s'effondre sur nous en essayant de l'agrandir… » dit-il, avec douceur…
« Tu as raison. Il vaudrait mieux que les autres viennent jusqu'à nous… » conviens-je sur un soupir, avant d'ajouter : « Mais ça ne m'enchante pas, de devoir repasser par ce couloir, avec les haches de jets et les chauves-souris… »
« Je pourrais vous guider, en passant par l'ouverture dissimulée entre les pieds de la Statue d'Artemus.… » glisse le Fantôme
Au son de sa voix, je devine qu'il espère pouvoir rester encore avec nous et que je réponde par l'affirmative. Franchement, j'aurais préféré que les copains qui sont en bas, ne sachent rien encore de son existence. Non pas que je n'ai pas confiance en eux, loin de là. Mais moins nous sommes à connaitre ce secret et mieux c'est…
Non… Ce n'est pas cela… J'ai totalement confiance en mes amis et je sais qu'ils tiendront leur langue.
C'est le zeste de méfiance que j'éprouve envers lui qui me retient. Moins il rencontre de copains et moins il pourra en duper… Voilà le fond de mon sentiment… Plus à tort qu'à raison probablement…
Je soupire…
Je dois reconnaître que je ne suis pas très objectif vis-à-vis de lui et qu'effectivement il vaut mieux qu'il nous guide sur un chemin plus sûr. Alors j'accepte sa proposition…
Nous jetons donc une Corde Magique dans le vide et, tandis qu'Elinor descend, je me penche légèrement, examinant ce que je peux de la figure de la Statue… Un grain de beauté présent au coin de l'œil droit, une cicatrice absente sur la pommette gauche… Le Fantôme disait vrai… Je note aussi une infime différence, dans l'implantation de la chevelure. Trois fois rien, vraiment, mais qui a son importance quand même, si l'on considère que l'un a usurpé l'identité de l'autre, en effaçant ces minuscules différences…
Mais lequel est Artemus ? Lequel est Salazar ?
Nous n'avons que la parole du Fantôme et aucune certitude…
« Un jour viendra où vous pourrez tout à fait vous défaire de votre réserve à mon égard, Harry Potter… » murmure le Fantôme, posté à mes côtés
Je hoche la tête, bousculée par un tas de pensées et de souvenirs dans lesquels la voix du Salazar de Voldemort ne cesse de s'enfiévrer, de réclamer du sexe et du sang, de rire avec cruauté tandis qu'il torture Hirkani Deli…
Qui incite expressément Voldemort de venir violer Jérémy…
« Je sais que ce n'est pas vous… Je sais que c'est Voldemort qui délire, mais… » souffle-je, la gorge nouée, sans pouvoir préciser ma pensée..
« Mais vous ne pouvez abandonner tout à fait l'idée qu'il n'a rien à voir avec moi… N'ayez crainte, je comprends et je ne vous tiens point rigueur… » finit le Fantôme, le regard bienveillant
Et de nouveau, j'ai l'impression puissante qu'il m'a suivi pas à pas depuis des années…
« Vous savez tout de ce qu'il m'a fait, n'est-ce pas ? Et de ses délires…» souffle-je encore, en m'assurant d'un regard que la descente de Ron et Alioth se passe bien…
« Tout, ce serait mentir. Mais j'ai souvent cheminé à vos côtés, mon jeune ami. Pas un jour ne s'est passé, depuis que vous êtes arrivé à Poudlard, sans que je vous rende visite une fois au moins. J'étais présent et j'ai frémi à chacune de vos épreuves. J'aurais aimé pouvoir vous aider alors. Je le ferai désormais, si vous l'acceptez… » répond le Fantôme, d'une voix basse, sous l'oreille attentive de Jérémy qui s'est approché de nous…
« Comment le pourriez-vous… » murmure-je, en prenant mon petit frère dans mes bras…
Notre tour est venu de descendre et j'assure la Corde Magique autour de moi, pour effectuer la descente en rappel, tandis que Jérémy s'accroche bien de ses bras autour de mon cou et jambes serrés sur ma taille…
« Je ne sais point mon ami. Mais j'ai la conviction profonde qu'un jour viendra où ma présence à vos côtés vous sera d'une aide précieuse. Et que ce jour verra à la fois votre confiance en moi s'épanouir et la fin de la Malédiction qui retient mon âme ici… » déclare le Fantôme, son regard se perdant quelque part vers le fond de la caverne…
« Peut-être, oui, peut-être… » acquiesce-je à demi, en prenant position sur la lèvre inférieure de la Statue, prêt à descendre…
Il plonge son regard dans le mien et hoche la tête, puis, en se laissant glisser vers les profondeurs, il m'assure attendre mon appel au pied de la Statue de son demi-frère…
Je me lance alors dans le vide, avec assurance. La descente est rapide et je retrouve la terre ferme et mes amis avec plaisir, serrant particulièrement Ginny dans mes bras…
Nous avons des souvenirs communs ici…
Et pas des plus agréables, même si tout s'est bien terminé…
Nous aurions pu mourir et reposer ici à jamais tous les deux…
OoOoOoO
Hermione
Draco et moi scrutons la Carte de toutes parts, à l'affût du moindre mouvement…
Tout comme lui, je me fais un sang d'encre pour Harry, Ron et tous les autres…
Je comprends qu'ils soient partis à la recherche des enfants. Mais ils auraient dû prévenir un prof ! Qu'est-ce qui leur est passé par la tête, pour qu'ils partent comme ça si vite, sans réfléchir ? Sans assurer leurs arrières ? Ils savent que c'est dangereux, de s'aventurer à l'aveuglette dans des Passages Secrets !
Bon, d'accord, Harry et Ron sont bien mieux armés que nous l'étions, quand nous foncions tête baissée dans les embrouilles, les années précédentes. Et je sais qu'ils feront preuve d'une grande prudence. Mais ils relèvent à peine de terribles blessures tous les deux. Non, ils n'auraient pas dû partir en expédition de recherche sans au moins un prof pour les accompagner…
J'espère qu'ils ne sont pas enfermés quelque part, sans espoir de sortir si quelqu'un ne vient pas les délivrer… Qui sait comment peut réagir Harry si c'est le cas ? Risque-t-il de replonger tout droit dans ses cauchemars ? Il en a encore de temps en temps, se réveillant en nage et horriblement angoissé… Ayant du mal à reconnecter avec la réalité durant quelques minutes…
Et Jérémy… Jamais je n'aurais cru qu'il partirait à l'aventure dans l'inconnu. Pas plus qu'Alioth et Astoria… Ce sont des petits Serpentards bon sang ! Il fallait un attrait puissant, pour les amener à emprunter ce Passage Secret… Quel est-il ? Que leur a-t-on promis ? De quoi étaient-ils menacés ?
« Si je tenais le saligaud qui les a envoyés dans ce Passage Secret, je le réduirais en poussière ! » s'exclame soudainement Draco, en tapant du poing sur la table…
« Tandis que moi, c'est Ron que je vais démolir ! Que Harry perde la tête, je peux le comprendre, s'il pensait Jérémy en danger… Mais Ron ! Comment a-t-il pu foncer sans être accompagné par un prof ou au moins en prévenir un ! C'est à croire qu'il n'a rien appris ! » m'exclame-je en retour, de nouveau aussi furieuse qu'angoissée…
« Ron a demandé à ce que je le fasse, s'ils tardaient à revenir.. . C'est moi, qui suis à blâmer. J'ai attendu trop longtemps, parce que je ne voulais pas mettre la Ciseburine aux oreilles des Ânes Bâtés et les profs étaient tous en surveillance de leur retenue… » intervient Benjamin, qui revient déjà du dîner avec un groupe du Comité…
« Il ne t'ai pas venu à l'esprit que les Ânes Bâtés étaient déjà au courant de quelque chose ? » demande assez sèchement Draco
Benjamin soupire et passe une main tremblante dans ses cheveux…
« Si, justement. Je ne voulais pas qu'ils puissent se réjouir de nous voir affolés. J'espérais vraiment que Harry et tous les copains reviendraient vite et que nous n'ayons pas à donner l'alerte. Et quand j'ai vu que Mimi était de nouveau dans ses toilettes, j'ai naïvement pensé que tout allait bien et qu'ils étaient sur le chemin du retour… Alors j'ai laissé passer autant de temps qu'ils étaient partis, avant de me remuer les fesses… » répond Benjamin, l'air coupable et tourmenté…
Il s'en veut beaucoup et je doute qu'il réitère le même genre d'erreur à l'avenir… Bien que j'espère de tout cœur que l'occasion ne se présente jamais… Mais est-il raisonnable de rêver cela, quand nous sommes en guerre pour un temps indéfini ?
« Et comment réagissent les Ânes Bâtés, maintenant ? » s'enquiert Draco, d'un ton un peu radouci
« Ils ont diné rapidement, pour repartir en retenue dès 19h00 tapante. Ils n'ont pas montré grand-chose durant le repas et il fallait un œil exercé pour voir que quelques-uns étaient réjouis. Et je jugerais que Vaneck était contrarié qu'il n'y ait pas d'agitation de notre côté. Je ne pense pas que tous étaient au courant qu'il se passait quelque chose. Seulement le groupe de Vaneck… Magnus et quelques autres du Comité sont partis les espionner, dans l'espoir d'entendre quelque chose qui nous permette de retrouver les petits et les copains… » répond Benjamin, sur un nouveau soupir
« Ils ne diront rien. Pas quand il y a des profs et des Fantômes qui les surveillent… Je suppose que l'absence de quelques-uns d'entre nous n'est pas restée inaperçue… » commente-je, en pianotant avec nervosité sur la table…
« Non. Mais Lavande et Parvati se chargent de faire courir les plus folles rumeurs pour noyer le poisson… » explique Martha, avant de se pencher sur la Carte…
Dans un automatisme, je lève les yeux au ciel. Je n'ose imaginer les histoires insensées que Lavande et Parvati vont inventer ! En même temps, c'est peut-être mieux ainsi. Et quand les autres reviendront, si tout le monde est sain et sauf, peut-être pourrons-nous cacher la vérité et laisser penser aux Ânes Bâtés que leur plan a échoué…
Car ils sont derrière tout ça, j'en suis convaincue…
Soudainement, le Tableau des Passages Internes s'écarte. Tatie Nally, Tonton Sev et le professeur Dumbledore entrent dans le QG, l'air sombre.
« Voilà le Baron Sanglant ! Il est passé par le bureau de Tonton Sev et il remonte vers la Salle Commune ! » s'exclame presque en même temps Martha, en relevant vivement la tête en direction de la porte…
Et de fait, le Fantôme de la Maison Serpentard la traverse et s'arrête devant le professeur Dumbledore…
« J'ai suivi les indications de Mimi Geignarde, professeur. J'ai trouvé des traces du passage des élèves recherchés, deux cavernes et une grotte renfermant des ossements, mais… » dit-il de sa voix profonde
« Des ossements ! » l'interromps-je, le cœur battant à tout rompre…
Oh, Merlin ! Qui est donc mort dans cette grotte ? Quelqu'un qui s'est égaré dans ces passages et n'a pu en sortir ?
« Oui. Ceux d'un adulte, qui a été enchainé. Il semble que cela se soit passé il y a très longtemps… » répond le Baron Sanglant, avant de se tourner de nouveau vers le professeur Dumbledore pour préciser : « Ces Passages Secrets sont immenses, truffés de pièges selon les marques qu'ont laissé les élèves derrière eux. Il faudrait des renforts, pour tout visiter… »
Au même moment, un mouvement que je perçois du coin de l'œil sur la Carte, attire mon attention.
« Ce n'est pas possible. J'hallucine… » murmure-je…
Et, sans réfléchir, je bondis de mon siège pour sortir comme une fusée du QG, sous le regard interrogatif de chacun…
OoOoOoO
Ron
Je regarde Harry serrer Ginny dans ses bras. Des tas de souvenirs affluent à ma mémoire. Qu'est-ce que j'ai pu me faire comme mouron, en les attendant, coincé de l'autre côté de l'éboulis avec cet imbécile de Lockhart !
Harry a-t-il conscience que j'ai pris des risques insensés, pour essayer de le rejoindre ? Je n'ai pas eu l'occasion de le lui dire, mais j'ai failli être enseveli par deux fois sous les éboulis, quand j'ai ménagé ce petit espace, par lequel il a pu passer avec Ginny…
« Où est-il ? » demande Luna, en se tournant de tous les côtés…
« De qui parles-tu ? » demande Daphnée, qui ne lâche pas Astoria du regard depuis qu'elle l'a retrouvée…
« De Salazar Serpentard, bien sûr ! » s'exclame Luna, ses yeux écarquillés et l'air de se demander pourquoi Daphnée l'interroge à propos d'une telle évidence…
Et pour le coup, j'en reste scotché. Je ne suis pas le seul d'ailleurs… Même Neville, qui ne s'étonne jamais des étrangetés de sa dulcinée, semble complètement perplexe cette fois…
« Euh… Luna… Tu n'aurais pas un lien de parenté avec Miho par hasard ? Tu sais, si tu es Médium toi aussi, tu peux nous le dire… » fait doucement remarquer Harry, en se plaçant devant Luna pour capter son regard
« Non, je ne suis pas Médium. Il n'y a pas de Plumki qui me parle. Mais parfois je vois des choses qui vont arriver. Et je perçois ce qui est invisible pour les autres, comme les Luminates… Lui, je l'ai vu souvent, depuis que je suis à Poudlard, mais je n'ai jamais eu l'occasion de lui parler, car il passait toujours trop loin de moi. Et maintenant, je ne suis plus la seule qui peut le voir, n'est-ce pas ? » répond Luna, de sa voix douce et chantante…
« Je ne comprends pas tout là… » murmure à peine Ginny, tandis que Neville sourit, en prenant la main de sa douce amie
« Tu es une Voyante, Luna ? » demande-t-il, avec tendresse…
« Je ne sais pas. Peut-être. En fait, c'est comme si je faisais des rêves qui se réalisent. C'est drôle, parce que je ne dors pas quand je les fais. Je suis réveillée et soudainement, je me sens flotter et je vois de choses qui vont arriver. Ça m'a fait ça cet après-midi. C'est pour cela que je savais que Harry trouverait les enfants perdus dans le labyrinthe… » répond Luna, avec légèreté…
« Tu as fait un rêve éveillé cet après-midi ? Tu savais ce qui allait arriver ? Pourquoi ne l'as-tu pas dit ? On aurait pu éviter que les mioches se perdent dans ces Passages Secrets ! » s'exclame Gil, l'air de se dire que Luna exagère un peu de ne rien avoir dit avant…
« Ce n'est pas si facile, Gil. Quelque fois, je fais les rêves longtemps avant qu'ils se réalisent et je me souviens d'en avoir rêvé, au moment où les évènements se produisent. Et puis ce sont toujours des bribes de ce qui va arriver… Aujourd'hui, j'ai seulement rêvé que étions dans le labyrinthe, puis j'ai vu que Harry, Ron, Elinor et Marian nous rejoindraient ici, avec les enfants et le Fantôme de Salazar Serpentard. Alors, il est là, n'est-ce pas ? » répond Luna, ses grands yeux emplis de candeur, tournés vers Harry
« Oui, il est là… Il attend que nous l'appelions. » déclare Harry avec un sourire doux pour notre amie, tandis que je me dis qu'il va falloir que nous reparlions sérieusement de tout cela avec Luna…
Blaise, Théo et les autres se regardent, l'air de se demander si ce ne seraient pas eux qui rêvent en ce moment. Alors j'entreprends de leur expliquer brièvement notre rencontre avec le Fantôme de Serpentard, leur assurant qu'il se fera un plaisir de leur raconter lui-même son histoire plus tard. Puis Harry demande au Passage entre les pieds de la Statue de s'ouvrir et Salazar Serpentard, qui attendait derrière, salue mes amis de sa voix caverneuse, avant de rire de l'effet de surprise qu'il crée encore une fois…
« Ah ben ça alors ! Ça alors ! » ne cesse de marmonner Colin, tandis que Blaise pince la main de son bras en écharpe, pour s'assurer qu'il est bien réveillé…
A mes côtés, ma frangine a un mouvement de recul, lorsque le Fantôme de Salazar Serpentard s'avance vers nous et elle lève le regard vers la Statue, avant de le baisser de nouveau sur lui…
« C'est bien lui… » murmure-t-elle, en serrant sa main autour de mon poignet qu'elle a saisi…
Elle n'est pas à l'aise face au Fantôme de Salazar, ni d'être ici, dans ce lieu qui doit lui rappeler des tas de souvenirs désagréables. Alors je dégage doucement mon poignet, pour entourer ses épaules de mon bras et la serrer sur mon flanc…
« Lui, c'est Artemus, le demi-frère de Salazar Serpentard. Il lui ressemblait presque comme deux gouttes d'eau… » dis-je doucement, en désignant la Statue du doigt
« Qu'est-ce qui nous le prouve ? » murmure Ginny, sourcils froncés…
« Pas grand-chose. Si ce n'est que mon pif ne chatouille pas… » réponds-je, avec un sourire franc…
Je comprends sa méfiance et celle de Harry. Mais moi j'ai confiance. Il n'y a pas de duplicité chez ce Fantôme. Il est sympathique. En fait, il me fait penser à Harry, par certains côtés. Intelligent, ingénieux, déterminé, d'un caractère plutôt joyeux et quelque peu naïf parfois… Car il fallait que Salazar le soit, pour se faire avoir par Artemus…
Et au fond de moi, je suis certain que Harry pourrait se faire avoir dans les mêmes circonstances… Se trouver un frère, quand on aurait tant voulu en avoir un en étant gosse, c'est une aubaine, non ?
Elinor présente Neville et les autres au Fantôme de Salazar, qui s'incline et réserve un mot aimable à chacun. Il cabotine avec emphase et un évident plaisir, heureux de toute évidence d'avoir un auditoire attentif. Et je me surprends à le plaindre au fond de moi. Le pauvre zig a passé des siècles dans la solitude, observant les autres, écoutant leurs conversations sans pouvoir s'y mêler. Je n'ose imaginer ce qu'il a pu ressentir, en voyant son demi-frère abuser les autres Fondateurs et saboter sa réputation. Puis, quand ses amis ont découvert le pot aux roses, les regarder se débattre en vain, pour rétablir la vérité et prouver qu'il y avait eu usurpation d'identité… Sans y parvenir...
Une mort atroce, une « vie » de Fantôme errant et solitaire, durant près d'un millénaire… Quel destin affreux, me dis-je, en réprimant un frisson…
« Bon, il faut y aller maintenant… » décide Harry, en se dirigeant vers l'ouverture étroite, entre les pieds de la Statue d'Artemus.
« Permettez, mon jeune ami, que je vous précède… » s'exclame Salazar, en se précipitant pour devancer Harry.
Harry s'efface et m'attend, portant Jérémy dans ses bras.
Je choppe Alioth au passage et Neville se charge d'Astoria, sous le regard reconnaissant de Daphnée. Et nous avançons derrière Salazar, qui offre de nouveau le bras à Elinor. Elle accepte avec grand plaisir et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle semble fière que le Fondateur de sa Maison ne soit pas une pourriture…
« Pourquoi ne nous as-tu jamais dit que tu faisais des rêves prémonitoires, Luna ? » demande gentiment Neville, avec un regard tendre pour Luna, qui chemine à ses côtés
« C'était un secret que je partageais avec ma Maman. La nuit dernière elle est venue dans mon rêve et m'a dit que je pouvais te le révéler, ainsi qu'à mes amis. J'attendais l'occasion de le faire… » répond simplement Luna
Salazar nous guide avec assurance, par le chemin le plus court et sécuritaire possible. Il nous indique au passage des pièges et les copains nous décrivent ceux qu'ils ont évité de justesse, mais aussi ceux dans lesquels ils sont tombés. Je frémis à la pensée qu'ils auraient pu se faire tuer et je sens le Grizzly gronder…
Il est furieux contre celui ou celle qui a envoyé la lettre à Astoria….
Bientôt, Salazar déclare que nous sommes arrivés et Elinor tente d'ouvrir le Passage, en prononçant le troisième Principe de notre guide, mais, comme les gamins nous l'ont dit, il ne s'ouvre pas et Harry doit lui demander de nous laisser passer, en Fourchelang…
« Bon, ben merci et rendez-vous dans le Passage, à côté du bureau du professeur Snape... Ok ? » déclare Harry, avant de sortir du souterrain.
« Lequel des professeurs Snape ? » demande alors Salazar, en haussant un sourcil.
Harry s'arrête net et se tourne de nouveau vers lui.
« Papa Sev. C'est plus sécuritaire. Il y aura beaucoup moins de risques que vous rencontriez du monde en route. » répond-il, avec une légère lassitude
« Je comprends ta prudence, Harry. Mais n'est-il pas plus judicieux que cette rencontre ait lieu dans le QG ? » interviens-je avec douceur
Harry soupire et se passe une main dans les cheveux…
« Tu as raison. De toute façon, avec la Carte, tout le C.C.S.A.B.P.M. sera au courant avant une heure… Allez dans la réserve auprès du QG, là où est le coffre. Vous savez où c'est n'est-ce pas ?… » répond-il, en direction du Fantôme qui hoche la tête pour acquiescer.
Harry marque une légère pause, avant de poursuivre, avec un peu de gêne : « Euh… Dites… Si ce n'est pas indiscret, savez-vous qui a mis votre portrait dans ce… réduit ? »
« Mon cher demi-frère, bien entendu ! Il me détestait tant qu'il lui était insupportable de savoir mon portrait suspendu dans la Salle Commune de Serpentard. Une nuit, peu après mon décès, pensant avec raison que j'étais un Fantôme et que je devais m'attacher à ses pas, il a déclaré haut et fort qu'il allait me reléguer dans un placard à balais. Il ricanait à cette nouvelle humiliation qu'il allait m'imposer, en décrochant mon portrait, puis en l'apposant sur ce mur, avec de la glue perpétuelle, avant de dérober la porte du placard à tous les regards… » explique Salazar, d'un ton faussement indifférent…
Il est clair pourtant, à l'expression de ses yeux, qu'il a été beaucoup plus touché par ce geste de mépris, qu'il ne veut bien le laisser penser…
« Et savez-vous pourquoi on appelle cet endroit miteux, « Salle au Trésor », messire Salazar ? » s'enquiert Marian, main posée sur la poignée de la porte…
« Oui, bien sûr ! Un jour, Artemus a eu nécessité d'avoir à disposition une cachette, pour y dissimuler sa fortune malhonnêtement gagnée. Il a trouvé que ce lieu serait tout à fait approprié et discret. Il a donc quelque peu agrandi le placard, avant d'y entasser des monceaux de pièces d'or et d'argent, des joyaux et autres objets précieux, dont certains m'appartenaient. Le reste était fruit de ses nombreux larcins. Une nuit, peu avant son fracassant départ, un élève qui avait transgressé le couvre-feu pour rendre une petite visite nocturne à sa belle, l'a vu sortir de cette pièce secrète. Il a eu tout juste le temps de se reculer dans un coin sombre, pour qu'Artemus ne le voie pas. Et, avant que la porte soit fermée, ce garçon a entraperçu le monceau de richesses. C'est ainsi que cette pièce a été baptisé « Salle au Trésor » et ce nom lui est resté, bien que mon diable de demi-frère ait tout emporté quelques semaines plus tard…. Et dès lors, mon portrait n'a plus veillé que sur la poussière et les toiles d'araignées.» soupire Salazar, en hochant tristement la tête…
« Ne vous en faites pas, un jour, nous trouverons bien une solution pour le décrocher d'ici ! Je vous promets de réfléchir à la question ! » s'exclame Marian avec une belle assurance.
« Ah ! Comme je serais heureux, que mon portrait retrouve place honorable ! Je vous remercie de vous soucier de cela, jeune gentilhomme ! » répond Salazar, en effectuant un profonde révérence.
« Pas de quoi ! C'est naturel ! A tout à l'heure, messire Salazar ! » s'exclame Marian, d'un ton joyeux, avant d'ouvrir la porte du placard à balais
« A tout à l'heure, chers jeune gens ! » répond Salazar, de sa voix sépulcrale, avant de se fondre dans le mur vers les Passages Secrets.
« Sacré Salazar ! Il serait bien plus marrant comme prof d'histoire que ne l'est Binns ! » commente en chuchotant Marian, tandis que nous nous dirigeons vers la Salle Commune de Serpentard…
Soudainement, la tête de Salazar surgit du mur, à notre gauche, à quelques pas devant nous et nous stoppons net
« Je ne vous ai pas demandé. A quelle heure le rendez-vous ? » s'enquiert-il, à l'intention de Harry
« Allez-y, nous viendrons vous chercher. Et ne vous montrez pas avant ! » répond hâtivement Harry.
Salazar se retire aussitôt et nous nous pressons vers la Salle Commune de Serpentard. Mais nous n'avons pas le temps de l'atteindre, qu'une tornade en sort pour se précipiter vers nous.
« Vous avez vu ? » demande Hermione, en scrutant le mur du couloir, au-delà de notre groupe…
« Quel accueil ! Tu n'as pas l'air de t'être fait du souci pour nous…» commente-je, attendant l'avalanche de reproches qui ne sauraient tarder…
OoOoOoO
Draco
« Ronald Bilius Weasley ! Bien sûr que je me suis fait du souci pour vous tous ! Et tu ne perds rien pour attendre le savon monumental que je vais te passer tout à l'heure ! Mais n'essaye pas de détourner mon attention et dis-moi que j'ai bien vu ce que j'ai vu sur la Carte ! Car vous ne pouvez pas ne pas l'avoir vu ! » explose Hermione, à l'instant où j'arrive à sa hauteur, avec Pa et les copains du Comité.
« Ce n'est ni le lieu, ni le moment de répondre à ta question, ma douce. Allons au QG, tu pourras nous interroger tout à ton aise là-bas… » répond Harry avec douceur.
Hermione plisse les yeux dans sa direction. Elle n'insiste pas et acquiesce, tandis que je me demande qui se cache par ici. Une personne qui ne devrait pas y être et que Harry et les copains protègent, assurément…
J'ai hâte de savoir qui c'est. Et je m'empresse d'emboîter le pas à Harry qui part déjà en direction de mes Quartiers, en me faisant la réflexion que c'est une chance que les Ânes Bâtés soient tous en retenue encore, car notre petit cortège est composé d'élèves de toutes les Maisons. Nous avons été imprudents et, s'ils nous avaient vu débouler tantôt du dortoir garçons, les Abrutis de Brutus auraient eu tôt fait de se demander comment des élèves des autres Maisons avaient pu venir chez nous, sans passer par la Salle Commune d'abord …
Je frémis à la pensée que cela aurait pu éventer le secret de notre QG et de nos allées et venues discrètes…
Il ne faut pas longtemps, pour que nous soyons de retour au QG, où Tatie Nally et le professeur Dumbledore nous attendent, assis à une table, sur laquelle sont disposés des plats de sandwichs et de gâteaux, des cruches de jus de citrouille frais, du thé et du chocolat…
Je prends place auprès de mes frères, le ventre soudainement affamé, avec Hermione, les gosses, les amis qui sont allés à leur secours et Pa, tandis que les copains du Comité s'installent autour de nous sur les canapés et fauteuils et que notre horloge sonne les trois quarts de 19h00…
« Raconte Harry… » dis-je avec urgence, en acceptant avec plaisir l'assiette de sandwichs et la tasse de thé que Tatie Nally fait léviter jusqu'à moi
« Un peu de patience, Draco. Laisse-les souffler deux minutes. » sourit-elle, avec indulgence
« Désolé. Je suis un peu pressé de savoir pourquoi Astoria, Alioth et Jérémy sont allés dans ces Passages Secret et pourquoi ils ont tous tant tardé à revenir… » réponds-je, avant de croquer dans un sandwich au poulet
« Et il me tarde de savoir quant à moi, si j'ai bien vu ce que j'ai vu ! » déclare Hermione, en plissant les yeux vers Harry et Ron
Harry, imperturbable, achève de boire son jus de citrouille, pose son gobelet sur la table et se saisit d'un sandwich, avant de froncer les sourcils, en regardant vers le tableau qui obstrue les Passages Internes, par-dessus la tête de Pa, assis en face de moi avec Tatie Nally et le professeur Dumbledore. Puis, l'air quelque peu contrarié, il se penche vers Ron, qui mastique avec énergie une bouchée de sandwich au roastbeef et lui chuchote quelque chose à l'oreille. Ron acquiesce et se lève sans rien dire, sous mon regard interrogatif…
« Astoria a fait l'objet d'une tentative de meurtre. Mais avant de tout vous expliquer, nous allons vous présenter un invité de toute évidence impatient de faire votre connaissance… » déclare Harry, de nouveau imperturbable, avant de mordre dans son sandwich
« Quel invité ? » m'enquiers-je, vivement curieux
« Lui… » répond laconiquement Ron, en ouvrant largement le tableau des Passages Internes.
Tous les regards se dirigent aussitôt vers lui, y compris le mien. Et je suis si surpris par ce que je vois, que j'en laisse tomber ma tasse sur mes genoux, me levant d'un bond sous la brûlure cuisante du thé qui transperce mon treillis…
Putain ! Pour une surprise, c'est une sacrée surprise !
Ce doit être une plaisanterie. Une nouvelle farce des jumeaux ou une Illusion créée par Ron, me dis-je, en notant son regard malicieux…
Mais l'heure n'est pas à la plaisanterie et Ron ne se jouerait pas de nous en cet instant…
« Ce n'était donc pas une hallucination… » murmure Hermione, l'air à la fois soulagée et de ne pas en revenir…
Personne n'a l'air d'en revenir en vérité. Le professeur Dumbledore observe le Fantôme par-dessus ses lunettes en demi-lune, les deux sourcils haussés, Tatie Nally fronce les siens, l'air de se demander si elle n'est pas en train de rêver et Pa… Ma Foi, Pa est légèrement bouche-bée et le temps semble s'être arrêté pour lui… Même chose pour la plupart des copains et copines…
« Permettez-moi de me présenter, Sir Salazar Serpentard ! Le vrai ! » s'exclame le Fantôme qui nous fait face, en effectuant une révérence, avant de s'avancer vers nous…
« Parce qu'il y en a un faux ? » demande fort à propos Oliver Moon, les yeux écarquillés…
« Oui, jeune gentilhomme ! Le forban qui a usurpé mon identité après avoir occis mon aimable personne ! Nul autre qu'Artemus, mon demi-frère ! » répond le Fantôme, avec emphase, avant de se tourner vers Harry pour ajouter : « Veuillez me pardonner de ne pas avoir attendu votre appel, mon jeune ami. Mais voyez-vous, tandis que j'arrivais dans la réserve, ma mémoire a libéré un souvenir, qui va me permettre de vous prouver ma bonne foi et vaincre vos réticences légitimes à mon égard…»
« Vraiment ? J'en suis fort aise… » répond Harry, en penchant un peu la tête de côté, dans l'attente des révélations du Fantôme de Serpentard…
Je sens sa réserve prudente vis-à-vis de lui et mes poils se dressent sur tout mon corps. Le Fantôme de Salazar Serpentard ! Ici ! Pourquoi se révèle-t-il à nous après tant d'années ? Comment se fait-il que personne n'ait jamais rien su de lui ?
« Moi aussi, mon jeune ami, moi aussi ! Et j'ai eu terriblement hâte de vous informer ! Car cher à mon cœur est le désir que nous entretenions de cordiales relations ! Notre alliance sera un formidable pied de nez à Artemus et son descendant, n'est-il point ? » s'exclame Serpentard, d'une voix profonde et vibrante, le regard brillant de joie…
Pa, le professeur Dumbledore et Tatie Nally l'observent maintenant, l'œil très intéressé. Aucun d'eux n'intervient cependant. De toute évidence, il leur semble normal de laisser Harry et le Fantôme interagir sans les interrompre…
« Certes, certes… » répond Harry, quelque peu moqueur bien que son visage soit parfaitement neutre, avant de demander : « Mais quel est donc ce souvenir, dont vous jugiez si urgent de m'entretenir ? »
« Mon cher ami Godric était, comme vous le savez, un guerrier de belle trempe, au courage et à la témérité légendaires. Un mâle dans toute sa splendeur, viril et puissant, au verbe haut et à la fière stature, qui jurait comme un charretier en toute occasion ! Aussi, passait-il aux yeux du commun des mortels, pour un gentilhomme certainement généreux, mais terriblement vulgaire et inculte ! Ce qu'il n'était pourtant point. Et ses amis intimes savaient qu'en réalité, il avait un fort penchant pour la littérature et qu'il s'adonnait joliment à la prose… Ah ! Comme il a souvent enchanté nos longues soirées d'hiver avec ses histoires glorieuses et ses récits épiques ! Comme il savait les tourner joliment et nous faire vibrer d'émotions ! Il captivait son auditoire et l'emmenait dans ses aventures avec une facilité déconcertante et bien souvent nous nous prenions à être aussi essoufflés que ses héros chevauchant avec panache pour donner assaut à l'ennemi ou encore, harassés de fatigue et tremblants d'excitation quand venait enfin l'instant de la victoire ! » révèle Serpentard, dans une envolée quelque peu lyrique…
Je jette un œil vers Harry, sourcil surhaussé sur une question muette. D'où sort ce fantôme ? Salazar Serpentard serait-il devenu fou à la fin de sa vie pour nous apparaître ainsi aussi… léger et cabotin ?
Harry hausse les épaules et se tourne vers le Fantôme dont le regard se perd dans un lointain qui n'est accessible qu'à lui…
« Fort intéressant, ce que vous nous apprenez de Godric Gryffondor, mais en quoi cela prouve-t-il votre bonne Foi ? » demande-t-il, sans ambages, d'un ton doux, mais quelque peu impatient…
« Aaaaaaahhhh ! Voilà que mes pensées digressent encore ! Et vous avez fort raison mon jeune ami, de les ramener sur le bon chemin ! Je disais donc, que mon cher Godric aimait s'adonner à la prose ! Ce qui est important dans ce fait, c'est que toutes les histoires qu'il écrivait, s'inspiraient des aventures qu'il avait lui-même vécues ou de celles qu'on lui avait rapportées … Mais aussi, du quotidien… Oui, mon ami… Godric savait, à partir d'un petit rien, laisser courir son imagination, pour en faire un conte enchanteur, une fable comique, un récit effrayant ou une tragédie burlesque… Aussi, prenait-il chaque jour quantités de notes, qu'il gardait précieusement, ainsi que ses historiettes, dans une petite pièce secrète où il se retirait quand il voulait la paix… Il y a fort longtemps, quelques siècles en vérité, que je ne m'y suis point rendu, mais tout doit encore être en place ! Et je gage qu'il n'a pas manqué de coucher sur le parchemin, tout ce qui se rapporte à l'école, Helga, Rowena et moi-même… Et Artemus, bien entendu… » explique le Fantôme de Serpentard, avec vivacité et semblant au plus haut point satisfait…
Tatie, Pa et le professeur Dumbledore se regardent brièvement. Ils s'interrogent et je ne doute pas qu'ils voudront vérifier par le menu tout ce que le Fantôme raconte…
Moi, je suis surtout curieux de savoir comment il se fait qu'il ait soudainement surgi du néant pour venir jusqu'à nous…
« Espérons que cela soit. Et je vous remercie de ces précisons. Maintenant, si cela ne vous ennuie pas, je crois qu'il est temps de raconter ce qui est arrivé cet après-midi, au Directeur de notre école, nos professeurs et nos amis. Vous pourrez plus tard conter votre propre histoire, et nous renseigner davantage sur la pièce où Godric Gryffondor se retirait pour écrire… » répond Harry, avec une politesse que je trouve un peu forcée…
Le moins que je puisse dire, c'est qu'il ne se laisse pas séduire par la bonhommie apparente de ce Fantôme… Je le comprends. Moi non plus, je n'ai pas l'intention de me laisser séduire aisément. Après tout, il est l'ancêtre de notre pire ennemi. Je ne me laisserai pas avoir par sa ruse, non mais !
« Oh ! Mais bien sûr, mon jeune ami ! Pardonnez-moi d'avoir ainsi monopolisé la conversation ! Une vieille habitude revenue du fond de mon vivant où j'aimais briller en société ! Godric me gaussait sans cesse à ce propos et nous rivalisions souvent pour retenir l'attention de chacun à notre personne ! Ah ! Comme nous nous amusions alors ! Et bien heureuses étaient ces occasions d'échanger de bons mots ! Mais voilà que je cause et cause encore et encore, quand vous attendez que je me taise pour narrer les évènements sombres qui vous ont conduits jusqu'à moi ! Je vais me retirer dans un coin et je vous en prie, mon cher jeune ami, faites comme si je n'étais point-là ! Après tout, j'en ai pris l'habitude en dix siècles d'errance solitaire ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » s'exclame Serpentard, avec forces gestes et minauderies
Il m'étourdit, ce Fantôme. M'abasourdit même… Qu'est-ce que c'est que ce phénomène ? Est-il réellement le Fondateur austère, rigide et glacial de la Maison Serpentard ? Si oui, d'où lui est venue cette réputation ? A moins que ce ne soit le fait d'être mort, qui l'ait fait devenir joyeux et théâtral à l'excès ?
Décidément, je ne sais sur quel pied danser avec lui. D'un côté, je le trouve plutôt sympa. Mais de l'autre… Non, je n'ai pas envie de lui faire si facilement confiance…
Le Fantôme de Salazar Serpentard se retire, près de la cheminée la plus proche, faisant mine de s'appuyer sur son manteau en une pause élégante, avant d'adresser un signe de tête et un geste de la main à Harry, comme pour l'inviter à parler.
Harry lève les yeux aux cieux et soupire, puis il raconte les évènements qui se sont produits cet après-midi. Bien sûr, son récit est entrecoupé des interventions des autres copains, qui rapportent ce qu'ils ont vécu, les pièges dans lesquels ils sont tombés. Et naturellement aussi, nous échangeons pas mal sur le courrier reçu par Astoria.
A la fin du récit, le professeur Dumbledore sermonne les trois gamins… Enfin, sermonne… Il fait juste remarquer avec un regard bienveillant et sur un ton très doux, que Ron a absolument eu raison de leur passer son savon et qu'il espère que cette mésaventure dans les Passages Secrets leur aura servi de leçon. Mais les gamins ne s'y trompent pas et baissent la tête sous son regard, avec la promesse d'en référer à un professeur ou l'un de nous, s'ils venaient à recevoir une autre lettre de ce type. Puis ils partent, à l'invitation de Tatie, avec Elinor et Marian qui les raccompagnent à la Tour Gryffondor…
« Nous avons intérêt à ne pas lâcher ces gosses d'une semelle à l'avenir.» lâche abruptement Ron, à peine le tableau refermé sur les galopins et leur escorte, son regard accroché à celui de Tatie Nally
Elle acquiesce, sans mot dire, l'air de réfléchir intensément.
« En dehors des heures de cours, ce sera facile. Ce sont les interclasses qui m'inquiètent. » déclare Harry, sourcils froncés, avant de se tourner vers Hermione pour ajouter : « Il va falloir qu'on s'organise. Tu peux voir ça, Hermione ?… »
« Oui, tout sera prêt pour demain matin. » acquiesce Hermione, en sortant son fameux carnet dans lequel elle note tout ce qui doit être fait
« Je vous fais confiance pour assurer la sécurité de ces enfants. Les Directeurs de Maison vont annoncer aux élèves que je ferais une déclaration au petit déjeuner auquel tout le monde devra se présenter à 08h30 demain matin. Je parlerai de ce qui s'est produit aujourd'hui et j'annoncerai qu'une enquête sera menée pour tâcher de démasquer le coupable, ainsi que ce qu'il risque. Bien sûr, cette enquête n'aboutira sans doute à rien de probant, mais peut-être cela dissuadera-t-il le coupable de recommencer, au risque de se faire prendre. » décide le professeur Dumbledore, en se levant sur un soupir, avant de se tourner vers le Fantôme de Salazar Serpentard et d'ajouter : « Ce serait avec plaisir que j'écouterai votre histoire, mais nous sommes appelés ailleurs pour le moment. Je suppose que vous allez rester ici ? »
« Si ces jeunes gens n'y voient pas d'inconvénient… » répond Serpentard, avec un regard surtout dirigé vers Harry
Harry hoche simplement la tête pour acquiescer
« Bien… Je vous ferai dire dans ce cas où et quand nous pourrons nous rencontrer, pour faire plus ample connaissance.. » sourit le professeur Dumbledore, vers le Fantôme qui accepte avec un évidement plaisir.
Sûr qu'ils vont avoir beaucoup de choses à se dire, à n'en pas douter. Et malgré son air tranquille, je suis certain que notre Directeur s'assurera avec minutie que Salazar Serpentard ne lui raconte pas des cracks… Tatie Nally et Pa aussi. Ça ne fait pas un pli !
Le professeur Dumbledore se dirige maintenant vers le Tableau et Tatie Nally lui emboîte le pas, avec Pa …
« Que se passe-t-il ? » m'enquiers-je auprès de ce dernier, avant qu'il ne passe le tableau
« Voldemort est sur le point de trouver le faux Tombeau de son Ancêtre. Et, s'il réussit son entreprise ce soir, il compte fêter cela en menant une attaque sur un village en Cornouailles… » répond-il d'un ton grave, tandis qu'un long frisson remonte le long de mon échine…
La nuit va être longue pour les Membres de l'Ordre et pour nous aussi, qui attendrons de leurs nouvelles…
OoOoOoO
... Votre avis m'intéresse vivement ...
...
..
.
