Disclaimer: cf chapitre 1
...
Beta: Mistycal...
...
OoOoOoO
Réponse sur mon forum aux commentaires de : - Douceurfamille - Ymili - Lul -
OoOoOoO
.
Secrets Dévoilés 6 / 6
Acte 11 : Le Secret d'Hermione…
Harry
Comme nous connaissons déjà l'histoire de Salazar Serpentard, Ron et moi décidons d'aller prendre une douche et de nous changer. Et puis, j'ai envie de savoir comment va Jérémy et s'il arrive à s'endormir, après les frayeurs qu'il a eues cet après-midi.
Il ne faut pas très longtemps, pour que nous parvenions dans notre Tour. Quelques copains et copines appartenant au C.C.S.A.B.P.M. nous adressent des coups d'œil soulagés, tandis que des élèves s'agglutinent autour de nous. Certains nous demandent si c'est vrai que nous avons eu à combattre des Grapcornes des Montagnes qui avaient enlevés Astoria, quand d'autres affirment que ce sont des Clabberts(1) qui s'étaient emparés de Jérémy et que nous les avons poursuivis dans la Forêt Interdite… Il y en a même trois ou quatre qui assurent que nous avons été entraînés au fond du Lac par le Calmar Géant, tandis que nous nous promenions tranquillement sur les berges…
Je lève les yeux au ciel. Merci Lavande et Parvati… Grâce à elles les plus folles rumeurs courent maintenant et je n'ai aucune envie de passer mon temps à les démentir…
« Sans commentaire ! De toute façon, quoique nous disions, vous croirez ce que vous avez envie de croire, car il ne nous est rien arrivé d'aussi extravagant et terrible que toutes ces fariboles que vous racontez… » déclare Ron, en fendant le groupe qui nous barre le passage vers les dortoirs, à grandes enjambées.
Je le suis avec empressement, mon regard glissant à peine sur les mines déçues de mes camarades avides d'histoires à faire frémir et je grimpe quatre à quatre l'escalier jusqu'au dortoir de Jérémy.
Alioth dort déjà à poings fermés, vaincu par l'épuisement. Mais ce n'est pas le cas de mon petit frère, recroquevillé dans son lit, ses yeux grands ouverts fixés sur une chandelle.
Je m'approche doucement et m'agenouille auprès de lui pour caresser ses cheveux.
« Je suis désolé, Harry. Je voulais juste aider Astoria avec Alioth. » dit-il dans un murmure, d'une petite voix mouillée de larmes retenues
« Je sais, bonhomme. » réponds-je, avant de le prendre dans mes bras.
Je le câline un peu, lui assurant que je ne lui en veux pas d'avoir fait une bêtise en ne venant pas me demander conseil. Je comprends qu'il ne l'ait pas fait. C'est la première fois qu'il a de vrais amis, il n'a pas voulu trahir la confiance d'Astoria et Alioth. Et jusqu'à présent, il n'avait pas non plus de grand frère, sur lequel il pouvait compter en toute occasion…
Il se calme et finit par s'endormir au bout d'un quart d'heure. Alors je le remets dans son lit et je le borde. Caressant encore ses cheveux et l'embrassant sur le front avant de le laisser. Puis je vais prendre une longue douche bien chaude qui me fait grand bien, détendant mes muscles endoloris, avant d'aller rejoindre Ron, assis sur son lit…
« Draco voulait qu'on aille dans la Salle d'Entraînement, mais je lui ai dit de venir ici, quand Serpentard aura fini de raconter son histoire… » dit-il avec un sourire, en replaçant son Miroir dans la poche de jambe de son treillis, tandis que je prends place sur mon lit.
« Tu le crois sans restriction, n'est-ce pas ? » m'enquiers-je, en me laissant aller contre mes oreillers
« Oui. Pas une fois mon pif n'a chatouillé. Et je l'ai bien observé. Il a l'air parfaitement sincère. Il n'y a jamais eu de calcul dans son regard, pas de manœuvre de séduction, pas de froideur ou de jubilation malsaine. Je ne doute pas un instant qu'il puisse être impassible et terriblement glacial ou distant quand il le souhaite, au même titre que Tonton Sev ou Draco, en présence d'un ennemi ou d'une personne en laquelle il n'a pas confiance. Mais tout comme eux, il est enjoué et aimable avec ceux qu'il apprécie… Et il a eu sur toi des regards qui ne trompent pas. Il se sent concerné par tout ce qui t'arrive depuis des années, car il s'est fait abuser par Artemus, ce qui a conduit, au fil des siècles, à la situation actuelle. Il regrette sincèrement les souffrances que tu as eues à subir à cause de ça et de Voldemort, le descendant de son demi-frère… » répond Ron, son regard clair fixé dans le mien.
Il n'en dira pas plus, ne cherchera pas à me convaincre. Il me livre seulement le fond de sa pensée et me laisse libre d'en tenir compte ou pas…
C'est toujours ainsi. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles je l'aime aussi fort.
Je soupire et je ferme les yeux, pour réfléchir à tout ça, laissant mes pensées vagabonder d'une idée à l'autre. Notre périple dans les couloirs sombres, la Chambre des Secrets et sa haute Statue, la grotte avec les ossements, les pièges que le Fantôme nous a évités, son rire caverneux et son histoire qui me revient par bribes, sa façon de parler de ses amis et de Godric Gryffondor en particulier…
Je revois également les regards de mes amis sur lui. Celui amusé du professeur Dumbledore, confiant de Maman Nally et intéressé de Papa Sev…
« C'est quand même un drôle de hasard, tu ne trouves pas, que ses ossements ait été découverts aujourd'hui par les gosses, quand Voldemort est sur le point de trouver le faux Tombeau fabriqué de toutes pièces par Papa Sev… » chuchote-je soudainement…
« Hasard ou destin, va savoir… J'espère juste deux choses : que Voldemort tombe dans le panneau et qu'il n'y ait pas de casse dans nos rangs ce soir… » murmure Ron, la voix un peu voilée.
J'ouvre les yeux et me tourne vers lui. Il s'est adossé à ses oreillers lui aussi et son regard se perd vers son ciel de lit. L'expression de son visage est neutre, mais je devine sous son masque, toutes ses inquiétudes, pour ses parents et pour ses frères, qui vont sûrement combattre cette nuit. Alors j'allonge le bras et me saisit de sa main qui se referme sur la mienne pour la serrer brièvement avec force.
Saloperie de guerre !
Pourvu qu'elle ne nous arrache pas encore des êtres que l'on aime !
OoOoOoO
Ron
Harry et moi restons silencieux, tandis que le vent tourbillonnant siffle dehors. Mes pensées divaguent, entre ce que nous avons vécu cet après-midi et les évènements à venir. J'ai l'impression que le temps s'écoule avec une lenteur épouvantable.
Ça me pèse, de savoir qu'il va y avoir des combats et d'être ici, coincé sans possibilité d'avoir des nouvelles avant que tout soit terminé.
« Je vais voir Jérémy… » déclare soudainement Harry, serrant ma main avec tendresse, avant de la lâcher.
Il a besoin de se rassurer en le voyant dormir paisiblement. Je comprends ça. Depuis Priest Hole Manor, je me réveille plusieurs fois par nuit, pour en faire autant avec lui…
Je soupire et me lève. J'ai envie d'un thé, alors j'appelle Roi Dobby et lui demande d'apporter ce qu'il faut pour plusieurs personnes. Les autres en voudront peut-être aussi. Puis je jette un œil sur la Carte. Dean, Seamus, Luna et Neville montent l'escalier. Il ne reste quasiment personne dans la Salle Commune. C'est plutôt rare pour un Samedi.
En revanche, il y a du peuple dans le QG, toutes Maisons confondues. Le Fantôme de Salazar Serpentard doit être aux anges, face à un tel auditoire ! Faudrait quand même que les copains et copines soient prudents. L'heure du couvre-feu est proche et ce ne serait pas bon de mettre la Ciseburine aux oreilles des pro-Voldemort que nous ne connaissons pas dans chaque Maison, en revenant nombreux longtemps après la sonnerie. Aussi, je saisis mon Miroir et j'appelle Philippa qui me rassure. Ils ont un œil sur l'horloge et chacun va regagner ses pénates dans un instant…
« Ça va ici ? » demande Neville, qui ouvre la porte du dortoir, au moment où je clos ma courte conversation avec Philippa
« Oui. Et toi ? » demande-je en retour…
« Oui… » répond-il, en se servant une tasse du thé que Dobby a apporté, avant d'ajouter : « Lavande et Parvati ont un peu exagéré sur les rumeurs. Seamus, Dean, Luna et moi avons été assaillis dès que nous avons posé un pied dans la Salle Commune. D'entendre un monceau de fariboles m'a mis les nerfs en pelote et j'ai dû avoir l'air un peu menaçant, parce que soudainement tout le monde s'est égaillé vers les dortoirs… »
« Un peu menaçant ? Euh, Nev… Tout s'est mis à trembler quand tu as levé ta Baguette en grondant que le premier qui t'emmerde encore avec ses conneries allait se prendre un Sort Cuisant dans les fesses… » révèle Seamus, avec un sourire goguenard.
« Ouais. Et tu as ajouté que si tout le monde n'était pas dans son dortoir dans les cinq secondes qui suivaient, tu l'aurais très mauvaise… » renchérit Dean, en se laissant tomber sur son lit…
« Vraiment ? Je ne pensais pas avoir perdu mon sang-froid à ce point… » commente Nev, sourcil levé en signe de perplexité…
Brave Nev… Il ne se rend toujours pas compte combien il peut être impressionnant, les rares fois où il se fiche en rogne. Il est capable de prouesses incroyables, dans ces moments-là. Et je comprends maintenant, pourquoi la Salle Commune était quasi vide, quand j'ai jeté un œil sur la Carte il y a un instant…
Dean et Seamus s'engagent maintenant dans une partie d'échec et je m'installe pour les regarder jouer, tandis que Neville se plonge avec Luna, dans un livre sur les plantes qu'il a emprunté à la Bibliothèque. Peu après, Harry revient, l'air rassuré et il s'assoit à côté de moi. Trois minutes plus tard, Draco, Théo, Ginny et Hermione entrent à leur tour dans notre dortoir. Blaise, qui a réussi à convaincre Pompom que son coude guérirait aussi bien s'il reste dans son dortoir, maintenant qu'elle l'a remis en place, s'attarde un bref instant avec Kano Nasu avant d'entrer dans la chambre, Fauve sur ses talons.
Le chaton, qui reste décidément bien petit pour son âge, saute sur le premier lit et s'installe en boule sur l'oreiller…
« Moi qui croyais que vous vous la couliez douce au Paradis pendant qu'Hermione et moi étions en retenue, je me suis bien trompé… » déclare Draco, en se plantant devant nous
« Ouais… Qu'est-ce que tu penses de tout ça, la fouine ? » réponds-je, avec un soupir un peu las
C'est vrai que nous sommes loin de nous l'être coulée douce. Et à voir sa tête et celle d'Hermione, leur retenue n'a pas dû être du gâteau non plus. Je me demande comment ils se sont choppé toutes ces égratignures sur la figure. Quelle gentille bestiole griffue Hagrid leur a-t-il présentée ?
« Que j'aimerais mettre la main sur le salaud qui a envoyé les gosses dans ce Passage Secret… Et je penche pour Vaneck… Le hic, c'est que je ne m'explique pas comment il a fait pour découvrir l'entrée de ce Passage, ni pour envoyer la lettre à Astoria. Parce qu'on ne peut pas dire qu'il soit le plus fin de la bande, loin s'en faut. Je me serais davantage attendu à ça de la part de Brandburgy. Car s'il est idiot celui-là, quand il ne prend pas le temps de réfléchir, il est tout à fait capable d'avoir des éclairs de génie quand il le fait. Mais bon, il est en convalescence chez lui et doit encore ruminer sa vengeance à cette heure… » répond Draco, en s'assoyant lourdement à côté de Dean.
Si lourdement que l'échiquier en perd la moitié de ses pièces et celles-ci se mettent à crier au scandale. Seamus et Dean, les ramassent machinalement pour les ranger dans leur boîte, toute leur attention fixée sur nous.
« Non, ce n'est pas Vaneck. Il était peut-être au courant de l'affaire, mais je suis sûr que ce n'est pas lui qui a envoyé la gamine là-dedans. A mon avis, c'est l'Espion. Voldemort lui aura dit où trouver l'entrée il y a un temps déjà, au cas où cela pouvait s'avérer utile. Et je suis sûr qu'il ne s'agit pas d'un Âne Bâté. Enfin… Pas un de ceux que l'on connait du moins… » assène-je, sûr de mon fait.
J'ai assez gambergé à ça, depuis que je suis revenu dans la Tour Gryffondor. Il fallait être libre de ses mouvements, pour envoyer un hibou à Astoria. Or, les Ânes Bâtés sont sous surveillance rapprochée des Fantômes et ils ne peuvent se rendre à la Volière. Tout leur courrier est vérifié par Tonton Sev et expédié par ses soins une fois par semaine seulement…
« L'Espion… Il est prudent le bougre. Personne du Comité n'a encore réussi à l'identifier…» souffle Théo, les sourcils froncés…
« Je vais tâcher de coincer Ramirez et Warrington pour les mettre sur l'affaire. Après tout, aujourd'hui ils ne nous ont pas prévenus, alors soit ils coopèrent, soit j'évente leur secret dans la Grande Salle… » annonce Blaise, mâchoires crispées…
« Ils n'étaient peut-être pas au courant de la tentative de meurtre contre Astoria. Il y a scission dans les rangs des Ânes Bâtés et eux naviguent d'un côté et d'autre, sans prendre position. Ça ne doit pas inciter les autres aux confidences. Surtout que les Ânes Bâtés n'ont plus beaucoup de possibilités d'avoir des contacts… Tu sais bien que, même si la mesure de surveillance constante a été levée après le Conseil de Discipline, le Baron Sanglant passe la plupart de son temps dans leur dortoir, avec d'autres Fantômes. Ils sont toujours à leur tourner autour comme des abeilles autour d'un pot de miel. Rares sont les moments où ils ont la paix. J'ai même vu le Baron Sanglant lire par-dessus l'épaule de Charlyn Wagner quand elle a reçu une lettre l'autre jour…» fait remarquer Neville, en piochant un biscuit dans l'assiette que fait passer Dean
« Au courant ou pas, il faudra que Warrington et Ramirez coopèrent… Et qu'ils nous ramènent des résultats. Si ce n'est le nom de l'Espion, au moins celui de sympathisants des différentes Maisons… Et même les noms de ceux qu'ils connaissent dehors, tant qu'à faire… » assène Blaise, qui est visiblement de fort méchante humeur…
Ça lui arrive souvent ces derniers temps. A chaque fois qu'il croise un Âne Bâté ou que nous parlons d'eux. Et il lui faut faire des efforts considérables, pour ne pas leur rentrer dans le lard, depuis la rentrée…
Ceci dit, il a tout intérêt à ce que l'on sache exactement de qui l'on doit se méfier. Après tout, il a un contrat sur la tête. Ouais… Mieux vaut qu'il sache qui pourrait vouloir la lui couper…
« D'accord, tu t'occupes de coincer Ramirez et Warrington. Et le Comité d'Espionnage va mettre les bouchées doubles aussi de son côté. Nous allons mettre au point une stratégie demain… » déclare Théo, l'air déterminé.
« Colin a eu une idée tout à l'heure. Il a commencé un plan des Passages Secret d'Artemus. Il va demander au Fantôme de Salazar de l'aide pour le compléter. Dean et moi, on se disait que ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose, que de neutraliser tous les pièges, ôter les mots de passe en Fourchelang pour les remplacer par d'autres, que nous serions seuls à connaitre et, pourquoi pas, de ménager des issues vers l'extérieur. Ça pourrait être utile, pour évacuer les petits en cas d'attaque, non ? » intervient Seamus, les deux sourcils haussés sur sa question…
« Excellente idée, Seam ! Il faut creuser la question, avec le Comité Expert en Evacuation… Et ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose que de retourner les pièges à notre avantage, ça pourrait servir aussi… Je verrais ça avec mon groupe Expert en Stratégies… » réponds-je, des tas d'idées se bousculant dans ma tête…
J'entrevois déjà ce que nous pourrions faire de ce labyrinthe infernal. Comment nous pourrions, sans nécessairement les tuer, piéger une partie des troupes de Voldemort, neutraliser les Ânes Bâtés…
Après tout, selon mes calculs, les Passages Secrets d'Artemus s'étendent loin en dehors du Château lui-même… C'est normal, puisque les Quartiers de Serpentard sont situés sous le Lac… Oui, il nous faut tirer avantage de cela…
« Miranda et Cameron sont de garde auprès de la Carte en ce moment et nous devons prendre le relais. Nous pouvons aller les voir tout de suite ! On choppe Colin au passage et il se mettra aussi au boulot avec Salazar ! Autant battre le fer quand il est chaud ! » s'exclame Dean, tout joyeux, en se levant d'un bond, entraînant aussitôt Seamus dans son sillage…
« Enthousiastes les gars. J'ai l'impression qu'ils ne lâcheront pas l'affaire avant que tout soit terminé… » sourit Neville, avant d'enfourner un biscuit
« Ils ont raison. Les bonnes idées, il faut les exploiter sans attendre. » répond Harry, en jetant un œil sur la Carte du Maraudeur, qu'il a fait venir jusqu'à lui…
C'est sur le dortoir de Jérémy, qu'il jette un œil, avant de soupirer et de regarder vers la fenêtre. Des flocons de neige tourbillonnent de nouveau dans les bourrasques de vent.
L'accalmie aura été de courte durée…
« Tu ne fais pas entièrement confiance au Fantôme de Salazar Serpentard, n'est-ce pas Harry ? » demande soudainement Hermione.
Harry sursaute et tourne son regard vers elle…
« Comment le pourrais-je ? Mais je suppose que cela viendra… » répond-il avec douceur.
« Il est… bizarre… Excentrique, cabotin, étourdissant, maniéré… Théâtral… Franchement, je ne sais que penser de lui… » révèle alors Draco, avec une expression éloquente
« Moi, j'attends de voir cette pièce secrète et les écrits de Godric Gryffondor pour me prononcer définitivement. Mais à priori, je suis encline à lui faire confiance. Je le trouve sympathique et j'adore la façon dont il raconte son histoire ! » assure Ginny, avec une lueur malicieuse dans les yeux
« Je l'aime bien aussi. Bien sûr, c'est déstabilisant de constater qu'il n'est pas celui que nous croyions. Mais d'un autre côté, je trouve cela logique. Je me suis toujours demandé comment Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle et Rowena Serdaigle avaient pu s'associer avec un type aussi déplaisant que Serpentard pour construire leur école. Maintenant, je comprends. Celui qui a laissé son souvenir dans les esprits, n'était pas le vrai Fondateur, mais son usurpateur. » déclare Hermione, en se servant une tasse de thé
« Ouais… J'ai toujours été fier d'être Serpentard, mais je ne me sentais pas proche du Fondateur de ma Maison, jusqu'à aujourd'hui. Et je me dis maintenant que j'ai rencontré ce Fantôme, que ça explique comment nous trois et les copains du Comité, nous avons ont pu nous retrouver dans cette Maison… » affirme Théo, en regardant plus précisément vers Blaise et Draco qui approuvent du chef…
« Sûr ! Tout comme ça explique qu'il y ait deux types opposés de Serpentards : les vrais, comme le Fondateur de notre Maison et les faux, comme son usurpateur. Finalement, ce n'est plus si étrange, que la plupart des voyous sont envoyés dans notre Maison… Elle a deux visages : Salazar et Artemus… » fait remarquer Blaise, les yeux dans le vague.
« Jolie découverte… Je me demande ce que cela donnera à l'avenir, quand tout le monde le saura… » murmure Draco, sourcils froncés.
« Nous le verrons bien plus tard. En attendant, c'est le moment du savon ! Ron… » commence Hermione, avec son air à la McGo, avant que je ne l'interrompe
J'ai préparé mon petit discours en prévision et je compte bien le lui servir, pour couper court à son engueulade….
« Je sais ce que tu vas me souffler dans les bronches, ma puce. Tu excuses Harry parce qu'il était inquiet pour Jérémy. Mais moi, j'aurais dû garder la tête froide et ne pas foncer dans ce labyrinthe piégé avant d'avoir prévenu un prof de ce qu'il se passait. Tu vas me faire la leçon à en perdre le souffle, puis tu me demanderas de te détailler ce que j'avais dans la tête et tu apprendras alors que contrairement à ce que tu penses, j'ai gardé tous mes esprits, avant de convenir finalement que j'ai fait ce qu'il fallait. Alors, use plutôt ta salive en nous racontant ta retenue dans la Forêt Interdite. Que vous est-il arrivé, pour que vous ayez ces vilaines écorchures ? » dis-je, d'un ton ferme, en examinant les visages quelques peu griffés d'Hermione et Draco …
Hermione pince les lèvres, tandis que les autres masquent un sourire. J'ai fait mouche et je le sais, tout comme ma sœur de cœur, qui peste intérieurement mais n'insistera pas, j'en suis convaincu. Elle sait bien, que j'ai raison…
« Nous avons combattu des Acromentulas… » lâche-t-elle finalement, après un rapide regard vers Draco, tout en sortant sa pochette de soin de sa poche.
« Des Acromentulas ? Ne me dites pas qu'Hagrid vous a emmenés sur leur territoire ! » s'exclame Harry, avec un frisson, tandis qu'Hermione sélectionne un pot d'Onguent dans sa pochette
Je frissonne moi aussi. Je déteste ces horribles bestioles ! Et je comprends maintenant, d'où viennent toutes ces égratignures et ces hématomes que Draco et Hermione présentent sur leurs visages et leurs mains. Leur combat a dû être rude…
« Non, Hagrid n'est pour rien là-dedans. Il n'était pas avec nous. Et pourquoi nous nous sommes retrouvés là-bas, n'a pas d'importance. C'est la façon dont nous leur avons échappé, qui est intéressante. Je pense que le moment est venu pour toi de partager ton secret avec nous, tu ne crois pas, Hermione ?… » répond Draco, avec un regard insistant pour ma petite sœur de cœur, qui se tartine la figure d'un Onguent qui va faire disparaître ses écorchures…
Hermione soupire, tandis que tous les regards se tournent vers elle. Elle tend le miroir et le pot d'Onguent dont elle vient de se servir à Draco, avant de répondre :
« Végéline. Ce n'est pas un secret pour Harry, Ron, Ginny, Neville et Luna.… » dit-elle, en passant une main dans ses cheveux.
Elle sourit largement maintenant et à son expression, je devine combien elle est satisfaite et fiérote. Et je suis heureux pour elle. Car je sais à quel secret Draco fait allusion, bien évidemment…
« Tu as enfin réussi ! Wahou ! C'est formidable Hermione ! Tous ces longs mois de travail ont porté leurs fruits ! Tu mérites pleinement ton surnom maintenant ! » s'exclame Harry, sincèrement heureux lui aussi…
Il se lève et incite Hermione à en faire autant pour la serrer dans ses bras, avant que Ginny, Luna, Nev et moi la félicitions avec chaleur à notre tour. Hermione est radieuse quand elle se rassoit et ses yeux brillent d'une belle joie
« Quelle bande de cachottiers ! » s'exclame Draco, avec un sourire.
Mais je vois bien qu'il est un peu crispé. Sans doute aurait-il aimé être dans la confidence bien plus tôt.
« Peut-on savoir de quoi il s'agit ? » demandent Blaise et Théo, dans un bel ensemble.
« J'ai un don, un talent, avec les végétaux, d'où mon surnom de Végéline… Je peux appeler les arbres et les plantes à l'aide… Jusqu'à présent, j'avais du mal à concentrer suffisamment de Magie Mère pour parvenir à les mobiliser, mais cet après-midi, j'étais tellement désespérée que j'ai jeté toute mon énergie dans mon Sortilège et j'ai réussi ! Les arbres et les fougères nous ont aidés à vaincre les Acromentulas. Mais je me suis vite évanouie et heureusement que Draco et Vincent étaient là pour me sortir du guêpier dans lequel nous étions… » explique brièvement Hermione.
« Tu es trop modeste Hermione. Tu as fait tout le boulot ! Et c'était fabuleux. Absolument incroyable ! Vincent et moi n'avons pas eu grand-chose à faire après ! » s'exclame Draco, avant de raconter en détails ce à quoi il a assisté.
Et j'avoue que ça me laisse sur le cul. Car Draco a raison. Ce qu'a fait Hermione me semble exceptionnel…
« C'est… Wahou… Tu m'impressionnes Hermione-Chérie ! » déclare Blaise, l'air sincèrement admiratif, avant d'ajouter : « Comment as-tu su que tu avais ce don ? Et pourquoi nous l'avoir caché ? »
« Oh… Eh bien… En fait, j'ai découvert ce talent, durant notre deuxième séjour au Paradis, l'été dernier. Tatie Nally nous a fait faire une séance de Méditation au cours de laquelle je me suis sentie particulièrement en phase avec la nature, les arbres en particulier… J'avais l'impression qu'ils me parlaient… J'en ai discuté avec Tatie et elle m'a proposé un entrainement spécial… Si je ne vous en ai pas parlé, c'est parce que nous avons fait un pacte entre nous six et les jumeaux. Ne rien révéler de nos talents, tant que nous ne les maîtrisions pas et aussi longtemps que cela n'était pas nécessaire de les ébruiter… Vous avez su que Ron est un Grizzly, parce qu'il a dû se transformer pour vaincre le Monstre. Et aujourd'hui, j'ai mis mon don à profit, pour vaincre les Acromentulas… » répond Hermione dans un sourire…
« Je comprends. Est-ce indiscret de vous demander si quelqu'un d'autre a un talent particulier parmi vous ? » demande Draco, avec une pointe d'espoir, avant d'ajouter précipitamment : « Sans nécessairement préciser lequel… »
Nous nous regardons tous les six, Ginny, Luna, Neville, Hermione, Harry et moi. Et chacun hoche imperceptiblement la tête…
« Nous avons fait un pacte. C'est vrai. Mais à l'époque, nous étions loin d'imaginer que notre cercle s'agrandirait de frères et d'amis aussi proches que vous. Alors je suppose que nous pouvons vous inclure dans ce pacte… » sourit Hermione avant de se tourner vers Harry
« Oui, les jumeaux seraient d'accord. En ce qui les concerne, rien de particulier. Ils sont des génies en Potions et sont hyper créatifs et ça, tout le monde le sait déjà. Quant à moi, j'ai hérité du talent de mon père et je suis donc disposé pour être un Animagus. Mais je bloque. Je n'y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi. Maman Nally dit que cela viendra en son temps… De ne pas forcer… » explique Harry, en ponctuant avec un haussement d'épaule fataliste
Je sais que ça le chagrine de ne pas réussir à même toucher du doigt son Animagus. Il aimerait aller explorer la Forêt Interdite comme le faisait son père, en ma compagnie. Et si possible aussi, rester avec Remus, lors des nuits de pleine lune…
Et je sais qu'un jour il y parviendra.
« Moi, je n'ai pas de talent particulier ! Du moins, ne m'en suis-je pas découvert pour l'instant. Mais ça ne me manque pas. Ça me permet de me concentrer sur la Défense et sur les Sortilèges. Je voudrais réussir à faire d'aussi belles Illusions que Ron. Tatie a dit que j'ai de très bonnes chances d'y parvenir ! » s'exclame Ginny, avec un sourire jusqu'aux oreilles.
Elle ne l'a pas aussi bien pris que ça, au début. Mais elle est devenue philosophe avec le temps. Surtout depuis qu'elle a failli mourir, dans les Cachots perdus. Et puis, sa relation avec Théo la rend plus sereine, moins belliqueuse et encline à foncer dans la Bataille.
« Pas de don inhabituel pour moi non plus, même si je maîtrise de mieux en mieux les Sortilèges liés au feu et à l'eau. Mais ça, c'est parce que je m'entraîne dur pour dompter la Magie Mère. Je ne parviendrais sans doute pas à un niveau exceptionnel, mais c'est déjà bien plus que j'aurais pu l'espérer, si je n'avais pas découvert que je suis gaucher pour la Magie. » explique Nev, quand les regards de Draco, Blaise et Théo se posent sur lui.
Ah ! Nev ! Quand te rendras-tu compte que tu vaux bien mieux que tu ne le penses ! ai-je presque envie de lui crier. Mais je sais que cela ne sert à rien. Il faut lui laisser faire son bonhomme de chemin tout seul. Il a bien pris confiance en lui et s'est considérablement épanoui depuis l'été dernier. Un jour, il prendra la mesure réelle du chemin qu'il a parcouru et des capacités qui sommeillent encore, attendant l'heure du réveil complet…
Ce qui importe, c'est que les autres ne s'y trompent pas. Il ne viendrait plus à l'idée de qui que ce soit de se gausser de lui. A part peut-être des Ânes Bâtés. Et encore, je n'en suis pas si sûr, depuis qu'ils l'ont vu à l'œuvre sur un balai… Il a soufflé tout le monde ce jour-là…
« Et Luna est une Voyante. Depuis combien de temps le sais-tu ?… » enchaîne Blaise, en se tournant vers Luna, qui est restée plongée dans le livre de Botanique
Elle lève aussitôt la tête, en papillonnant des yeux, avant de fixer Blaise.
« Je ne sais pas si je suis une Voyante, je l'ai déjà dit tout à l'heure, Blaise. Quand j'étais petite, ma Maman disait que ce sont les Somniumexperges (2) qui me faisaient un cadeau en me permettant de voir à l'avance des évènements qui allaient arriver bientôt. Ça n'arrive pas souvent. Juste de temps en temps. Trois ou quatre fois par an peut-être… Tu crois que je devrais en parler avec Tatie ? » répond Luna, ses grands yeux interrogeant Blaise.
« Je pense, oui… » répond celui-ci, avec un sérieux infini.
« Alors je le ferai… » décide Luna, avant de se replonger dans sa lecture.
Je suis toujours étonné, devant sa capacité à suivre une conversation tout en lisant un bouquin ou en laissant vagabonder son esprit. Je ne m'explique pas comment elle fait, pour être à la fois présente et ailleurs…
« Comment peut-on savoir si l'on a un talent particulier ? » demande soudainement Draco, le regard rêveur…
« Ça dépend. Regarde Théo. Il s'est servi de son Caméléon pour se protéger sans le savoir, durant des années. Jusqu'au moment où Maugrey et Tonks l'ont entraîné pour les filatures et se sont rendu compte qu'il avait un don naturel. Peut-être ne l'aurait-il jamais su autrement… Ron, a découvert par hasard qu'il est un Animagus, un jour où nous faisions l'andouille avec les jumeaux. Il s'est accidentellement transformé partiellement. Hermione, l'a appris au cours d'une méditation. Moi, c'est Marraine qui me l'a dit. Elle a senti à plusieurs reprises qu'il y a un animal qui ne demande qu'à sortir… Elle me l'a dit, parce que je lui ai demandé pourquoi j'ai parfois des sensations bizarres qui fourmillent dans mon ventre et dans mes doigts quand je médite… » répond Harry, le regard tourné en lui-même.
Il cherche son Animagus, j'en ai la certitude. Mais comme d'habitude, celui-ci va rester caché. Jusqu'au jour où il sortira sans crier gare… Du moins, c'est ce que je pense…
« Qu'aimerais-tu avoir comme talent ? » m'enquiers-je, auprès de Draco.
« Je ne sais pas. Être un Animagus me plairait assez. A condition de ne pas être un rat ou un lapin… ou tout autre bestiole riquiqui… Sinon… J'aime bien quand Tatie m'entraîne à la Magie Mère, même si je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de le faire jusqu'à présent. Sentir son souffle sur mon visage c'est… apaisant… Oui, apaisant… » murmure presque Draco, son visage épanoui sur une expression sereine.
Pour le coup, je jette un coup d'œil sur Harry et Hermione, qui me le rendent…
Draco ne s'est peut-être pas trouvé de talent particulier jusqu'ici, mais je gage qu'il deviendra très bon, en Magie sans Baguette. Et que les vents lui seront favorables…
« Et toi, Blaise ? » demande Théo, sourcil haussé vers notre pote…
« J'ai parfois l'impression d'être un gros chat et que je vais me mettre à ronronner, quand Ursula me caresse la nuque. Vous croyez que ça fait de moi un Animagus potentiel ? » répond Blaise, avant d'éclater de rire et de se lever d'un bond souple, pour aller se servir une tasse de thé
Il ne croit pas si bien dire, le Blaise. Souvent il m'a fait penser à un fauve depuis que je le connais. Et il serait peut-être bien inspiré de chercher de ce côté. D'autant qu'il est très bon en Métamorphose. Ce qui est un avantage certain… Et si Peter Pettigrew, un Sorcier nettement moins doué que lui, à ce que nous en savons, est parvenu à devenir un Animagus, à force de travail avec Sirius et le père de Harry, pourquoi pas Blaise ?
« Essaye. Parles-en avec Tatie et McGo et essaye, Blaise… » assène-je avec fermeté.
Blaise, qui portait sa tasse à ses lèvres, suspend son geste et hausse un sourcil dubitatif vers moi.
« Sérieux, Blaise. » ajoute-je, en vrillant mon regard au sien.
Il reste silencieux, durant quelques secondes, puis hoche simplement la tête, avant de boire une gorgée de thé. Et Harry se tourne vers Draco
« Quant à toi, Draco, demande à Maman Nally quand elle a l'intention de reprendre tes entrainements et ce que tu peux faire en attendant. Et exploite les Sortilèges liés à l'air en premier lieu. Je suis sûr que tu progresseras très vite… » dit-il, avant de se lever et de sortir de la chambre.
Il va voir Jérémy, bien sûr…
OoOoOoO
Acte 12 : Le Secret Du Carnet
Algie
Des heures et des heures que nous sommes penchés sur ces parchemins et que nous lisons et relisons ces vers. Mes yeux picotent, harassés de fatigue, ivres de mots qui dansent sur ma rétine. J'étouffe un bâillement dans ma main. Il est temps pour moi de capituler. De laisser mes paupières se fermer pour la nuit.
« J'ai trouvé ! » s'exclame soudainement mon ami Robert
Son ton enthousiaste me réveille un peu et je tourne mon attention vers lui. Tout comme Rupert…
« Regardez ! Il faut prendre la dernière lettre du premier ver, l'avant dernière du second et ainsi de suite. Et recommencer au poème suivant ! » dit-il, en soulignant les lettres désignées, d'un trait de plume fin.
Je les laisse faire, Rupert et lui. Et les lettres s'assemblent en mots, dont le premier envoie mon esprit vagabonder dans des souvenirs lointains.
Venise…
Je l'ai visitée autrefois…
Venise et ses Palazzo, ses églises, ses places et ses puits, ses gondoles et ses centaines de ponts… Ses étroites ruelles dans lesquelles on se perd et se retrouve. Belle et mystérieuse. Riche et miséreuse tout à la fois…
J'ai foulé le sol de marbre ondulé de la Basilique St Marc, contemplé le Retable d'or, les Tétrarques enlacés, les mosaïques occidentales et le Quadrige des Chevaux d'Erain, enlevé en 1204, à l'hippodrome de Constantinople que fit ériger l'Empereur Constantin.
J'ai bu un chocolat chaud servi en gants blancs et sur plateau d'argent, dans l'atmosphère feutrée et luxueuse du Café Florian, tandis que sur la terrasse, un quatuor de cordes jouait la musique enchanteresse de Mozart…
J'ai visité le Palais des Doges aux façades ciselées, restant assis des heures durant pour admirer les peintures, traversant le fameux Pont des Soupirs, d'où les prisonniers pouvaient apercevoir une dernière fois leur belle ou leur famille avant d'être enfermés dans les plombs, cette prison terrible, dont le fameux Casanova fût le seul à réussir à s'évader. Je me souviens avoir courbé le dos pour descendre vers les cellules, avoir avancé à quatre pattes pour pénétrer dans certaines et y déchiffrer les signes cabalistiques laissés là par quelques condamnés pour faits de sorcellerie. Il s'agissait en réalité de pauvres bougres et bougresses, rendus fous ou folles par les tortures et qui auraient avoué n'importe quel crime pour échapper à la douleur du « brodequin », de la « poire d'angoisse » ou du « carcan »…
Epoque cruelle, comme savent l'être les hommes. Qu'ils soient Moldus ou Sorciers…
Et combien j'ai souffert de voir tant de merveilles architecturales délabrées, aux fondations rongées par les eaux saumâtres et les inondations, sombrer peu à peu dans les canaux …
Comment les sauver, quand si peu de Mécènes ont les moyens suffisants pour les entretenir ?
Venise…
Est-ce notre prochaine destination ?
« Al ? T'es avec nous ? » m'appelle Rupert de son ton bourru et soucieux à la fois.
« Oui, oui, bien sûr. » réponds-je, en rassemblant mes esprits avant de m'enquérir : « Nous partons à Venise demain ? »
« Non. En Suède. Mais faut d'abord qu'on voit Albus… » répond mon ami sur un soupir…
Albus…
Nous partons donc pour l'Ecosse…
OoOoOoO
Acte 13 : La Pièce Secrète
Harry
Jérémy va bien. Son sommeil est paisible.
Cela me rassure de le voir serein.
Merlin que j'ai eu peur pour lui cet après-midi ! J'ai cru que j'allais le perdre pour toujours !
Je soupire. Je ne peux pas rester ici et le veiller toute la nuit. Ce ne serait pas bon, ni pour lui, ni pour moi. Je dois apprendre à lui laisser du large, à ne pas m'inquiéter pour lui outre mesure. Ça ne lui rendra pas service si je le surprotège. Il pourrait finir par se sentir étouffer et m'en vouloir… Ou devenir totalement dépendant de moi….
Une vague de chaleur. Ron.
Il comprend mon dilemme mais il aimerait que je le rejoigne. Il a besoin de moi. De me sentir à ses côtés. De mon soutien dans cette attente du matin et des nouvelles qui nous viendront des combats…
Je regarde une dernière fois Jérémy et je sors de la chambre, montant l'escalier deux marches par deux. Draco et les autres sont toujours là. Hermione parle à quelqu'un dans son Miroir.
« Entendu, nous y serons dans quelques minutes ! » déclare-t-elle, tandis que je lève un sourcil dans sa direction.
« Plutôt que de nous morfondre, nous avons décidé de partir à la chasse au trésor… » explique à sa place Draco, tout sourire.
« Quel trésor ? » m'enquiers-je, complètement largué
« La salle secrète de Gryffondor ! Tu n'es pas curieux, toi, de savoir ce qu'il y a dedans ? » répond Draco, avec un bel enthousiasme
Oh… ça ! Oui, bien sûr que je suis curieux. Mais je pensais attendre demain, que Papa Sev et Maman Nally soient disponibles pour nous accompagner. Pas que je pense que Godric Gryffondor ait pu poser des pièges pour interdire l'accès à son espace privé, mais c'est quand même curieux, que nous n'en ayons jamais entendu parler… Et tout ça est si vieux… Que se passera-t-il, quand nous ouvrirons la porte ? Cela ne risque-t-il pas de s'ébouler ?
Je ne la sens pas, cette chasse au trésor…
« Je subodore des emmerdes en vue… » soupire-je, mon regard glissant vers Hermione, avant de demander, un rien moqueur : « Et toi tu es prête à foncer tête baissée là-dedans ? »
Hermione pince un peu les lèvres et redresse la tête
« Je ne fonce pas tête baissée. J'ai pris mes renseignements. Il n'y a pas de risque que nous rencontrions quelqu'un là où nous allons. Et il n'y a pas de piège, selon le Fantôme de Salazar. Daphnée va arriver avec Colin. Ils garderont un œil sur les petits. Tu viens avec nous ? » dit-elle, en se levant, l'air décidée.
Je soupire encore une fois et je regarde Ron. Il a l'air partant lui aussi. Tout, plutôt que d'attendre sans rien faire. Je peux bien faire ça pour lui…
« Ok… Mais d'abord, dites-moi où nous allons… » capitule-je, avec un zeste de réticence quand même.
Et si Jérémy fait un cauchemar, se réveille et me réclame ?
« Rejoindre le Fantôme de Salazar. Il va nous attendre derrière le portrait du Chevalier au Catogan. » répond Draco, l'air satisfait
« Il ne devait pas bouger du QG ! Vous êtes inconscient ou quoi ! Et s'il rencontre un autre Fantôme, hein ? Ou si le Chevalier s'aperçoit de sa présence ? Vous vous rendez compte qu'en moins d'une heure, tout Poudlard serait au courant ? » explose-je à demi.
« Relax, Harry. Nous ne croisons jamais aucun Fantôme, dans les Passages Internes. Et tu sais bien qu'à cette heure-ci, le Chevalier au Catogan est parti conter fleurette à sa belle ! Et quand bien même il était de garde dans son tableau et qu'il s'apercevait de quelque chose, ce dont je doute fortement, nous n'aurons aucun mal à le persuader de tenir sa langue en alléguant qu'il s'agit d'une quête secrète, qu'il doit allégeance au Fondateur de Poudlard et taire sa présence en ces lieux… » intervient Baise, avec un sourire rusé.
Il a l'air si sûr de lui que je suis sur le point de baisser ma garde. Mais ces derniers temps, toutes nos belles assurances se sont souvent effondrées pour des causes imprévues ou imprévisibles…
« Et si ces recherches nous mènent dans les appartements ou le bureau d'un prof ? Nous aurions l'air fin, de débarquer à cette heure chez Trelawney ou Vector, vous ne croyez pas ? Je vois d'ici nos excuses foireuses et bredouilleuses ! » m'exclame-je, sans pouvoir m'empêcher d'ajouter, en imitant la voix faussement mystique de notre prof de divination « Excusez-nous, Madame, mais notre troisième œil nous a dit que vous étiez en grand danger de mort et nous sommes venus vous porter secours ! »
Et bien entendu, les autres se bidonnent illico…
« Oh ! Harry ! Si tu es si inquiet pour Jérémy et que tu préfères rester ici, ce n'est pas grave, tu sais. Nous comprenons et nous irons sans toi… » déclare Hermione, avec un regard compatissant, quand son rire est calmé
Je soupire, une fois de plus. Ils ont bien réfléchi à la question, tandis que j'étais cinq étages plus bas. C'est bien pour cela, que Daphnée et Colin vont venir veiller sur les gosses… Et je suis certain qu'ils savent aussi, que ça m'emmerderait profondément de les laisser partir sans moi…
« Bon, ok, je viens. Mais je vous préviens que si quelque chose foire, vous en entendrez parler pendant dix ans au moins ! » capitule-je pleinement cette fois.
Draco m'adresse un petit clin d'œil et il jette un regard sur la Carte du Maraudeur.
« C'est bon. La voie est libre. Rusard traine du côté de la Tour d'Astronomie et Peeves s'amuse chez les Ânes Bâtés. Il y a du monde en revanche dans votre Salle Commune, mais un bon Sort de Désillusion nous permettra de passer sans problème ! Et pour être sûr de notre coup et que nul ne nous suive dans notre périple, pas même un Fantôme ou un Tableau, nous garderons le Sortilège de Désillusion jusqu'au moment où nous serons dans les Passages Internes ! Allez ! En file tout le monde ! » déclare-t-il, avant de replier la Carte et de me la tendre.
Je la fourre dans la poche de mon treillis et nous établissons une chaine, avant de nous Désillusionner et de partir, Draco en tête. Et notre « périple », comme dit Draco, se déroule bien, jusqu'au moment où nous arrivons au tiers du couloir menant au Tableau du Chevalier au Catogan.
Trois Fantômes, dont Sir Nicholas, bavardent au milieu du couloir et pour couronner le tout, Miss Teigne semble monter la garde devant le Tableau du Chevalier, en miaulant à qui mieux, mieux.
« Merde ! Ils n'étaient pas là, quand j'ai regardé sur la Carte ! » chuchote Draco, d'un ton contrarié.
« Ouais, ben ils y sont maintenant. Et pas question de lâcher notre Sortilège de Désillusion sans paraitre suspect ni faire jaser, maintenant ! Tout Poudlard serait au courant dès demain matin à la première heure ! » soupire-je à son oreille, hésitant à peine, avant d'ajouter : « Prends le chemin de l'infirmerie. Nous rejoindrons le Fantôme de Salazar par le Passage dissimulé derrière le rideau… »
Mais bien évidemment cela ne pouvait pas être aussi simple et, alors que nous effectuons notre demi-tour, Rusard tourne le coin du couloir…
« Zut ! Nous voilà pris entre deux feux ! Tous contre le mur ! » chuchote Draco, avec un rien d'affolement dans la voix
Ah ! Je vous jure ! Je sentais bien que c'était foireux !
Et voilà maintenant, que Miss Teigne se met à gratter le mur sous le tableau, avec force miaulements écorchés et crachotement belliqueux, tandis que le Chevalier au Catogan revient au galop sur son poney, l'air très énervé…
« Que se passe-t-il, ici ? Qu'est-ce que tu as senti, ma belle ? » demande Rusard d'une voix mielleuse, en passant si près de nous qu'il me frôle presque…
Il avance jusqu'à Miss Teigne, se baisse et la prend dans ses bras, avant de se redresser puis de regarder le Tableau d'un œil plissé et méfiant.
« Qui va là, Palsambleu ! Arrière Maroufle ! Passez votre chemin où je vous fais trépasser ! » hurle le Chevalier au Catogan, en menaçant Rusard de son épée, dès qu'il est revenu dans sa toile…
« Cela fait cinq minutes pour le moins, que votre chatte monte la garde ici en miaulant. A mon avis, elle aura senti une souris ou un rat. Voulez-vous que j'aille vérifier ? » déclare Sir Nicholas, avec amabilité, en inclinant légèrement le buste vers Rusard qui renifle avec dédain….
« Holà, Messire ! Je ne garde point les rats ! Excusez-vous de cette insulte ou je vous pourfends ! Mille quenouilles ! » s'écrie le Chevalier, si énervé qu'il en tombe presque de son poney
Nous partons lentement, à reculons et j'espère de tout cœur que Sir Nicholas ne mettra pas son idée à exécution, quand Miss Teigne pousse un nouveau miaulement écorché et se débat dans les bras de son maître, l'œil fixé sur notre groupe. D'un formidable coup de rein, elle réussit à lui échapper et, après un retournement assez spectaculaire, elle retombe au sol sur ses quatre pattes
« Putain, faut faire quelque chose ou cette saleté va nous trahir… » murmure Draco, tandis que Miss Teigne s'élance vers nous, en crachotant.
« Tu nous as foutu dans cette merde, tu nous en sors… » murmure-je en retour, un rien agacé.
Putain, qu'est-ce qui m'a pris de les suivre dans cette galère ! Cette chasse au trésor pouvait bien attendre demain, non ? Comme si nous n'avions pas eu déjà notre lot d'emmerdes aujourd'hui !
Bon, d'accord. Je suis un peu de mauvaise foi. Je n'ai pas été si difficile à convaincre après tout. Moi aussi, j'étais curieux de voir si la salle secrète de Godric Gryffondor est toujours là. Et surtout, si elle contient bien des écrits qui corroborent l'histoire du Fantôme…
Alors, sur le énième soupir de la soirée, je glisse à l'oreille de Draco d'aller m'attendre avec les autres dans le Passage près de l'infirmerie, avant de me dégager de sa prise et de celle de Ron. Puis je cours, le plus silencieusement possible, jusqu'au bout du couloir, où je lâche mon Sortilège de Désillusion, avant de revenir vers Rusard et les Fantômes, d'un pas hâtif et feignant l'inquiétude.
Aussitôt, Miss Teigne, qui me semble s'accrocher à la jambe du pantalon de Draco, sous l'œil plissé de Rusard qui court à petits pas pour rejoindre sa chatte, mains en avant comme pour saisir un intrus invisible, change de cap et vient se planter devant moi…
« Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Tu es tout seul ? Tes petits copains ne sont pas avec toi ? » demande Rusard, d'un ton bas et grondant, tandis que Miss Teigne me tourne autour, l'air satisfaite d'avoir pu enfin chopper quelqu'un.
« Oui, je suis seul, comme vous pouvez le voir, Monsieur Rusard. Et je vous rappelle que j'ai un passe… » dis-je, en tapotant ma poitrine pour lui montrer mon Badge du C.C.S.A.B.P.M., avant d'ajouter, avec une politesse surfaite : « Je me rendais à l'infirmerie, quand j'ai entendu du raffut par ici. Reconnaissant le miaulement de votre chatte et votre voix, je me suis dit que vous étiez peut-être en difficulté et je suis venu voir si vous aviez besoin d'aide. Mais je vois que tout va bien. Alors, je vais vous laisser. Bonsoir, Monsieur Rusard, Sir Nicholas, Madame, Monsieur… »
J'incline la tête, avec une déférence qui leur plait toujours, vers chaque Fantôme, qui me le rend avec un sourire aimable, tandis que Rusard fume des naseaux. Et je tourne sans plus attendre les talons, pour prendre le chemin de l'infirmerie. Comme je me doute bien que notre merveilleux concierge va se presser derrière moi pour me suivre et vérifier que je dis la vérité quant à ma destination, je passe devant le rideau derrière lequel les autres doivent m'attendre et je vais frapper à la porte de l'antre de Pompom.
Manque de bol, notre infirmière est dans son bureau et je suis bon pour lui raconter un bobard. Une Potion contre le mal de tête plus tard, je repasse devant Rusard. Et cette fois, son regard me toise et me signifie qu'il m'a à l'œil, mais il ne me suit plus. Deux minutes après, je rejoins Ron, mes frères et mes amis dans les Passages Internes…
« Ouf ! Tu nous as bien sorti de ce mauvais pas ! » s'exclame Draco, avec un sourire jusqu'aux oreilles.
« Oui. Avoue tout de même que c'est con, d'avoir eu à faire cela, quand nous aurions pu circuler à découvert grâce à nos badges ! Mais voilà ! Tu as voulu ajouter du mystère à l'aventure ! Et j'ai été bon pour passer sous l'œil exercé de Pompom et avaler une de ses affreuses Potions ! La prochaine fois, c'est toi qui t'y colles ! » maugrée-je, un peu de mauvaise humeur tout à coup.
« Désolé, Harry… » lâche Draco dans un souffle.
Il a l'air si contrit, que ma mauvaise humeur s'envole aussi vite qu'elle est venue.
Et je soupire pour la… je ne sais combien de fois…
« Non… C'est moi qui suis désolé. Un autre soir, j'aurais trouvé cela amusant… » dis-je avec douceur, avant de lui serrer l'épaule avec affection.
Draco me sourit et il me serre brièvement contre lui.
« J'ai contacté Daphnée et Colin. Jérémy dort comme un ange. Au moindre souci, Daphnée nous appellera… » glisse-t-il à mon oreille avant de m'entrainer dans son sillage.
Et je me sens d'autant plus penaud, de ma réaction…
OoOoOoO
Draco
Je n'aime pas quand Harry est de mauvaise humeur, même si je comprends parfaitement qu'il puisse l'être ce soir. Cette ballade dans le labyrinthe piégé a dû lui rappeler de bien mauvais souvenirs…
Cependant, je suis content, qu'il soit plus détendu maintenant.
Nous marchons d'un pas vif dans les Passages Internes et il ne faut pas très longtemps, pour que nous rejoignions le Fantôme de Sir Salazar…
« Oh, je vois que vous ne nous avez pas attendu près du Tableau marquant la sortie… » fait remarquer Harry, d'un ton poli mais distant.
« Non, mon jeune ami ! Dès que j'ai entendu les vociférations du petit Chevalier, j'ai compris qu'il valait mieux battre quelque peu en retrait ! Ah ! Quel personnage fantasque et amusant que ce Chevalier au Catogan, n'est-il point ? Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » s'exclame le Fantôme de Salazar, visiblement très amusé…
Il peut parler, me dis-je, le Chevalier au Catogan est peut-être un peu loufoque, mais lui ne vaut guère mieux !
« Bon, ben il ne reste plus qu'à se mettre en route… Par où devons-nous aller ? » demande Neville, en tournant sa tête vers chaque côté du Passage.
« Vers les logements de votre Directrice de Maison, bien évidemment ! Mais n'ayez guère d'inquiétude, vous n'aurez point à lui présenter vos hommages nocturnes, nul n'est besoin de pénétrer ses intimes quartiers ! » répond le Fantôme, tout guilleret, avant d'ajouter, sur un clin d'œil coquin : « Il m'est dommage ne plus pouvoir le faire ! J'ai toujours eu une nette inclination pour ce genre de vaillante beauté écossaise ! Ah ! Comme elle était joliette dans son jeune temps ! Et il lui reste ma foi de fort jolis restes ne trouvez-vous point ? Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! »
Heurk !
Quelle horrible image mentale je viens d'avoir !
Et je pense ne pas être le seul à en avoir eu une, si j'en juge les grimaces de Neville et Ron…
Le Fantôme file devant nous, délaissant les allées jalonnées du gros cordon rouge qui nous a toujours guidé, pour prendre les sentiers battus.
« Prenez garde à la huitième marche, mes amis ! Elle a la fâcheuse tendance à se dérober sous les pieds ! Vous pourriez rester coincés quelques heures, avant qu'elle n'accepte de vous libérer ! » s'exclame-t-il soudainement, alors que nous abordons la montée d'un petit escalier
Ainsi donc, Pa ne nous avait pas raconté des cracks. Il y a bien quelques pièges dans ces Passages ci aussi. Moins terribles incontestablement que dans le labyrinthe d'Artemus, mais quand même… De quoi nous mettre en fâcheuse posture…
« Nous arrivons en vue des quartiers de votre aimable professeur de Métamorphose… « chuchote le Fantôme, deux escaliers et trois couloirs plus loin.
Nous faisons aussitôt silence et prenons garde à faire le moins de bruit possible et bientôt, se profile effectivement une sorte d'ouverture. Sans nous concerter, nous baissons la lueur de notre Baguette, au cas où notre prof pourrait voir les lueurs filtrer, mais, alors que Harry allait passer devant l'entrée, celle-ci s'ouvre brusquement, sur une McGo à l'air furibard…
« Que faites-vous par ici, Monsieur Potter ? Et vous, Messieurs Malfoy, Zabini, Weasley, Nott ! Et Mesdemoiselles Granger, Weasley et Lovegood ! Explications immédiates ! » s'exclame-t-elle, poings sur les hanches…
Je me demande comment elle a pu savoir que nous étions là…
« Oh, flûte de flûte ! J'avais complètement oublié cette histoire d'alarme ! » s'exclame Ginny, derrière moi
« Ouais... Mais, Tonton Sev avait dit qu'elle ne marcherait pas pour nous...» fait remarquer Blaise, que je devine froncer les sourcils
« Pour nous dissuader de nous aventurer hors des sentiers battus sans doute...» répond Théo, tandis que McGo s'impatiente visiblement
« Et moi, je savais bien, que nous allions droit vers les emmerdes… » répond Harry sur un soupir, avant de regarder vers Hermione et moi d'un petit air de reproche…
On ne l'a pas volé celui-là…
« Monsieur Potter ! Surveillez votre langage, je vous prie ! Et répondez à ma question ! N'en n'avez-vous pas eu assez avec vos mésaventures de l'après-midi, que vous vous lancez sans escorte dans ces Passages cette nuit ! » gronde McGo, l'œil sévère…
Harry soupire encore une fois. Et son regard se perd vers les ombres dans lesquelles le Fantôme de Salazar Serpentard se cache…
« Pour que vous compreniez toute l'affaire, je crois qu'il vaut mieux que vous sachiez que nous avons fait une…euh… rencontre surprenante cet après-midi. Et cette … rencontre, nous a révélé que Godric Gryffondor avait ménagé une pièce secrète dans laquelle il aimait se retirer et où nous trouverions probablement des éléments qui permettent de corroborer l'histoire de cette… euh… rencontre, Madame… » répond Harry, sous le regard quelque peu crispé de McGo…
Pas que le regard d'ailleurs… Lèvres pincées, bras croisés, dos raide, doigt pianotant sur son coude sur un rythme impatient…
Pas de doute, tout McGo est crispé et tend à nous indiquer sa profonde colère…
Ça va chauffer si nous ne lui donnons pas davantage d'explications…
« Une… rencontre ? Quelle rencontre ? » exige-t-elle, en appuyant bien sur le mot « rencontre »…
« Lui… » soupire Harry, en éclairant largement le couloir pour révéler la présence du Fantôme de Salazar qui se précipite aussitôt vers nous, avec un sourire aimable…
« Mes hommages, Madame ! Quelle joie de faire enfin votre connaissance ! Permettez-moi de me présenter, Sir Salazar Serpentard ! Votre humble serviteur, Madame… » s'exclame-t-il, avec grandiloquence, en effectuant une révérence.
McGo en reste bouche bée, une main à plat sur sa poitrine qui cherche visiblement de l'air et elle recule prudemment à petit pas dans ses appartements, pour se laisser tomber sur le premier siège venu. Un confortable fauteuil, qui ne ressemble en rien au mobilier strict et inconfortable de son bureau…
Le Fantôme de Salazar ne fait pas de manière et pénètre dans les « quartiers intimes » de notre prof, regardant autour de lui d'un rapide coup d'œil très sûr, avant de s'exclamer :
« Quel charmant intérieur ! Sobre, élégant et raffiné ! Alliant l'utile à l'agréable, le confort et la commodité ! Je reconnais bien là la touche de stricte rigueur écossaise qui dissimule le velouté tendre de votre cœur, très chère ! » s'exclame-t-il encore, en lui adressant un regard séducteur…
Oh Misère ! Il drague McGo ! On aura tout vu !
Et le pire, c'est que je ne serais pas étonné d'apprendre qu'il est venu l'épier souvent, tandis qu'il était invisible !
« Merci… » lâche McGo, un peu abruptement
Elle a l'air de ne pas en revenir et ses yeux quelque peu écarquillés détaillent le Fantôme de la tête au pied, avant qu'elle n'ajoute, presque dans un murmure: « Mais comment se fait-il… »
« Oh, c'est très simple, très chère, je vais vous expliquer. Permettez ? » répond le Fantôme de Salazar, en indiquant le siège qui fait pendant à celui de McGo
Elle acquiesce d'un signe de tête et il fait mine de s'asseoir, avant d'entamer son récit
« Nous ne sommes pas sortis d'ici… » soupire encore Harry, qui n'hésite pas une seconde, avant d'entrer lui-même dans les appartement de notre prof et d'appeler un Elfe pour commander un thé.
McGo est si fascinée par Salazar, qu'elle n'y prend pas garde et accepte machinalement la tasse de thé que Harry lui fourre dans les mains, avant de s'asseoir lui-même sur un canapé. Alors, à son instar, nous décidons d'entrer et de nous installer nous aussi, pour écouter l'histoire que nous connaissons déjà. Elle reste cependant intéressante, car si le Fantôme, par délicatesse envers notre prof sans doute, passe sur les allusions aux exploits sexuels des personnages qu'il évoque, il l'enrichit par ailleurs de petits détails comiques et minaude délicieusement avec McGo. Et celle-ci, qui s'est largement reprise maintenant, lui dispense des sourires amusés et n'hésite pas à commenter chaque épisode de l'histoire, avec sa verve et son mordant habituelle.
Finalement, je passe un moment très agréable dans le salon de McGo…
Et je ne suis pas le seul. Car même s'il lève souvent les yeux au ciel en hochant négativement la tête, Harry arbore un regard pétillant. Quant à Ron, Blaise, Théo, Neville, Hermione et Ginny, ils n'hésitent pas à éclater de rire souvent. Tout comme moi. Il n'y a guère que Luna, qui ne se manifeste pas. A son habitude, elle a l'air rêveur et un peu ailleurs. Mais je suis certain qu'elle ne perd pas une miette de ce que raconte le Fantôme et, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que dans sa tête, elle chemine aux côtés de Salazar Serpentard et vit avec lui ce qu'il a vécu, il y a de cela plus d'un millénaire…
« Et si nous en revenions à nos Hippogriffes ? » demande soudainement Harry, alors que la conversation entre McGo et le Fantôme commence à digresser vers des aspects qui n'ont plus rien à voir avec la raison de sa présence à Poudlard, sous la forme d'un ectoplasme.
« Ah, mon cher ami ! Vous avez tout à fait raison de rappeler mon attention ! La conversation avec votre Directrice est si plaisante et spirituelle, que j'en oubliais mes devoirs de guide ! Nous ferez-vous l'honneur de nous accompagner, Milady ? » répond le Fantôme, en se levant immédiatement pour aller offrir son bras à McGo
« Avec grand plaisir ! » accepte McGo, en faisant mine de prendre appui sur le bras tendu
Harry lève une nouvelle fois les yeux au ciel, avant de suivre le couple incongru dans les Passages Internes. Il ne faut pas long, pour arriver à destination. Une vingtaine de mètres, tout au plus, avant que le Fantôme ne s'arrête devant un mur.
« Voilà, nous y sommes, c'est ici ! Permettez, je vais vérifier que tout est bien en place de l'autre côté ! Cela doit bien faire quatre cent cinquante ans que je n'y suis pas venu ! » s'exclame-t-il, avant de traverser le mur.
Il revient presque aussitôt, affirmant qu'il y a certes quelques toiles d'araignées et kilos de poussières supplémentaires, mais que rien ne semble manquer…
« Parfait, mais comment entre-t-on ? » demande Harry, sourcil haussé.
« Oh ! Suis-je distrait ! Et votre aimable personne n'est point étrangère à ma distraction, très chère ! » répond le Fantôme, en se tournant vers McGo, qui éclate aussitôt d'un petit rire que je ne lui ai jamais entendu…
« Vous êtes un vil flatteur, Sir Serpentard ! Cessez ces coquetteries et répondez plutôt à la question de Monsieur Potter ! » rétorque-t-elle, l'œil amusé.
A mon avis, la connaissant, ce n'est pas avec quelques flatteries aussi bien tournées fussent-elles, que Serpentard aurait eu accès aux quartiers intimes de McGo s'il eut été en vie…
« Votre serviteur est tout à vos ordres, chère amie ! » s'exclame alors le Fantôme de Salazar, en s'inclinant bien bas, avant d'indiquer une pierre sur le mur et de dire à Harry de tapoter dessus trois fois, avec sa Baguette…
A peine Harry l'a-t-il fait, qu'une ouverture en arcade, comme celle donnant accès au Chemin de Traverse dans la cour du Chaudron Baveur, s'ouvre dans le mur…
« Oh ! Merlin ! J'aurais pensé que c'était une toute petite pièce, sans fenêtre ! » s'exclame Harry, en pénétrant dans les lieux secrets…
J'avoue que je m'attendais à la même chose que lui et que je reste bouche bée, tandis que mon regard fait lentement le tour de la pièce…
Elle est aussi spacieuse que la salle de bal du Manoir Malfoy et je regrette qu'il fasse nuit, car ses grandes fenêtres en arcade, ornées de vitraux doivent lui conférer une atmosphère très apaisante, dans la lueur du soleil. Et il n'y a pas moins de trois cheminées de marbres délicatement sculpté, qui attendent qu'on allume de bons feux dans cette pièce aménagée en trois secteurs distincts : un bureau, avec des bibliothèques chargées d'ouvrages très anciens et de piles de parchemin ; un petit salon de musique avec une harpe, une vièle, un luth et une flûte traversière ; un jardin d'intérieur, avec une fontaine et des vasques de pierres qui devaient autrefois accueillir des arbustes et des plantes…
Sur les murs, des torchères tendues de toiles d'araignées, encadrent des tapisseries poussiéreuses et l'ameublement, hormis le bureau et les bibliothèques, est essentiellement composé de coffres en chêne ouvragé, de bancs et de sièges droit parsemés de coussin rouge et or quelque peu rongés par les mites et le temps…
A part deux vases et une carafe en cristal, il n'y a pas de bibelot. Mais une armure semble monter la garde entre deux bibliothèques
« Godric était bien plus raffiné que ne le pensaient ceux qui ne le connaissaient guère, je vous l'ai déjà dit, n'est-il point ? Et il aimait la musique. Parfois, il s'y essayait. Sans succès hélas… Cela ne l'empêchait pas de s'obstiner, au grand dam de nos oreilles ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » explique le Fantôme de Salazar
Je laisse mes doigts glisser le long de la harpe et des notes cristallines vibrent dans la poussière tandis que mon regard accroche Harry.
Il est debout à côté du bureau et sa main effleure des flacons dont l'encre s'est évaporé, des plumes d'oie miraculeusement conservées, la cire à cachet séchée et le sceau de Godric Gryffondor. Il n'ose cependant pas toucher les parchemins, de peur sans doute qu'ils s'effritent sous ses doigts…
« Il faut nettoyer cet endroit et confier à Mme Pince le soin des ouvrages et des parchemins, avant de les consulter… » murmure-t-il, en regardant les traces laissées par ses doigts dans la poussière…
« Vous avez raison, Harry. Tout ceci est bien trop précieux pour que nous risquions de tout perdre pour cause de précipitation… » déclare McGo, dont les yeux n'arrivent visiblement pas à se repaître de ce qu'elle voit.
Le ton de sa voix et surtout le fait qu'elle appelle mon frère par son prénom, indique clairement qu'elle ne se soucie plus que nous ayons enfreint les règles, en nous aventurant dans les Passages Internes non jalonnés par le cordon rouge…
« Comment un tel lieu a-t-il pu rester secret aussi longtemps ? » demande soudainement Blaise, qui embrasse toute la pièce du regard.
« Je crois que j'ai l'explication. Regardez ! » répond Ginny, en désignant un panneau de bois accroché au-dessus de l'ouverture en arcade
« Qui nihil aliud quaerit veritatem non potest his : Nul autre que celui qui cherche la vérité ne pourra pénétrer en ces lieux (3) » traduit Théo, à mi-voix
« La vérité, c'est ce que vous êtes venu chercher ici, mon cher ami. Et c'est bien pour cela que Godric a accepté de laisser sa porte s'ouvrir pour vous… » déclare le Fantôme de Salazar Serpentard, les yeux posés sur Harry
« Sans doute était-ce ainsi à son époque. Mais aujourd'hui, comment pourrait-il interdire l'accès à son antre, quand il est finalement si peu protégé ? » demande Harry, en haussant un sourcil.
Le ton de sa voix me semble plus confiant. Ou tout au moins, nettement moins distant qu'il ne l'était avant, quand il s'adressait au Fantôme…
« Certes, Godric est mort depuis longtemps. Mais tout comme Helga, Rowena et moi-même, il a laissé son empreinte en ces murs et son âme appartient à jamais à Poudlard. Et Poudlard honore sa mémoire, au-delà du temps et de la mort… C'est l'esprit de Godric, qui vous a laissé entrer. Vous n'auriez pu le faire sinon, croyez-moi. Et si je vous ai mené ici, c'est parce que je ne doutais point qu'il le ferait… Après tout, n'a-t-il point mis son épée dans votre main quand vous avez combattu le Basilic d'Artemus ? » explique le Fantôme, d'un ton grave…
Harry réfléchit un court instant
« C'est de la vérité à votre propos, à laquelle se réfère ce message, n'est-ce pas ? » demande Harry, d'une voix douce…
« Oui. Je l'ai compris, tout à l'heure, tandis que j'attendais dans cette petite pièce, auprès de votre QG et que je laissais mon esprit vagabonder dans mes souvenirs du temps passé. Ce message a été laissé par Godric, peu avant son trépas. Je n'étais point présent, lorsqu'il l'a posé. Mais je l'étais, dans les derniers instants de sa vie. Juste avant qu'il n'exhale son dernier souffle, ses yeux étaient, comme bien souvent, fixés au pied du lit où je me tenais. Il a souri et il a dit : « Un jour mon ami, justice te sera rendue. Un jour quelqu'un cherchera la vérité et tu seras là, pour le guider vers elle. » J'ai cru alors qu'il divaguait. J'ai aujourd'hui le sentiment qu'à l'heure proche de sa mort, il a pu voir mon Fantôme et qu'il avait eu la prescience de ce qui se produirait aujourd'hui. Que c'est pour cela, qu'il a mis ce message au-dessus de la porte et veillé jalousement à ce que nul ne puisse entrer avant que mes ossements soient découverts… » révèle le Fantôme, le regard tourné en lui-même…
« Comment pouvait-il savoir qu'il fallait que vos ossement soient découverts, pour que chacun puisse voir votre Fantôme ? » demande Blaise, sourcils froncés.
« Je n'ai point réponse à cela, jeune gentilhomme ! Mais Godric, Rowena et Helga étaient intelligents. Très intelligents. Souvent ils ont réfléchi ensemble et peut-être ont-ils entrevu la vérité de ce qui était advenu de moi, tandis que j'étais ailleurs… Peut-être le sauront nous, en consultant tous ces parchemins ! » répond le Fantôme, en se tournant vers la section bureau…
« N'avez-vous pas lu par-dessus l'épaule de Godric ? » s'enquiert Hermione, avec un sourire malicieux
« Non, gente demoiselle. Bien souvent je suis venu ici, m'installant sur un siège, non loin de Godric et je le regardais travailler. Mais même mort, j'ai respecté sa volonté d'écrire loin des regards, dans la tranquillité de ce lieu dont il chérissait l'atmosphère paisible… Et je découvrais en même temps que Rowena et Helga, les contes et historiettes qu'il narrait au coin du feu… » répond le Fantôme, avec un sourire nostalgique
Il reste ensuite silencieux et nous respectons son silence, chacun de nous examinant de nouveau les lieux, le mobilier et les bibliothèques. Et je comprends, en m'imprégnant de l'atmosphère feutrée, que Godric Gryffondor aimât se retirer ici…
« J'aimerais revenir ici et que vous nous contiez vos souvenirs de cette époque lointaine… » déclare soudainement Harry, d'un ton doux, tandis qu'il s'approche lentement du Fantôme
Il s'arrête à un pas à peine, son regard fixé dans celui du Fantôme. Je le sens pleinement ouvert, animé d'un intérêt sincère…
Je ne sais pas ce qui s'est produit, pour que la méfiance de Harry s'envole. Quelque chose que Salazar a dit peut-être. Ou sa manière de le dire. Mais j'ai la certitude que mon frère n'a plus besoin de lire les écrits de Godric Gryffondor, pour s'assurer que le Fantôme de Salazar Serpentard nous a raconté la vérité…
« J'en suis très honoré, mon jeune ami… » répond le Fantôme, sa voix grave voilée d'émotion
« Tout l'honneur est pour moi, Sir Salazar… » affirme Harry, en tendant la main vers le lui…
Le Fantôme de Salazar Serpentard sourit, il prend la main de Harry dans la sienne, serrant à peine sa poigne glacée autour des doigts de mon frère et soudainement, un petit tourbillon de vent s'élève, dans un éclat de lumière si cru, qu'il nous aveugle et que nous devons fermer les yeux…
C'est très bref cependant. Et quand nous ouvrons de nouveau les paupières, la poussière et les toiles d'araignée ont disparu, les feux dans les cheminées brûlent, diffusant une douce chaleur, la fontaine chantonne et, sur les torchères, des flambeaux tout neufs éclairent les ombres….
« Regardez ! » souffle Neville, en désignant le message au-dessus de la porte…
Il a changé… Spera est in corde, lis-je maintenant…
La confiance est dans le cœur….
Oui, c'est vrai, me dis-je…
C'est bien vrai…
OoOoOoO
1) Clabbert : Cette créature vivant dans les arbres ressemble au croisement d'un singe et d'une grenouille. Sa peau d'un vert tacheté est lisse et dépourvue de fourrure. Le Clabbert est doté de courtes cornes et sa large gueule est munie de dents coupantes comme des rasoirs. Ses longs bras et ses mains et pieds palmés lui permettent de se balancer facilement d'une branche à l'autre. Le Clabbert possède sur son front une large pustule qui devient écarlate et clignote lorsqu'un danger approche, comme par exemple à proximité d'un Moldu… (source E.H.P.)
2) Somniumexperges = Créature totalement inventée, avec le concours précieux de ma Beta, Mistycal…
3) Qui nihil aliud quaerit veritatem non potest his : Nul autre que celui qui cherche la vérité ne pourra pénétrer en ces lieux (3). J'espère que mon traducteur a été efficace !
OoOoOoO
... Comme d'habitude ...
... Votre avis m'intéresse vivement ...
...
..
.
