Disclaimer: cf chapitre 1

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Beta : Mistycal que je remercie une fois de plus profondément

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Réponses aux commentaire sur mon forum pour: - Douceurfamille - Lul - anon (commentaire anonyme en anglais) -

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Un Dimanche Sous La Neige

Dimanche 26 Janvier 1997

Acte 1 : Matin En Demi-Teinte

Draco

Il est presque neuf heures et le petit déjeuner n'est pas très joyeux.

Comme prévu, le professeur Dumbledore a fait son annonce. Il a révélé qu'il y avait eu une tentative de meurtre contre Astoria, sans toutefois préciser comment celle-ci avait été perpétrée, puis a assuré que l'élève coupable de cet acte ignoble, serait immédiatement renvoyé si l'enquête en cours le démasquait. Il a ensuite certifié que toute autre action contre Astoria, serait punie à la mesure de la faute…

Bien entendu, les Ânes Bâtés n'étaient pas joyeux. Ils étaient même très déçus déjà, de la voir arriver saine et sauve, au petit déjeuner. Tout au moins, celles et ceux visiblement au courant de la tentative de meurtre… Le point positif de cela, c'est que ça nous a permis d'identifier clairement les deux camps qui se disputent maintenant le pouvoir…

Celui de Vaneck et celui de Thorpe et Taylor, envers lesquels le grand échalas conserve de vifs griefs, depuis qu'ils l'ont accidentellement transformé à la place de Neville, en un mélange raté de crapaud cornu et de limace géante, avant de se débiner en le plantant dans l'Alcôve aux Amoureux où il a passé toute une longue nuit glacée…

Rusard apparaît à la porte de la Grande Salle. C'est le signal pour les Ânes Bâtés. Ils se lèvent et, sous l'escorte de quelques Fantômes, ils se rendent dans le Hall, où Rusard va leur assigner leur emploi du temps de la journée, avant de les envoyer où ils sont attendus par les profs…

Harry vient nous rejoindre à table Théo, Blaise et moi, avec Ron, Jérémy, Astoria et Alioth, dont nous avons la garde pour la journée. Hermione, quant à elle, s'en va en compagnie de Miranda, Claryce et Magda. Sans doute vont-elles finir d'organiser le planning d'escorte des gosses, le tour de garde auprès de la Carte et la visite du Passage Secret que nous a indiqué le Fantôme de Salazar Serpentard…

« Il n'est pas question d'aller faire un tour dehors pour l'heure, avec cette neige qui tombe à gros flocons. A quoi va-t-on occuper la marmaille ? » demande Ron, sous l'air vexé de la marmaille en question, qui n'apprécie visiblement pas d'être traitée ainsi…

« On va les emmener dans la Salle d'Entraînement. Ça leur fera du bien de suer un peu… Mais d'abord, je dois passer chez Pompom, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. » décide-je, en me levant de mon banc…

« Ok. Pompom a justement demandé qu'on lui amène ces trois-là, pour pouvoir les examiner sous toutes les coutures, avant le déjeuner. Tu n'auras qu'à aller faire ce que tu as à faire, avec Harry et Théo. Je resterai avec les morpions. Une minute cependant, faut que je dise quelque chose à Marian avant de partir… » accepte Ron, sous l'œil nettement réprobateurs des trois gosses

« On n'est pas de la marmaille, ni des morpions… » maugrée Alioth, entre ses dents, tandis que Ron s'éloigne vers notre pote.

Mais c'était sans compter sur l'oreille très fine de Ron qui se retourne aussi sec vers lui, avec un sourire goguenard…

« Tu préfères peut-être que je dise les bébés, les moutards ou les bambins ? » demande-t-il, tandis qu'Astoria relève le nez, l'air scandalisée et que les deux autres froncent les sourcils, poings serrés en prime pour Alioth…

Il est d'un susceptible, ce mioche !

« Conduisez-vous comme des grands et il vous considérera comme des grands. » assène Harry, en me faisant un clin d'œil…

Ah ! Je devine que les sales gosses ont pas mal récriminé, quand ils ont su qu'ils auraient une escorte pour tous leurs déplacements, ainsi que les autres mesures que nous avons prises pour les protéger… J'aurais pourtant pensé, après la frayeur qu'ils ont eue hier, qu'ils auraient compris qu'ils avaient intérêt à ce que nous leur gardions les fesses au chaud…

« Ouais. Regardez, Harry et moi, nous ne râlons pas et pourtant, personne ne nous laisse vadrouiller seuls non plus. Nous avons compris que c'est pour notre sécurité… Regardez autour de vous, beaucoup de grands et de petits se déplacent en groupe. Pourquoi croyez-vous qu'ils font ça ? » déclare-je, l'air détaché…

« Ron nous a déjà dit la même chose…. » bougonne Alioth, en haussant les épaules.

« Ben s'il l'a dit et que je le dis aussi, c'est que cela doit être vrai, non ? » réponds-je, en levant un sourcil interrogatif.

Astoria soupire à fendre l'âme et attire l'attention d'Alioth, avant de parler avec force gestes…

« Exactement, Astoria. Quoique vous disiez, vous aurez tort à ce sujet. Alors autant mettre votre mouchoir dessus, comme disent les Moldus et de vous en accommoder. Quand vous serez suffisamment forts pour vous défendre seuls, nous vous laisserons vous envoler hors du nid. En attendant, nous vous aurons à l'œil 24H/24… » affirme-je, en regardant Alioth et Astoria tour à tour.

Jérémy, lui, n'a rien dit depuis tout à l'heure et, même s'il n'a visiblement pas apprécié les appellations de Ron, il ne riposte aucunement concernant les mesures de sécurité. Cela ne m'étonne pas. Il a de quoi dans ses souvenirs, évaluer avec exactitude les conséquences que cela peut avoir, de tomber entre de mauvaises mains.

« On peut y aller ! Alors en route, mauvaise troupe ! » s'exclame Ron, qui en a fini avec Marian.

Les gamins font demi-tour et marchent devant nous en direction de l'infirmerie. En chemin, nous croisons Lee, sa petite sœur et Elinor qui les accompagne. Lee a la mine défaite et Keina les yeux rougis. Tous deux portent un brassard noir autour du bras gauche, tandis que sur la manche d'Elinor, la liste de noms brodés s'est encore allongée. Nous nous arrêtons un instant, pour embrasser Lee et Keina. Les obsèques de leur père auront lieux cet après-midi même, et il ramènera Keina demain matin, nous apprend Lee, avant de partir vers le bureau du Directeur, d'où ils vont prendre la Cheminée …

Mon bide se tord.

Dois-je m'occuper des obsèques du père d'Ievguenia ?

Il faudra que je le demande à Maman…

Le reste du chemin jusqu'à l'infirmerie s'effectue dans un silence un peu lourd. Les gamins sont bouleversés pour leur amie et nous pour le nôtre. Ron entre dans l'infirmerie, avec les petits, tandis que Harry, Théo, Blaise et moi poursuivons notre chemin jusqu'aux appartements de notre infirmière.

Je suis surpris, quand j'ouvre la porte de la chambre où repose Ievguenia. Je ne m'attendais pas à de tels changements. Et je trouve que c'est une merveilleuse idée, me dis-je, en admirant le nouveau décor qui figure un jardin fleuri sous un soleil printanier, tandis qu'un air de musique est joué sur le gramophone et que des oiseaux pépient dans une grande cage…

« Tu aimes ? » demande Maman, en sortant de la salle de bains adjacente.

« J'adore ! » réponds-je, en allant l'embrasser.

Maman sourit et me rend mon baiser.

« Ievguenia aime également. J'en suis certaine ! Elle réagit un peu quand on lui parle ! Cela a commencé hier après-midi, quand Molly, Augusta et Annabelle sont venues prendre le thé ! » s'exclame Maman, toute réjouie…

Annabelle est venue ?

Et dire que pendant ce temps-là, j'étais en retenue !

Quel dommage que Maman n'ait pas pensé à organiser ce thé aujourd'hui !

« Elle réagit, vraiment ? » demande-je, sourcils un peu froncés, en regardant vers le lit.

Comme toujours, Ievguenia est allongée, inerte et yeux grands ouverts. Un chaton avance prudemment son museau de son visage et, d'une patte veloutée, il tapote sur sa joue, dans un petit miaulement. On dirait qu'il l'invite à se réveiller…

Cela me rappelle quand Annabelle est arrivée dans la caisse. Elle aussi avait les yeux grands ouverts et inexpressifs. Mais son état de choc était moins profond que celui d'Ievguenia et elle en est ressorti assez vite…

« Oui. Oh, pas beaucoup encore. Un battement de cil de ci, de là… Mais c'est un début et Richard dit que c'est très bon signe… » affirme Maman, en disposant des fleurs fraiches dans un vase sur le chevet.

« Tant mieux. J'en suis heureux pour elle… » souffle-je, pensant que son réveil ne sera certainement pas joyeux.

Replongera-t-elle aussitôt dans un état catatonique ? Ou se révoltera-t-elle ? Comment réagira-t-elle, envers Maman et moi, quand elle saura qui nous sommes ? Toutes ces questions me turlupinent depuis que Pa m'a annoncé la mort de son père…

Je l'embrasse sur le front, puis j'indique à Maman que je dois lui parler en privé et je l'entraîne dans la salle de bains. A peine la porte fermée sur nous, je lui pose la question des obsèques du père d'Ievguenia. Les dispositions sont déjà prises, m'apprend-elle alors sur un soupir, précisant qu'elle a pris la liberté de résoudre ce problème pour m'éviter ces responsabilités et qu'elle se chargera elle-même d'annoncer le décès de ses parents à Ievguenia...

J'avoue que j'en suis terriblement soulagé. Je ne sais vraiment pas comment je m'y serais pris, pour lui apprendre ça…

« Aussitôt que Richard me donnera son accord, je vais emmener Ievguenia au Terrier. Mais pour l'heure, il préfère qu'elle reste encore quelques jours ici… » précise Maman, avant de me regarder attentivement en fronçant les sourcils puis d'ajouter, en me serrant contre elle : « Tu as l'air si fatigué, Draco. Tu devrais essayer de te reposer un peu cet après-midi »

Je me laisse aller à son étreinte. Je suis effectivement épuisé, après la difficile journée d'hier et la longue nuit blanche qui a suivi. Sa chaleur et sa tendresse me réchauffent. Je me laisserais bien aller à une sieste tout de suite. Mais ce n'est pas le moment. Nous devons garder les gosses toute la journée et en début de soirée, les Membres Décideurs du C.C.S.A.B.P.M. doivent faire le point sur diverses questions d'organisation…

« Et les Elfes de Maison ? Ils sont toujours en Cornouailles, je suppose ? La propriété a-t-elle été détruite ? » m'enquiers-je aussi soudainement que la pensée m'en vient.

« Non, la propriété n'a pas eu à souffrir de l'attaque de la nuit dernière. Arthur, Bill et Charly se sont empressés de la protéger d'un Fidelitas, avant de revenir de là-bas. Les Elfes de Maison n'ont donc rien à craindre. Et j'ai demandé à Kroutia d'aller les prévenir de la situation. Ils vont continuer à entretenir le domaine pour Ievguenia… » répond Maman, qui a décidément pensé à tout…

Je l'en remercie en l'embrassant et nous retournons dans la chambre. Près du lit, Théo et Blaise s'amusent avec le chaton, tandis que Harry regarde par la fenêtre. Il se retourne vers nous, en entendant la porte s'ouvrir…

« As-tu des nouvelles de Remus, Tante Narcissa ? » demande-t-il à Maman, le regard anxieux.

« Richard s'est rendu à son chevet très tôt ce matin. Il affirme qu'il n'y a pas d'incidence des Maléfices qu'il a reçus, sur le plan neurologique. Et il pense que si on lui administre correctement la Potion Tue-Loup, Remus n'aura pas à souffrir de complications inattendues au jour de la pleine Lune… » répond Maman, avec un pauvre sourire.

Harry semble un peu soulagé et il tourne de nouveau les yeux vers la fenêtre un bref instant, avant de revenir vers nous. Maman nous offre un thé, mais nous déclinons son invitation, car Ron et les petits nous attendent à l'infirmerie.

« Oh… Je suppose que cela a un rapport avec leurs mésaventures d'hier… » déclare Maman, tandis que Harry lève vers elle un regard surpris…

« Tu es au courant ? » demande-t-il, arrêtant sa main qui allait ouvrir la porte…

« Pas vraiment. Albus a été très vague. Il a dit que nous en saurions davantage lors de la prochaine réunion de l'Ordre… » répond Maman, des interrogations plein les yeux…

« Mmmm… Et, je suppose qu'il y en aura une très vite. J'ai vu par la fenêtre, Algie et son ami Rupert, arriver il y a un quart d'heure. Ils ont sans doute des nouvelles importantes à nous communiquer… » déclare Harry, sourcils froncés

« Vraiment ? Je ne pense pas que cela ait été prévu. Albus et Nally devaient partir dans la matinée sur le continent… » déclare Maman, qui achève à peine sa phrase, que McGo fait son entrée dans la chambre…

Elle a les traits tirés de fatigue elle aussi.

« Oh ! Cela tombe bien que vous soyez-là, vous ! Cela m'évitera d'avoir à vous faire chercher dans tout le château. Albus m'a chargé de vous communiquer qu'il y aura une réunion de l'Ordre ce soir. Rendez-vous dans la Salle d'Entraînement à 19H30. Vous devez venir tous les quatre, avec Ronald, Hermione, les trois enfants, Ginevra, Neville, Luna et trois ou quatre de vos amis… » dit-elle, en nous regardant Harry, Théo et moi, avant de préciser vers Maman : « Pouvez-vous communiquer l'heure et le lieu du rendez-vous aux autres Membres Décideurs de l'Ordre, Narcissa ? Naturellement, la Cheminée d'Albus vous sera ouverte depuis le QG… »

Maman acquiesce, puis invite McGo à prendre un thé. Elle accepte avec grand plaisir, tandis que Harry, Blaise, Théo et moi partons rejoindre Ron à l'infirmerie…

« Finalement, Jérémy va l'avoir, son séjour au Paradis. Il va être fou de joie quand il va découvrir ça ce soir… » déclare Harry, avant que nous sortions des appartements de Pompom…

Lui, en revanche, n'a pas l'air ravi à cette perspective. Mais je le comprends. Car ça va sembler long, avant d'avoir des nouvelles tout à fait rassurantes de Remus…

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Neville

Marian, Oliver, Dean, Seamus et moi montons allégrement l'escalier, en direction du bureau de Tatie Nally, sous les regards interrogateurs…

« D'où venez-vous, pour être aussi sales ? » demande Loo Lin Xiao, en fronçant le nez de dégoût, tandis que sa petite clique habituelle d'amis ouvre grands les oreilles…

Ouais… Les Sorts de nettoyage n'ont pas suffi à nous rendre belle allure. Une bonne douche ne serait pas du luxe, c'est sûr…

« Si on te le demande, tu diras que tu ne le sais pas, petite curieuse ! » répond Marian, avec un sourire narquois, en continuant de grimper les marches.

« Oh ! La ! La ! Vous êtes toujours à faire des mystères, vous les grands ! C'est comme le professeur Dumbledore ! Il aurait pu nous dire comment on avait tenté de tuer Astoria ! On a le droit de savoir, non ? Et qu'est-ce qu'on fait, nous, si un Âne Bâté essaye de nous assassiner ? » s'exclame la gosse, qui nous suit en courant à demi, sa petite troupe dans son sillage

« Sers-toi de ton atout principal ! Abrutis-le de questions et de reproches en hurlant de ta jolie voix criarde et il s'enfuira à toutes jambes en pensant avoir affaire à une Banshee ! » répond aussi sec Oliver Moon, en s'engageant dans un couloir, sans même se retourner sur elle

La gamine en reste coite une demi-seconde, avant d'afficher un air scandalisé et de reprendre sa course derrière nous

« C'est pas drôle ! D'abord il y a eu les Vengeurs qui ont attaqué le train ! Ensuite Harry et Jérémy qui ont été enlevés et torturés ! Et maintenant Astoria qu'on a essayé de tuer ici, à Poudlard ! Alors on a peur nous, même si on ne le montre pas ! Qui est-ce qui va nous protéger si des Ânes Bâtés nous attaquent ? Ou même Tu-sais-qui et ses Mangemorts ? » s'écrie-t-elle, la voix un rien tremblante.

Je m'arrête aussi sec, pour me tourner vers elle. C'est vrai qu'elle a l'air d'avoir la trouille soudain. Et ses petits amis aussi. C'est bien légitime. J'hésite un instant, puis je décide que Harry ne m'en voudra pas, si je révèle un secret qui n'en sera bientôt plus un à ces mioches. Aussi, je regarde autour de nous. Il n'y a personne. Je prends néanmoins la précaution de mener les gamins dans la salle de cours de Flitwick, qui se trouve tout à côté…

« Venez, je vais vous dire un truc… » les invite-je, sous le regard interrogatif de mes potes.

Les gosses me suivent, se demandant visiblement ce que je vais bien pouvoir leur dire et les copains m'emboitent le pas… Une fois dans la salle, les gosses se tournent vers moi, le regard anxieux. Je m'assois face à eux, sur l'estrade, pour qu'ils n'aient pas à se casser le cou pour me regarder en face et je les invite à faire un demi-cercle devant moi…

« Je vais vous révéler un secret. Mais pour votre sécurité, que ce soit bien clair : il faut jurer sur votre Magie, que vous ne chercherez pas à en savoir davantage, que ce soit en posant des questions ou en nous suivant. Et aussi, que vous n'en parlerez pas entre vous, ni ne trahirez ce secret… Vous devez avoir conscience que c'est très important, qu'il peut y aller de votre vie et qu'il ne faut donc pas que les Ânes Bâtés puissent avoir la puce à l'oreille… » déclare-je, d'une voix très solennelle…

Les gosses me regardent les yeux ronds, sans presque respirer et hochent la tête en silence…

« Bon, dans ce cas, vous aller faire le serment. Mettez votre main gauche sur la mienne » dis-je, en leur présentant ma main à plat.

Les gosses s'exécutent, l'air sérieux et fiérot à la fois et ma seconde main vient recouvrir les leurs, en exerçant une assez forte pression.

« Bien, maintenant, répétez après moi : Je jure solennellement que je ne révèlerai pas le secret que va me confier Neville Longdubat et que je ne chercherai plus à savoir ce que font les grands pour assurer notre sécurité » dis-je, d'un ton docte, avant de faire un signe de tête vers Marian, qui sourit dans ses moustaches.

Et, quand les gamins ont fini de répéter, Marian jette un Sortilège produisant une lumière bleue qui vient englober nos mains et provoque un petit courant électrique tout le long de nos bras…

Ce n'est pas le Sortilège qui scelle le vrai Serment Sorcier, mais les gosses n'y voient que du feu et ils frissonnent. Et j'ai la conviction profonde, en voyant leur expression, qu'ils vont tenir leur promesse, même si leur langue les démange…

« Ok. Voilà le secret : nous sommes quelques grands à travailler sur un programme d'évacuation de Poudlard, au cas où il y aurait une attaque. Vous aurez bientôt des exercices, sur divers itinéraires possibles. Et puis, même si vous ne vous en rendez pas compte, il y a des grands qui vous surveillent. C'est comme ça que nous avons pu empêcher le meurtre d'Astoria. Bien sûr, nous ne pouvons pas être partout à la fois, aussi, vous devez quand même être prudents et ne pas rester seuls dans les couloirs. Continuez à vous déplacer en groupe, de préférence dans les allées où il y a du monde. Et si vous voyez quelque chose de suspect, venez voir l'un de nous, ou Harry, Ron, Draco, Hermione et nos amis proches. Voilà, vous savez tout. » explique-je aux gosses qui se détendent considérablement.

« Ça me rassure tout ça ! Merci de veiller sur nous ! Et c'est promis ! Nous tiendrons tous notre langue ! » assure Loo Lin, les yeux brillants et bombant le torse

Nul doute qu'elle va se sentir terriblement importante aux yeux des gosses qui ne savent pas. De là qu'elle en devienne plus autoritaire encore avec eux qu'elle ne l'est déjà, il n'y a pas mille bornes… Mais bon, au moins sommes-nous assurés qu'elle va nous lâcher la grappe maintenant…

« Très bien. Prudence dorénavant. Il ne faut pas qu'on s'aperçoive non plus que nous avons un secret. Alors pas de signe de connivence ni rien. Vous ne devez pas prêter attention à nous, ni à nos amis. Ne nous observez pas, ne nous adressez pas la parole non plus, sauf si vous repérez quelque chose qui cloche du côté des Ânes Bâtés ou d'autres élèves qu'on a pas encore repéré comme étant des pro-Voldemort, compris ? » ajoute-je, l'air infiniment sérieux.

Ils promettent avec force hochements de tête et Oliver, qui a jeté un coup d'œil hors de la salle, leur annonce qu'ils peuvent sortir en toute sécurité. Ils s'exécutent aussitôt, repartant vers les escaliers, tandis que les copains et moi rions sous cape…

« Sacrée bonne idée que tu as eu là, Nev ! » s'exclame Dean, en me claquant l'épaule

« Ouais. Cette petite peste ne va plus nous coller désormais…. » renchérit Seamus, souriant de toutes ses dents…

« Pas sûr… Certain en revanche qu'elle va ouvrir les yeux et que si elle va nous foutre la paix à nous, elle risque bien d'emmerder d'autres potes, alors qu'elle essaye de repérer quelque chose qui pourrait être anomal, afin de pouvoir nous le signaler… Pour peu qu'elle suive certains d'entre eux et découvre les Passages Internes, on serait bien dans la panade… » déclare Oliver, qui reste le plus pessimiste de tous les Membres du C.C.S.A.B.P.M.

« Bah. Nous préviendrons les autres. Ils auront vite fait de repérer cette sangsue et de les semer, elle et ses amis… » assure-je, tandis que la porte de Tatie Nally s'ouvre pour nous laisser passage.

Claryce, Miranda et Elinor sont là, avec Tonton Sev et le Baron Sanglant. Tonton nous regarde entrer et observe notre tenue, en haussant un sourcil.

« Nous sommes allés en repérage, pour voir si le Passage Secret s'ouvrait toujours. Pas de problème, il le fait. Mais il y a une sacrée gadoue là-dessous et des toiles d'araignées en pagaille… Sûr que personne n'est passé par là depuis des lustres… » réponds-je, à sa question muette

« Excellent. Eh bien vous allez pouvoir y retourner maintenant. Le Baron a aimablement accepté de vous accompagner pour évaluer la taille des dégâts s'il y a un éboulis. Il n'y aura aucun pro-Voldemort dans les parages du Jardin à la Liseuse durant toute la journée. Cependant, par précaution, le Baron vous précèdera à l'allée et au retour, pour s'assurer que nul ne se promène par-là. » explique Tonton Sev, avant de se lever.

« Ça risque de nous prendre pas mal de temps, de faire l'aller et le retour, si l'on va jusqu'au bout. Quelle excuse donnerons-nous si quelqu'un repère que nous avons été absent du déjeuner ? » m'enquiers-je, en me creusant la cervelle…

« Il y a peu de chance que quelqu'un s'en aperçoive. Après tout, c'est dimanche et le déjeuner s'échelonne sur deux heures… Mais au cas où cela se produisait, sachez que personne n'a été assigné en retenue avec Hagrid, en raison des conditions climatiques, particulièrement désastreuses ce matin. Vous n'aurez qu'à dire que vous avez pris votre courage à deux mains et êtes allés avec lui dans la Forêt Interdite, pour l'aider à nourrir les Hippogriffes, Sombrals et autres Créatures dont il s'occupe. Hagrid sera au courant, je vais l'informer et il ne se montrera pas au déjeuner. Quant à vous, demandez à un Elfe de vous apporter un pique-nique… » déclare Tonton Sev, une main sur le miroir qui dissimule les Passages Internes…

Je ne sais pas où il va, mais il a l'air pressé d'y aller…

Luna, les amis et moi repartons aussitôt vers le Jardin à la Liseuse. Le Baron nous précède à vive allure et nous le laissons prendre de l'avance. Il est inutile d'attirer l'attention, en nous montrant en sa compagnie. Nous croisons quelques groupes en chemin. Ils se dirigent surtout vers le cœur du château. Dans les différents clubs et la Bibliothèque sans doute.

Quand nous arrivons à proximité de la petite porte qui donne sur le Jardin, le Baron Sanglant passe la tête au travers, pour nous indiquer que la voie est libre. Je remonte le col de ma cape, ajuste mon cache-nez autour de mon cou, enfonce bien mon bonnet sur mes oreilles et enfile mes gants avant d'ouvrir la porte.

Je suis aussitôt scié en deux par le vent glacial qui s'engouffre dans le couloir, entraînant dans son sillage d'énormes flocons de neige…

« Putain, ça s'est vachement dégradé depuis tout à l'heure. Faut être cinglé, pour sortir d'un temps pareil. Qu'est-ce qui m'a pris d'être volontaire pour cette mission. Faut croire que j'avais la cervelle givrée. Mais on m'y reprendra pas, je le jure… » râle Oliver, en me suivant néanmoins dehors

Il a raison, le temps s'est encore dégradé. Cette fois c'est le blizzard et on ne voit rien à plus de deux pas. Le Baron Sanglant nous recommande de rester bien en ligne derrière lui et de nous tenir les uns les autres. Il nous fait prudemment longer les colonnes sous la galerie, autour desquelles le vent accumule des congères de neige déjà hautes et nous passons à proximité de la fameuse Alcôve aux Amoureux, dans laquelle Vaneck a passé la nuit, après s'être pris les Maléfices de Taylor et Thorpe.

Je l'ai échappé belle, ce jour-là, me dis-je, en souriant à ce souvenir qui me parait très lointain, avant de suivre le Baron Sanglant qui bifurque sur la gauche, vers le fameux bosquet où se situe l'entrée du Passage Secret. Les flocons tournoyant dans le vent sifflant sont si compacts, que je peine à distinguer le Fantôme qu'ils traversent. Et cela ne s'arrange pas, quand des larmes glacées me brouillent les yeux.

Heureusement que nous n'avons pas loin à aller, me dis-je, en traçant un chemin dans la neige. Enfin le bosquet est là. Je peux maintenant me repérer aux arbres et en quatre pas, je rejoins le banc dissimulé aux regards par les branches touffus d'un saule pleureur…

L'atmosphère est bizarre sous l'arbre. Il n'y a pas un flocon de neige au sol, hormis ceux qui se détachent de nos bottes et les sifflements du vent sont assourdis, dans un silence ouaté. C'est comme si nous venions de pénétrer dans un autre monde. Mais je ne perds pas de temps à me pencher là-dessus. Je m'assois sur le banc, avec Oliver et Elinor, avant de tapoter sur la flûte de Pan du Faune. Le banc bascule et nous plongeons en avant, tombant à plat ventre sur un toboggan qui nous fait glisser sur environ vingt mètres. Arrivés en bas, nous nous relevons vite fait et avançons sur le sol spongieux et boueux, pour laisser la place aux autres…

Et, tandis qu'ils descendent à leur tour, j'appelle Roi Dobby pour qu'il nous apporte un pique-nique. Il est ravi, bien entendu, de nous rendre ce service et il revient avec un sac à dos empli de victuailles, à peine Miranda et Claryce, les dernières à descendre ici, nous ont-elles rejoints…

Je me charge aussitôt du sac et je m'enfonce sous la Galerie, derrière le Baron Sanglant qui a pris notre tête…

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Severus

A peine ai-je mis un pied dans le Bureau d'Albus, qu'Arthur surgit de la Cheminée.

« Ah ! Severus ! Albus est déjà parti ? » demande-t-il, en constatant que je suis seul.

« Oui. Et je m'apprêtais à le rejoindre…» réponds-je, en fronçant les sourcils devant sa mine contrariée, avant d'ajouter : « Que se passe-t-il ? »

« J'ai reçu ceci, il y a un instant. » dit-il, en sortant un parchemin de sa poche, qu'il tend vers moi tout aussitôt.

Je le prends, le déroulant rapidement pour prendre connaissance de ce qui est écrit dessus.

Cher Monsieur Weasley.

Je n'ai pas l'honneur de vous connaître, mais je me permets néanmoins de vous écrire, car je suis profondément admiratif, non seulement du travail que vous effectuez auprès de notre Ministre, mais surtout de l'implication constante de votre famille et vous-même, dans la lutte contre vous-savez-qui. Votre dignité dans les épreuves douloureuses que vous traversez et votre courage inébranlable, sont un extraordinaire exemple que je souhaite suivre et je suis sincèrement et ardemment décidé à m'engager activement dans la lutte contre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, malgré le danger que cela représente pour moi-même et les miens. Aussi, vous serais-je infiniment reconnaissant, si vous acceptiez de m'introduire dans les rangs de l'Ordre du Phénix dont je vous sais faire partie. Ce serait un infini honneur pour moi, que de livrer combat aux côtés d'un homme aussi vaillant et noble que vous l'êtes et je serais vivement heureux de recevoir une réponse positive à ma demande.

Sincèrement votre

Egidus Latton

Potions et Ingrédients

10 rue des Chrysopes

Edimbourg

Egidus Latton… Voici donc le Potionniste que Voldemort a sommé de s'introduire dans nos rangs, dans l'espoir d'obtenir des renseignements sur la Potion que j'aurais créée pour accroître la résistance des combattants de l'Ordre, de mes fils et leurs amis…

Je ne m'attendais pas à ce que ce soit lui.

Non, vraiment pas…

Il n'est pas un génie, ni un chercheur. Mais c'est un bon Potionniste. Ses ingrédients sont de premier choix et les Potions qu'il concocte dans son laboratoire sont de bonne qualité. Je suis assez souvent allé me fournir chez lui en ingrédients pour l'école ou mes expériences personnelles…

Voldemort fait-il pression sur lui ou s'est-il engagé par convictions ?

Je ne saurais dire. Mes conversations avec lui se sont toujours limitées aux civilités d'usage…

Mais je comprends que cette lettre contrarie Arthur. Toutes ces basses flatteries sont une insulte à son intelligence et à sa situation de père en deuil, qui tâche de rester digne, malgré sa souffrance…

« Pour qui me prend-il ? Un imbécile ? » murmure justement Arthur, pâle de colère.

« Voldemort et ses partisans nous prennent tous pour des imbéciles. Je ne sais si celui-ci l'est de son propre gré ou non. Quoiqu'il en soit, je reconnais là les flagorneries dont ils usent pour flatter l'égo de ceux qu'ils cherchent à duper… Et plus ils sont idiots eux-mêmes, moins ils sont subtiles pour le faire… » réponds-je, avec une moue dégoûtée.

Si encore cette lettre émanait d'un gamin immature, se laissant emporter par la flamme et le lyrisme, à la pensée de devenir un héros, je pourrais être indulgent, voire même amusé. Mais là, il s'agit d'un adulte. Le style est beaucoup trop appuyé et emporté. Et il faudrait être bien naïf, pour s'y laisser prendre…

Et il y en a qui le sont assez, c'est vrai …

« Oui, bien sûr… Je préfère néanmoins ne pas répondre moi-même à cette lettre. Je crains ne pas pouvoir y mettre suffisamment de sincérité, ni de tact. » déclare Arthur, lèvres pincées.

« Je suppose que nous conviendrons de ce qu'il y a lieu de faire à ce propos ce soir…. » réponds-je, au moment où la Cheminée se met de nouveau à ronfler dans une gerbe de flammes vertes.

Dans la seconde qui suit, la tête de Dedalus Diggle apparait dans l'âtre.

« Ah ! Vous êtes encore là, Severus ! Peut-être devriez-vous venir, avant d'aller rejoindre Albus ! » dit-il, l'air contrarié lui aussi.

Allons bon ! De quoi s'agit-il encore ? me demande-je, en jetant un rapide coup d'œil à l'horloge. Je suis déjà en retard et ce nouveau contretemps ne m'arrange pas. Mais Dedalus ne me demanderait pas de venir au QG, si cela n'était pas important.

« J'arrive » décide-je, en approchant de la Cheminée.

Le vieil ami d'Albus s'efface, tandis qu'Arthur déclare qu'il me suit et quelques minutes plus tard, nous entrons tous les deux dans la Base d'Espionnage, derrière Dedalus, un peu essoufflé d'avoir forcé l'allure dans l'escalier.

« Lucius est parti vers 08h30, à un rendez-vous qu'il avait quelque part à Londres, d'après ce qu'il a dit à Voldemort. Voilà ce que nous avons entendu… » déclare Dedalus, avant d'enclencher le bouton d'un magnétophone

Nous commençons par entendre des pas qui résonnent, probablement dans un hall vide, puis une porte qui s'ouvre dans un grincement discret et un froissement vif de tissu.

« Que fais-tu ici ? » demande Lucius, d'un ton surpris

« Elle pas pu venir. Elle triste de pas pouvoir et m'envoyer pour porter lettre à vous. » répond la voix d'une femme étrangère.

Je ne saurais reconnaître son accent avec certitude. Il est cependant de consonance gutturale plutôt germanique ou nordique…

Un bruit sec. Lucius casse un sceau, avant de dérouler un parchemin. Sa lecture dure environ deux minutes. Puis des bruits de pas, un siège qui racle le sol, une plume qui gratte un parchemin…

« Donne lui cela et dis-lui bien que je compte sur elle la prochaine fois. Je me languis trop d'elle. Je veux les voir, le plus vite possible. Dis-lui bien… » déclare soudainement Lucius, d'une voix douce et séductrice

« Moi le faire ! Vous sur moi pouvoir compter ! » s'exclame la voix de la femme, dans laquelle je devine un sourire.

« Je sais. Et je t'en remercie infiniment. Va vite lui porter ma lettre… » répond Lucius, d'un ton doux, en partant lui-même d'un pas décidé…

« Voilà maintenant son retour au Manoir… » déclare Dedalus, en enclenchant le bouton d'un magnétoscope cette fois.

Lucius entre dans son bureau où Voldemort se trouve à son habitude. Ce dernier lève les yeux vers lui. Il a toujours l'air contrarié, de son semi-échec de la nuit dernière. Ses traits, sa posture sont crispés, raidis.

« J'ai de bonnes nouvelles, Monseigneur… » déclare Lucius, en venant s'agenouiller devant son Maître, assis sur le sofa.

« J'espère pour toi qu'elles le sont réellement… » répond Voldemort, avec sécheresse, en fermant le grimoire qu'il lisait, avant de l'envoyer sur le bureau, d'un geste agacé de la main.

« Elles le sont, Maître… » assure Lucius, en relevant des yeux brillants de triomphe vers Voldemort

Celui-ci l'observe avec circonspection, yeux plissés. Son regard flamboie. Il est visiblement partagé entre le désir de le croire et la méfiance prudente.

« Dis-moi tout, Lucius… » siffle-t-il au bout de quelques secondes de tension palpable…

« Je saurais où et quand aura lieu le prochain Conseil des Ministres, Maître. Et cette fois, il ne s'agira pas d'un piège…» indique Lucius, en sortant un parchemin de sa poche.

Il le donne à Voldemort qui s'en empare et s'empresse de le dérouler pour le parcourir des yeux.

« Tu as toujours su approcher les personnes qu'il fallait, Lucius. Et cette fois encore tu ne m'as pas fait défaut semble-t-il… » commente-t-il, à la fin de sa lecture, en posant la lettre à côté de lui

Le parchemin s'enroule de nouveau sur lui-même, sans qu'il y prenne garde. Il parait enclin à la satisfaction, mais son ton dénote encore une certaine réserve.

« J'ai eu l'heur de rencontrer celle-ci il y a quelques années et j'ai immédiatement entrevu les intérêts que j'aurais à entretenir cette relation. Elle m'a maintes fois donnés de très précieux renseignements, sans se douter de leur importance et sans se rendre compte qu'elle travaille pour nous, dans l'ombre la plus totale. Croyez-moi, Maître, c'est une valeur sûre. Et si je n'ai jamais obtenu satisfaction de nos ébats, j'ai largement joui des informations qu'elle m'a confiées. Elles ont fait une part non négligeable de la fortune que j'ai mis à votre disposition et permis de me débarrasser de quelques-uns de nos ennemis, sous le couvert d'accidents malheureux ou de maladies mortelles…» répond Lucius, avec un sourire sardonique.

Voldemort éclate d'un petit rire froid, puis se penche vers son Serviteur pour lui effleurer la joue d'une caresse aérienne.

« J'apprécie à sa juste valeur ton sacrifice, Lucius. Il a dû t'être pénible, de baiser cette donzelle, dans le seul but d'obtenir tous ces renseignements qu'elle t'a aimablement révélés… » sussure-t-il, avec une ironie mordante.

« Pénible est un bien faible mot, Monseigneur ! Peu m'importe qu'il s'agisse d'une fille, quand je peux me satisfaire d'un petit con glabre ! Mais vous savez combien la chatte d'une femelle portant mamelle, me dégoûte ! » soupire Lucius, sur une intonation dramatique qui arrache encore un rire froid à Voldemort.

« Je te rejoins parfaitement sur ce point, Lucius. La puberté ôte tous leurs charmes et intérêts aux femelles. Mais dis-moi, es-tu certain que celle-ci ne te trahira pas ? » demande-t-il, en observant son fidèle serviteur, de son regard flamboyant le plus pointu.

« Je peux vous le certifier, Monseigneur. Nous vivons nos amours clandestines, à l'insu de son époux. Elle pense que je suis un gentilhomme romantique qui a dû, tout comme elle et pour satisfaire sa famille, contracter un mariage de convenance. Bien sûr, elle ignore ma véritable identité, car j'use de grimages quand je la rencontre et dans son entourage, une seule personne sait que nous nous rencontrons souvent à Londres. Cette personne lui est entièrement dévouée et je me suis assuré qu'il n'y a aucun risque qu'elle nous trahisse, en lui faisant prêter Serment... » répond Lucius, en caressant machinalement la jambe de Voldemort

Voldemort émet un nouveau rire sans joie, avant d'inviter son serviteur à prendre place à ses côtés. Lucius se lève et prend le temps d'épousseter sa robe avant de s'asseoir…

« N'a-t-elle pas eu de soupçon, lorsque tu as été emprisonné et que tu n'as pu te rendre à vos rendez-vous ? » s'enquiert maintenant Voldemort, les yeux plissés sur le parchemin qu'il tient toujours en main.

« Non. Je lui avais déjà envoyé Hadar Bulstrode, pour annuler l'une de nos rencontres. Comme il avait tout comme moi intérêt à entretenir cette relation qui nous apportait l'occasion de faire maintes bonnes affaires, il a pris l'initiative d'aller la voir et lui a raconté que j'avais une mystérieuse et grave maladie. Elle l'a prié d'être notre lien et m'écrivait des lettres enflammées, auxquelles il a répondu en imitant mon écriture. J'ai eu l'occasion de lire cette correspondance que je lui aurais adressée, car bien évidemment, elle a tout laissé sur notre lieu de rencontre, pour avoir la certitude que son époux ne la trouve pas. Hadar a admirablement fait les choses, je le reconnais. Et je me suis empressé d'aller la voir dès que vous m'avez autorisé à circuler en toute liberté. Elle a fondu en larmes en me voyant amaigri après cet horrible séjour à Azkaban… Et a donc parfaitement cru à cette mystérieuse maladie qui m'avait empêché de la voir durant plusieurs semaines… » répond Lucius, un sourire narquois aux lèvres.

Voldemort sourit, lui aussi. Mais un petit rien dans son attitude, qui semble à première vue bienveillante à l'égard de son serviteur, m'indique que quelque chose le contrarie hautement dans toute cette histoire. Lucius marche sur des œufs de Serpent et le Serpent est à l'affût, tout proche de le mordre cruellement, j'en ai le sentiment…

« Maintenant dis-moi, Lucius, comment se fait-il qu'elle ne t'ait pas parlé du premier Conseil des Ministres ? » demande cette fois Voldemort, un léger tic contrarié agitant le coin de sa bouche.

Oui, Lucius marche bien sur des œufs de Serpent. Il s'en aperçoit maintenant et son regard s'assombrit. Il reste stoïque cependant, détendu même. Comme s'il était certain qu'il détient toutes les réponses qui vont lui permettre de s'en sortir sans en subir les conséquences douloureuses…

« Je ne pouvais lui poser de question directe à ce propos sans éveiller ses soupçons et comme nous pensions avoir un Espion fiable sur cette affaire, j'ai préféré jouer la carte de la plus extrême prudence, Monseigneur. Cependant, après le premier Conseil, la presse de tous les pays ayant largement révélé l'alliance des Ministres, j'ai pu aborder le sujet avec elle. Elle ignorait tout de ce projet et a été surprise, c'est une certitude. Je n'en doutais d'ailleurs pas, car nous avons fait promesse de n'avoir jamais de secret l'un pour l'autre, de tout nous dire de nos vies, même les plus menus détails. Or, si j'ai, pour ma part, inventé mille mensonges pour satisfaire son intérêt avide à l'égard de mes activités, j'ai toujours eu la preuve qu'elle me disait la vérité et ne me cachait rien en ce qui la concernait. Elle me confie tout ce qu'elle sait, comme vous avez pu le lire dans cette lettre où elle me révèle ce qu'elle aurait voulu me raconter de vive voix aujourd'hui… » répond Lucius, d'un ton léger et confiant.

« Et s'il s'agissait une fois de plus d'un piège, Lucius ? » sussure Voldemort, d'un ton soupçonneux

« Non, Monseigneur. Il ne peut en aucun cas s'agir d'un piège. Je vous promets que l'Ordre du Phénix ne pourra pas nous égarer, cette fois. C'est une certitude, croyez-moi. Nous saurons où et quand se réunira le Conseil des Ministres, quoi que fasse Dumbledore pour fourvoyer les éventuels Espions et les complexes mesures de sécurité qui seront appliquées avant et le jour du Conseil… » assure Lucius, une lueur de pure duplicité traversant son regard.

Il a fait quelque chose. Il a mis en place un moyen qui lui permet d'être aussi assuré et confiant. J'en mettrais ma main à couper. Mais qu'est-ce que cela peut-être ?

Voldemort semble être arrivé à la même conclusion que moi. Ses épaules se détendent quelque peu. Il conserve cependant une certaine réserve envers Lucius. Il ne réduit pas la distance qui les sépare, comme il le fait habituellement lorsqu'il est satisfait de lui.

« Je suis surpris que tu ne m'aies jamais parlé d'elle auparavant.» déclare Voldemort, une lueur dangereuse traversant ses yeux flamboyants

Oh… Oui, bien sûr, voilà le nœud du problème. Si Voldemort n'est pas prompt à confier ses projets et ses secrets, il n'admet pas que ses serviteurs lui cachent quoique ce soit. Et Lucius comme les autres… Sans doute même moins que les autres. N'est-il pas censé être le plus fidèle de tous ? Le plus intime ? Celui avec lequel il partage le plus de secrets ? Celui auquel il a offert la Bague de Salazar Serpentard ?

Il aurait dû lui parler depuis longtemps de cette femme, dont il se sert pour obtenir de nombreux renseignements. Une femme placée dans les hautes sphères, sans aucun doute, dont il aurait pu lui aussi se servir pour parvenir à ses desseins…

« Cela n'offrait aucun intérêt, Monseigneur. Ma relation avec elle avait jusqu'à présent un but purement financier et vous m'avez toujours laissé libre champ à ce propos. Aujourd'hui, elle valait la peine que je vous en parle, puisqu'il s'agit de votre triomphe sur l'Ordre du phénix et sur les Ministres d'Europe.… » répond Lucius, en haussant les épaules.

« Je n'aime pas les secrets, Lucius… » insiste Voldemort, plissant les yeux

« Il ne s'agissait nullement d'un secret, Monseigneur. Je ne pense guère à cette femelle, si ce n'est lorsque je reçois l'avertissement de son arrivée à Londres…. » affirme Lucius, avec une grimace très convaincante, accompagnée d'un frisson de dégoût, avant d'ajouter, d'un ton sincère : « J'ai grand hâte à pouvoir me débarrasser d'elle. Hélas, nous avons trop besoin de cette précieuse source de renseignements pour l'heure. Mais dès votre triomphe, je me ferai une joie de la livrer aux serviteurs de votre choix, Monseigneur. A moins, bien sûr, que vous préfériez que je mette moi-même fin à ses jours. Je ferai comme il vous plaira…»

Voldemort se détend. Les réponses de Lucius lui plaisent assurément. Qu'il lui offre de disposer du destin de cette femme lorsqu'elle n'aura plus utilité est un gage de fidélité et de soumission à son autorité.

« Nous verrons, Lucius. Mais dis-moi, es-tu sûr que l'époux ne soupçonne rien ? » demande-t-il, d'un ton radouci

« Non. Il ne prête guère attention aux activités de son épouse. Ce n'est pas étonnant d'ailleurs. Il n'est guère ardent à son égard. Les hommes l'intéressent bien davantage. » répond Lucius, une lueur ironique dans le regard.

« Tu as l'air bien renseigné à ce sujet. Est-ce l'épouse qui te l'a dit ? » s'enquiert Voldemort, d'un ton sarcastique

« Non, Monseigneur. Elle ne sait rien des penchants réels de son époux. Mais j'ai eu l'occasion d'effectuer un séjour chez le couple, sous ma véritable identité, il y a deux ans. Et il m'a semblé infiniment délicieux, de séduire le mari, tandis que la femme se languissait de son amant secret… Inutile de vous préciser, que j'ai nettement plus apprécié de baiser l'homme. Il a un cul délectable et une bouche très habile… » répond Lucius, penché vers Voldemort, les yeux luisants de joie railleuse

Voldemort éclate de rire et Lucius, qui sait maintenant que l'orage va passer sans éclater au-dessus de sa tête, se hasarde à caresser la jambe de son Maître. Voldemort se saisit de sa main pour lui indiquer de caresser sa poitrine, au travers de son épaisse couche de vêtements.

« Ah, Lucius ! Ta rouerie n'a pas d'égale parmi mes Serviteurs ! Pourquoi n'as-tu pas plutôt gagné l'époux à notre cause ? Tu avais de quoi faire pression sur lui…» susurre-t-il, en fermant les yeux pour apprécier les caresses lascives de Lucius

« Hélas, ses idées sont trop contraires aux nôtres. D'ailleurs, il ne veut plus entendre parler de moi, maintenant que mon allégeance envers vous a été révélée au grand jour. Et il est du genre à mettre fin à ses jours, plutôt que céder sous un chantage. Or, s'il en était venu à mourir, je crains que son épouse en ait profité pour s'installer définitivement à Londres et me pourrir la vie, alors même qu'elle ne m'eût plus été de grande utilité. Par ailleurs, j'avoue qu'il fait un admirable adversaire en affaire. Il a un nez fin. Et comme il rend compte de toutes ses activités financières à son épouse pour meubler leurs conversations, ses talents finissent toujours par m'être profitables… » répond Lucius, en déboutonnant la robe de Voldemort, pour lécher la peau de son cou tout à son aise.

Voldemort l'attire sur lui et Lucius ondule des hanches pour exciter leurs sexes, pressés l'un contre l'autre.

« A quoi cela sert-il, maintenant que tes comptes sont bloqués… » fait remarquer Voldemort, en levant un sourcil perplexe

« Hadar s'est chargé de me trouver des prêtes noms au-dessus de tout soupçons. D'ici quelques semaines, je pourrais de nouveau disposer de fonds que je ferai fructifier… » révèle Lucius, en dénudant la poitrine de son Maître

« Voilà. Le reste, n'a pas d'intérêt… » déclare Dedalus, en appuyant sur le bouton qui met fin au déroulement de la bande, avant d'ajouter : « Qu'est-ce que vous pensez de ça ? »

« Que cela n'a rien de rassurant. Je vais tout de suite aller parler de tout ça à Albus et la question sera à l'ordre du jour de la Réunion de ce soir. » souffle-je, éminemment inquiet, avant de prendre les deux enregistrements et de sortir de la Base…

Décidément, la matinée nous aura réservé son lot de nouvelles plus ou moins bonnes ou plus ou moins mauvaises…

En demi-teinte dirais-je, pour les premières.

Sombres pour les secondes…

Et elle n'est pas terminée…

OoOoOoO

Neville

Nous progressons beaucoup plus rapidement que je l'aurais pensé dans le Passage Secret. Bien sûr, nous le faisons avec prudence, prenant bien soin de repérer les faiblesses dans les parois, le sol et le plafond. Mais, à part deux petits éboulis que nous avons pu franchir sans difficulté majeure, quelques effondrements sans grosse conséquences et divers entrelacs de racines d'arbres entre lesquels nous avons pu nous faufiler, il n'y aura pas grandes réparations à faire…

Rien d'insurmontable, en tout cas…

Heureux Ron, cependant, qui ne nous a pas accompagnés ! Car les araignées sont légion dans le souterrain. Certaines grosses comme mon poing. Leurs toiles tapissent les parois et interdisent l'accès au tunnel, grâce à des voiles épais, poisseux de poussières, que le Baron Sanglant traverse allègrement. A peine sont-elles déchirées de-ci, de-là, au ras du sol, par le passage d'un rat ou d'une souris. Leur présence prouve que ces lieux n'ont pas été arpentés par des humains, depuis des années et des années…

« Marre de faire du nettoyage… » râle Moon, en effectuant un geste sec avec sa Baguette.

Toiles et araignées se volatilisent, révélant les parois qui brillent doucement sous la faible lumière blanche de nos Baguettes…

« Ah merde ! Des infiltrations de flotte ! Pas étonnant qu'il y ait autant de boue par ici ! » s'exclame Marian, en éclairant largement les parois alentours.

Il a raison. De l'eau s'infiltre par ici. Et pas mal encore… Non seulement le sol est très boueux, mais il y a des filets qui courent dans des petites rigoles, creusées par une érosion qui dure depuis très longtemps…

« Pourriez-vous aller voir ce qu'il y a à la surface, s'il vous plait, Baron ? » demande poliment Elinor, en direction du Baron Sanglant qui acquiesce et s'élève aussitôt pour traverser le plafond

« Pourvu que ce ne soit pas le Lac ! Parce que si c'est ça, tout le poids de la flotte pourrait bien faire s'effondrer le Passage Secret un de ses quatre matins ! » s'exclame Dean, en fronçant les sourcils sur la contrariété, avant d'ajouter : « Si c'est ça, nous ne pourrons pas nous en servir pour évacuer les gosses… Des centaines de gamins qui courent pour fuir le château, ça provoquerait trop de vibrations. Je crains que les parois ne tiennent pas le choc et que tout s'éboule sur eux… »

Je frémis avec horreur, en imaginant les gosses prisonniers sous la terre boueuse et les eaux du Lac… Putain ! Quelle mort atroce !

« Ça ne peut pas être le Lac, Dean, nous lui tournons le dos.. » fait remarquer Claryce, d'une voix douce et rassurante.

« Je ne parlais pas du Lac Noir de Poudlard, Claryce. Mais du Lac Gris, qui borde la plaine de Pré Au Lard… C'est à peu près là, que nous devons être, d'après mon estimation… » répond Dean, qui observe le croquis grossier qu'il a dessiné sur un parchemin.

Dommage que nous n'ayons pas de carte des environs. Nous aurions pu être plus précis quant à notre parcours… Il faudra que je m'en procure une, pour notre prochaine expédition dans ce Passage Secret. Car il y en aura d'autres, c'est sûr, pour rendre le terrain parfaitement praticable pour les gosses…

« Nous sommes exactement sous un petit ruisseau, qui traverse la plaine de Pré Au Lard, non loin de la Cabane Hurlante… » déclare le Baron Sanglant, qui revient de son repérage en surface.

Bon, Dean avait raison. Nous sommes sous la plaine de Pré Au Lard. Mais ouf, pas à hauteur du Lac Gris… Ceci dit, ça doit frôler, sûrement. Car si mes souvenirs sont bons, sur une centaine de mètres, le parcours du ruisseau longe le Lac, à une distance de quelques pas seulement, avant d'aller se jeter dedans…

« Bien. J'aime mieux ça, mais je me demande quand même s'il faut consolider ou s'il est nécessaire de pratiquer un autre boyau, pour contourner cette portion du Passage… » déclare Dean, le front soucieux

Son parrain, un Moldu, est géologue. Il l'a parfois emmené étudier des terrains pendant ses vacances, nous a-t-il appris tout à l'heure. Et, depuis que nous sommes sous terre, il sonde souvent les murs, le sol et le plafond, pour tâcher de déterminer quelle sorte de roche il y a autour de nous…

« Si vous le désirez, je peux faire une estimation de la longueur de parcours que nous effectuons sous le ruisseau, jeune homme… » déclare le Baron Sanglant, qui se tient raide et droit aux côtés de mon pote…

« Ce serait fort aimable à vous, Baron. Si la distance est courte, alors la consolider suffira probablement… Sinon, il faudra ménager un détour… » répond Dean, en le gratifiant d'un sourire et d'un signe de tête de remerciement…

Le Baron hoche la tête également et s'éloigne de quelques pas, avant de repartir en surface, sous l'œil plissé de Moon…

« J'espère que cela ne va pas prendre trop de temps, sinon nous risquons d'avoir du mal à nous décoller d'ici » dit-il, d'un ton bougon, en effectuant un effort pour lever un pied.

Son pied vient, mais sa botte reste plantée dans la boue et il perd l'équilibre, se rattrapant de justesse au bras de Seamus, pour ne pas se retrouver sur les fesses…

« Putain… Saloperie de gadoue ! » s'exclame-t-il, plus contrarié encore, en extirpant sa botte de la boue, d'un coup de Baguette appuyé.

Si appuyé, qu'il manque de peu se la prendre en pleine poire, ce qui augmente encore sa mauvaise humeur. Il n'y a pas à dire, la contrariété ne lui vaut rien, à Oliver. Il ferait mieux de se reprendre où il risque de lui arriver des bricoles avant la fin de la journée.…

« Ouais. T'as raison, mon pote. Mieux vaut ne pas rester sur place. Et ce serait pas mal, de se trouver un endroit au sec où poser le cul. Je commence à avoir les crocs sérieux et je me laisserais bien tenter par le pique-nique que nous a préparé Roi Dobby… » commente Seamus, en se décollant de la boue dans des bruits de succion peu ragoûtants, tandis que son estomac confirme avoir grand faim, avec force grondements sourds…

Ouais. Il est plus que l'heure de manger, me dis-je. Mais pique-niquer ici est exclu. Je préfère attendre que nous soyons au bout de notre ballade souterraine. Et les filles ont l'air d'accord avec moi…

« Eh bien les gars ! Heureusement que vous avez une femme parmi vous pour vous sauver la mise ! » s'exclame Elinor, en jetant un Sort sur les pieds de Seamus.

Mon pote hausse un sourcil, puis avance de deux pas et son visage s'éclaire d'un sourire, quand il constate que ses pieds ne s'enfoncent plus dans la gadoue…

« Vachement pratique ce Sort ! Où t'a appris ça ? » demande-t-il, en tournant autour d'Elinor.

« C'est Bill Weasley qui me l'a enseigné. Ça ne dure pas très longtemps, mais c'est pratique pour traverser une rivière ou une mare sans se mouiller les pieds… » répond notre amie, en haussant les épaules…

Mon regard se baisse sur ses pieds. De toute évidence, elle a utilisé le Sort pour elle-même, le renouvelant assez souvent, pour que ses bottes et le bas de sa robe ne soient pas trop crottés…

« Tu aurais pu nous le dire plus tôt ! » s'exclame Oliver Moon, d'un ton grincheux…

« Désolée, Oliver. Mais c'était trop drôle de vous voir marcher comme des canards… » répond Elinor, avec un sourire narquois, avant de lui jeter le Sort sur les pieds également, tandis qu'il bougonne de plus bel.

Elle le jette ensuite sur ceux de Dean, puis les miens également, tandis que Miranda et Claryce se sourient avec un air de connivence en regardant Oliver qui fait quelques pas pour tester le Sort. Bien évidemment, leurs pieds sont déjà protégés…

Solidarité féminine sans doute…

« Allez, regardez bien comment je fais, car vous devrez le renouveler vous-même dans six ou sept minutes… » déclare Elinor, avant de reproduire le geste en prononçant la formule à voix haute, à notre intention.

« Le Passage Secret court sous le ruisseau durant approximativement quatre-vingt mètres, jeune homme… Mais la couche de roche semble plus épaisse sur la plus grande partie du parcours… Je dirais que seule une vingtaine de mètres sont fragilisés… » annonce le Baron, à peine Elinor a-t-elle fini sa démonstration…

« Vingt mètres… Mmmm… C'est peu et beaucoup à la fois… Mieux vaut prendre des précautions je crois. Il faudra en parler aux profs. Surtout qu'il y a d'autres endroits très boueux sur le parcours. Il doit y avoir de nombreuses sources souterraines qui ne demandent qu'à jaillir quelque part par ici. Il sera bon étudier ça de près. » répond Dean, avant que je n'incite les copains à reprendre chemin.

Le Baron nous précède et nous avançons derrière lui, reprenant la routine qui s'est installée depuis notre départ. Nettoyage, examen du sol, des parois et du plafond, sondage et progression à pas lents mais réguliers…

Dean est satisfait. Selon lui, la roche n'est ni trop, ni pas assez dure, pour creuser une galerie qui contournerait la zone fragilisée, si cela s'avère nécessaire. Il fait cependant la grimace, environ deux cents mètres plus loin car le sol est spongieux sous nos pieds et il semble proche qu'une source souterraine jaillisse avec puissance…

« Les Elfes de Maison réussiront peut-être à en détourner le cours… » murmure-t-il finalement avec un bel optimisme…

Quelques centaines de mètres et une bonne heure plus tard, des marches de pierres un peu disjointes et branlantes nous ramènent vers la surface. Il grimpe plutôt raide cet escalier et longtemps. Je ne pensais pas que nous étions si loin sous terre...Enfin, nous arrivons devant un énorme rocher qui nous bouche le passage. Je le tapote quatre fois et il semble se volatiliser pour me laisser la voie libre. J'avance dans une grotte très basse de plafond et, courbé en deux, je viens me placer auprès du Baron Sanglant à son entrée…

Nous sommes hauts dans la Montagne. La neige a cessé de tomber et un pâle rayon de soleil filtre à travers les nuages bas. Le paysage est grandiose alentour. Au loin, j'aperçois Poudlard, qui dresse avec fierté son imposante silhouette et sur ma Gauche, Pré Au Lard.

Enfin, sur la droite, au pied de la Montagne, à peine visible dans la neige, s'étend la demeure blanche de Tatie Nally…

Merveilleux me dis-je ! Voilà un abri sûr pour les gosses en cas d'attaque de Voldemort et ses Mangemorts !

Le seul problème, c'est que la paroi de la montagne tombe en à pic à cet endroit. Comment les faire descendre, en toute sécurité ?

« Alors ! Où est-on ? » demande Oliver, en venant se placer à mes côtés.

Il regarde le paysage, sans se soucier de sa beauté, de toute évidence. Et je vois son visage qui s'allonge quand il constate qu'il n'y a pas de sentier pour descendre dans la vallée.

« Ah merde ! Ça ne valait vraiment pas la peine de faire tout ce chemin pour se retrouver coincés ici comme des cons ! » s'exclame-t-il, éminemment contrarié, avant de taper d'un pied rageur sur le sol.

Si rageur, que la roche s'effrite sous son pied et qu'il perd l'équilibre, basculant dans le vide sur un cri effrayé, sans que j'aie pu esquisser le moindre geste pour le retenir…

Quand je disais, que son caractère lui vaudrait des ennuis avant la fin de l'après-midi !

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