Disclaimer: cf chapitre 1
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Gros bisous à Mistycal ma super Beta
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Réponse au commentaire sur mon forum pour - Douceurfamille -
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Un Dimanche Sous La Neige
Acte 2 : Après-Midi Blanc
Harry
Le déjeuner est un peu paresseux. Après un long samedi, une nuit blanche et une matinée qui s'est étirée dans la Salle d'Entrainement, la fatigue nous est tombée dessus. Nos gestes, nos mâchouillements sont lents et nous parlons peu. Enfin, je parle plutôt pour les grands de notre groupe, car les gosses sont joyeux. Ils ont apprécié les exercices que nous leur avons fait faire, même si Jérémy a eu du mal à suivre le rythme d'Alioth et Astoria et s'est effondré bien avant eux….
Mais il a bien récupéré déjà et il s'y mettra aux exercices. Quand nous reviendrons du Temps Ralenti, je suis certain qu'il sera en bien meilleure forme, qu'il ne l'a jamais été, même avant notre captivité.
Mon cœur se pince. J'aime aller au Paradis. Mais aujourd'hui, je n'ai pas vraiment envie d'y séjourner. Le temps va me sembler long, avant que nous ayons des nouvelles de Remus. J'espère de tout cœur qu'il va bien mieux déjà et qu'il s'en sortira sans séquelle !
Que la pleine lune ne lui apportera pas plus de souffrances encore qu'il en a déjà habituellement, lors de ses transformations…
« La neige s'est calmée, mais je doute que cela dure. Nous ferions bien d'emmener les gosses prendre un peu l'air pendant que c'est possible… » déclare Ron, le nez levé vers le plafond.
Je suis son regard dans un réflexe. Un rayon de soleil perce avec bravoure les nuages bas. Mais Ron a raison, cela ne va pas durer. Alors j'acquiesce à sa proposition.
Nous faisons signe à Draco, Théo et Blaise, qui se lèvent aussitôt pour nous rejoindre, tandis que j'invite les mioches à mettre cape, bonnet, cache-nez et gants, avant de sortir de la Grande Salle. Dans le même mouvement, Ursula et deux de ses amies nous rejoignent également.
La Garde rapprochée de Blaise. Mon pote soupire et sourit dans le même temps à sa petite amie qui lui donne un chaste baiser sur la joue, avant que nous nous mettions en route.
Les Ânes Bâtés, qui sont déjà dans le Hall sous les ordres de Rusard, nous regardent passer d'un œil mauvais. Astoria surtout. Et je pose ma main sur son épaule en fixant Vaneck d'un regard lourd d'avertissement. Il esquisse un rictus moqueur, mais je laisse ma Magie irradier jusqu'à lui et il ravale son sourire, cheveux littéralement hérissés sur la tête, tandis que sa copine, Charlyn Wagner, écarquille les yeux et déglutit avec peine…
Bon, j'y suis allé un peu fort, je le reconnais. Elle vient de mesurer que je suis plus puissant qu'elle le pensait sans doute. Si ça peut l'empêcher de prendre part à une action contre l'un ou l'autre de mes amis ou copains, de crainte d'essuyer mes foudres, alors tant mieux…
Ron ouvre la Grand Porte. Le vent s'engouffre aussitôt dans le Hall. Piquant et glacé. Instinctivement, je jette un Sort de Réchauffement sur notre groupe. Alioth et Astoria se tiennent par la main, pour descendre les marches givrées, tandis que je prends fermement celle de Jérémy dans la mienne. Théo, Ginny accrochée à son bras, trace un chemin dans l'épaisse couche de neige, si éclatante de blancheur, qu'elle nous blesse les yeux.
« Eh ben ! Je ne m'étais pas rendu compte qu'il avait autant neigé cette nuit et ce matin ! » s'exclame Draco, en mesurant la hauteur de neige du regard…
Elle lui arrive juste au-dessus du genou… Moi non plus, je n'aurais pas cru qu'il y en avait autant… Et encore, nous sommes dans un creux de la couche et il y a des congères, le long des murs, contre les haies ou autour des arbres, dont certaines doivent arriver à la taille de Ron…
Si ce n'est plus haut encore, parfois…
Jamais nous n'avons eu hiver aussi rigoureux depuis que nous sommes scolarisés à Poudlard, songe-je, en frissonnant tandis que l'image de Détraqueurs se fraye un chemin dans mon esprit. Ces saloperies y sont pour quelque chose, dans cette vague de froid, j'en suis certain…
« Par où allons-nous ? » demande Théo, en regardant de chaque côté, quand nous arrivons au coin du Château…
« La Ferme Pédagogique ! Ça fait longtemps que nous ne sommes pas allés faire un tour par-là. Je suis sûr que Mme Pucey et Adrian seront ravis de nous voir ! » répond Draco, en remontant ses lunettes sur son nez, en même temps que moi.
Cela me fait sourire. C'est curieux, que nous ayons le même geste familier, souvent en même temps, me dis-je, tandis que je jette un œil sur Jérémy. Je sais qu'il est allé à la Ferme en retenue et je devine qu'il grimace un peu sous son cache-nez.
Voilà une occasion de lui faire apprécier les lieux, dans un autre contexte…
« Ah ! Voilà des courageux qui ont bravé la neige ! C'est bien de vous être portés volontaires pour venir en renfort ! Nous en avons bien besoin !» s'exclame Adrian, en nous regardant entrer dans la grange où les clapiers des lapins ont été déménagés pour les abriter de la tempête…
Sa mère, tout comme lui occupée à nettoyer les cages, se tourne vers nous avec un grand sourire…
« Nous avons presque fini ici, Adrian. Laisse-les donc découvrir tranquillement les dernières nichées… » dit-elle, de sa voix douce…
« Ok ! A condition qu'ils donnent un coup de main dans les étables et le poulailler après ! » répond son fils, avec un coup d'œil goguenard vers Draco…
« Pas de problème. Et si tu as besoin d'aide à l'heure de la traite, tu peux compter sur moi ! » rétorque mon frère, avec un sourire jusqu'aux oreilles, avant de se pencher vers un clapier, dans lequel une lapine veille sur des lapereaux à peine nés…
Les gamins viennent auprès de lui pour coller leur nez sur le grillage et regardent la scène avec émerveillement. Pourtant, à peine voit-on les petits, à demi ensevelis sous la paille.
Draco leur arrange ça d'un coup de Baguette, écartant la paille avec délicatesse pour qu'ils puissent voir les lapereaux aux yeux fermés. Puis il ouvre le clapier, prenant la mère un peu agitée par la peau du cou, pour que les gosses puissent caresser la peau encore nue des petits. Les gosses sont heureux et font preuve de grande douceur dans leurs gestes. Leurs sourires font plaisir à voir. Il en faut peu, pour contenter les gosses…
Il fait bon dans la grange et je retire gants, bonnet et cache-nez, en regardant autour de moi. Je suis sidéré de l'expansion qu'a pris l'élevage de lapins depuis ma dernière visite. Il doit y avoir au moins une centaine de clapiers, si ce n'est davantage…
« Vous avez drôlement agrandi… » déclare Ron, les mains sur les hanches, en regardant lui aussi à la ronde.
Il ôte sa cape et la jette sur un ballot de paille propre, puis remonte ses manches et les copains en font bientôt autant. Aucun doute, ils vont donner la main aux Pucey…
« Ouais… C'est qu'il y a beaucoup de bouches à nourrir.. » répond Adrian, d'un ton qui semble joyeux, mais sous lequel je sens une pointe de sourire forcé…
Oui, beaucoup de bouches à nourrir. Et ce ne sont pas celles de Poudlard, dont il parle, mais celles du Village des Elfes. Je me demande combien de nouvelles familles ont rejoint la clandestinité, depuis l'inauguration…
Quelques-unes sûrement. Car s'il n'y a pas eu d'attaque directe sur les Sorciers dernièrement, nous savons que des familles ont reçu des lettres de menaces, notamment de la part de Mangemorts évadés d'Azkaban…
La famille de Mickaël Corner en fait partie, celle de Cho Chang également. Elle est venue nous le dire ce midi… Et Colin a annoncé haut et fort, un œil rivé vers les Ânes Bâtés, que ses parents ont déménagé ce week-end…
Oui, beaucoup de bouches à nourrir me répète-je, en avançant vers le tunnel qui conduit vers les étables, en passant un bras autour des épaules de Jérémy qui est venu me rejoindre. L'odeur âcre me saute aux narines quand nous pénétrons dans la première. Les vaches sont tranquilles, visiblement bien soignées. A vue de nez, je dirais qu'il y en a une soixantaine. Une vingtaine de veaux de quelques jours également
« Eh ben ! Ça en fait des vaches à traire ! » s'exclame Draco, un sourire jusqu'aux oreilles, en saisissant la paire de bottes que Ron lui tend.
Les autres en font autant. Même Alioth et Astoria, qui ont déjà eu l'occasion de travailler dans une étable, se préparent à donner un coup de main ici.
« Ouais… Et il y a autant de chèvres… » répond Adrian Pucey, en effectuant un mouvement de baguette, pour nettoyer une stalle.
Draco sort sa Baguette aussi et ils cheminent ensemble, dos à dos, pour nettoyer de chaque côté, tandis que mon regard tombe sur Jérémy. Mon petit frère regarde Draco les yeux ronds…
« Il adore s'occuper des vaches… » chuchote-je dans un souffle, en souriant devant son air plus ahuri encore, à ma déclaration.
« J'aurais pas cru… » dit-il, en fronçant un peu le nez, l'air dubitatif…
Puis il aperçoit Alioth et Astoria qui font équipe sous l'œil vigilant de Blaise et Ursula et ses yeux s'arrondissent encore. Il ne se doutait sûrement pas que ses deux nouveaux amis ont déjà travaillé dans une ferme…
« Et pourtant, c'est la vérité. Et Draco est un excellent professeur de traite des vaches. Je suis sûr qu'il va t'apprendre à le faire sous peu. Mais pour l'instant, ils sont assez de monde, pour le nettoyage. Allons visiter le reste… » réponds-je, avant de l'entraîner vers la seconde étable.
« Je n'aime pas les vaches, moi. Ça me fait peur… » souffle-t-il, avant d'entrer dans l'étable
« Elles ne sont pourtant pas méchantes. Mais ce n'est pas grave. Si tu en as peur, nous ne te forcerons pas à t'occuper d'elles… » réponds-je, songeant qu'il faudra que je prévienne Draco, de ne pas essayer de l'entraîner dans la grotte, quand nous serons au Paradis…
Les chèvres se pressent un peu autour de nous et je sens le mouvement de recul de mon petit frère. Je lui affirme aussitôt que les animaux ne lui feront pas de mal, le rassurant en serrant sa main. Jérémy se détend et nous allons du côté d'un enclos, où des mères veillent sur leurs petits. Mon petit frère se penche un peu, pour caresser l'un des chevreaux, tandis que l'une des mères avance son museau, pour flairer le pompon de son bonnet. Soudainement, en un éclair, la chèvre saisit le pompon entre ses dents et lui arrache son bonnet de la tête d'un mouvement vif.
« Eh ! » s'exclame Jérémy, tout ébouriffé, en essayant de rattraper son bien.
Mais c'est trop tard, la chèvre mâchouille déjà vigoureusement le bonnet et j'éclate de rire en voyant la mine scandalisée de mon petit frère…
« Ça mange n'importe quoi ces bêtes… » commente Madame Pucey qui passe à côté de nous, avant d'ajouter : « Ne t'inquiète pas. Je vais te donner un autre bonnet. En laine de chèvre angora justement ! Tu verras, tu auras bien chaud ! »
Une fois encore, Jérémy fronce le nez, avant de le pincer entre deux doigts. Il me regarde en hochant la tête de gauche à droite l'air horrifié et de dire qu'il ne veut surtout pas d'un bonnet qui sent la chèvre. Je ris doucement en remettant ses cheveux en place. C'est bien un citadin, lui. Son petit nez délicat est dérangé par les odeurs de ferme…
Mais je me charge de lui faire apprécier les charmes de la campagne, quand nous serons au Paradis. Et je ne doute pas un instant que Draco va m'y aider. Après tout, de nous tous, c'est toujours le plus enthousiaste quand il s'agit d'effectuer les corvées à la Ferme du Temps Ralenti…
Mme Pucey s'active avec Ron, Théo et Ginny, pour nettoyer l'étable des chèvres. J'avoue que ce travail ne me tente pas aujourd'hui, alors je propose à Jérémy d'aller voir la bergerie. Et tandis que nous traversons le troupeau de chèvres pour nous y rendre, je me dis que Jérémy ne s'est sûrement jamais questionné sur la provenance de la laine. Alors je lui explique que ce sont des moutons, chèvres, lapins angoras etc… qui la fournissent, que celle-ci est lavée, séchée et filée avant d'être teinte puis tricotée.
Les moutons bêlent pour nous accueillir quand nous entrons dans la bergerie. Quelques agneaux et leurs mères sont à l'écart. Jérémy caresse la laine douce des petits avec un évident plaisir. Il grimace cependant, quand l'un des agneaux lui lèche la paume de la main.
« C'est parce que ta peau est salée. Les animaux aiment bien le sel. Surtout les chèvres d'ailleurs. Tu as de la chance que celle de tout à l'heure se soit contentée de ton bonnet. Elle aurait pu te toiletter toute la figure ! » me moque-je un peu…
« Beurk ! » s'exclame aussitôt mon petit frère de cœur, avec une terrible grimace de dégoût…
Nous restons un peu avec les moutons, puis nous décidons d'aller prendre un peu l'air avant d'aller voir le reste de la ferme. Il faut pour cela traverser le bâtiment suivant qui abrite d'immenses poulaillers, où coqs, poules, oies, pintades et canards sont tenus au chaud. Les volailles ne sont pas contentes de notre intrusion dans leur domaine et je suis heureux qu'un grillage les empêche de venir manifester leur mécontentement trop près de nous.
Et je frissonne, au souvenir de ce que Terry nous a raconté, à propos du Mangemort tué par les poules au Terrier, tandis que j'entraîne rapidement Jérémy vers la sortie.
Le froid vif nous saisit de nouveau et nous frissonnons, tout en enfilant vite fait nos gants. Je rabats son capuchon sur la tête de Jérémy et lui noue mon cache-nez tout autour pour qu'il ne prenne pas froid, avant de nous frayer un chemin dans la neige.
« Pouah ! Ça pue drôlement par ici ! » grogne soudainement Jérémy, en se bouchant le nez, alors que nous avons presque fini de traverser la cour …
« J'admets, ça ne sent pas bon du tout. C'est normal, nous sommes à côté de la porcherie.. » approuve-je, avant de jeter un Sort de Tête en Bulle à Jérémy, pour l'emmener voir les cochons.
Des porcelets tètent leur mère avec avidité dans l'une des stalles et Jérémy les regarde faire en fronçant les sourcils, l'air de réfléchir..
« C'est drôle. Le professeur Hagrid nous a dit que les animaux ont leurs petits au printemps normalement. Comme ça, ils sont assez grands pour affronter l'hiver. Mais ici, il y a plein de petits nouveaux nés… » déclare-t-il soudain, en me regardant d'un œil interrogatif.
« Le professeur Hagrid a raison, normalement, tous ces petits auraient dû naitre au printemps. Mais pour agrandir rapidement les élevages nous avons un peu détraqué l'horloge biologique des femelles, grâce à la Magie, pour accélérer la gestation. Ce n'est pas très recommandé, mais bon. C'est une exception pour parer à l'urgence,. Et puis, comme les animaux sont bien au chaud, cela ne nuira pas aux mères ni à leurs petits. Et maintenant que nous avons ce qu'il faut, nous veillerons à ce que tous les animaux retrouvent un cycle de reproduction naturel l'an prochain. » explique la mère d'Adrian, qui vient d'arriver pour nourrir les cochons…
« Ah… » commente simplement Jérémy, avant de reporter son regard sur les porcelets…
L'un d'entre eux, plus hardi que les autres, s'est approché de nous et, groin passé entre deux lattes de la barrière de bois, il renifle vers ses chaussures…
« Comme les chèvres, les cochons mangent n'importe quoi. Si tu le laisses approcher trop près, ce porcelet pourrait te manger le bout de tes bottes et tes orteils… » déclare-je d'un ton taquin, avant d'éclater de rire, en voyant Jérémy faire un bond en arrière…
« Même pas vrai ! Tu dis ça pour te moquer de moi ! » s'exclame mon petit frère, l'air un peu offusqué que je blague ainsi à ses dépens
« Non, c'est la vérité. Les cochons sont omnivores. Mais tu as raison, je te taquine, car celui-ci est trop petit pour pouvoir te faire mal. Il se nourrit de lait encore, pour le moment. Ceci dit, à ta place, je ne le tenterais pas trop quand même et je ne lui présenterais pas mes doigts. On ne sait jamais, quelque fois qu'il te trouve à son goût… » réponds-je, en lui ébouriffant les cheveux, avant de proposer à Madame Pucey, de verser la nourriture, dans les auges.
Elle me remercie chaleureusement, avant de sortir pour effectuer une autre tâche ailleurs.
Jérémy fait mine de me faire la tête, mais je sais qu'il apprécie que nous passions ce moment ensemble et il finit par lever vers moi des yeux souriants. Nous lavons à grande eau, les cuves qui contenaient la nourriture pour les porcs, avant de sortir de la porcherie.
Le soleil a de nouveau disparu derrière les nuages et le vent glacial a l'air de se renforcer. Je frissonne tandis que nous traversons la cour carrée qui mène sur le chemin des serres. Mais Madame Pucey, qui sort maintenant de la laiterie en faisant léviter des bidons de lait pleins, nous invite à la rejoindre et nous courrons vers elle.
« Je vais à la fromagerie maintenant. Tu veux bien m'aider à retourner les fromages ? » demande-t-elle, avec douceur à Jérémy.
Il acquiesce d'un hochement de tête et nous suivons la brave fermière. Avant d'entrer dans la fromagerie, elle nous recommande de retirer nos capes et de nous laver soigneusement les mains. Puis nous jette des Sortilèges, pour nettoyer et stériliser nos vêtements, nous explique-t-elle. Elle nous tend ensuite un tablier à notre taille et nous entrons enfin dans la fromagerie.
« Tu sais comment faire. Je te laisse expliquer à Harry, pendant que je vais mettre le lait à cailler… » déclare Madame Pucey, avec un sourire.
Jérémy répond à son sourire et m'entraîne à sa suite. Il a l'air heureux, fier aussi, de pouvoir m'apprendre quelque chose, même si ce n'est pas compliqué du tout. Alors, pour lui faire plaisir, bien que je sache déjà comment faire, je prends un air grave et sérieux pour l'écouter et j'observe ses gestes avec attention, avant de l'imiter et de chercher son approbation. Il me la donne, avec un immense sourire.
J'ignore combien de temps nous travaillons côte à côte. Jérémy s'applique avec sérieux dans sa tâche tout en babillant avec entrain. Et quand nous avons fini, il demande à Madame Pucey qui nous a rejoints dans notre tâche, ce qu'elle fera des milliers de fromages, quand ils seront affinés… Mais aussi des légumes, des œufs et de tous les produits de la Ferme… Finiront-ils dans nos assiettes, interroge-t-il ?
Madame Pucey me jette un coup d'œil, se demandant visiblement ce qu'elle peut répondre à cela…
« C'est la guerre, Jérémy. Il y a des personnes qui n'ont plus rien et certaines ne peuvent même plus aller travailler pour gagner leur vie, sans risquer de la perdre, s'ils viennent à croiser le chemin d'un ennemi. Des enfants, n'ont plus de père, ni parfois de mère pour les nourrir… C'est pour ces enfants et toutes les personnes qui n'ont plus rien, que la Ferme a été créée à Poudlard. » explique-je avec douceur…
Jérémy baisse la tête. Mais j'ai eu le temps de voir briller des larmes dans ses yeux. Il les ravale cependant et regarde autour de lui, avant de lever son visage vers moi…
« C'est comme pour Mira Hidden, sa mère est morte. Et Keina, sa maison a brûlé et elle n'a plus de père maintenant. Et puis, Astoria et Alioth ont dû quitter leur maison aussi… J'ai entendu dire par des Ânes Bâtés qu'ils étaient obligés de se terrer avec leur famille dans des trous à rats, quand nous étions dans le Poudlard Express, avant.. tu sais… avant l'attaque…» murmure-t-il, le regard soudain angoissé et empli d'interrogations.
Il ne croit pas vraiment, que ses amis sont aussi mal logés que le disent les Ânes Bâtés. Mais il a quand même besoin que je le rassure à ce propos…
« Ils ne sont pas dans un trou à rats. Tous les réfugiés sont dans un bel endroit, bien caché, mis à leur disposition par l'Ordre du Phénix. Et avec toute la nourriture que l'Ordre leur fait parvenir grâce à la Ferme Pédagogique, ils sont très bien nourris. Ils ne manquent de rien… » le rassure-je, en lui caressant les cheveux.
Jérémy relâche son souffle, mais son regard reste un peu dans le vague pendant quelques instants, avant de luire soudainement, d'une lueur moqueuse…
« Mais alors… Les Ânes Bâtés travaillent pour l'Ordre du Phénix quand ils viennent en retenue ici ! » s'exclame-t-il soudainement, le visage fendu d'un grand sourire…
J'acquiesce en lui rendant son sourire et il éclate de rire, avant de redevenir brutalement sérieux…
« Je ne devrais pas me moquer d'eux. Je l'ai fait aussi, quand j'étais un Âne Bâté. Et je n'étais pas content de le faire, même si je ne savais pas que c'était pour nourrir les réfugiés protégés par l'Ordre du Phénix… » souffle-t-il, en baissant de nouveau la tête.
« Oui. Mais aujourd'hui, tu l'as fait de ton propre gré. Et cela t'as plu, n'est-ce pas ? » murmure-je, en posant une main réconfortante sur son épaule…
« C'est vrai, j'étais content de le faire… » admet-il, en retrouvant un sourire timide, avant de se tourner vers Madame Pucey, pour ajouter : « Et je serai content de vous aider encore, Madame, quand je devrai venir en classe et si Harry veut bien me conduire ici de temps en temps le samedi ou le dimanche… »
« Tu seras toujours le bienvenu. En attendant, même si ce n'est pas encore tout à fait l'heure, que diriez-vous d'un bon goûter ?.. » répond Madame Pucey, en nous invitant à la suivre
Elle nous conduit, sous les petits flocons de neige qui recommencent à flotter dans le vent, jusqu'au logement qu'elle occupe avec Adrian, non loin de la Ferme. C'est une jolie petite construction de pierre et de bois, toute ronde, comme celle de Hagrid, mais avec deux chambres, un séjour, une salle de bain et une petite cuisine, où il fait vraiment bon, malgré le vent froid de l'hiver, qui fait craquer la porte et les volets.
« Je n'aurais pas cru que c'était si grand, vu du dehors... » s'étonne Jérémy, en avançant vers le feu pour se réchauffer les mains.
« La maison, comme tous les Bâtiments de la Ferme Pédagogique, a été agrandie de l'intérieur, grâce à la Magie… » répond Madame Pucey, en versant du lait dans un chaudron qu'elle pose sur les flammes vives
Puis elle casse de grandes tablettes de chocolat noir et dépose les morceaux dans le lait, avant de tendre une grande cuillère en bois à Jérémy en lui recommandant de bien mélanger le tout, jusqu'à ce que le chocolat soit complètement fondu et bien chaud. Et tandis qu'il s'acquitte de sa tâche avec soin, j'aide la brave femme à couper des tranches de pain frais et croustillant, puis à le tartiner de bonnes confitures maison…
Il fait chaud, ça sent bon et, même si mon cœur et mes pensées s'égarent souvent vers Remus, je suis bien et presque serein. J'ai le sentiment de goûter un bon moment de bonheur tranquille en famille. Mais cela n'a rien d'étonnant. Jérémy est mon petit frère de cœur et Madame Pucey a un cœur de Maman, douce et chaleureuse…
Comme j'aurais aimé avoir une vie de famille comme ça, quand j'étais enfant, me dis-je, avec une pointe de tristesse qui assombrit mon humeur
Mais je me reprends aussitôt. Je n'ai pas envie de me laisser aller à une nostalgie qui ne sert à rien. Je préfère de loin profiter du paisible présent. Cela ne va pas durer, me dis-je, en souriant. Car j'entends dehors, des rires qui approchent…
Les autres ont fini leur travail et nous auront bientôt rejoints…
Et c'est un bonheur joyeux, que nous partagerons dès lors…
OoOoOoO
Neville
A peine Oliver a-t-il basculé dans le vide, que le Baron Sanglant le suit avec vivacité. Je jette une corde Magique et me penche prudemment, criant aussi fort que je le peux à Oliver de l'attraper. Mais il crie lui-même si fort qu'il ne doit pas m'entendre. Quelle andouille je suis ! C'est un Wingardium Leviosa que j'aurais dû jeter ! Il aurait flotté et j'aurais pu le ramener jusqu'ici. C'est trop tard maintenant, il est trop loin…
Putain ! Il va s'écraser et nous allons le retrouver en bouillie ! me dis-je, tous mes poils dressés d'horreur, tandis que Dean, Seamus et Marian qui se sont précipités pour se jeter à genoux à côté de moi, regardent notre pote chuter dans le vide…
« C'est curieux. Il aurait dû choir comme une pierre… Là, on dirait plutôt qu'il glisse doucement dans un tuyau… » fait remarquer Marian, en se penchant un peu plus en avant.
Je le retiens vivement en empoignant sa cape. Oliver est déjà tombé, alors ce n'est pas le moment qu'il fasse l'imbécile et chute à son tour…
« Ouais. T'as raison… On aurait déjà dû entendre le splash ou le splosh horrible de ses os qui éclatent sur les rochers… » commente Seamus, tandis que les filles derrière nous, poussent du même ton de reproche, un « Seamus ! » scandalisé.
« Sa magie instinctive le fait peut-être flotter comme un ballon de baudruche, un peu comme quand ton oncle Algie t'a fait tomber par la fenêtre et que tu as rebondi dans le jardin avant de rouler jusque la route…» suggère Dean, en me jetant un bref coup d'œil, avant de sursauter, car le Baron Sanglant vient de surgir devant ses yeux…
« Tout va bien. Votre ami a eu une grosse frayeur, mais il s'est posé en douceur et m'a demandé de vous dire qu'il n'y a aucun danger. Vous pouvez descendre en toute sécurité, en empruntant le même chemin… » déclare-t-il de sa voix sépulcrale…
« Vous êtes sûr ? Parce que pour quelqu'un qui nous fait dire que c'est sans danger, il gueulait plus fort qu'une Banshee, il y a pas deux secondes encore. » fait remarquer Seamus, l'œil dubitatif…
« Je suis parfaitement sûr que c'est ce qu'il a dit, jeune homme… » répond le Baron Sanglant, le regard si sévère, que je me dis que Seamus a tout intérêt à faire attention à ce qu'il répond…
« Oh, je vous crois ! Mais avait-il l'air d'aller bien et d'avoir toute sa tête quand il vous a dit cela ? » insiste mon ami, sans se démonter, malgré l'air de plus en plus renfrogné du Fantôme de la Maison Serpentard…
« Il avait l'air d'aller aussi bien que vous et moi… » répond ce dernier, affichant maintenant une mine défiante…
J'ai cependant eu la fugace impression de voir une lueur narquoise traverser ses yeux noirs et qu'il se moque ouvertement de Seamus. Mon pote lève brièvement un sourcil interrogatif…
« Aussi bien que vous et moi, hein ? Bien, puisque vous l'assurez… » déclare-il au bout de deux longues secondes, en se levant lentement, avant d'ajouter : « Ben à tout à l'heure les amis ! »
Et cette andouille se jette dans le vide, sous un éclat de rire caverneux du Baron Sanglant
« Un véritable Gryffondor, sans peur et sans reproche ! Maître Godric ne l'aurait assurément pas renié ! Il l'aurait au contraire accueilli à bras ouverts dans sa maison et nous aurait fait louange de sa téméraire bravoure ! » s'exclame-t-il, avant de plonger son regard pétillant de moquerie dans le mien…
« Vous avez connu Godric Gryffondor ? » m'enquiers-je, avec surprise…
« Naturellement ! Il a été l'un de mes Maîtres d'apprentissage, tout comme les autres Fondateurs, même si cela n'a pas duré longtemps, concernant Serpentard… » répond-il, avant de préciser qu'il nous attend, avec Oliver et Seamus et de se laisser glisser à vive allure jusqu'en bas …
Mes amis et moi nous regardons. Est-il bien prudent que nous descendions tous, nous demandons nous. Puis, comme nous entendons la voix de Seamus nous héler depuis le pied de la montagne, nous décidons qu'après tout, nous pourrons toujours appeler Roi Dobby pour qu'ils viennent nous aider si nous en avons besoin. Et, après avoir lâché le sac de victuailles dans le vide, je saute à mon tour…
Au début, je tombe très vite. Mais arrivé à mi-parcours, j'ai la sensation que quelque chose stoppe ma chute et que je flotte doucement dans le vent… C'est bizarre. Pas vraiment désagréable, mais pas non plus des plus plaisants. Je n'ai pas loisir cependant de m'interroger plus avant sur cette sensation, car je me pose déjà en douceur sur un rocher plat, qui s'enfonce sous mes pieds, comme l'un des matelas de mousse que nous utilisons quand nous nous entraînons au combat à mains nues…
« Pas mal, la descente, hein ! » s'exclame Seamus, qui m'invite à le rejoindre d'un geste de la main, sur un petit terrain qu'Oliver et lui ont dégagé de la neige
Je saute du rocher plat et je viens me poster près de lui, tandis qu'il crie au suivant de descendre… Bientôt, Elinor, puis Claryce, Miranda, Dean et enfin Marian nous rejoignent. Nous décidons de déjeuner à l'abri du vent, sous les sapins touffus, avant d'explorer un peu les alentours, pour trouver un endroit où les petits pourront trouver refuge, en cas d'attaque massive, de Poudlard et Pré Au Lard.
Moi, j'ai bien une idée du lieu où Claryce et Miranda pourraient les mettre hors d'atteinte des Mangemorts, les gosses. Mais je ne dis rien. Car je suis le seul parmi nous, qui peut voir le Château de Tatie Nally, tout à côté. Et j'ai bien remarqué, en arrivant presque en bas, qu'il y a une petite porte, dissimulée dans l'ombre de la montagne…
Oui, c'est là, chez Tatie Nally, que les mioches trouveront refuge, si la guerre vient à faire rage à Poudlard et les environs… Il faudra juste que je m'assure auprès de Tatie, que nul ne pourra voir les gamins glisser le long de la paroi en à pic et que mes deux amies pourront les faire entrer dans sa demeure…
Alors je ne prends pas part aux discussions des copains et copines qui s'interrogent sur ce qu'il y a lieu de faire maintenant. Je préfère quant à moi, m'interroger sur le Baron Sanglant…
Il a donc connu les Fondateurs… Du moins pense-t-il les avoir connus… Enfin, Godric Gryffondor, Rowena Serdaigle et Helga Poufsouffle, sans doute oui. Mais que dirait-il, s'il savait que celui qu'il pensait être Salazar Serpentard était un usurpateur ?
« Comment étaient les Fondateurs ? » demande-je soudainement au Fantôme, qui flotte entre Elinor et Marian, le regard posé sur Oliver qui démontre avec véhémence, que nous avons intérêt à demander aux Elfes de creuser une grotte au pied de la montagne, ici même, plutôt que de chercher à gagner un abri plus loin…
« Gryffondor était aussi flamboyant qu'on le dit encore aujourd'hui, Dame Serdaigle était d'une remarquable intelligence et Dame Poufsouffle aussi tendre qu'une mère… Quant à Serpentard… Je ne me suis pas reconnu en lui, si c'est cela qui vous intéresse… » répond le Baron Sanglant, en me fixant droit dans les yeux…
Je me sens mal à l'aise soudainement. J'ai l'impression qu'il me soupçonne de chercher vers qui va son allégeance…
« Non.. Euh.. . Oui… Mais non… » commence-je à bafouiller, avant de m'apercevoir qu'il se moque de moi. Alors je prends une grande inspiration et je reprends : « C'est effectivement intéressant, de savoir que vous ne vous reconnaissiez pas en lui, Baron. Mais je n'avais nullement l'intention d'évaluer votre loyauté envers Poudlard, le professeur Dumbledore, Harry, l'Ordre du Phénix ou qui sais-je encore… Je me demandais juste comment étaient les Fondateurs. Après tout, nous ne savons pas grand-chose d'eux… »
Le Baron Sanglant me fixe toujours. Cette fois, il a l'air nettement amusé et il se penche vers moi, pour susurrer d'une voix doucereuse qui me fait penser à Tonton Sev dans ses grands jours :
« Nombreux sont, depuis quelques temps, les Serpentards qui affichent un cœur de Gryffondor et les Gryffondors qui usent de leur cerveau comme un Serpentard… »
Puis il se redresse, me laissant la gorge sèche. J'ai la puissante sensation qu'il sait que je sais quelque chose qu'il ne sait pas et que je me demande comment il réagirait s'il savait ce que je sais…
Et qu'il sait que oui, je viens de le sonder. Et c'est vrai. Mais ce n'est pas, comme je l'ai affirmé, pour tâcher de savoir ce qu'il pense des idées prêtées au vrai Salazar Serpentard, mais ce qu'il pensait de l'usurpateur, en tant qu'individu…
Cependant, je m'attache à ne pas réagir, tandis qu'il recule, sourire narquois aux lèvres, avant de poursuivre :
« C'était ainsi aussi, à mon époque. Et la Maison Serpentard était divisée en deux comme aujourd'hui. Ceux qui suivaient leur Directeur, aussi fourbe, fou et démoniaque que l'est son descendant et ceux qui ont respiré, quand il a quitté les lieux… Mais les seconds étaient hélas moins nombreux que les premiers et ils ont fait taire leur cœur, pour éviter les représailles. Dès lors, la Maison de Serpentard est devenue sombre, austère et s'est fermée aux autres Maisons… Je suis heureux de constater aujourd'hui, que bien qu'ils soient toujours moins nombreux, les seconds aujourd'hui, osent montrer leur cœur… Sans doute parce qu'après leur avoir tourné le dos pendant des siècles, les Gryffondors qui usent de leur cerveau comme des Serpentards, leur ont enfin tendu la main… » explique-t-il, en reprenant sa posture, droit et raide, entre Marian et Elinor.
Mon pote le regarde, les yeux plissés.
« Vous voulez dire, que Godric Gryffondor a tourné le dos aux élèves de Serpentards, quand …Serpentard est parti ? » demande-t-il, sourcils froncés…
Tandis que je frémis à sa brève hésitation et à la pensée qu'il a sans doute failli dire Artemus ou l'usurpateur. Et bien sûr, je sais qu'il ne croit pas un seul instant, que Godric Gryffondor aurait pu laisser les Serpentards à l'écart. Le Fantôme de Salazar lui-même, nous a affirmé le contraire, hier. Et je crois en sa sincérité…
« Non, je ne dis pas cela, jeune homme. Rowena Serdaigle, Godric Gryffondor et Helga Pousouffle ont essayé de garder l'unité des maisons et ont toujours été attentifs aux élèves de Serpentard, soutenant celles et ceux qui n'étaient pas d'accord avec les préceptes de leur ancien Directeur et tentant de ramener à la raison celles et ceux qui adhéraient à ses idées…. Mais ils étaient hélas fort préoccupés par d'autres pensées et une guerre qui menaçait la quiétude de Pré Au Lard. Et quand ils ont pu de nouveau tourner toute leur attention vers l'école, les luttes intestines entre les Maisons Serpentard et Gryffondor avaient déjà pris bien trop d'ampleur… Bien sûr, tant qu'ils ont vécu, les conflits sont restés larvés. Mais quand ils ont disparu, ils ont éclaté au grand jour, perdurant à chaque siècle passant depuis… Enfin, tout cela appartient au passé et il n'y a plus guère qu'une portion congrue, pour s'opposer à la réunification des Maisons à ce jour … » explique le Baron Sanglant, en balayant finalement l'air d'un geste de la main, comme s'il chassait une mouche importune.
Et je suis heureux, de constater que ses explications rejoignent celles de Salazar. Le baron Sanglant est des nôtres et je suis certain au fond de moi, qu'il faisait partie de ces Serpentards au cœur de Gryffondor de ce temps passé qu'il a évoqué…
« Ouais. Et quand viendra le moment, nous n'en ferons qu'une bouchée, de la portion congrue… Enfin, je crois… » affirme Oliver, en secouant sa cape, pour faire tomber les miettes des sandwichs qu'il a dévorés avec bel appétit
« Et moi j'en suis sûr. Mais dites-moi, Baron, je me suis toujours demandé, qui vous a tué ? » déclare Marian, en levant un sourcil curieux vers le Baron qui se renfrogne.
« Marian ! Quelle indiscrétion ! C'est extrêmement impoli ! » s'offusque Claryce, avant de se tourner vers le Baron, pour ajouter : « Veuillez excuser ce malotru, Monsieur le Baron. Il n'est jamais très délicat. C'est dans sa nature… »
« Ce n'est rien, mademoiselle. Je sais que tous les élèves s'interrogent à ce propos depuis que je hante Poudlard… Et pour répondre à votre question, jeune homme, disons tout simplement qu'il s'agissait d'une histoire de cœur… » répond le Baron, d'une voix plus sombre que jamais, avant de lever son regard vers le ciel.
Instinctivement, je lève la tête, moi aussi. Les nuages se sont de nouveau sacrément amoncelés, plus chargés de neige encore que ce matin. Et le vent qui avait légèrement baissé, semble de nouveau se renforcer. Déjà quelques flocons volètent autour de nous…
« Nous ferions mieux de rentrer… » dis-je, demandant au Baron si cela ne l'ennuie pas que nous repartions par un moyen plus rapide que celui que nous avons emprunté pour venir jusqu'ici.
Il m'assure que non et qu'il se tient à notre disposition si nous avons encore besoin de ses services, avant de tourner les talons et de partir, sans même me laisser le temps de le remercier. Nous rangeons vite fait les reliefs de notre pique-nique. Puis j'appelle Dobby, pour qu'il nous fasse Transplaner au plus près possible de Poudlard. J'espère que les grilles sont ouvertes et que nous aurons le temps de remonter jusqu'au Château, avant que la tempête ne se déchaine et ne voile notre vue, d'un épais rideau blanc, me dis-je, en prenant la main de Dobby.…
Elles le sont. Et dès que tout le monde est là, nous courrons aussi vite que nous pouvons vers les Grands Portes, regagnant l'abri du Château à temps. Quand je ferme derrière moi, les flocons sont gros comme des Vifs d'Or et je n'y vois pas à deux pas…
OoOoOoO
Draco
L'après-midi passé à la Ferme Pédagogique m'a fait grand bien. C'était comme un avant-goût du séjour au Paradis qui nous attend ce soir et j'ai apprécié donner un coup de main à Adrian, dans les étables. Bien sûr, avec une Baguette, c'est beaucoup plus facile que de le faire sans Magie. Mais c'est surtout l'atmosphère chaude et l'odeur un peu âcre du fumier qui me manquait. Je ne sais pas pourquoi, mais travailler dans une étable m'a toujours apporté une sensation de quiétude et de douceur de vivre…
Et puis, cela m'a donné l'occasion de découvrir Adrian Pucey sous un autre jour que celui d'un des Poursuiveurs de l'équipe de Quidditch… Et je le trouve sympa, malgré son air perpétuellement narquois. Il est intelligent assurément, mais cela, je le savais déjà. On ne décroche pas les résultats qu'il a obtenus en Arithmancie avec une caboche vide…
Et, tandis que je l'écoute parler de ses projets pour la Ferme avec Harry et Ron, je me dis soudainement qu'il ferait une bonne recrue, pour l'équipe de Recherches. Il faudra que j'en touche deux mots à Hermione et Eddy…
Je sirote avec plaisir le deuxième bol de chocolat chaud que nous a offert Madame Pucey. Il est délicieux. Fort et onctueux comme je l'aime. Mes yeux parcourent l'assemblée. Ginny et Théo sont attendrissants quand ils échangent des regards énamourés par-dessus leur bol. Blaise plaisante avec Ursula et ses amies. Mon pote s'est lancé, en prenant l'air plus sérieux que Pa durant ses cours, dans une histoire complètement abracadabrante et les autres s'esclaffent à gorge déployée. Madame Pucey bichonne les mioches et s'intéresse à leurs petites histoires, comme s'il s'agissait des choses les plus importantes du monde…
Et je sens que la chaleur du feu commence à m'assoupir. Alors je me lève et je fais le tour de la pièce. Je regarde des photos sur les murs, vestiges des anciennes possessions des Pucey, tout ce qui leur reste, après l'incendie de leur ferme familiale, il y a quelques mois…
Adrian ressemble à son père. Il a le même maintien, le même sourire un peu en coin et la même chevelure épaisse. Un petit courant d'air passe sous la porte, me caresse les chevilles et je frissonne. Mon regard quitte les photos pour s'égarer vers la fenêtre…
« Oh Putain ! Faut qu'on rentre tout de suite, si nous ne voulons pas rester coincés ici pour la nuit ! » m'exclame-je, en voyant la neige tomber à gros flocons.
Le vent tourbillonne et leur fait danser une sarabande folle.
Tout le monde se lève et se précipite vers les capes et manteaux accrochés dans la penderie près de la porte. Nous remercions les Pucey pour leur accueil, tout en nous habillant rapidement. Madame Pucey fouille dans une commode et en sort un bonnet de laine bleu, qu'elle enfonce sur la tête de Jérémy, dans un geste vif, mais précis et doux à la fois…
« A tout à l'heure, si j'arrive jusqu'au Château… » souffle Adrian, au moment où je me mets en file avec les autres devant la porte, serrant la main d'Astoria dans la mienne avec fermeté, pour être certain de ne pas la perdre dans le blizzard.
« Part avec eux, Adrian. Un Elfe de Maison viendra m'aider pour la traite du soir… » déclare sa mère, en lui fourrant une cape dans les mains.
Adrian tourne son regard vers elle, avant de se décider à enfiler sa cape, son bonnet et ses gants rapidement, puis de nouer un épais cache-nez tricoté main autour de son cou et de son visage, tandis que je me demande pourquoi il a besoin d'aller au Château…
Mais je ne pose pas de question. Ce n'est pas le moment. Et Théo, qui me précède, tire déjà sur ma main. Ron, est dehors, écartant la neige d'un Sort puissant, pour nous frayer un passage assuré dans les congères.
Par où Ron va-t-il nous faire passer ? D'ici, rejoindre le Jardin de la Liseuse me semble le chemin le plus court. Encore faut-il réussir à se repérer dans la tempête qui sévit avec force.
Dès que je mets un pied dehors, le vent siffle autour de moi et me coupe en deux. Les gros flocons de neige me cinglent le visage et je papillonne sans cesse des yeux. Je me retourne souvent sur Astoria. La gamine me suit tête baissée, en pleine confiance, serrant ma main et celle de Blaise qui vient ensuite. Mon pote essaye de me dire quelque chose je crois. Mais sa voix est étouffée par son cache-nez et par le mien, noué haut sur mon visage et mes oreilles. Je ne comprends pas ce qu'il dit. La neige plaquée sur mes jambes par le vent, alourdit mes pas. Dans mes gants, mes doigts engourdis commencent à geler et ils sont pourtant moites de transpiration J'ai l'impression que notre périple dure longtemps, trop longtemps. Mon cœur bat la chamade. J'ai peur que Ron ne se soit perdu dans la tempête et nous avec lui...
Je lève la tête par-dessus celle de Théo puis mon regard court à la ronde. Je tâche de voir le Château. Mais je ne vois rien. Que du blanc, rien que du blanc tout autour de nous, dans la lumière de l'après-midi qui s'assombrit très vite. La nuit sera là très tôt, très vite. Mon bras tire soudain. Astoria est tombée. Je stoppe Théo en tirant deux coups secs sur sa main, avant de le lâcher et de me pencher pour ramasser la gamine. Et ma tête cogne durement celle de Blaise qui s'est penché en même temps que moi. Il se redresse instinctivement, en se frottant le front, tandis que je prends Astoria dans mes bras. Elle protège son visage dans mon cou et Blaise s'agrippe à mon épaule, tandis que je cherche la main de Théo, soufflant de soulagement quand je la trouve.
Notre marche reprend. Plus pénible encore, maintenant que je porte Astoria. Enfin j'aperçois une lueur qui clignote, entre les bourrasques neigeuses et mon cœur se desserre dans ma poitrine. Puis la masse sombre du Château se profile et enfin, je mets un pied sous le couvert de la galerie qui court sur trois des côtés du Jardin à la Liseuse. Et nous accélérons le pas, jusqu'à la petite porte qui s'ouvre dans le couloir menant jusqu'au Grand Hall…
Ouf ! Nous sommes rentrés sains et saufs !
« Bravo Weasley ! Tu nous as menés comme un chef ! On n'y voyait goutte dans toute cette blancheur ! » s'exclame Adrian Pucey, en tirant sur son cache-nez pour libérer sa bouche.
« Avec des Sorts de repérage, ce n'est pas bien compliqué… » répond Ron en haussant les épaules, avant d'ajouter, tout en retirant tranquillement ses gants : « Et c'est Ron, pas Weasley, Adrian. »
Des Sorts de Repérage. Bien sûr ! Suis-je idiot pour m'être créée une belle frayeur, en ne pensant pas que Ron allait en utiliser, me dis-je, en débarrassant mes vêtements et mes chaussures de toute la neige collante qui s'accroche dessus, d'un coup de Baguette.
C'est la fatigue sans doute. Ça me ramollit un peu le chou…
« Eh ! M'sieur Rusard ! Y a plein de flotte ici ! » hèle Blaise, en secouant sa cape et celle d'Alioth avec vigueur.
Puis il tape ses pieds sur le sol et la neige compacte qui les couvre, tombe sur le dallage de marbre, pour y fondre doucement, tandis que notre aimable concierge houspille un petit groupe d'Ânes Bâtés, les pressant de venir vers nous avec balais et serpillières…
Et je me prends puérilement à regretter d'avoir fait disparaître la neige qui me couvrait, avec la Magie quand je m'aperçois qu'Astérion Thorpe fait partie du groupe…
Je le regarde poser son seau avec un air renfrogné, avant de commencer à passer la serpillière. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'y consacre avec une mauvaise grâce évidente. D'ailleurs, Rusard le lui fait remarquer avec acidité et l'enjoint à mettre un peu plus de nerf dans ce qu'il fait. Et ça m'enchante…
Mais je ne peux jouir davantage du spectacle, car Harry m'entraîne vers le couloir de droite, qui va vers la classe du professeur Firenze. Sûr qu'il va nous emmener jusqu'à l'alcôve, où se trouve la statue de Marjoribanks Beaumont, pour prendre les Passages Internes jusqu'au QG…
« Bon, eh bien je vais aller voir Madame De Paimpont. Elle ne m'attendait qu'après le diner mais comme je suis là… » déclare Adrian, en amorçant un pas vers l'escalier de service qui mène dans les étages.
« Après le diner ? Pourquoi faire ? » demande-je, en songeant qu'après le diner, nous devons partir pour un séjour au Paradis.
Adrian jette un coup d'œil à la ronde avant de me répondre
« C'est en rapport avec l'Ordre du Phénix… » chuchote-t-il, une lueur de satisfaction traversant son regard.
« Ah… Ben c'est super. Justement, j'allais voir si on ne pouvait pas t'enrôler dans le C.C.S.A.B.P.M… » murmure-je en retour, avec un coup d'œil vers Harry
« Tu retardes, Draco. Où avais-tu la tête tout à l'heure ? Je l'ai déjà embauché, pendant le goûter, pour le Sous-Comité de Recherches… » sourit-il, avant de se tourner vers Adrian pour ajouter : « Tu sais, à cette heure, Madame De Paimpont encadre les Ânes Bâtés pendant leur retenue. Tu ferais mieux de venir avec nous. Je suis sûr que tu aimerais redécouvrir tes anciens Quartiers… »
Adrian hausse un sourcil, tandis que je me dis que les grands esprits se rencontrent. Nous avons eu la même idée, Harry et moi, concernant l'intégration d'Adrian dans le Comité. Mais ça ne m'étonne pas finalement. Harry, Ron et Hermione sautent toujours sur les opportunités qui se présentent et sachant qu'Adrian est une tête, mon frère n'allait pas manquer une occasion de le recruter. Après tout, le Comité de Recherches va devoir encore une fois plancher sur les Cartes et faire des prouesses, pour les améliorer…
« Je ne savais pas que les Quartiers Serpentard étaient ouverts aux Gryffondors et aux Poufsouffles » chuchote Adrian, en regardant les écussons sur les robes de mon frère et de nos amis non Serpentard…
« Oh… Bien des choses ont changé et nous avons une super installation maintenant, mon pote. Les Serdaigles aussi, viennent chez nous. Et puis, nous avons un invité de grand prestige depuis hier soir, avec lequel tu seras sans doute ravi de faire connaissance… » murmure Blaise, avec un sourire en coin…
« Curieux de voir ça… » répond Adrian dans un souffle, en délaissant l'escalier de service pour nous suivre, avant de nous faire remarquer : « Mais si c'est vers les Quartiers Serpentard que vous allez maintenant, à moins qu'on ait déménagé les cachots depuis que j'ai quitté Poudlard en juin dernier, vous vous trompez de route. Il aurait fallu aller vers le grand Hall. »
« Nan, t'inquiète. On va passer par un chemin que tu ne connais pas, c'est tout. Nous l'empruntons, histoire que les Ânes Bâtés ne se rendent pas compte que des Gryffondors, des Poufsouffles et des Serdaigles envahissent tous les jours le territoire des Serpentards… » explique Ron d'un ton bas, avec un sourire aussi narquois que celui d'Adrian.
Celui-ci lève une fois de plus un sourcil interrogatif, mais il ne demande rien et nous suit en toute confiance. Quelques mètres plus loin, nous arrivons à hauteur de la porte de la salle de classe du professeur Burbage, dans laquelle je n'ai jamais eu l'occasion de mettre les pieds. La porte est ouverte et Harry s'arrête pour jeter un œil dedans, avant de nous faire signe de regarder nous aussi…
Oh misère ! Quel spectacle calamiteux et hilarant à la fois !
Tatie Nally est confortablement installée dans un fauteuil, sous un grand parasol, sirotant du thé en lisant un livre, tandis que les Ânes Bâtés repeignent les murs et le plafond à la mode Moldue ! Et il y a plus de peinture sur eux et sur le sol, que sur les murs et le plafond !
Ce n'est pas possible, ces andouilles ne peuvent pas être aussi mal dégourdis que ça ! me dis-je, en pouffant de rire, lorsque j'avise ce cornichon de Piers Taylor. Il a les cheveux roses pâles et sa robe sera bonne à jeter aux ordures ! De toute évidence il s'est pris un seau de peinture sur la tête !
Et Imako Tanaka n'est pas mieux que lui ! Cette mini asperge toute maigrichonne a dû se plonger les bras dans le seau jusqu'aux coudes !
Mais le plus beau, c'est quand j'avise Saphira Casey, en nage et toute essoufflée, à quatre pattes sur le sol. Elle nettoie une grosse tâche de peinture avec une brosse de chiendent et on distingue nettement une empreinte de chaussure sur son cul rebondi. Je suis prêt à parier que c'est celle de Taylor !
Putain ! C'est d'un drôle !
« On ne peut pas dire que ce soient des artistes de grand talent… » commente Blaise, les yeux brillants de moquerie
« Nan… Tout juste des barbouilleurs à la petite semaine… S'ils montent une entreprise, rappelez-moi de ne jamais faire appel à leurs services… » renchérit Ron, tout aussi moqueur
« Ouais. Et on peut dire qu'elle a une belle imagination pour les retenues, Tatie. Faire repeindre à la main la salle de classe d'étude des Moldus aux Ânes Bâtés, fallait y penser… » ajoute Théo, lui aussi tout sourire…
Ouais, il a raison Théo, ça doit les mortifier de repeindre cette salle en particulier. Une provocation pure et simple. De quoi leur faire maudire Tatie jusqu'à la fin de ses jours !
« Entre Halloween et Noël, elle leur a fait repeindre cette salle chaque semaine. Jaune paille, vert d'eau, crème, bleu azur. Toutes les couleurs y passent… Et tous les Ânes Bâtés à partir de la quatrième y passent à tour de rôle. Et on dirait bien qu'elle a décidé de recommencer le cycle … » nous apprend Ursula, qui a justement étude des Moldus à son programme.
« Tu aurais pu me le dire. Ça m'aurait enchanté de venir jeter un œil par ici chaque semaine. Vaneck a déjà eu son tour ? Voir ce grand échalas bigleux à l'œuvre, ça doit valoir le coup d'œil ! » s'exclame Blaise, tandis que Harry fait remarquer qu'il est temps de se remettre en train
« Non, il n'y est pas allé encore. Son groupe de retenue a repeint la salle quand il était à l'infirmerie… » nous apprend Jérémy, d'une petite voix…
Ah, c'est vrai qu'il a écopé des retenues lui aussi, avant Noël. Je l'avais oublié. Il est tellement bien intégré à notre groupe, maintenant…
Harry contourne la Statue de Marjoribanks Beaumont, tapote deux fois le pied droit, puis la main gauche, avec sa Baguette et la Statue s'écarte, livrant passage sur un escalier, tandis que je me fais la remarque que c'est la première fois que j'emprunte cette entrée-là.
« Ah. Je ne savais pas qu'il y avait un Passage vers les Quartiers de Serpentard par ici… » commente Adrian, sourcils froncés, avant de s'engager dans l'escalier à la suite de Harry.
« Il n'y était pas quand tu étais scolarisé ici. C'est une nouveauté. Avant, les Passages Internes étaient réservés aux profs. Maintenant, il y a deux entrées aux environs de chaque Quartier, pour nous permettre de circuler en toute quiétude. Il faut avoir un badge ou être accompagné par l'un de nous, pour pouvoir y accéder. Je te donnerai un Badge et je t'indiquerai tous les accès aux Passages Internes. Mais surtout, ne quitte pas les couloirs balisés par le cordon rouge, sinon, tu risques de te perdre dans un labyrinthe infernal… Enfin, pas aussi infernal que celui d'Artemus quand même… » explique Harry, en cheminant aux côtés d'Adrian, jusqu'au moment où le couloir se rétrécie
« Le Labyrinthe d'Artemus ? » demande Adrian, qui a l'air de se poser des tonnes de questions.
« Oui. Tu comprendras tout à l'heure. Prépare-toi à avoir de sacrées surprises… » répond Harry, avec un sourire dans la voix.
De sacrées surprises. Ouais, pas de doute. Quand il va voir notre installation, Adrian va peut-être regretter de ne plus être scolarisé avec nous.
Mais je suppose que c'est surtout le Fantôme de Salazar Serpentard, qui va le surprendre le plus…
OoOoOoO
Ron
La tête d'Adrian Pucey vaut le coup d'œil, quand nous entrons dans le QG. Il reste bouche bée pendant trente bonnes secondes, en regardant autour de lui. Et encore, il n'a pas vu le Fantôme de Salazar encore…
Me demande où il est lui d'ailleurs et j'interroge discrètement Hermione, qui me répond tout aussi discrètement, qu'il est dans l'alcôve près de la porte, peaufinant avec Colin, la Carte du Labyrinthe d'Artemus …
Harry est justement en train de montrer celle de Poudlard à Adrian Pucey, qui la regarde avec des yeux émerveillés…
« Putain, c'est fantastique ! Y a pas à dire, vous êtes sacrément organisés à voir ! Je suppose que les profs y sont pour quelque chose.. » s'exclame-t-il, en regardant encore une fois autour de lui pour balayer le QG du regard.
« Toute l'organisation du Comité, l'idée du QG et de la Carte sont de nous. Bien sûr, nous avons reçu l'aval et l'aide du professeur Dumbledore et de Tatie Nally pour l'installation et celle de Remus, pour faire la Carte… » répond Hermione, avec une pointe de fierté.
« Tatie Nally ? Oh ? Tu veux dire le professeur De Paimpont ? Vous l'appelez Tatie ? » demande Adrian, haussant un sourcil étonné
« Oui, Pour nous, elle est Tatie Nally… Maman Nally, pour Harry. C'est sa Marraine. Veux-tu que je t'explique brièvement notre fonctionnement ? » répond Hermione, après avoir jeté un œil sur l'horloge pour voir si elle avait le temps de le faire
Adrian acquiesce, puis l'écoute avec attention, hochant souvent la tête, avec un air appréciateur. Il jette même un œil sur nos emplois du temps, affichés sur le tableau.
« Eh bien, tu m'avais promis de sacrées surprises, tu ne savais pas si bien dire, Harry. Je suis soufflé. Vous avez de foutrement bonnes idées et je suis content de faire partie de votre Sous-Comité Expert en Recherches à partir d'aujourd'hui. Je sens que ça va être super intéressant de relever des défis avec vous. » déclare-t-il, avec une évidente satisfaction.
« Les surprises, ce n'est pas fini. J'en ai encore une pour toi. Mais avant, dis voir, depuis quand fais-tu partie de l'Ordre ? » demande Harry, un sourcil haussé.
« Depuis que je suis officiellement à Poudlard en tant que Fermier et Eleveur Educateur. Mais jusqu'à présent, j'étais cantonné à la Ferme Pédagogique. C'est qu'il y avait pas mal à faire. Maintenant que tout roule, j'ai demandé à participer davantage. Seulement on m'a répondu qu'il fallait d'abord que je bénéficie d'un entraînement, avant de songer à aller aux combats. Je ne sais pas quand je vais le recevoir. Mais je pense que c'est pour m'en parler, que je dois venir ce soir à la réunion…» répond Adrian, qui semble un peu excité à cette idée
« Mmmm… Il se pourrait que tu aies un avant-goût de cet entraînement, même… Mais bon, en attendant, viens que je te présente l'invité prestigieux dont Blaise t'a touché deux mots… » déclare Harry, en invitant notre nouvel ami à le suivre, jusque dans l'alcôve où sont installés Colin et le Fantôme de Serpentard…
Et pour le coup, quand il le voit, Adrian a l'air statufié par la surprise. Il en a même cessé de respirer, ce qui, bien évidemment, fait rire ce cabotin de Salazar Serpentard, toujours amusé de voir l'effet qu'il produit…
« T'en as encore, des surprises comme ça, Harry ? » demande finalement Adrian, qui se remet lentement de sa stupeur.
« Moi, non. Mais il se pourrait que Maman Nally t'en réserve une après le dîner. En attendant, va donc faire connaissance avec le Fondateur de ton ancienne Maison. Il se fera un plaisir de parler avec toi et de tout t'expliquer du Labyrinthe d'Artemus. Pour nous, c'est l'heure de la réunion des Membres Décideurs… » répond Harry, en lui donnant une tape dans le dos, avant de se diriger vers la table autour de laquelle les copains et copines s'installent déjà…
Chaque Chef de Sous-Comité fait le point sur les activités et projets de son groupe. Les nouveaux emplois du temps organisés par Hermione et Magda, pour la surveillance de la Carte et la protection de Blaise, Astoria, Alioth, Jérémy et Dennis sont approuvés et, pour finir, Miranda et Claryce nous font un compte rendu détaillé de leur visite du Passage Souterrain menant dans la Montagne…
Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons du pain sur la planche pour les semaines à venir. Mais ça, ça ne va pas nous changer beaucoup, me dis-je en me levant en fin de séance, pour me rendre au dîner.
Nous passons ensuite dans nos dortoirs, pour prendre quelques petites affaires dont nous aurons besoin, puis nous nous rendons dans la Salle d'Entraînement. Nous y arrivons presque en même temps que Draco, Blaise, Théo et Adrian. Ce dernier regarde d'un œil curieux les agrès Moldus adaptés par Tatie Nally et mon père, tandis que Harry demande des nouvelles de Remus, à Tonton Sev qui est déjà là.
Etat stable, répond-il, avant de confirmer que les Médicomages sont optimistes. Cela nous rassure un peu et nous rejoignons Adrian auprès du tapis roulant. Mais nous n'avons pas le temps de lui expliquer comment il fonctionne, car tout le monde est là et Tatie Nally nous demande de nous asseoir sur le sol et de nous tenir par la main, avant de fermer les yeux…
« Ouvrez-les yeux.. » dit-elle, un quart de poil après, tandis que je sens déjà la chaleur du soleil sur mon visage…
« Waouw ! » s'exclame aussitôt Jérémy, le regard aussi émerveillé que surpris…
C'est sûr que le paysage de rêve sous le soleil du Paradis, ça a de quoi surprendre, quand on pense à toute la neige qui tombe en ce moment en Ecosse…
Harry sourit avec chaleur, en regardant Jérémy qui tourne sur lui-même, l'air ravi. Et je me dis que c'est la première fois depuis qu'il est revenu de captivité, que je lui vois un vrai sourire….
Un de ses sourires d'avant, qui anime ses yeux aussi bien que son visage…
Et ça me fait chaud au cœur…
Si chaud que je pourrais me rouler à poil dans la neige sans avoir froid, s'il y en avait ici, au Paradis…
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