Disclaimer: cf chapitre 1
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Une Quinzaine Bien Remplie
Mercredi 29 Janvier 1997
Acte 1 : Toilettes Piégées
Blaise
Je scelle d'un cachet de cire la lettre que je viens d'écrire à Miho et je fais signe aux copains que je suis prêt à aller à la volière, vérifiant, avant de sortir, que j'ai bien dans ma poche, le Miroir Magique confié par Philippa.
Magnus, Cameron, Marian et Gil composent mon escorte aujourd'hui. Et cela m'arrange fort bien. Car j'ai prévu de coincer Warrington sur le chemin du retour et j'aime autant que cela se passe entre nous, comme la première fois où nous sommes tombés sur lui et Ramirez, le jour où Harry a fait avec eux ce pari dingue, qui a rapporté cent milles Gallions à notre caisse du C.C.S.A.B.P.M.…
Il fait très noir et froid comme les soirs précédents. Même si le blizzard s'est calmé, la neige continue à tomber et, bien que les Ânes Bâtés aient damé le parcours avant le dîner, le chemin jusqu'à la volière reste difficile.
Mercure, mon hibou grand-duc, n'est pas très heureux de devoir affronter la neige. Mais je l'amadoue en lui donnant une souris, chopée dans le cachot par le chat de Milli tout à l'heure et il se laisse finalement attacher à la patte, la lettre pour Miho. Puis, sur un hululement qui me fait comprendre que ce ne sera sans doute pas aussi aisé la prochaine fois de le faire sortir par un temps pareil, il prend son envol, dans un déploiement d'ailes gracieux.
Les copains et moi redescendons l'escalier avec prudence, avant de courir vers le château. C'est bientôt l'heure de chopper Warrington et je ne veux pas louper mon coup. Nous entrons par la petite porte latérale du Jardin à la Liseuse et montons par l'escalier de service, jusqu'au troisième étage, avant d'aller nous planquer. Marian et Cameron dans un placard à balais, Gil, Magnus et moi un peu plus loin dans les toilettes. Mes trois copains et moi-même vérifions soigneusement qu'il n'y a personne dans chaque cabine, avant d'attendre silencieusement un signal d'alerte. Moins de trente secondes plus tard, mon Miroir vibre dans ma main et je l'active en prononçant le mot de passe adéquate…
« Rusard en approche, avec son groupe d'Ânes Bâtés. Comme prévu, c'est le Baron Sanglant et un autre Fantôme qui les accompagnent et c'est bien le nettoyage de la salle de cours de Vector qu'ils vont faire maintenant… » annonce Magda d'une voix neutre.
Je jette un coup d'œil sur ma montre, tout en remerciant Magda. Il sera 20h00 dans trois minutes et je commence à piaffer d'impatience. Elles me semblent longues, ces minutes, jusqu'au moment où, quelque part dans le château, une horloge sonne enfin l'heure fatidique…
Je vrille aussitôt mon regard sur mon Miroir Magique…
« Bingo ! Le voilà avec le Baron ! Réglé comme une horloge, le Warrington ! » s'exclame Magda, tout sourire, au bout de 5 secondes…
« Ouais. C'est bien là-dessus que je comptais pour le coincer ! Warrington va toujours aux chiottes à 20h00 tapante ! Silence radio maintenant ! » souris-je, avant de ranger le Miroir dans ma poche, d'entrer dans la cabine la plus éloignée des toilettes et de me Désillusionner, à l'instar des copains…
Les gars et moi restons silencieux. Nous avons laissé la porte de la première cabine grande ouverte, comme une invitation et nous comptons bien que Warrington s'y isole dès son arrivée…
Une porte s'ouvre et se referme, des pas se précipitent et une seconde porte se ferme…
« Première cabine, comme prévu… » chuchote Gil, qui est monté sur la cuvette de la nôtre, pour regarder où allait s'installer Warrington.
Bruit de tissus froissé. L'Âne Bâté se déculotte, tandis que les copains et moi nous ôtons notre Sortilège de Désillusion. Puis nous sortons et la porte d'entrée des chiottes s'ouvre. Marian et Cameron nous font un clin d'œil, avant de refermer. Ils vont faire le guet devant les toilettes et nous prévenir si quelqu'un vient…
Le Baron nous regarde et nous fait un signe de tête entendu, avant de se retirer dans un coin. Cher Baron ! Il était ravi de nous aider !
En fait, depuis qu'il fait partie du C.C.S.A.B.P.M. et qu'il a fait connaissance avec le Fantôme de Salazar, il est fier comme Artaban. Et il rivalise avec le Fondateur de Serpentards et Sir Nicholas, à savoir qui nous rendra le plus de services…. Des vrais gosses qui se chicanent ces trois-là, sous les regards indulgents de la Dame Grise et du Moine Gras, beaucoup plus discrets….
« Je viens d'entendre Peeves ricaner. Je vais voir ce qu'il fait comme bêtise. Je reviens dans un instant vous chercher. Faites vos affaires et attendez-moi ici, compris ? » dit-il, d'un ton impérieux, lorsque nous sommes bien en place…
« Ouais… Ouais… » répond Warrington, visiblement en plein effort…
Un long pet retentit et ça schlingue aussi sec. De toute évidence, Warrington a bouffé des haricots blancs au petit déjeuner et il dégaze longuement, tandis que les gars et moi faisons la grimace. Sur une impulsion, Gil se jette un Tête en Bulle et Magnus et moi en faisons tout autant. Puis Gil se tient sur le côté et, d'un Alohomora silencieux, il déverrouille la porte de la cabine où Warrington est installé, avant de l'ouvrir en grand…
Aussitôt, Warrington fait mine de se lever, mais Magnus brandit sa Baguette…
« Reste à caignon, si tu tiens à ta vireflèche et à tes pices ou onc plus tu ne pourras arroser un calibristi de ton huile de reins (1)…. » assène mon pote, en pointant sa Baguette vers l'entrejambe dénudé de Warrington
Bien qu'il n'ait sans doute pas tout compris ce que mon pote vient de dire, l'Âne Bâté, se rassoit, serrant les jambes et dissimulant comme il peut ses bijoux de famille et ses guibolles bien poilues, avec un pan de sa robe ouverte. Son regard noir se pose sur moi.
« Partez d'ici !… » crache-t-il, d'un ton hargneux…
« Tut ! Tut ! Tu n'es pas dans une position favorable pour donner des ordres, Lance. Alors adresse-toi à nous sur un autre ton, je te prie… » répond aussitôt Gil, avec un sourire en coin.
« Allons, Gil, soit un peu charitable avec notre ami ici présent. Je ne crois pas que tu serais plus heureux que lui, si quelqu'un venait te déranger quand tu proutes des flatuosités particulièrement nauséabondes, avant de couler ton bronze quotidien, n'est-ce, Lance… » souris-je, avant de tourner de nouveau mon regard vers Warrington qui me le retourne, empli de haine
« Arrêtez de me faire chier… » éructe-t-il, d'un ton bourru, avant de se rendre compte que c'est justement ce que nous venons de faire, au sens propre de l'expression et de se mordre les lèvres, mortifié et plus en colère encore
D'autant qu'il a lâché une sacrée caisse au même moment et que, la machine étant bien en route, il en largue quelques autres, même s'il serre les fesses pour tâcher de les retenir…
La position assise, sur une cuvette de toilette, ne doit pas l'aider. Si ça continue, il va carrément chier devant nous.
« Nan, on ne va pas arrêter de te faire chier. Au contraire, on va te laisser vider tranquillement tes intestins, dès que tu auras répondu à mes questions. » rétorque-je, en m'appuyant nonchalamment sur le chambranle de la porte.
« Vous ne pouvez pas attendre que j'ai fini ? » s'enquiert-t-il, d'un ton à la fois agacé et quelque peu suppliant
« Nan. Le Baron Sanglant peut revenir à tout instant. Alors je vais faire court et toi aussi, en répondant gentiment. » réponds-je, d'un ton tranquille, avant de le durcir considérablement pour demander : « Qui a voulu tuer Astoria Greengrass et pourquoi toi et ton pote Ramirez ne m'avez-vous pas prévenu que quelqu'un voulait la tuer ? Voulez-vous vraiment tous les deux que je dévoile ce que je sais à votre sujet ? »
Warrington sursaute et blêmit.
« J'ai rien à voir là-dedans ! Je n'savais pas ! Je n'sais rien ! Tu n'dois rien dire ! » explose-t-il littéralement, juste avant qu'un plop dans la cuvette, nous indique que ses intestins se sont finalement relâchés sous le coup de l'émotion.
« Tu ne savais pas. C'est tout ce que tu as à dire pour ta défense ? Il y en a quelques-uns qui avaient pourtant bien l'air au courant, parmi ta petite bande d'Ânes Bâtés. Et qui ne se sont pas privés pour le faire comprendre à Draco Malfoy. Vaneck en tête. C'est bien ton pote, Vaneck, non ? Vous partagez le même dortoir… » assène-je sans pitié, pour qu'il comprenne bien que je ne le laisserai pas tranquille à si bon compte
« Non, j'te jure que je n'savais pas ! On n'est pas si proches avec Vaneck ! » insiste Warrington, l'air affolé.
« Pourquoi ? Explique-moi comment ça se fait, ça ? Les informations circulent pourtant bien chez-vous, puisque vous saviez tous que le Poudlard Express allait être attaqué. » souligne-je de mon côté, comme si je ne savais pas que les rangs des Ânes Bâtés sont divisés depuis le départ de Brandburgy
« Vaneck n'a pas été d'accord, pour que ce soit Thorpe qui dirige pendant que Brandburgy est chez lui. Il a décidé de faire bande à part avec quelques-uns de ses amis ! Et il est assez cachottier quand il veut ! Pour Greengrass, il s'est vanté seulement après coup qu'il était au courant ! Qu'il est sous les ordres du Seigneur des Ténèbres et que ce n'est que le début ! Qu'on doit se préparer à avoir de belles surprises ! Comme on ne savait rien de plus, on ne t'a pas alerté, ça n'servait à rien ! » s'exclame Warrington, de la transpiration perlant sur son front…
« C'est donc Vaneck qui a tendu le piège à Astoria ? Comment reçoit-il ses ordres, puisqu'il ne peut pas communiquer avec l'extérieur sans que son courrier soit intercepté par le professeur Snape ? Comment a-t-il pu faire parvenir une lettre à Astoria pour l'envoyer dans le Passage Secret ? Que va-t-il se passer d'autre ? » demande-je, tandis qu'un flot de pensées m'encombre l'esprit
Nous savons bien, que Vaneck n'est pas notre Espion. Il n'avait pas la possibilité d'envoyer le courrier à Astoria. Chacun de ses déplacements est surveillé, son courrier également. Et nous savons aussi que notre Espion ne s'est pas mis à découvert en se déclarant ouvertement pour Voldemort, lors de la scission de la Maison Serpentard, à Halloween dernier…
« C'est pas lui, qui reçoit directement les ordres ! Quelqu'un les lui fait passer, je n'sais pas comment ! C'est pas vraiment lui le Chef ! On lui a dit de se tenir tranquille ! Qu'on lui dira quand intervenir, mais qu'pour le moment il faut laisser faire jusqu'à nouvel ordre ! C'est quelqu'un d'autre qui communique avec le Seigneur des Ténèbres. Je n'sais pas qui, ni comment ! Vaneck non plus n'sait pas, j'crois bien ! Mais on lui a remis quelque chose qui prouve que les ordres viennent de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom lui-même ! Et on lui a annoncé comme deuxième preuve, qu'la sourde et muette serait la première à mourir à Poudlard ce Samedi et qu'il y en aurait d'autres plus tard ! Et surtout qu'on n'devait pas gêner, en prenant des initiatives intempestives ! C'est tout ce que je sais, Zabini ! » explique rapidement Warrington, à demi-tremblant
Et voilà. Nous tournons en rond. Même s'il se vante d'être sous les ordres de Voldemort, Vaneck semble ne rien savoir, en réalité. Pas même qui est l'Espion qui lui donne ses ordres. Nous savions déjà tout cela, grâce à Poolyocop Dreeselpyne, le Lutin d'Ecosse de Tonton Sev. Mais il était nécessaire, de le faire confirmer par Lance Warrington car si je n'avais pas posé ces questions, il aurait pu s'en poser lui-même après coup et trouver ça louche…
Et puis, Vaneck aurait pu faire aller sa langue à un autre moment, en révéler davantage à sa petite bande, quand il n'était pas sous surveillance, même si c'est rare qu'il soit totalement libre de ses mouvements…
« Très bien. Je veux bien te croire, pour cette fois. Mais tu as intérêt à te remuer les fesses, avec ton pote Ramirez, pour faire partie de la petite cour de Vaneck et tâcher d'en apprendre davantage. Le nom de celui qui tire vraiment les ficelles dans votre camp, ici à Poudlard, me conviendrait particulièrement. Je veux savoir toutes les magouilles qui se préparent et comment les ordres sont passés à ce chef mystérieux puis à Vaneck. Tu m'entends ? » déclare-je, sur un ton particulièrement menaçant, hésitant un quart de poil, à lui demander aussi, qui sont les élèves ayant accepté le contrat jeté par ma mère, sur ma tête et celle de Miho.
Mais je me retiens. Il reste à peine un mois, avant que ce contrat ne soit caduc. Et je suis bien protégé. Inutile de parler de cela. De toute façon, si Warrington ou Ramirez viennent à apprendre quelque chose à ce propos, je suis sûr qu'ils viendront me le dire…
« Tu en demandes trop, Zabini ! Si nous sommes découverts, Ramirez et moi, c'est la mort assurée, dès qu'nous mettrons un pied hors de Poudlard. Et même, ici à l'école, j'suis pas sûr d'être en sécurité ! On risque notre peau tous les deux... » gémit Warrington, l'air apeuré
Je fais signe à mes deux potes de reculer un peu, puis je m'approche de Warrington, l'attrape par le col, le soulevant à demi et me penchant à son oreille
« A vous de choisir. Prendre le risque d'être découvert comme nos Espions ou vous prendre la honte de votre vie, à et hors Poudlard… Parce que tu peux compter, si vous ne coopérez pas Ramirez et toi, que moi-même et quelques-uns de mes potes, nous révèlerons que vous vous êtes retrouvés déguisés en soubrette et que vous vous êtes fait troussés et enculés par des Satyres. Copies des photos qui le prouvent à l'appui. Tout Poudlard sera informé en moins de 5 minutes et toute la Communauté Sorcière le saura avant la fin de la journée. Ça fera quel effet, à ton avis, quand vous vous présenterez devant Voldemort, pour lui offrir vos services ? Ou que vous chercherez du boulot ? Et puis, j'imagine assez la tête de vos pères aussi. Que crois-tu qu'ils vous feraient, pour avoir jeté la honte sur toute la famille ? » susurre-je, discrètement, d'un ton lourd de menaces non déguisées, avant de le rejeter sur la cuvette des toilettes et de le toiser, tandis qu'il déglutit avec difficulté…
J'ai fait mouche, en parlant de son paternel. Ce n'est pas un tendre, le père Warrington et il ne ferait pas dans la dentelle. Jamais il ne lui pardonnerait ça et il lui ferait payer très, très cher…
« Je… On… On va… faire ç'qu'on peut…. J'te l'jure, Zabini…. Mais ne dis rien… J't'en prie, dis rien… On s'est fait avoir… On voulait pas ça… » souffle-t-il, plus rouge que le rouge de la bannière de Gryffondor…
« Oui. Je sais que vous n'avez pas voulu ça. Que c'était la vengeance d'un type que vous avez voulu flouer. Vous avez pensé l'enculer avec un pari truqué et finalement, c'est vous qui l'avez été. Voilà ce que c'est, que de vouloir jouer dans la cour des truands, Lance. On subit des vengeances terribles. Je me doute que ça n'a pas été une partie de plaisir, de vous faire sauter par ces Satyres, gaulés comme des éléphants en rut, mais sur les photos dont je dispose, on jurerait le contraire. Tout le monde pensera que vous êtes des sales pervers et que ça vous fait jouir, de vous faire enculer par des Satyres… » lâche-je, d'un ton tour à tour méprisant et narquois…
L'Âne Bâté baisse la tête. Sans doute presque aussi humilié que le soir de sa terrible mésaventure. Il va m'en vouloir à mort, d'enfoncer le clou comme ça. Mais il va aussi se défoncer, pour m'apporter sur un plateau ce que je lui demande…
« Et si on est découvert ? » demande-t-il, dans un souffle.
« On demandera au professeur Dumbledore de vous protéger. L'Ordre du Phénix doit pouvoir vous fournir une bonne planque, quelque part en Sibérie ou dans le désert de Gobie, selon votre préférence pour le froid ou le chaud… » me moque-je ouvertement, avant de faire un petit signe discret dans mon dos aux copains.
L'un des deux ouvre la porte des chiottes et Marian entre précipitamment, comme convenu…
« Le Baron Sanglant rapplique ! » dit-il, d'un ton urgent
« Dépêche-toi de te torcher le cul, Lance, sinon notre cher Fantôme de Maison va penser que tu lanternes exprès pour échapper aux corvées de ta retenue. Et surtout, n'oublie pas de te laver les mains ! Tu as la fâcheuse tendance à ne pas le faire et pour ma part, je trouve ça franchement dégueulasse … » lance-je aussitôt à Warrington, en fermant la porte de sa cabine.
Puis, sur un hochement de tête de remerciement vers le Baron, qui a assisté en silence à toute la scène, je sors des chiottes avec les copains et nous retournons vers le QG d'un pas tranquille.
« Est-ce que nous saurons un jour quel honteux secret cachent Warrington et Ramirez ? » demande Gil, tandis que Cameron se fait un plaisir de raconter, à voix basse à Marian et Magnus, comment nous avons géré l'affaire et surtout les réactions de l'Âne Bâté…
« Peut-être. Qui sait ? » souris-je, songeant que je n'ai sûrement pas intérêt à ce que l'affaire s'ébruite aussi longtemps que les deux gars sont en vie.
Sûr qu'ils voudraient ma peau, si je révélais ce que je sais. Pour l'heure, je les tiens par les couilles et ils ne me feront rien, car j'ai pris soin de leur dire que j'ai laissé des instructions pour que tout soit révélé au grand jour, s'il m'arrive un accident ou quoique ce soit de suspect. Mais si je crache le morceau, ce sera une autre affaire…
Après tout, quand Maugrey a trouvé les photos cachées dans la piaule du type qui les a piégés, après qu'il se soit fait tuer, il les a soupçonnés d'avoir commandité le meurtre, même s'il n'a rien pu prouver et que l'assassin a affirmé avoir zigouillé l'autre sur un coup de folie, alors qu'ils étaient ivres tous les deux. Il ne se souvient seulement pas, ce qui a déclenché ce coup de folie. Peut-être était-il sous Imperium… Ou alors, je me demande dans quelle mesure ce ne sont pas Warrington et Ramirez qui ont commis le meurtre, puis soûlé le second type, avant de l'ensorceler et de le persuader qu'il avait tué l'autre.
On ne le saura probablement jamais. En tout cas, si Warrington et Ramirez sont dans le coup du meurtre, ils ont commis une belle erreur. Ils auraient dû récupérer les photos. A moins qu'ils n'aient pas su, que le type les avait prises et qu'ils aient pensé, en l'éliminant, s'assurer que jamais cette affaire-là ne serait divulguée. Ou alors ils ont bel et bien récupéré des photos, mais le gars en avait mis dans deux planques séparées.
Ouais, tout est possible. Et, qu'ils aient su ou non pour les photos, ils ont salement blêmi, quand ils ont vu celles que j'ai brandies sous leur nez, début Novembre dernier
« Oh, Blaise ! Tu es avec nous ? » demande soudainement Gil, en me tapant sur l'épaule.
« Hein ? Euh, ouais ? Qu'est-ce que vous disiez ? » reviens-je à la réalité du moment.
« On va rejoindre Draco et les autres, dans les Cachots Perdus. Tu viens avec nous ? Je suis sûr qu'ils seront ravis d'apprendre que nous avons réussi à coincer Warrington… » répond Marian, tandis que je m'aperçois que nous sommes dans les Passages Internes.
« Ok… Mais n'oubliez pas qu'on ne peut pas rentrer avant 20h45, à cause du Chrono… » réponds-je, assez machinalement…
Belle installation, que nous avons dans les Cachots. Du coup, même si notre QG reste notre Base principale, nous passons pas mal de temps dedans chaque soir… C'est qu'il y a là-bas quatre superbes salle d'entraînement, trois salles de réunions, un vestiaire avec douches et toilettes et un laboratoire de toute beauté. Le Fantôme de Salazar était aux anges, en découvrant tout ça.
Et Tonton Sev, donc… Le laboratoire est presque devenu sa résidence secondaire. Il y vient tous les soirs, avec les jumeaux. Et ils y passent de nombreuses heures depuis lundi…
Tiens, justement les voilà, les jumeaux. Ils attendent, assis devant la porte, des gros cartons posés sous et à côté d'eux.
« Salut vous deux ! Qu'est-ce que vous trimbalez encore ? » m'enquiers-je, en désignant les cartons de la pointe du menton.
« Encore du Coca Cola et des ingrédients divers. Du matos aussi, que Gabe nous a commandé, pour installer des pièges dans le Labyrinthe d'Artemus. » répond Fred, avec un grand sourire
« Ouais. Je ne sais pas ce que Ron et lui mijotent, mais je crois que les Ânes Bâtés et les Mangemorts ne seront pas à la fête, s'ils attaquent un jour Poudlard et tombent là-dedans… » renchérit Georges, avec le même sourire que son jumeau…
Ça me fait frémir. Je sais que Ron et son équipe ont commencé à neutraliser les pièges d'Artemus et qu'ils en chient, malgré les indications précieuses du Fantôme de Salazar, qui en appelle à ses souvenirs lointains, pour les renseigner au mieux, sur la manière dont son demi-frère les a installés. D'après Ron, c'est joliment compliqué et il reste un vaste territoire, qui n'a pas encore été exploré.
Et pour les quelques Maléfices de Magie Noire auxquels lui et les potes n'ont pas touché, il faudra l'aide de Bill, de Tonton Sev ou du professeur Dumbledore…
« Il n'y en a que trois, mais ce sont de belles vacheries… » a-t-il précisé, le regard dur…
Mais après tout, on ne pouvait s'attendre qu'à ça, de la part de l'Ancêtre de Voldemort, non ?
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Vendredi 31 Janvier 1997
Acte 2 : Le Retour de Remus
Harry
Il est à peine 07h15 et je me rends avec Ron et Hermione, dans les appartements de Pompom, pour aller voir Tante Narcissa. Elle m'a promis de venir de bonne heure, pour me donner des nouvelles de Remus. C'était la pleine Lune cette nuit et je veux savoir comment cela s'est passé pour lui.
Bien sûr, les nouvelles étaient rassurantes, les jours précédents. Remus a repris connaissance mercredi dans la soirée et les Maléfices étaient en bonne voie d'être complètement neutralisés pour la fin de semaine. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir des craintes. Et si, contrairement à ce que pensait Richard, la pleine Lune avait eu une incidence négative ? Ou que les résidus des Maléfices combinés avaient compliqué la transformation de Remus, la rendant plus dangereuse et douloureuse encore ?
Je frappe à la porte, avant d'entrer. Il n'y a personne dans le petit hall et je me dirige vers la porte de la chambre d'Ievguenia. J'aime bien cet endroit, tel que l'a aménagé Tante Narcissa. Je m'y sens toujours plus calme et apaisé qu'ailleurs à Poudlard. Un peu comme au Paradis…
Kroutia, l'Elfe de maison d'Ievguenia, se lève d'un bond du fauteuil sur lequel elle s'assoit, pour veiller sur sa jeune maîtresse, chaque nuit. Elle se tord les mains, comme si elle venait d'être prise en faute.
« Tu peux rester assise, Kroutia. Ou même aller te reposer, si tu veux. Tante Narcissa ne va pas tarder et nous allons l'attendre ici… » dis-je d'une voix douce, en m'approchant du lit, pour embrasser le front de la jeune fille qui repose toujours, les yeux grands ouverts.
Nous avons tous pris l'habitude de le faire, à l'instar de Draco. Nous ne la connaissons pas, mais elle a l'air si douce et innocente, qu'elle réveille en nous un instinct protecteur…
« Kroutia préfère rester à côté de Mademoiselle. Elle doit donner les nouvelles de la nuit à Madame Narcissa, avant d'aller se coucher… » répond l'Elfe de maison, en agitant ses oreilles.
« Tu sais, tu peux nous les donner et nous les transmettrons à Tante Narcissa dès qu'elle sera là. » insiste Hermione, mais la petite Elfe refuse poliment son offre.
Au même moment, la porte s'ouvre sur mes frères, Blaise, Neville et Marian. Cela me fait plaisir, qu'ils soient venus aux nouvelles de Remus eux aussi. Mais je piaffe d'impatience et je suis en même temps déçu que ce ne soit pas Tante Narcissa qui vient d'arriver…
Je jette un nouveau coup d'œil sur la pendule.
« Maman a dit qu'elle sera là à 7h30 tapante et tu peux compter sur sa ponctualité… » sourit Draco, avant de se pencher sur Ievguenia.
Je soupire. Il reste quatre minutes à attendre. C'est long, quatre minutes, quand on a l'œil vissé sur la pendule. Plus long encore, lorsque la grande aiguille dépasse l'heure fatidique et que la porte ne s'ouvre pas…
Les secondes s'égrènent et l'inquiétude comprime peu à peu ma poitrine. Je n'arrive pas à m'intéresser aux bavardages des autres. Leurs voix bourdonnent, de plus en plus lointaines. La main chaude de Ron se pose sur mon épaule et je détache mon regard de l'horloge pour le tourner vers lui…
« Il est arrivé quelque chose… » souffle-je, la voix étranglée.
« Deux minutes de retard, il n'y a pas de quoi s'affoler, Harry. Il est tôt encore et tu sais combien les femmes aiment se pomponner, avant de sortir de chez elles… » répond Ron, avec un sourire qui fait pétiller ses yeux bleus.
Il a raison. Deux minutes, non, trois maintenant, ce n'est pas le Lac Noir à boire. Il n'empêche que Tante Narcissa n'est jamais en retard habituellement…
« Ecoute, quelqu'un arrive…» ajoute Ron, au bout de trois ou quatre secondes.
Oui. J'entends un pas précipité dans le couloir. Je n'aime pas ça, c'est généralement annonciateur de mauvaises nouvelles à venir. J'avance rapidement vers la porte, l'ouvre à la volée et je sors à la rencontre de la personne qui arrive. C'est bien Tante Narcissa. Elle est un peu essoufflée, comme si elle avait couru et elle affiche un sourire éblouissant en me voyant.
« Remus va bien ! Il a eu l'autorisation de revenir à Poudlard et je viens de l'accompagner dans l'annexe ! » s'exclame-t-elle, tandis qu'un poids énorme se décharge de mes épaules
Je me précipite sur elle, poussant un cri de joie et je la soulève dans mes bras, la faisant tournoyer deux ou trois fois, avant de planter un gros baiser sur sa joue et de courir vers l'annexe…
Merlin, comme je suis soulagé ! Je crois que j'ai pris toute la mesure de l'affection que j'aie pour Remus, ces deniers jours…
Je cours dans les couloirs, Ron sur les talons, entre à la volée dans l'infirmerie dont seuls quelques lits sont occupés et me précipite dans l'annexe. Remus est dans le premier lit, adossé à ses oreillers. Je me rue littéralement sur lui et referme mes bras autour de ses épaules, pour le serrer dans mes bras.
« Je suis heureux de te revoir, moi aussi, Harry… » dit-il, d'une voix un peu rauque.
Il me rend mon étreinte, avec toute la force que ses bras encore faibles lui permettent de déployer. Et quand ils le lâchent, je m'écarte enfin de lui et je scrute son visage…
Il a maigri, terriblement. Il est très pâle et visiblement fatigué. Ses joues hâves, marquées de souffrance, sont mangées par une barbe de trois jours, qui lui donne l'air plus maladif encore. Mais ses yeux clairs me sourient.
J'aurais tellement de choses à lui dire ! Mais les mots restent bloqués dans ma gorge et je le regarde avec un sourire qui doit me faire paraître un peu idiot. A vrai dire, je ne sais pas si je saurais lui expliquer réellement à quel point je tiens à lui. Ni pourquoi.
Mais il est aussi important pour moi que Maman Nally et Papa Sev. Qu'il ne fasse plus partie de ma vie me semble impensable…
« N'avez-vous donc pas cours vous ! Je croyais pourtant ne pas vous voir avant ce midi ! Vous passez tellement de temps ici, que je vais finir par vous demander de payer un loyer ! » tonne soudain la voix de Pompom, alors que j'ouvrais enfin la bouche
Et je pouffe de rire. Comme ça, pour rien. Juste parce que je me sens heureux.
Tout va bien. Remus est revenu à Poudlard. Il se portera bientôt de nouveau comme un charme et la vie va reprendre un cours aussi normal que possible.
« Allez ouste, dehors ! Le professeur Lupin doit manger, avant de dormir ! Et ne revenez pas le déranger avant ce soir, compris ? » tonne de nouveau Pompom, en se plantant à côté de moi, avec un grand plateau dans les mains.
Elle me darde d'un œil agacé, lèvres pincées. Mais je vois sous cet air revêche, de l'indulgence et de la compréhension étouffées…
« Repose-toi bien Remus. Nous reviendrons te voir dès la fin des cours ce soir… » déclare-je, avant de me pencher vers lui et de l'embrasser sur la joue.
Puis je me lève et, sur une impulsion, j'embrasse rapidement la joue de Pompom aussi, ce qui la laisse sans voix et la fait rosir de plaisir, même si elle le dissimule en se précipitant pour déposer le somptueux plateau de petit déjeuner sur les genoux de Remus…
« Vous me gâtez trop, Pompom. Il y en a pour deux personnes au moins ! Voulez-vous me faire mourir d'indigestion ? » proteste Remus, à la vue de la quantité de nourriture qui jonche le plateau, tandis que je m'arrête sur le pas de la porte, pour le regarder une dernière fois, avant de partir…
« Cessez de dire des sottises et mangez donc, garnement ! Il vous faut reprendre des forces ! Regardez donc comment vous êtes devenu osseux ! Ils ne vous nourrissaient donc pas à Ste Mangouste ? » s'exclame Pompom, en tapotant un oreiller, avant de le glisser dans le dos de Remus, pour le soutenir en position assise.
« Si. Mais leur cuisine n'est pas aussi savoureuse qu'à Poudlard. Et aucune de leurs infirmières ne vous égale en efficacité, vous le savez bien. » répond Remus, avec un sourire, avant de boire une gorgée de thé
« On peut dire que vous n'avez pas beaucoup changé depuis votre scolarité ici. Toujours aussi flatteur qu'à cette époque ! » répond-elle, avec un sourire qui couve sous son ton bourru, avant d'ajouter, en se retournant vers Ron et moi : « Et toujours des amis qui s'incrustent et ne savent pas obéir quand on leur ordonne de partir ! »
« Que voulez-vous, c'est un régal de voir la manière dont vous traitez vos malades ! Vous êtes toujours si pleine de sollicitude et de douceur ! Un pur bonheur ! Surtout quand on n'est pas dans le lit, bien entendu… » répond Ron, un peu moqueur, tandis que Remus éclate de rire..
« Ah, mais ! Ecoutez-le ! On jurerait entendre Sirius Black ! Vous devriez faire un peu attention à ce que vous dîtes, jeune homme ! Car cette année, justement, vous avez la fâcheuse propension à vous retrouver dans un lit de l'infirmerie. Je pourrais décider d'avoir moins de sollicitude et de douceur avec vous, la prochaine fois ! » déclare Pompom, sourcils froncés sur une fâcherie que je devine feinte…
Au fond, elle aime qu'on la charrie, Pompom.
« Allons bon. Vous aimez trop nous chouchouter ! C'est dans votre nature ! Jamais vous ne pourriez, vous empêcher de nous dorloter ! Et c'est pour cela qu'on vous adore ! » rétorque Ron, effectuant un grand sourire
Pompom lève les yeux aux cieux sur un soupir
« Allez ouste ! Du balai ! Et que je ne vous revois pas avant ce soir ! » s'exclame-t-elle, venant vers nous, avec l'évidente intention de nous pousser dehors.
Mais Ron et moi adressons un signe à Remus et passons la porte de l'annexe sur un au revoir joyeux, avant qu'elle nous ait rejoints. Nous avons la surprise, en sortant l'infirmerie, de trouver Hermione, mes frères et mes amis, assis dans le couloir…
« Que faites-vous là ? » m'enquiers-je, surpris….
« Pompom sortait de son bureau quand nous sommes arrivés et elle nous a fichus à la porte, affirmant que Remus avait avant tout besoin de se reposer. Alors on vous attendait… » répond Draco, en se levant
« Le pauvre Remus est maigre comme un Botruc et à l'air tout maladif, mais maintenant qu'il est revenu à Poudlard, il va très vite se remettre… » sourit Ron, en prenant le chemin du Grand Hall.
« Maman a dit qu'il en aurait encore pour une bonne semaine à rester au lit. Ste Mangouste ne l'a lâché que parce que Richard a promis qu'il l'examinerait et le traiterait lui-même trois fois par jour. Sinon, il ne serait pas sorti avant dimanche. » explique Draco, avant de s'arrêter et de regarder vers un couloir adjacent, en fronçant les sourcils…
« Que t'arrive-t-il ? » m'enquiers-je, en examinant le couloir étroit, à peine éclairé par une petite fenêtre tout au fond et deux flambeaux
C'est un passage menant vers les laveries et les séchoirs où les Elfes de Maisons entretiennent le linge des élèves, les draps et couvertures. Il est vide et je ne note rien de particulier.
« Rien. Mais j'ai cru voir une ombre qui se faufilait au fond du couloir. » répond Draco, le visage chiffonné.
« Ce n'est pas par-là, la Tourelle Est où se trouve Bletchley ? » demande Marian, en levant un sourcil
Bletchley… Je l'avais oublié celui-là. Je me demande ce qu'il devient. Dennis nous a dit avoir trouvé le temps long, quand il a passé trois jours en isolement. Qu'est-ce que ça doit être pour Bletchley, qui est seul dans sa Tourelle depuis presque trois mois ! Il doit s'ennuyer comme un rat mort…
« Si. C'est peut-être un Fantôme ou alors un prof qui allait le voir que tu as vu, Draco. Peut-être même un Elfe de Maison. Après tout, ils doivent être pas mal à travailler dans le coin… » suppose Théo, en haussant les épaules.
« Ouais, sûrement. Qui d'autre irait par-là… » acquiesce Draco, en haussant les épaules à son tour, avant de reprendre route vers notre destination.
Et comme Hermione nous fait remarquer que notre prochain cours de Métamorphose commence dans moins de trente minutes et que nous avons intérêt à nous dépêcher si nous voulons avoir la chance de pouvoir manger un toast ou deux avant de nous y rendre, nous accélérons le pas, pour rejoindre la Grande Salle…
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Lundi 3 Février 1997
Acte 3 : Un Petit Tour En Suède
Algie
Je n'avais jamais eu l'occasion de venir en Suède et, bien que le climat soit très rigoureux, je ne regrette absolument pas d'y être venu en hiver…
Depuis 8 jours que nous sommes ici, Rupert et moi nous adonnons aux joies du tourisme, en attendant que reviennent les propriétaires de la maison où nous espérons, si ce n'est trouver le Volumen que nous cherchons, tout au moins des indices sérieux sur ce qui est advenu de lui…
Les paysages sont somptueux, dans cette région du centre de la Suède et je crois que je n'ai jamais rien vu de plus spectaculaire et époustouflant, que la Njupeskär, la plus grande chute d'eau de Suède, forte de ses 112 mètres de hauteur, prise dans une imposante armure glacée…
Et pour le comble de notre bonheur, la petite auberge dans laquelle nous nous sommes installés, au cœur d'une contrée sauvage et enchanteresse, offre un confort douillet de premier ordre, avec vue sur un lac. Par ailleurs, il n'est pas rare, que nous puissions voir la faune locale, traverser la plaine et, lors d'une promenade en traineau, pour la première fois de ma vie, j'ai pu voir un ours, trois loups et un lynx, autrement que sur les images en papier glacé de magazines Moldus…
Et c'est ma Foi, fort impressionnant…
« L'heure du rendez-vous approche, Al… » me fait remarquer Rupert, tandis que mon regard se perd vers la forêt…
J'acquiesce, pose ma tasse de thé refroidi sur la console, trônant entre les deux fauteuils dans lesquels nous avons pris place et je me lève, enfilant la parka en duvet, les bottes, le bonnet et les gants fourrés, dont j'ai fait l'acquisition lorsque nous avons visité la vieille ville de Stockholm, en même temps que des pulls, chemises, sous-vêtements et pantalons bien chauds…
Un achat fort coûteux, certes, mais que je suis infiniment heureux d'avoir effectué. A compter de ce jour, j'affronterai les hivers rigoureux avec bien plus de sérénité…
Rupert et moi quittons l'auberge, en direction de la forêt, comme si nous allions faire une simple petite promenade digestive, après le copieux déjeuner que nous ont servi les aubergistes. Cependant , dès que nous sommes sous le couvert des arbres, nous Transplanons dans le Quartier Sorcier de la capitale Suédoise et il ne nous faut pas déambuler longtemps dans les ruelles étroites, avant de franchir un pont qui enjambe des eaux claires, couvertes d'une épaisse couche de glace, sur laquelle des enfants font une course en patins, pour arriver à destination.
Rupert prend l'initiative de soulever le heurtoir, à tête de Loup, tandis que j'examine le fronton délicatement sculpté de la porte. Elle s'ouvre presque aussitôt, sur un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, grand et aussi blond que les blés murs. Ses yeux bleus chaleureux se posent sur nous et il sourit avant de s'effacer pour nous laisser entrer, dès que nous nous sommes présentés à lui.
Le hall peu éclairé est sombre. Mais la chaleur nous accueille et le jeune homme nous guide vers un salon où, dans une grande cheminée, dansent les flammes d'un bon feu.
« Installez-vous. Grand-père va arriver d'une minute à l'autre. Il est parti chercher je ne sais quoi à la cave… » déclare le jeune homme, en nous indiquant un canapé.
Puis il tourne les talons, pour sortir du salon, mais il se ravise et, avant de franchir le pas de la porte, il se tourne de nouveau vers nous, pour nous dire que nous pouvons ôter nos parkas et les suspendre dans le placard du hall.
Je me défais donc de ma Parka et, tandis que Rupert m'offre d'aller la suspendre en même temps que la sienne, je fais lentement le tour du salon, pour admirer des lithographies, d'une infinie délicatesse…
« Elles sont magnifiques, n'est-ce pas ? » déclare soudainement une voix masculine dans mon dos.
Je me retourne aussi vite et j'avise un homme d'une belle prestance, qui doit avoir à peu près le même âge que moi.
« Gjord Berggren, je suis allé vous chercher un petit alcool du cru… » dit-il, en montrant la vieille bouteille poussiéreuse, qu'il tient dans la main gauche, avant de me tendre la droite.
Je la serre, avec plaisir, en me présentant à mon tour, au moment où Rupert revient dans le salon.
Les présentations faites, nous prenons place auprès du feu et notre hôte nous sert un petit verre de son alcool, dont je bois avec précaution une petite gorgée qui me réchauffe le gosier plus sûrement qu'un Whisky Pur Feu…
Moi qui n'aie pas l'habitude de boire de l'alcool, j'ai tout intérêt à siroter celui-ci avec parcimonie…
« Fameux, n'est-ce pas ? » déclare notre hôte, en claquant sa langue, avant de s'enquérir de l'objet de notre visite.
Rupert et moi, avions prévu de lui raconter une fable. Mais instinctivement, je sens que cet homme ne sera pas dupe et qu'il vaut mieux que nous lui contions la vérité. Et puis, j'ai également le sentiment qu'il nous aidera avec plaisir, à contrer Voldemort. J'entreprends donc, après un bref coup d'œil vers mon ami, de lui dire la vérité pure et simple et, à mesure que je lui raconte notre périple en Roumanie et en France, ainsi que les différentes découvertes que nous avons faites, je vois son regard briller d'excitation, autant que d'intérêt…
« Extraordinaire ! Et dire que je n'ai jamais voulu croire à tout cela ! Et là, vous m'apprenez que ce ne sont pas des histoires ! Il faut que je dise cela à Orian ! Il sera ravi ! » s'exclame-t-il, à la fin de mon récit, avant de se lever et d'ouvrir la porte pour appeler cet Orian, dont je devine qu'il s'agit de son petit-fils
Celui-ci dégringole les escaliers et entre dans le salon, demandant à son grand-père ce qui motive autant d'enthousiasme de sa part. Mais son grand-père ne lui répond pas tout de suite. Il pose un bras sur les épaules d'Orian et l'invite à venir s'asseoir avec nous, tout en déclarant, avec une expression traduisant son évidente fierté :
« Ne vous inquiétez pas. Orian fait partie d'un groupe de jeunes gens, qui recrute des volontaires pour préparer la lutte contre votre Voldemort, depuis que l'un de ses amis a reçu des lettres de pressions il y a quelques jours. Il sera sûrement intéressé, non seulement par l'histoire que vous venez de me raconter, mais également pour que vous le mettiez en contact avec les dirigeants de votre Ordre du Phénix. »
« L'Ordre du Phénix ? Vous en faites partie ? Formidable ! » s'exclame Orian, un sourire immense éclairant ses traits.
« Oui, ils appartiennent à l'Ordre du Phénix. Et ils sont ici, pour remplir une mission d'une importance capitale. » répond son grand-père, avec excitation
« Vraiment ! Quelle mission ? Pourquoi ici ? Avez-vous besoin d'aide ? » demande le jeune homme, en prenant place sur un fauteuil et se tendant vers nous.
Mais avant que j'aie eu la possibilité d'ouvrir la bouche pour lui répondre, Gjord Berggren entreprend de lui résumer ce qui nous amène dans cette maison…
« Alors ce Volumen existe vraiment ! Ce n'était pas une farce de notre Ancêtre ! Et vous êtes ici pour le trouver avant les sbires de ce Voldemort de malheur ! » s'exclame Orian, les yeux écarquillés d'émerveillement.
« Oui, il existe. Et nous espérions que vous pourriez nous renseigner à son sujet pour le moins et nous le montrer, pour le mieux… » acquiesce-je, un peu étourdi par l'enthousiasme débordant de ces deux hommes, je l'avoue…
A moins que ce ne soit l'alcool qui me monte à la tête. Peut-être les deux finalement…
« Vous le montrer, nous ne pouvons pas. Nous ne l'avons jamais eu en main. Quant à des renseignements…. Tout ce dont nous disposons, c'est une série d'énigmes, laissées par mon quadrisaïeul. Et vous comprendrez pourquoi jamais aucun de ses descendants ne l'a pris au sérieux, quand je vais vous la montrer… » répond Gjord Berggren, en se levant pour se diriger vers un secrétaire au ventre rebondi.
Il l'ouvre, tire sur un tiroir et passe sa main dessous, pour déclencher un mécanisme qui permet d'ôter complètement le tiroir. Puis il enfonce sa main à l'intérieur de l'espace ainsi dégagé et en retire une grande et épaisse enveloppe, qu'il ouvre tout en revenant vers nous.
Il en sort une liasse de parchemins, dépliant le plus imposant pour l'étaler sur la petite table, que son petit-fils a débarrassée, tout en nous expliquant qu'il garde l'enveloppe cachée, à l'endroit même où elle a été déposée par son ancêtre, par pure sentimentalisme. Ce qu'il a étalé devant nous est une Carte plutôt stylisée de la Suède, marquée de petits pictogrammes naïfs et colorés. Puis il me tend les autres parchemins, numérotés de un à dix et une lettre qu'il nous recommande de lire en premier lieu, mais Rupert s'empresse de la saisir avant moi.
De toute évidence, il ne tient pas à ce que j'effectue un petit voyage dans le passé maintenant…
Je me penche donc par-dessus son épaule, pour déchiffrer une écriture que nous connaissons bien, même si elle est un peu plus tremblante que celle que nous avons eu loisir de lire jusqu'à présent. Celle du petit fils du traducteur…
La lettre est écrite sur un ton léger et il promet à ses descendants qu'ils découvriront le Volumen après lequel son grand-père a couru toute sa vie, avant de finalement venir le cacher en Suède, s'ils jouent au jeu de piste qu'il a créé pour eux.
Ainsi, vous plongerez-vous quelque peu, dans l'esprit aventureux qui fut celui de mon Grand-père et le mien après lui. Et puisse cette chasse au trésor, vous apporter autant de joie que la sienne et la mienne nous ont apportés, conclut-il…
« En plus de tout ceci, le bouche à oreille familial, nous a rapporté que son grand-père était un vieil original farfelu, qui courait sans cesse la chimère et a fini sa vie misérablement, dans cette maison même. Il avait été recueilli par un couple très généreux, de braves gens qui ont eu pitié de voir ce vieil homme déambuler dans les rues en délirant. Quelques années plus tard, son petit-fils est venu et il a tenu à acheter la maison au couple dont les finances battaient de l'aile. Il a cependant, en souvenir de son grand-père qu'il adorait, tenu à ce que ce couple reste dans la demeure. Plus tard, il a épousé leur petite-fille. Et plus tard encore, sa mère est venue le rejoindre. Il a raconté à ses enfants, puis petits-enfants, l'enquête menée, dans toute l'Europe, sur les traces de son grand-père. Il affirmait avoir trouvé la cachette où son grand-père avait mis son trésor à l'abri. Mais il ne leur a jamais révélé où elle se trouvait. Et quand il est mort, il avait laissé ceci. Mais personne ne croyait à l'existence de ce trésor… » raconte Gjord Berggren, avant d'ajouter, sur un sourire : « Il ne nous reste plus qu'à plonger dans son esprit aventureux et à jouer à ce jeu de piste qu'il nous a légué… »
Oui, il va nous falloir jouer. Et je subodore que ce jeu va nous mener aux quatre coins de la Suède…
Heureusement que nous nous sommes acheté des vêtements bien chauds, Rupert et moi !
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Jeudi 6 Février 1997
Acte 4 : Petit Point
Ron
Tonton Sev vient de nous faire prévenir, Harry, Hermione, Draco et moi, qu'un petit point va être effectué ce soir après le diner et que cela aura lieu ici, à Poudlard, dans les Cachots Perdus.
Il doit s'être passé quelque chose…
En attendant l'heure de la réunion, nous décidons d'aller faire un tour chez Pompom. Ievguenia, qui semblait retrouver peu à peu ses esprits depuis dimanche soir, a totalement repris connaissance dans la matinée et Draco souhaite la voir.
A peine mettons-nous un pied dans le hall des appartements de notre brave infirmière, que la porte de la chambre s'ouvre au fond du couloir. Tante Narcissa, qui devait guetter notre arrivée, vient à notre rencontre. Elle a l'air fatiguée…
« Comment va-t-elle ? » demande aussitôt Draco, l'air inquiet
« Elle est anéantie. Elle ne semble pas se souvenir exactement de ce que Lucius et Voldemort lui ont fait, juste qu'ils lui ont fait très mal. Mais elle a demandé des nouvelles de ses parents et je n'ai pu faire autrement que de lui annoncer leur décès. Elle est inconsolable et pleure toutes les larmes de son corps depuis… » répond Tante Narcissa, visiblement chagrinée.
« Oui, c'est normal. La pauvre fille. Je la plains de tout cœur. Richard l'a vue, je suppose. Pense-t-il qu'elle va retrouver la mémoire ? » s'enquiert Draco, en se mordillant la lèvre
« Il dit que c'est fort probable. Et que… enfin, cela pourrait se passer quand elle te verra… » déclare Tante Narcissa, avec nervosité…
« Je ne lui ressemble pourtant plus autant qu'avant… » fait remarquer Draco, en fronçant les sourcils de contrariété
« Non, c'est vrai. Mais cela peut être suffisant pour raviver sa mémoire. Alors ne te formalise pas, si elle a une réaction négative en te voyant, car ce ne sera pas dirigé contre toi en réalité… » répond Tante Narcissa, le front soucieux.
« D'accord, ne t'inquiète pas. Je saurai faire la part des choses… » souffle Draco, en pinçant quand même un peu les lèvres.
Tante Narcissa le serre brièvement contre elle, puis elle l'entraîne vers le fond du couloir, tandis que Harry, Hermione et moi nous regardons les uns les autres, sans bouger d'un poil.
« Vous ne venez pas ? » demande Draco, alors qu'il a la main sur la poignée de la porte.
« Non. Il vaut sûrement mieux que nous attendions ici. Elle ne nous connaît pas et elle aura eu assez d'émotions aujourd'hui, sans que de parfaits étrangers viennent la perturber davantage. Tu nous présenteras à elle demain… » répond Harry, avec un hochement de tête négatif.
Draco semble réfléchir quelques secondes, puis il acquiesce et il ouvre la porte, laissant galamment passer sa mère, avant d'entrer à son tour. Harry, Hermione et moi attendons dans le hall. Silencieux et immobiles. L'oreille tendue vers la chambre. Il n'y a pas de cri, juste un sanglot. Et Draco ne sort pas précipitamment, comme nous aurions pu nous y attendre, alors nous relâchons notre souffle…
Presque au même moment, la porte du salon s'ouvre sur Pompom, qui nous regarde, en haussant un sourcil…
« Décidément, où que j'aille, je vous trouve toujours sur mon passage ! » grommelle-t-elle, avant de nous demander ce que nous faisons dans le hall de ses quartiers.
Hermione se charge de lui expliquer la situation en deux mots et Pompom jette un coup d'œil compatissant vers la chambre du fond…
« Pauvre petite… » dit-elle sur un soupir, avant de reporter son attention sur nous et d'ajouter, sur un ton un peu brusque : « Allons, ne restez pas là. Installez-vous dans le salon et prenez un thé. Si vous laissez la porte ouverte, vous entendrez votre ami sortir de la chambre… »
Et elle s'en va sans tambour ni trompette, nous laissant les bras ballants de surprise…
« Bon, ben…. Si c'est pour attendre un moment, autant le faire assis en buvant un bon thé et puisque nous sommes invités, allons-y … » décide-je, alors qu'elle ferme déjà la porte d'entrée derrière elle.
Son salon est douillet. Il ressemble un peu à celui de McGo. Et nous nous assoyons dans des fauteuils moelleux, autour d'une petite table sur laquelle attendent déjà le thé et des petits gâteaux. Et ça me fait sourire. Elle avait prévu de nous inviter, Pompom, avant même de surgir dans le hall. Elle ne l'a pas fait à brûle pourpoint…
Le thé est délicieux. Les petits gâteaux aussi. Et nous nous détendons à mesure que le temps passe. Draco reste près de trois quarts d'heure auprès d'Ievguenia et tout semble se passer pour le mieux. Du moins, n'entendons-nous rien qui nous alerte, jusqu'au moment où il ouvre la porte pour sortir de la chambre.
« Euh… Vous croyez que Pompom apprécierait que vous ayez pris la liberté de vous installer dans son salon pour boire le thé ? » demande-t-il, quand Harry le hèle alors qu'il passe devant la porte.
« C'est elle qui nous a invité. Alors, comment cela s'est-il passé ? » répond Harry, le regard interrogatif
« Mieux que ce que je craignais. Elle a pleuré et de toute évidence je ne suis pas pour l'heure son meilleur ami, mais elle a compris que je veux l'aider, non lui faire mal. Elle est un peu sauvage. Sa seule expérience des hommes se résume à son père, Lucius et Voldemort. Alors vous pensez bien… » explique Draco, avec un geste de la main fataliste à la fin
« Oui. Elle n'a effectivement pas eu affaire à des références masculines du meilleur cru. On peut donc comprendre ses réticences. Mais elle prendra confiance peu à peu. Quand ta mère compte-t-elle l'emmener au Terrier ? » intervient Hermione, d'une voix douce
« D'ici quelques jours. Richard a dit qu'il valait mieux qu'elle reste ici pour l'instant. Le temps de réaliser que sa vie a pris définitivement un autre tournant. Maman va continuer à venir chaque jour. Elle organisera des thés, essentiellement avec des femmes et des jeunes filles de l'Ordre du Phénix, qui sont déjà venues quand Ievguenia était dans son état catatonique. Et moi, je lui présenterai mes frères et mes amis les plus proches… Celles et ceux qui sont déjà venu ici avec moi, en fait… » explique Draco, l'air un peu ailleurs…
Il a été plus ébranlé qu'il ne veut le laisser paraître par sa rencontre avec Ievguenia. Il en dira sûrement davantage plus tard, quand il aura bien digéré tout ça…
« Bon, c'est pas le tout, mais c'est bientôt l'heure de la réunion. Je suppose que ta mère ne va pas venir… » déclare Harry, en se levant de son fauteuil.
« Non. Elle a dit que Tante Molly se chargera de lui transmettre les infos que nous allons avoir ce soir… » répond Draco, en amorçant déjà un pas vers la sortie.
Et nous engageons la conversation sur autre chose, tandis que nous nous dirigeons vers l'entrée des Passages Internes, située non loin de l'infirmerie. En chemin, nous rencontrons Cooper et je m'arrête pour lui demander comment il va, depuis que je l'ai vu la dernière fois…
C'était lors de l'attaque du Poudlard Express…
« Ça va. Je viens de passer une visite de contrôle avec Madame Pomfresh. Elle voulait s'assurer qu'il ne restait aucune trace de mon traumatisme crânien. Elle est satisfaite, tout va bien. » répond-il, avec un sourire chaleureux.
« Ouais, tu as l'air en super forme. » souris-je en retour
« Oui. J'ai suivi ton conseil, tu sais. Je me suis inscrit au Club de Duel et tu avais raison de dire que ça m'aiderait car depuis, non seulement je fais des progrès, mais je me sens un peu plus résistant aussi. Et je suis bien content qu'à partir de la semaine prochaine, ils soient proposés comme cours optionnels ! Avec quelques-uns des membres du Club, nous avons même prévu de réviser les cours ensemble. Ça nous fera des entrainements supplémentaires ! Enfin, si le professeur Dumbledore et les Directeurs de Maison sont d'accord et nous autorisent à utiliser la salle de classe ! » dit-il, avec enthousiasme
« Bonnes nouvelles, tout ça. J'en suis heureux pour toi. Et je suis sûr que vous aurez une réponse favorable, pour vos entrainements. Bon, allez, je te laisse, j'ai un devoir qui m'attend… » réponds-je, en lui claquant l'épaule
Ce n'est pas vraiment un mensonge, puisque c'est mon devoir, d'aller à la réunion de l'Ordre…
« Mais toi, tu vas mieux ? Tu es resté un bout de temps, à l'infirmerie, dans la salle des cas graves. Ta copine aussi d'ailleurs… » me retient-il, l'air soucieux, avant de jeter un coup d'œil vers Hermione qui m'attend un peu plus loin dans le couloir, avec Harry et Draco…
« Ouais, ça va. On ne s'était pas rendu compte qu'on s'était pris un méchant Maléfice qui agit à retardement… Mais maintenant ça va bien. » réponds-je, en lui servant la version officielle de notre séjour à l'infirmerie, qui n'a cependant pas coupé court à toutes les rumeurs invraisemblables qui ont couru à notre sujet…
« Je suis content pour vous… Bon, je te laisse aller faire ton devoir. A plus tard ! » conclut-il, en prenant l'escalier qui va le mener vers les quartiers des Poufsouffles
Je le regarde une seconde ou deux, descendre les marches quatre à quatre, me disant qu'il a bien changé, depuis la rentrée et que son séjour en France a vraiment eu une influence positive sur lui, avant de rejoindre les autres. Nous nous engouffrons rapidement dans les Passages Internes et pressons le pas, car l'heure tourne vite et nous ne voulons pas nous présenter en retard.
Quand nous arrivons, nous sommes bon derniers. Mais il n'y a rien de mal, car le Fantôme de Salazar fait visiter les Cachots Perdus aux autres Membres, au grand plaisir des jumeaux, qui se marrent comme des baleines en l'écoutant faire faire le tour du propriétaire, avec son habituelle emphase et bonhommie…
Et surtout, en regardant les têtes surprises de celles et ceux qui le rencontrent pour la première fois.
« Eh bien, Gentes Dames et Gentilshommes, ce n'est pas que votre compagnie me soit désagréable, fort au contraire, mais d'autres devoirs m'appellent. Et je ne voudrais point que mon ami le Baron Sanglant, marque des points en mon absence. C'est que, voyez-vous, nous sommes à égalité, dans la petite compétition qui nous oppose, ainsi que Sir Nicholas. Oh ! Ce n'est point une compétition prestigieuse et elle ne nous vaudra guère de glorieux lauriers, certes, mais je tiens fort à la remporter ! Car, comme tout bon Serpentard qui se respecte, je suis fort mauvais perdant ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » explique le Fantôme, qui se bidonne quelques secondes, avant d'ajouter : « Mes hommages, Gentes Dames ! Gentilshommes, au plaisir de vous revoir ! »
Et il file à toute vitesse vers la Base, prenant soin de prendre les Passages Internes pour ne pas se faire voir de ceux qui n'ont pas à être informés de son état de Fantôme hantant le Château depuis près d'un millénaire…
« Drôle de zigoto, ce Salazar Serpentard… » sourit King, qui le regarde partir l'œil pétillant
« Et sacrément bavard. Y a-t-il seulement la possibilité d'en placer une, quand il est dans les parages ? » demande Bill, visiblement amusé, en prenant place sur l'une des confortables chauffeuses installée autour de la grande table ronde, de la Salle de Réunion choisie par le professeur Dumbledore, pour tenir séance ce soir.
La Salle des Chevaliers de la Table Ronde, comme l'a baptisée Hermione…
Le professeur Dumbledore entre rapidement dans le vif du sujet, aussitôt que Harry a activé le Chrono Magique de Tatie Nally. Il donne d'abord des nouvelles d'Algie, qui se retrouve à devoir jouer à un compliqué jeu de pistes, avec les descendants du type qui a produit la version en Grec du Volumen…
Yaxley et Bletchley, quant à eux, ont pu être envoyés sur une voie de garage, grâce à un plan tortueux, mis au point pas Tatie Nally et Tonton Sev et, à l'heure qu'il est, ils sont en route pour Venise…
« Puisque nous parlons de cela, je crois que tout le monde n'est pas au courant de ma dernière petite visite dans le coffre de Draco. Comme vous le savez, j'y suis allé lundi, mais j'étais limité dans le temps que je pouvais consacrer à ma recherche et je n'ai mis la main que sur des livres qui n'offrent pas grand intérêt. J'ai pu cependant y retourner hier et j'ai fini par dénicher une cassette, elle-même cachée dans une grande caisse, sous des tonnes de vieux registres de comptes qui datent depuis le quinzième siècle jusqu'à l'époque victorienne. Un peu avant de partir du bureau, j'ai réussi à ouvrir la cassette, scellée par des Sortilèges compliqués. Draco, tu seras heureux d'apprendre qu'elle contenait le vieux journal de tes Ancêtres… et trois Codex, que j'ai remis à Nally tout à l'heure… » sourit Bill, le regard brillant
« Ce sont les versions Egyptienne, Araméenne et Latine ? » demande Draco, souffle suspendu
« Je n'ai pas eu le temps de lire, juste d'y jeter un coup d'œil en diagonal par-ci, par-là, mais oui, ce sont bien les ouvrages recherchés par Voldemort… » acquiesce Tatie Nally, avec un immense sourire
« Super génial ! On va savoir ce que trame Voldemort ! » s'exclame Charly, d'un ton enthousiaste, avant de demander à Tatie quand elle compte lire les Codex.
« Hélas, ce n'est pas pour tout de suite. Nous allons être fort occupés les prochaines semaines. Nous devons aller en Roumanie, mais également en France, en Italie, au Portugal, en Allemagne, en Hollande, en Autriche et en Suisse où la résistance s'organise ardemment. Les recruteurs de Voldemort mettent les bouchées doubles dans ces Pays. Ils effectuent des attaques éclairs qui font des victimes innocentes. De plus, nombres de Sorciers ont reçu des lettres de pression et la panique gagne. Nous devons impérativement commencer un entraînement intensif des premiers Membres de l'Ordre dans ces contrées, afin qu'ils puissent devenir instructeurs à leur tour. Je propose donc que nous remettions ces précieux Codex dans le coffre de Draco, jusqu'à ce qu'Albus ou moi-même puissions les lire. C'est encore là, la place la plus sûre… » répond Tatie, tandis que le professeur Dumbledore acquiesce d'un hochement de tête.
« Il n'y a pas urgence à lire ces Codex. Certes, la version en Grec n'était pas fameuse, mais elle nous a suffisamment éclairés pour l'heure. Nous savons en substance ce que souhaite trouver Voldemort : ouvrir une porte pour découvrir un artefact qui pourrait lui apporter l'immortalité et la puissance suprême… » ajoute-t-il, d'un ton doux
« La porte du Chemin des Âmes… » souffle Maman, avec un frisson…
« Oui, Molly. La porte du Chemin des Âmes… Du moins, selon la version en Grec. » acquiesce le professeur Dumbledore, appuyant sa réponse d'un hochement de tête positif.
Puis il enchaine, avec des nouvelles du Potionniste Espion, qui a plongé tout droit dans la fable qui lui a été contée au sujet d'une Mission Spéciale. Tatie l'a suivi, pour voir par quel moyen il allait annoncer la nouvelle à Voldemort. Mais elle n'a pas pu le découvrir…
« Je pense qu'ils se fixent des rendez-vous et qu'Egidus Latton use d'un Portoloin clandestin depuis chez lui, pour aller le rencontrer. Plus précisément des toilettes ou de la salle de bain. Les seuls lieux où je ne l'ai pas suivi, par respect pour son intimité. J'ai seulement noté à deux reprises, qu'il y était resté bien plus longtemps que d'habitude et qu'il était très pâle en sortant. Et selon la Base de Londres, Voldemort était absent, un peu moins longtemps, mais à des horaires qui correspondent… Cependant, ils ne l'ont pas entendu parler avec Latton et il n'a rien dit à son retour au Manoir… » révèle Tatie, son regard traduisant qu'elle reste sceptique…
Et contrariée…
« Ils échangent peut-être par écrit… Latton est-il parti de chez lui, avant ou après Voldemort ? Avait-il écrit une lettre avant de s'enfermer dans la salle de bains ou les toilettes ? » demande Papa, sourcils froncés.
« Quelques minutes avant. Et non, Latton n'avait pas écrit… » répond Tatie, d'un ton neutre
Tout le monde fronce les sourcils. C'est curieux, cette affaire. Pourquoi s'enfermer dans la salle de bains ou les toilettes pour prendre un Portoloin ? Ce n'est sûrement pas le plus pratique. Ne pouvait-il le faire de sa chambre ou de son grenier ? Ou d'un lieu isolé dans la nature ?
« Alors il est possible que Latton se soit rendu sur place, ait écrit son mot et que Voldemort soit arrivé tandis qu'il l'écrivait et… » commence à réfléchir tout haut Fleur…
« Non. Latton se serait précipité aux pieds de son Maître pour l'accueillir. Ils auraient parlé et… » la coupe Tonton, avant de soudainement s'interrompre
Tout le monde le fixe, attendant la suite. Tonton Sev hoche la tête en signe négatif deux ou trois fois, les yeux écarquillés et l'air de ne pas y croire…
« Quoi ? A quoi penses-tu ? » demande-je, assez abruptement, impatient de savoir quelle idée stupéfiante lui a traversé l'esprit…
« La Possession du Corps et de l'Esprit … » souffle Tonton, tandis que mes poils se dressent sur tout mon corps…
« Oh putain… Mais oui… » souffle aussi Draco, alors que nous échangeons des regards horrifiés…
Voilà qui expliquerait bien des choses… Pourquoi Latton reste enfermé dans ses toilettes ou sa salle de bains et en ressort pâle comme un cadavre et pourquoi Voldemort sort du Manoir et qu'on ne l'entend parler à personne… Il a seulement besoin de se rapprocher au maximum, de celui dont il va posséder le corps et l'esprit, pour ménager ses propres forces…
« Et il doit faire la même chose avec son jeune Espion de Poudlard… » murmure Hermione, avec un frisson
« Sans aucun doute… C'est effrayant. Comment peut-on accepter de laisser Voldemort entrer dans son corps et sa tête pour parler avec lui. Le gosse ne sait sans doute pas les risques qu'il court à faire ça. Mais Latton doit savoir lui… » fait remarquer Bill, en hochant la tête l'air de dire qu'il ne comprend pas…
« Ouais. Et puis ça fait sacrément mal… » ajoute Harry, d'une voix étranglé…
C'est vrai qu'il en a fait l'expérience contre son gré, en juin dernier…
« Il y a deux façons de posséder un corps et un esprit. La manière forte dont il a usé avec toi, Harry et la manière… disons plus douce, mais qui reste néanmoins très dangereuse, nécessitant l'usage d'une Potion, par les deux parties. » explique Tonton Sev, sous l'oreille attentive de chacun
« Oh… Oui… Je me souviens qu'il a pris une Potion, avant de posséder Nagini, pour aller tuer Edmond Parkinson. En revanche, il ne l'a pas fait quand il a pris possession de sa mère et d'Hirkani… » acquiesce Harry, qui frissonne de la tête au pied, à l'instar d'Hermione
Je frissonne moi aussi. Tous mes poils dressés encore une fois et au bord de la nausée. C'est l'expérience la plus horrible que j'ai vécue.
« Oui, il voulait faire souffrir les deux femmes. Et si la Potion avait été efficace sur les serpents, il en aurait fait boire à Nagini aussi, lorsqu'il l'a possédé, pour lui épargner des désagréments. Mais elle ne l'est pas. En revanche, il est fort probable que Latton et le jeune Espion de Poudlard en prennent... » explique encore Tonton Sev
« Latton en a pris une sûrement. Il est passé par la salle de bains, la première fois, avant d'aller aux toilettes… » révèle Tatie Nally, sourcils froncés…
« Tu crois qu'il conserve une telle Potion dans sa salle de bains ? Ce n'est pas un peu inconscient de laisser ça dans un lieu accessible à tout le monde ? » demande Remus, la mine interrogative
Il a l'air en bien meilleure forme, comparé à la semaine dernière. Mais ce n'est pas encore tout à fait ça et je sais qu'il a dû batailler avec Pompom, pour qu'elle le laisse sortir de l'infirmerie. Il a dû promettre de repasser la voir après la réunion…
« Sa femme est morte et il s'agit de sa salle de bains privée. Ses enfants et petits-enfants jouissent d'autres commodités. Alors oui, il peut très bien disposer de Potions dangereuses dans sa salle de bains…» répond Tatie, en hochant la tête…
« Faut être barge quand même, pour s'adonner à la Possession. Même avec une Potion.… » lâche Charly, en se frottant le menton.
« Latton est capable d'la fabriquer, ç'te Potion. Mais j'me demande si Voldemort la fournit lui-même au gosse ou si l'gosse doit la faire… » intervient Maugrey juste après
Ça m'étonnait qu'il n'ait encore rien dit, lui. C'est plutôt rare, qu'il ne le fasse pas beaucoup plus souvent.
« Mmmmm… Cela dépend de son âge et de ses capacités. Voldemort a dû le tester. Ça ne le dérange absolument pas, de s'adonner à la Possession sauvage, mais posséder un corps qui aurait pris une Potion de mauvaise qualité ne l'enchanterait guère… » répond Tonton Sev, les yeux plissés…
« Voilà qui peut être intéressant. S'il la fait lui-même, il doit se planquer dans un endroit où personne n'ira le dégotter pendant qu'il fait sa petite tambouille. Et lui, ça m'étonnerait qu'il ait eu l'idée de le faire dans les toilettes de Mimi Geignarde… Même si nous vérifierons, bien sûr… » interviens-je, avec un coup d'œil vers Hermione
Tonton Sev hausse un sourcil vers nous, l'air de se demander ce que j'ai voulu dire par là. Mais Hermione prend un air parfaitement innocent et ne lui laisse pas le temps de poser de questions…
« Moi, je doute qu'il fasse lui-même sa Potion. Mais il doit cacher les fioles dont il dispose. Ce n'est pas le genre de chose qu'on laisse dans son placard, lorsqu'on partage un dortoir. Ce serait peut-être une bonne idée, de demander aux Fantômes des quatre Maison, de vérifier les lieux qui ne sont pas fréquentés. » dit-elle, avant d'en prendre note sur un parchemin.
« Nous leur demanderons de tout vérifier, même les placards des élèves. Et nous filerons tout le monde sur les Cartes que nous devons ensorceler dimanche. Nous pourrons vérifier alors, si un élève s'est rendu dans un endroit isolé, avant et pendant le moment où Voldemort quittera le Manoir, sans parler avec quiconque… » intervient à son tour Harry, d'un ton déterminé…
« Il ne sera donc plus question de suivre les animaux familiers ? » demande Draco, sourcils froncés
« Si. La Possession du Corps et de l'Esprit est peut-être un moyen par lequel notre Espion communique avec Voldemort, mais ce n'est sûrement pas le seul. Peut-être même que ce n'est pas comme ça qu'ils communiquent. Rappelez-vous de ce que Blaise a rapporté de son entrevue avec Warrington : l'Espion de Poudlard a remis quelque chose à Vaneck, pour lui prouver qu'il répercute les ordres de Voldemort en personne… » réponds-je, tandis que Harry approuve du chef.
« Vous avez donc encore bien du pain sur la planche… » fait remarquer Charly, en se servant une tasse de thé.
Puis il pioche un biscuit dans une assiette, avant de la faire passer autour de la table.
« Tu ne crois pas si bien dire… » souris-je, en songeant aux travaux de grande envergure que j'ai entrepris dans le Labyrinthe d'Artemus.
Sans compter ceux dont Dean s'est lui-même désigné responsable, dans le Passage Secret qui débouche du côté de chez Tatie, l'organisation des exercices d'alerte que nous allons bientôt commencer et tout le reste…
Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous ne chômons pas…
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(1)…. « Reste à caignon, si tu tiens à ta vireflèche et à tes pices ou onc tu ne pourras plus arroser un calibristi de ton huile de reins »
Caignon ( à) : sur ton cul - Vireflèche : petit dard - Pices : testicules - Calibistri: le vagin de la femme - Huile de reins : sperme
« Reste sur ton cul, si tu tiens à ton petit dard et à tes testicules ou plus jamais tu ne pourras arroser le vagin d'une femme de ton sperme »
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