Disclaimer: cf chapitre 1

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Big bisous à Mistycal...

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Réponses sur mon forum aux commentaires de - Douceufamille - Lul - Yzeute -

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Une Quinzaine Bien Remplie 2/2

Vendredi 7 Février 1997

Acte 5 : Gauthier Sylvestre

Severus

Voilà, le grand jour est arrivé. Dès ce soir je quitte définitivement mon masque et j'entre en scène, en tant que Gauthier Sylvestre.

J'effectue un dernier tour d'horizon, avant de quitter ma classe de Potions. Je n'arrive pas encore à réaliser que je viens de donner mon dernier cours avant longtemps, dans cette matière. Et je me dis que ce n'est pas plus mal, que je revienne finalement à un autre poste. J'ai acquis trop d'automatismes dans cette classe.

Dans ma façon d'effectuer mes entrées, de déambuler dans les rangs pour surveiller les chaudrons, de rendre les devoirs en effectuant des commentaires acides….

Oui, ce sera plus facile pour moi, de ne plus me conduire comme la Chauve-souris des Cachots, dans la salle de cours de DCFM…

Je souris, en regardant le plan de travail, ménagé à la hauteur de Miho, après qu'elle ait été à l'origine de la plus fameuse explosion qui ait eu lieu ici, lors de son premier cours…(1)

Qui était aussi le premier de l'année scolaire…

Il y a un siècle de cela me semble-t-il…

Sa petite frimousse et son espièglerie me manquent. Et je sais que nous lui manquons aussi, même si elle trouve son équilibre, là-bas, au Village des Elfes… Et surtout la sécurité…

Je frissonne. Il fait glacial ici. Plus encore que les hivers précédents. Il faut dire que le temps cette année, est particulièrement rigoureux et le froid s'insinue partout avec obstination, malgré les belles flambées de bûches dans les Cheminées et les multitudes de Sortilèges de réchauffements jetés par les professeurs, les élèves et les Elfes de Maison…

« C'est bientôt l'heure, Sev. » entends-je Nally déclarer, depuis le pas de la porte de la réserve qui communique avec mon bureau…

« Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes me chercher… » dis-je, en me tournant vers elle…

« Je me doutais bien, que tu serais un peu nostalgique… » répond-elle, en s'avançant vers moi

Elle passe ses bras autour de mon cou et je suis instantanément réchauffé. J'effleure ses lèvres d'un baiser et je la serre doucement contre moi, pour la remercier d'être toujours là, pour me soutenir quand j'en ai besoin…

Elle était à mes côtés, durant toutes les années où je me suis préparé à mon rôle d'Espion, puis quand j'ai endossé ma première robe de Mangemort, à mon retour à la maison la nuit où j'ai reçu la Marque infamante… Et plus récemment, elle m'a aidé à révéler mon véritable visage, à faire face à cette crise d'adolescence tardive qui m'a quelque peu empoisonné la vie, même si j'en ris aujourd'hui. Elle m'a fait accepter également, qu'il était temps de quitter mon rôle d'Espion. Et maintenant elle est là, quand je dois dire adieu, à ce personnage que j'incarne depuis si longtemps…

Bien plus de la moitié de ma vie…

Oh, bien sûr, j'ai déjà en partie abandonné le rôle, lors de quelques séjours au Paradis et quand je suis avec Harry, Draco et leurs amis proches. Et je n'avais aucun mal à le faire. Mais cela n'avait pas le caractère définitif que cela a maintenant…

« Prêt ? » demande soudainement Nally, en se détachant de moi, pour me faire un sourire éblouissant

« Prêt » réponds-je, le cœur battant, avant de prendre sa main pour sortir de la salle de classe

Je regarde à la ronde, dans mon bureau, vérifiant que je n'ai rien oublié qui ne doive pas tomber entre les mains de Latton. Je dois reconnaître qu'il y a des choses que je ne regretterai pas ici. Tous ces bocaux poussiéreux qui renferment des choses immondes, destinées à impressionner les élèves et établir ma réputation de sale type antipathique, par exemple…

En revanche, mes livres et parchemins, quand Latton sera là, Albus les fera récupérer et mettre dans une malle, par un Elfe de maison, avec les rares objets personnels que je laisse derrière moi. Il reste un chaudron de Potion en préparation dans le labo privé dont est doté mon appartement, une robe jetée sur une chaise dans ma chambre, des effets de toilette, dans la Salle de Bains, mes vieux vêtements austères dans ma penderie… Bref, le petit désordre nécessaire pour donner crédit au remplacement hâtif qu'il devra effectuer.

J'avise les piles de copies pour la plupart corrigées et je me souviens alors que j'ai laissé ma vieille serviette près de la porte, dans mes appartements. Ce sont mes parents qui me l'ont offerte et je ne veux pas la laisser. Je m'empresse donc d'aller la récupérer et, alors que je me penche pour la saisir, mon regard tombe sur la Cheminée… Ou plutôt sur le panier, posé au coin de l'âtre…

« Le Serpent de Bletchley. Nous ne pouvons pas le laisser ici… » dis-je, en me redressant…

« Mmmmm… Acceptera-t-il que nous le déplacions ? Il a pris ses aises dans tes appartements et il va à la chasse aux souris dans les cachots vides que lui a indiqués Harry… » fait remarquer Nally, au moment où quelqu'un frappe à la porte de mon bureau.

Non, pas la porte, la bibliothèque, corrige-je mentalement, en me demandant qui cela peut bien-être…

Presque aussitôt, le Fantôme de Salazar surgit du mur et regarde dans tous les sens, avant de se précipiter vers nous dès qu'il nous aperçoit…

« Ah ! Vous êtes là ! J'ai accompagné Harry, par les Passages Internes. Il s'est brusquement souvenu que vous hébergiez un Serpent et il se propose de vous aider à le déménager ! Peut-il entrer ? » s'exclame-t-il, avec bonne humeur

« Eh bien les grands esprits de rencontrent. Nous nous demandions justement comment il réagira si nous le déplaçons… » réponds-je, sans même avoir fini ma phrase, que le Fantôme se précipite déjà vers le mur…

Une seconde plus tard, Harry pousse la bibliothèque et vient nous rejoindre, le Fantôme sur les talons. Il s'approche de la Cheminée, en parlant Fourchelang et bientôt nous voyons la tête du serpent sortir du panier. Harry tend le bras vers lui et le serpent s'enroule autour. Il siffle et Harry lui répond. Leur conversation semble durer une éternité, mais finalement, le serpent se love contre l'épaule de Harry, qui vient vers nous avec un sourire..

« Il veut bien aller vivre dans un vivarium, situé auprès d'une Cheminée et ne plus vadrouiller n'importe où, à la condition qu'on lui fournisse une souris fraîche par jour… » déclare-t-il, en se retournant pour appeler, sans Baguette et d'un Sort Informulé, le panier dans sa main.

Ce dernier vient jusqu'à lui dans une courbe gracieuse et le Fantôme de Salazar regarde Harry d'un air surpris…

« Oh ! Ce que vous venez de faire est d'un très haut niveau magique, Harry. Je vous savez puissant et doué, mais j'avoue que vous me laissez pantois ! J'ignorais que vous en étiez déjà arrivé à ce stade de Magie sans Baguette ! C'est très impressionnant, à votre âge ! » s'exclame-t-il, d'un ton admiratif…

« J'ai tout simplement d'excellents professeurs… » répond Harry, en haussant les épaules.

« Oui, sans doute aucun. Mais croyez-moi, mon cher ami, depuis près de mille ans que j'arpente Poudlard, jamais je n'ai rencontré d'élève aussi doué que vous ! Hormis votre Marraine, peut-être… Mais vous êtes un cas à part, n'est-il point très chère ? » déclare le Fantôme, en effectuant un signe de tête vers Nally qui lui sourit sans répondre, avant de poursuivre : « Et même le plus excellent des professeurs ne peut amener un élève à exploiter plus de potentiel qu'il n'en possède. Comme j'aurais aimé être votre mentor, Harry ! C'est le rêve de tout professeur, que d'avoir à enseigner à un élève aussi brillant ! »

« Vous me faites trop d'honneur, Messire Salazar. Hermione est bien plus brillante et intelligente que moi… » se défend Harry, avec une modestie non feinte…

« Oh non, mon jeune ami ! Mademoiselle Hermione est sans doute douée d'une mémoire exceptionnelle, mais ce n'est point ce qui fait l'intelligence, bien qu'elle en soit douée, je n'en disconviens guère. Mais vous êtes vous-même un garçon plein de ressources et de connaissances, qui sait les utiliser au moment opportun. Et si elle est souvent plus rapide que vous pour acquérir la technique de la gestuelle d'un Sort, en ce qui vous concerne, une fois que vous avez compris et intégré sa technique, j'ai remarqué que vous saviez l'adapter au mieux, à vos caractéristiques, à votre personnalité et à votre puissance. Et dès lors, chacun de vos Sorts acquière une efficacité redoutable. Vous le faites d'instinct et avec une facilité déconcertante. Croyez-moi, Harry, Mademoiselle Hermione est une excellente technicienne, mais vous, vous êtes un… Un Magicien de génie ! » s'exclame Salazar, qui s'emporte avec frénésie, les yeux brillants d'excitation

Harry hausse vers lui un sourcil dubitatif et semble penser que le Fantôme exagère beaucoup son enthousiasme

« Ce que Sir Salazar te signifie, Harry, c'est que ce que Sev fait avec les Potions (et tu sais qu'il est incapable de suivre une recette sans l'adapter instinctivement à sa sauce pour en améliorer l'efficacité), toi, tu le fais avec tous les Sorts. Et il a tout à fait raison. Lors du prochain entraînement, observe les autres et tu t'apercevras que tu n'utilises pas le même mouvement de Baguette. Tes gestes sont beaucoup plus sobres et fluides. Et de fait, tu gagnes en rapidité. Tu es un excellent Sorcier Harry, d'une puissance exceptionnelle. Mais ce n'est pas cette puissance qui te caractérise le plus, ni qui fait de toi le redoutable duelliste ou combattant que tu es. C'est ce génie de la Magie, qui n'appartient qu'à toi et cet instinct qui te permet de modifier et combiner les Sorts comme aucun autre ne penserait, ni même n'oserait le faire. Encore faudrait-il qu'il puisse le faire, sans être gêné par la technique, justement. Lorsque tu t'entraines au combat ou au duel, tu ne réfléchis pas la Magie, Harry. Tu la vis. Tu es la Magie… » sourit Nally, avec une évidente fierté.

Harry en reste sans voix. Il garde un instant les yeux écarquillés sur Nally, avant de se tourner vers moi, l'air de me demander de lui confirmer qu'il n'est pas en train de rêver… Ou que Nally n'est pas en train de se moquer gentiment de lui…

« Hermione, Ron, Draco et tous les autres réfléchissent à ce qu'ils vont faire, ils élaborent des stratégies et des combinaisons, avant, pendant et après les entrainements, les peaufinant à mesure. Et toi, comment procèdes-tu ? » l'interroge-je, en haussant un sourcil

« Je ne procède pas comme ça. J'ai essayé, mais ça me bloque. Je trouve que cela ne sert à rien, parce qu'on ne sait pas ce que va faire l'adversaire et que si l'on focalise sur ce que l'on va mettre en place soi-même, guettant le moment favorable pour agir, on perd de vue l'essentiel : ce que lui est en train de faire, justement. Alors je me tiens prêt à réagir aux Sorts et Maléfices qu'il jette, j'étudie sa façon de combattre et quand il m'offre une ouverture, je m'engouffre dedans en faisant ce qui me semble le mieux à ce moment-là … » répond-il, yeux baissés vers le sol, tandis qu'il analyse la manière dont il procède, avant de les relever vers moi et d'ajouter : « Sans réfléchir vraiment. Je veux dire, c'est si rapide que je fais confiance à mes réflexes, à mon inconscient et à ma Magie, pour tirer parti de mon analyse de la situation… »

« Exactement comme le faisait mon cher ami Godric ! Lui aussi, avait ce génie ! Et c'est ce qui fait de vous un authentique Gryffondor, à ma grande déconvenue ! Comme j'eusse été fier, que vous apparteniez à ma Maison ! Vous en avez quelques-unes des qualités vous savez, Harry ! Mais voilà, vous avez cet instinct, cet esprit combattif et ce panache extraordinaire qui les supplantent ! Enfin, on ne peut tout avoir n'est-il point ? Et j'ai de quoi m'enorgueillir déjà, d'avoir dans ma Maison, des éléments de valeurs, comme vos frères, le jeune Blaise et quelques autres de vos amis ! » s'exclame le Fantôme de Salazar, avec des effets théâtraux…

« Vous avez raison, Sir Salazar. Ces jeunes gens sont très doués également. Allons, il est temps de partir. Bill va nous attendre et l'heure du dîner est proche. Il ne faudrait pas que Gauthier Sylvestre rate son entrée, n'est-ce pas ? » sourit Nally, le regard amusé.

« Mais une minute, veux-tu Maman Nally… Je ne suis pas invincible, ni un surhomme… Enfin, un sur-sorcier… Et encore moins un super Héros… Je veux dire, on peut me battre en duel ou en combat… Et Voldemort est plus puissant que moi, sans aucun doute…» nous retient Harry, qui a l'air un peu perdu de nouveau

« Effectivement Harry, personne n'est un super héros imbattable. Chacun a son talon d'Achille. Il n'y a guère que les imbéciles ou les mégalomanes qui peuvent penser le contraire. Et c'est justement parce que tu le sais, que tu ne baisses pas ta garde. Tu pars au combat la peur au ventre et d'une certaine manière cela me rassure, car si c'était le contraire, je m'inquièterais bien plus pour toi encore… Quant à Voldemort, la Magie Noire lui permet de produire des Maléfices très puissants et qui affaiblissent ses adversaires à cause de la douleur qu'ils génèrent. Mais ces Maléfices exigent de lui des efforts et une dépense d'énergie considérable. Et c'est là, son talon d'Achille…Face à un adversaire qui lui résiste longtemps et évite ses Maléfices ou les détourne, il finira par s'épuiser et commettre des erreurs fatales… » répond Nally, en avançant vers lui pour serrer l'une de ses mains dans la sienne..

« Ça me rassure, que tu ne me vois pas comme un super héros… Tout ce que tu me dis de Voldemort aussi. Même si tu me l'avais déjà dit, je crois que je comprends mieux, aujourd'hui… » dit-il, en respirant de nouveau, avant d'ajouter : « Il faut que je réfléchisse à tout ça… »

Nally hoche la tête, puis nous sortons de mes appartements, alors même que l'horloge sonne 18h00 et je presse aussitôt le pas vers les Passages Internes.

« Nous n'aurons pas le temps de passer chez toi, Nally. Il nous faut aller directement chez Albus. » fais-je remarquer, tandis que nous remontons un couloir, en courant à demi.

« Si tu veux, je peux porter ta serviette et le serpent chez Maman Nally tout seul. Messire Salazar me mènera par les Passages sans problème… » propose Harry, qui marche derrière moi…

« Je te ferai remarquer que je n'ai pas de vivarium, Harry… » intervient Nally, en se retournant brièvement vers lui.

« J'ai envoyé Dobby en chercher un, chez l'animalier du Chemin de Traverse. Il doit déjà être installé dans ton nouveau bureau… Tu pourras le déplacer dans tes appartements ou ceux de Gauthier Sylvestre. Et pour les souris, ne vous embêtez pas, Dobby se charge d'en trouver quelques-unes pour en faire élevage. Il nourrira lui-même le serpent chaque matin… » précise Harry, qui semble avoir pensé à tout..

« Alors dans ce cas, j'accepte ta proposition… » réponds-je, en me retournant pour lui donner ma serviette.

Et je vois le Fantôme de Salazar sourire jusqu'aux oreilles, tandis que Harry, d'un petit coup de Baguette, fait apparaître un boulier, dont il fait glisser une boule verte sur le côté, donnant à cette rangée l'avantage sur les argents et les ors, avant de le faire disparaître…

« Compétition entre Sir Salazar, le Baron Sanglant et Si Nicholas… » sourit Harry, en prenant ma serviette…

Je lève les yeux aux cieux et je reprends mon chemin vers le bureau d'Albus, tandis que mon fils adoptif bifurque à droite, vers les nouveaux quartiers de Nally….

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Bill

Sev et Nally arrivent un peu essoufflés, à 18h11. Il y a un instant, j'ai enfilé les vêtements que Sev a préparés à mon intention dans le bureau du professeur Dumbledore et pris le Polynectar. Sev sursaute en me voyant…

« Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est étrange de se retrouver soudainement face à son double parfait… » dit-il, avec un sourire.

« Je ne vois pas mon double encore, en ce qui me concerne… » réponds-je, en lui faisant un clin d'œil.

Il jette aussitôt un Sort vers moi et je sens des fourmillements dans mon visage. Mes poils de barbe se rétractent, mon nez s'allonge et se courbe, mes lèvres mincissent, mes dents bougent et se mettent de travers pour certaines, mes yeux rentrent un peu dans les orbites, mes iris picotent et mes paupières s'étirent. J'ai le sentiment également, que ma peau se tend sur mes joues et mes pommettes…Et que mes cheveux collent désagréablement sur mon crâne…

« Et maintenant ? » demande Sev, en m'invitant à me regarder dans un miroir.

Nous sommes côté à côté et parfaitement semblables. Des jumeaux…

« Merlin que je suis laid ! » grimace-je, avant de lui jeter un œil noir, quand il éclate de rire…

« Parfaitement réussi, le regard. Mais essaye un demi-ton plus grave, pour la voix… » me conseille Nally, qui s'est placée derrière moi.

« Plait-il ? Serait-ce à moi que vous vous permettez de vous adresser sans avoir été invitée à le faire, Madame De Paimpont ? » m'enquiers-je, en haussant un sourcil, sur un ton un poil plus grave et quelque peu dédaigneux…

« Parfait ! » s'exclame Nally, les yeux pétillants, avant d'ajouter, sur un sourire : « Allons-y, il est plus que l'heure… »

Elle m'entraîne aussitôt vers la sortie du bureau, tandis que Sev, qui a lâché son masque, s'en va par la Cheminée. Il est prévu qu'il file jusqu'au QG, enfile ses nouveaux vêtements, prenne ses bagages et Transplane aux portes de Poudlard, où Hagrid l'attend avec une calèche…

Il parait que nous allons avoir une petite surprise quand il va arriver et j'ai hâte de voir ça…

Je me sens des ailes, tandis que je descends l'escalier de service qui mène dans la Salle des Professeurs. Ma mission va parfaitement bien se passer, j'en suis convaincu. Nally me laisse entrer le premier dans la Grande Salle. Je me faufile le long de la table des professeurs, en faisant voler ma cape, pour prendre place entre les professeurs Dumbledore et Chourave.

On a une sacrée belle vue, d'ici. Un Sortilège permet de toute évidence de voir jusqu'au bout des longues tablées d'élèves, en distinguant chaque visage avec précision… Je comprends maintenant comment les profs peuvent repérer si facilement les plaisantins et ceux qui complotent…

Les plats arrivent. Je me tiens raide et droit, comme le fait Sev. Cela ne m'est pas trop difficile. Depuis que j'ai décidé de prendre sa place, j'imite sa gestuelle et sa posture en toute occasion. Les professeurs Dumbledore et Chourave sont avenants et font la conversation. J'ouvre peu la bouche cependant et j'observe beaucoup la tablée Serpentard, du côté des Ânes Bâtés, comme me l'a recommandé Sev. Je connais leurs noms. Quand nous étions dans le Temps Ralenti il m'a montré dans une Pensine, au cas où cela s'avèrerait utile, chacun de leur visage, jusqu'à ce que je les connaisse par cœur.

Soudainement, la rumeur des conversations est interrompue par des miaulements écorchés et des aboiements. Et Miss Teigne effectue une entrée fracassante dans la Grande salle, sautant vivement sur la table des Serdaigles qu'elle traverse en filant à toute vitesse parmi les assiettes, les gobelets, plats et pots de jus de citrouille, poursuivie par un jeune labrador qui la course en projetant sur les élèves nourriture et boissons …

« Croquemitaine ! Chien idiot ! Laisse cette pauvre vieille chatte tranquille et descend immédiatement de cette table ! » entend-on tonner une voix grave au fort accent français, depuis la porte…

Gauthier Sylvestre vient de faire son entrée et tout le monde se tourne vers lui…

Voilà donc la surprise ! Un labrador… Il doit avoir cinq ou six mois…

Sev est vêtu d'une épaisse cape bleu nuit, dont les pans s'écartent sur une robe d'un beau vert émeraude et il court après le labrador, tendant sa Baguette dans sa direction, pour l'appeler d'un Accio puissant. Le chien file en arrière, en battant des pattes, dans un aboiement plaintif, au grand plaisir des élèves qui éclatent de rire…

Je dois avouer que j'ai grand mal à me retenir de rire moi aussi. Je parviens cependant à seulement hausser un sourcil perplexe, tandis que Gauthier Sylvestre attrape fermement son chien qui gigote dans ses bras. Il le sermonne un bref instant en français, puis s'avance vers la Grande Table tout sourire…

« Excusez-moi pour mon retard, professeur Dumbledore ! Mais les Transports Internationaux par Cheminette étaient quelque peu encombrés aujourd'hui ! » s'exclame-t-il avec bonne humeur, avant de désigner son labrador du doigt et d'ajouter : « Et veuillez également excuser la fracassante entrée de Croquemitaine. Rassurez-vous, il n'est absolument pas méchant, malgré son nom. Juste un peu idiot et il a été ainsi baptisé par ma jeune nièce, qui me l'a offert juste avant mon départ. Elle ne voulait pas que je parte sans emporter un souvenir d'elle. C'est fort réussi, je ne manque pas de penser à elle à chaque bêtise de ce chenapan… »

Un chien, à Poudlard où on compte une bonne centaine de chats ! Ça risque de faire pas mal de dégâts ! Et je ne puis m'empêcher de jeter un coup d'œil vers Nally. Ses yeux pétillent ardemment. Autant que ceux du professeur Dumbledore. Remus, lui, ne cache pas son amusement en affichant son sourire et je note que McGo pince les lèvres, pour éviter de pouffer de rire…

En fait, tout le monde est joyeux, à la table des professeurs. Sauf moi, qui suis obligé de garder mon sérieux et ma froideur. Réputation Snapienne oblige…

Et du côté des élèves, c'est la joie également. Hormis peut-être du côté de quelques Ânes Bâtés, les plus âgés généralement, qui affichent pour la plupart un regard méprisant vers leur nouveau professeur.

« Vous êtes tout excusé, mon cher » répond Albus, en se levant et invitant Sev à le rejoindre, avant d'ajouter : « Chers professeurs et chers élèves, je vous présente Gauthier Sylvestre, le nouveau professeur de Défense Contre Les Forces Du Mal. »

Les élèves accueillent leur nouveau prof avec un évident plaisir et les applaudissements crépitent. Il y a même des sifflements enthousiastes et je ne manque pas de noter également, les coups d'œil appréciateurs de quelques jeunes filles…

Ouais. Ça se comprend. Il est plutôt beau mec le vrai Sev. Et ses vêtements colorés avantagent sa haute silhouette athlétique. Je le regarde s'assoir auprès de Nally, qu'il embrasse sur la joue sans cérémonie, avant de se tourner vers Remus, qu'elle lui « présente » et de lui serrer la main avec chaleur. Il se penche ensuite par devant Nally, pour serrer également la main de Flitwick. Et il engage aussitôt une conversation animée avec ses voisins de table, tout en caressant la tête de son jeune chien qu'il a attaché avec une laisse Magique, au pied de la table et qui dresse sa tête jusqu'à lui…

Parfaitement décontracté, Gauthier Sylvestre. Personne ne pourra jamais se douter qu'il est en réalité Severus Snape, la Chauve-Souris des Cachots…

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Harry

Le dessert n'est pas encore servi, mais Draco vient déjà nous rejoindre, Ron, Hermione et moi.

« Alors, qu'est-ce que vous en pensez ? » s'enquiert-il, avec un petit signe de tête vers « Gauthier Sylvestre », les yeux brillants d'amusement, en s'accroupissant entre Ron et moi…

« Belle entrée ! Je ne m'attendais pas du tout au clébard ! C'est Rusard qui va être heureux ! » murmure Ron, avec un sourire goguenard.

« Ouais. Il a fait plutôt fort sur ce coup-là. Croquemitaine. A peu de chose près, ça fait Croque Miss Teigne et c'est d'ailleurs ce qui a failli arriver. Vous croyez qu'il l'a fait exprès ? » souris-je, en regardant vers la table des professeurs, où Papa Sev a l'air de bien s'amuser avec Remus et Maman Nally…

Ça doit sacrément le changer, lui qui a toujours eu l'air guindé, à table…

« Le connaissant, c'est possible… » pouffe discrètement Draco, en allongeant son bras pour saisir une part de la tarte à la mélasse qui vient d'être servie…

« Non, mais, regardez-le… Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'est pas discret… » souffle soudainement Ron, les yeux pétillants

Je me tourne aussitôt vers la table des profs où Papa Sev est en train de faire le tour des professeurs qu'il est supposé ne pas connaitre. Il fait carrément un baisemain aux Dames et leur dispense de toute évidence des compliments enjôleurs…

« Ses sourires sont plus éblouissants que ceux de Lockhart ! On devrait dire à Colin de prendre une photo et de l'envoyer à Sorcière Magazine. Je gage qu'il remporterait haut la main leur concours ! » se moque gentiment Neville, qui a pris place en face de nous…

« Ouais, y a des nanas qui n'ont pas fini de se pâmer ou de papillonner des yeux… Pas besoin de se faire bouillir la cervelle pour lui trouver un surnom à celui-là ! On n'a qu'à l'appeler Gueule d'Amour… » intervient joyeusement Seamus, qui ne sait pas que Papa Sev et Gauthier Sylvestre sont une seule et même personne…

Je m'en étrangle avec mon jus de citrouille et Draco se mord les lèvres pour ne pas éclater de rire, tandis qu'Hermione lève les yeux au ciel, avec un petit sourire en coin.

« En tout cas, il y en a un qui fait la gueule. Et pas d'amour, lui. C'est Tonton Sev. Je crois qu'il n'apprécie pas que ce Gauthier Sylvestre drague ouvertement Tatie. Je l'avais toujours plus ou moins soupçonné d'avoir un faible pour elle et maintenant, j'en suis certain ! » murmure Dean, en se penchant vers nous

Cette fois, c'est Draco qui recrache son jus de Citrouille et moi qui me mord les lèvres. En face, Neville tourne le dos aux copains en faisant semblant de se moucher, pour étouffer son éclat de rire, Hermione, quant à elle, plonge sous la table comme à la recherche d'une serviette perdue pour masquer son hilarité, tandis que j'admire la maîtrise avec laquelle Ron réagit. Il semble de marbre, même si je sens venir vers moi des vagues rieuses…

« Ouais, ben le pauvre, il a aucune chance. Comme tous les bouffeurs de grenouilles, des belles paroles il doit en connaître un rayon et être le roi de la drague, le bellâtre français … » assure Seamus, en faisant une grimace un peu dégoûtée

« Tu veux dire : le bel astre français… » intervient Lavande, qui ne quitte pas Papa Sev des yeux, avec un soupir énamouré…

Et là, je n'en peux plus. J'éclate de rire, alors que Draco, qui se cachait déjà derrière Ron pour rire tout à son aise, s'écroule par terre en se tenant le ventre à deux mains, les joues ruisselantes de larmes, à l'instar d'Hermione, carrément assise sous la table maintenant…

Neville, lui, quitte précipitamment la table en bafouillant une excuse bidon, entre deux hoquets. Dean et Seamus se marrent eux aussi, tout comme Ron qui a finalement craqué et enfoui son visage dans sa serviette…

« Ben pourquoi tu ris ? » demande Lavande à Seamus, en se redressant avec surprise…

« Le… Le… Le… Bel… Astre… » parvient difficilement à articuler Seamus, mort de rire

« Tu te moques de moi, c'est ça ? » se rebiffe Lavande, dont le regard vire au noir.

Mais Seamus ne peut répondre. Il se tient à l'épaule de Dean, la tête rejetée en arrière, pour pouvoir rire à gorge déployée. Et Lavande, qui jette un regard circulaire sur notre groupe, rougit de colère en s'apercevant qu'il n'est pas le seul à rire comme un dératé…

« Tout ça, c'est parce que vous êtes jaloux parce que vous n'êtes pas aussi beaux que lui ! Et que vous ne le serez jamais ! » s'exclame-t-elle, en se levant brusquement du banc, en jetant sa serviette de table au visage de Seamus, avant de partir à grandes enjambées furieuses…

Oh ! Misère de misère ! Que j'ai mal au ventre !

Je n'avais pas ri autant depuis bien longtemps !

Et Merlin que ça fait du bien !

En tout cas, voilà une conversation que je me promets de raconter à Papa Sev et Maman Nally. Ça va bien les faire rire, eux aussi !

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Samedi 8 Février 1997

Acte 6 : La Mort De Severus Snape

Severus

Je descends quatre à quatre l'escalier, mon jeune labrador bien en laisse, pour lui faire faire un petit tour dans le parc. Je passe devant Rusard, qui s'est précipité vers Miss Teigne pour la prendre dans ses bras. Le concierge me jette un œil noir, malgré le bonjour joyeux que je lui lance et Miss Teigne crache en direction de Croquemitaine qui lui répond d'un aboiement.

La pauvre chatte n'a pas compris hier soir, à notre arrivée, qu'il voulait jouer avec elle. C'est un gentil chien, bien élevé, qui a grandi entouré de chats dès sa naissance et ne connait pas le conflit canin/félin, m'a appris l'Animalier du Quartier Sorcier de Paris. C'est bien pour cela que je l'ai acheté étant donné la large représentation de la race féline à Poudlard…

Mais allez expliquer ça à Rusard et à Miss Teigne ! C'est un combat perdu d'avance !

Je lâche Croquemitaine aussitôt sorti sur le perron. Il saute joyeusement dans la neige, se dirigeant vers la cabane de Hagrid, dont il fait le tour avant de filer droit vers la Forêt Interdite.

Flûte ! Il a dû sentir l'odeur de Crockdur et vouloir faire sa connaissance !

Je le siffle, mais il se retourne à peine vers moi avant de poursuivre sa route et, comme hier soir, je suis dans l'obligation de le faire venir vers moi d'un Accio, avant de lui passer une laisse Magique au cou.

Je fais durer la balade autant que me le permet le froid, avant de rentrer au château, pile au moment où Nally arrive dans le hall en compagnie de Bill. Nombres d'élèves se dirigent vers la Grande Salle pour le petit déjeuner et je décide de saisir l'opportunité de bien me montrer en même temps que Severus Snape, même si je pense sincèrement que ma prestation d'hier était largement suffisante pour me démarquer de mon ancien moi. Personne ne viendra à douter que Gauthier Sylvestre et Severus Snape sont deux personnes différentes, même si ce n'est pas le cas..

« Ah ! Nally ! Comment vas-tu ce matin ? » demande-je, haut et fort, avant de l'embrasser sur la joue, puis de tendre la main à Bill.

Il hausse un sourcil, dans une parfaite imitation de ce que j'aurais fait et prend ma main du bout des doigts, la serrant brièvement, juste ce qu'il faut pour ne pas être taxé d'impolitesse par les élèves qui tournent la tête et nous regardent d'un air très intéressé.

« Très bien et toi-même ? » demande Nally, en me souriant largement.

« Je suis dans une forme éblouissante ! Auras-tu le temps de me faire un peu visiter ce matin ? Ce château est immense et je crains fort de m'y perdre ! » réponds-je, en lui offrant le bras pour aller vers la Grande Salle

« Hélas, cela aurait été avec plaisir, mais je suis prise toute la matinée. » déclare Nally, en acceptant mon bras.

« Dommage. Surtout pour toi ! Avoir à travailler un week-end, quelle corvée ! Et vous, Severus ? Auriez-vous du temps à m'accorder ? » m'enquiers-je, en me penchant vers Bill

« Je me serais fait une joie de vous faire visiter les Cachots, Sylvestre, mais tout comme Nally, j'ai des corvées à effectuer. L'oisiveté n'est pas de mise pour les professeurs ici. Nous avons des obligations, même le week-end… » sussure Bill, d'un ton froid et distant

« Ah ! Pas de chance ! Et donc, dès le prochain week-end, adieu le petit farniente du samedi et du dimanche pour moi également ! Moi qui me régalais d'avance de passer un peu de temps avec toi, Nally, je suppose que je devrai me contenter de petites miettes de-ci, de-là… Tant pis, je m'y ferai ! Bien obligé, maintenant que j'ai accepté le poste de professeur, n'est-ce pas ? Et finalement, les miettes de temps que nous aurons, ce sera toujours plus que ce que nous aurions si j'étais toujours en France ! » souris-je, avec bonne humeur en coulant un œil séducteur vers mon épouse, avant de me pencher vers Bill pour ajouter : « Ah ! Et c'est Gauthier, Severus. Sylvestre, c'est mon nom de famille. »

« Je l'ai bien compris. Mais je n'ai pas pour habitude d'être aussi familier avec mes nouveaux collègues. » répond Bill, avec une petite moue dédaigneuse que je n'aurais pas reniée, sous l'écoute attentive des élèves, dont certains s'amusent visiblement…

Je parie que l'histoire hilarante que nous ont racontée Harry, Draco, Ron et Hermione hier soir dans l'appartement de Nally, a déjà fait tout le tour de l'école. Et que les élèves guettent maintenant, les réactions de Severus Snape face à son rival en amour…

Et Bill, en bon farceur, joue visiblement de cela…

« Oh ! Oui, bien évidemment. La fameuse bienséance et réserve anglaise. Excusez-moi, Snape, je ne suis pas familiarisé avec vos coutumes. En France, hors des Hautes Sphères de la Noblesse ou de la Bourgeoisie Snobe, nous faisons nettement moins de chichis ! » déclare-je, avec décontraction, tandis que nous pénétrons dans la Grande Salle

« Je l'avais remarqué, merci bien. Nally elle-même, a toujours été d'une familiarité déplorable… » répond Bill, en jetant un coup d'œil un peu noir vers ma compagne, qui en sourit.

« Ah oui, c'est vrai que vous vous connaissez depuis longtemps. Vous avez… » commence-je, avant d'être brusquement arrêté par mon labrador, qui est resté en arrière et tire sur la laisse.

Ce diable de Croquemitaine n'a pas manqué de repérer Pattenrond, assis sur les genoux d'Hermione et, les pattes avant posées sur le banc, il penche la tête vers lui pour le renifler.

« On dirait que c'est un chien à chat, que vous avez là. » fait remarquer Bill, d'un ton narquois.

« Oui. Il a été élevé avec des chats et il les adore ! » souris-je, en tapotant sur la tête de mon chien

« Oh ! Ainsi, vous êtes le maître d'un chien qui est contre nature ? Intéressant… » commente Bill, sourcil haussé, d'un ton sarcastique

Lui-même est tellement plus vrai que nature, que j'en éclate de rire

« Oui. Et il semblerait que ce chat aimât les chiens, quant à lui… » déclare-je, en lui jetant un rapide clin d'œil, avant de retourner mon attention, vers Croquemitaine et Pattenrond

Ce dernier donne de petits coups de pattes, griffes rentrées, comme des caresses affectueuses, sur le museau de mon chien…

« Joli couple… » lâche Bill, plus narquois que jamais, tandis que j'éclate de nouveau de rire

« Ah ! Severus, j'adore votre humour pince sans rire ! Vous me plaisez et je sens que nous allons bien nous entendre ! » m'exclame-je, en tirant un peu sur la laisse de mon labrador, pour qu'il me suive vers la table..

« Si vous le dites… » répond abruptement Bill, en tournant subitement les talons, pour s'éloigner dans un envol des pans de sa robe ouverte…

« Bon allez, c'est fini de flirter, toi. J'ai faim et j'aimerai aller petit déjeuner. De toute façon, non sulement vous n'êtes pas de la même race animalière, mais c'est aussi un mâle et votre idylle ne saurait aller plus loin. Désolé vieux, mais ce n'est pas ici que tu vas te trouver une fiancée…. » dis-je à mon labrador en me penchant vers lui pour l'inciter à descendre du banc, sous les rires discret de quelques élèves

Ce faisant, je surprends un chuchotement entre Seamus Finnigan et Dean Thomas…

« Tu vois, je l'avais bien dit, que Tonton Sev est jaloux. Ça se voit aussi sûrement que son nez au milieu de sa figure.. » déclare le premier, penché vers l'oreille de son camarade

« Ouais. Et on peut pas le rater, son pif… Pauv' Tonton. C'est pas d'bol pour lui, d'avoir pour rival un mec canon… » répond le second, avant d'enfourner un bon morceau de saucisse dans sa bouche…

Et si cela me fait sourire, cela me pince un peu le cœur aussi. Car ces deux garçons n'étaient pas moqueurs et le « Pauv' Tonton » de Seamus Finnigan était affectueux. Et je me rends compte soudainement, que quelques-uns de mes élèves pourraient éprouver une peine sincère, lorsqu'ils apprendront mon soi-disant décès…

M'en voudront-ils, lorsqu'ils connaîtront la vérité ?

J'espère sincèrement que non, me dis-je, en me redressant, avec dans mes bras mon chien, qui ne voulait décidément pas lâcher Pattenrond…

« Tu sais Gauthier, si tu veux visiter le château, je suis sûre que Harry et ses amis se feront un plaisir de te le faire découvrir, n'est-ce pas, Harry ? » déclare soudainement Nally, tandis que Harry lève brusquement les yeux vers moi…

Ce n'était pas prévu. Mais ce n'est pas une mauvaise idée.

« Ah… Euh… Oui, bien sûr, professeur… » répond Harry, avec un sourire.

« Eh bien, j'en serai ravi, mais je ne voudrais pas vous déranger. Alors si vous aviez prévu de faire autre chose, ne vous gênez pas pour me le dire ! » m'exclame-je, tandis que dans mon dos, Taylor grommelle qu'évidemment le chouchou des profs va sauter sur l'occasion pour se faire bien voir par son nouveau professeur, afin d'obtenir de bonnes notes de faveur.

Aussi sec, je me retourne et j'attire son attention en tapotant avec deux doigts sur son épaule.

« Votre nom, je vous prie ? » demande-je, d'un ton un peu sec, lorsqu'il lève les yeux vers moi

« Taylor. Piers Taylor. » répond-il, les yeux fuyant sous mon regard pointu

« Tout d'abord, Monsieur Taylor, sachez que je ne mets de bonnes notes, qu'aux élèves qui le méritent. Aussi, si vous travaillez dur, obtiendrez-vous de bons résultats dans la matière que j'enseigne. Mais par ailleurs, sachez également que je me sens profondément insulté par ce que vous venez de dire. Car vous venez d'insinuer que je pourrais me laisser acheter par un simple service rendu par un élève. Ou que je pourrais monnayer le service d'un élève, ce qui revient au même. Ce sont peut-être des pratiques courantes, dans le monde d'où vous venez, Monsieur Taylor, mais ce n'est pas le cas dans le mien. En revanche, dans mon monde, lorsqu'on se sent offensé, on demande réparation. Et c'est ce que j'exige maintenant. Présentez-moi immédiatement vos excuses, Monsieur Taylor, ou je vous jette mon gant et nous nous battrons en duel, dans la plus pure tradition, à une date et heure que vos témoins conviendront avec les miens ! » déclare-je, en redressant le dos et toisant Taylor, sous les regards abasourdis de la tablée

Inutile de préciser que le garçon pâlit terriblement…

« Je… Je… m'exc… m'excuse… pppp..professeur.. . » bégaye-t-il, en baissant les yeux..

« Bien ! Cela m'aurait profondément ennuyé de tuer un élève lors d'un duel en règle dès mon arrivée à Poudlard ! Et je pense que le professeur Dumbledore en aurait été fortement contrarié ! » m'exclame-je, en souriant largement et en tapotant de nouveau l'épaule de Taylor, à pleine main cette fois, sous les éclats de rire des Gryffondors se trouvant à proximité.

Taylor et ses camarades, eux, ont le nez qui s'allonge de six pieds de longs, quand ils se rendent compte que l'histoire du duel était une boutade…

« A 9h15 à la sortie de la Grande Salle, Harry, cela vous convient-il ? » demande-je, sans plus m'occuper de Taylor et ses amis.

« Parfaitement Monsieur ! » répond Harry, tout sourire

Et je suis Nally, dont les yeux pétillent de malice, jusqu'à la table des professeurs, pour y prendre un copieux petit-déjeuner…

OoOoOoO

Draco

J'adore Gauthier Sylvestre !

Pa se lâche complètement dans ce rôle. Il est lumineux, enjoué et drôle, d'une décontraction et d'une belle humeur communicative. Et, tandis que nous lui faisons « visiter » le rez-de-chaussée du château, il me permet de voir l'école d'un nouvel œil. Car il interroge les personnages des portraits, ce que je n'avais jamais pensé faire, pour leur demander qui ils sont, depuis quand ils sont là, quelle anecdote de la vie quotidienne à Poudlard les a le plus marqué, quels sont les souvenirs qu'ils conservent de leur vie etc…

Je m'aperçois que les Portraits auraient quantités de choses à nous apprendre, si nous prenions la peine de bavarder avec eux…

Et en réalité, bien que cela fasse près d'une heure que notre visite a commencée, nous n'avons guère parcouru que le bout de couloir qui va de la Grande Salle au Grand Hall et quelques élèves curieux se sont joints à notre groupe…

Visiblement, ils trouvent leur nouveau professeur sympathique et s'amusent de ses réflexions spirituelles et de son accent à couper au couteau

« Oh ! Je n'avais pas remarqué cette statue en arrivant hier soir, ni ce matin d'ailleurs, Il s'agit bien de John Flamsteed, le célèbre astronome, n'est-ce pas ? J'ai lu que Susan, la plus jeune de ses descendantes avait mal tourné ! Elle aurait été impliquée dans l'attaque de votre Ministère en décembre dernier. En faveur des Mangemorts… » déclare Pa, qui observe la statue, mains sur les hanches

« Euh, non. Vous faites erreur, professeur. Il s'agissait de Susan Flamstead, non de Susan Flamsteed… » répond Hermione, visiblement amusée

« Ah ! Il va falloir que j'écrive au rédacteur en chef du Journal de l'Observatoire de la Sorcellerie Internationale, à Paris, pour qu'il corrige cette regrettable erreur ! » s'exclame Pa, avant de tirer sur la laisse Magique de son chien qui, après avoir longuement reniflé le socle de la statue, a levé la patte pour uriner à petits jets…

« Allons bon, Croquemitaine ! Ça ne se fait pas ça, je te l'ai déjà dit ! Tu vas me faire avoir des ennuis avec le concierge, chien idiot ! » s'écrie-t-il, alors que Rusard accoure vers nous, suivi par une bande d'Ânes Bâtés en retenue, qui le suivent sans enthousiasme, sous la houlette du Baron Sanglant qui les somme de presser le pas.

Sa chatte hargneuse dans les bras, Rusard s'arrête à trois pas de nous, essoufflé et le regard furibond.

« Ne pouvez-vous pas lui apprendre à mieux se tenir ! » grommelle-t-il d'un ton hargneux, en dardant le chien d'une lueur haineuse

Un groupe d'élèves de première et deuxième année, encadré de quelques sixième et septième, qui rentrait en bavardant joyeusement, après s'être visiblement adonné à une bataille de boules de neige, fait subitement silence et tous les regards guettent immédiatement la réaction du nouveau prof.

« Je suis désolé, Monsieur Rusard. J'ai bien tenté de lui expliquer qu'on ne marque pas son territoire à l'intérieur d'une demeure, mais il n'a visiblement pas compris. Peut-être devriez-vous essayer. Vous semblez doué avec les animaux et votre chatte a l'air magnifiquement bien élevée ! » répond Pa, avec un sourire aimable, avant de se pencher vers son chien pour ajouter : « Et si je te laissais quelques jours avec Monsieur Rusard pour faire ton éducation ? Une bonne éducation classique à l'anglaise. Qu'est-ce que tu en dis, Croquemitaine ? »

Le chien, qui s'est assis, le regarde en penchant la tête et pousse un petit gémissement plaintif, l'œil presque larmoyant. On jurerait qu'il a compris et supplie Pa de ne pas le laisser aux mains du rébarbatif concierge.

« Pour qu'il s'en prenne à Miss Teigne à la première occasion ? Jamais ! » répond dans le même temps Rusard, avec un mouvement de recul horrifié

« Allons bon. Qu'est-ce que vous me chantez là, mon brave homme ! Croquemitaine ne ferait pas de mal à une mouche et encore moins à votre chatte ! Il aime les chats et ne les croque pas ! Je vous l'ai déjà dit. Tout ce qu'il cherchait hier soir, c'était de faire aimablement connaissance avec votre Miss Teigne et jouer avec elle. Mais regardez, il a compris que votre chatte considère qu'il n'a pas le standing requis pour faire partie de ses fréquentations et qu'elle le snobe ! Il ne s'approchera plus d'elle, désormais. N'est-ce pas mon bon Croquemitaine ? » répond Pa, en flattant la tête de son chien, qui jappe comme pour donner son accord

« Ah ? Vous voyez ! Il vient de dire oui ! Il est finalement plus intelligent qu'il en a l'air, ce chien ! Et j'ai bon espoir qu'en vieillissant il s'assagisse grandement ! » reprend Pa, avec un sourire éblouissant vers Rusard, avant de nouveau s'adresser à son labrador, en fronçant les sourcils : « Enfin, assagis-toi, mais ne deviens surtout pas aigri comme certaines vieilles chattes de ma connaissance ou, je te préviens, nous ne ferons pas bon ménage, toi et moi ! Et de nous deux, tu peux compter que c'est toi qui en feras les frais. Tu te retrouverais en fourrière aussi sûr que un et un font deux ! »

De nouveau le chien jappe, comme pour dire qu'il n'y a pas de danger et je me marre en douce, comme la plupart des élèves les plus âgés. Tout comme moi, ils ont visiblement compris que Pa vient de balancer un message à Rusard, l'air de ne pas y toucher…

Rusard aussi, semble l'avoir compris et il plisse ses yeux avec rancœur, avant de se tourner brusquement vers les Ânes Bâtés pour leur ordonner de ne pas rester les bras ballants et de nettoyer le Hall. Puis il avise les élèves rentrés il y a un instant, autour des pieds desquels s'élargissent des flaques d'eau à mesure que fond la neige collée à leurs bottes et il ouvre la bouche pour les houspiller. Mais il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit, qu'un cri de surprise retentit depuis les escaliers, suivi d'un bruit de chute brutal.

Nous nous retournons tous d'un bloc, pour voir Bill déguisé en Severus Snape, achever un spectaculaire roulé boulé et s'immobiliser en bas de l'escalier, encore à demi couché sur les marches.

La première réaction de certains élèves est de se marrer discrètement, tandis que Pa se précipite vers le corps étendu sans réaction, dont l'un des bras fait un angle inhabituel. Merde ! Bill s'est cassé un bras ! pense-je, alors que Pa se penche vers lui, en demandant si tout va bien.

Naturellement, Bill ne répond pas et les rires s'éteignent, bien que je note, du côté des Ânes Bâtés, des lueurs de contentement moqueur dans les regards qui s'échangent et des sourires en coin…

Pa, le regard exprimant de l'anxiété, pose un doigt sur la jugulaire de Bill, dont le visage est tourné vers le mur. Puis, il relève les yeux vers Rusard, qui l'a suivi.

« Faites évacuer les élèves, Monsieur Rusard. Harry, allez chercher Madame Pomfresh. Courez aussi vite que vous le pouvez. Théodore, allez prévenir le Directeur… » souffle-t-il, d'un ton urgent

Et, bien que sachant que tout cela est une comédie, une horrible boule me monte à la gorge…

Harry et Théo filent aussi vite. Montant les marches quatre à quatre. Mais Rusard ne bouge pas. Il regarde Bill, en déglutissant avec difficulté durant quelques secondes. Puis il se décale un peu sur la droite et se penche vers son visage, avant de se relever, très pâle…

« Il a les yeux fixes. Je crois qu'il est mort. Il a dû se briser la nuque… » souffle-t-il à voix basse.

Mais dans le silence, ses mots résonnent clairement et tous mes poils se dressent sur ma tête, quand éclate un sanglot…

C'est une petite première année de Poufsouffle, qui pleure. Et je note que d'autres élèves retiennent des larmes, tandis que d'autres affichent une mine horrifiée, en hochant négativement la tête. La plupart de ces élèves fait partie du C.C.S.A.B.P.M.…

Il n'y a guère que les Ânes Bâtés, qui ont l'air satisfait, même s'ils tâchent de le dissimuler.

« Faites partir les élèves, Monsieur Rusard. Emmenez-les dans la Grande Salle, s'il vous plait… » murmure Pa, très pâle lui aussi.

Il est ému, je crois, de savoir que sa « mort » suscite de telles émotions…

Rusard réagit enfin à la demande de Pa. Il presse tout le monde de partir. Mais la plupart des élèves ne bouge pas d'un poil et Pa me lance un regard. En tant que Préfet, je dois aider notre concierge. Aussi interviens-je, donnant d'abord un coup de coude à Hermione pour qu'elle suive le mouvement.

« Allez tout le monde ! Il faut obéir ! Allons dans la Grande Salle ! » ordonne-je, d'un ton net et clair, malgré ma gorge nouée.

Et je prends par la main la petite Poufsouffle en pleurs, tandis que mes camarades avancent lentement, certains à reculons, pour ne pas quitter des yeux le corps apparemment sans vie de leur professeur de Potion…

« Il a un lacet défait. Il a dû trébucher à cause de ça… » souffle Kano Nasu, la voix tremblante…

« Probablement, oui… C'est idiot. Cette chute est idiote… » murmure également Padma Patil, au bord des larmes…

J'échange un regard avec Hermione. L'ambiance va être lourde pendant quelques temps au QG. Jusqu'à ce Pa décide qu'il est temps de rétablir la vérité auprès des copains et copines du C.C.S.A.B.P.M. au complet… Et nous avons intérêt à bien tenir notre rôle…

Et je me dis que je suis heureux, que Miho ne soit pas là. Je n'aurais pas supporté de la voir malheureuse à cause du faux décès de son Parrain Grognon…

Quoique Plumki lui aurait sans doute dit la vérité…

OoOoOoO

Dimanche 9 Février 1997

Acte 7 : Un Nouveau Prof De Potion

Severus

Je suis heureux que toute cette comédie autour de mon décès prenne bientôt fin.

Je ne pensais pas que cela prendrait une telle ampleur…

Comme il fallait s'y attendre, la nouvelle s'est répandue parmi les élèves, en moins d'un quart d'heure et ils se sont tous spontanément rassemblés dans la Grande Salle, avant qu'Albus en ait fait la demande, attendant que leur Directeur confirme mon décès…

Nombreux sont les élèves qui ont désiré rendre un hommage à ma dépouille. Tout le C.C.S.A.B.P.M. bien sûr, mais d'autres également, auxquels je ne me serais pas forcément attendu. Les Directeurs de Maison ont organisé les visites de manière échelonnée et les Préfètes et Préfets ont veillé à ce que tout se passe dans le bon ordre.

Cependant, une bagarre a été évitée de justesse juste avant le début du dîner, quand Astérion Thorpe a déclaré suffisamment haut pour que chacun autour de lui entende : « La Maison Serpentard va peut-être reprendre du galon et retrouver sa splendeur, maintenant que son félon Directeur a enfin tiré sa révérence. Dommage qu'il ne l'ait pas fait d'en d'atroces souffrances… »

Il a fallu que Ron attrape Seamus Finnigan et Dean Thomas par le cou, pour les empêcher de lui sauter dessus et les faire sortir de la Grande Salle, tandis que Draco, Blaise et Benjamin ceinturaient Oliver Moon et Gregory Goyle…

Quand les Ânes Bâtés sont partis pour effectuer leurs retenues, Hugh Pygott, le Préfet en Chef, qui avait fait passer le mot et demandé que tous les autres restent à leur place à la fin du dîner, est monté sur son banc, pour exhorter chacun au calme.

« Le professeur Snape voudrait que vous ayez un comportement exemplaire et que vous répondiez aux imbécilités de ces connards d'Ânes Bâtés par la plus stricte indifférence ! Alors pas de chambardement ! Mais de la dignité voilà ce que vous devez leur opposer ! » a-t-il déclaré, avant de se rasseoir

Pas mal de têtes se sont baissées, parmi les plus belligérants, notamment aux tables de Gryffondor et Serpentard…

Dès lors, les poings se sont serrés dans les poches et les langues sont restées dans les bouches, quand des élèves Pro-Voldemort ont effectué des commentaires irrévérencieux envers ma personne ou envers les personnes extérieures qui ont commencé à affluer dès le soir…

Nombreux sont les élèves qui ont envoyé un courrier à leurs parents en fin de matinée… Et la nouvelle de ma mort est parvenue à Voldemort vers 17h30, par l'intermédiaire de Willy Larbrouss qui en a entendu parler sur le Chemin de Traverse. Il était à la fois furieux et terriblement déçu de n'avoir pu me torturer et me tuer lui-même…

Quant à Lucius, il a trouvé hilarant, que je meurs dans des circonstances aussi stupides…

Puis il a émis un doute…

« Êtes-vous certain que ce n'est pas un canular qui s'est répandu ? Ou que Willy Larbrouss a bien compris ? » a-t-il demandé, faisant sursauter Voldemort

« Tu as raison, Lucius. Il faut nous en assurer… » a-t-il décidé aussitôt…

Et il est allé lui-même, exiger de Latton de venir à Poudlard…

Latton est venu ce matin à la première heure…

Et d'après Remus, il a, discrètement, examiné avec minutie, le soi-disant cadavre, exposé dans une salle du troisième étage…

Et quand il s'est enfin décidé à quitter la salle, Albus, prévenu de son arrivée, en a profité pour l'inviter dans son Bureau et lui demander de me remplacer…

Le bonhomme a été surpris, bien sûr. Il a aussitôt demandé si ce ne serait pas incompatible avec la mission qu'il devait remplir dans un futur proche..

« Hélas, nous devrons faire appel à un autre, pour la remplir, ce qui va sans doute considérablement retarder nos projets, si cela ne les contrarie pas définitivement… Gardons cependant espoir. Rien n'est perdu encore. Et je compte sur vous, pour remplacer Severus Snape, au poste de professeur de Potion. Nous sommes pris de court et je crains, si je fais appel à candidature, que Voldemort n'en profite, pour placer un Espion ici… Imaginez les conséquences que cela pourrait avoir, Egidus. Nous ne pourrions plus garantir la sécurité de Poudlard et de nos élèves. Et cela doit rester notre priorité, que de l'assurer. » a répondu Albus, en toute innocence, sachant que, si Voldemort n'exigeait pas de regarder lui-même les souvenirs de cette conversation directement dans l'esprit de son serviteur, ses paroles lui seraient fidèlement rapportées et que Voldemort verrait là l'occasion de se moquer de lui…

Et qu'il donnerait sans hésiter, l'ordre à son serviteur d'accepter cette proposition, même si par ailleurs, cela le contrarierait quelque peu, de voir une occasion de faire effectivement échouer la mystérieuse mission qui le préoccupe beaucoup. En vérité, il passe de longues heures à réfléchir seul, là-bas, au Manoir Malfoy depuis mercredi, date à laquelle Albus a parlé de cette soi-disant mission à Latton….

« Bien… Oui, je comprends… Il faut que j'y réfléchisse cependant… Que je m'organise… mon magasin, vous comprenez. Je dois demander à mon fils s'il peut s'en occuper seul. Je ferai tout ce qui est possible de faire pour vous aider… » a répondu Latton, très hésitant…

Il ne pouvait prendre de décision à brûle pourpoint évidemment.

« Je vous faciliterai la tâche, Egidus, pour que vous puissiez continuer à travailler dans l'intérêt de votre commerce. En vous déchargeant de certaines obligations, par exemple. Vous auriez ainsi du temps pour concocter des Potions pour votre magasin. Mais je vous en prie, mon ami. En rendant ce service à l'école, vous rendez également service à l'Ordre du Phénix, croyez-moi… » a insisté Albus, en laissant transparaître du désarroi…

Ce que devrait apprécier grandement Voldemort, s'il fouille les pensées de son serviteur…

Et c'est ce qui s'est produit, quand Latton est retourné chez lui… Voldemort a longuement parcouru ses souvenirs de sa visite à ma dépouille et de son entrevue avec Albus.

Et il a ri. S'empressant d'ordonner à Latton de répondre favorablement à la demande d'Albus et d'investir le Château le soir même… Puis il est rentré au Manoir et n'a pu s'empêcher de parler de tout cela avec Lucius, avant de partir déjeuner chez les Brandburgy…

Je frissonne. Mais ce n'est pas le froid du petit vent piquant qui souffle sur mes funérailles, qui me fait frémir…

C'est le souvenir de ce que Dedalus Diggle m'a rapidement rapporté avant la cérémonie…

Voldemort a tenu à voir Brutus Brandburgy seul durant quelques minutes… Il n'a rien exprimé clairement au garçon, mais, même si Dedalus pense qu'il n'a pas eu de geste déplacé envers lui, il a paru clair à ses oreilles et celles de Maugrey en garde également à la Base ce midi, que le jeune adolescent lui plait… pour le moins physiquement…

« Il n'y a pas à s'y tromper. Il lui a dit textuellement : j'espère que nous serons aussi proches que je le suis avec tes grands frères et que nous aurons bientôt le plaisir d'avoir une conversation plus intime. Aux prochaines vacances, par exemple. Tu pourrais passer quelques jours au Manoir, avec Accrux et Arcturus. Cela serait pour toi l'occasion d'effectuer un apprentissage spécial, en ma compagnie et la leur… » a raconté Dedalus, avec une moue de profond dégout..

Le gosse a-t-il pu comprendre la portée de ces paroles ? Voldemort les a-t-il accompagnées de regards explicites ? Ou le gamin s'est-il laissé aveugler et est-il persuadé que Voldemort lui apprendra des Maléfices de Magie Noire ?

Je me promets d'être attentif à lui dès son retour prévu ce soir. De l'observer pour décrypter dans quel état d'esprit il est…

Le ciel se couvre de gros nuages chargés de neige encore, tandis qu'Albus invite d'un signe de tête les Préfètes et Préfets, à ramener leurs camarades dans la Grande Salle. Le moment de clore la cérémonie est venu et il veut leur épargner la partie finale, choisie selon mon vœu…

L'incinération de ma dépouille, placée, sous le témoignage des Membres du Conseil d'Administration, dans un simple cercueil en pin. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que celui-ci a un double fond et que je me suis chargé de l'activer pour faire sortir Bill et remplacer « mon corps » par un animal mort…

Un demi-bœuf, que Lee est allé acheter dans une boucherie Moldue…

Dès que le cercueil et son cortège sont sortis de la salle funéraire, j'ai récupéré Bill, sous le catafalque de velours et je lui ai administré la Potion Antidote à la Faciès Mortis.

Il est revenu à lui immédiatement. En bonne santé, même s'il se sent un peu groggy et qu'il a grimacé en constatant que son bras gauche était cassé. Nous n'avons pas pu le réparer plus tôt. Cela aurait paru suspect, que l'on soigne le bras cassé d'un cadavre. Richard s'est empressé de le réparer et Bill a tenu à venir assister aux funérailles, comme c'était prévu…

Le voilà justement, qui s'avance avec ses frères, ses parents, Remus et Nally. Ce sont eux qui sont chargés de procéder à l'incinération. Ils murmurent le Sort, le jetant à pleine puissance, tous en même temps. Les flammes sont vives et claires. Une brève odeur de chairs brûlées me titille les narines et une épaisse fumée noire s'élève brutalement. Cela ne dure pas plus de trois secondes cependant. Le nuage de fumée se disperse dans le vent et l'on peut distinguer, sur la table métallique sur laquelle le cercueil était posé, des cendres épars et quelques petits bouts d'os qui ont résisté à la puissance du feu.

D'une incantation, Albus les rassemble et il les transfère dans une urne d'opaline verte incrustée d'argent, avant de la remettre à Nally, qui est censée aller la déposer dans le caveau familial de la famille Snape…

Voilà, mes funérailles sont consommées.

L'assistance se disperse. Les quelques parents d'élève, les Membres de l'Ordre qui se sont déplacés (ils sont tous là, hormis ceux qui sont en mission de surveillance) et le conseil d'administration prennent le chemin vers les portes de Poudlard. Les professeurs et les Fantômes qui ne sont pas assignés à la surveillance de la Grande Salle regagnent le château…

« Comment te sens-tu ? » me demande discrètement Remus

« Je suis satisfait que ce soit terminé. Et j'ai hâte de pouvoir dire la vérité aux jeunes du C.C.S.A.B.P.M…. Certains de ces gamins sont sincèrement très touchés et je m'en veux de leur avoir joué cette comédie, même si c'était nécessaire… » réponds-je, dans un souffle

« Je ne veux pas ajouter à ta culpabilité, mais ce n'est pas seulement certains, qui sont très touchés. Ils le sont tous. Ce n'est pas étonnant, après le séjour au Paradis où ils ont appris à te connaître sous un jour différent… Souviens-toi de leur chanson. Ils t'apprécient tous beaucoup depuis. » sourit Remus, avant d'ajouter, en me serrant l'épaule de sa main : « Et ne t'en fais pas. Ils comprendront… »

« J'espère… Il n'y a rien de pire que de trahir la confiance d'un adolescent. » soupire-je, un peu miné par l'inquiétude

Oui, j'ai hâte de pouvoir leur dire la vérité… En même temps je redoute de le faire…

« J'ai décidé que Mercredi soir, tout le C.C.S.A.B.P.M. aura rendez-vous dans la Grande Salle d'Entrainement à 19h45. Un petit séjour d'une semaine au Paradis leur fera du bien. C'est là-bas qu'ils apprendront la vérité et ils auront le temps de la digérer avant le retour… » intervient Nally, en passant son bras sous le mien…

« Bonne idée… » acquiesce-je, heureux qu'elle y ait pensé…

Là-bas, je pourrai mieux gérer les réactions déçues…

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1) Référence à mon O.S. : Un Rayon De Soleil Dans Les Cachots…

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