Disclaimer: cf chapitre 1

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Beta: Mistycal à laquelle je fais un gros bisous

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Merci à toutes celles et ceux qui m'ont fait part de leur avis concernant la publication du Livre IV…

Je ferais connaitre mon avis définitif la semaine prochaine, après une très longue discussion avec moi-même et en tenant compte de toutes les paramètres possibles, conseils et avis qui m'auront été gentiment donnés…

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Réponses aux commentaires sur mon forum pour :

- Yzeute – Lul – Nathalie – Douceurfamille -

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Mortelle St Valentin 2/4

Acte 5 : Carnage annoncé

Bill

Le village Sorcier de Dublin, aux rues étroites et maisons vieilles de plusieurs siècles, est plutôt étendu et s'apparente davantage à une petite ville dans la ville qu'à un village. Et aujourd'hui, il est bondé de touristes Sorciers, venus ici pour fêter la St Valentin, dans une ambiance généreuse et chaleureuse…

Cela n'a pas été une sinécure, de trouver le Chef du Village, qui n'a rien voulu écouter, tant que son Conseil des Sages ne serait pas présent au complet, ce qui nous a beaucoup retardé déjà, dans notre objectif d'annuler les festivités et d'évacuer les lieux. Et depuis une bonne demi-heure maintenant, Papa parlemente en vain. Car aucun de ces vieux croûtons têtus ne veut entendre raison, arguant que c'est toujours la nuit, que Voldemort attaque et que d'ici là, on a le temps de voir venir…

« Ôtez au moins les Sortilèges Anti-Transplanage, que le village puisse être plus rapidement évacué en cas d'alerte… » insiste Papa auprès du Chef du village.

« Si je fais ça, les Sorts Repousse-Moldus risquent de tomber avec et je vais me retrouver en infraction avec le Code International du Secret Magique ! J'aurais alors de gros ennuis ! » refuse nettement le Chef de village

« Parce que vous croyez que le village ne sera pas repéré en cas d'attaque ! Mieux vaut une infraction au Code International qu'un carnage vous ne croyez pas ! Très bien, je n'ai pas l'habitude d'abuser de mes prérogatives de Sous-Secrétaire d'Etat, mais puisque c'est comme ça, c'est au nom du Ministère, que je vous donne l'ordre d'évacuer immédiatement les lieux ! » s'énerve Papa, à deux doigts je crois, de foutre un raclée à ce pignouf

« Ni moi, ni mon Conseil des Sages n'avons jamais reconnu l'autorité de Fudge et ce n'est pas aujourd'hui que nous allons commencer ! » s'obstine le vieux crétin rabougri, approuvé par l'ensemble de son conseil

« Vous parlez d'un Conseil des Sages ! Vous êtes plutôt une bande de vieilles badernes séniles ! » s'exclame Papa, rouge de colère, provocant des réactions offusquées, avant de se tourner vers moi et d'ajouter : « Je prends immédiatement la direction de ce village ! Bill, donne l'ordre d'évacuation. Les femmes et les enfants d'abord, tandis que les hommes se tiennent prêts à couvrir leur fuite ! Tâche de faire en sorte avec ton groupe, que les choses se passent calmement… »

J'acquiesce, heureux que Papa ait pris cette décision et je me dirige vers la porte, mais celle-ci s'ouvre avant que j'aie eu le temps de l'atteindre.

« Voldemort harangue déjà ses troupes ! On ne peut pas compter avoir plus de dix minutes devant nous ! » s'exclame Charly, le regard inquiet

Putain ! Voldemort va attaquer plus tôt encore qu'on le craignait ! On n'aura jamais assez de temps pour faire évacuer des centaines et des centaines de personnes en si peu de temps !

Il faut pourtant essayer…

« On évacue ! Vite et bien ! » réponds-je, en courant déjà, tout en faisant passer le mot par mon micro, aux Membres de mon groupe, éparpillés un peu partout aux places stratégiques…

Aussitôt dehors, j'engage les personnes à ma portée, à se diriger avec calme vers la sortie ou les Cheminées ouvertes au public les plus proches, essayant d'expliquer que nous craignons une attaque de Mangemorts. Mais la musique, les rires et les conversations couvrent ma voix et les gens ne prêtent pas attention à moi…

« Personne ne veut rien entendre ! » s'exclame Fred ou Georges dans mes écouteurs

« Pareil de mon côté ! Les gens me regardent comme si j'étais cinglé ! » déclare mon pote Martin, d'un ton contrarié

« On voulait éviter la panique mais tant pis. C'est trop tard, faut employer les grands moyens pour sauver le max de monde. Toi et ton groupe faites sauter le Sortilège Anti-Transplanage Charly ! Sonorus les gars ! » décide-je, en sautant sur la table de la terrasse d'un salon de thé, me fichant bien de renverser du chocolat brûlant et d'écraser quelques gâteaux.

Puis j'applique un Sonorus sur ma gorge et j'annonce au nom du Ministère et de l'Ordre du Phénix, que les festivités sont annulées, juste avant que le Sortilège Anti-Transplanage pète dans un formidable coup de tonnerre, faisant sursauter et taire tout le monde.

« Que celles et ceux qui peuvent Transplaner le fasse immédiatement, les autres sont priés de se diriger calmement vers la sortie ou la Cheminée publique ou privé la plus proche ! Laissez d'abord passer les femmes et les enfants ! On évacue les lieux par sécurité ! » ordonne-je, d'un ton autoritaire

« Et pourquoi ça ! On est venus de loin pour faire la fête et on veut la faire ! » s'exclame une voix mécontente, tout près de moi

« Que tout le monde dégage c'est un ordre ! Vous avez quelques minutes pour partir et tout le monde pourra le faire si vous restez calmes et que vous vous décidez maintenant !» insiste-je, sans pouvoir me décider à risquer créer une panique en annonçant une attaque imminente

Il y a beaucoup de gosses en bas âge et des vieux couples. Ils pourraient se faire écraser s'il y a un mouvement de foule paniqué et je n'ai pas envie d'être responsable de ça…

D'autant plus que cela aura été inutile, si Ron s'est trompé…

Non, mes poils sont dressés. Et la nuque de Charly dégouline, je l'ai vu tout à l'heure. C'est ici, que Voldemort va venir…

« Vous n'êtes pas d'ici ! Qu'est-ce que vous avez besoin de venir gâcher notre fête ! » s'écrie une vieille femme à la voix aigrelette, qui tient un stand de petits cœurs et autres insignes de St Valentin clignotants

Il faut que je me rendre à l'évidence. Je ne vais pas pouvoir éviter la panique. Alors je me décide, la mort dans l'âme…

« Il faut évacuer dans l'ordre et le calme maintenant ! Que les villageois laissent leur Cheminée accessible aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées ! Le Sortilège Anti-Transplanage est levé. Transplanez, utilisez les Cheminées ou les sorties vers le côté Moldu ! Nous craignons une attaque de Mangemorts ! Mais restez calmes, partez dès à présent et tout ira bien ! » annonce-je d'une voix forte, qui résonne dans tout le village, les mains moites et le cœur battant

Des cris horrifiés retentissent aussi sec. Mais si quelques Sorciers et Sorcières empoignent leurs enfants pour Transplaner illico presto, la plupart des personnes semblent figées sur place durant trois ou quatre secondes. Puis une femme se met à courir en hurlant et c'est soudainement la débandade…

« Restez calmes ! Que celles et ceux qui peuvent Transplaner aident les autres ! Laissez passer les femmes et les enfants d'abord aux Cheminées et aux portes ! Messieurs, tenez-vous prêts à couvrir les femmes et les enfants si nécessaire ! » exhorte-je, tout comme les autres membres de mon groupe.

Mais les gens courent dans tous les sens, se bousculant les uns et les autres, renversant les tables, les chaises et quelques étals pour se ruer vers les maisons et les sorties du village. Ils ralentissent l'évacuation, en se disputant aux portes, essayant de passer en force. Des enfants hurlent, à demi étouffés par les adultes qui les serrent de trop près. Et comme au ralenti, je vois un vieil homme trébucher sur un pavé disjoint. Il tombe au sol, entrainant sa femme dans sa chute et ils se recroquevillent instinctivement tous les deux, mains sur la tête, tandis qu'ils sont piétinés.

Je saute de la table et je fends la foule vers eux. J'attrape un solide gaillard par le bras et je le somme de m'aider à relever les vieux. Mais il s'arrache à ma poigne et fiche le camp sans état d'âme…

J'arrive à remettre sur ses jambes vacillantes la vieille femme, puis son mari et je les pousse vers une boutique proche, dont le propriétaire est en train de fermer le volet de fer. Je l'arrête à temps pour faire passer le couple dessous puis je me retourne et j'engage une femme, figée juste à côté, deux bambins en pleurs accrochées à sa cape, à entrer aussi dans la boutique.

« Mon mari ! Je ne sais pas où il est ! Nous avons été séparés. Il est avec mon bébé et ma mère ! » pleure-t-elle…

« Vous les retrouverez plus tard ! Entrez là ! Et partez par la Cheminée ! » l'enjoins-je, en la poussant sans ménagement, avant de faire entrer d'autres personnes jusqu'à ce que le commerçant s'écrie qu'il n'y a plus de place et qu'il n'aura pas assez de poudre de Cheminette pour faire partir tout le monde…

« Rétablissez le calme et faites Transplaner ceux qui le peuvent afin de réserver la Poudre de Cheminette pour les autres ! » ordonne-je, d'une voix forte

Mon Bipper vibre dans ma poche. Je le saisis.

« Dublin – Trois minutes » lis-je, relevant aussitôt les yeux, avant de Transplaner sur le toit d'une haute maison, pour évaluer la situation…

La foule se masse auprès de chacune des trois sorties du Village et des maisons dont les Cheminées ont été ouvertes au public. Il est impossible que tout le monde soit parti avant trois minutes…

« Transplanez ! Transplanez ! Ou allez prendre la Cheminée dans les maisons d'à côté ! Et retrouvez votre calme par Merlin ! Restez calmes ! » entends-je les membres de mon groupe crier de toutes part…

Mais personne ne les écoute. Les gens sont trop paniqués pour réussir à Transplaner ou entendre les instructions. Certains sont prostrés, recroquevillés sur eux-mêmes, incapables de bouger…

« Faites entrer les femmes et les gosses dans les maisons ! Que les hommes se tiennent prêts à couvrir leur fuite ! Je répète, faites entrer les femmes et les enfants dans les maisons ! Ne fermez pas les portes, laissez les femmes et les enfants partir en premier ! » ordonne-je, un Sonorus sur la gorge, avant de le couper et d'ajouter via mon micro pour mon groupe : « Faut se mettre en place. Il reste deux minutes à peine pour le faire… »

Puis je vais prendre position, tandis qu'une multitude de plop se fait entendre…

Les Membres de l'Ordre arrivent et dans moins de deux minutes ce sera le tour de Voldemort et de ses troupes de Mangemorts…

Et il reste plus de la moitié de la foule des fêtards encore dans les rues. Des hommes, des femmes et des gosses par centaines, presque tous incapables de faire face et de se battre…

Ça va être un carnage…

A nous de faire en sorte qu'il y ait le moins de victimes possible, me dis-je, en jetant à tour de bras des Sorts de Protection dans tous les coins…

Ça tiendra le temps que ça tiendra. Et ça permettra peut-être de sauver quelques vies…

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Harry

Bon, je dois avouer que les choses ont été bien faites, pour donner une ambiance de fête à Poudlard. Les salons de thé ont effectivement l'air d'avoir chacun un caractère tout à fait différent, selon les rumeurs enthousiastes que nous entendons. Et le fait qu'il n'y ait pas de professeur en surveillance dans ces salons, permet aux élèves de se détendre. Des couples flirtent gentiment, sous l'œil indulgent de quelques femmes du village de Pré Au Lard, qui prennent plaisir à faire le service comme si elles étaient dans un vrai commerce…

Jérémy et ses amis sont bien décidés à visiter chacun d'eux et s'y installer quelques minutes, pour consommer une boisson ou des petits gâteaux, cédés à un prix ridiculement bas…

Et finalement, moi qui croyais que ce serait une corvée d'escorter les mômes cet après-midi, je trouve que cela se révèle un dérivatif appréciable à mon inquiétude …

Ron, revient des toilettes situées à côté du salon de thé, au décor très sympathique de voilier voguant sur des eaux calmes, dans lequel nous avons effectué notre première halte et se penche par-dessus la table

« Lavande vient de me dire qu'Honeydukes a délégué ici deux de ses employées, qui ont installé une boutique en tout point comme l'originale, au cinquième étage. Ça devrait leur plaire tu ne crois pas ? Après on ira au quatrième, dans la succursale de chez Zonko que m'a indiquée Miranda… » nous explique-t-il, à Hermione et moi

« Ouais. Allons-y… » souris-je, avant de héler les gamins, qui ont tenu à s'installer à la table d'à côté, pour préserver leurs petites conversations de nos oreilles

Ils sautent de leur chaise, ravis de partir à l'aventure vers un autre lieu et bavardant avec animation. Ron, nous conduit sans hésitation par les couloirs encombrés d'élèves. Les premières et deuxièmes années sont surexcitées et les sixièmes et septièmes années qui, mine de rien, veillent sur leurs déplacements, s'amusent de les voir gambader dans tous les coins…

Dans le fond, pour ces gosses qui n'ont visité Pré Au Lard qu'une seule et courte fois, quand Fudge nous a remis nos récompenses pour avoir sauvé Tante Narcissa à Halloween, cet après-midi récréatif est une aubaine. Et sincèrement, je pense que c'est une expérience à renouveler…

Les seuls à ne pas être heureux de toute cette agitation, sont Rusard et sa chatte. Mais ils ont été invités à déserter cette partie du château et nous ne subissons pas leur mauvaise humeur

Quand Ron pousse la porte de ce que nous connaissons habituellement comme la salle du club d'échec Sorcier, le tintement caractéristique de la cloche de chez Honeydukes retentit et une bonne odeur de bonbons nous saute aux narines. Les gosses restent un instant sur le seuil, interdits, les yeux émerveillés, ne sachant où regarder…

« Wahouw ! C'est super ! » s'exclame soudainement Jérémy, en avançant d'un pas

Dans un automatisme, les autres gosses suivent. Il y a foule dans la « boutique » et je colle Jérémy un max, lui prenant finalement la main, pour être certain de ne pas le perdre. Lui-même s'accroche à moi, me montrant les différents bonbons, sucettes, chocolats, caramels et nougats qui lui font envie. C'est vrai que toutes les friandises et confiseries vivement colorées sentent terriblement bon et on serait tenté de tout acheter. J'engage cependant Jérémy à faire le tour de tous les étals, avant de fixer son choix.

De temps en temps, je relève la tête et je cherche Ron et Hermione qui ont pris Astoria, Dennis et Alioth sous leur aile. C'est une chance que mon petit ami soit si grand. Je le repère toujours très vite. Soudainement, alors que Jérémy a finalement effectué son choix définitif et que nous attendons notre tour à la caisse, j'entends une petite explosion. Dans un réflexe, je me retourne vivement vers le bruit, Baguette au poing. Je vois un petit nuage de fumée, exhalant une odeur de sucre roussi et Ron se tourner vivement dans tous les sens, sourcils froncés, avant de se pencher pour dire rapidement deux mots à quelqu'un, puis se précipiter vers la sortie…

Une sourde angoisse me monte à la gorge et je le suis des yeux. Puis je le vois chopper quelqu'un par le col juste à côté de la porte qui vient de s'ouvrir…

Robert Ramsey, l'ancien Préfet de cinquième année de Serpentard. Un Âne Bâté.

Avisant Gil juste à côté de moi, je lui confie Jérémy et je fends la foule compacte pour rejoindre Ron, qui a sorti Ramsey manu militari de la boutique.

« T'as aucune preuve contre moi ! » s'exclame Ramsey, que Ron a soulevé de terre et plaqué contre le mur, sous l'œil intéressé de pas mal d'élèves qui attendent de pouvoir entrer dans la boutique…

« Non, effectivement, puisque tu t'es hâté de jeter quelques petits Sortilèges innocents pour qu'on ne puisse pas prouver que c'est ta Baguette qui a jeté le Maléfice. Mais j'ai de très sérieuses présomptions, Ramsey et ça me suffit. Et je te préviens, si toi ou l'un de tes copains cherche encore à faire du mal à Dennis ou à son frère ou à sa petite sœur, TU auras affaire à moi. Méchamment. Très méchamment. Et ça vaut aussi pour tous les autres gosses. Je ne veux pas que l'on touche à un seul des cheveux, d'un seul gosse de cette école. Alors tu as tout intérêt à prévenir tes petits copains de se tenir à carreau si tu ne veux pas dérouiller. Compris ? » gronde Ron, d'une voix sourde et le regard lançant des éclairs

Sa poigne sur le col de Ramsey est très serrée. Et l'Âne Bâté qui commence visiblement à suffoquer, hoche frénétiquement la tête, les yeux écarquillés de peur et les mains crispées autour du poignet de Ron. Je pose une main sur l'épaule de mon petit ami et il relâche le cinquième année, qui glisse le long du mur, avant de s'éclipser en titubant…

« Que s'est-il passé ? » m'enquiers-je, à voix basse..

« Il a blessé Dennis en l'attaquant dans le dos, à bout presque touchant. Rien de méchant, Dennis a bougé au même moment et finalement le Maléfice l'a frôlé, terminant sa course en explosant quelques Bulles Baveuses. Dennis a juste une petite brûlure sur le flanc et Hermione va arranger ça en deux temps trois mouvements. Mais si Dennis avait été touché dans le creux des reins comme initialement prévu, ça aurait sûrement été très mauvais… » répond Ron, en suivant toujours Ramsey du regard, avant d'ajouter : « Petit fumier de Brandburgy… Il envoie ses valets faire le sale boulot… »

« Tu es sûr que c'est Ramsey, qui a jeté le Maléfice ? » m'enquiers-je, en songeant qu'avec la foule présente dans la boutique, il est fort possible que ce soit quelqu'un d'autre…

« Certain. Il n'y avait pas d'autre Âne Bâté dans le coin. Et je l'avais vu nous tourner autour un peu avant. Il s'est aperçu que je l'avais repéré et il a eu l'air de partir, mais il est revenu par l'autre côté en se planquant derrière des plus grands que lui et après il a filé à quatre pattes sous les étals, le petit salaud… » assure Ron, avant de se tourner vers la porte qui vient de tinter…

Hermione sort, avec Dennis, Alioth et Astoria. Gil et Jérémy suivent de près. Les gamins ont un gros paquet chacun, serré sur la poitrine…

C'est leur premier achat chez Honeydukes dirait-on… Si cela est, alors c'est aussi précieux que cela à l'air de l'être à leurs yeux…

Dennis est un peu pâle. Mais il désire oublier très vite la tentative d'agression dont il a fait l'objet et il souhaite aller boire une Bièraubeurre pour se remettre de ses émotions. Et comme il voudrait le faire dans un salon de thé dont il a entraperçu en passant, la décoration style cabane hurlante, nous repartons vers le deuxième étage.

Papa Sev et Latton viennent en sens inverse, pressant le pas, quand nous arrivons aux abords de l'escalier. Je note que Papa Sev est un peu pâle. Latton, quant à lui, darde un regard brièvement mécontent vers nous, avant de détourner les yeux sur les gamins, son sourire de faux culs aux lèvres…

« Alors, jeunes gens on s'amuse ? » demande-t-il, d'un ton qui force un peu l'enthousiasme, alors qu'il est à trois mètres de nous, tandis que Croquemitaine, le labrador qui chemine aux côtés de Papa Sev, se précipite en avant, pour renifler les paquets de bonbons et lécher avec entrain, les mains des gamins

« Ah non, Croquemitaine ! Ça suffit ! Tu as assez mangé de sucreries pour toute une année au moins ! Tu vas finir par devenir obèse et gâter toutes tes dents ! » s'exclame Papa Sev, en venant saisir son chien par son collier pour lui passer une laisse

Latton reste un peu en retrait et regarde la scène d'un air navré, l'air de dire que le professeur Sylvestre ne sait pas plus se tenir que son chien. Au même instant, le Moine Gras surgit du sol…

« Le professeur Dumbledore vous demande expressément dans son bureau, professeur » dit-il, d'une voix un peu inquiète, avant de traverser Alioth qui grimace, pour se rendre auprès de Latton

« Tu vois, à cause de tes bêtises, nous sommes convoqués chez le Directeur ! » grommelle Papa Sev en direction de son chien.

Mais le rapide regard que nous échangeons, est bien lourd de sens et ma gorge se serre terriblement.

L'attaque a commencé.

Est-ce à Dublin comme le pensait Ron ou ailleurs ?

Oui, c'est Dublin… J'en suis sûr au fond de moi…

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Terry

Dès que nous arrivons sur place, nous tâchons de faire évacuer encore le maximum de monde. Mais si des villageois ont accepté de laisser libre accès à leur maison et à leur Cheminée, nombre d'autres ont fermé la porte à double tour avant de partir. A l'instar de Kingsley, j'ai explosé quelques portes, mais nous devons nous faire une raison. Il n'y aura jamais assez de Poudre de Cheminette pour tout le monde et les sorties vers la ville Moldue sont prises d'assaut, dans un mouvement de panique qui ralentit considérablement l'évacuation…

« Les v'la ! Défense en position ! Il faut protéger les sorties ! » s'exclame Bill, qui a pris place sur le toit le plus élevé de la ville Moldue, pour guetter l'arrivée des Mangemorts.

Avant même de voir les troupes de Voldemort, j'entends plusieurs fortes explosions…

« Putain les enfoirés ! Ils ont fait sauter des bâtiments, un pont et des usines Moldus à la périphérie de la Ville ! Ils arrivent de tous les côtés maintenant ! Eloignez la foule des sorties ! Y en a qui vont les cueillir sur le pas de la porte ! Qu'ils aillent se réfugier dans les maisons ! » annonce Bill trois secondes plus tard…

Son ordre est répercuté. Des potes font reculer les foules en faisant exploser des étincelles inoffensives. Mais ça crée davantage de panique encore et maintenant ça court dans toutes les rues, dans les cris et dans les pleurs, en frappant parfois aux portes fermées. Et ça se presse dans les maisons ouvertes, tandis que les Mangemorts dégorgent des issues extérieures et par Transplanage directement dans les rues ou sur les toits, jetant immédiatement des Maléfices…

Le combat s'engage aussi sec. Depuis ma position, à l'étage d'une maison dans laquelle j'ai pénétré en cassant une fenêtre, j'arrive, avant d'être repéré, à faucher trois Mangemorts qui tuaient tout ce qui bougeait devant eux. Dès lors des Maléfices fusent vers moi. Les doubles rideaux prennent rapidement feu, dégageant une fumée noire et âcre. Je les arrache d'un coup de Baguette et je les jette dans la rue, en espérant que ce ne soit pas sur la tête d'un innocent qu'ils tombent.

Mais le temps que je fasse ça, des Mangemorts ont fait exploser la porte de la maison d'en face et sont entrés dedans. J'entends des hurlements. Ils sont en train de torturer une femme et un gosse. Et d'ici je ne peux rien faire pour eux. D'autant qu'on me canarde toujours, depuis le toit de la même maison, dont la Cheminée a été détruite.

Comme toutes les autres sans doute, si j'en juge les explosions qui retentissent dans tous les coins et les hurlements de terreur…

Je riposte. Jetant plusieurs Sorts coup sur coup et je finis par toucher l'un des salopards, qui roule sur le toit avant de tomber sur un étal de pommes d'amour…

« Bordel, faut qu'on dégage les issues vers la ville ! Et qu'on aide les gens à foutre le camp par petits groupes ! » entends-je Lee depuis la maison d'à côté

« Ouais. Mais faut d'abord refouler les Mangemorts de cette rue ! Faites gaffe les gars, je bombarde ! » lui répond l'un des jumeaux, avant de balancer l'une de ses Bombes Larmoyantes dans la rue…

Dans la maison d'en face, ça hurle toujours. Un rapide coup d'œil me permet de voir Kingsley et un Auror qui profitent que les Mangemorts sont momentanément aveuglés de larmes, pour se ruer dedans. Les hurlements cessent, remplacés par des sanglots et ça bataille sec dans la bâtisse, comme partout ailleurs…

« Ici c'est à peu près clair ! Dès que tous les enfoirés sont neutralisés, faudra garder le contrôle de la place et éclaircir plus haut pour faire redescendre des civils par-là et les évacuer ! » s'exclame la voix bourrue d'Adam Shore, l'oncle de Lee, quand nous avons Stupefixé les quatre Mangemorts qui chialaient dans la rue…

Il en reste cependant sur les toits…

« J'ai bientôt terminé ici ! Je remonte au coin Nord de la rue, aussitôt que c'est fait ! » annonce-je, en bataillant sec avec mon adversaire

« Itou ! » s'écrie les jumeaux

Et quand je réussis à me débarrasser de mon Mangemort, je me fais un Portoloin pour aller un peu plus loin, sur un balcon que j'ai repéré à l'angle de deux rues, en espérant que je ne tombe pas directement dans les bras d'un salaud.

J'ai de la chance. Il n'y a personne sur le balcon. En revanche, en bas, il y a un groupe d'une trentaine de personnes, massé au carrefour et pris de tous les côtés. Les enfants sont au milieu, criant et pleurant de frayeur, tandis que les adultes tentent de les protéger. Mais leurs Baguettes tremblantes font rarement mouche, tandis qu'ils sont nombreux à tomber sous les Maléfices. Je jette rapidement quelques Bulles autour d'eux, espérant qu'ils seront protégés jusqu'à ce les copains et moi-même soyons venus à bout des saletés qui les attaquent

Dans le ciel au-dessus de ma tête, ça se bat à basse altitude, dans des vrilles vertigineuses qui frôlent les toits.

Depuis une fenêtre de l'autre côté de la rue, Georges attire mon attention en jetant des étincelles bleues dans ma direction, puis il me fait rapidement plusieurs signes en langage des sourds et muets et je comprends la stratégie que Fred et lui ont en tête. J'acquiesce, m'entoure d'une solide Bulle de Protection et au signal de Georges, je me redresse et canarde à tout va du côté de la rue qui descend vers la sortie que nous venons de sécuriser.

Cinq Mangemorts se retournent aussitôt contre moi. Leurs Maléfices s'écrasent sur ma Bulle, tandis que je continue de les défier. Et, pendant que leur attention est tournée vers moi, les Jumeaux jettent des galettes qui s'écrasent au sol dans leur dos et se fondent aussitôt sur les pavés…

Puis ils les canardent à leur tour, les forçant à reculer et les Mines Caméléon se referment sur quatre des Mangemorts, dans des claquements secs, tandis que le dernier se prend deux Stupefix qui l'envoient voler tête la première dans un baril de Bièraubeurre…

Puis Georges, Fred et moi sautons dans la rue et, tandis que les personnes que nous sommes venus secourir redescendent rapidement vers la partie sécurisée, nous tâchons de contenir les Mangemorts et de les empêcher de les poursuivre, à coup de Pétards Métamorphosants, qui transforment quelques-uns d'entre eux en pingouins, phoques ou morses...

« Pas mal cette nouveauté » apprécie-je, tout en jetant un Stupefix sur un Mangemort qui a échappé aux Pétards, avant de récupérer les Baguettes tombées au sol et de les casser vite fait…

« Ouais, c'est l'une de nos deux nouvelles gammes. On l'a appelée Hiver Sur La Banquise… » répond joyeusement Fred, en balançant une nouvelle chaîne de pétards dans la rue d'à côté…

« Et celle-là, on l'a baptisée : Régal Sur La Banquise… » ajoute Georges, au moment où les Pétards explosent, transformant d'autres Mangemorts en poissons, qui sautent sur les pavés…

Horrifié, je vois l'un des phoques se précipiter vers eux, en attraper un au vol et le gober tout de go…

« Oh, merde ! Ça, c'est un effet secondaire fâcheux. Faudra que nous réétudiions la question. Mais dépêche-toi de balancer la suite Georges, la métamorphose Régal sur la Banquise ne dure pas plus d'une minute… » s'exclame Fred, qui jette un Sort Cuisant sur le phoque, pour l'empêcher de bouffer d'autres poissons…

Et Georges jette quelques Filets Magiques qui s'entortillent autour des Mangemorts métamorphosés en poissons, qui reprennent déjà leur véritable apparence, mais ne pourront pas échapper aux mailles, aussi longtemps qu'un Auror appartenant à l'Ordre ne les aura pas délivrés, en prononçant le mot de passe adéquate…

Une jolie pêche, que nous venons de faire…

Mais comparé au nombre de cadavres qui jonchent le sol tout le long de la rue que nous venons de dégager temporairement, c'est une misère…

Et pire encore, quand on compte le nombre de Mangemorts qui restent en lice…

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Draco

La partie amicale de Quidditch me fait beaucoup de bien.

Pas qu'à moi d'ailleurs. Nous prenons plaisir à voler et c'est un véritable entraînement que nous effectuons, même si les équipes sont composées d'élèves de différentes Maisons, qui se relayent avec d'autres, attendant leur tour dans les gradins…

Il y a aussi une vingtaine de spectateurs, rassemblés autour de bocaux contenant de belles flammes bleues qui diffusent une agréable chaleur.

Et je dois avouer que durant la dernière heure qui s'est écoulée, je n'ai pas du tout pensé à Voldemort, ni à l'attaque qui aura sûrement lieu là-bas, à Dublin…

Mais la réalité me rattrape maintenant, car Ron vient de me prévenir par Miroir. Pa a été convoqué chez Dumbledore. Et à sa pâleur, il n'y a pas de doute, sa Marque s'était activée un instant plus tôt…

Je jette un coup d'œil sur ma montre.

Maman doit être arrivée à Pré Au Lard, avec Annabelle et Ievguenia, me dis-je, en dirigeant machinalement mon regard vers le village…

Et soudainement mon sang se fige dans mes veines, lorsque j'avise de nombreuses silhouettes sur des balais foncer vers le village, le cernant de toutes parts et des Sorts fusant à tout va de leurs Baguettes. Dans un réflexe, j'appuie sur le manche de mon Balai et j'accélère, le cœur battant la chamade…

« Draco ! Qu'est-ce que tu fous ! » entends-je, au-delà du vent qui siffle dans mes oreilles…

Je jette un œil par-dessus mon épaule…

« Attaque sur Pré Au Lard ! J'y vais ! Maman et Annabelle sont là-bas, avec Ievguenia ! » crie-je, ivre d'angoisse, tandis que j'entends des explosions au loin, précédant des panaches de fumée très noire et des hautes flammes…

« Magda ! Va prévenir un prof ! Susan, ramène les gosses à l'intérieur ! » crie Blaise, alors qu'il me rattrape…

Il me retient par le bras et je lutte pour me dégager. Mais Théo arrive à la rescousse de mon pote et à eux deux, ils me stoppent.

« Lâchez-moi ! Je dois y aller ! » crie-je, la gorge nouée…

« Ouais. Mais pas sans nous. Sous Sortilège de Désillusions, y compris les Balais bien entendu. Et que ce soit clair, on repère ta mère, Annabelle et Ievguenia, on les choppe et on revient aussi vite… » répond Blaise, tandis qu'une bonne vingtaine de copains et copines du C.C.S.A.B.P.M. me cernent…

« Ok… Mais comment on fait, pour ne pas se perdre les uns les autres ? » demande Théo, sourcils froncés…

« C'est simple, nous nous divisons en… cinq groupes de quatre ou cinq. On se pose en périphérie du village. Groupe 1, levez la main… Fouillez le secteur, en vous tenant par la main par deux ou trois, de chaque côté de la rue, depuis les Trois Balais jusqu'à hauteur du bureau de poste. Groupe 2… même chose depuis la sortie de la rue du Salon Pieddodu, jusque chez Zonko… Groupe 3… idem dans le secteur de la Tête de Sanglier… Groupe 4… Entre Zonko et Honeydukes… Groupe 5, Tout le secteur derrière le bureau de poste… Quand c'est fait, vous revenez à Poudlard et on s'attend dans le Grand Hall… » décide Blaise, sous les hochements de tête de chacun.

« On y va… » décide-je aussitôt, me Désillusionnant, ainsi que mon Balai…

Je sens Blaise, Ursula, Oliver, Hannah et Gabe me coller. Mon cœur bat la chamade à mesure que nous approchons de notre destination. Je suis dans le groupe 2. J'ai choisi d'aller avec celui-là, dès que Blaise a parlé du secteur Pieddodu, car je sais que Maman aime particulièrement aller dans une boutique de fringues non loin de là. Et je suis sûr qu'elle n'aura pas manqué d'y emmener Annabelle et Ievguenia. D'y passer beaucoup de temps à choisir une nouvelle garde-robe pour toutes les deux…

Plusieurs maisons sont en flammes et ça se bat dur dans les rues. Les Mangemorts ne font pas de quartier et il y a des cadavres ou des blessés salement ensanglantés un peu partout. Je ne vois pas Maman, ni Annabelle ou Ievguenia quand je survole à basse altitude le quartier que je dois quadriller, dont plus une seule maison ne possède de Cheminée debout. Puis je vais me poser derrière une haie dans laquelle je laisse tomber mon Balai.

« Tout le monde est là ? » chuchote-je, en regardant inutilement autour de moi, avant de baisser les yeux au sol pour repérer des traces de pas dans la neige.

« Ouais. T'es le dernier à t'être posé. » répond Blaise dans un souffle…

« Ok. On y va par deux. Oliver et Hannah, quadrillez le secteur derrière Pieddodu, Blaise et Ursula, prenez la rue centrale, Gabe avec moi de l'autre côté… » décide-je, cherchant la main de mon cousin, avant de sortir de derrière la haie…

Nous partons en silence, allongeant rapidement le pas. Je sais exactement où aller et je me faufile dans une ruelle. J'essaye de ne pas prêter attention aux cris que j'entends, avançant en jetant un coup d'œil par les fenêtres et ne voyant rien. S'il y a encore quelqu'un dans les maisons, les gens se sont planqués dans les étages ou à la cave….

Quand nous arrivons devant la boutique de fringues, les vitrines sont explosées et il y a un cadavre de femme, sur le pas de la porte. Mon cœur bat la chamade et, en prenant la précaution de ne pas trop faire crisser le verre sous mes pieds, je m'approche doucement puis, enjambant le corps sans vie, j'entre dans la boutique…

Tout est sens dessus-sens dessous. Les Mannequins et les vêtements ont été balayés par le souffle de Maléfices ou entraînés par la chute des corps qui sont tombés, sans vie. Dans une cabine d'essayage, une femme morte serre encore sa petite fille tout aussi morte contre son cœur…

Des larmes ruissèlent sur mes joues…

Toutes les clientes, sans doute venues chercher une jolie tenue en prévision d'une soirée de fête et les vendeuses sont mortes. Et je reconnais la patte de Lucius, dans certains des Maléfices qui ont été jetés…

Et j'acquière la certitude qu'il est venu ici pour chercher Maman. Je ne sais pas comment ou plutôt par qui il a su qu'elle est ici à Pré Au Lard, mais il est venu pour elle, j'en suis certain…

« Il n'y a plus un souffle de vie, ici. Allons voir ailleurs… » souffle Gabe, en me tirant vers la sortie…

Nous sortons, toujours cachés par notre Sortilège de Désillusion et quadrillons rapidement tout le secteur, sans rencontrer âme qui vive. Soudainement, alors que nous passons près d'une porte ouverte sur l'arrière-boutique de chez Zonko, dont s'échappe des cris et des pleurs de femmes, un chat déboule en miaulant, passant entre mes jambes et je sursaute, bousculant au passage une poubelle qui dégringole à grand fracas.

« Allez voir vous deux ! » crache une voix haineuse

Gabe et moi stoppons net, tandis que des pas précipités se font entendre dans l'arrière-boutique. Un Mangemort, Baguette en avant, déboule dans la rue, aussitôt suivi d'un autre…

Ça me démange de le clouer sur place. Mais si je fais ça, mon Sortilège de Désillusion va tomber et qui sait si j'aurai le temps de dégommer l'autre avant qu'il ne donne l'alerte…

Mais, tandis que je retiens mon souffle et que je relève ma Baguette, un éclair rouge fuse de celle de Gabe, qui a lâché ma main un quart de poil avant et, dans un réflexe, je laisse la mienne cracher le même Sortilège.

Les deux Mangemorts volent en arrière et vont s'écraser méchamment contre un mur, tandis que mon Sortilège de Désillusion tombe. Une voix étouffée pousse une exclamation dans l'arrière-boutique. Mais cette fois, Gabe et moi devançons les Mangemorts et nous surgissons dans la place en jetant des Sortilèges à tout va.

« Filez par la ruelle ! » s'écrie Gabe, en direction des deux femmes que les Mangemorts torturaient.

La plus âgée des deux réagit et, tremblante de la tête au pied, elle se relève et entraîne avec elle la plus jeune, qui titube et traine la jambe. Nous couvrons leur fuite, refoulant les deux Mangemorts dans la boutique ravagée.

« C'est l'fils Malfoy ! Va prévenir Lucius ! J'm'occupe de retenir son gosse ! » s'exclame l'un des deux, dont je reconnais la voix sous le masque

Mulciber !

L'autre Mangemort bondit vers la porte, mais Gabe le fauche d'un Stupefix qui l'envoie au milieu de la rue principale et à deux, nous neutralisons le vieux complice de Lucius en moins de trois secondes

« Ne trainons pas ici ! Il y en d'autres qui viennent ! » s'exclame Gabe, en indiquant la vitrine explosé d'un mouvement sec de la tête

Nous nous dissimulons de nouveau sous Sortilège de Désillusion et nous repartons en courant vers les ruelles derrière la boutique. Nous faufilant au hasard dans l'ombre des venelles. Et nous sommes tout près de retrouver la haie et nos Balais, quand j'entends par-dessus tous les autres, un cri qui me glace le sang…

Et sans réfléchir, Gabe et moi nous précipitons vers lui…

OoOoOoO

Acte 6 : Cauchemar

Ron

Nous descendons le Grand Escalier derrière Tonton Sev et Latton, pour nous rendre dans le Salon de Thé « Cabane Hurlante », quand, arrivés sur le palier du deuxième, nous entendons un grand chambardement en bas et Rusard hurler qu'on ne court pas dans les couloirs.

« C'est une urgence ! Pré Au Lard est attaqué ! J'vais prévenir un prof ! » s'écrie la voix de Magda, qui vient vers nous en montant quatre à quatre

Elle stoppe net, en apercevant Tonton et Latton.

« Pré Au Lard est attaqué ! Draco est parti là-bas, pour secourir sa mère avec d'autres copains ! » s'écrie-t-elle, le regard affolé

Tout le monde se fige autour de nous, tandis que mes cheveux se dressent sur ma tête. Tonton Sev, lui, réagit au quart de tour.

« Latton, allez prévenir le professeur Dumbledore ! Dites-lui que je suis parti là-bas ! Qu'il envoie des renforts ! Et que quelqu'un s'occupe de retenir Croquemitaine ! » crie-t-il, en dégringolant les marches quatre à quatre, tandis que la main de Harry saisit mon poignet et le serre à toutes forces..

Je me tourne vers lui, alors que Latton fonce vers le Bureau du professeur Dumbledore et que Gil un peu plus bas dans l'escalier accroche difficilement à la rampe, la laisse de Croquemitaine qui aboie et tire en avant pour suivre Tonton.

« Qu'est-ce qui arrive à Harry ! Pourquoi il est comme ça ? » s'exclame Jérémy, d'une voix angoissée

Harry est pâle comme un mort, respiration coupée et il glisse à genoux sur le marbre. Dans ses yeux exorbités, son regard ne laisse pas de doute. Il est fou de douleur et d'angoisse. Putain, il va cauchemarder !

« Hermione, fais dégager tout le monde et emmène les gosses au QG… » souffle-je, écartant d'un bras Jérémy qui s'accroche à Harry, tout en jetant un rapide regard autour de moi, à la recherche d'un endroit calme où je pourrais emmener mon petit ami.

Mais alors que je viens de repérer la salle de classe de DCFM sûrement vide, la voix de McGo, amplifiée par Sonorus, annonce que tous les élèves doivent, dans le calme et l'ordre, se rendre immédiatement dans la Grande Salle…

Et je sens le cauchemar déferler sur Harry comme un raz de marée qui balaye tout sur son passage…

« Non ! J'veux rester avec Harry ! » s'écrie Jérémy, en échappant à la main d'Hermione qui se dirigeait déjà vers l'escalier en le tirant derrière elle

Et tandis qu'un flot d'élèves descend les marches, dans des murmures interrogatifs et anxieux, Harry réceptionne machinalement Jérémy, le serrant fort d'un bras et dégainant sa Baguette dans un geste vif…

Puis il crie que les Détraqueurs sont là, essaye de jeter son Patronus sans y parvenir et se met, à crier de plus bel…

« Non ! Tu ne l'auras pas salopard ! Tu ne le toucheras pas ! Cours ! Cours ! Draco ! »

Putain ! Il ne faut pas que les autres voient ça !

J'attrape Harry et Jérémy à bras le corps, pour les emmener loin des regards, mais Harry se débat aussitôt avec fureur, hurlant comme un écorché vif et serrant Jérémy si fort que j'ai peur qu'il lui fasse du mal…

Presque tous les élèves sont figés dans les escaliers, les yeux fixés sur nous, interrogatifs et l'air effrayés pour certains. Seuls Hermione et quelques Membres du C.C.S.A.B.P.M. réagissent, faisant barrage entre les autres et nous, les exhortant à poursuivre leur chemin.

« Gil, va chercher Pompom ! Cameron, Magnus, récupérez Jérémy ! Megan, occupe-toi d'Astoria, Dennis et Alioth ! Les autres, dégagez le passage ! » fusent les ordres d'Hermione de son ton le plus autoritaire, tout en tâchant d'arracher sa Baguette à Harry

Elle crache des Sorts dans tous les sens, faisant voler des éclats de mur et du plafond et provocant des cris affolés parmi les élèves qui se protègent instinctivement la tête de leurs bras, jusqu'à ce qu'Hermione réussisse à la prendre.

Mais dès qu'il n'a plus sa Baguette, c'est la main de Harry qui entre en action. Il irradie d'Ondes Magiques, qui font dresser nos cheveux sur nos têtes et nous suffoquons, tandis qu'il Stupefixe Hermione et trois autres élèves dans le même temps, les envoyant bouler loin dans le couloir.

« Putain ! Ça chauffe dur ! On va griller ! » s'écrie Nathanaël Johnson, arrivé à la rescousse de Cameron et Magnus…

Il a raison. Les Ondes Magiques de Harry sont furieuses. Même moi, elles m'acceptent difficilement dans leur champ d'action…

« Stupefixe, le ! » ordonne-je, tout en essayant de prendre la main de Harry dans la mienne

Nathanaël obéit, mais son Sortilège s'écrase sur le Bouclier que Harry a dressé instinctivement autour de nous…

Je ressens sa peur, dans toutes les fibres de son corps, aussi bien que dans le mien. Pour lui tout le monde est ennemi. Hormis Jérémy, qu'il tient serré contre lui et qu'il protégera contre vents et marées…

Ça va mal finir si nous continuons à l'entraver…

Mais je ne peux pas le lâcher, quand il y a autant de monde encore autour de nous…

« Dégagez tout le monde ! Vous lui faites peur ! Dégagez ! » gronde-je, en jetant un regard furieux à la ronde, avant d'ajouter en direction de Nathanaël, Cameron et Magnus : « Vous aussi. Jetez un solide Bouclier autour de nous et faites dégager les autres à coups de pompes dans le train s'il faut pour que je puisse le lâcher aussi… »

Nathanaël, Cameron et Magnus acquiescent et se reculent vivement. Evitant de justesse de se prendre un Sort au passage. Au même moment, je suis heureux d'entendre la voix de McGo faire refouler les élèves, d'un ton si autoritaire que tout le monde s'égaille à toute vitesse.

Et je lâche Harry, qui effectue aussitôt un roulé boulé vers un angle entre le mur et le socle d'une Statue. En moins d'une seconde, il a mis Jérémy à l'abri dans le coin, a saisi son couteau dans sa main gauche et s'est retourné pour nous faire face, en mode défensif…

« Que personne ne bouge plus d'un poil ! » m'exclame-je, aux quelques personnes qui sont encore présentes…

McGo, Cameron, Magnus, Nathanaël, Hermione qui est revenue à elle, Pompom et Gil, qui descendaient l'escalier quatre à quatre se figent. Même Croquemitaine reste tranquille, allongé sur une marche de l'escalier, les oreilles en berne…

Tout le monde retient son souffle. Observant Harry qui reprend le sien, prêt à réagir à la moindre alerte…

Un genou planté en terre, il tient son couteau devant son ventre, lame tournée vers nous, prête à fendre l'air et déchirer la chair de celui qui oserait l'approcher. Et sa main droite se crispe convulsivement, crachotant des étincelles. Un solide bouclier est dressé autour de lui.

Je laisse passer deux ou trois minutes peut-être. Juste assez de temps pour que Harry récupère et soit un chouia moins sur la défensive, puis je laisse filer doucement mes Ondes Magiques vers lui. Elles effleurent son Bouclier qui se cabre un peu, jusqu'à ce que sa Magie reconnaisse la mienne et l'accepte. Elles se fondent alors, dans un bref scintillement mordoré. Et quand je sens Harry rassuré par cette présence, je ferme mes yeux et je me concentre, pour tâcher de l'atteindre dans son esprit…

Il me laisse entrer facilement. Je suis d'abord surpris, par la manière dont il nous voit. Nous sommes des Gargouilles aux allures inquiétantes et changeantes dans son esprit. Avec des yeux qui rougeoient… Il a terriblement peur. Et son cœur pleure. Il m'appelle, me supplie de venir le chercher…

« Je suis là, Bébé. Tout va bien, tu n'as plus rien à craindre… » lui transmets-je, d'une voix douce et rassurante

« Non Ron ! Regarde, ils sont là ! Ils vont attaquer pour me prendre Jérémy ! Et je ne sais pas où est Draco ! J'ai perdu Draco… » gémit Harry, la gorge terriblement nouée

« Tonton Sev est parti le chercher. Et j'irai le chercher moi aussi, dès que tu seras à l'abri avec Jérémy… Laisse-moi approcher Harry. Laisse-moi te prendre dans mes bras et te ramener.. » murmure-je, en l'enveloppant étroitement dans la chaleur de mon amour pour lui…

« C'est trop tard, Ron. Tu ne pourras pas me ramener. Je suis perdu. Ils m'ont emmené. Les Détraqueurs m'ont emmené. J'ai tellement froid. Et j'ai si peur, si peur… » répond Harry, tandis que ses pensées s'agitent, l'éloignant de moi…

Ses visions cauchemardesques changent. Il est seul maintenant, dans un désert lugubre où des Fantômes sans visage le hantent. Il court à perdre haleine, cherchant partout Draco et Jérémy, tandis que des Détraqueurs tournoient au-dessus de sa tête, dans un nuage compact et glacé.

Je sens son corps se tendre. Sa Magie crépiter, tandis que l'angoisse dresse un mur entre nous. Dans un effort colossal, je le contourne, pour atteindre ses pensées…

« C'est un cauchemar, Harry. Tu dois en sortir, bébé. Et je peux t'y aider, si tu me laisses approcher. Je t'en prie, Harry. Laisse-moi te prendre dans mes bras. Laisse-moi te ramener… » le supplie-je, au bord des larmes.

Il a basculé très loin. Et il s'enfonce de plus en plus dans les replis de son cerveau, cerné de toutes parts par le désespoir et la folie délirante de ses cauchemars…

« Ecoute Ron, Harry ! Il a raison ! C'est un cauchemar ! Laisse-le t'approcher ! » s'exclame soudainement la voix d'un jeune garçon, dont le visage emplit l'esprit de Harry, faisant imperceptiblement reculer le monde de cauchemar

C'est Tristan. Je vois clairement son regard aux doux yeux tristes. Il lève une main et effleure le visage de Harry d'une caresse infiniment réconfortante. Si douce, si tendre.

Harry laisse échapper des larmes brûlantes et il lutte de toutes ses forces pour s'extirper de son cauchemar.

« Prends ma main. Reviens avec moi bébé. » supplie-je encore, me tendant vers lui.

Tâchant de lui transmettre une image de moi-même lui tendant la main…

Mais son esprit est trop tourné vers lui-même et ses visions. Il ne me voit pas. Et mes propres peurs, mon angoisse grandissante de le perdre me fait vaciller, reculer.

« Hermione ! J'ai besoin de toi ! Il faut que tu m'aides ! » m'exclame-je dans un souffle

Malgré mes yeux fermés, je la sens bondir vers moi. Elle prend ma main et sa Magie tournoie autour de moi, avant de se fondre à la mienne en une déferlante puissante, qui me permet de m'accrocher à l'esprit de Harry, de matérialiser une image de moi-même qui surgit dans sa vision cauchemardesque…

« Bébé. Laisse-moi t'emmener loin d'ici ! » supplie-je, le Grizzly de ma pensée mêlée à celle de Harry, écartant férocement les Détraqueurs qui l'encerclent.

Il est recroquevillé sur un sol jonché d'ossements qui tombent en poussière. Il sanglote. Le désespoir l'envahit. Sa souffrance est si profonde qu'elle l'engloutit dans un marasme épais et gluant. La mort le cerne. Elle est un monstre marin, qui enroule ses tentacules autour de ses membres pour l'entraîner vers les fonds silencieux et glacés des abysses. Je reprends forme humaine et je m'agenouille devant lui. Je prends son visage en coupe entre mes mains et je le force à me regarder.

Son regard est vide et mon bide se tord. Tout me crie qu'il est perdu. Qu'il s'est enfoncé trop loin cette fois. Mais je refuse de capituler. J'ai juré que je l'empêcherai de sombrer et je tiendrai ma promesse.

« Je t'aime si fort Bébé. Reviens avec moi.» souffle-je, avant d'effleurer ses lèvres d'un baiser..

Son souffle est bloqué. Il ne respire pas. Alors je plaque mes lèvres sur les siennes et je lui insuffle mon souffle, mon énergie et mon amour. Je le réchauffe de l'intérieur…

« Oublie ces cauchemars, Harry. Tu es plus fort, bien plus fort qu'eux. N'y prête pas attention. Focalise-toi sur ma voix Harry. Ecoute seulement ma voix. Pense à nous. A l'amour que nous avons l'un pour l'autre. A la belle vie que nous allons nous faire. » l'encourage-je, caressant son visage de mes pouces…

Harry tremble imperceptiblement et la vie vacille brièvement dans son regard… Mon cœur bat à cent à l'heure. Non, tout n'est pas perdu. Il y a encore une étincelle dans ses yeux. Elle chancelle comme la flamme d'une chandelle sous un souffle de vent, mais elle est là et résiste vaillamment. Alors je parle et parle encore. Chassant peu à peu le marasme. Quelques tentacules se rétractent et se recroquevillent. Ils tentent de revenir à la charge, mais je les chasse impitoyablement. Et le souffle de Harry se régule lentement. Son regard s'éclaircit. Il s'allume d'une lueur que je reconnais…

Il va se battre à nouveau. Lutter pour revenir à la surface…

Je le sens unir ses maigres forces et tenter de s'arracher aux derniers tentacules qui le retiennent au fond de cet océan de souffrance et de désolation…

Mais la Potion de Cauchemar lutte également, comme si elle avait une vie propre et dans un sursaut, elle change de tactique, pour retenir Harry dans ses filets. Elle revient à l'assaut en changeant ses visions. Nous sommes maintenant dans des marées morbides. Dans les fumeroles de brouillard qui s'élèvent des eaux putrides, dansent des feux follets et des Banshees surgissent, désignant Harry du doigt et hurlant si fort que mes oreilles sont écorchées…

Mais c'est sur celles de Harry que je plaque instinctivement mes mains, le cœur tordu de douleur de voir l'horreur et la terreur écarquiller son regard qui glisse vers elles…

Et il m'échappe de nouveau. Se recroquevillant dans un gémissement, les yeux fixés sur les Banshees, le cœur affolé…

« Ne les écoute Harry ! Elles ne sont pas réelles ! Ce sont des cauchemars ! Regarde Ron, juste Ron, Harry ! » s'exclame Tristan en faisant rempart entre Harry et les Banshees

« Oui, Harry. Regarde-moi, bébé. » murmure-je, l'enveloppant de chaleur et d'amour.

Harry papillonne des yeux et son regard revient vers moi. Empli d'incertitude et de détresse…

Je lui souris. Et je pose mon front contre le sien.

« Tristan a raison, Harry. Les Banshees ne sont pas réelles. Elles appartiennent à tes cauchemars. Elles en sonnent le glas, Harry. Elles annoncent leur fin. Alors laisse-les crier autant qu'elles veulent Harry et accroche-toi à moi mon amour… » chuchote-je, en libérant une nouvelle vague de chaleur qui nous englobe…

Je sens Harry se détendre et les Banshees s'éloignent. Le brouillard qui s'était épaissi autour de nous, s'éclaircit quelque peu. Et Harry lutte de nouveau. Mais il est épuisé et il ne parvient pas à se libérer des derniers miasmes nauséabonds qui empoisonnent ses pensées…

Et je sens que le Bouclier qui les protège, Jérémy et lui, est toujours en place, interdisant quiconque d'approcher. C'est là-dessus qu'il faut que je travaille maintenant. Il faut que je le prenne vraiment dans mes bras. Plus seulement dans son esprit. Mais physiquement. Pour pouvoir le rassurer totalement et le ramener à la surface…

« Je vais te sortir de là. Je vais t'emmener loin d'ici et tout ira bien, Harry. Qu'est-ce que tu en penses Bébé ? » murmure-je, avant d'effleurer ses lèvres d'un baiser

Il déglutit à plusieurs reprises, cherchant son souffle et sa voix. Et enfin, il hoche la tête…

« Oui… Oui, emmène-moi. Ramène-moi à la maison…» murmure-t-il, en se lovant contre moi

Et son Bouclier tombe…

Alors j'ouvre les yeux et je me précipite vers lui, Hermione accrochée à ma main. Je le prends dans mes bras, le serrant doucement et Harry m'enserre la taille, lâchant son couteau.

« C'était un cauchemar, juste un cauchemar. Tout va bien aller maintenant… Tout va bien aller…» murmure-t-il dans mon cou.

Derrière lui, Jérémy pleure silencieusement, son regard empli d'inquiétude pour Harry, dont il caresse doucement le dos. Hermione se penche vers lui et il se laisse aller à sangloter dans ses bras.

« Harry va mieux, maintenant. Et il va aller de mieux en mieux… » murmure Hermione, en lui caressant les cheveux, tandis que je berce Harry contre moi et qu'il s'endort doucement, vaincu, rompu de fatigue.

Autour de nous, les souffles se sont relâchés… Et McGo ferme les yeux, visiblement soulagée…

« Rejoignez les autres. Le professeur Latton est en train de faire le compte des élèves manquants. Dites-lui que Ronald et Harry sont à l'infirmerie, Hermione. Moi, je vais prendre des nouvelles…» ordonne-t-elle, la voix un peu tremblante, tout en repartant rapidement vers le Bureau du Directeur..

« Tu as été génial.. » souffle Hermione, avant de me demander si je veux qu'elle reste avec nous.

« Ça va aller Hermione. Fait ce qu'a dit McGo, tu nous rejoindras après.. « réponds-je, dans un souffle

Elle acquiesce et demande à Gil de rester avec nous, au moment où mon Miroir Magique vibre dans ma poche. Aussitôt Hermione fronce les sourcils, sort le sien et l'active avec urgence. Puis son regard s'écarquille.

« Nathanaël, emmène Jérémy et va voir Latton à ma place. Transmet-lui le message de McGo et ajoute que Cameron, Magnus, Gil et moi sommes également à l'infirmerie. Le Fantôme de Salazar vient de me prévenir que Pettigrew est dans le Passage Secret de la Sorcière Borgne. Nous allons aller le cueillir.. » dit-elle dans un chuchotement, d'un ton déterminé …

Putain ! Il ne manquait plus que ça !

Je suis heureux que Harry se soit endormi dans mes bras et qu'il n'ait rien entendu de son chuchotement…

OoOoOoO

Ramaya

« Bordel ! On s'est fait déborder Ram ! Faut prévenir Arthur où Viktor risque de se retrouver seul devant ces salauds quand il arrivera avec les civils qu'il va chercher ! » s'exclame mon frère, en renouvelant notre Bulle de Protection…

Nous sommes juste à côté d'une sortie vers la ville que nous venions de finir de sécuriser, quand le Basilic a surgi de je ne sais où, avec les trois Parkinson et quelques autres Mangemorts masqués, nous obligeant à leur céder du terrain, pour pouvoir nous mettre à l'abri

« Fais-le, mon équipement m'a lâché ! Il s'est pris un Maléfice ! » réponds-je, en contrant un Sort, puis un second dans la foulée…

Ils sont féroces ces salopards ! Ils nous canardent sans cesse et je ne sais pas où donner de la tête, ni du coup de Baguette pour en venir à bout…

« Je n'ai plus de Micro ! Je l'ai perdu dans la panique ! Quelqu'un me l'a accidentellement arraché … » déclare mon frère, en balançant l'un des bancs de bois de la petite place que nous défendons, en direction de nos adversaires.

Mais ces salauds le renvoient vers nous et nous avons tout juste le temps de baisser la tête, pour ne pas le prendre en pleine figure. Le banc s'écrase sur le mur derrière nous, projetant des échardes dont quelques-unes viennent se planter sur mon épaule gauche.

Mais je serre les dents. J'ai connu bien pire, quand ma mère et ma sœur m'ont torturée…

« Etincelles bleues ! » m'exclame-je, en visant le Basilic…

Je tiens à le mettre hors circuit celui-là, avant qu'Olivier ne croise sa route… Qui sait ce que mon ami ferait dans ce cas. Je ne veux pas qu'il le tue froidement, pour venger sa famille…

Ce ne serait pas bon pour lui. Ça n'apaiserait pas sa douleur…

Tarendra jette des étincelles bleues, le signal de détresse convenu entre tous les membres de l'Ordre, les Aurors et Tireurs de Baguette, justement au cas où nos équipements nous lâcheraient au mauvais moment…

J'espère que quelqu'un le verra rapidement et viendra à la rescousse, parce que là, nous sommes vraiment mal barrés…

Heureusement, Merlin a entendu ma prière, car moins de dix secondes plus tard, deux Aurors arrivent. Je ne les connais pas, mais cela n'a pas d'importance, ce sont des alliés et c'est tout ce qui compte…

Mais ils n'ont pas de Micro et nous ne pouvons toujours pas prévenir Viktor, Arthur et les autres que la situation ici n'est plus du tout à notre avantage…

« Couvrez-moi, je vais tenter une sortie pour aller prévenir Arthur qu'il ne faut pas revenir par ici avec des civils ! » s'exclame Tarendra, bondissant aussitôt en avant, pour courir vers la rue où Arthur et quelques-uns de nos amis se battent pour repousser l'ennemi plus haut et dégager le passage pour Viktor et les civils…

Les deux Aurors et moi-même canardons aussitôt à pleine puissance les Mangemorts, qui s'abritent derrière les arbres bordant la place… Mais ils ripostent, visant essentiellement Tarendra, qui slalome en courant le plus vite possible et mon frère est finalement touché par un Maléfice, qui le jette à terre, inconscient…

« Tarendra ! » m'écrie-je, la gorge étreinte d'une énorme boule d'angoisse, en me levant de derrière mon abri, pour courir vers lui…

Je ne veux pas perdre mon frère, il est ma seule famille !

Mais l'un des Aurors me retient, tandis que l'autre jette de nouveau des étincelles bleues dans le ciel, avant de recommencer à canarder les Mangemorts, auxquels une douzaine d'autres sont venus se joindre…

Notre situation empire de minute en minute. Bientôt nos défenses vont tomber et si personne n'arrive à notre secours, nous mourrons tous les quatre…

Alors je me jette dans la bataille, la rage et la peur au ventre. Bombardant les salopards qui nous font face, avec un décuplement de puissance qui me brûle la main. Tous mes Sorts font mouche, arrachant presque les arbres centenaires, dans des craquements sinistres. Les Mangemorts ripostent à l'aveuglette, la plupart avec des Avada Kedavra, qui s'écrasent heureusement sur les murs ou sur le sol, projetant des éclats de briques ou de pavés, dans tous les coins.

Et c'est avec soulagement, que je vois cinq Aurors et Tireurs de Baguette débarquer, avec Pat et Ken. Je ne peux cependant pas leur demander d'aller au secours de Tarendra, ni de prévenir Arthur, car ils ont pris position de l'autre côté de la place…

Et dans la seconde qui suit, c'est avec horreur, que je vois Viktor passer le coin de la rue, derrière les Mangemorts. Il s'arrête aussi vite, esquissant rapidement un demi-tour, mais l'une des femmes du groupe hurle et les Mangemorts les repèrent. Une dizaine d'entre eux s'élancent derrière Viktor, les femmes et les enfants qu'il amenait par ici, pour les évacuer vers la ville Moldue…

Merlin les préserve ! pense-je, alors que Pat jette quelques Bombes Larmoyantes du côté de nos adversaires. Je me protège les yeux et je profite de la confusion créée par Pat, pour foncer vers Tarendra et, avec l'aide de l'un des deux Aurors, je le tire à l'abri de la fontaine trônant au milieu de la place.

Je resserre son poing autour de son Portoloin, puis je prononce le mot de passe et mon frère disparait de ma vue. Et je replonge dans la bataille, contre les Mangemorts que Pat n'a pas atteint avec ses Bombes Larmoyantes.

La Basilic et les Parkinson en font partie. Ils sont d'une virulence féroce et si nous n'arrivons pas à les prendre à revers, jamais nous ne pourrons les déloger de leur position…

« Il faut les contourner » souffle-je, à l'Auror qui se bat comme un beau diable à mes côtés…

« Ok… Mais qu'est-ce que tu proposes pour que nous y arrivions ? » souffle-t-il en retour, en balançant un Sortilège en direction de Pansy Parkinson, qui n'est pas la moins acharnée de tous nos ennemis…

Je jette un rapide coup d'œil par-dessus la margelle de la fontaine, pour évaluer la situation au plus juste. Le seul moyen de contourner ces salopards, c'est de se faufiler incognito contre le mur d'enceinte du village, à trois pas d'eux…

C'est risqué. Mais c'est faisable. Je l'explique rapidement à l'Auror et il acquiesce, se Désillusionnant tout aussitôt. Et je le suis, courant à pas silencieux, espérant éviter de prendre des Sortilèges et Maléfices perdus, en rentrant la tête dans les épaules.

Et aussitôt en position favorable, nous nous retournons vers nos adversaires. Nos deux Stupefix font mouche. Mais le Basilic se retourne aussi vite, un Avada sortant déjà de sa Baguette et mon compagnon s'effondre au sol. Ma rage explose. Et je balance sans réfléchir un Expulsio qui envoie le Basilic dans la ligne de mire de l'Avada Kedavra jeté par Pansy Parkinson…

Boo se le prend de plein fouet.

Le Trio Infernal n'est plus, pense-je, machinalement, tout en neutralisant la petite salope.

OoOoOoO

Blaise

Je tiens fermement la main d'Ursula dans la mienne et nous remontons la rue du Salon de Thé de Madame Pieddodu où je n'ai jamais mis les pieds…

Nous rasons les murs, baissant la tête et évitant les Sortilèges et Maléfices perdus, que jettent Mangemorts, villageois et clients de passages, piégés à Pré Au Lard car les Mangemorts leur ont interdit la fuite, en posant des Barrières de Protection Anti-Transplanage. Nous avons examiné les lieux, jeté un coup d'œil dans chaque maison dont la plupart sont largement ouvertes sur la rue, devantures explosées.

Tante Narcissa, Annabelle et Ievguenia ne sont pas là.

Un peu plus haut dans la rue, des fenêtres explosent et dans un ronflement grondant, un incendie se déclenche dans une vieille maison un peu bancale, avant de se propager très rapidement au deux maisons voisines…

« Il faut partir, Blaise. Nous ne pourrons pas passer par là… » chuchote Ursula, dont la main tremble dans la mienne…

« Ouais. Tu as raison… Il faut prendre par une venelle et contourner l'incendie. Il y en a une, juste avant chez Pieddodu. Allons-y… » réponds-je dans un souffle, en effectuant un rapide demi-tour…

Des quelques combattants que nous avons dépassés, il y en a peu qui sont toujours debouts. Et soudainement, je me sens lâche, de ne pas les aider, en avisant ceux qui sont à terre. Des morts, uniquement des morts… les Mangemorts ne font pas de quartier…

Et, dans un réflexe, je jette un Sortilège en direction d'un Mangemort, qui lève sa Baguette dans le but évident d'achever une jeune femme qui vient de glisser sur pavés humides.

Je fais mouche et le Mangemort s'effondre. Mais mon Sortilège de Désillusion est tombé, bien entendu et aussitôt, l'un de ses comparses se retourne vers moi. Ursula se joint alors à mes efforts, pour le bouter un peu plus loin et il choisit finalement de poursuivre une autre proie, qui vient de s'engouffrer dans une ruelle latérale…

Il ne reste que deux Mangemorts en lice. Des novices je crois. Je me défais du premier assez vite et finalement le second choisi de fuir dès qu'il s'aperçoit qu'il n'aura pas le dessus…

« Espèce de lâche… » murmure Ursula, le regard furieux.

« Ouais… Allez, viens, poursuivons nos recherches… » réponds-je, me Désillusionnant avant de lui saisir la main…

A hauteur du Salon de Thé, nous traversons la rue, marchant sur des guirlandes de cœurs en carton, à demi-brûlés. Soudainement, alors que nous allions entrer dans la ruelle, Ursula s'arrête, tirant sur ma main

« Quoi ? » demande-je, l'oreille tendue..

« J'ai entendu un gémissement » chuchote ma petite amie, au moment où j'en entends un moi aussi.

C'est un faible appel au secours, qui vient de la vitrine béante.

« On ne peut pas laisser quelqu'un blessé sans rien faire… » murmure Ursula, d'une voix étranglée

« Non… » souffle-je en retour, en l'entraînant doucement vers le Salon.

Nous marchons en prenant des précautions pour ne pas glisser sur le verre qui crisse sous nos pas…

Le décor de St Valentin est ravagé. Les tables, les chaises sont renversées. Les statuettes d'Angelots et Cupidons cassés. Il y a un bazar et un fatras effroyable de porcelaine et d'argenterie, mêlé de gâteaux écrasés…

Et des corps sans vie, d'amoureux venus prendre le thé en se tenant la main et qui n'ont sans doute pas eu le temps de réagir ou presque, avant de trouver une mort brutale..

« Là ! » chuchote Ursula, en tirant brusquement sur mon bras, en direction d'un faible appel.

Et, de dessous le comptoir aux trois quarts renversé sur le côté, j'aperçois un bras maigre dépasser…

« Recule, je vais soulever le comptoir… » dis-je à Ursula, en relâchant mon Sortilège de Désillusion.

« D'accord » répond ma petite amie, en relâchant également le sien…

Mais, alors que j'allais armer ma Baguette, du verre crisse dans mon dos. Je n'ai cependant pas le temps de me retourner complètement, que je m'effondre, sur un cri d'Ursula, qui est violemment projetée contre le comptoir, dans la demi-seconde qui suit…

Je suis saucissonné comme un con, le nez contre la jambe d'un jeune Sorcier mort et je peste de m'être laissé prendre comme un idiot. J'aurais dû venir explorer la boutique et laisser Ursula de garde près de la vitrine. Elle aurait vu qu'un Mangemort arrivait…

Et dans le même temps, je me dis que c'est étrange, que ce ne soit pas un Avada, que je me sois pris entre les omoplates, mais un simple Sort du Saucisson…

Qui que ce soit, il approche, se foutant pas mal de faire du bruit et il me retourne sur le dos, d'un coup de Baguette net et précis, avant de se pencher vers moi en ricanant…

Thorpe ! Astérion Thorpe ! Qu'est-ce qu'il fout ici !

« Zabini…. Je parie que tu te demandes ce que je fais ici… » susurre l'Âne Bâté, avec un sourire mauvais…

Il ne croit pas si bien dire, l'enfoiré !

« Dès que j'ai entendu Malfoy gueuler qu'il y avait une attaque sur Pré Au Lard et que j'ai deviné que vous y alliez toi et tes petits copains, j'ai saisi l'opportunité qui s'offrait à moi de gagner cinq mille Gallions. La valeur d'un contrat posé sur ta tête par ta chère maman… » explique Thorpe, le regard luisant de cruauté, qui sourit de satisfaction, avant de poursuivre : « Je ne suis pas le seul, d'ailleurs, à l'avoir fait. Juste après avoir choppé le Balai que cette idiote de Hope a laissé tomber sur le terrain de Quidditch, j'ai vu Marsden en prendre un autre… Mais, tandis qu'il doit te chercher je ne sais où, j'ai eu la chance de te retrouver… Tu vas mourir, Zabini. Pas avant, d'avoir souffert un peu cependant…»

Et, tandis qu'une sueur froide dégouline le long de ma colonne vertébrale, que mon cœur s'affole et que je me maudis mille fois encore pour mon imprudence, il me redresse d'un coup de Baguette sec et m'adosse au comptoir renversé…

Puis il soulève Ursula et vient la déposer devant moi, juste à mes pieds… Et cette fois tout mon sang se retire dans un serrement de cœur douloureux…

Non ! Non ! Non ! Putain non ! hurle-je dans ma tête…

« Mignonne, ta petite copine. Si j'avais le temps, je ferais sa connaissance bien en profondeur, si tu vois ce que je veux dire. Malheureusement, je ne l'ai pas. Si je reste trop longtemps absent, on risque de s'apercevoir que j'ai quitté Poudlard.. » déclare Thorpe, avec une moue presque déçue, tandis que ma poitrine se serre plus douloureusement encore

J'essaye de ruer, de lui crier de ne pas toucher à Ursula. Mais le Sortilège me paralyse corps et cordes vocales et aucun son ne sort de ma gorge terriblement nouée..

Et sous mon regard horrifié, brûlant de larmes qui ne peuvent couler, il jette plusieurs Maléfices sur Ursula, qui pousse un seul long et terrible hurlement, avant de tomber dans l'inconscience. Et à chacun des trois Maléfices qui la touchent successivement, c'est un morceau de mon cœur, qui est arraché..

C'est un cauchemar. Dites-moi que c'est un cauchemar, s'il vous plait…

« Pas marrante ta copine. Elle n'est pas encore morte, mais ça ne saurait tarder… J'espère que tu seras plus résistant et que je t'entendrai gueuler un peu plus qu'elle, avant que t'aille la rejoindre en enfer... » ricane Thorpe, avant de me libérer du Sort du Saucisson et de jeter un Maléfice dans la foulée.

Mais avant même qu'il ne me touche, je hurle toute la douleur de mon cœur, dans le nom d'Ursula…

OoOoOoO

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