Juste un petit mot avant de commencer ce chapitre (qui n'est pas le dernier, rassurez vous!). J'ai eu le plaisir de recevoir un commentaire pour la première fois sur cette fanfiction que j'ai commencé il y bientôt presque un an. Je suis donc très très heureuse que quelqu'un me laisse un petit mot, et également très heureuse que cette fanfic plaise. J'espère ne pas vous décevoir, ceux qui lisent du moins, sur la façon dont les choses vont évoluer. Et je remercie encore un fois cette personne et son magnifique commentaire, cela me touche vraiment. Sur ce, bonne lecture :)

Chapitre 13 :

Heureuse ? Entendant leur voix depuis la pièce voisine à la mienne ? Je ne sais pas vraiment. N'est ce pas une forme de violence, de savoir qu'une dispute éclate à cause de vous, et que vous en êtes heureux ? Après la rapide interaction entre Kate et moi, cet après midi là, je savais qu'il allait maintenant lui être difficile de me croire sur parole. A chaque fois que j'allais lui mentir, elle allait pour sûr, le savoir. Et si ce n'était pas le cas, elle chercherais un moyen de vérifier si ce que je disais était vrai ou non. Seulement, je devais savoir. Car même si Jessica n'était plus là, je savais que Kate était toujours préoccupé plus par elle, que par moi. Un peu de jalousie sans doute, il est vrai. Cependant, je suis vivante, ce qui n'est pas son cas. Je devrais être le centre de son attention, mais elle n'est que de plus en plus distante. Parce que plus je la force à se confier à moi, plus la façon dont elle me voit change, et plus elle se rapporte à Jessica, à sa mort et à sa perte. Cette façon dont Kate agit maintenant est totalement différente de celle que j'ai connue lorsque qu'elle et John sont venus à l'orphelinat. Uniquement la sienne. John, lui, continue de me défendre. Il me connaît encore moins que sa femme, et pourtant, il semble qu'il ait une grande confiance en moi. Que devrais-je dire ? « Vous avez tord » ?


Ma robe est parsemée de taches écarlates. Rouges. Sang. Le marteau que je tiens dans ma main et couvert de cette même substance. Des gouttes dégoulinent du manche, tombent dans la neige blanche. Je regarde le corps de la sœur Abigail. Je sens une fureur monter en moi, comme un monstre qui grandit à l'intérieur de votre propre corps, sans que vous le vouliez vraiment. Sans que vous arriviez à le contrôler. « Tu as fait le bon choix ». Une voix me susurre cette phrase, depuis les tréfonds de ma chair. Toutes mes cellules bouillonnent. Comme si mon corps ne m'appartenais plus. Je ne suis plus moi, je ne me sens plus moi. Je sens seulement ma mère, son âme, son esprit qui essaye de s'insinuer dans le mien. « Tue là ! » Mes yeux se posent sur la gamine en face de moi. Elle semble terrifié. Par moi, par ce que je suis devenue, la façon dont je me suis métamorphosé. En l'espace que quelques minutes, je ne suis plus, et ne serais plus la même personne qu'elle a connue. Malveillante, créature horrifique qu'elle n'aurait vu qu'en rêve. Je la fixe, la colère fait partie de moi. Je m'avance vers la petite fille, tandis qu'elle secoue la tête. Elle a peur, elle est effrayé, par un être qu'elle ne devrait pas craindre. Sa sœur. Sa...soeur ? Mais le suis-je vraiment ? Qui suis-je vraiment ? Un membre de leur famille, ou simplement cette orpheline, si différente des autres ? La tuer ? Ne pas la tuer ? Aucune réponse. Mon esprit demeure vide, comme si cette présence empêchait toute pensée. Devrais-je suivre mon instinct ? Mais quel instinct ? Manipulation, c'est tout ce dont je suis capable.

« -Aide moi...à la cacher. »

Pendant que nous traînons le corps de la femme, jusqu'aux abords du lac, Max ne cesse de trembler. De tout ses membres. Crispée, elle n'ose rien dire. En ces quelques minutes, aucun son ne sort de sa bouche. Aucun gémissement, aucun pleurs. Aucun geste. Elle est comme...un cadavre ? Elle aussi ? La roulette russe, ce n'est plus pareil sans le pistolet. J'ai voulu jouer, mais je l'ai touché. Comme j'ai sentie les os de la sœur Abigail, craquer sous mes coups de marteau. J'ai senti sa joie s'envoler, son esprit d'enfant s'enfuir. Son visage est sérieux, sans sentiments autre visible que l'effroi.

Lorsque nous regagnions la maison, nous n'échangeons un regard. Elle marche à mes côtés, et je sais qu'elle peut difficilement croire ce qu'elle vient de voir. Mais tout ceci était réel. L'arrivée de la sœur, notre alliance contre elle, la voiture dérapant sur le verglas, le corps inanimé. Mort. Le mot résonne dans mon esprit, tout comme dans le sien. Elle voudrait sûrement s'enfuir, loin de moi. Mais comment serait-il possible, alors que je partage sa vie ?


J'interfère mes habits maculés, avec ceux que j'ai déjà mis en boule dans le sac. C'est celui que l'on m'as acheté pour l'école. Je ferais mine de l'avoir perdu. De toute façon, je ne m'en sert jamais. J'y met les gants, eux aussi, dans un état pitoyable. Et l'arme. Je cache finalement les secrets sous une planche en bois. Max me regarde toujours. Elle cède maintenant à une dépression certaine. Ses yeux sont rouges, à cause des larmes qui coulent sans relâche. Elle n'est que faiblesse face à moi. Un semblant de colère, c'est ce que je semble lire. Elle mime alors.

« -Tu t'es servie de moi.

Un frisson parcours mon dos. L'espace d'une seconde, je comprend ce que à quoi elle réfléchissait, tout le long du chemin.

-Aucune importance. Tu passera toute ta vie en prison parce que tu m'a aidé à la cacher.

Je la menace, mais ce n'est vraiment ce que je veux. Lui faire peur, je n'en ais plus besoin. Seulement, lui faire réaliser que me dénoncer n'est pas la bonne solution. Ni pour elle, ni pour moi.

-J'étais obligé de la tuer, parce qu'elle allait dire que c'était moi.

Son visage reste fixe, triste, ses yeux clignent et de nouvelles larmes apparaissent sur le coin de ses yeux, dilatés.

-Tu ne va pas dire que c'était moi ? Je lui demande finalement.

Elle secoue la tête. Négative. Je la sens meurtrie par toute cette histoire. Je n'aurais pas dû l'amener, je n'aurais pas dû lui demander son aide. Je me rends compte de qui elle est. Contrairement à moi. Une enfant. Une petite chose, fragile et innocente. Dont la mère semble être quelqu'un de bon, mais qui ne montre qu'un bonheur ternit par la mort de leur bébé. Et dont le frère ne se préoccupe pas. Reste John.

Sans le vouloir, je me sens plus proche que jamais de ma petite sœur. Parce que je sais maintenant qui elle est. Une victime, tout comme je l'ai été, lorsque ma camisole me retenait. Chaque jours, chaque nuit. Sa camisole à elle, c'est son handicap, le fait qu'elle soit muette, mais qu'elle soit, de plus un membre de cette famille. John, celui qui s'occupe véritablement d'elle. John. Sullivan. Mon Sullivan, il me manque horriblement.

-Ne t'inquiète pas, tu es ma petite sœur, je ne laisserais personne te faire du mal. Je t'aime... »

Ce ne sont que des murmures, mais la neige dehors couvre tout autre son, aussi ma voix est pure et distincte. Malheureusement, elle n'en a que faire. Parce qu'elle n'entend rien. Je sais qu'elle à compris, grâce aux signes. Mais un signe est identique à un texte, n'est ce pas ? Comment pourrait-elle savoir si je pense ce que je dit, alors qu'elle n'entend pas ma voix. Ni l'émotion qui s'en dégage. Ni aucune autre chose. Elle ignore tout. Elle est privé de véritables émotions, autre que les siennes. Seule.


« -Chuuuuut...

Ses yeux s'ouvrent avec effroi, son corps se redresse rapidement en une courbe que je casse, la lame du cuter sur son cou. On ne peux pas dire que j'ai été le chercher bien loin. Il était sagement posé sur sa table de nuit. Sans doute Monsieur Le Peureux à t-il voulu se protéger de quelque chose. Ou de quelqu'un. A vrai dire, il n'est pas quelqu'un de très discret. Sa respiration est aussi bruyante que perceptible. Essoufflé, sans doute. Peut-être nous cherchait-il, à moi et Max. J'ai tout de suite compris qu'il c'était caché lorsqu'il nous avait vu descendre de sa cabane. Il à dût trouver cela étrange. N'était-elle pas fermé ?

-Dis moi ce que tu as vu, je lui dit alors.

-Qu'est ce que tu fais ?

Je réitère ma question, attends sa réponse. La tension dans ma voix se fait pressante, tout comme la la lame de l'ustensile sur son cou. Je l'effraie, lui aussi. Son corps tremble, son visage semble presque figé. Il semble encore plus faible que sa sœur, pourtant si jeune par rapport à lui.

-Je t'ai vu avec Max dans la cabane.

-Quoi d'autre !?

Je saisis ses cheveux, les tire violemment. Il gémit. Mon visage, au dessus du sien, fixe ses yeux, tandis que mes cheveux tombent en cascade. Cette scène semble romantique, au premier abord, mais « notre » jeune âge pris à compte, elle n'est que totalement déplacé. Ah, et le cuter, oui.

-Mais de quoi tu parle ? M'interroge t-il, à son tour, tout tremblant qu'il est.

-Qu'est ce que tu as vu d'autre ?! Je le presse.

-Rien, j'ai rien vu d'autre, promis, juré.

Promis, juré. Quel gamin il fait. Sous ses grands airs, je sais maintenant qu'il n'est qu'une mauviette. Entouré de grands dadais tout aussi bête les uns que les autres. Mais je sais qu'il dit la vérité. Par peur. Par obligation, ou sinon, il sait que je pourrais sans doute lui trancher la gorge.

-Tu l'a dit à quelqu'un ?

-Non...je l'ai dit à personne..

Mensonge, n'est ce pas ? Sa voix était hésitante, pendant un court laps de temps, mais pas impossible à percevoir. Se mêlant entre les gémissements, accentués. Un rapide sourire éclaire mon visage, mais il ne s'en rend pas compte. Mon bras descend tout le long de son corps. Je redresse un peu sa tête pour qu'il voit bien où ma main s'arrête. Voit tu, Daniel ?

-Je t'en prie arrête...

Il me supplie, mais je n'entends rien.

-Si je me rends compte que tu as menti, je te couperais te petite queue sans poil avant même que tu ait découvert à quoi elle pouvait te servir. C'est bien compris ? »

Il répond par l'affirmative, tandis qu'un son distinct se fait entendre de part son entrejambes. Dégoûtant. Je projette sa tête conte son oreiller, enlève le cuter au préalable, et disparaît dans les couloirs. Avant de quitter sa chambre, j'entends des gémissements plus présents. Se transformant en pleurs. Son honneur en à pris un coup.