Merci, à nouveau, pour les quelques reviews que j'ai reçu :) Il me manque environ 4 chapitres à écrire. Aussi, j'espère que ceux ci vous plairons tout autant que les précédents. N'hésitez pas à laisser vos opinions personnelles. Voilà le chapitre suivant !
Chapitre 14 :
Voir un psy ? Pour John, cette idée était plus qu'idiote. Mais après les aveux de la sœur Abigail, c'était ce qui avait été convenu. Le Dr Browning m'interrogea durant une petite heure. Je me montrais amicale au possible, tout en sachant que je ne devais rien révéler de décisif, qui pourrais l'intriguer. J'étais une petite fille de 9 ans, je ne savais pas où j'étais née. Ma mère m'avait abandonnée dans un orphelinat en Russie, où j'avais été récupérée par les Sullivan. Puis il y avait eu l'accident, l'incendie et tout le reste. La mort. Cette conversation me rappelais celle que j'avais eu avec la sœur Abigail, lors de mon arrivée à l'orphelinat. Il me semblais maintenant que nos deux chemins n'était pas vraiment fait pour se croiser. Je ne savais plus vraiment quoi penser de ses intentions. Bien sûr qu'elle voulait mon bonheur, mais me dénoncer de cette façon était improbable. M'aurai semblé improbable le jour de notre rencontre. Elle n'était pas sensé se poser de questions, mais avait cependant menée son enquête avant que je n'y mette un terme. Je réalise que ses intentions envers moi était, en vérité, tout à l'opposé de celles que je m'imaginais lorsque je me trouvais encore dans l'enceinte du bâtiment religieux.
Je restais seule, tellement. Avec qui parler ? Pourquoi parler ? La sœur se posait sûrement tout un tas de questions auxquelles elle ne pouvait répondre, tout comme moi lors de mon arrivée. Le meurtre de Sullivan m'avait affecté à un point où il m'était impossible de revenir en arrière. Je lui devais tout, mais pas la mort. Abigail...j'aurais voulu la remercier. Mais j'avais perdu contrôle comme avec l'homme que j'aimais. Un monstre ? C'est seulement ce que je suis ?
Le dialogue avec le psychologue n'est pas totalement sans queue ni tête. Il m'éclaircit l'esprit, en un sens. Cela joue en ma faveur. Je lui exprime mes sentiments, la façon dont Kate se comporte depuis quelque temps. Il y a bien eut ce moment, au début, où elle semblait compréhensive, mais j'avais récemment compris que ce n'était qu'une façade. Pour mimer un faux semblant de gentillesse, qui derrière, dissimulait la peine immense et impossible d'oublier son nouveau-né mort. Elle ne me dit rien à propos de ma mère adoptive, mais je me doutais que son silence n'était pas seulement dût au secret professionnel. Ainsi je portais attention à tous les membres de ma famille, uns par uns, décrivant, analysant, tandis que la femme en face de moi m'observait, ne me coupant que pour me poser de nouvelles questions qui pourrait approfondir son raisonnement.
Après quoi, elle me raccompagna à la porte. Ce fus le tour de Kate à ses côtés John, ne sachant vraiment quoi faire ici. Je restais seule sur ma chaise, mais une boule me nouait le ventre. Quelque chose clochait. Je prenais le chemin des toilettes, et m'enfermais dans une cabine. M'asseyant en silence sur le carrelage froid, je réfléchissait. Je savais avoir commis une erreur. Mais je la cherchais encore. Je savais que je ne me contrôlais plus, depuis quelques temps. J'étais devenue de plus en plus irritable. Depuis Brenda et son accident. Depuis finalement mon adoption qui n'aboutit à rien d'autre que ce je ressentais déjà lorsque j'étais à l'orphelinat. De la peine, de la solitude, de la tristesse. Ma place dans ce monde était encore indéterminée. Parce que je ne savais pas encore comment combler le vide de Sullivan. Malgré presque une année écoulé, je ne cessais de me demander ce qui lui avait fait croire que j'étais quelqu'un de bon. De meilleur qu'un autre, meilleur qu'une autre orpheline. Meilleure que n'importe quel enfant.
Je me pose souvent des questions sans réponses. Ce n'est pas de la métaphysique. Je ne dirais pas ça. Je dirais plus que chaque question m'est indispensable, à mon bien être, mais à ma survie. Le contrôle des émotions, le fait de les retenir veut-il vraiment dire les emprisonner ? Tout comme je l'était à l'hôpital ? Sullivan m'avais rendu m'avait rendu ma liberté, j'étais libre. Mais seulement avec lui. Personne d'autre ne m'avais jamais comprise. Aussi, qu'est ce que c'était vraiment qu'être libre ? Est ce que c'était les sentiments m'envahir, ou bien laisser ma colère exploser ? Libre. Ce mot me restait inconnu. Flou. Et toutes mes pensées se croisaient, s'entremêlaient dans mon esprit d'enfant. Mon cerveau qui était le plus développé de tout mes membres.
Les derniers événements n'était que des bribes de souvenirs qui tournaient et retournaient encore à l'intérieur de mon crâne. Je ne savais plus quoi faire, sur qui je pouvais compter. Kate ? Je ne pouvais pas compter sur elle. Quand est-il de Max ? Je savais que j'aurais dû la tuer. Je savais que ce qu'elle m'avait vu faire était quelque chose qu'une enfant ne devait pas voir. Je savais que son enfance allait sans doute être difficile, à cause de sa surdité. Et je rajoutais un obstacle. Je cherchais une façon de ne pas m'en vouloir mais le fait de lui avoir fait vivre une chose pareille était quelque chose de mauvais, j'en conviens. Alors oui, peut-être la tuer aurait été une meilleure solution. Mais c'était aussi une mauvaise chose. Alors qu'aurais-je du faire, finalement ?
-Elle n'a rien vu...elle ne sait rien...
Je me cognais la tête contre la porte d'une cabine, collé à la mienne. Ma tête. Cette chose que je souhaitais pouvoir arrêter de masquer sans cesse.
-Elle est tellement bête.
Je ne parlais même plus seulement de Maxine, mais aussi de moi-même. Idiote d'avoir pensé à l'emmener. Idiote d'avoir pensé quelle pourrait garder un tel secret. « Tu deviens faible, ma fille. Tu n'as pris attention à ce que je t'ai déjà répété, maintes et maintes fois. Que pense tu donc ? Qu'agir en bonne petit fille modèle te fera devenir meilleure. N'oublie pas qui tu es. » Mes mains semblaient moites sur la carrelage, une chaleur s'installait en moi, sans que je ne puisse rien faire. J'étais contrôlé, possédé par cette femme dont je ne connaissais rien et ne partageais rien. Seulement un seul et même ADN. Je n'étais rien pour elle, elle n'était le néant et la douleur pour moi. Ses critiques me rendaient folles, ces mots me rendaient furieuse, sa simple voix. Je ne pouvais plus l'entendre. Je voulais pouvoir décider seule de ce que je voulais faire. Oui ou non tuer.
« Tu ne peux pas décider Leena, enfin, regarde toi. Tellement idiote, tellement puérile...tellement jeune ! » J'entendais son rire en écho tout autour de moi, résonner longuement. Il se fracassait sur les parois de la cabine, sans calmer de sa puissance. Un effet miroir.
Je balançais un coup de pied dans la cabine, face à moi. Puis un deuxième. Sa voix était constante, ne faisait pas mine de s'en aller, ne serais ce qu'une seconde. Je me mettais debout et frappais à nouveau. Cognais des poings cette image invisible aux yeux de tout le monde mais qui me dévorait intérieurement. La rage m'emportait. Mes seules armes n'étaient pas violentes. Ce n'étais que ces propres créations. « Écoute ta mère, ma chérie, je ne te veux que du bien. »
Cet écho était encore là, à me parler. Le son se représentais sous forme d'un ultrason, atteignant mon tympan sous sa puissance maximum. Elle voulait me rendre sourde. Gâcher ma vie, encore un peu plus. Je continuais de taper, mais cela ne servait à rien. Même le cri que je poussait ne l'arrêtait pas. Rien n'avais d'effet sur elle. Puisqu'elle était, sans que je le veuille, une partie de moi.
La porte est fermé à clé. Personne ne me dérangera cette fois. Personne n'interviendra. Personne ne fera partie de ce rêve que je chéri que j'ai secrètement atteint ma maturité. Personne n'empêche mes sentiments amoureux se volatiliser. Plus jamais, sous aucune influence. Je ne veux faire confiance qu'à moi même. Ne rien partager, avec quiconque. Je suis mon seul besoin. Ma seule confidente et ma seule famille.
La chambre est noire. Parfaite. Mon cœur bat la chamade mais je en peux rien y faire. Il ne cesse que lorsque je contemple le mur, couverts de feuilles de papier. Chacune arborant une des mes histoires, chacune cachant un des secrets. Mais il n'est plus temps de démontrer que ma vie est presque toute aussi morte que le corps de mes victimes. Plus temps de s'éterniser sur des dessins d'enfants, simples et rapides peintures, totalement vide de sentiments profonds. Ils ne représentent que mes envies de bonheur. Une famille. C'était ce que je voulais, mais cette visite m'a montré que la voie sur laquelle je viens de m'engager est impossible d'accès. Je fixe un pot de peinture que John à posé ce matin sur mon bureau. Invisible? Sauf sous certaines lampes ou lumières...cela pourrais devenir intéressent.
Je me remet à l'ouvrage. Je vois le liquide fluide lentement s'étaler sur les traits, doucement former une flamme. Une goutte. Du sang. Des motifs en tout genre. Je crée et modifie à ma guise, comme l'illuminée que je suis sensé être. Toutes mes peurs s'affichent. L'Institut reviens, ma fuite également , et les recherches. Sullivan, sa mort et l'incendie. Et aussi tout les autres que j'ai tués. Je regarde ce véritable diaporama. Mes secrets sont tous là, sous mes yeux. Lorsque l'interrupteur de mon aquarium s'éteint, je retrouve cette noirceur à laquelle je ne peux résister. Elle m'enfonce dans les ténèbres. Mais je n'ai pas peur. Je rallume. Et tout est là. Ma vie, mon passé, mon présent, mon futur. Je ne peux rien dire à personne de façon directe, mais je peux extérioriser mes souvenirs par l'art, par la peinture. Ma mère à enfin disparue. Mais pour combien de temps encore ?
