Voilà donc ce nouveau chapitre qui doit logiquement être l'avant-dernier de cette fic. Je ne sais pas si j'écrirais l'alternative ending, aussi laissez moi des reviews ou messages à ce sujet si vous le voulez. J'espère que ce chapitre vous plaira :)

Chapitre 16 :

Est-tu une trouillarde, Leena ? Ce n'est qu'un bras cassé. Rien de plus, rien de moins.

J'enfonce un chiffon dans ma bouche, pour que celui ci puisse couvrir le bruit de ma voix. Je coince entre mes lèvres, en plus du chiffon, un tournevis dans lequel je pourrais déchaîner et laisser éclater ma douleur. Je pose mon avant-bras dans la machine. Ma peau, touchant le fer froid, me fait frissonner. Je saisis le levier de ma main libre et commence à tourner.


Comment doit me considérer maintenant, Kate ? Alors que je suis à ta place, dans ton lit, près de l'homme que tu aime. Qui bientôt de voudra plus de toi telle que tu es. Regarde toi, cherche le malaise. Que suis-je pour toi Kate ? Une orpheline à qui tu veut offrir l'amour d'une autre, d'une femme qui ne sera jamais capable d'être sa mère. Comment veut-tu que l'on soit proche, si tu ne me donne pas ce que je désire. Rien de plus qu'un amour véritable. Est ce quelque chose de dur à faire, de honteux pour toi ? Pense tu que le souvenir de Jessica s'effacerait si tu faisait cela ?

Malgré toutes ses pensées, pour la plupart positives à mon égard, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Malgré le fait que mon père veille sur moi, comme il l'a toujours fait depuis le début. Je me lève discrètement, mon bras m'envoyant une décharge de douleur que j'essaye d'ignorer. Je regarde à travers la fenêtre, la neige tombe depuis peu de temps. Je suis un peu perdue, je ne sais plus vraiment quoi faire. Ce sont toujours des questions qui illuminent mon esprit, sans qu'aucune réponses ne surgisse. Du temps perdu. Non, mes efforts ne sont certainement pas vain. Je réussirais à me faire accepter, mais encore faut-il d'abord que Kate oublie ce souvenir morbide.

Tout en réfléchissant à ce que je pourrais faire pour qu'elle comprenne enfin, je m'assois dans un canapé, tout en face du lit. C'était la première fois que je me sentais vraiment à ma place, dans cette maison. Même si elle ne l'était pas vraiment..j'aurais sûrement été plus à ma place dans un lit entourée de peluches et autres gaminerie. Pour une enfant, cela ne faisait aucun doute. Mais ce n'était pas moi, et j'ai avait assez de cette comédie. Toujours jouer, jamais vivre.

Et lorsque le premier éclair fendis à travers le noir profond du ciel, que la neige poussé par le vent violent, tombait de plus en plus fort sur la campagne, je vit ce qui pourrait m'aider. Un cahier identique à celui qu'elle m'avait montré, quelques jours plus tôt. Mais pourquoi était-il sous le lit ?


Son journal. C'était tous ces secrets que je découvrais, tout ce dont j'avais besoin pour lui faire oublier. Pour lui comprendre comme je percevais les choses. Différemment. J'avais toutes les preuves possibles. Max ne dirait rien à propos de l'accident, c'était sûr. Je ne pouvais plus oublier l'expression de peur sur son visage. Ses larmes qui descendait doucement sur ses joues, et cette impression de torture. Elle avait vu la mort. Plusieurs fois, sans vraiment la comprendre, mais plutôt en la vivant. De tout son être.

Le passage où Kate parle du lac, relate bien ces fait et aussi l'idée que je me fait d'elle. Une ancienne alcoolique, qui n'avait d'yeux que pour ses bouteilles de vins, tandis que sa fille se noyait dans un lac. Kate avait peur de la mort, parce qu'elle l'avait vécue elle aussi, de façon indirecte mais tout aussi proche que si elle l'avait expérimentée elle même. Elle était sur le fil.

J'avais voulu lui faire réaliser ses erreurs, lui montre de faire plus attention. De ne pas se détourner de sa position de mère, qu'elle semblait de plus en plus oublier. A mon égard, mais à celui de Max. C'est pour cela que j'ai tout dit à John. Après l'accident de voiture que « maman » avait eu dans la matinée, Max restait dans un état de choc. Mais la petite fille était indéchiffrable, ne s'exprimait pas plus qu'auparavant, semblait partie. Même m'ayant vu actionner le frein à main, je savais qu'elle n'oser pas me dénoncer. Parce que j'étais tout de même sa sœur, j'étais sensé la protéger. Et c'est ce que je voulais. Je n'espérais pas le mal, même si j'allais sans doute en faire.

J'avais dit à John que Kate nous cachait quelque chose, et lorsqu'il avait découvert une bouteille de vin dans un placard, il ne recherchait plus aucune piste. Pour lui, l'évidence était là, inévitable. Et plus tard dans la soirée, il avait posé son ultimatum. Kate irait en cure de désintoxication, même sachant qu'elle n'avait rien fait de sorte à blesser Max une nouvelle fois, elle accepta. Feint d'accepter, parce que je savais qu'elle ne renoncerait pas, pas déjà.

J'étais maintenant dans mon lit, réfléchissant à toutes ces possibilités de fuite qui m'avait effleurés l'esprit. Lors de ma conversation avec Kate, quelques minutes auparavant, j'avais enfin pu percevoir l'intensité de sa haine. Je savais qu'elle ne renoncerait pas à sa vie rêvée. Tout autant que je ne renoncerait pas à la mienne. Et ces deux vies ne pouvaient en aucune façon coexister ensemble ou côte à côte. L'une de nous de devait plus être, et pour le moment, j'étais gagnante sur ce point. La provocation et le jeu était quelque chose que je n'avais aucun mal à exercer. Seulement voilà, Daniel me dérangeait.


Même si les flammes sont hautes, semblent toucher le ciel nuageux, le frôler de peu, ce n'est rien de comparable à la folie qui s'empare au fur et à mesure de mon cœur. Ce n'est rien de comparable au sourire qui s'affiche sur mes lèvres, comme une petite fille sadique que je ne suis pas ni ne veut être, mais que je ne contrôle plus. Cette souffrance, celle que j'attendais, souffrance d'un garçon que je ne fais que rendre. Où est le mal là-dedans ?

Je regarde sa silhouette se débattre sur le toit, lentement succomber à cause des fumées qui s'élèvent vers lui. La cabane s'effondrera d'ici quelques secondes, ce n'est qu'une question de temps. Je voit la peur sur son visage, à travers ses cris. Il appelle à l'aide mais personne ne viens, personne de viendra.

Sa mère sera bientôt disparue, Max n'osera se douter de rien, quand à John..je sais qu'il ne m'accusera pas. Cette cabane supposée être fermée à clé, Daniel aurait sans doute pu les voler pour pouvoir y revenir. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle pourrait s'avérer exacte.

Mais je vois soudain son corps dégringoler, glisser des poutres où il s'était miraculeusement raccrochés. Il semble sans vie, aucun de ses membres ne tremble. Aucun de ses mouvements n'est perceptible. Mort ? L'est tu vraiment Daniel ? « Imbécile et impuissant face à ses propres actes. » C'est ce que tu es, n'est ce pas ? C'est ce que j'ai toujours pensé, depuis le jour où ce stupide oiseau est mort. Réalise que tout cela ne provient que de toi, ce n'est qu'un rapport de cause à conséquence. Rien d'autre. Et tu en est le seul responsable.

Lorsque je soulève la pierre des deux mains, elle semble plus lourde que jamais. Mon cœur gonfle à nouveau, dans une vague de haine, de rage, de regret mais aussi de tristesse pour cet être qui n'a rien compris, et ne comprendra pas.

« -T'inquiète pas, tu va aller au paradis. »

Ce n'est qu'un murmure qui s'échappe de mes lèvres, qu'un souffle parmi celui, brûlant, des flammes derrière moi. Un souffle comme celui d'un mouvement, rapide et inaudible. Je sent mon corps basculer avant que je réalise ce qu'il se passe, et la pierre glisse et retombe sur la neige tachée de cendres. Max se tient près de moi, et son visage affiche cette expression que je lui ais jamais vu. Nouvellement rebelle, soudainement haineuse. Et j'entends un cri, cri d'effroi, cri d'horreur, mais cependant en rien comparable à ceux de Daniel. C'est celui de Kate.

Mon cerveau bouillonne, sans que personne ne puisse le percevoir. Je fulmine intérieurement, j'ai commis des erreurs. « Toujours aussi fautive chérie » me dit ma mère.


Un soda, c'est tout ce que j'ai trouvé comme excuse. Pour pouvoir m'enfuir, loin de ces personnes qui me détestent, loin de leur pensées étranges et de leurs doutes. John m'innocente toujours, pense que je n'ai rien à voir avec ce qui est arrivé à Daniel. Mais mon pauvre John, pourquoi me semble tu si innocent ? Pourquoi est tu si différent de chacune de ces personnes ? Pourquoi ton avis ne rejoins t-il pas le leur ? Une nouvelle fois, tout un tas de questions s'entassent dans ma tête. Sans que réponses ne viennent. Sans qu'une solution ne s'impose dans mon esprit, autre que celle de la souffrance. Lorsque je croise un premier infirmier, je mime un sourire. Une sourire, faussé, qui disparaît de mon visage, au fur et à mesure que j'avance dans le couloir sombre.

Sombre, il l'est de plus en plus. Et c'est ma vue qui se brouille sur un chemin que je reconnais plus. Mes jambes sont comme fixes, droites, immobiles. Je marche comme sur deux béquilles, comme si mon bras n'était pas assez. Pas réellement, ce n'est qu'une impression que mon esprit me donne. «Bonjour maman. » Je m'exprime intérieurement, sachant pertinemment qu'elle est la cause de tout ça. Et d'un coup, je m'interroge inconsciemment sur ce que je dois vraiment faire. Si tout cela n'est que contrôle, celui de ma mère sur ma personne. Oe bien, prise de contrôle, sur ma vie dans cette famille.

Questions existentielles ? Elles le sont vraiment. Une seule faute est irréparable, un seul mort et tout peu s'envoler. Tout peu partir en fumée...mais tout pourrait aussi être réglé. Tout pourrait s'éclaircir aux yeux de tout le monde. Je repense à la sœur Abigail...et puis à Sullivan. Morts.

Est ce que cette misérable vie aurait été la même sans eux ? Si ils étaient restés chacun à leur place, si chacun m'étaient inconnus. Je me sens finalement coupable dans cette histoire, mais tout autant victime. Victime du temps, de la maladie, de la malchance perpétuelle. Je fais partie d'un temps que je ne comprend plus, ne comprendrais jamais. Questions qui reviennent, sans cesse. Suis-je toujours cette meurtrière, cette folle sous camisole ? Suis-je cette gamine, perdue dans un nouveau monde dont elle ignore tout. Aucune réponse ne s'imposer jamais. Alors je ne fais que rechercher.

Rechercher une vérité qui m'échappe, à chaque fois que j'essaye de la découvrir. Le bonheur que j'essaye de conquérir ne fais que s'enfuir, l'amour...l'amour n'est qu'un sentiment stupide, horrible e apportant ma tristesse et ma haine au lieu de la joie naturelle à tout couple. L'amour est inexistant dans ma vie, longue vie qui ne semble pas l'être. Et pourtant.

« -Tu es tellement inutile... »

Ce n'est que mes propres pensées. Mais, sans aucun doute, elles se sont mêlés à celles de ma mère, de son esprit morbide et dérangeant. Une personne qui me hante, et ne me lâchera pas.