J'ai eu l'idée de cette fanfiction en pensant au fait que deux de mes personnages favoris n'avaient pas eu énormément d'interactions même s'ils semblent bien s'entendre. Du coup, j'ai essayé d'écrire une petite scène sur eux.
Bonne lecture !
EDIT du 08/07/13 pour correction d'un détail relevant de l'ordre du canon.
Konekomaru ne comptait pas trainer longtemps dans les couloirs attenants aux salles de classes pour exorcistes quand il avait laissé ses amis partir devant. Il avait tout simplement crut apercevoir un chaton entrer dans le bâtiment et avait voulu s'assurer que celui-ci était en sécurité.
« Minou, minou ? », chuchota-t-il en agitant un de ses jouets pour chats.
Il avait traversé près de la moitié du couloir et jeté un coup d'œil derrière chaque porte entrouverte qu'il avait croisé mais jusque là n'avait trouvé que des classes vides.
L'étudiant passait devant la porte fermée de sa propre salle de cours quand il perçut de l'autre côté un froissement de papier suivit d'un soupir. Il tourna la tête à droite puis à gauche, pas tout à fait sûr d'avoir correctement entendu. Cette pièce aurait dû être vide puisque leur dernière heure de classe s'était achevée plusieurs minutes auparavant.
Son regard glissa du haut vers le bas de la porte en bois peint, hésitant à l'ouvrir. De la lumière filtrait à travers le fin espace au dessus du sol. L'adolescent avait le droit de se trouver là mais avec la nuit qui tombait, l'endroit semblait légèrement effrayant. Renzô aurait sûrement grimacé à l'idée de se trouver ici à cette heure.
Prenant son courage à deux mains, il appuya sur la poignée et entra. Les bureaux du professeur et des élèves étaient vides à l'exception de celui de Shiemi et Rin où se trouvait actuellement assise la jeune fille. Ses carnets de notes étaient ouverts sur la table et ses coudes soutenaient sa tête entre ses mains. À première vue, elle semblait plongée dans sa lecture mais en l'observant plus attentivement, Konekomaru remarqua qu'elle dodelinait légèrement de la tête de temps à autre. Interpellé par la présence de sa camarade de classe sur les lieux et ne voulant pas qu'elle s'effondre de sommeil sur ses devoirs, il s'approcha.
« Shiemi ? »
Elle n'avait visiblement même pas entendu la porte s'ouvrir car l'appel de son nom la fit sursauter et son regard vacilla un instant sur les côtés avant de trouver le sien.
« Oh, Koneko. Tu m'as fait sacrément peur ! »
Le sourire rassuré qui s'étendit sur ses lèvres lorsqu'elle le reconnu était communicatif et le lycéen en oublia presque que la salle de classe à la nuit tombée était plutôt lugubre.
« Que fais-tu là, Shiemi ? Nous avons terminé tous nos cours... À moins que tu ais une mission particulière ?
—Oh non, non je voulais juste rester encore un peu pour revoir ce que nous avons appris aujourd'hui, bafouilla-t-elle en regardant autour d'elle à nouveau, mais je crois que je n'ai pas vu le temps filer... J'espère que ma mère n'est pas en train de s'inquiéter !»
À la mention de la génitrice de sa camarade, Konekomaru ne put empêcher ses sourcils de sursauter et sa bouche de se tordre l'espace d'une seconde en une grimace douloureuse. Cela lui pesait parfois, d'entendre des connaissances parler de leurs parents et de ne rien avoir à répondre, rien avoir à dire sur les siens. Leur mission à Kyoto avait rouvert quelques plaies et s'il avait réussit à mieux comprendre certaines choses sur lui-même et à aller de l'avant, cela ne voulait pas dire que ses blessures étaient maintenant totalement cicatrisées, envolées.
Cherchant à cacher son embarras il se pencha sur ses cahiers pour voir ce qu'elle étudiait actuellement.
« Oh, les cercles magiques ? C'est vrai qu'ils sont importants pour les dresseurs puisque tu en as besoin pour invoquer des familiers. Je crois que les arias en utilisent certains pour des incantations particulières.
—Oui, j'essayais de les mémoriser.
—Pour ça, il n'y a rien de tel que la pratique. Si tu t'entraines à en dessiner le plus de fois possible, je suis sûr que tu arriveras à les retenir sans problème. »
Shiemi baissa les yeux et joua avec ses doigts.
« Je ne suis pas très douée pour dessiner... Et mes croquis sont toujours sales, remplis de traces de crayons mal gommés. »
Konekomaru jeta un coup d'œil à son cahier de brouillons, vérifiant ses dires. Un petit sourire s'étira sur son visage à la vue des gribouillis.
« Tu sais, je ne suis pas très doué pour ça moi non plus.
—Vraiment ?
—Oui, pas du tout même. Du coup j'essaie de m'entrainer régulièrement. Tu verras, avec l'habitude on fait moins d'erreurs. »
Sa camarade sourit de toutes ses dents, visiblement rassurée par ses paroles. Elle se mit ensuite à ranger ses affaires dans son sac à main.
L'adolescent se dit que la scène était assez étrange. Ils avaient déjà eu plusieurs discussions mais toujours en compagnie de Rin ou de ses amis, jamais encore ne s'étaient-ils parlés seuls à seuls même s'il trouvait la jeune fille très sympathique. Peut-être parce qu'il était lui-même presque toujours fourré avec Ryûji et Renzô, le garçon n'avait pas eu beaucoup d'occasions de se trouver dans des situations particulières comme celle-ci avec d'autres camarades. Après tout, on les surnommait encore assez souvent le trio de Kyoto.
« Et toi, qu'est-ce que tu faisais par ici Koneko ? »
La question de Shiemi le sortit de ses pensées et il leva le bras, agitant le jouet pour chat qu'il tenait toujours à la main.
« J'avais repéré un petit minou dans le coin mais je l'ai perdu de vue. »
À ces mots, les yeux de la jeune fille s'illuminèrent.
« Un p'tit chat, c'est vrai ? Si tu veux, on peut aller le chercher ensemble !
—Ah mais il se fait un peut tard là... tu n'avais pas dit que ta mère risquait de s'inquiéter ? »
Son regard s'assombrit et une petite moue attristée se dessina sur son visage.
« C'est vrai... je ferais mieux de rentrer.
—Je vais t'accompagner, je vais devoir rejoindre mon dortoir bientôt de toute manière. »
Il rangea son bâton dans son sac et ils quittèrent tous les deux les lieux, prenant soin de bien refermer la porte de la salle de classe derrière eux. Dehors, le soleil s'était totalement couché et les lampadaires éclairaient les allées du campus d'une lueur artificielle.
« Désolée de t'avoir retardé. Si tu n'étais pas resté bavarder avec moi tu aurais peut-être que tu aurais trouvé ton chat.
—Oh non, ce n'est pas grave. Il y avait de grandes chances qu'il soit déjà parti ailleurs tu sais, certains matous ne trainent jamais longtemps au même endroit. Dis moi plutôt, pourquoi est-ce que tu étudiais si tard dans la salle de classe ? Tu n'aimes pas le faire chez toi ? Les dortoirs sont parfois un peu bruyant mais je préfère ça au côté un peu lugubre d'une salle de classe en pleine nuit personnellement.
—Yuki m'a donné l'autorisation. C'est juste que quand je suis chez moi, j'essaie d'aider au comptoir ou de m'occuper du jardin donc je ne suis pas vraiment dans la bonne ambiance pour faire mes devoirs. Je me sens plus concentrée dans une salle de classe !
—Ta mère tient une boutique pour l'ordre de la Croix-Vraie c'est ça ? »
Il l'avait déjà entendu en parler vaguement s'il se souvenait bien.
« Oui, une boutique de fourniture... enfin c'est principalement une herboristerie ! Elle se trouve juste à côté de l'école, tu peux passer si tu veux ! Par contre il faut posséder une clé spéciale pour pouvoir y accéder... Mais je peux demander à ce qu'on t'en fasse une !
—Ah je vois, c'est pour cela que tu es si douée en botanique. Merci de l'invitation en tout cas.»
Ils longèrent l'allée menant au dortoirs des élèves et alors qu'ils arrivaient au point où ils devraient se séparer, Shiemi farfouilla dans son sac pour trouver sa propre clé. Pendant ce temps, Konekomaru cherchait ses mots. Ne sachant pas trop quoi dire, il improvisa et laissa ses pensées former les mots pour lui.
« Tu es impressionnante tu sais Shiemi ?
—Hein ? Moi ?
—Oui, tu es courageuse et volontaire, tu fais des efforts à l'école et chez toi, bref, tu fais toujours de ton mieux pour apporter ton aide aux autres... Je trouve ça vraiment impressionnant ! »
Les petits génies de leur classe comme Ryûji, Rin ou Izumo ne s'en rendaient pas forcément compte mais lui qui se sentait presque médiocre, définitivement normal, arrivait à voir ces qualités de Shiemi sur un pied d'égalité. Ils avaient tous deux quelques sujets où ils étaient plutôt doués mais n'étaient pas dotés par la nature de qualités de combattants et restaient moyens dans la plupart des matières. Ce qui les différenciait, pensait Konekomaru, c'était la volonté infaillible de Shiemi. Il lui arrivait aussi parfois à lui-même de pousser ses limites à cause d'une motivation, d'un but particulier mais cela ne durait pas continuellement.
En face de lui, la petite blonde avait les joues toute rouges sous le compliment et un gros sourire béat tremblotait sur ses lèvres. Elle serra les poings et s'inclina légèrement.
« M... merci beaucoup ! Je... Je ne suis pas sûre de valoir tout ça mais je vais faire de mon mieux pour correspondre à cet idéal !
—Je le pense vraiment, tu sais ? C'est pour cela que je le dis. »
L'adolescente sourit et acquiesça.
« Je vais y aller alors. Bonne nuit !
—Bonne nuit Shiemi. »
Il la regarda partir et disparaître à l'angle du bâtiment le plus proche. Puis il partit retrouver son lit tout en se disant que cela avait vraiment été une fin de soirée étrange.
Quelque part, un chat miaula.
