Ah ouais : vu que la fiction est de Rating : M, attendez-vous à avoir des scènes sexuelles (fort heureusement, je vous préviendrai quand.). Le couple est Haldir/Odysseus.
Disclaimer : One Piece et le Seigneur des Anneaux appartiennent respectivement à Oda et Tolkien. Cependant, l'intrigue de cette fiction est mienne tout comme mon personnage. Et certains.
Chapitre Deux : Trouvées
Elles ne pouvaient dormir. Pas dans un lieu tout à fait inconnu et qu'elles ne pourraient trouver sur aucune carte de Grand Line – si toutefois, Robin en possédait une par pur hasard dans son sac à dos. Difficilement éveillée mais tous ses sens et son « Washi No Me » pourtant en alerte pour détecter n'importe quel mouvement ou bruit, Odysseus s'évertuait à imaginer toutes les possibilités des plus hallucinantes aux plus rationnelles. Mais il semblerait que toute rationalité ne puisse être trouvée dans une réponse. Quant à ce monde dans lequel Robin et elle venaient de tomber, l'épéiste ne pouvait raisonner par une autre logique. Elles n'étaient plus dans l'océan du Nouveau Monde et même si elle étendait le pouvoir de son « Washi No Me » pour pouvoir percevoir encore plus loin qu'elle le pouvait déjà au mode standard, ses yeux ne pouvaient pas voir Dressrosa. Ils avaient perçu au loin une tour d'un air lugubre dans un terrain vaste et mort, vide de toute vie végétale, avec des créatures identiques à celles qu'Odysseus avait massacrées. Il y avait également une forêt tout aussi nourrie avec des flux étranges, montant des racines jusqu'aux branches. Mais pas l'océan de Grand Line.
Et bien qu'elle soit tentée de dormir, ne serait-ce que pour dix malheureuses minutes, la sensation d'être sur le qui-vive ne s'affaiblissait point – bien au contraire, elle semblait même grandir chaque seconde passée dans cette forêt. Robin se trouvant dans un état proche du sommeil comateux à cause de l'épuisement, Odysseus s'était une nouvelle fois proposée pour monter la garde afin de laisser l'archéologue reprendre son souffle et s'endormir quelques minutes. Elles avaient de nouveau marché quelques kilomètres, sans rencontrer de monstres et risquer de fatiguer leurs muscles plus qu'ils ne l'étaient déjà (heureusement pour elles, car le Haki des Rois de la jeune femme aurait été considérablement affaibli à cause de ce manque de force.) et s'étaient alors arrêtées à la demande de Robin. Le manque de nourriture et d'eau contraignait les deux pirates à faire une pause toutes les trente minutes minimum, ce qui commençait à irriter Odysseus étant une excellente épéiste native d'une île du Nouveau Monde et très habituée à des conditions de survie parfois dangereuses, elle avait appris par ses maîtres à survivre lorsqu'elle était confrontée à une situation qu'un humain normal n'aurait jamais affrontée.
« Outre les dangers que les membres de notre peuple peuvent rencontrer une fois sur les Plaines Rouges du Désert Hadras, la survie dépendra de ton habilité à réfléchir, de la force de ton mental et de ton courage. Dans le courage se trouve la patience que tu te verras acquérir au cours de ton périple et la force dont tu auras besoin pour triompher. »
La raison et la patience. Il fallait d'abord apaiser son esprit pour réussir à calmer les pensées embrumées et confuses par la panique et parvenir à un état de méditation pouvant satisfaire. Doucement, Odysseus prit la position de Lotus sur le sol frais. Ajoutant aussi le poing contre son cœur dans la posture ancienne de son peuple, la jeune femme redressa son dos jusqu'à ce qu'il soit complètement droit, posa son nodachi face à elle et ferma ses yeux vairons. Sa poitrine se souleva doucement, puis s'affaissa alors qu'elle exhalait.
« Concentration. La distraction n'est qu'un bourdonnement ennuyeux que l'on peut facilement faire cesser. »
Les mots de Maître Féémor résonnèrent plusieurs fois dans son esprit, comme un écho presque assourdissant, tout en chassant également les pensées néfastes qui susciteraient la panique. Tout doucement, sa mâchoire qu'elle maintenait serrée depuis quelques minutes déjà se desserra lentement, non sans laisser une légère douleur se faire ressentir. Ses traits fins et exotiques perdirent de cette crispation inquiète qui adornait son visage et les coins de sa bouche se détendirent. La méthode de Maître Féémor se révélait très efficace il était sage de recomposer son calme en premier lieu et maintenir sa concentration sur un objectif.
« Les limites. Le stade de méditation de notre peuple consiste à étendre le pouvoir de notre « Washi No Me » jusqu'à atteindre des hauteurs inespérées et inhumaines. C'est une technique complexe, très difficile à maîtriser à un si jeune âge. Mais le tien, Odysseus...frôle ce que l'on peut appeler un « Infinite Washi No Me », ce qui est tout à fait unique dans ta famille. Le mode « Infinite Washi No Me » peut s'activer dès lors que l'on a maîtrisé le mode « Code Seeker », qui fouille à l'intérieur de l'âme d'une personne ou d'une créature pour en découvrir la vérité et les plus sombres secrets. Si tu parviens à maîtriser le « Code Seeker » sans te perdre, imagine ce que tu pourrais accomplir avec ta « Clairvoyance Infinie » : le lointain passé, le présent troublé et le futur inconnu te seraient clairs et accessibles en permanence. À jamais. ».
Le « Code Seeker ». C'était un mode du « Washi No Me » qu'Odysseus ne préférait activer que lorsque la situation impliquait de chercher la vérité au plus profond des âmes des gens. Elle ne l'avait jamais exercé sur chacun de ses compagnons de l'équipage du Chapeau de Paille car ce qu'elle avait ressenti chez son capitaine avait suffi à la convaincre de les rejoindre. Monkey D. Luffy était bon, infiniment bon (plus pour s'empiffrer qu'autre chose, mais il était impossible qu'il puisse basculer du mauvais côté.). Mais peut-être que le fait de pénétrer dans un monde inconnu où Robin et elle ne connaissaient rien des dangers et des personnages l'incitera à utiliser les modes du « Washi No Me » avec un peu moins de parcimonie que dans le Nouveau Monde. Tous les modes, sans exception aucune.
Après plusieurs heures de méditation, le ciel commençait à s'éclaircir et au loin, à l'Est, l'aube pointait enfin. Doucement, la forêt parut s'éveiller tout comme Robin qui s'étirait alors. À ses côtés, Odysseus ne semblait pas avoir bougé d'un muscle de son état de méditation en position de Lotus, le dos droit, le poing placé contre son cœur et les yeux à présent ouverts mais dans une expression lointaine que l'on pourrait qualifier d'absente. Spirituellement parlant. Les couleurs de ses yeux, qui brillaient dans l'obscurité comme deux orbes étincelant de toute la puissance de leur éclat, ressortaient de façon si perçante que le regard ne manquait pas de rendre les personnes très incomfortables.
Robin avait déjà eu le loisir d'observer Odysseus dans cet état, ce qu'elle avait trouvé pour le moins intéressant : sa façon de méditer l'avait tout d'abord interloqué quand l'archéologue l'avait trouvée sur le pont du Thousand Sunny, complètement figée dans cette expression vide d'émotion pouvant être reconnue et les yeux ouverts. Sa concentration était tout simplement impressionnante, à tel point que l'environnement autour d'elle et la météo de Grand Line ne semblaient même pas la déranger dans sa méditation (Encore plus étonnant, Zoro lui avait même demandé de la lui enseigner, ce que l'épéiste aux cheveux blancs avait refusé avec intelligence.)
La belle archéologue fut sur le point de l'éveiller lorsque son regard aperçut un mouvement dans les arbres. Se redressant vivement, Robin écarquilla les yeux et resta immobile. Tous ses autres sens en alerte, elle tenta alors de voir à travers les ombres encore présentes malgré le soleil levant. Plusieurs secondes passèrent, durant lesquelles elle ne vit rien et crut qu'elle avait halluciné quand enfin, elle capta d'autres mouvements très furtifs. On les épiait !
- « Éclair Blanc » ! appela Robin sur un ton calme mais urgent.
Ce n'étaient pas ces créatures à l'aspect répugnant tuées par Odysseus, c'était autre chose de bien plus vif. Ils semblaient aller si vite ! Activant son pouvoir afin de tenter de les repérer, Robin fit apparaître un œil sur un tronc d'arbre. Pouvant à présent voir depuis cet œil, l'archéologue scruta les sentiers et faillit sursauter.
Une demi-douzaine d'hommes, tous vêtus d'une façon étrange mais pourtant aisée, progressait dans leur direction, tous armés d'arcs et de flèches et d'épées à portée de main. Ils chevauchaient tous des montures – encore un fait que Robin trouva intéressant sur le moment – mais ce qui attira son attention fut cette grâce émanant d'eux. Et cette beauté...elle en paraissait surnaturelle, féerique. L'archéologue en était si interloquée qu'elle dut arrêter de les espionner. C'étaient peut-être des chevaliers si elle en croyait leurs armures, mais ils n'en restaient pas moins des menaces conséquentes !
- Idō shinaide kudasai, murmura Odysseus, soudainement à ses côtés et l'air très bien réveillée.
Ne bouge pas. La silhouette fine de Robin s'immobilisa complètement. Odysseus s'avança, son nodachi en main, et s'arrêta pour se retrouver à dix pas des arbres en face d'elles.
- Êtes-vous venus pour nous ôter la vie...ou pour nous emmener captives dans la grande cité de lumière ? exigea l'épéiste sur un ton calme et froid. En tant que membres d'un peuple plus civilisé et plus apte à agir en suivant votre raison plutôt que votre instinct qui vous pousserait à tuer le premier intrus qui vous apparaît suspect, j'aimerai vous inviter à descendre de vos montures, à ne pas prendre vos arcs ni vos flèches...
Parce qu'ils vous seront inutiles.
- ...en contrepartie, j'abaisserai mon arme pour montrer que nous ne vous voulons aucun mal et que nous cherchons un endroit sûr. Je promets qu'aucune goutte de sang ne sera versée, que ce soit accidentel ou volontaire, pour que nous puissions trouver un terrain d'entente...
Ou je n'hésiterai pas à vous dépecer.
- ...et trouver le moyen de rentrer chez nous, termina Odysseus.
- Elles ne sont pas là, Luffy...elles ne sont pas là.
Il ne semblait pas écouter. À en juger par son regard froid et le froncement de sourcils sur son visage si inhabituellement sérieux et inexpressif, Luffy n'allait pas en démordre. Il avait demandé à tous ses amis restants de retrouver les deux femmes plus âgées de leur équipage coûte que coûte, quitte à « retourner la ville entière s'il le fallait » séparés en groupes, les autres fouillaient la ville de fond en comble afin de repérer une quelconque trace, demandaient aux habitants s'ils avaient au moins aperçu une grande samouraï avec des cheveux blancs et d'étranges yeux vairons (parce qu'une femme comme Fang Fang Odysseus était immensément difficile à oublier...surtout si l'on avait réussi à attirer son attention.). Et même si les membres restants des Chapeaux de Paille avaient très peu d'espoir, l'idée qu'elles aient pu être kidnappées n'était pas tout à fait bannie.
Odysseus et Robin kidnappées ? Impensable. Mais pas tout à fait impossible : l'une des principales faiblesses résidait dans le fait que l'archéologue soit une utilisatrice d'un Fruit du Démon et que si leurs kidnappeurs disposaient de chaîne en granit marin pour la neutraliser, Odysseus se retrouverait sans aide – même si penser qu'elle aurait besoin d'aide était comme l'insulter. Réunies, les primes de Robin et d'Odysseus faisaient un bon pactole, alors des chasseurs de prime pourraient avoir une part de responsabilité dans leur disparition. Après, peut-être que la Marine aussi était coupable.
La question était : comment auraient-ils pu tromper le « Washi No Me » de leur samouraï, qui voyait tout ?
- Luffy ! appela une voix féminine qu'il reconnut vite.
Nami revenait avec Zoro. Tous deux avaient la mine sombre.
- Alors ? pressa le capitaine. Vous avez pu soutirer quelque chose à propos de Robin et Odysseus ?
- On a interrogé toutes les personnes louches qui pouvaient être en contact ou avoir un lien avec d'éventuels chasseurs de prime, mais tous ont répondu la même chose : il n'y a pas de chasseurs de prime ici – du moins, il n'y en a plus du tout depuis que la Marine les a expulsés. Certains ivrognes d'une taverne – Nami fit une grimace de dégoût – ont cependant dit qu'ils avaient aperçu deux femmes ressemblant à Robin et Odysseus se diriger vers la Montagne de Brume. Apparemment, il y a des ruines là-bas.
- C'est un bon début pour commencer, acquiesça Sanji avant de tirer une latte de sa cigarette. Robin a sûrement voulu y faire un tour, et Odysseus a dû l'accompagner.
Cela paraissait logique, si la samouraï n'avait pas d'autre activité urgente à faire...donc, l'hypothèse qu'elles auraient pu être capturées n'était plus envisageable.
Restait encore à fouiller les ruines.
- Allons-y ! décida Luffy.
Les premiers hommes qui sortirent des bois surprirent les deux femmes pirates, Odysseus plus que l'archéologue. Les cheveux lisses, longs et d'un blond d'or, et tous étaient d'une beauté irréelle. Tant de grâce se dégageait de chacun de leurs mouvements et même sans avoir à fouiller leur âme avec le « Code Seeker », Odysseus savait que ces hommes cherchaient simplement à protéger. Et si elle se fiait à sa brève vision de la cité aperçue avec son « Washi No Me », ils en étaient originaires. Le soulagement se peignit sur les traits de la samouraï pendant quelques courtes secondes avant qu'un froncement de sourcils apparaisse et sa main vint lentement agripper le manche de son sabre en voyant de nombreux arcs pointés dans leur direction, flèches dirigées sur des points vitaux. Elle sentit Robin se tendre à côté d'elle. Son Haki lui confirma que toutes deux étaient effectivement cernées par une douzaine d'hommes – étaient-ce des hommes, vraiment ? Ces oreilles pointues semaient le doute et l'incompréhension chez les deux pirates qui les observaient avec confusion.
Leurs yeux clairs passaient de l'une à l'autre lentement comme s'ils les étudiaient avec attention, prenant en compte leurs vêtements – Odysseus eut du mal à réprimer un sourire quand l'un d'eux détourna rapidement la tête à la vue de ses longues jambes fuselées, les joues rouges d'embarras. Un autre, plus insistant ou courageux selon sa détermination, fixa les très généreuses poitrines rebondies pendant une minute avant de cligner des yeux rapidement. Si la situation n'avait pas paru aussi critique, elles en auraient toutes les deux gloussé.
Un autre s'avança vers elles et Odysseus le fixa droit dans les yeux. Après une légère hésitation et une expression de stupeur sur ses traits harmonieux et fins qu'elle ne comprit pas, il reprit sa contenance tout en la fixant à son tour. L'intensité d'un tel regard secoua la jeune femme jusqu'à sa colonne vertébrale.
- Si nous avions désiré votre mort, ne pensez-vous pas que vous seriez déjà à terre, baignant dans votre propre sang ? répliqua-t-il froidement.
Je n'en reviens pas ! Même sa voix est séduisante...
- Les temps sont sombres, continua-t-il sur sa lancée, nous ne pouvons nous permettre de ne pas penser, bien que vous soyez des femmes, que vous n'êtes pas des espionnes envoyées par Saroumane. Nous avons pour ordre de vous amener au Seigneur Celeborn et Dame Galadriel pour qu'elle puisse voir dans votre âme et déterminer si vous n'êtes pas un danger potentiel.
- Voir dans notre âme ? répéta Robin, incertaine, avant de se tourner vers Odysseus. Comment est-ce possible... ?
- Je pense que ce doit être un don, éluda lentement Odysseus. Un don...
Elle ferma ses yeux épuisés en respirant fortement.
- Je ne sais pas... est-ce comme mon « Washi No Me » et qu'elle est en mesure de voir le passé, le présent et le futur comme pour trouver la vérité dans l'âme des gens ? Je n'en sais rien, je n'arrive pas à réfléchir...
Elle n'avait pas besoin d'entendre la voix inquiète de Robin à ses côtés pour comprendre que quelque chose n'allait pas son corps paraissait piégé dans une sorte de transe paralysante, sa respiration se résumait à une cadence saccadée, brûlante et douloureuse dans sa poitrine. Sa vision devint rapidement floue alors qu'elle se sentait tomber en avant, ses muscles figés et lourds pour qu'ils puissent lui répondre.
Odysseus n'avait même pas touché le sol qu'elle s'évanouit.
- Odysseus ! s'exclama Robin, les yeux écarquillés d'horreur.
Avant qu'elle ait pu atteindre sa compagne, l'homme blond qui leur avait parlé se précipita sur elle pour la rattraper avant que son corps ne s'effondre au sol de façon abrupte. Toujours méfiante, l'archéologue n'hésita plus.
- Six Fleurs ! énonça-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
Les nombreuses exclamations de surprise mêlée à de la stupeur qu'elle entendit autour d'elle lui donna la satisfaction que son Fruit du Démon fonctionnait, même dans un autre monde ! Six bras emprisonnaient chacun des archers, dont les yeux exorbités fixaient les membres qui les retenaient avec autant de facilité avant de se relever sur Robin. Celui qui avait rattrapé Odysseus était lui aussi immobilisé, ahuri par l'inattendue issue des événements concernant les deux étrangères.
- Quelle est cette sorcellerie ? demanda-t-il dans un souffle, la stupéfaction se laissant entendre dans sa voix enchanteresse.
Robin ne le laissa pas s'attarder sur ses pouvoirs.
- Qui nous dit que vous ne nous ferez aucun mal ? demanda Robin, glaciale. Qui nous confirme que vous n'êtes pas alliés avec ces immondes créatures que nous avons croisées quelques jours auparavant ?
- Immondes créatures ? Vous parlez des Orcs ? cracha l'un de ses prisonniers derrière elle, à la fois abasourdi et dégoûté. Jamais, par les Valar !
- Les Elfes de la Lothlórien sont en guerre contre les Orcs ! grinça le bel homme blond aux côtés d'Odysseus. Ils sont nos ennemis tout comme ils sont les pions du magicien blanc. Vous qui êtes des femmes ne devraient pas être tenues au courant des sombres tourments qui assagissent la Terre du Milieu.
La haine et la rancœur que Robin pouvait déceler dans ces paroles la choquèrent. Qui était ce magicien blanc dont il parlait avec autant de hargne ?
- En guerre, vous dites ? reprit-elle, songeuse. Vous m'en voyez désolée, mais je n'ai pas la moindre idée de qui peut être ce « magicien blanc » dont vous parlez avec tant de haine. Pas plus que nous sommes des espionnes à sa solde. Nous nous sommes...égarées. Par le plus grand des hasards, auriez-vous déjà entendu parler de Grand Line ?
La confusion qu'elle put lire sur chacun des visages suffit pour comprendre que ce n'était pas le cas. Elles n'étaient pas au bout de leurs peines !
- Grand Line ? questionna le même homme. Qu'est-ce donc ?
Une désagréable sensation envahit Robin, qui se refléta sur son beau visage et dans ses yeux bleus. Non ? Alors, leurs craintes se révélaient fondées : Grand Line n'existait même pas ici, ce qui amenuisait leurs chances de rentrer – s'il y en avait pour commencer, ce serait une faible lueur d'espoir.
Une quinte de toux la rappela à l'ordre, et la grande brune se précipita aux côtés d'Odysseus sans pour autant relâcher son pouvoir sur tous les « Elfes » du secteur. L'épéiste paraissait souffrir, ses traits félins et exotiques tirés dans une expression douloureuse tandis que son visage transpirait à vue d'œil. En posant une main sur son front, Robin écarquilla les yeux et grimaça. Elle irradiait ! Infiniment rares étaient les fois où Odysseus tombait malade mais cette fois, cela devait être dû à l'épuisement et à l'utilisation exagérée de son « Washi No Me ». Bon sang ! Et Chopper qui se trouvait encore dans le Nouveau Monde avec les autres...
- Votre compagne est fiévreuse, s'enquit une nouvelle fois le mystérieux Elfe. Je peux lui venir en aide, seulement si vous nous libérez.
- Comment puis-je vous faire confiance ? contra Robin en fronçant les sourcils.
Une expression des plus sincères apparut sur son très beau visage, et ses yeux d'un gris profond observaient la grande archéologue avec un calme presque déconcertant maintenant qu'il semblait avoir encaissé le coup du pouvoir étrange de Robin.
- Galadriel, Dame de Lumière de Lothlórien, nous a envoyés à votre rencontre. Mon nom est Haldir. Nous sommes issus du peuple des Galadhrim. Votre méfiance est légitime, mais nous vous jurons que nous ne sommes pas vos ennemis. Je suis guérisseur.
La sincérité qu'elle pouvait entendre dans sa voix rassura quelque peu la jeune pirate. Alors lentement, elle désactiva son pouvoir pour permettre aux autres Elfes ainsi qu'à Haldir de bouger à nouveau. Robin ignora leurs soupirs de soulagement et se concentra uniquement sur Odysseus, dont le corps tremblait doucement comme si elle avait froid ses longs et élégants sourcils blancs étaient froncés et ses dents mordaient la chair de ses lèvres roses avec force, de manière à montrer qu'elle souffrait. Sa main, tenant son nodachi de façon ferme et solide, était renfermée dans un poing douloureusement contracté. Il fallait faire vite !
Haldir se releva, Odysseus soigneusement calée dans ses bras musclés. L'Elfe, bien qu'apparemment gêné de devoir transporter l'épéiste avec sa gigantesque arme, resta silencieux et tourna les talons pour marcher rapidement dans les profondeurs des arbres. D'abord hésitante pendant une seconde, Robin finit par les suivre, talonnée par les autres Elfes.
De toute sa vie pleine de savoir et de connaissances sur les Ponéglyphes, elle n'avait jamais entendu parler d'un autre monde peuplé d'autres créatures surnaturelles. Aussi fantastiques que répugnantes pouvaient-elles être, Robin en était fascinée. Ces « Elfes » dont Odysseus et elle venaient de faire la rencontre appartenaient à une race encore inconnue dans la première partie de Grand Line – encore faudrait-il qu'ils existent dans leur monde – et apprendre la possibilité qu'il y en ait d'autres l'excitait.
- Odysseus a vu une gigantesque cité au loin, dit-elle soudainement. Était-ce la vôtre ?
- …si nous parlons bel et bien de la même cité, alors oui, répondit lentement Haldir. Comment votre amie a-t-elle pu la voir d'aussi loin ? Ce n'est pas une Elfe, mais simplement une mortelle, issue des Hommes comme vous l'êtes.
La stupéfaction dans le ton de sa voix amena un fin et mystérieux sourire sur le visage de Robin. Par la suite, elle baissa la tête en fronçant encore plus les sourcils sous la réflexion.
- Il semblerait que vous ne soyez pas familier avec les Fruits du Démon, murmura-t-elle plus pour elle-même qu'aux Elfes.
Ils ne sont familiers ni avec Grand Line, ni avec les utilisateurs de Fruits du Démon...je commence à croire en la théorie d'Odysseus. Aurait-on changé de monde ? Mais dans ce cas... quelles sont nos chances de repartir?Nous venons à peine de quitter Dressrosa, fuyant l'Amiral Fujitora et ses intentions malsaines avec difficulté. Nous n'étions venus sur Thorn Well seulement pour disparaître du radar de la Marine pendant un moment, parce que Law avait besoin de repos et de calme. Mais cette caverne...
Il y avait quelque chose dans cette caverne. Les ruines n'étaient pas facilement exposées et pour les atteindre, il avait fallu traverser le labyrinthe construit à l'intérieur et dans le cas présent, le « Washi No Me » d'Odysseus avait été l'arme pour se retrouver chaque passage emprunté avait été mémorisé par la jeune femme afin qu'elles puissent ressortir sans difficulté de la cave et du labyrinthe. Étrangement, une fois qu'elles avaient atteint la « Salle des Runes » comme l'avait appelée Odysseus, l'atmosphère était devenue bizarre. Lourde. Ne parvenant pas à l'expliquer, les deux pirates s'étaient mises en garde pour surveiller la caverne.
Les runes qui décoraient les murs n'étaient pas des Ponéglyphes, mais d'autres symboles que Robin n'avait encore jamais vus ils semblaient écrits dans une langue inconnue de l'archéologue et pourtant, l'épéiste les lui avait traduits avec tant de facilité que l'on aurait cru que c'était une seconde langue pour elle. Cela avait excité la curiosité maladive de l'archéologue mais avant qu'elle ait pu poser les questions qui lui brûlaient les lèvres, Odysseus avait dégainé son sabre et tranché l'air si rapidement que la lame en avait sifflé, envoyant un rayon doré sur la droite de Robin, manquant alors de la décapiter de peu si celle-ci ne s'était pas baissée sous l'avertissement court quelques secondes auparavant.
« Il se tenait tel un homme d'une puissance importante, bien que son âge apparent fasse défaut. Sa stature, son choix de vêtement et ce bâton qu'il tenait à la main lui donnaient l'apparence d'un vieil homme de noble lignée les joyaux incrustés dans sa longue robe bleue montraient qu'il devait au moins appartenir à l'aristocratie. Mais le « Washi No Me » d'Odysseus voyait autre chose. C'était quelque chose de plus grand, de plus sombre et puissant l'aura qu'elle pouvait sentir tout autour de cet étranger ne lui inspirait aucune confiance et le fait qu'il ait réussi à sortir indemne de son attaque indiquait qu'il ne devait pas être n'importe qui. En effet, le « Washi No Me » pouvait voir ce que les yeux normaux de Robin ne pouvaient détecter et l'expression stupéfaite sur le visage habituellement souriant et plaisant d'Odysseus reflétait les pensées de l'archéologue.
Cet homme était bien plus puissant qu'elles deux réunies et, de surcroît, ressemblait à un sorcier.
Le vieil inconnu les avait d'abord jaugées toutes les deux, dans le plus grand silence. Cela n'avait en fait duré que quelques secondes alors que Robin avait eu l'impression que l'inspection avait pris plusieurs pesantes minutes. Le sourire qui s'était ensuite peint sur ses lèvres, à peine visible sous sa barbe hirsute, avait suffi à ébranler Odysseus, qui avait donc de nouveau riposté.
- Robin, va-t-en d'ici ! cria-t-elle à l'archéologue.
Il fallait être fou ou idiot de ne pas suivre le conseil d'Odysseus lorsqu'elle sentait un danger beaucoup trop grand pour elles. Robin fit volte-face en direction de l'entrée du labyrinthe dans l'intention de fuir, mais se figea dans une exclamation de surprise en voyant un autre inconnu, tout aussi âgé que le premier que l'épéiste combattait et portant le même et étrange vêtement bleu. Il tenait lui aussi un long bâton dans sa main.
Une mystérieuse lueur brillait dans ses yeux tandis que l'archéologue reculait précipitamment avant de s'arrêter à un mètre de son adversaire. Elle fronça les sourcils en grinçant des dents, puis croisa ses bras sur sa poitrine.
- Six Fl...
La sensation d'être violemment frappée à l'abdomen lui coupa net la respiration, obligeant Robin à se plier sous la douleur. Le second coup la plaqua sur le ventre, face contre terre. Le choc fut brutal, si brutal qu'elle ne put se relever tout de suite. La douleur la brûlait aux deux endroits touchés par ce bâton. Il avait été si rapide ! Toussant bruyamment, Robin se replia doucement sur elle-même, les yeux durement clos de façon douloureuse. Elle entendit à peine Odysseus l'appeler, les sons caractérisant une lame entrant en contact avec une autre.
- Nico Robin et Fang Fang Odysseus. Il ne faut envoyer qu'elles : l'une possédant les yeux de Zarr'El et l'autre pouvant déchiffrer les écrits anciens. Seulement elles. Pallando, il suffit !
En ouvrant difficilement ses yeux azur, Robin put apercevoir avec sa vision floue sa compagne être violemment repoussée : le bout du bâton s'était enfoncé dans son ventre et, avec une poussée extraordinaire qu'elle n'aurait jamais crue chez un homme de son âge, le dénommé Pallando envoya Odysseus rejoindre l'archéologue. Son corps atterrit brutalement sur le dos, lui arrachant un grognement de douleur. Malgré la force du coup, Odysseus n'avait pas lâché prise sur son sabre et serrait le manche avec force tout en toussant violemment.
Les deux inconnus approchèrent les deux pirates.
- Il est difficile de vous éloigner de vos compagnons mais, en fin de compte, la patience s'en voit toujours récompensée, murmura Pallando avec un rictus mauvais. Maintenant, jeunes femmes, il est temps pour vous de quitter le monde de la piraterie pour un long voyage sur la Terre du Milieu !
Robin avait à peine senti ses yeux s'écarquiller qu'un rayon de lumière l'éblouit. À seulement quelques centimètres qu'elle, Odysseus avait roulé pour se couvrir le visage. »
L'archéologue d'Ohara avait été témoin de beaucoup de choses, certaines plus fantastiques qu'horribles. Mais cette fois, elle n'avait aucune explication quant aux derniers événements qui venaient de se passer. Ces deux hommes les avaient envoyées ici, dans cet étrange endroit recouvert de verdure et de créatures étranges appelé la « Terre du Milieu », mais pour quel but ?
Et à quoi pouvaient penser leurs amis en découvrant leur disparition ?
Idō shinaide kudasai : En japonais « Ne bouge pas ».
