Résumé : Au Seireitei, beaucoup de gens courent après Byakuya Kuchiki. A vrai dire, tout le monde pensait qu'il n'aimerait plus jamais quelqu'un, après la mort d'Hisana. Personne n'aurait pu prévoir qu'une simple lettre changerait tout.
Couple : Byakuya Kuchiki / Renji Abarai
Raiting : M (yaoi)
Genre : Romance
Pensée émue à la tourterelle qui est entrée dans ma chambre durant les dernières vacances en laissant 3 semaines de déjections derrière elle.
Blue Nails
Chapitre 2 : Trainings, bad shower...
Renji se sentait terriblement mal. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Il avait envie de hurler. Pourquoi avait-il fallu que Byakuya tombe sur cette maudite feuille ? Dans sa rage, il la déchira en morceaux et la jeta dans la poubelle. Il savait qu'il ne pourrait pas le cacher longtemps à son capitaine, mais... Il ne pensait pas que ça se passerait de cette façon, ça non ! Il se laissa tomber avec une élégance pachydermique sur sa chaise et y resta longtemps, sans esquisser le moindre geste.
Byakuya, quant à lui, avait décidé d'échanger un peu les rôles. Il voulait oublier cette mésaventure avec Renji, et quoi de mieux qu'une nouvelle expérience pour ce faire ? Ainsi, il allait passer l'après-midi avec ses subordonnés... Rien que l'idée lui semblait étrange. Il ne s'était jamais mêlé aux autres, ayant fait ses études à part et en ayant toujours été plus puissant que n'importe quel autre Shinigami, à quelques exceptions près.
Il sortit de la capitainerie et tout le monde se figea. Les Shinigamis le dévisagèrent un instant, avant de reprendre leurs activités dans le silence le plus complet. Bon, ça commençait bien... Il s'approcha du 3e siège, un certain Rikichi, très proche de Renji.
-3e siège Rikichi ?
-Ou… Oui, Capitaine ?
-A quelle heure commencez-vous habituellement les entraînements ?
Le jeune garçon parut choqué de la question et répondit à mi-voix :
-Les deux premiers groupes sont passés ce matin, la 4e équipe ce midi et à présent ce sont les équipes 5 et 6 qui vont s'entraîner.
-Dis-leur que je vais m'entraîner avec eux.
-Vous allez... Heu, je veux dire... Bien, Capitaine !
Si Renji était si apprécié de ses collègues, disait-on, c'était pour sa capacité à créer des liens lors des entraînements. Autant l'imiter... Mais ça semblait totalement différent à Byakuya, qui savait déjà que si ses officiers l'admirait et lui vouait une confiance totale, ils étaient loin de le considérer comme un ami... La tâche s'avérait ardue. Alors que le 3e siège filait prévenir ses camarades, Byakuya se prépara à l'entraînement. Après tout, cela ne pourrait qu'améliorer la division...
Toujours dans la capitainerie, Renji se décida à se secouer les puces. Quoi de mieux pour se détendre et oublier cet incident qu'un petit entraînement avec les troupes ? Il se leva et se dirigea vers le dojo de la division. Tout y était étrangement calme : les hommes se préparaient dans les vestiaires en silence. Ignorant tout de l'invité particulier qui se changeait à part, le lieutenant rejoignit les hommes. Pensants qu'il était au courant de la présence du capitaine parmi eux, personne ne lui en toucha mot et ils pensèrent que le vice-capitaine était venu en renfort pour les soutenir. Quelques-uns lui murmurèrent un « merci » discret, dont il ne comprit pas la signification.
Lorsqu'il rentra dans le dojo, il fit passer son regard autour de lui, remarquant un homme assit au fond, en train de s'étirer les jambes, et s'approcha.
-Salut ! Tu es nouveau dans la division ?
L'homme releva la tête, sans pour autant arrêter ses étirements, et Renji étouffa un cri de surprise.
-Capitaine ?
Byakuya le regardait juste. Sans ses Kenseikans, et dans cette tenue d'entraînement bleue et blanche qui le faisait ressembler à un étudiant, il était méconnaissable. Finalement, apparemment ennuyé de la présence de son vice-capitaine, le noble se leva pour lui faire face. Renji se détourna immédiatement, rejoignant ses hommes. Lui qui voulait s'éloigner de lui et l'oublier, c'était râpé... Pourquoi fallait-il que ce soit aujourd'hui qu'il se soucie de ses hommes, lui qui ne le faisait jamais – ou du moins, jamais ouvertement ? Tout en rageant, il s'étira lui aussi mais à l'autre bout de la salle avant de se saisir de Zabimaru. Les deux équipes qui allaient tourner avaient prévu un entraînement au Zanpakutô aujourd'hui. Les premiers se mirent en place, sous le regard attentif des deux haut-gradés. De temps en temps, Renji jetait un coup d'œil à son capitaine. Un instant, leurs regards se croisèrent, et le lieutenant fit tout son possible pour ne pas baisser les yeux. Il eut rapidement l'étrange impression d'étouffer face à la noirceur de l'autre homme, et détourna le regard.
Au bout d'un moment, alors que presque tous étaient passés sur les tapis, Byakuya se leva avec grâce. Personne ne bougea à ce moment, aucun des hommes n'osant affronter leur capitaine. Beaucoup se tournèrent vers Renji dans l'espoir qu'il y aille. Comprenant le message, il se leva et dégaina. Il n'avait aucune envie de se battre contre lui, surtout pas maintenant. Néanmoins il lui fit face, sabre en main. Byakuya fit de même et attendit l'attaque de son lieutenant, qui vint rapidement, avant de contre-attaquer. Les coups s'enchaînèrent sous les yeux stupéfaits des officiers : voir combattre ces deux hommes était un régal. Pourtant, l'avantage du noble était évident, et bientôt les bras de Renji furent couverts de petites coupures. Étonnés, les hommes regardèrent leur supérieur récolter blessure sur blessure sans pour autant renoncer et continuer inlassablement à attaquer. La fin d'après-midi passa rapidement, et beaucoup quittèrent la salle, les autres s'en allèrent aux vestiaires se doucher et se changer. Les deux combattants semblaient plongés dans un autre monde, sans échanger le moindre mot. Seulement, lorsque leurs regards se croisèrent, Renji perdit toute concentration, et Byakuya profita de l'ouverture pour lui barrer le torse d'une large éraflure. Le sang coula doucement. La blessure n'était pas profonde, mais elle suffit à affoler Byakuya – ce qui se traduisit par un manque total d'émotions apparentes mais qui suffit à le faire arrêter de se battre. Il abaissa lentement sa lame. Renji esquissa un sourire malgré la légère douleur occasionnée.
-Ce n'est rien, Capitaine.
Le noble fronça légèrement les sourcils et jeta un coup d'œil par la fenêtre du dojo. Il faisait nuit dehors, et ils étaient maintenant seuls dans la salle.
-Je pense que c'est assez pour aujourd'hui, dit-il calmement. Arrêtons là.
-Ouais...
D'un même mouvement, ils prirent la direction des douches. Tous deux étaient en sueur, et rien de tel qu'une bonne douche pour se remettre de cet entraînement... Pour le moins intensif. En arrivant dans les vestiaires, Renji prit comme priorité ses nombreuses blessures. En le voyant sortir un nécessaire de soins des casiers, Byakuya eut un pincement de culpabilité. Le jeune lieutenant ôta le haut de son habit d'entraînement, dévoilant son torse sculptural et musclé. Il était couvert d'écorchures, de petites plaies, dont une qui paraissait un peu plus importante sur le milieu du torse, là où il l'avait touché pour la dernière fois.
Prit d'une impulsivité qu'il ne se connaissait pas, Byakuya attrapa discrètement un coton dans la trousse ainsi que du désinfectant, avant de contourner son subordonné et de se placer face à lui. Ce dernier rougit en demandant :
-Qu'est-ce que vous faites, Capitaine ?
Comme à son habitude, ce dernier ne dit rien et s'agenouilla devant lui, le faisant rougir encore plus. Inconscient du malaise de Renji – il avait apparemment réussi à se sortir l'histoire du poème de la tête – il commença à désinfecter les plaies. Ses gestes étaient tous sauf brusques, mais sans pour autant être doux. Il se contentait de nettoyer les coupures. Lorsqu'il eût fini, il se releva tranquillement, aucune émotion ne passant son masque d'insensibilité. C'était juste une façon de se faire pardonner. Il retourna posément au casier qu'il avait utilisé, avant d'enlever lui aussi son haut, rajoutant au malaise de son vice-capitaine. Renji serra les dents. Ne pas se laisser emporter, ne pas lui sauter dessus... Il en vint à se mordre la lèvre, il voulait s'obliger à détourner les yeux de son torse pâle, finement musclé, qui se soulevait doucement au rythme de sa respiration, mais il n'y parvenait pas. Des images de plus en plus osées lui vinrent à l'esprit, et il les repoussa comme il put. Il leva les yeux vers son visage – ce qui le refroidirait sûrement ! - et le vit s'humecter rapidement les lèvres.
« Ses lèvres ».
« BA-BOUM » fit son cœur. Trop tard pour se raisonner, son corps se leva tout seul et s'approcha du dos du capitaine, inconscient de la présence du jeune homme derrière lui. Il sursauta lorsque les bras de Renji entourèrent sa taille, il se tourna vivement pour le faire s'éloigner et n'y récolta qu'un baiser passionné. Plutôt que de se débattre, le frapper et le déchiqueter en morceaux avec son Zanpakutô, il repensa à la feuille de papier... Alors tout était vrai, et bien qu'il n'en ait pas douté en lisant ses mots, il en avait la confirmation. C'est seulement à ce moment qu'il se rendit réellement compte de ce que son lieutenant faisait, et il hésita à le repousser... Brutalement ou avec douceur ? C'est alors qu'il sentit la langue de Renji passer doucement sur sa lèvre inférieure, lui demandant le passage. Si au début il s'y refusa, il finit par céder sous les assauts désespérés de son lieutenant.
Renji n'en revenait pas. Byakuya se laissait embrasser ! Il se laissait faire ! Le jeune homme crût atteindre le paroxysme du bonheur lorsque son capitaine entrouvrit les lèvres, et il arrêta de lutter contre lui-même, laissant son corps prendre le pas sur son esprit. Ses mains, qui étaient toujours dans le dos du noble remontèrent, l'une se posa sur sa nuque pour approfondir le baiser – et à ce geste il sentit Byakuya résister un peu – tandis que l'autre passa sur son torse, avant de descendre rapidement vers son entrejambe.
Si Byakuya ne résistait pas, il ne cherchait pas non plus à approfondir. Lorsque Renji briserait enfin leur baiser – il fallait bien qu'ils respirent, tous les deux ! - il lui dirait clairement à quel point son attitude était intolérable, indécente et qu'il devrait à l'avenir être irréprochable. Cependant, tous ses projets s'envolèrent lorsqu'il se rendit sentit la main de son lieutenant caresser durement son entrejambe. Ça, c'était beaucoup trop. En se rendant compte que le vice-capitaine allait aussi loin, il prit peur. Il le repoussa brutalement, et dans un excès de colère, il lui flanqua une gifle magistrale, ramassa sa veste et sortit de la pièce, fulminant, aura meurtrière en prime, bien décidé à rentrer chez lui pour prendre sa douche.
Renji ne comprenait pas. Pourquoi était-il parti ? Il l'embrassait, avant de le frapper et de mettre les voiles... ? Pourquoi faisait-il cela ? Le jeune homme se laissait glisser à genoux sur le sol des vestiaires, perdu et choqué – au moins autant que le noble qui utilisait à ce moment le shunpo pour rentrer chez lui, ne voulant pas être vu en tenue d'entraînement. Il sentit son cœur se serrer, il pensait avoir enfin atteint le cœur de glace de son capitaine, il pensait avoir réussi à pénétrer la défense de diamant qu'il avait érigé autour de lui, mais non. Il n'avait rien réussi du tout, si ce n'est l'éloigner encore plus. Les larmes remplirent ses yeux avant de couler doucement sur ses joues.
