Résumé : Au Seireitei, beaucoup de gens courent après Byakuya Kuchiki. A vrai dire, tout le monde pensait qu'il n'aimerait plus jamais quelqu'un, après la mort d'Hisana. Personne n'aurait pu prévoir qu'une simple lettre changerait tout.

Couple : Byakuya Kuchiki / Renji Abarai

Raiting : M (yaoi)

Genre : Romance

Je viens de découvrir qu'il y a des poupées en porcelaine dans le tiroir, je ne dors plus.


Blue Nails


Chapitre 3 : Lovely, Hate and Chocolate

(Miss a une folle envie de chocolat...)

En arrivant chez lui, Byakuya était vraiment confus. Il ne se sentait même pas en colère contre Renji, mais il s'en voulait à lui-même d'avoir réagi aussi brutalement. Non pas qu'il s'en voulait d'avoir repoussé son lieutenant, mais de là à le gifler... Sa culpabilité ne l'empêchait pas de se demander pourquoi, ciel, pourquoi Renji l'avait embrassé et pourquoi il s'était laissé faire ! Il se promit que, cette fois, il ne se laisserait pas ce sentiment de culpabilité l'emporter. Il avait donné une quelconque attention à son vice-capitaine, et voilà comment il lui répondait !

De son côté, Renji avait envie de disparaître sous terre. Après l'incompréhension, puis la colère, c'était la honte qui l'avait envahi. Il s'en voulait d'avoir cédé à son instinct, il avait laissé agir sa bestialité et il le regrettait. Maintenant, il était sûr de ne plus jamais pouvoir approcher son capitaine, il en était même arrivé à penser que ce dernier demanderait son renvoi. Il fallait à tout prix qu'il trouve le moyen de se faire pardonner avant que ça n'arrive...

Rapidement, la colère fit place au trouble. Byakuya ne cessait de porter ses doigts à ses lèvres, le souvenir de Renji caressant son corps le poursuivait partout. Il ne savait pas si cette obsession pour son lieutenant venait de cette expérience marquante, ou si... Il préférait ne pas songer à la deuxième hypothèse. Il savait parfaitement reconnaître s'il ressentait quelque chose pour quelqu'un et ça, il préférait l'éviter. Néanmoins, dans le cas de Renji, il ne comprenait pas ce qui se passait en lui. Et ne pas comprendre l'énervait beaucoup, alors il décida d'en avoir le cœur net.

Un peu plus tard dans la soirée, après s'être douché et rhabillé, Renji se présenta au manoir des Kuchiki. Présenter ses excuses était la moindre des choses, la deuxième partie, lui donner l'assurance que cela ne se reproduirait plus jamais, était bien plus douloureuse pour lui. Un serviteur pincé en tenue le fit entrer et le mena à une petite salle où il n'y avait qu'une table basse noire, un coussin de chaque côté et une grande plante verte à l'opposé. Avec une révérence, le serviteur l'invita à s'asseoir et partit chercher son maître. Lorsque Byakuya entra dans la salle, surpris malgré son apparente impassibilité, Renji bondit sur ses pieds.

-Capitaine ! Il faut que je vous parle, c'est impo-

-Cela ne pouvait-il pas attendre demain matin ?

Renji secoua la tête, et Byakuya se mit face à lui, à distance respectable, lui indiquant qu'il l'écoutait.

-C'est au sujet de ce qui s'est passé tout à l'heure...

Byakuya fronça les sourcils mais ne dit rien. Ce silence à lui tout seul suffisait à faire comprendre au vice-capitaine qu'il ne voulait pas en parler. Mais voilà des années que Renji encaissait sans rien dire toute sa froideur et sa noirceur, et il ne se laisserait pas démonter par son regard de tueur. Tout de même, il ne put s'empêcher de baisser la tête avant de déclarer :

-Je tenais à m'excuser. Ce que j'ai fait était intolérable, et j'en accepte totalement la sentence que vous me choisirez. Je... Je vous promets que ça ne se produira plus. Je ne sais pas pourquoi j'ai agi ainsi et je...

Il leva les yeux vers son capitaine. Son regard s'était adouci, sans pour autant devenir sympathique et chaleureux. Sachant qu'il allait recevoir dès maintenant sa sanction – mise à pied, demande de démission, et que sais-je encore ! - et il s'y préparait.

-Renji.

L'interpellé releva un peu la tête. Byakuya s'était subtilement approché, un peu trop cependant pour le pauvre lieutenant qui avait déjà du mal à ne pas se jeter sur lui. Il sursauta lorsque la main du brun vint se poser sur son menton, l'attrapant délicatement.

-Ca... Capitaine ?

-Renji, ne prend surtout pas ça comme une quelconque démonstration d'affection, je veux juste vérifier quelque chose. Ne te méprends pas.

Malgré ces mots, Renji ne put réprimer un puissant frisson lorsque les lèvres de Byakuya se collèrent aux siennes, l'entraînant dans un baiser à la fois doux et sauvage. Avec une petite hésitation, et ayant toujours plus de mal à se contenir, le lieutenant posa ses mains sur la nuque de l'autre homme pour approfondir leur baiser. Le capitaine ne s'y opposa pas, au contraire.

Ça, oui, il l'avait compris. Il nourrissait des sentiments, tout du moins une attirance certaine, pour Renji. Il voulait savoir à quel point, alors il se laissa emporter.

Rassuré qu'il réagisse de cette manière, Renji laissa ses doigts vagabonder dans le dos de Byakuya, passer sur ses côtes, sur son torse, puis il s'enhardit au point de frôler ses cuisses. Bien qu'il trouvât les caresses un peu envahissantes, le noble ne dit rien et continua à embrasser le jeune sot qui s'était collé contre lui. Le vice-capitaine commença à se sentir sérieusement serré dans son pantalon, il laissa une main remonter tout doucement sur le torse de Byakuya pour écarter les pans de son shiakusho et il rompit enfin leur baiser pour s'évader dans son cou. Comprenant qu'il allait trop loin, le brun voulut l'arrêter mais à la sensation des lèvres de Renji caressant son cou et sa clavicule, il ne put que rejeter la tête en arrière dans un soupir étouffé et se laisser faire. En le voyant frissonner ainsi, un sourire étira les lèvres de Renji qui entreprit, tout doucement pour ne pas l'affoler, de défaire le obi de Byakuya. Ce dernier posa ses mains sur les siennes pour l'arrêter, mais c'était trop tard, il était déjà défait, et le lieutenant s'attaqua à son lobe d'oreille pour le distraire tandis que d'une main il continuait à caresser sa cuisse et que l'autre se glissait sournoisement sous le vêtement.

En sentant les doigts de Renji le frôler à cet endroit, Byakuya se reprit et tenta de le repousser, mais apparemment son lieutenant s'y était attendu et, pour le faire stopper toute résistance, il saisit son membre dans sa main, lui tirant un petit gémissement. Le noble ne comprenait pas qu'il puisse se montrer si faible devant lui, avec si peu de choses, mais il n'y avait pas à dire, Renji savait y faire.

Le sourire du vice-capitaine s'élargit lorsqu'il vit que son supérieur était incapable de quoi que ce soit quand il le tenait comme ça. Ses lèvres quittèrent son cou, impatientes, pour se diriger vers son ventre. Il fit un petit arrêt à son nombril, avant de descendre encore. Du bout de la langue, il retraça les contours du sexe de Byakuya, avant de le prendre en bouche. C'est à ce moment que le cerveau du capitaine se reconnecta. Il ne voulait pas plus qu'un simple baiser pour savoir s'il était amoureux ou non de Renji, et il était déjà réticent à ce qu'il l'embrasse dans le cou, mais là, non ! En retenant un gémissement, il murmura :

-Arrêtes.

Renji ne parut pas l'entendre et continua ce qu'il faisait ; Byakuya n'eut d'autre choix que de l'attraper par les cheveux pour le tirer en arrière. Avec un petit cri de surprise mêlé de douleur, le jeune homme fut contraint d'obéir.

-Arrêtes ça !

-Mais... Capitaine ?

Byakuya se recula, attrapa son hakama qui était au sol, s'en vêtit précipitamment et recula encore pour bien s'éloigner de Renji. Il était rouge, essoufflé, et surtout en colère. Il s'était encore fait maîtrisé par son lieutenant, et ça, il ne l'acceptait pas. En le voyant réagir comme ça, Renji sentit son cœur se serrer. Il avait eu le temps de réfléchir. Il en était sûr désormais, ce qu'il ressentait pour le brun était beaucoup trop fort pour n'être que de l'amour, c'était déjà bien plus que ça. Il savait qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, et qu'il ne pourrait pas vivre sans lui.

-Renji, sors d'ici.

-Attendez, Capit-

-Sors d'ici !

Cette fois il avait crié, perdant son légendaire sang-froid. Renji sentit les larmes lui monter aux yeux, ce pour la deuxième fois de la journée.

-Mais... Capitaine... Expliquez-moi...

Sa voix n'était guère plus qu'un murmure, sa gorge était nouée.

-Je ne comprends pas...

Le regard de Byakuya s'adoucit, bien qu'il fronçât les sourcils. Il s'avança un peu, réticent, comme s'il avait peur de son subordonné. Il s'agenouilla tout de même à saine distance de lui avant de lui dire :

-Ce n'est pas possible, Renji. Je ne peux pas. Tu ne peux pas non plus.

Le plus jeune ne comprenait toujours pas. Pourquoi ne voulait-il pas de lui ? Il se demanda s'il avait fait quelque chose de mal, ou si ce n'était que par morale qui se refusait à lui. En voyant qu'il n'acceptait pas ce qu'il lui disait, Byakuya, et malgré la douleur qu'il en tirait, décida de se montrer plus dur et dit :

-Je ne veux pas, Renji. Et je ne peux pas te permettre d'avoir de tels sentiments pour moi, je suis ton supérieur et nous ne pouvons entreprendre ce genre de relations.

Et, pour être sûr qu'il ne se remette pas en tête l'idée d'insister, et bien que ce soit l'un des plus grands mensonges qu'il n'ait jamais dit, il ajouta :

-Je ne t'aime pas, et je ne veux pas de ça.

Renji sentit les larmes couler sur ses joues. Ses yeux le brûlait, mais tout ce qu'il ressentait c'était la douleur de son cœur, que Byakuya venait de briser en milliers de morceaux. Désespéré, il essaya de s'accrocher à lui, provoquant une vague de culpabilité chez le noble qui se laissa faire et regarda, sans un mot de plus, le jeune lieutenant poser la tête sur son épaule, pleurant comme un enfant. Après une petite minute, il parut se reprendre et appela un serviteur.

-Accompagnes-le dehors. Veilles à ce qu'il rentre chez lui sans problème.

Avec une petite courbette, le servant prit Renji par les épaules et l'emmena. Byakuya soupira. Il s'en voulait d'avoir été aussi dur, mais c'était nécessaire pour que le jeune homme comprenne. Il était chef du clan Kuchiki, seul héritier de sa famille, capitaine de la Sixième Division, il avait une petite sœur sur qui il devait veiller, et il ne pouvait se permettre de tout foutre en l'air pour suivre ses sentiments. Il s'était laissé trop souvent emporter, que ce soit avec Hisana ou Rukia. « Pas encore une fois ». Il décida de sortir prendre l'air malgré l'heure tardive, il devait se changer les idées.

Renji fut reconduit chez lui par le serviteur. Mais dès qu'il fut seul, les larmes et les sanglots l'emportèrent sur le peu de raison qu'il lui restait. Il l'avait dit : il ne pourrait pas supporter d'être rejeté par Byakuya et de vivre sans sa présence à ses côtés. Aussi, il savait ce qu'il lui restait à faire.

Byakuya marchait dans les rues du Seireitei, perdu dans ses pensées. Il était en colère, il venait de remarquer que Renji avait laissé une marque de suçon dans son cou qui n'était pas prête de partir. S'il savait que personne ne la verrait du fait qu'il portait toujours ou presque son écharpe, il s'en souciait car cela prouvait une sorte d'appartenance de Renji sur son corps, et cela, ça le dérangeait.

Il se retourna lorsqu'une voix se fit entendre derrière lui, le sortant de ses sombres ruminations.

-Capitaine Kuchiki ?

Il fronça un peu les sourcils, soulagé de voir un homme brun aux petites lunettes sympathiques derrière lui.

-Capitaine Kuchiki, que faites-vous dehors, à cette heure tardive ?

-Je vous retourne la question, Capitaine Aizen.

-Moi ? Dit-il en riant doucement. Je vous ai vu passer depuis mon jardin, et je suis sorti par curiosité.

-Votre jardin ?

En levant la tête, Byakuya s'aperçut qu'il se trouvait en effet devant la maison du capitaine. Il fronça les sourcils en voyant arriver derrière eux, d'un pas tranquille, le capitaine de la Troisième Division, Gin Ichimaru.

-Bonsoir, Capitaine Kuchiki, Capitaine Aizen !

-Bonsoir.

Byakuya ne répondit pas. S'il appréciait la compagnie, sympathique et chaleureuse, du capitaine de la Cinquième Division, il ressentait une profonde antipathie pour celui de la Troisième.

-Puisque vous êtes là tous les deux, que diriez-vous de rentrer prendre un thé ?

-J'allais rentrer, lui répondit le noble en se détournant de Gin.

-Voyons, Capitaine Kuchiki, ne dites pas de bêtises ! Rit Sosûke. Vous alliez par-là, et il me semble que votre demeure est dans la direction opposée...

Avec un nouveau froncement de sourcils – décidément, ce soir – il consentit à suivre le brun à lunettes. Après tout, un petit thé entre collègues ne pourrait pas lui faire de mal. Avec un sourire des plus charmants, comme lui seul en avait le secret, Aizen fit passer ses deux convives devant lui, ouvrant la porte sur leur passage. Byakuya rentra, et alors que Gin s'apprêtait à le suivre, Sosûke le retint par l'épaule et lui lança un regard plein de sous-entendu, agrandissant ainsi l'habituel sourire sournois d'Ichimaru. En voilà un qui allait passer à la casserole.


Ouais, ouais, je sais... Sosûke et Gin sont encore les grands méchants ! Mais que voulez-vous, ils ont la tête de l'emploi... Pourtant j'adore Gin ! Bon, allez, peut-être auront-ils une bonne place dans une future fic ou un OS... Qui sait !