Résumé : Au Seireitei, beaucoup de gens courent après Byakuya Kuchiki. A vrai dire, tout le monde pensait qu'il n'aimerait plus jamais quelqu'un, après la mort d'Hisana. Personne n'aurait pu prévoir qu'une simple lettre changerait tout.
Couple : Byakuya Kuchiki / Renji Abarai
Raiting : M (yaoi)
Genre : Romance
Si j'avais un chat gris, je l'appellerais Ernest. S'il était brun, ça serait Robert. Si c'était une fille, ce serait Truffe. Mais, dans tous les cas, il dormirait pas avec moi.
Blue Nails
Chapitre 5 : A were-cat and a little boy
Yoruichi fit entrer Byakuya dans le salon.
S'il avait, d'extérieur, l'air de la haïr, ce n'était que par apparence. Depuis tout petit, alors que ses parents étaient morts quand il était tout jeune et que son grand-père était souvent absent du fait de son poste de capitaine, Byakuya avait été entraîné en grande partie par Yoruichi. Et s'il avait toujours eu du mal avec son « humour » - comme il disait – cela ne l'avait pas empêché de la voir comme sa seule amie durant son enfance, pour finir par la considérer comme sa sœur. Avec elle, il pouvait parler de tout, absolument tout, sans tabou ou prise de tête, tout comme elle pouvait lui parler. Mais, à en juger par sa quotidienne bonne humeur, elle n'avait pas l'air d'avoir trop de soucis...
-Un thé ?
-Non, merci.
La femme-chat regarda un instant son invité surprise. Elle se doutait qu'il avait eu un problème, et elle voyait bien de quel genre, mais elle attendrait, comme toujours, qu'il parle. Jamais elle ne le forcerait. D'ailleurs, elle pensa qu'il n'avait peut-être pas besoin de parler, mais juste de réconfort.
-Puis-je t'emprunter ta salle d'eau ?
-Sois pas si formel, Byakuya ! Bien sûr que tu peux y aller !
Yoruichi fouina un instant dans ses placards avant de lui tendre un shiakusho d'homme - à qui appartenait-il ? - avant de lui faire un grand sourire éclatant et d'aller se préparer à boire. Bien entendu, elle fit une deuxième tasse.
Byakuya fila dans la salle de bain, enleva ses vêtements déchirés et se lava. Il en profita pour voir dans quel état il était : il avait certes arrêté de saigner, mais son bassin lui faisait incroyablement mal et il avait plusieurs marques en haut des cuisses. Quelques bleus sur le corps, surtout au torse, et des marques rouges qui faisaient le tour de ses poignets. A première vue, rien qu'il ne pourrait caché. Il prit son temps pour se frictionner, se laver les cheveux, le corps, le visage, comme si l'eau pouvait effacer les traces de ce qu'Aizen lui avait fait. Finalement, il sortit après s'être habillé, et trouva Yoruichi, assise sur le canapé, en train de servir du thé. Elle lui tendit machinalement une tasse qu'il prit avec un petit « merci » à peine audible. La femme le regardait avec curiosité, mais ne posa aucune question, si ce n'est :
-Tu t'assois pas ?
Byakuya prit sur lui, serra les dents et réprima un gémissement de douleur lorsqu'il s'assit. Sûr qu'après ce qu'il venait de subir, il ne pourrait pas s'asseoir avant un moment... En voyant son malaise, ainsi que son visage défait, Yoruichi posa sa tasse et tendit ses bras vers Byakuya qui, après une hésitation, posa à son tour sa tasse et vint s'appuyer contre elle. Avec malice, elle se laissa glisser en arrière, et ils se retrouvèrent allongés, le noble blottit dans les bras de son amie. D'ordinaire, jamais Yoruichi n'aurait permis à qui que ce soit de poser sa tête sur sa poitrine comme ça, mais elle savait que Byakuya n'était pas n'importe qui. C'était son petit frère. Et s'il y avait bien un homme qu'elle pouvait prendre dans ses bras de cette façon sans la moindre arrière-pensée de l'un ou l'autre, c'était lui. Il poussa un long soupir, et un petit sourire se dessina sur les lèvres de la femme-chat.
-Alors, Byakuya, qu'est-ce qui t'amènes chez moi ? Demanda-t-elle après un moment de silence.
Elle ne voulait pas le forcer à parler, mais elle savait aussi que si elle ne le poussait pas un peu il ne dirait rien.
-Envie de parler...
-Comme d'habitude.
-C'est un peu compliqué.
Un rire joyeux s'échappa de la gorge de Yoruichi.
-Ça me connaît !
-J'aime Renji, dit-il de but en blanc.
Bien que surprise, Yoruichi ne dit rien. Elle était soudainement redevenue sérieuse, prête à écouter son invité. S'il venait parfois pour rien ou juste pour discuter, là il était plus que sérieux.
-Je l'aime, et je viens de me rendre compte d'à quel point... Mais c'est trop tard, je lui ai fait du mal, beaucoup de mal...
Nouveau silence.
-C'est que... J'ai beaucoup de choses à te dire, mais je ne sais pas par où commencer !
Oubliant alors sa promesse intérieure de ne pas poser de question, elle demanda :
-Qu'est-ce que tu lui as fait ?
-Je lui ait dit que je ne l'aimais pas, que je ne voulais pas de lui...
Encore un silence. Ce genre de blancs ponctuait souvent leurs conversations, chacun repensant à ce que l'autre avait dit, préparant ses mots, ou – comme c'était le cas de Byakuya à ce moment – essayer de se calmer pour ne pas éclater en sanglots.
-C'était quoi, tout ce sang, tout à l'heure ? Tu as été blessé ?
-Pas tout à fait...
Byakuya lui raconta tout ce qui s'était passé depuis le moment où il était sorti de chez lui, jusqu'au moment où il avait toqué à sa porte. Il ne lui cacha rien, et bien qu'il se sentit honteux, il savait que c'était de la faute d'Aizen, qu'il n'y était pour rien. Il lui raconta à quel point il se sentait coupable d'avoir blessé Renji, ce que la capitaine de la Cinquième Division lui avait fait et ce qu'il lui avait dit au sujet d'Hisana, à quel point il lui avait fait mal, mais aussi la « gentillesse » de Gin avec lui, la promesse d'Aizen de retrouver Renji – et sans doute le sous-entendu de lui faire la peau. Elle l'écouta sans l'interrompre, et lorsqu'il eut fini, elle déclara :
-On ne laissera pas ce salopard toucher à Renji, ne t'inquiètes pas. Il ne te touchera pas non plus, je vais m'en assurer !
-Yoruichi, tu ne peux pas tuer un capitaine !
-Tu ne m'en crois pas capable, peut-être ?
-Personne n'est mieux placé que moi pour savoir à quel point tu es puissante, mais Aizen est un capitaine du Gotei 13, sous protection du Commandant-Capitaine ! S'il lui arrive quoi que ce soit...
Avec une grimace, Yoruichi lui concéda ce point.
-Ouais, tu as raison... Mais j'ai déjà quelques comptes personnels à régler avec lui.
Il leva un regard interrogateur vers elle.
-Oh, t'inquiète, une vieille histoire. Je vais m'assurer qu'il ne s'approche pas de toi. Mais, avant tout, on va te remettre d'aplomb, et ensuite j'irai prévenir Renji. Toi, tu resteras là, au moins Aizen ne pensera pas à venir te chercher ici.
-Il faut que je voie Renji ! Je dois lui demander pardon...
-Je sais ! Mais il va falloir attendre un peu, le mettre en sécurité avant tout. Si on est tous les deux capables de tenir tête à un capitaine, ça n'est pas son cas !
L'aube n'était pas loin. Yoruichi avait rapidement préparé quelque chose à manger, laissant Byakuya dormir sur le canapé pour se reposer un peu, et alors que le soleil pointait à peine le bout de son nez, elle quitta la maison pour se rendre aux baraquements des lieutenants, de l'autre côté du Seireitei, après bien sûr s'être assurée que son protégé ne risquait rien. Il n'avait visiblement pas été suivi. D'après Yoruichi, c'était le principal problème de Sosûke : il était toujours trop sûr de lui, de sa réussite. Un jour, elle le ferait payer pour ce qu'il avait fait à Kisuke, Shinji, Byakuya et tous les autres.
