Disclaimer : Bleach, Bleach, pourquoi n'es-tu pas à moi ?

Pairing : Shinji Hirako x Sosuke Aizen

Total : 793 mots

Setting : suite de Sunset, post-guerre, arrancar!Shinji

Warning : fluffy fluff

Prompt : Outside

Il ne savait pas depuis combien de temps il était enfermé ici. Des mois, du moins c'est ce qu'il supposait. On l'avait sorti de son cachot tout au fond du Muken, débarassé de ses liens et de ses sceaux, et jeté dans une autre prison. Bien sûr, celle-ci était bien plus agréable que la précédente. Elle ressemblait à une véritable chambre, avec des fenêtres, il était plutôt bien traité, on lui fournissait ce qu'il désirait, surtout des livres et du matériel de calligraphie. Il avait demandé à Retsu ce qui lui valait un tel traitement. Après tout, ce n'était pas comme s'il l'avait mérité... Elle lui avait expliqué que la perte de ses souvenirs avait légèrement modifié la donne, et qu'après des jours et des jours d'argumentation, le Central 46 avait finalement accepté de modifier sa punition, et de soutenir ses tentatives de réhabilitation. Bien sûr, si cela ne lui convenait pas, il pourrait toujours retourner à sa cellule et à ses liens, ou même demander à ce qu'on mette fin à ses souffrances. Le sourire de la capitaine lui fit froid dans le dos, et c'est avec un maximum de politesse qu'il l'assura qu'il était tout à fait ravi de son traitement.

Ce qui, pour une fois, n'était pas un mensonge. Les premiers temps au Muken avaient été assez nébuleux, sa folie meurtrière était probablement encore trop forte et obscurcissait son jugement. Et puis, elle avait disparu, emportant avec elle tous ses souvenirs des cent dernières années. Les jours, les semaines qui avaient suivi étaient restées les plus horribles. Il s'était retrouvé attaché, incapable de bouger, de faire quoi que ce soit d'autre que tenter de percer la brume qui emplissait son esprit, sans rien trouver qui puisse lui indiquer ce qu'il avait fait pour mériter ça. A part une vague idée que quelque chose lui manquait, il ne trouvait rien. Des jours, des nuits passées à tenter de hurler sa douleur, sa solitude, sans y parvenir.

Et puis, sans qu'il sache pourquoi, on l'avait sorti de là, débarrassé de ses liens, et installé dans une chambre de la Quatrième Division. Sous bonne garde, certes, mais c'était une telle amélioration par rapport à sa cellule, qu'il n'avait fait aucune remarque et s'était contenté d'en profiter. Ensuite, les rêves étaient venus, et il avait dû réveiller toute la division avec ses hurlements. Mais il n'avait rien dit. Il était trop heureux de ne pas être enfermé à jamais dans un trou obscur. Même s'il se sentait toujours aussi seul. Il se contentait de sourire et de prétendre que tout allait bien, je vous remercie, ne vous préoccupez pas de moi. Il n'aurait révélé à personne les images atroces qui dansaient derrière ses paupières dès qu'il fermait les yeux. Des images de mort qui lui brisaient le coeur.

Un coup frappé à la porte le tira de ses réflexions, et il afficha le parfait sourire du Sosuke en pleine forme alors que le capitaine Unohana entra dans la pièce. Elle prit de ses nouvelles, il lui assura que tout allait parfaitement bien. Elle ajouta alors :

- J'ai ici quelqu'un qui veut vous voir... du moins, si ça ne vous dérange pas.

Elle s'écarta, pour dévoiler... Shinji. Son Shinji. Bien vivant. En uniforme de shinigami, comme lui-même, la poitrine encore entourée de bandages, et plus pâle que dans ses souvenirs, mais enfin, c'était son Shinji en vie. Il se leva, tendit les bras vers lui, et son arrancar franchit d'un bond la moitié de la pièce pour venir s'y jeter. Il le serra contre lui, fort, lui caressant les cheveux et se laissant bercer par le ronronnement du chat. Shinji était vivant, son arrancar, son amant, celui qui devait partager sa victoire, celui dont la mort avait déclenché sa colère et bien failli anihiler une bonne partie de leur monde, celui enfin autour de qui tournait une bonne partie de son univers depuis qu'il l'avait rencontré à Soul Society la toute première fois, son Shinji lui avait été rendu. Pour le moment, le monde entier pouvait s'écrouler, il n'en avait cure. Ce qui comptait, c'était le corps chaud contre le sien, les longs cheveux blonds retombant sur ses mains, les bras refermés autour de sa taille, l'odeur de thé, d'amande, de Shinji, la tête appuyée contre son épaule, et cette sensation de chaleur qui se propageait dans sa poitrine. Le reste pouvait bien disparaître.

Unohana resta un instant à les regarder, puis referma la porte. Il serait toujours temps plus tard de venir les séparer, autant les laisser en profiter un peu. Et puis, avec les protections nécessaires, elle pourrait peut-être s'arranger pour les laisser rester ensemble. Si la santé mentale de l'ancien capitaine était à ce prix, ce n'était pas vraiment cher payé...


All alone, or in two's,
The ones who really love you
Walk up and down outside the wall.

Le retour de Sosuke Aizen à la lumière...