Disclaimer : tagada, pas à moi !

Pairing : Shinji Hirako x Sosuke Aizen

Total : 807 mots

Setting : canon, post-guerre, complément de Beginning

Warning : dépression

Setting : Ending

Et il y était encore. S'il ne s'arrêtait pas, ça allait devenir son unique occupation. Combien de fois était-il venu là au cours de la semaine écoulée ? Au moins une demi-douzaine de fois. Ca devenait malsain. Et pourtant, il ne pouvait pas s'en empêcher.

A la fin de la guerre, il avait été ravi. Non seulement il avait pu obtenir une vengeance sur Aizen, un peu maigre il est vrai puisqu'il n'avait pas pu lui passer Sakanade en travers du corps, mais en plus, celui-ci avait été jeté dans les tréfonds d'une prison qui avait tout à voir avec un trou sans fond. Et en plus, il avait été réintégré en tant que capitaine, et Hiyori avait survécu à ses blessures. Tout allait enfin bien, parfaitement bien, pour la première fois depuis bien longtemps.

Et pourtant, il revenait encore et toujours voir celui qui avait tenté de le tuer deux fois. La première fois, c'était juste un acte de curiosité. Jeter pour la dernière fois un coup d'oeil à celui qui avait ruiné sa vie. Un dernier acte de défi. Ca n'avait pas été trop dur d'obtenir l'autorisation d'entrer dans le Muken, et trouver la cellule n'avait pas posé le problème. Il s'était attendu à beaucoup de choses, après tout on n'est pas l'ami de Kisuke Urahara pour rien, mais quand même... pas à ça. Pas à cette cellule taillée à même la roche, sans lumière. Pas à cette silhouette mince, beaucoup plus mince que dans son souvenir, entièrement enveloppée de bandes noires. Il ne savait pas que le second oeil d'Aizen avait été scellé. Il avait pensé se retrouver devant le regard de son ennemi, toujours aussi arrogant. Pas devant cette silhouette obscure, la tête penchée vers le sol, comme s'il avait été battu. Pas devant cette ombre de l'Aizen passé.

Il s'était assis de l'autre côté des barres, Sakanade sur l'épaule, et il était resté là. Son haori s'était étalé autour de lui, et c'était un peu réconfortant de le retrouver, parce qu'il était assez mal à l'aise de se trouver là. Parce qu'Aizen ne bougeait pas. Aizen restait battu et emprisonné. Aizen restait... définitivement non-Aizen. Pas d'arrogance, pas de défi, pas de menaces. Il s'était attendu à des moqueries acides, à ce qu'ils se lancent au visage leurs erreurs et leurs victoires respectives, à des flammes de reiatsu haineux, à tout, mais pas à ça. Pas à ce silence écrasant, à peine troublé par leurs respirations. Pas à cette... absence. Il avait cru voir une larme rouler sur les bandes noires, mais c'était difficile à vir dans la presque obscurité. Il avait fini par partir, sans rien avoir tiré de cette étrange créature, sans lui avoir parlé. C'était un bon point final à leur histoire.

Et pourtant, il était revenu. Il ne savait même pas pourquoi, d'ailleurs. Aizen ne pouvait ni parler, ni le regarder, et Shinji n'était même pas sûr qu'il sache qu'il vienne le voir. Enfin, il était possible que son reiatsu le trahisse, mais Aizen ne bougeait pas. Alors pourquoi il revenait ? Pour se repaître jour après jour du spectacle de son ancien lieutenant réduit à un tel état de soumission ? Non, ce n'était pas ça. Il n'avait rien d'agréable, ce spectacle. Mais l'endroit, frais et plongé dans une quasi-obscurité, avait quelque chose d'apaisant. Il n'y avait pas de devoir, ici, pas de travail, de mort, de shinigamis, juste lui et Aizen. Rien ne comptait. Rien n'avait d'importance. Quand il était là en bas, le temps s'arrêtait. Il n'y avait que lui, et ses souvenirs. Là, en bas, il pouvait penser à Sosuke autant qu'il le voulait, il pouvait remonter le passé et se gorger d'images d'un temps où les choses étaient plus heureuses, où Aizen était encore son compagnon, et où le futur était encore lumineux. Ce n'était pas bon, de se complaire dans les souvenirs, mais ce qui se passait dans la cellule d'Aizen ne comptait pas. Ce n'était qu'une parenthèse. Un moment où... où tout le reste de sa vie n'avait aucune importance. Un refuge.

Alors il venait ici, dans la cellule d'Aizen. Une fois par semaine, puis deux. Puis tous les jours. Il venait dans l'obscurité, penser à Sosuke, et regarder la silhouette immobile d'Aizen. Il avait conscience que peut-être, ce n'était pas très sain, de venir ainsi contempler son ancien amant et remuer des vieux souvenirs. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Telle était l'emprise que Sosuke Aizen avait pris sur lui depuis tout ce temps. S'il avait pu tout changer, il l'aurait fait. Mais le pendule ne pourrait pas repartir dans l'autre sens. Rien ne pourrait changer les choses. Et tout ce qu'il lui resterait jamais, c'était l'obscurité, et les images dans sa tête qui devenaient de plus en plus lumineuses. Et le spectre d'Aizen qui ne le laisserait jamais oublier.


Tous les prompts ont été faits ! Mais ce n'est pas fini, il reste encore un tout petit quelque chose !

In the end, I started to think about the beginning...