Guest: Je sais que tu es là. Bonne lecture. =D
Chapitre 5.
Blessure.
Sébastian retournait et retournait les paroles du croque-mort dans sa tête. Qu'avait-il bien voulu dire par un soleil et un nuage sur eux. Étrangement…ces mots l'avaient comme frappé…telle une espèce de malédiction. Toutefois, il n'avait pas besoin de cette mise en garde pour veiller sur Ciel.
Durant les prochaines semaines, Les deux Phantomhive et Sébastian continuèrent d'aller de bal en bal et de surveiller les jeunes comtesses. Mais leurs efforts étaient vains car à trois reprises, trois jeunes filles furent enlevées et retrouvées mortes sur le seuil de leur manoir le lendemain. Ciel en était de plus en plus contrariée. Elle se sentait si impuissante face à la situation et avait comme l'impression qu'un regard de mort et de haine l'enveloppait. Ça lui fesait froid dans le dos.
Cependant, au quatrième bal, alors que Sébastian parcourait la salle des yeux, il vit un ombrage près du lustre. Celui-ci semblait bouger un peu…Il bougeait VRAIMENT! Et juste au-dessus de Ciel et de la jeune demoiselle qu'elle fesait danser, menaçant de les aplatir toutes les deux comme des crêpes. Mais personne ne l'avait remarqué encore en dehors de lui…
…enfin presque.
- CIEL! ATTENTION!, cria Vincent.
Le comte se précipita et poussa les deux filles en dehors de l'aire de danger.
Mais malheur, le candélabre était tombé directement sur Vincent.
Après avoir été bousculée, Ciel secoua la tête pour remettre ses idées en place, quand son regard vert fut attiré par des éclats de verre et de cristal sous son nez. Elle leva lentement les yeux jusqu'à ce qu'elle croise la vision de son père à moitié enseveli sous les décombres.
- PÈRE! NOOOONNNN!, hurla-t-elle.
Elle se releva précipitamment et courut délivrer Vincent. Malheureusement, le corps soutenant les bras du lustre était énormément lourd dû au fait d'être composé d'or et Ciel ne parvenait pas à le soulever.
- Sébastian! Vite, viens m'aider!
Sébastian obéit et vint lui prêter main forte. Les autres convives étaient encore trop secoués pour venir en aide aux deux adolescents. Mais à deux, ils purent hisser le lourd candélabre et extirper le comte.
Celui-ci était grièvement blessé. Il était en sang, des écorchures, des bleus et des coupures le parcouraient des pieds à la tête, son bel habit de Chat de la Reine déchiré à multiples endroits et une de ses jambes formait un angle inquiétant.
- Sébastian! Il faut le transporter à l'hôpital au plus vite!
Sébastian hocha la tête la mine grave et prit l'autre bras de Vincent pour le traîner avec Ciel jusqu'aux chevaux. Ils parvinrent à le hisser sur la selle de Ciel derrière elle et ils galopèrent à toute allure.
. . .
Vincent fut rapidement pris en charge par le personnel de l'hôpital. Ciel et Sébastian n'avaient pas été autorisés à rester avec lui. Ils durent donc attendre dans la salle d'attente jusqu'à ce que quelqu'un vienne leur donner des nouvelles.
La pauvre Ciel, tourmentée et des plus troublée fesait les cent pas en tripotant le manche de son épée. Sébastian demeurait assit et prostré dans son silence en la suivant des yeux, les mains croisées sur ses genoux.
- Ne t'en fait pas Ciel, lui dit-il après un long moment. Il est solide. Il s'en sortira.
- Je sais bien, répondit-elle brusquement. Ce qui m'enrage, c'est de ne pas savoir qui a décroché ce fichu lustre pour le retrouver et lui faire payer au centuple.
Sébastian était désolé pour elle de ne pouvoir lui porter un quelconque secours. L'ombre qu'il avait vu n'avait pas été assez net pour qu'il puisse lui donner un indice sur son identité.
Il se leva, se posta derrière elle et lui mit une main sur l'épaule dans un geste réconfortant.
- Ciel, n'ayant jamais connu mes parents, je ne peux pas comprendre ce que c'est que de les perdre, mais je peux comprendre ta colère...et je peux par contre te jurer que je ferai tout mon possible pour t'aider à venger ton père.
Ciel ferma les yeux et se calma soudainement d'un coup. Les mots de Sébastian et sa grande compassion avaient toujours eut le don de la consoler. Depuis tout petits, il avait toujours été à ses côté et l'avait toujours soutenu lors des moments de peine. Encore aujourd'hui, il se montrait attentionné et complaisant. C'était pour ça que Ciel appréciait beaucoup Sébastian.
- Je te remercie Sébastian, dit-elle en mettant sa main sur la sienne. Cela me va droit au cœur. Tu es un bon ami.
Bizarrement, ce dernier mot ne surprit pas Sébastian. Comment il aurait pu en être autrement entre eux.
Au même moment, une femme-médecin aux cheveux et yeux rouges se présenta devant Ciel et Sébastian. Et par la plus grande des coïncidences, il s'agissait de la tante maternelle de Ciel. Angelina Dulles, surnommée Mme. Red. Elle était la sœur cadette de la mère à Ciel et elle chérissait plus que tout sa nièce-neveu.
- Alors Mme. Red, comment va mon père?, demanda la jeune fille.
- Assez mal, je dois te l'avoué, chérie. Mais sa vie n'est pas menacée. Sa jambe droite a été sérieusement touchée lors de l'impact du candélabre et j'ai dû lui posé une prothèse en métal pour en remplacer les parties les plus endommagées. Mis à part quelques écorchures, plaies et bosses, Vincent va bien.
Ciel laissa échapper un soupir mêlé d'un sanglot.
- Je compatie à ton mal, Ciel, dit Mme. Red. Vous pouvez aller le voir si vous voulez. Il est réveillé.
Les deux adolescents remercièrent le médecin et rejoignirent Vincent dans sa chambre. Ce dernier était étendu dans son lit et se reposait. On lui avait retiré sa veste, son foulard, ses gants, son épée et ses bottes, ne lui laissant que sa chemise et son pantalon dont on avait dû découper la jambe droite pour pouvoir opérer dessus. Il eut un sourire en voyant surgir sa fille et Sébastian.
- Mon fils…Sébastian.
Il tendit la main vers Ciel qui lui prit sans hésitation.
- Je suis soulagé de voir que vous n'avez rien tous les deux, dit-il.
Ces mots eurent pour effet de faire éclater Ciel en sanglot. Elle serra davantage la main de Vincent et la colla contre son front incliné vers l'avant.
- Si je ne me retenais pas, je vous traiterais de dernier des imbéciles!, s'exclama-t-elle. Pourquoi m'avoir sauvé?! C'est moi qui aurais dû se faire écraser!
Vincent ne s'offusqua pas de la brimade de Ciel. Au contraire, il lâcha un ricanement discret.
- En quoi je vous fais rire?!
- Parce que vous êtes bien mon fils. Valeureux, noble, courageux, déterminé et fort…
Le comte se redressa douloureusement sur ses oreillers avec une grimace de souffrance et attira Ciel contre lui.
- Mon fils…ma fille. Je sais que je ne remarcherai sans doute plus jamais, et par conséquent je suis indisposé à poursuivre ces meurtriers. C'est donc entre tes mains, ma chérie que je remets le bonheur de sa Majesté.
Ciel écarquilla les yeux de stupeur et se releva d'un bond.
- Père! Vous n'y pensez pas j'espère?! Je n'ai pas encore l'expérience requise pour reprendre le flambeau! J'ai encore besoin de vous!
- Non Ciel…Tu es intelligente, forte et le sang des Phantomhive coule dans tes veines. Je sais que tu seras à la hauteur de la tâche que je te confie.
Ciel était complètement à court de mots. Elle était trop déconcertée par la tournure des évènements. Jamais elle n'avait sentie autant de poids sur ses épaules. Mais son père avait raison…Elle avait beau être une fille, son caractère était plus solide que l'acier et sa volonté sans limites.
- Bien père, dit-elle, l'air déterminée. Je vous en fais la promesse. Je traquerai et ces criminels. Aussi vrai que mon nom est Ciel Rohan de Phantomhive.
Et Ciel se dit qu'avec les pensées encourageantes de son père et Sébastian avec elle, rien ne l'empêcherait de réussir.
