vava: Oooohh, la jalousie. Ça met toujours du punch dans une histoire. On s'en lasse jamais. Bonne lecture.

Chapitre 7.

Émois.

Charlie se languissait dans la chambre que Ciel lui avait attribuée. Non seulement, elle était dans le corridor des invités, donc loin de celle de Ciel, mais elle n'avait pas eu l'occasion de la voir en dehors des heures de repas.

Ciel passait son temps soit à travailler sur l'enquête, soit à s'entraîner à l'escrime et au tir avec Sébastian. Même durant l'heure de manger, Ciel ne lui adressa pas plus que quelques mots de courtoisie tels que: «Avez-vous passé une bonne journée?», «J'espère que vous ne vous ennuyez pas trop.» ou «Ne vous inquiétez pas, nous attraperont bientôt ces assassins.»

Charlie en était venue à même jalouser la complicité entre Ciel et Sébastian. Jamais elle n'avait vu Ciel aller nulle part sans le jeune homme aux yeux rouges. Elle en était même venue à le haïr parce que Sébastian était le seul à pouvoir se faire gratifier d'un des si rares sourires de son bien-aimé angélique. Les rares moments qu'elles passaient ensemble en dehors des repas étaient quand Ciel consentait à enseigner l'art du combat et de l'équitation à Charlie. Ce qui n'était pas chose aisée, car cette dernière était d'une maladresse incroyable. Ciel dû aller la chercher deux fois dans la fontaine du jardin où elle était tombée. Et Charlie ne manquait jamais l'occasion de se rapprocher et de se blottir contre elle dans ses bras quand elle s'écroulait de fatigue et que Ciel devait la porter jusqu'à l'intérieur.

. . .

Les semaines passaient, les mois s'écoulaient et l'état de Vincent n'allait pas mieux. Au contraire, il se détériorait.

Il s'avérait que des éclats de verre et de cristal du lustre avait pénétrer dans son organisme et avait corrompu ses poumons. Vincent souffrait de grosses quintes de toux et crachait du sang à l'occasion. Il avait du mal à respirer et ne pouvait s'alimenter convenablement car sa gorge lui fesait mal. Du coup, il avait perdu du poids et son teint avait blêmi.

Sa femme, sa fille et Sébastian venaient le voir régulièrement, lui apportant les dernières nouvelles. Il fesait des efforts pour paraître bien et félicitait Ciel des initiatives qu'elle avait prise pour mettre en sûreté les jeunes filles restantes, mais il était inutile de se voiler la face. Sa famille n'était pas stupide et voyait bien qu'il allait au peu plus mal. Et à chaque fois qu'ils partaient, Ciel devait soutenir sa mère pour éviter qu'elle ne s'effondre en pleurs sur le sol.

. . .

Gros saut dans le futur.

Voilà presque 4 ans que Ciel poursuivait les tueurs sans relâche, …mais sans succès. À croire que ces vauriens étaient plus malins qu'elle se l'était imaginé. Devenue une jeune femme, Ciel était plus belle que jamais et elle avait bien grandi. Elle ne fesait plus aussi petite qu'avant. Ses cheveux atteignait maintenant le bas de ses hanches et ondulaient et bouclaient par endroits, voltigeant au gré du vent. Mais heureusement que ses vêtements d'homme masquaient ses formes.

En atteignant son âge adulte, Ciel avait aussi abandonné son rang de baron pour endosser son titre de comte.

Charlie était toujours chez elle avec sa mère et sa suivante, mais rien n'avait changé dans leur relation en dehors que Ciel l'appelait maintenant par son prénom. Ciel s'entraînait avec Sébastian, s'enfermait dans son bureau pour travailler ou partait carrément pour enquêter en ville. Mais elle avait appris de Ciel que cette dernière n'aimait pas les toilettes surchargées de dentelles et de froufrous. Charlie se contenta alors de robe discrète et simple et d'orner ses cheveux avec un ruban à l'occasion. Quel n'avait été sa joie quand Ciel la complimenta sur son ensemble banal.

Mais souvent, alors que Ciel était absente ou trop occupée ailleurs dans le manoir, Charlie se faufilait à l'intérieur de sa chambre et inspectait le moindre recoin. Elle voulait tous savoir d'elle, chaque élément de sa vie. Elle avait mémorisé chaque vêtement composant l'armoire, chaque livre de sa bibliothèque, chaque arme et tableaux se trouvant sur les murs et tout le reste. Des fois, elle avait même proposé à Ciel de lui brosser les cheveux elle-même. Elle avait trouvé ça bizarre, mais la laissa faire, si c'était ce qu'elle voulait faire. Charlie en avait été si heureuse et en avait profité pour faire courir ses doigts dans son abondante chevelure et d'en sentir le parfum suave de fleurs des champs.

Toutefois, un jour, alors que Charlie mimait une valse avec le mannequin portant la veste d'uniforme de Ciel, celle-ci la surpris sur le fait. Ciel en avait été si outrée et Charlie si embarrassée qu'elle fondit en larmes et sortit en courant.

Un jour alors que Ciel revenait d'une autre séance de collecte d'infos en ville et croisait maintenant le fer avec Sébastian pour se détendre, Charlie n'y tint plus du lourd silence entre elles et sortit les rejoindre. Cependant en passant trop près d'eux, elle faillit recevoir un coup de lame. Ciel arrêta par chance son geste juste à temps.

- Charlie! Êtes-vous folle de vous précipitez sur nous ainsi alors que nous étions en plein combat!?

- Oh pardonnez-moi Ciel! Je ne voulais pas m'interposer de cette façon. Mais il faut absolument que je vous parle. C'est très important.

Charlie avait les larmes aux yeux et regardait Ciel d'un air si suppliant qu'elle plia et remit son épée à Sébastian et pria celui-ci de les laisser seules.

Sébastian présageait que tout ça ne serait bon pour lui. Durant les années où Charlie était demeurée chez les Phantomhive, elle n'avait cessé de jeter à Ciel des regards amoureux et de la combler de mille et une attentions. Sébastian se retenait de vomir. Mais il n'avait pas le choix et il obéit à sa maîtresse.

Une fois seules, Ciel attendit que Charlie parle, une main sur les hanches. Le visage de la plus jeune avait viré au rouge cramoisi. Elle finit par attraper la main relâchée de Ciel et la serra dans les siennes.

- Ciel…je dois vous le dire. Depuis notre premier bal…je…je…je vous…

Mais Charlie ne put finir sa phrase que grand-mère Emma et Sébastian apparurent en courant vers elles.

- Ciel! Ciel! Au secours! Viens vite! C'est horrible!, criait grand-mère.

- Mais enfin grand-mère! De quoi tu parles!, s'exclama-t-elle en reprenant sa main pour se retourner vers sa nourrice. Qu'est-il arrivé?! Parle!

- C'est madame ta mère, Ciel!, sanglota grand-mère.

- Elle souffre d'un mal mystérieux!, ajouta Sébastian. Elle se tord de douleur au sol!

- Quoi?!, s'écria Ciel en affichant un visage épouvanté. Mais qu'est-ce que vous me chantez là?!