vava: J'ai remarqué que mes tics, c'est une succession de problèmes. Un par-dessus l'autre. Pour ton examen, pas grave, c'était mon cas il y a quelques jours. Bonne lecture.
Chapitre 8.
Mal et Douleur. Première Partie.
Ciel courait derrière Sébastian et grand-mère, suivie par Charlie.
Quand ils arrivèrent dans le hall d'entrée, Ciel et Charlie virent la pauvre Rachel étendue sur le carrelage, ses cheveux blonds cendrés décoiffés et rependus autour de sa tête. Son teint rougissait, elle était parcourue de spasmes et hoquetait comme si elle avait du mal à respirer. Le majordome Tanaka, le cuisinier Bard, la femme de chambre May Linn, le jardinier Finny, Mme. De Noailles et sa servante Sara étaient rassemblés autour d'elle sans savoir quoi faire.
- MÈRE!, hurla Ciel en se précipitant vers elle.
Ciel s'empressa de l'agenouiller près d'elle et de la redresser pour que l'air passe mieux dans ses poumons…mais il n'en fut rien.
- Je ne comprends pas! Mais qu'est-ce qui se passe?! Quelqu'un répondez-moi!
Mme. de Noailles désigna quelque chose du doigt qui gisait non loin d'elle. Ciel vit un bouquet de roses rouges. Elle allait le saisir quand son cuisinier l'arrêta en attrapant son poignet.
- Non monsieur! Ne l'approchez pas! Il a été enduit de sarin!
- De sarin!
Ciel se repencha sur sa mère qui se convulsait plus fortement. Elle avait bien appris ce qu'était le sarin. C'est une substance inodore, incolore et volatile, de la famille des organophosphorés, extrêmement toxique pour l'homme et l'animal, même à très faible dose. On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Quand il était consommé, il causait des douleurs et des enfilements au nez, de la dyspnée (difficultés respiratoires), du myosis (une diminution du diamètre de la pupille par contraction de l'iris) et bien d'autres choses affreuses.
- Non mère! Courage! Nous allons vous faire soigner!
Rachel ne put répondre à sa fille que par un soulèvement agité et un hoquet. Elle se retourna sur les genoux de Ciel et vomi sur le dallage. Ciel sursauta et fit un bond vers l'arrière pour être rattrapée par Charlie et Sébastian.
- Vite! Il faut l'emmener à l'hôpital!, s'écria Ciel.
- Cela ne servira à rien!, répliqua Bard. Le sarin agi trop rapidement et le temps que nous arrivions ne serait-ce qu'à Londres, votre mère aura déjà succombé! De plus, même si nous arrivions à temps, ce serait en vain, personne ne connaît les composants du remède…car il n'a jamais été trouvé encore!
Ciel ne savait vraiment plus quoi faire. Personne ne pouvait l'aider…Sa chère mère, celle qui l'avait mise au monde…était condamnée.
Ciel se sentait si faible. Elle ne pouvait vraiment rien faire en dehors de regarder sa mère mourir dans ses flaques de vomi et d'urine (Le sarin rend aussi incontinent). Mais elle se refusait de la laisser mourir!
- Non! Je ne puis l'accepter!, cria-t-elle en voyant Rachel s'arrêter de s'agiter tout d'un coup.
Ciel eut soudainement très peur pour la première fois de sa vie.
- Mère!, fit-elle en la secouant par les épaules. Mère! Mère, ouvrez les yeux! Je vous en prie! Ne me laissez pas! Mère! Par pitié!
- Ciel! Laisse tomber!, s'exclama Sébastian en la virant pour lui faire face...Elle est morte.
Ciel fixa Sébastian d'un regard désespéré, comme si elle espérait que tout ce qu'avait dit son ami n'était qu'un tissu de mensonge. Les larmes vinrent alors à couler de ses beaux yeux verts.
- Non…Non! Tu mens, cria-t-elle en tapant sur son torse de ses poings. Tu mens! Pourquoi tu mens?!
Sébastian, triste pour elle, comme pour Rachel referma ses bras autour de Ciel et la serra contre lui en la berçant. Ciel laissa or échapper toute sa tristesse et sa peine. Elle pleurait vraiment. Comme elle avait reçu une éducation masculine, elle n'avait jamais eu la possibilité d'exprimer ses émotions…comme si elle n'avait pas de cœur. Mais elle en avait un et il venait d'être brisé. Sébastian ne pleurait pas. Il se devait d'être fort pour Ciel.
Ciel pleura longtemps dans les bras de Sébastian. Les domestiques, Mme. de Noailles et Sara étaient partis pour les laisser seuls. Seule Charlie n'était vraiment sortie du hall. Elle s'était assise sur la plus haute marche des escaliers, les deux mains et le front sur la rampe. Elle ne disait rien et regardait affligée et mélancolique celle qu'elle aimait et celui qu'elle détestait. Ce dernier leva alors les yeux vers elle sans lâcher Ciel qui s'était tout à coup endormie d'épuisement au creux de ses bras. Sébastian jeta à Charlie un regard pénétrant. Charlie en fut paralysée littéralement.
Sébastian prit alors Ciel dans ses bras comme une princesse et monta les marches pour la conduire à sa chambre. Elle ne pesait vraiment rien pour lui. Maintes années d'entraînement lui avaient forgé de solides muscles
Il ne prononça pas un mot en passant devant Charlie.
(Elle, elle aurait évidemment voulu être à la place de Ciel et Ciel à la place de Sébastian.)
