Chapitre 10.

Mal et Douleur. Deuxième Partie.

Ciel avait clairement entendu ce qu'avait dit Charlie. Elle ne s'était pas vraiment éloigner. Elle était restée derrière la porte et avait écouté tout ce que qu'elle avait dit.

Sébastian vint alors à sa rencontre.

- Elle a tout dit.

- En effet, Sébastian. Une jeune fille amoureuse est toujours très dure à faire décrocher, même quand tous les espoirs sont vains.

- Mmh…Pendant que j'y songe…on a récupérer ça sur ta mère. On s'ait tous mis d'accord pour que tu le porte. Il n'y a pas de danger. Il n'a pas été corrompu par le poison.

Sébastian ouvrit la main et Ciel put y voir un fin médaillon en or serti d'une petite larme de rubis. Ciel le considéra gravement et se laissa se le faire mettre par Sébastian. La jeune fille le fixa avant de le glisser dans son col.

- Merci…qu'avez-vous fait du bouquet de roses?

- On a jeté de l'eau dessus pour dissiper les gaz toxiques.

- Bon. Je vais l'examiner de plus près.

Et ils partirent sans se soucier de Charlie qui continuait à pleurer dans la chambre. Pendant que les deux plus vieux allaient dans leur direction, grand-mère les croisa en chemin alors qu'elle avait changé le pichet d'eau dans la chambre. Elle tomba sur Charlie prostrée de douleur.

- Oh ma pauvre enfant! Mais que vous arrive-t-il? Mais séchez vos pleurs.

Charlie, qui avait toujours beaucoup aimé grand-mère pour sa gentillesse tenta de lui sourire malgré tout pour la rassurer.

- Ce n'est rien grand-mère. Ne vous inquiéter pas pour moi. Ce qui m'arrive…se sont des choses qui arrivent…

Mais une nouvelle vague de larmes se déversa…

. . .

Deux semaines était passées depuis que Ciel avait avoué à Charlie être une femme.

Vincent, toujours à l'hôpital avait été mis au courant de la mort de Rachel et évidemment, il en avait été très chagriné. Il avait même supplié son infirmière et son médecin personnel de le laisser accompagner son fils aux funérailles et lui offrir un ultime adieu, malgré son état miséreux. Ils furent obligés de consentir à son caprice.

Bien qu'ils devaient montrer qu'ils étaient forts, le père et la fille/fils ne purent cacher les larmes menaçant de déborder. Même la Reine vint leur présenter ses condoléances. Toutefois, Vincent et Ciel eurent une visite de plus indésirées.

- Et bien, et bien, et bien. Toutes mes sympathies, comte de Phantomhive. Vous avez bien mauvaise mine.

- Je vous remercie, duc de Ramsay, dit sarcastiquement Vincent. Vous êtes également là, comte de Brienne. J'en suis fort heureux.

- Comme c'est malheureux pour vous de perdre votre femme, dit Brienne avec un sourire narquois. Je ne saurai comment je me sentirais si je devais être séparé de ma chère Joyce.

Ciel dû serrer l'épaule de son père pour lui éviter une bêtise. Même elle devait se contrôler pour ne pas les passer tous les deux au fil de son épée.

- Enfin, fit Ramsay en agitant la main. Trêve de mauvaises pensées. Si je ne m'abuse, comte de Phantomhive. Vous ne nous avez jamais présenté ce cher fils dont on nous a vanté les mérites. Si jeune et déjà dans les bonnes grâces de son Altesse…Duc de Ramsay et voici mon bon ami le comte de Brienne.

Ils lui tendirent une main et Ciel les serra sans un mot.

- Et bien, cher comte. Ce sera toujours un plaisir de vous revoir, mais il nous faut vous quitter à présent. Nous vous souhaitons un prompt rétablissement.

Et ils leur tournèrent le dos en s'éloignant. Ciel en fit de même avec le fauteuil roulant de Vincent pour rejoindre Sébastian qui attendait près de leur fiacre.

- Voyez Ciel. Ces deux immondes personnages sont des nobles de la pire espèce. Surtout, faîtes bien attention à eux. J'ai de bonne raison de croire qu'ils ne sont pas étrangers à toute cette affaire.

- Bien père. Je saurai me montrer prudent. En attendant, je vais vous faire ramener à l'hôpital.

Vincent hocha la tête.

. . .

Une fois que Vincent eut regagné son lit, son infirmière lui apporta son repas du soir ainsi que ses antidouleurs. Vincent mangea donc le cœur lourd.

Mais environ 10 minutes plus tard, Vincent commença à ressentir des picotements dans tout le corps et brusquement, une nausée le traversa et il régurgita tout son repas par terre. De douloureuses crampes et des souffrances musculaires le saisirent. Il essaya d'atteindre la clochette de service, mais sa main ne fit que la faire tomber de la table de nuit. Cependant, cela suffit à ameuter l'infirmière.

. . .

Ciel, Sébastian, Charlie et Mme. de Noailles étaient dans la première calèche les ramenant au manoir des Phantomhive, les domestiques dans la seconde.

Ils avançaient paisiblement quand un homme sur un cheval brun portant une blouse blanche et tenant les rênes d'un second cheval vint les arrêter brusquement. Les quatre de la première calèche firent une violente embardée.

- Mais enfin!, s'exclama Ciel par la fenêtre. Que signifie cette manœuvre suicidaire?!

- M. le comte de Phantomhive!, fit l'homme à cheval. Vite! Grimpez sur ce cheval! Votre père vient de subir un malaise à l'hôpital!

- Comment?!

Toutefois, Ciel ne prit pas de temps pour ses questions et enfourcha rapidement le cheval et cria à Sébastian.

- Sébastian! Tu me retrouveras à l'hôpital. Renvois les autres au manoir.

Et Ciel suivit l'homme.

. . .

- Seigneur non! Père!, s'exclama Ciel en accourant près du chevet de son père.

Le malheureux avait la peau enflée et rougie et il semblait souffrant et brûlant de fièvre.

- Nous avons analysé le contenu de ses rejets et avons trouvé des traces d'arsenic dedans, dit le médecin qui s'occupait de Vincent. Malheureusement, il était trop tard quand nous avons reçu les résultats. Le poison s'était déjà infiltré dans tout son corps. Il n'y a rien que nous puissions faire. Désolé.

- Vous...vous voulez dire qu'il…oh non père…

- Chuuut Ciel, chuchota difficilement Vincent. Ne vous en faîtes pas…Pouvez-vous nous laisser s'il-vous plaît, docteur?

Le médecin inclina la tête et laissa le père et la fille ensemble.

- Je vous prie père!, supplia Ciel en tenant sa main. Ne renoncer pas à vous battre.

- Il est trop tard ma fille…Il ne me reste plus grand temps…Maintenant écoutez ce que j'ai à vous dire…

- Père…

- Non taisez-vous et écoutez…Le nom et l'honneur des Phantomhive est désormais entre vos mains, Ciel…Prenez cette bague et capturez une bonne fois pour toute ces meurtriers.

Vincent leva difficilement son bras et laissa tomber une grosse bague en argent sertie d'une magnifique pierre bleu dans la main de sa fille unique.

- Mon épée est vôtre maintenant…

- Non père, pleura Ciel…je me refuse à…Jamais je ne pourrai sans vous…

- Si, vous y arriverez…je sais que vous y arriverez…

- Mais comment pouvez-vous en être si sûr?

- …Parce que vous êtes ma fille, parce que j'ai foi en vous…et que ma fierté est sans bornes à votre égard.

Ciel écarquilla les yeux et fixa son père. De toute sa vie, jamais son père ne lui avait témoigné autant de confiance. Elle sentait sa chaleur envahir tout son corps.

- À présent…je vais vous confier un secret.

- Un secret?

- Oui…voyez-vous ma fille, avant votre naissance, votre mère avait eu l'intuition qu'elle mettrait au monde une fille. Elle avait même déjà choisi un prénom pour vous…

- Un prénom?

- Oui…elle souhaitait vous appelez…Angelika…

- Angelika?

Vincent voulu hocher la tête, mais il ne peut que grogner de douleur sous une impulsion de souffrance. Ciel en sursauta de peur.

- Père!...Père!

- Courage…ma fille…j'ai confiance…Argh!...que vous triompherez! Argh-…

Et puis plus un mouvement…plus un mot…plus un souffle.

Il sembla à Ciel que le temps s'était arrêté…et au même moment, Sébastian et Charlie débarquèrent.

- Oh mon Dieu!, jura Sébastian.

Et ils se précipitèrent vers les deux Phantomhive. Ciel ne pouvait plus bouger. Elle ne pouvait que pleurer.