vava: Ça prouve que je mets pas juste des fins tristes.
Guest: Veux-tu un mouchoir? Moi, mes examens sont finis et corrigés. Je passe en deuxième année au cégep (école qui suit le secondaire où on apprend des métiers)
Bonne lecture.
Chapitre 12.
Intentions.
Sébastian et les deux jeunes femmes venaient d'arriver au manoir. Ciel s'était dirigée vers le piano dans l'intention de s'échapper un peu de la réalité dans la musique. Charlie lui avait demandé si elle pouvait l'écouter. Ciel n'avait pas objecté. Sébastian, lui, la lettre dans la veste, décida de ne pas lui en divulgué le contenu tout de suite. Il se disait que la pauvre avait eu suffisamment de sensation forte pour un moment avec la perte de ses parents en moins de trois jours.
. . .
Quelques jours passèrent et Charlie fut contrainte de rentrer chez elle. D'après la lecture de la lettre, elle ne courait plus aucun risque et par conséquent, elle pouvait regagner son logis sans peines. Elle en avait été profondément attristée, mais elle se dit aussi que Ciel avait peut-être besoin de rester seule un moment. Cette dernière préserva son ordre des agents de Scotland Yard chez les autres jeunes filles, justes au cas.
Sébastian fut surpris qu'au bout d'une semaine, Ciel ne s'était toujours pas manifester au comte de Brienne et au duc de Ramsay. Elle passait son temps à jouer de la musique, à croiser le fer avec lui ou à tirer sur des bouteilles de vin vides.
- Ciel, lui demanda-t-il un soir alors qu'elle jouait au piano. Tu ne veux pas prendre ta revanche sur Brienne et Ramsay ou quoi?
- Patience, Sébastian. Patience…La vengeance est un plat qui se mange froid. Si je me montrais maintenant à ces deux-là, ils y verront un signe d'inquiétude et prendront des mesures pour me tuer. Non…je vais attendre encore un peu avant de passer à l'action. De toute façon, nous n'obtiendrons rien dans la hâte.
Sébastian hocha la tête. Il finit à peine son mouvement que la porte du salon de musique s'ouvrit sur une femme blonde haute de taille, dans la force de l'âge et à l'air fier. C'était la tante paternelle de Ciel, Frances de Midford.
- Ma très chère tante, dit Ciel sans émotion. Quelle bonne surprise.
- Ne faîtes pas d'humour, Ciel. Je ne suis pas venue pour que vous vous moquiez de moi.
- Pourquoi alors?
- Pour vous annoncer une grande nouvelle.
Ciel haussa un sourcil en dévisageant sa tante. Il n'était pas dans la nature de Frances de faire les déclarations de vie-voix. Elle avait plus tendance à le faire par écrit. Ciel devenait de plus en plus sceptique et Sébastian, de plus en plus interrogatif. Il ne présageait rien de bon pour lui. Déjà que la tante Frances ne lui aimait pas beaucoup la fraise.
- Vous souvenez-vous d'Hans Axel de Fersen, 3ème du nom?, demanda-t-elle.
Si Ciel s'en souvenait?!…que trop bien. Petit-fils d'Axel de Fersen 1er, amant de la Reine Marie-Antoinette de France, archiduchesse d'Autriche, il avait fait des allers-et-venues de Suède, en France et en Angleterre et contrairement à son grand-père, il préféra l'Angleterre où il fit la connaissance de la famille Phantomhive. De trois ans l'aîné de Ciel, il avait été un compagnon de jeux pour elle jusqu'à l'âge de 12 ans où il dû rentrer en Suède pour soutenir son père sur son lit de mort. Depuis, Ciel n'eut plus de nouvelles. (Heureusement que la réputation de son grand-père ne lui ait pas retombé sur la tête)
Sébastian aussi, se rappelait bien de Fersen. Bien qu'étant pas noble, ils étaient vite devenus de bons amis. Et à trois, ils se faisaient des mini-tournois sur qui sera le meilleur tireur ou le meilleur épéiste.
- Plus ou moins, répondit lassement Ciel. Pourquoi?
- Il m'a récemment contacté par lettre, m'annonçant sa venue très prochaine en Angleterre. D'après ce qu'il m'a dit, il souhaiterait vous demande votre main.
Ciel lâcha sa tasse de chocolat qui vola en éclat sur le sol, rependant le breuvage partout. Sébastian resta pétrifié sur place. Il sentit son cœur tombé en poussières. Ciel…se marier.
- Bon, ajouta Frances en se frottant les mains. M. de Fersen viendra dans quelques jours et vous le reverrez lors d'un bal. Je suis très contente de cette union. M. de Fersen n'étant pas l'aîné de sa famille, le nom des Phantomhive pourra perpétuer. D'autant plus que c'est un excellent parti. Je vous fais confiance, Ciel, pour nous apporter un bel héritier mâle et intelligent à cette famille.
Et elle partit sans une parole de plus.
Ciel n'avait absolument pas bougé de tout le monologue de sa tante. Puis soudainement, elle se leva et se dirigea vers la grande bow-window formant la porte donnant sur le jardin où la pluie tombait et tout à coup, elle éclata d'un grand éclat de rire en se tenant le front du plat de la main.
- HA! HA! HA! HA! HA! Elle est bien bonne! Moi! Me marier! Avec Fersen!...HA! HA! HA! Cela fait bien 10 ans que nous nous ne sommes vus! As-tu entendu ça, Sébastian!? HA! HA! HA!...
Oui, Sébastian avait bien entendu?…parfaitement. Mais il était incapable de parler. Sa gorge était trop nouée pour ça. Il serrait les poings et les dents de frustration.
- Oï! Sébastian! Tu m'écoutes ou quoi?
Sébastian l'écoutait, certes, mais il était trop enragé pour répondre. Plissant les yeux, il prit une course jusqu'aux écuries sans entendre Ciel l'appeler, prit son cheval noir et partit on ne sait où pour ne serait-ce que se calmer un peu. La pluie lui dégoutait partout, mais il s'en fichait bien. N'importe quoi pour oublier cette nouvelle à fendre le cœur.
Ciel…Pourquoi aie-je vécu jusqu'à aujourd'hui? Pourquoi, si c'est pour te voir devenir l'épouse d'un autre?! Devrais-je vraiment laisser ce Fersen me voler ton cœur sans rien dire?!
Il galopait depuis au moins deux heures quand une voix l'éleva dans la tempête. Une voix douce qu'il aimait écouter…Ciel.
- Oï! Sébastian!, s'écria-t-elle en galopant derrière lui, tenant une cape noire à bout de bras. Mais à quoi tu penses?! Faire du cheval par ce temps! Vient vite t'abriter là-dessous.
Elle rejoignit Sébastian et lui passa la cape par-dessus la tête, lui souriant.
- Non mais des fois, toi je te jure…Il y a vraiment des moments où je ne te comprends pas.
Et Sébastian essaya de lui sourire…comme elle était belle et bonne pour lui. Mais malheureusement…
