vava: Ciel se marier, hein. Ça va un peu à l'encontre de du pourquoi de son éducation.
Guest: Tiens, le mouchoir. Et pour ton tableau, selon le système scolaire français, j'aurais terminé le terminal. Je suis en train d'étudier pour apprendre un métier...Oh la la, c'est compliqué. Oh Canada et en France, c'est pas la même chose. Et pour raconter ta vie, pas grave.
Chapitre 13.
Le Premier Bal d'Angelika.
Ils revinrent très vite au manoir et entreprirent de se sécher et d'étendre leurs capes près du feu.
- Franchement, grommela grand-mère en brossant les cheveux humides de Ciel, Sébastian! Tu es vraiment un idiot parfois.
- Oh ça va, grand-mère!, ronchonna son petit-fils. Tu pourrais me lâcher maintenant?!
- Je te lâcherai quand j'en aurai envie! En attendant, ma petite Ciel adorée a été obligée de braver cet orage pour te chercher. Quel inconscient tu es!
- Bon ça suffit grand-mère, dit Ciel, un sourire en coin aux lèvres, les yeux fermés et baissés et les bras croisés. Sébastian n'es plus un enfant. Il peut faire ce que bon lui semble.
- Ah non!, s'énerva comiquement grand-mère. Tu es trop douce avec ce garçon, Ciel! Grrrr! Toi, tu as bien de la chance que ma petite Ciel te couvre comme ça! Si ce n'était que de moi, je t'abattrais cette brosse à cheveux sur la tête!
- Bon d'accord! Grand-mère! Tu devrais te calmer maintenant…tu vas avoir une attaque!
Grand-mère tourna le nez en l'air et grogna en s'éloigna.
- Pfff…Ça se pense grand et ça donne des ordres!...Ces gamins!
Le lendemain.
Sébastian lisait un livre tranquille peinard avec un verre de vin dans le salon principal tandis que sa grand-mère courait d'un côté, puis de l'autre en marmonnant pour elle-même.
- Mais où ais-je bien put mettre mes aiguilles, grogna grand-mère….Ahhh, les voici!...Voyons le tissus…
- Mais enfin grand-mère! Tu t'excites beaucoup je trouve, dit Sébastian, sans lever le nez.
- Oh toi! Si tu savais…il y a des années que j'attendais ce moment. Ce jour tant attendu! Le jour où Ciel me demanderait enfin une robe d'elle-même.
- QUOI?!, s'exclama Sébastian en laissant tomber son livre et son verre sur le plancher. Ciel veut porter une robe?! Elle veut aller au bal?!
Mais trop tard, grand-mère était déjà monter à l'étage pour se mettre au travail, sans avoir accordé la moindre attention à son petit-fils. Sébastian était encore bouche-bée pendant un long moment jusqu'à ce qu'il entende les plainte de Ciel dans sa chambre.
- Oh attention grand-mère! Tu m'étouffe!
- Oh laisse-moi faire Ciel! Je m'y connais beaucoup mieux que toi. Si tu veux aller au bal, tu dois souffrir un peu, ma chérie.
- Arrête! Tu me fais mal!
- Non mais écoutez-moi ces jérémiades!
Et ce qui était drôle, c'était que Ciel se plaignait comme une petite fille. De son côté, Sébastian faisait les cent pas devant le foyer de façon agitée en retournant et retournant ses pensées.
- Ça alors, Ciel! Quelle mouche te pique pour que tu veuilles porter une robe?! J'y comprends plus rien moi! Ciel habillée en fille! On aura tout vu! J'imagine le résultat! Elle aura l'air d'un épouvantail! HA! HA! HA! HA!
- Sébastian! Viens ici, vite!, l'appela grand-mère de l'étage.
- Oui, oui, grand-mère, j'arrive!, répondit Sébastian encore à moitié hilare. Inutile de hurler!
- Meuh aller! Dépêche-toi!
- Ça va! Ça va! Je viens!
Il monta les marches tout en continuant à pouffer de rire. Il atteignit le palier et leva les yeux sur Ciel. Il cessa aussitôt de rire et ouvrit la bouche d'ébahissement tout en écarquillant les yeux. Des étoiles lui tournaient autour des yeux
- …
- Ohhhh, pleura grand-mère à côté de Ciel en se tapotant les yeux de son tablier. Mme. Rachel aurait pleuré de bonheur en la voyant ainsi.
. . .
Au bal, tous eurent la même réaction que Sébastian. Personne ne pouvait détacher son regard de la ravissante jeune femme qui faisait son entrée.
- Oh mais regardez! Mais qui est cette beauté?
- Oh elle est ravissante. On dirait un ange.
- Mais d'où sort-elle? Nous ne l'avons encore jamais vu à Londres.
- Oh mais c'est bien simple…Elle ressemble à une statue antique.
- Oui, mais qui est-elle? D'où vient-elle?
Tous se posaient les mêmes questions. Ciel se tenait sur le seuil de la salle de bal, habillée d'une belle robe bustier avec des manches-ballons resserrées aux coudes et aux poignets dont les différentes teintes de vert et de bleu formaient des roseraies sur les côtés. Ses cheveux étaient remontés sur l'arrière de sa tête en une coiffure ressemblant à un mixe de queue-de-cheval et de chignon décorés d'une parure d'émeraude, elle tenait un éventail en plumes de paon et la bague de sa famille dont elle ne se séparait plus ornait son pouce droit. Elle regardait à droite et à gauche et s'avança lentement et gracieusement vers le centre de la salle. Ce fut à ce moment qu'elle fut abordée par un jeune homme qui voyait des étoiles danser autour de la jeune femme. Axel de Fersen, 3ème du nom.
- Ce visage me rappelle quelqu'un, se dit-il. Madame…voulez-vous m'accorder cette danse, je vous en prie?
Ciel leva les yeux sur son interlocuteur. Il était irrévocablement beau. Il avait de longs cheveux bouclés couleur châtaigne qui lui retombaient sur le front et sur les joues, des yeux bleu-violet angéliques, un sourire charmeur et une voix si douce qu'on se demandait s'il n'était pas un ange. Il portait un élégant ensemble bourgogne décoré d'entrelacés or aux revers, des bottes de cuir sombre et un foulard de dentelle blanche au cou piqué d'une broche à son armoirie.
Ciel acquiesça à sa demande d'un hochement de tête. Dès lors, la musique se mit à jouer. Axel prit doucement sa partenaire par la taille et saisi sa main avec délicatesse. Ciel, qui n'avait jamais dansé avec un homme le laissa mener la valse.
- Oh quel beau couple ils font, dit la tante Frances, présente dans la salle à une autre dame. Regardez comme ils dansent.
- Oh oui, c'est d'un ravissement. Et M. de Fersen m'a bien l'air d'être ensorcelé. Il ne peut écarter son regard d'elle.
Frances hocha la tête, ravie de la tournure des évènements. Pas comme un jeune homme à la chevelure de jais qui regardait toute la scène de la fenêtre extérieur. Il s'efforçait de ne pas courir là-bas pour les séparer l'un de l'autre. À un moment, il n'y tint plus et enfourcha son cheval dans la presque intention de se soûler la gueule pour ne plus se rappeler la belle gueule d'ange de Fersen.
Ils dansèrent longtemps ensemble. Ciel gardait le silence, mais Fersen bavardait gaiement sur le fait qu'elle lui rappelait une personne qu'il avait vu il y avait longtemps, qu'elle avait des cheveux et des yeux aussi magnifiques que les siens et qu'en dépit des devoirs ingrats qu'elle avait dû s'acquérir depuis son tout jeune âge et des regrettables habits qu'elle portait, sacrifiant sa jeunesse et son apparence, elle était demeurée la plus belle et la plus précieuse compagne qu'on puisse imaginer.
Ciel retenu ses remarques dans sa gorge. Axel, lui, la dévisagea longuement…puis comprit.
Quand la danse allait prendre fin, Ciel allait partir, mais Axel l'arrêta par le bras.
- Non, je rêve, dit-il. Cela ne peut…vous n'êtes pas…Ciel.
La susnommée planta ses yeux dans les siens en relâchant ses efforts pour se libérer.
- Bonsoir Axel. Comme cela fait longtemps.
