vava: C'est rare, mais ça existe les hommes sentimentaux. Bonne lecture.

Chapitre 15.

Impulsions.

Ciel fut coupée de toute parole. Les mots d'Axel lui résonnaient dans la tête.

«…devenir mon épouse»…«…devenir mon épouse»…«…devenir mon épouse»

- Euh…et bien…c'est-à-dire…

Ciel n'était pas sûre de vouloir accepter. Bien sûr, Axel était un homme de grandes qualités et doté d'une belle noblesse d'âme…mais étrangement, elle ne comprenait pas pourquoi l'image de Sébastian lui trottait dans la tête. Sa gentillesse, sa bienveillance, ses sourires charmeurs. Axel vit bien son hésitation et sur ce, il dit d'un ton doux en se relevant, mais sans lâcher sa main.

- Vous n'êtes pas obligée de me répondre tout de suite, ma chère. J'attendrai le temps qu'il faut. Entre-temps, me permettriez-vous de venir chez vous? J'aimerais tant revoir ce manoir qui m'a accueilli en son sein durant maintes années.

- Bi…bien sûr, bégaya Ciel. Venez. Mon fiacre nous attend à l'entrée…Sauf que je vous préviens, plus jamais à l'avenir, je ne porterai de robe.

Axel lui sourit et lui proposa son bras. Ciel le considéra, et finit par ne poser que ses doigts dessus.

De vous entendre dire ça me fait mal. Je vous aime, ma princesse. N'avez-vous jamais désiré un jour ce bonheur de femme et pleurer sur vous-même…Il n'en tient pourtant qu'à vous que mes bras vous accueillent pour toujours. Ne voulez-vous pas me confier toutes vos peines et vos souffrances? Si vous le souhaitez, je porterai ces tourments pour vous. Un seul mot et je vous suis entièrement dévoué.

. . .

Au manoir, Sébastian noyait son mal dans le vin coupé à l'eau. Il voulait flotter, mais pas complètement perdre la raison. Alors qu'il somnolait à moitié conscient sur son fauteuil, il entendit la porte principale s'ouvrit et des pas pénétrer dans le hall. Il se doutait que ce devait être Ciel et alla à sa rencontre en se redressant pour paraître moins chancelant.

Mais telle ne fut sa surprise à la voir au bras d'Axel de Fersen. Il se contint pour ne pas lui balancer un coup de poing à la figure. Mais le gentilhomme le vit et lui adressa un signe de la main.

- Sébastian! Est-ce bien vous? Comme cela me fait plaisir de vous revoir. Vous semblez bien portant.

Et il alla lui serrer le bras. Sébastian fit comme s'il était content de retrouver un vieil ami, même si la haine lui bouillonnait à l'intérieur.

- Comte de Fersen. C'est pour moi une joie de vous revoir. Comment allez-vous?

- Bien, bien. Je vous remercie.

- Sébastian, dit Ciel en se mêlant à la conversation. Axel va rester ici pour un moment. Tu voudrais bien lui préparer une chambre dans le corridor des invités?

- Oui, répondit-il avec presque dédain.

. . .

Trois jours survinrent l'arrivée d'Axel de Fersen. Presque rien n'avait changé depuis son départ dix ans plus tôt. Lui, Ciel et Sébastian continuèrent à jouter à l'épée et à faire des promenades à cheval…Tout était comme avant, excepté…

…Sébastian avait changé de presque tout au tout. Il se montrait moins aimable et allait souvent s'enfermer dans sa chambre pour de longues heures. Même grand-mère ignorait ce qu'il avait.

Il se sentait de plus en plus las de cette situation. À quoi servait l'approbation du comte Vincent qu'il lui cédait sa fille si celle-ci ne le considérait que comme un serviteur, ou un simple ami…Depuis qu'il l'avait su, il n'avait plus sourit comme avant. Et il ne savait combien de temps il tiendrait avant de faire une stupidité affligeante qui lui couterait beaucoup…

Elle est fiancée…mais je garde l'espoir qu'elle se rendra compte combien je l'aime. Je maudis ce rang indigne qui m'éloigne petit à petit d'elle…Si je tendais la main, je pourrais la toucher. Ton visage, tes cheveux sont si près de moi. Si je tendais la main, je ne pourrais m'empêcher de te serrer dans mes bras. Jusqu'à quand vais devoir fuir ainsi? Si seulement j'étais noble, même avec le plus petit des titres…Si j'étais noble, je ne te cèderai à personne. Je ferai comme Fersen et te demanderai en mariage. Je me présenterai la tête haute. Mais même si je l'aime énormément, cela ne suffira-t-il pas?...

Un soir de pluie, Axel était partit se coucher tôt, se sentant fatigué. Ciel était restée dans le salon avec sa tasse de thé dans son fauteuil.

- Bon, bien moi je vais me coucher aussi, dit Sébastian en mimant le bâillement et l'étirement.

- Pas si vite, Sébastian, le coupa court Ciel en abaissant sa tasse sans pour autant lever sa voix qui n'était qu'un murmure. Ne bouge pas.

Sébastian se figea su place, la main sur la poignée. Ciel reposa sa tasse fumante sur la soucoupe et vint se placer tout près de Sébastian, les bras croisés.

- Dis-moi, Sébastian…N'aurais-tu rien à me dire?

Le jeune homme cacha au mieux son émoi. Il avait beau prétendre très bien connaître Ciel, il n'en demeurait pas moins qu'elle-même, le connaissait bien aussi.

- Non, Ciel…je ne te cache rien.

- Tu es sûr?, demanda-t-elle avec une nuance d'énervement, tapotant son bras de son index.

- Bien sûr.

Sébastian ouvrit la porte d'un pied environ avant que Ciel ne la claqua de la paume de sa main et assène une gifle monumentale à Sébastian. Contre toute attente, ce dernier ne broncha pas et ne fit que suivre du visage la direction du choc.

Hors d'elle, Ciel empoigna les revers de chemise de Sébastian et le rapprocha. Elle lui cria alors.

- Sale hypocrite! Comment peux-tu me mentir en pleine face en me regardant dans les yeux!? Tu n'as pas honte?!...Et ne fais pas semblant de ne pas comprendre! Je sais tout!

Elle le lâcha d'une main pour la plonger dans sa poche de chemise et en ressortir la lettre que le comte avait destinée à Sébastian…Elle l'avait lu. Mais Ciel put à peine la lever à la hauteur de ses yeux que Sébastian lui agrippa les deux poignets de ses grandes mains. Ciel prit alors peur et lâcha le papier. Elle avait peur.

- Sé…Sébastian…mais que fais-tu? Lâche-moi!

- Non!...Tu as peur de moi. Crie si tu veux! Appelle à l'aide. Je me fiche d'être tué! Je t'aime, Ciel!

Elle ne put finir de prononcer son nom que le jeune homme lui vola ses lèvres. La jeune femme ouvrit les yeux de stupéfaction et gémit dans son étreinte.

Ciel…je ne sais pas depuis quand, mais chaque fois que ta magnifique chevelure caramel danse au vent…chaque fois que je croise ton regard qui, sous tes cils soyeux, reflète l'éclat des émeraude brillant sous la flamme…quelque chose de brûlant me remplit le corps, et mon cœur ne peut trouver la paix.

- Ciel, ne bouge pas et écoute-moi. Depuis maintes années, je n'ai vu et aimé que toi. Je n'ai jamais accordé le moindre regard à une autre femme. Je sais parfaitement que tu ne seras jamais mienne et que nous ne pourrons pas nous marier. Je préfèrerais que Fersen me passe au fil de l'épée que de te laisser à lui.

Sébastian resserra alors la prise sur celle qui faisait battre son cœur. Des larmes menaçaient de couler de ses yeux de feu.

- Je t'en prie, Ciel. Je ferai tout pour toi. Je te donnerai ma vie si tu le veux. Alors Ciel…

- Laisse-moi Sébastian, sinon je crie!

- Je t'aime.

Sébastian fit alors reculer Ciel pour se laisser tomber sur le canapé. Ciel poussa un petit cri et les larmes lui vinrent aux yeux quand son ami saisi sa chemise et l'arracha d'un coup. Elle se déchira et découvrit Ciel des épaules au ventre. Les pleurs coulèrent et Sébastian arrêta son bras en l'air. Il se rendit enfin compte de ce qu'il s'apprêtait à faire. Il s'en allait violer Ciel, celle dont il tenait le plus. Sa main tenant les morceaux de chemise trembla et lâcha les tissus qui tombèrent sur le sol. Ciel plissa les sourcils de peine et pivota sur le côté pour ne plus voir Sébastian.

- Et maintenant…Sébastian…Que comptes-tu faire de moi?...S'il-te-plaît va-t'en.

Le jeune homme se retira du canapé, les jambes flageolantes. Il semblait apeuré de lui-même. Il se mordit la lèvre de dégoût et étala une couverture de laine sur Ciel. Puis il partit vers la porte, mais la main sur la poignée, il dit.

- Pardonne-moi Ciel…je sais que je ne…mais…Oh, ma Ciel…qu'il est cruel de t'aimer…de faire taire un amour impossible…