Chapitre 16.

Confrontation.

Sébastian claqua la porte de sa chambre et s'effondra sur son lit en tapant du poing sur son oreiller. Il savait qu'il avait complètement ruiné ses maigres chances de pouvoir espérer une relation un peu plus poussée. Il était persuadé que dès demain, Ciel le renverrait et lui ordonnerait de ne plus apparaître dans sa vie. Et après, elle dirait oui à Fersen et se marierait avec le bellâtre…Il se haïssait plus qu'il ne haïssait Fersen.

Sa colère était si grande qu'il projeta sa lampa de chevet contre le mur. Le choc alarma grand-mère qui s'introduisit dans sa chambre.

- Mais enfin Sébastian! Quelle est l'idée de-…mais que t'arrive-t-il? Pourquoi pleures-tu?

En effet, Sébastian sanglotait, la tête baissée et les épaules tremblantes. Sa grand-mère s'approcha et lui passa un bras dans le dos.

- Chut…calme-toi et dis-moi ce qui ne va pas.

- Ohhh grand-mère…j'ai fait quelque chose d'impardonnable que je ne pourrais sans doute pas pardonner à moi-même.

. . .

Le matin suivant, Sébastian sortit de sa chambre les yeux rougis et des cernes violacés sous ceux-ci. Quand il croisa Ciel, celle-ci ne semblait pas avoir vécu l'hier au soir. Elle buvait peinardement son thé avec quelques scones dans la salle à manger baignée de la lumière éclatante du soleil par la baie vitrée en compagnie de Fersen.

- Ah Sébastian, dit-elle en reposant sa tasse. Tu voudrais bien m'accompagner pour faire quelques pas dehors. Il fait un soleil radieux.

Sébastian déglutit. Le moment arrivait…Elle allait le renvoyer. Mais pour se montrer aussi naturel que possible, il hocha la tête et la suivit à l'extérieur.

- Ciel…Oh Ciel…AAAAAHHHHHH! Je t'en conjure! Ne me renvoie pas de ta vie! Ne me prive pas du plaisir de contempler tes magnifiques yeux!...

Ciel fit quelques dizaines de mètres dans l'herbe humide, silencieuse avant de s'arrêter, lui tournant le dos, mais le regard froid. Sébastian resta quelques pas derrière elle en silence.

- Sébastian…pour ce qui s'est passé hier…je dois te dire…

Et comme un peureux, Sébastian ferma les paupières, attendant le glas.

- …que je ne t'en veux pas.

Hein!?

- Ciel…

- J'ai déjà oublié, ajouta-t-elle en se retournant pour lui faire face. Mais saches que je ne passerai pas l'éponge sur une seconde fois. Mets-toi dans la cervelle que je n'aurais d'autre choix que de te renvoyer si tu t'y réessaies.

- Compris Ciel.

- Bien…va te préparer, car c'est ce soir que l'on passe à l'action.

- À l'action?

- Et oui…Ce soir, le comte de Brienne et le duc de Ramsay donnent une grande réception dans la résidence de ce dernier et j'ai réussis à me procurer quelques invitations. Nous allons les attaquer sur leur propre territoire.

Heureux de pouvoir se changer les idées, Sébastian lui décrocha un sourire.

. . .

Le soir venu, Ciel, vêtus de son plus bel uniforme de Chat de la Reine, Sébastian et Axel (Qui avait été mis au courant de la mission de Ciel et lui avait juré de lui venir en aide à son possible) débarquèrent chez le duc de Ramsay. Cette fois-ci, Ciel n'avait pas une tête à épater la galerie. Elle avait un visage sombre, renfermé et dur. Sans saluer quiconque, elle marcha d'un pas assuré vers les deux nobles et se stoppa directement en face d'eux.

- Tient, fit Brienne, mais c'est ce cher comte nouvellement nommé, Ciel Rohan de Phantomhive! Allez-vous bien?

- Plus ou moins, répondit Ciel. Mais je ne suis pas venu pour m'amuser, mais pour vous délivrer un message, à tous les deux.

- Ahh! Et quel est-il?

Ciel sourit en coin très discrètement et sous l'étonnement de tous, elle tira son épée en l'en menaça ses deux opposants. Ceux-ci perdirent leurs petits sourires satisfaits et glapirent.

- Au nom de sa Majesté la Reine Victoria du Royaume-Uni, je vous accuse des meurtres du comte Vincent de Phantomhive et de la comtesse Rachel de Phantomhive.

Les invités poussèrent alors un cri de surprise et se mirent à marmonner entre eux.

- C'est une plaisanterie, comte!, s'écria Ramsay. Quelle insolence! Avez-vous ne serais-ce qu'une preuve de ce que vous avancez?!

- Nul besoin de preuve! Mais si vous en désirez une, messieurs…dans ce cas, voilà!

Elle plongea la main dans sa veste et en ressortit le billet trouvé dans le bouquet de fleurs qui avait tué sa mère. Les deux nobles semblèrent ahuris, mais ne laissèrent rien paraître.

- Oui…et…?

Ciel sourit et sortit une autre feuille de sa poche. Plus grande que le billet, elle comportait la même écriture que l'autre.

- Ce papier est une lettre de votre main, Brienne. Elle dit que vous aviez demandez une audience à sa Majesté, pour vous et Ramsay…Cela ne prend pas un génie pour voir que ces deux feuilles ont été rédigées par la même personne.

Brienne et Ramsay parurent avoir perdu l'usage de la parole devant les propos aussi accusateurs de Ciel.

- J'aurais mieux fait de brûler ce fichu papier!, grogna mentalement Brienne. Malédiction!

- Depuis toujours, poursuivit-elle, vous avez détesté feu mon cher père pour sa place d'honneur auprès de la Reine. C'est pourquoi aujourd'hui, pour venger mes parents, je vous défis de vous mesurer à moi pour savoir qui sera le favori de son Altesse.

Et Ciel les frappa chacun avec son gant au visage. C'était le signe officiel de la demanda en duel. Là, tous crièrent de peur. Certains se disaient que le jeune comte était un peu trop téméraire et fou et cherchait à attenter à sa vie. D'autres disait qu'il ne manquait pas de courage pour les défier tous les deux et que c'était peut-être pour prouver sa valeur.

Même Sébastian et Axel furent pétrifiés sous la stupeur. Mais Brienne et Ramsay étaient surtout furieux. Ils s'échangèrent un regard, puis Brienne dit à Ciel.

- Très bien! Nous acceptons le duel. Et pour vous faire une fleur, mon cher, nous vous laissons le choix des armes, du lieu et de l'heure.

- Et que diriez-vous du pistolet, chez vous dans cinq jours, au crépuscule, Brienne? Cela vous convient-il?

- D'accord! Comme vous voudrez…mais vous le regretterez!

Et ils partirent en lui tournant le dos et le nez en l'air. Ciel les regards s'éloigner les sourcils froncés de colère et de détermination. Elle ajouta juste avant qu'ils ne sortent.

- Aussi, sachez que je suis le genre de personne que vous cherchiez au sein des Phantomhive depuis 18 ans.