vava: Si tu aimes ça, je te promets encore du rebondissement. Bonne lecture.

Chapitre 17.

Plans et Conquête.

- Mais enfin, es-tu folle Ciel?!, s'exclama Sébastian dans le carrosse les ramenant à Phantomhive. Tu veux vraiment les affronter les deux? C'est de la folie!

- Je suis d'accord avec Sébastian, répliqua Axel. Il est insensé de les provoquer comme vous l'avez fait. Je les connais de réputation, ils ne font pas dans la dentelle.

- Vous vous emportez un rien trop, messieurs, dit Ciel, la joue sur le poing, fixant le ciel bleu nuit parsemé d'étoiles de ses yeux verts. Je trouve même assez divertissant de pouvoir les tuer de sang froid de mes propres mains.

Les deux jeunes hommes soupirèrent de harassement. Là, ils la reconnaissaient bien…aussi suicidaire et intrépide que l'était Vincent.

. . .

Dans un pub isolée et presque inoccupé de Londres, Brienne et Ramsay s'étaient réuni derrière une pinte de mousseuse, noyant leur colère dans l'alcool.

- Et merde!, grogna Brienne. Et dire que pendant tout ce temps, elle était sous nos yeux et qu'on n'a même pas remarqué que c'était une fille.

- M'en parle pas! J'suis tellement en rogne que la bière n'arrive pas à la faire passer.

Ils avalèrent encore quelques pintes quand Ramsay fit cogner la sienne contre la table.

- Quoi?! Qu'est-ce qui a?!

- Gni! Gni! Gni!...Je sais ce qu'on va faire pour cette peste de Phantomhive.

Il se mit donc à lui chuchoter à l'oreille. Au fur et à mesure qu'il lui expliquait son plan, Brienne souriait et il approuva d'un signe de tête.

- Bon…donc nous avons très peu de temps. Il vaut mieux nous y mettre dès maintenant.

Brienne acquiesça encore une fois, ils payèrent leurs consommations et sortirent dans les rues de Londres.

. . .

Environ une heure plus tard, les deux nobles avaient réunis une bonne centaine d'autres nobles et de Londoniens. Et leur nombre n'arrêtait pas de grossir à vue d'œil. Brienne et Ramsay se tenaient en hauteur et parlaient à la foule. Celle-ci était attentive et ne perdait pas un mot de ce qu'ils disaient.

- Chers amis!, disait Ramsay. Si nous nous réunissons ce soir, c'est parce que nous n'en pouvons plus de cette Reine!

Personne n'osa même plus respirer à ces mots. C'était comme s'ils avaient perdu l'usage de la parole.

- Elle nous enterre sous les impôts! Elle ne privilégie que ceux qui la gâtent de marchandises gratuites. Comme ce sale comte de Phantomhive! Elle préfère même les étrangers qu'à ceux de sa propre patrie, tel ce bellâtre de Fersen! Nous devons faire quelque chose contre eux. Allons-nous les laisser vivre dans le luxe et l'oisiveté alors que vous, les braves gens du peuple, vous devez payer autant d'impôts que les nobles?

La foule répondit en cœur un «Non!» sonore. Elle paraissait suspendue aux lèvres de Brienne et de Ramsay. Ces derniers arrivaient à l'objectif: les soulever contre la Reine, Phantomhive et leur faire commencer la Seconde Révolution Britannique.*

- Alors, il est de notre devoir de réagir à ce fléau! Je suggère, chers amis que nous nous rébellions contre la Reine et son petit Chat de poche! Qui est avec nous pour que nous reprenions le contrôle de notre belle Angleterre?!

Tous poussèrent un cri d'approbation. S'il y avait bien deux choses dont pouvait se vanter Ramsay, c'étaient sa grande diplomatie et son pouvoir de persuasion.

. . .

De retour au manoir Phantomhive, Ciel, vaillante, mais prudente, alla pratiquer son jeu-de-jambes à l'extérieur malgré la noirceur.

À l'intérieur, Sébastian et Axel discutaient des possibilités d'entourloupes que pourraient prévoir les opposants de celle qu'ils aimaient. Mais aucuns d'eux ne s'attendraient à ce qu'il allait arriver dans peu de temps.

Au même moment, la porte de leur salon s'ouvrit à la volée et une jeune demoiselle noblement vêtue fit éruption dans la pièce.

- CIEL!, cria-t-elle.

- Mademoiselle de Noailles?, fit Sébastian en se levant.

- Sébastian!, renchérit Charlie en agrippant les pans de veste de Sébastian, toute essoufflée. Oh par pitié! Où se trouve Ciel?! Je dois la dissuader de faire cette folie! Elle va y perdre la vie, je le sens!

Sébastian lui fit enlever les mains de lui et lui dit dans le brun des yeux.

- Ciel est dehors. Elle s'entraîne…Mais si vous voulez mon avis…elle ne vous écoutera pas. Nous même, nous nous sommes opposé à cette aberration…mais têtue comme elle est, elle vous ignora.

- Oh non…non…non…

Et Charlie éclata en sanglots sur le tapis. Sébastian essaya de la consoler en lui frottant le dos. Axel, qui ne la connaissait pas, ne put rien faire que de demeurer assis dans le silence.

* La Seconde Révolution n'a jamais existé. C'est moi qui l'aie inventé pour mettre un peu de punch. Mais la première s'est déjà produite.

La Glorieuse Révolution d'Angleterre (en anglais Glorious Revolution ou encore Bloodless Revolution: Révolution sans effusion de sang), aussi appelée Seconde Révolution anglaise, fut une révolution décrite comme «pacifique» (1688-1689), terme à nuancer tout d'abord en raison des combats sévères qui opposèrent les partisans catholiques à l'armée néerlandaise de Guillaume III, ainsi qu'à cause de la sanglante contre-révolution qui s'ensuivit en Irlande peu de temps après. Elle eut pour conséquence de renverser le roi Jacques II (Jacques VII d'Écosse) et provoqua l'avènement de la fille de celui-ci, Marie II, et de son époux, Guillaume III, prince d'Orange suite à l'invasion néerlandaise de l'Angleterre menée par ce dernier. La révolution renforça la monarchie mixte et réaffirma le rôle du parlement face à la couronne.