Chapitre 18.

Piège et Révolte.

Malgré les supplications de Charlie, Ciel était plus déterminée que jamais à faire payer par le sang Brienne et Ramsay. Tous les jours, elle s'entraînait et au bout du compte, elle avait réussi à émousser deux épées et à en casser une autre. Mais ça en valait la peine pour elle. Car elle se sentait rassurée…car elle avait toujours avec elle les âmes de ses parents bien-aimés. Jamais elle ne retirait le pendentif en larme de rubis de sa mère et la bague d'argent à diamant bleu de son père.

Sébastian n'avait pas été en reste non plus. Il se serait immolé lui-même s'il la laissait partir toute seule. Il l'avait donc accompagné à toutes ses séances.

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La nuit précédente le matin J, Ciel se réveilla d'un bond, avala une rôtie et un chocolat, se para de sa meilleure épée…celle de son père et attela son cheval blanc. Seul Sébastian l'accompagnerait. Axel resterait pour veiller sur Charlie qui avait été autorisée à rester.

- Par pitié, Ciel, pleura Charlie. Revenez nous vivante. Car je ne sais si je pourrai…

Ciel la fit taire d'un doigt sur les lèvres et planta son regard vert dans celui marron de Charlie.

- Ne vous inquiétez pas, Charlie, chuchota-t-elle. Je vous promets que nous nous reverrons.

Et contre l'attente de tous, elle prit en coupe le visage de Charlie et lui embrassa le front. Charlie resta paralysée et le visage tout rouge. Elle voyait à peine Ciel se tourner vers Axel.

- Pour l'amour du ciel, faîtes attention, dit Axel à Ciel en prenant sa main. Je ne tiens absolument pas à vous perdre, mon aimée.

- Oui-…

Axel finit à peine son mot qu'Axel l'attira brusquement vers lui et l'embrassa. Heureusement que Sébastian avait le dos tourner et que Charlie était encore trop ailleurs pour le remarquer. Le baiser dura 3 secondes au plus. Ciel ne dit absolument, le visage rouge, enfourcher son cheval et partir au galop vers les grilles. Axel la regarda partir, le cœur lourd de regret. Il l'avait bien sentit. Elle ne le voyait que comme un excellent ami…pas comme un bien-aimé. Elle ne lui avait presque pas répondu.

Non…ce n'est pas ça. Les lèvres que je connais…sont plus fortes, plus douces. Elles fondent sur les miennes et se marient parfaitement…Mais…?! Pourquoi suis-je si brûlante. On dirait que je vais fondre. Pourquoi? Quel est ce doux tourment?

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Ciel et Sébastian arrivèrent une demi-heure plus tard à la demeure du comte de Brienne. C'était un imposant manoir de pierres grises foncées au toit de tuiles noires. De grands arbres et des buissons touffus bordaient le domaine. Sébastian n'aimait pas ça. Les endroits étaient trop nombreux pour permettre aux alliés des ennemis de se cacher et de les mettre en joue.

Les deux jeunes gens purent à peine attacher les brides des chevaux à une branches qu'un coup de feu retentit et alla s'échouer contre un tronc d'arbre quelques mètres plus loin. Sous le bruit, les bêtes hennirent de terreur et sautèrent sur leurs pattes arrière en secouant leur crinière. Ciel et Sébastian prirent un moment pour les calmer.

- J'en étais certain, dit Sébastian à Ciel. Ils ne nous la feront pas à la réglo. Brienne a dû poster des gardes un peu partout dans le but de te piéger…ou bien carrément pout te tuer.

Ciel, qui détestait la déloyauté, grogna de frustration. Mais heureusement pour eux, elle avait prévu le coup et elle sortit non pas un, mais deux pistolets de la besace de sa selle. Sébastian fit un sourire en coin quand elle lui en remit un.

- Là, je te reconnais bien.

Ciel lui sourit en retour et lui ordonna de partir d'un côté pour liquider tous les tireurs tandis qu'elle irait dans l'autre.

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Ciel, bien cachée derrière un arbre, visa et appuya sur la détente. Son onzième homme tomba de la corniche du manoir. Elle avait fait les trois-quarts du tour et elle jugea qu'ils étaient tous morts. Elle n'avait reçue qu'une entaille sur la joue.

Soudainement, elle entendit un craquement derrière elle. Instinctivement, elle se retourna et pointa son arme sur la source su bruit. Cependant, elle baissa le canon quand elle reconnut Sébastian. Celui-ci avait une tâche de sang sur le bras, mais semblait ne pas être grièvement blessé.

- Ça va?, demanda-t-il. Pas trop de misère?

- Non, et toi?

- Une égratignure sur le bras, mais rien de grave…

- Mais ce n'est pas une raison pour qu'on laisse ça s'infecter…Viens ici et retire ta veste et ta chemise.

Sébastian rougit un tantinet et suivi Ciel jusqu'aux chevaux. Une fois là, elle prit un rouleau de tissu et s'accroupit près de Sébastian qui s'était assis dans l'herbe. Ciel ne put s'empêcher de rougir à la vue de Sébastian torse nu. Il était blanc comme neige et ses muscles étaient finement sculptés, sans faire dans l'excès. Il était magnifique. On aurait dit une statue antique. Elle avait presque envie de faire courir ses doigts sur ses pectoraux…

Cependant, elle secoue légèrement la tête pour se remettre les idées en place et pencha son visage vers la plaie encore vive de Sébastian. Elle y pose les lèvres et aspire lentement le sang infecté, puis le recrache par terre. Sébastian ferme les yeux sous la délicieuse sensation qu'il ressentait. Il sentait les lèvres…douces, chaudes, sensuelles…

Mais, après quelques fois, Ciel dû les retirer pour appliquer le pansement sommaire, par contre, elle s'y prit avec infinité douceurs. Sébastian en frissonna.

- Attends Ciel…murmura-t-il…Tu es blessée aussi.

- Non…ce n'est pas la peine.

Mais Sébastian ne l'écoutait pas. Il prit un rouleau de sparadrap dans la besace de Ciel et lui fit un pansement sur la joue. Ciel rougit et croisa le regard de Sébastian. Leurs yeux semblaient ne plus pouvoir se détacher. Le pouce de Sébastian sur sa joue était si agréable. Néanmoins, Ciel se releva, très mal à l'aise.

- Bon…dit Ciel en détournant son visage rougissant, je pense qu'on les a tous tuer…mais que ces deux couards ne sont pas ici.

Sébastian hocha la tête, un peu déçu que ça s'est arrêter là. Il finit à peine de fermer sa veste qu'Axel de Fersen arrêta son étalon devant eux.

- Ciel! Sébastian! Venez vite! Il se passe une chose épouvantable à Londres!