Chapitre 20.
La Mission et l'Attaque.
Le lendemain, après que tous les alliés aient dormis d'un sommeil léger, se partageant les tours de garde, ils se réveillèrent et déjeunèrent d'un repas frugal composé d'un morceau de pain, de viande séché et d'eau.
Ciel, qui n'avait presque pas fermé l'œil, passa parmi eux avec Sébastian et le jeune Charles-Édouard en leur distribuant des munitions de rechange….mais il y eut un problème.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici?!, s'exclama Ciel. Où sont les balles pour les fusils?!
- Je ne sais pas, Ciel, répondit Charlie. Je crains que nous n'en aillions pas assez pour mener à bien notre combat.
Ciel grogna en serrant le poing. Il leur était effectivement impossible de mener la Révolution sans suffisamment de cartouches et presque la moitié des hommes sans armes. Il ne leur restait plus qu'une option.
- Bon…je vois. Dans ce cas, j'irai en chercher.
- Quoi?!, s'exclama Charles-Édouard. Mais êtes-vous folle?! Vous êtes l'une des principales cibles des traîtres! Comment espérez-vous vous en procurer?
- Dans un petit boisée à environ 5 km de chez moi, il y a une habitation contenait une réserve d'armes et de balles suffisante pour tous nous armer solidement.
- Et comment vous comptez vous y rendre?, demanda Axel, les poings sur les hanches. Parce qu'au cas où vous ne l'auriez pas remarqué…ON VEUT VOUS TUER!
- Pas de panique, dit Ciel, le regard en l'air. Il y a une route à travers le boisée…ou au pire, je couperai au travers de la rivière.
- Et tu penses que je vais te laisser y aller seule?, demanda Sébastian.
- Oh que oui. J'ai besoin de toi ici pour diriger les opérations. Les premiers assauts se feront avec les armes dont nous disposons en ce moment.
- …
- …
. . .
Cela aura pris un bon quart-heure, mais Sébastian réussi à convaincre Ciel de le laisser aller avec elle.
Ils prirent une épée et un fusil chacun et partirent à la nuit tombante pour pouvoir se dissimuler dans l'obscurité. Tout se passa pour le mieux jusqu'à ce qu'ils aient atteint la route menant au boisée. Une rivière coulait lestement à leur gauche. Les chevaux se cabrèrent quand ils entendirent des cris retentissants derrière eux.
- Mais qu'est-ce que…, commença Ciel.
Elle et Sébastian se retournèrent sur leurs selles et aperçurent une trentaine d'adeptes de Brienne et de Ramsay brandissant des fourches, des torches et d'autres choses.
- C'est lui!, cria l'un d'eux. C'est Phantomhive et son p'tit chien de poche! Tuons-les! Tuons-les!
Ses compagnons hurlèrent leur approbation. Mais Ciel était bien décidée à ne pas se laisser abattre.
- Fuyons Sébastian!, hurla-t-elle.
Ils claquèrent aussitôt leurs rênes et sautèrent dans la rivière. Leurs opposants se mirent alors à leur jeter des pierres et des bâtons. Certains leur tirèrent même des flèches à l'aide d'arbalètes. Ciel et Sébastian avaient beau les repousser avec leurs épées, mais malheureusement, une pierre atteignit Sébastian dans son angle mort et l'assomma.
- Sébastian!
Elle tira son cheval et étira le bras pour saisir les brides de l'étalon noir de son compagnon. Sébastian s'était affaissé sur sa selle, mais n'était pas tombé à l'eau. Ciel força son cheval à accélérer l'allure, tout en entraînant celui de Sébastian et en repoussant les assauts des autres. Mais elle parvint de l'autre côté de la rive rompue de fatigue, mais sains et saufs.
. . .
Quand Sébastian reprit conscience, il était étendu dans l'herbe, une selle derrière la tête lui servant de coussin et la veste d'uniforme de Ciel étalée sur lui. Autour de lui, la nuit était tombée et des centaines de lucioles et d'étoiles la rendaient plus claire. En relevant la tête, il vit Ciel les deux pieds dans l'eau de la rivière en train de s'occuper des chevaux qui s'abreuvaient. Difficilement, il se mit debout et alla la rejoindre. Ciel sursauta quand elle sentit la main de Sébastian sur son bras. Ce dernier remarqua que ses yeux étaient étrangement rouges, comme si elle n'avait pas soufflé un instant et qu'elle avait pleuré.
- Oh, c'est toi, dit-elle. Tu es réveillé. Ta tête va bien?
Sébastian porta les doigts à celle-ci et remarqua le bandage la lui entourant.
- Oui, ça va…Toi, ça va?
- Oui…je vais bien…
Le jeune homme remarqua alors sa légère gêne. Il arqua le cou et planta ses yeux dans les siens.
- Ciel…tu es sûre que ça va?
Ciel renifla sans le vouloir et se mis à taper des poings sur le torse de Sébastian en versant des larmes.
- Idiot! J'ai eu si peur quand tu as été touché! J'ai bien cru que le choc t'avait tué! Je ne sais pas ce que je ferai si tu venais à…
Ciel coupa net sa phrase, comme si elle avait commencé à dire quelque chose qu'elle voulait garder pour elle.
- …Écoute…si tu ne te sens pas bien, dis-le carrément. Je ne t'obligerai pas à me suivre aux combats.
- Non Ciel. Je vais avec toi…Comment veux-tu que je te laisse y aller seule alors que tu es toute ma vie. Si je te quittais, ce serait comme si je mourrais.
Ciel écarquilla les yeux sous ses mots et elle sentit les larmes lui revenir. Elle avait toujours su Sébastian loyal et très protecteur envers elle, mais elle ignorait totalement qu'il tenait autant à elle.
- Oh Sébastian…j'ai cru pendant un très bref instant dans ma vie aimé Axel, mais je voyais aussi que ça te faisait souffrir. D'autant plus que s'est ajouté Charlie…Sébastian, je t'en prie, dis-moi la vérité…pourras-tu un jour me pardonner...?
- C'est inutile…parce que je t'aime, Ciel.
Ciel pleura pour de bon et encra ses pupilles forestières dans celles incandescentes de Sébastian. Ce fut seulement au moment où elle vit son regard tendre…si plein d'amour qu'elle comprit…Sébastian, celui qu'elle avait considéré comme un ami, un frère…elle l'aimait. Elle était amoureuse…
- Sébastian…Oh Sébastian, sanglota-t-elle en posant ses mains et son front sur sa poitrine. Son dos secoué de tremblements. Moi aussi…moi aussi de j'aime. Tu ne peux imaginer combien…Sébastian.
Sébastian sentit une chaleur brûlante envahir tout son corps. Ses mots doux auraient pu lui permettre de traverser un désert de glaces sans en ressentir le froid. Ciel…la femme pour qui il ferait n'importe quoi l'aimait…Jamais Sébastian ne se sentit si heureux.
- Mon existence n'est rien à l'échelle de l'histoire. Je m'autorise ce genre de faiblesse, car j'ai envie de me reposer sur quelqu'un. Veux-tu bien m'aimer malgré ça?...N'aimeras-tu que moi? Tu me promets de n'aimer que moi toute ta vie?!
Tendrement, il saisit une des mains de Ciel et posa l'autre dans son épaisse chevelure soyeuse en la serrant dans ses bras.
- Dois-je te le jurer 1000 ou 10 000 fois? Je n'ai qu'une parole. Oh…J'ai eu du mal à retenir le sentiment qui m'animait…Il ne faut pas que tu pleures, Ciel…Non…Non, car l'amour est le plus doux des aveux. Nous nous aimons, et c'est la chose la plus belle qui soit…c'est la seule chose qui compte.
Ciel remonta son menton et dévisagea Sébastian de ses yeux larmoyant. Délicatement, Sébastian prit son visage en coupe et du pouce, il essuya les pleurs des joues roses pâles de Ciel. Son toucher était aussi doux que la caresse du vent pour la jeune femme. Lentement, elle se mise sur la pointe des pieds et approcha son visage. Sébastian comprit et combla l'espace qui les séparait…leurs lèvres se joignirent en un baiser chargé de tous leurs sentiments…
Rêve infini, fige-toi à jamais et deviens possible…Les lèvres que je connais…sont plus fortes, plus douces. Elles fondent sur les miennes et se marient parfaitement…Comme je suis heureuse d'être venue au monde, ne serait-ce que pour l'avoir près de moi.
