Chapitre 22.

Au Combat! Partie 1.

Le soleil repointait ses rayons à l'aurore quand Ciel et Sébastian enfourchèrent leurs chevaux, prirent les armes qu'ils avaient été envoyés chercher et repartirent pour l'East End.

Il n'était pas loin de 9h du matin quand ils arrivèrent à la base. Dès qu'elle céda son cheval pour qu'on change ses fers, elle convia tous les partisans de la Reine à une réunion d'avant-assaut.

- Chers amis!, commença-t-elle. C'est aujourd'hui que nous allons reprendre le contrôle de Londres. L'équipe du ravitaillement prendra les armes et se joindra aux forces de frappe. Les gardes royaux qui assurent la sécurité de sa Majesté resteront à ses côtés et ne viendront que quand leur aide sera nécessaire. Je ne sais qui survivra à ce combat, je veux minimiser les pertes et les effusions de sang. Je ne peux que vous promettre de mettre toutes mes forces à la lutte. Mais si je venais à mourir, je voudrais que vous considériez cet homme ici présent, Sébastian Michaelis, comme votre nouveau chef. Il n'est peut-être pas de l'aristocratie, mais il est aussi noble que n'importe quel aristocrate présent ici. J'ai une totale confiance en lui.

Des cris d'espoir retentirent pour saluer Ciel et Sébastian. La jeune femme ordonna ensuite aux enfants, aux femmes ne sachant pas manier d'armes et aux invalides de rester dans l'East End. On distribua par la suite des armes et des chevaux frais et dispos.

Les résistants étaient presque prêts à partir quand Ciel prit Axel à part.

- Ciel…mais qu'est-ce que…

- Non, s'il-vous-plaît, taisez-vous Axel, le coupa-t-elle. Ce que j'ai à vous dire est d'une extrême importance, alors veillez écouter.

Axel garda le silence.

- Axel…est-ce que vous m'aimez vraiment comme vous me l'avez dit? Jurez-vous qu'il s'agit d'un amour véritable?

- Je le jure. Je vous aime d'un amour sincère.

Les deux jeune gens échangèrent un profond regard, puis Ciel dit.

- Axel…l'amour ne souhaite pas le malheur de l'être aimé, n'est-ce pas?

- Évidemment.

- Axel…il y a un homme ici qui m'aime tellement qu'il ne pourrait continuer à vivre si jamais j'en épousais un autre…Et si jamais il mourait, ou s'il souffrait,…je deviendrais alors la personne la plus malheureuse de cette Terre.

Axel la dévisagea en silence. Une énorme boule lui empoignait l'estomac.

- Et je vous prierais de me pardonner, car je sais que vous attendez toujours ma réponse à votre demande…et…je…je ne puis vous dire oui.

Ciel s'attendais alors à le voir lui demander une explication, mais étrangement, il ne fit que poser sa main sur son épaule et sourit.

- Je m'en doutais déjà depuis un moment…vous aimez Sébastian, n'est-ce pas?

Ciel avala de travers sa salive…et acquiesça de la tête.

- Cette raison me suffit amplement. Car moi aussi, si vous veniez à souffrir, je serais à mon tour l'homme le plus malheureux du monde. Cela me fend le cœur, mais je ne saurais vous voler à lui. Vous vous aimez et je n'y peux malheureusement rien…Je vous souhaite beaucoup de bonheur ensemble.

- Axel…

- Cependant, je ne souhaite pas que vous m'abandonnez votre amitié…Acceptez alors, je vous prie ma seule preuve d'amour.

Il donna un ultime baiser sur la main de la jeune femme et rejoignit le régiment.

Ciel demeura clouée sur place quelque instant à le regarder s'éloigner.

J'ignorais que ce genre d'amour existait chez les hommes.

. . .

Dans l'autre camp, les renégats fessaient aussi un discours d'encouragement.

- Chers amis!, dit Brienne. Le jour est arrivé! Ce jour tant attendu où cette garce de Reine et sa ménagerie de petits favoris prendront le bord de la Tamise pour ne plus jamais réapparaître! Cette ère de tranquillité et d'égalité que nous espérons, on se l'arrachera par la force de l'épée! Ramsay et moi, on vous promet que dès que notre victoire sera entre nos mains, plus personne ne sera accablé par les taxes et que tous auront une classe équivalente. Personne ne sera plus aimé que d'autres! Nous serons tous égaux!

Comme chez la Résistance, les fidèles hurlèrent haut et fort leur approbation en levant leurs armes au ciel.

. . .

Ciel, une fois après avoir quitté Axel, elle divisa le groupe d'attaque en quatre unités d'une quarantaine d'hommes, chacun dirigé par un Prince, pour partir aux quatre coins de Londres. Ciel prit le commandement de l'un d'eux avec Sébastian. Édouard, dirigerait le second, Alfred prendrait le troisième et Arthur, le quatrième. Ciel avait dû user de pieds et de mains pour forcer Charles-Édouard à demeurer au camp de base. Sous ordre de sa grand-mère, il resta donc. Charlie resterait aussi à la base avec les hors-combat, la Reine, le reste de sa famille et grand-mère. Les trois femmes avaient les larmes aux yeux et priaient Dieu que Ciel et Sébastian reviennent en vie.

Ciel commençait à appréhender la crainte. Son premier combat en tant que commandant la rendait anxieuse. Même les belles étoiles dans le ciel n'arrivaient pas à la calmer. Son aimé vint alors la voir.

- Sébastian…

Et soudainement, elle se jeta contre son torse.

- S'il-te-plaît, reste avec moi…ne me laisse pas seule. Promets-moi de ne jamais t'en aller.

Sébastian la recueillit avec amour et lui dit en souriant tendrement.

- Mais où veux-tu que j'aille? Ma place est ici...Je resterai à tes côtés jusqu'à ma mort.

Et il l'embrassa, caressant sa chevelure.

Sébastian…Je t'aime à en mourir. Tes cheveux noirs de jais, tes yeux qui brillent telle le rubis…Est-il possible qu'il existe un parfum si doux qui me fasse battre le cœur?...que je puisse être capable d'aimer à ce point…JE NE POURRAI PLUS JAMAIS VIVRE SEULE!

. . .

Armés jusqu'aux dents, les deux camps prirent le sentier de la guerre…

. . .

L'unité de Ciel ne prit pas de temps avant de tomber sur un détachement de traîtres mené par un ami de Brienne et de Ramsay, le baron de Louxor.

- Tiens, tiens…qui voilà?! Le chaton de poche de la Reine…ALLEZ! TUEZ-LES TOUS ET PAS DE QUARTIER!

Et les traîtres chargèrent.

- RESTEZ CALME!, ordonna Ciel en levant le bras. OUVREZ LE FEU À MON COMMANDEMENT!

La première ligne chargea ses armes en vitesse et les mirent en joue. Ciel attendit que leurs adversaires soit assez proches…puis…

- FEU!

PAW! PAW! PAW! Les coups retentirent tous en même temps. Une demi-douzaine de renégats tomba. Ciel tira son épée et cria

- CHARGEZ!

Ils talonnèrent leurs chevaux et se jetèrent sur les ennemis. Les coups d'épées, les fourches, les balles de pistolets. Les hommes tombaient comme des mouches dans les deux camps. Mais les ennemis ne prirent la fuite que quand Ciel passa le baron de Louxor au fil de sa lame.

Ciel regarda les derniers opposants détaler comme des lapins et se dit que ce n'était que la première vague d'une longue suite de morts qui ne prendrait fin que quand le meneur d'un des deux partis succomberait.