Chapitre Dix-neuf : Le Cas Hunter.
Partie III : Finn.
Cela faisait bien deux semaines qu'elle était là, à fixer toute présence derrière la vitre. Souvent son regard s'attardait sur les feuilles encore collées sur la surface du plexiglas.
Ces phrases, ces mots ne lui faisaient aucun effet. Elle les lisait sans les prendre en sérieux. Ils étaient drôles à essayer de l'encourager à lutter mais quand on était atteint du Cas Hunter, on se laissait aller à sa seule réalité : la folie. Elle pensait encore résister mais cette envie de se laisser aller était de plus en plus présente et depuis qu'Eliott avait cessé ses visites au profit de Katherine dont le cas empirait, elle se sentait si seule. Elle avait bien essayé de penser à Quinn ou bien même à Brittany mais les horribles souvenirs remplaçaient les bons et la rage lui faisait perdre ses moyens, et ce n'était pas bon si elle voulait rester encore un peu saine d'esprit.
Elle s'allongea sur son lit d'hôpital et soupira avant de plonger ses mains dans ses cheveux sales et décoiffés. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas aventurée dans une salle de bain ? Elle se souvenait seulement de ce cauchemar, celui où elle était sous sa douche et que l'eau devenait de l'acide qui lui brûlait la peau, elle avait beau hurler à l'aide, personne ne venait, et elle finissait par succomber.
Et depuis, elle n'approchait plus aucune douche. Elle tourna la tête vers la droite et fronça les narines quand l'horrible puanteur agressa son odorat. Elle se redressa et remarqua la présence de Sam derrière la vitre. Elle lui adressa un magnifique doigt d'honneur avant de s'emparer du peignoir rudimentaire posé sur une chaise.
Tant pis, elle prenait le risque de se faire brûler par l'acide. L'odeur était insupportable, elle ne pouvait pas rester comme ça.
Elle se débarrassa de ses vêtements avant de rester un long moment devant la cabine de douche, elle déglutit difficilement alors que les images d'elle hurlant lui revinrent en mémoire. Sa respiration se fit saccadée et elle ferma les yeux pour essayer de se calmer. Elle pouvait sentir son corps trembler et elle espérait qu'elle n'était pas prise d'une crise de panique. Elle rouvrit brusquement les yeux avant de tirer le rideau de douche, un peu trop fort. Il s'arracha et elle le laissa tomber, fixant l'horrible couleur blanc cassé. Elle osa se glisser sous le doux jet tiède. Elle soupira de soulagement et s'empara du savon mis à sa disposition.
Elle frotta chaque partie de son corps avec dureté, elle voulait s'abandonner de toute cette crasse, de toute cette peur, de toute cette rage.
Elle nettoya ses cheveux avant de s'asseoir sous le pommeau de douche, laissant l'eau détendre ses muscles et son esprit. Elle s'était toujours sentie comme ça, c'était son petit coin de paradis, elle savait que personne ne viendrait la déranger.
Au bout de bonnes longues minutes, elle se vêtit de son peignoir et remarqua qu'il sentait la rose. Elle grimaça avant de se brosser les dents. Elle finit par quitter la salle de bain, en s'étirant comme un chat.
Puis elle hurla à s'en arracher les cordes vocales quand un oiseau heurta violement la vitre qui donnait sur un magnifique couché de soleil. Le sang maculait le verre et son regard était paniqué, complétement fou. Elle se prit la tête dans les mains en pleurant. Elle se laissa glisser sur le sol, se balançant d'avant en arrière. Encore une crise, c'étaient dans ces moment-là qu'elle perdait vraiment le contrôle. Souvent c'était un nom, un visage ou un brusque évènement qui pouvait la provoquer. Elle essaya de calmer sa respiration alors qu'elle pouvait sentir la maladie reprendre le dessus. Elle se leva et s'appuya contre le mur, fermant les yeux, elle vomit ce qui lui restait de repas, elle les rouvrit brusquement et se saisit de sa lampe avant de la lancer de toutes ses forces contre le mur. Elle resta un moment figée, son regard ne lâchant pas les morceaux de verre qui jonchaient le sol. Puis elle sentit ses jambes se dérober sous elle, elle se sentit tomber mais quelqu'un la rattrapa et elle put reconnaitre l'odeur si familière d'Eliott. Il lui murmurait que tout allait bien se passer mais elle se débattait, elle était sûre qu'il allait lui faire du mal comme faisait Sam tous les jours en la forçant à prendre des médicaments qui la shootaient pendant des heures. Elle réussit à l'atteindre au niveau de l'abdomen mais il ne broncha pas et réussit à l'allonger sur le lit avant de se saisir d'une menotte et de l'attacher aux barreaux du lit. Elle lui hurla de la détacher, elle était presque en train de lui aboyer dessus et elle manqua de vouloir lui arracher la tête quand elle vit son sourire satisfait sur ses lèvres. Il semblait lui dire quelque chose mais elle n'écoutait déjà plus, elle ne faisait que se débattre comme un beau diable, se jurant de le tuer lentement, savourant chacun de ses gémissements, de ses supplications.
Elle ne sut pas vraiment ce qu'il s'était passé ensuite quand Eliott quitta la chambre mais elle se souvenait seulement d'un contact froid au niveau de sa nuque et elle eut un black-out de plusieurs minutes. Après cela, elle cligna des yeux à plusieurs reprises avant de porter une main derrière son cou, il n'y avait rien, aucune douleur, aucune marque. Elle fronça les sourcils et tourna son regard vers la vitre mais une toute autre chose attira son regard. Là où se trouvait la table de plastique blanche et les deux chaises de même couleur, se trouvait une personne qu'elle n'avait jamais espérer revoir. Elle ouvrit la bouche mais aucun mot n'en sortit, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle tenta de se lever pour le rejoindre mais l'étau de fer qui lui emprisonnait le poignet la ramena à la réalité. Elle hurla avant de frapper de toute ses forces sur les barrières de fer blanc mais rien n'y faisait, elle était prisonnière, condamnée de rester sur son lit jusqu'à que mort s'en suive.
Mais il était là, et elle voulait le voir de plus près, et le toucher. Il finit par tourner son regard vers elle, il lui sourit tristement en se grattant l'arrière du crâne. Il n'avait pas changé, son uniforme militaire était soigneusement repassé, ses cheveux correctement coiffés, ce même sourire de nigaud sur les lèvres, ce même regard un poil idiot mais innocent, le bandana qu'il portait au bras. Elle sentit sa gorge se nouer sous l'émotion.
-Bonjour Mon Général.
-Finn…
-J'ai appris pour vous, c'est triste hein. Je ne pensais pas que ça pourrait vous arriver à vous mon Général, vous étiez forte et je vous admirais pour ça. Vous savez que le camp me manque ? Et Puck aussi… Mais je ne l'ai pas trouvé. Comment ça va avec Brittany ? Le mariage c'est pour bientôt ?
Il eut de nouveau ce déclic à l'évocation de ce prénom et elle fit tout pour ne pas perdre le contrôle mais c'était plus fort qu'elle et elle se remit à gémir avant de devenir agressive. Elle savait qu'il assistait à la scène et elle se sentait honteuse de lui montrer cette image d'elle-même. Il l'avait toujours vu comme une amie forte et un chef hors-pair qui ne perdait jamais son sang-froid. Mais il ne l'avait jamais vu après sa mort, il ne l'avait jamais vu changer, il n'aurait jamais pu croire qu'il l'avait autant affectée à ce point. Après tout, il se souvenait d'elle comme sa meilleure amie qui avait finalement pris confiance en lui.
Elle marchait dans le camp, se frayant un chemin à travers les foules de soldats, heureux de fêter l'arrivée de l'automne. Après tout, la nature serait affaiblie et les animaux commenceraient à hiverner, plus aucun risque de se faire attaquer par un ours. Elle finit par le trouver en présence de Puck, ils jouaient au bras de fer et le gars à la crête était mal en point, son bras n'était qu'à quelques centimètres de la table mais il fit mine de se faire mal et l'autre perdit sa concentration, et les rôles furent rapidement inversés. Elle sourit, il était un bon soldat mais il se souciait trop des autres, et elle avait peur que ça coure à sa perte.
Elle s'approcha d'eux et vola un baiser à son petit ami avant de lui demander de partir, il obéit et elle prit sa place. Elle le salua alors qu'il était prêt à se mettre au garde à vous mais elle hocha négativement la tête en riant. Il était toujours comme ça, toujours très à cheval sur le règlement. Elle s'installa un peu plus confortablement avant de retirer sa casquette et de la poser sur la table en soupirant. Elle était fatiguée de toujours devoir courir.
Il lui demanda comment elle allait, elle lui répondit que tout allait bien malgré la fatigue. Puis elle retira discrètement son bandana de son bras, le cachant derrière son dos.
Elle se leva et se plaça derrière lui avant de le lui nouer sur le bras, il fronça les sourcils, ouvrant la bouche pour finalement ne rien dire.
-Finn Hudson, aujourd'hui tu as toute ma confiance ! Je compte sur toi pour bien motiver les troupes, aujourd'hui tu es promus au rang d'Officier, je suis fière de toi.
Tout le monde aurait pu trouver ridicule le fait d'offrir un bandana à un soldat promu mais il connaissait bien ce que ce bout de tissu représentait pour son Général. C'était le dernier souvenir qu'elle avait de son père, elle le portait tout le temps, c'était son porte bonheur. Et le fait qu'elle le lui donne, lui provoquer un sentiment de confiance absolue.
Il ne bougeait pas, trop surpris de cette nouvelle mais il finit par se lever et la prendre dans ses bras, la remerciant des dizaines de fois alors qu'elle riait de son comportement.
oOo
Il courait à en perdre haleine, il courait à s'en faire saigner les pieds mais il était obligé. Ils s'étaient fait prendre par surprise par une meute de loups blancs et ils ne pouvaient pas lutter face à dix de ces grandes bêtes. Leur seul moyen de survie était de courir jusqu'au camp de réfugiés à quelques mètres d'ici, s'il existait bel et bien. Ils débouchèrent dans une grande plaine, vaste et trop dangereuse à son goût. Ils devaient parcourir un bon cinq cents mètres avant de pouvoir se sentir sains et saufs.
Il entendit un hurlement qui lui glaça le sang et il se retourna, faisant volte-face au loup aux babines retroussées, au museau taché de sang. Il hurla le nom de son coéquipier mais celui était déjà dévoré, son sang giclant sur les pelages d'un blanc immaculé. Il n'eut pas d'autre choix que de tirer sur les bêtes mais elles étaient trop nombreuses et ses munitions n'étaient pas à leur maximum. Il lâcha sa mitraillette et fit face au loup blanc qui s'approchait, en grondant. Il déglutit difficilement et ferma les yeux, sachant très bien que sa fin était proche.
Il regretta de ne pas avoir dit au revoir à Rachel, Quinn. A son meilleur ami et fidèle confident Noah et il était tellement désolée pour elle… Elle lui avait fait confiance et voilà qu'il allait mourir, ici, maintenant sans pouvoir lui dire adieu comme il aurait voulu.
Il murmura une courte prière alors que loup bondit, ses crocs s'enfonçant profondément dans sa gorge.
Elle voyait la larme perler sur sa joue et elle sentit sa gorge se serrer. Elle n'avait jamais su ses regrets ni ses adieux, il était parti si vite à un tel point que quelque chose s'était brisé en elle, la changeant à jamais.
-Je suis ici Santana pour te dire Adieu… Je n'aurais jamais pu croire que c'était possible. J'ai tellement regretté de ne pas t'avoir dit au revoir et je peux enfin le faire.
Je t'en prie continue de lutter, ne fait pas comme moi, j'ai perdu tellement avec cet acte lâche. Tu peux encore remporter la bataille. Ne perd pas espoir, je crois en toi.
Il se leva sous son regard inquiet, sa main se posa sur la poignée de la porte, il l'ouvrit, lui jetant un dernier regard réconfortant puis elle sentit de nouveau une nouvelle douleur à la nuque et elle perdit de nouveau conscience.
Quand elle revint à elle, elle sentit quelque la morsure glacée autour de son poignet avait disparue, elle était donc libre. Son regard s'attarda sur la chaise de nouveau vide et elle fut attirée par une nouvelle feuille collée contre la vitre, et pour une fois ces mots eurent un impact sur elle.
I believe in you. You will be safe. Don't stop the fight.
Un sourire naquit sur ses lèvres puis il se figea aussitôt qu'elle vit la blonde derrière la vitre, Brittany était là encore et encore, à guetter la moindre amélioration. Elle la foudroya du regard avant de lui tourner le dos, son regard perdu sur le paysage qui s'offrait à elle.
Elle a souri, je n'ai pas rêvé. Je ne suis pas folle, elle a souri en lisant l'une des feuilles, je ne sais pas laquelle mais les mots écrits dessus l'on fait sourire. J'espère que Sam y verra comme une amélioration, parce que pour moi, s'en est une. Elle n'aurait jamais fait ça la semaine dernière. Elle aurait seulement fixé ces mots sans broncher, sans en comprendre le sens. Je ne peux pas croire que rien ne marche.
Je ne supporte plus de dormir seule, je l'imagine toujours à côté de moi, j'imagine son toucher, ses lèvres contre les miennes et ses mots doux qu'elle aimait tellement me murmurer à mon oreille. Je veux qu'elle me revienne.
Sam a autorisé la sortie exceptionnelle de Santana pour le mariage de Quinn et Rachel. Quand je pense qu'elle était censée être son témoin ! Foutue maladie, elle a encore tout gâché.
Mais au moins, elle a le droit d'y assister à ce fameux mariage, j'espère qu'elle ne fera pas de bêtises. On m'a interdit de l'approcher durant la cérémonie et ça fait mal d'entendre ça.
Quinn et moi avons parlé de Santana ensemble et nous sommes venues à la même conclusion, il faut l'obliger à nous écouter, on finira par donner un déclic ou quelque chose de ce genre-là. Il faudrait lui ramener des objets et des témoignages pour qu'elle sache un peu plus de son passé et à quel point elle était appréciée de tout le monde. J'ai encore ce texte et cette photo de Puck mais c'est encore trop douloureux, j'ai encore du mal à regarder son visage sans pleurer. On aurait pu le sauver mais il a fallu qu'il fasse le mauvais choix. Et c'est encore plus dur pour Quinn, elle n'arrive pas à aborder le sujet sans pleurer. Heureusement Rachel est là pour la soutenir.
Elle aussi a du mal à garder la tête haute, celle qui l'a aidé à ne pas devenir folle est mourante. Katherine est dans un lit d'hôpital depuis trois longues semaines, on ne sait pas ce qui lui arrive mais elle est dans un sale état et Rachel commence à paniquer.
Le camp nord est un joyeux bordel en ce moment, je n'aurais jamais cru une situation pareille possible.
Je voudrais m'endormir et me réveiller dans un monde meilleur, là où Santana et les autres m'accueilleraient les bras ouverts et où nous pourrions vivre sans peur, sans crainte de se faire tuer par les brigands ou les loups. Je voudrais retourner dans cet ancien monde qu'était la Terre.
19/05/20407
Lieutenant Général Brittany S. Pierce
Et voilà le nouveau chapitre! Une petite amélioration du coté de Santana mais ce n'est toujours pas ça!
Je me dépêche d'écrire le prochain chapitre et sur ce, je vous dis à la revoyure!
Bye my Friends :)
