Note de l'auteur : Avant dernier chapitre. J'essayerais de poster le dernier chapitre demain. Ma prochaine histoire sera sans doute publiée dès jeudi prochain. La prochaine story sera dans un tout autre style et s'étalera sur au moins 20 chapitres. Merci pour les avis, suivis et mise en favoris.
Chapitre 6 : Crainte d'un père et amour d'une mère
Je me suis réveillée seule, nue dans ce lit. Enfilant ma nuisette, je me dirigeais vers la salle de bain pour prendre une douche. L'eau chaude sur mon corps révéla de légères marques. Je sursautais lorsque je sentis deux mains s'enrouler autour de ma taille. Un léger baiser sur mon cou fit redescendre légèrement la pression.
- Je suis partie chercher ton petit déjeuner mais tu avais déjà quitté le lit…
Je me retournais et fis face à Natsuki en tenue d'Eve portant une légère moue boudeuse. Je souris légèrement à la vue mais repris mes actions de nettoyage. Je frottais assez énergiquement toutes les parcelles de mon corps. Cela ne servirait pas à me laver de ma faiblesse et de mes actions. Je sentis une main prendre le savon.
- Shizuru ?
Je ne voulais pas lui faire face. Rien qu'à repenser à notre nuit, je ne pouvais m'empêcher de trembler. Elle me retourna et me fixa, l'inquiétude était percevable dans ses yeux.
- Tout va bien ?
Je fermais un instant les yeux et essaya de trouver les mots justes.
- Ce qui s'est passé hier, je …
- Tu regrettes ?
Je vis la peine dans ses yeux et ne savais pas quoi répondre. Oui je regrettais ma faiblesse mais en même temps je ne la regrettais pas. J'étais enfin … entière. A cette réalisation, mon esprit s'éclaircit un instant. Je me murmurais plus pour moi-même.
- Oui c'est ça.
- Je suis désolée. Je pensais que tu le voulais. Je ne voulais pas te faire de mal ou te faire sentir mal Shizuru.
Je secouais la tête pour la rassurer sur son manque de compréhension face à mes propos.
- Je ne peux pas dire que je regrette Natsuki, ce qui s'est passé. C'est juste … Mon père va …
Elle me ramena vers son corps et caressa délicatement mes cheveux.
- Ton père n'a pas à le savoir Shizuru. C'est notre monde. Personne n'a et ne sera au courant que nous sommes ensembles ou que nous avons fait l'amour.
Je la fixais un instant et me contenta d'hocher la tête. Elle sortit de la douche, me laissant seule pour finir ce que j'avais entrepris avant son arrivée.
Le regard des parents de Natsuki sur moi commençait vraiment à me gêner. Je savais qu'ils avaient dû nous entendre hier soir. Natsuki avait tort, deux personnes étaient déjà au courant de nos relations. Le père de Natsuki me fixa avec ce que je présume être de la curiosité alors que sa mère portait un léger sourire narquois sur ses lèvres. J'avais besoin du soutien de Natsuki mais celle-ci était concentrée sur sa nourriture et ne semblait pas s'intéresser à son entourage. Une fois son repas fini, elle releva la tête et me fixa avec un léger sourire.
- On va dans la chambre ? Je suis fatiguée.
J'acquiesçai et entendis un léger « hum hum ». Natsuki fronça les sourcils quand son père et sa mère éclatèrent de rire.
- Qui y'a-t-il de drôle ?
- Vous deux.
Natsuki reprit place sur sa chaise et continua à fixer ses parents.
- Nous deux ?
Saeko plaça ses deux mains sur la table.
- Oublie. Allez vous reposer. Je pense que tu en as besoin Natsuki. Même vous Shizuru ...
J'avais légèrement rougis face à l'insinuation de Saeko. Pour autant Natsuki n'avait semble-t-il pas compris.
- Oublier ? Si vous avez un problème tous les deux avec moi et surtout avec Shizuru, je ne vois pas pourquoi j'oublierais.
- Tu es si protectrice de tes intérêts ma fille ...
- Et ça veut dire quoi ça ?
- Que nous aimerions pouvoir dormir aussi ce soir alors si vous pouviez éviter d'avoir des relations amicales très sonores, cela nous arrangerait ta mère et moi.
Je ne savais plus où me mettre et à voir le visage de Natsuki, elle était plus que choquée par les dires de son père. Vu que Natsuki ne pourrait pas dire une réplique, j'avais décidé d'intervenir.
- Je suis désolée Kruger-han pour notre comportement d'hier. C'est inapproprié et inacceptable. Cela ne se reproduira plus, je peux vous le garantir.
Monsieur Kruger semblait dérouté par ma réplique. La mère de Natsuki se leva et m'enlaça délicatement.
- Vous n'avez pas à vous excuser. C'est tout à fait correct. Nous voulions simplement vous taquiner un peu.
Natsuki semblait se remettre du choc et bredouilla.
- Viens Shizuru. Laissons ces deux pervers seuls avant qu'ils ne disent ou fassent quelque chose d'encore plus gênant.
Saeko sourit légèrement et nous fixa un instant avant d'annoncer « Ayez du plaisir mes enfants! ». Une porte claquée fut la seule réponse qu'elle obtint.
Malgré ma promesse à Monsieur Kruger, Natsuki arrivait presque tous les soirs à me faire revenir sur ma parole. Il a été très difficile de revenir chez moi et surtout de dormir seule dans mon lit. J'étais quelque peu frustrée en repensant à ce que je perdais lorsque Natsuki n'étais pas là.
Mon père m'avait convoqué dans son bureau, un soir, alors que je rentrais des cours. Il me fixa pendant plusieurs minutes puis me posa des questions sur Natsuki. Je n'étais pas à l'aise. J'avais le pressentiment qu'il se doutait de quelques choses. Pour autant, il m'intima l'ordre de l'inviter à dîner pour la remercier de m'avoir hébergé durant les vacances. Je ne savais pas si je devais me réjouir ou avoir peur d'où cela pourrait amener. J'avais donc simplement hoché la tête.
Natsuki était ponctuelle. Une chose qui m'avait surprise. Mon père ne lui a même pas laissé le temps de s'asseoir qu'il la harcelait de questions. Natsuki semblait maîtriser la situation et donner les réponses que mon père voulait entendre. Ma mère se contentait d'être là spectatrice de la scène. Un des domestiques s'avança vers mon père et lui murmura quelque chose que je ne pouvais entendre. S'ensuit, un abandon du dîner de la part de celui-ci. Ma mère proposa à Natsuki de rester ce qui me surprit. Celle-ci se contenta d'accepter l'offre. Je ne sais pas pourquoi mais ma mère n'avait pas fait préparer de chambre pour Natsuki, la laissant dormir avec moi. Je ne savais pas si je devais la remercier ou me méfier de cela. Avant d'aller dans mes quartiers, Natsuki décida d'aller prendre une douche. Ma mère en profita pour me prendre à partie.
- Votre père ne rentrera sûrement pas ce soir.
- Bien Mère.
Ma mère me fixa un instant et s'avança vers moi. Elle me caressa doucement le visage et murmura le regard vague.
- Vous avez tellement grandi ma fille.
Je ne savais pas quoi répondre mais la sentis me tenir fermement contre elle. Du plus loin que je me souvienne ma mère ne m'avait jamais enlacé de cette façon.
- Sachez que quel que soit vos choix, vous resterez ma fille. Vous êtes la seule chose dont je suis fière et que je ne regrette pas.
Je sentis un léger malaise. Ma mère se décala et je ne sais pas pourquoi, je m'étais instinctivement recoller contre elle et lui murmura.
- Je vous aime aussi Mère.
Elle se décala et me fixa de ses yeux pourpres, seul lien de ressemblance physique entre nous. Elle me sourit et regarda par-dessus mon épaule. Natsuki était là et nous observait avec une certaine gêne. Ma mère s'avança vers elle et l'enlaça délicatement.
- Prenez soin de ma fille. Gardez cela loin de mon mari Natsuki-han. Pour votre bien et celui de ma fille, mon mari ne doit jamais l'apprendre.
- Et vous ?
- Ara ? Je ne veux pas imposer à ma fille mon mode de vie. Mais je ferais celle qui n'a rien vu pour ne pas subir les foudres de mon mari.
Natsuki fixa un instant ma mère.
- Pourquoi acceptez-vous votre mode de vie ? Vous pourriez divorcer ou vous en aller comme Maman l'a fait.
Ma mère sourit légèrement et caressa les cheveux à Natsuki.
- Je ne suis pas votre mère Natsuki-han. C'est une femme remarquable avec beaucoup de force. Elle a un charisme qui a laissé mon mari déconcerté lors de leur entrevue. Mais je ne possède rien de tout cela. Ne vous inquiétez pas pour moi Natsuki-han, le plus dur est derrière moi. Par contre pour vous, le plus dur reste à venir.
Natsuki se contenta d'hocher la tête. Ma mère nous salua et se rendit elle-même dans ses quartiers.
Une fois dans notre chambre, Natsuki se faufila dans le lit et attendit que je prenne place à ses côtés. Elle avait le regard vague et semblait légèrement perdue. Elle murmura légèrement.
- Ta mère est comme un oiseau en cage…
J'acquiesçais difficilement face à la réalité. Elle se positionna sur le côté et me prit délicatement la main.
- Promets-moi de me fuir si je te fais du mal ou que tu souffres ou que tu ne veux plus de moi ou que …
J'avais embrassé Natsuki pour la faire taire et lui murmura tout en me recollant contre elle.
- Je t'aime Natsuki.
C'était la première fois que je lui disais. Elle me le disait assez régulièrement mais je n'avais jamais trouvé le bon moment ou la sérénité que je ressentais actuellement. Je la sentis se coller davantage à moi et m'endormis contre cette femme si chère à mon cœur.
